‹ L'Ulcère Traumatique de l'EstomacChapitre 29 sur 37 · III. - Cas dont l’évolution est inconnue · texte numérisé non relu

III. - Cas dont l’évolution est inconnue

4° Cas observés pendant un temps trop court pour qu’on ait pu se prononcer sur leur terminaison : 7.

Observation LXV

Poraix. Derouet, loc. cit., page 22.

L... Emma, âgée de 46 ans, domestique, était entrée le 30 juillet 1868 à l'hôpital Necker, dans le service de M. le Professeur Potain, pour pertes utérines.

Le 14 septembre, à 6 heures du soir, cette femme reçoit un coup de tête, dans la région de l'estomac, d’une de ses voisines prise d’une attaque d’hystéro-épilepsie. Elle éprouva aussitôt

une vive douleur et faillit se trouver mal; peu après, elle fut

prise d'envie de vomir et rendit bientôt les aliments qu’elle venait de prendre; puis, elle vomit à deux ou trois reprises une quantité assez abondante de sang. Revenue à son’ lit, elle eut encore quelques vomissements qui contenaient du sang, el cela pendant plusieurs heures,

Le 15 septembre, à la visite, la malade se plaint de douleurs à l’épigastre. Dès qu’elle mange, les aliments exagèrent les douleurs, mais elle ne vomit pas. 11 lui semble qu’elle a un poids qui la gêne pour respirer et dans le dos, au niveau des % et 10° vertèbres dorsales, elle éprouve une douleur continue qui s'exaspère à la pression et pendant les fortes inspirations. À la pression, on détermine aussi de la douleur au niveau de l’appendice xiphoïde et dans la région épigastrique. Le foie n’est pas volumineux.

20 septembre. — Régime lacté.

91 septembre. — Une très petite quantité de pain, prise hier, à donné lieu à des douleurs très vives; pas de vomissements ; anorexie. Le lait donne des pesanteurs d'estomac ; nausées aCides; persistance de la douleur. Prescription : ajouter deux cuillerées d’eau de chaux par litre de lait.

922 septembre. — La malade n’a pas vomi hier. Les douleurs persistent dans le dos, à l’épigastre et à la région sternale.

Un peu d’anhélation ; pas de fièvre.

27 septembre. — Cette nuit, la malade a été prise de vomissements de glaires très acides, non amères, sans coloration bilieuse. Eau de Vichy. Bains.

28 septembre. — La malade a voulu ranger hier de la viande. en très petite quantité et un peu de pain. Elle a été prise de vomissements alimentaires et bilieux avec douleurs très vives ;

elle a encore des aigreurs.

9 octobre. pt La digestion est un peu plus facile; la malade ne vomit plus. Dix minutes après le repas, elle éprouve à l’estomac une sensation de brûlure et de pesanteur, persistant pendant une heure.

31 octobre. — La malade ne vomit plus depuis quinze jours. La douleur à l’épigastre persiste à la pression ; la douleur rachi- ‘dienne du côté gauche persiste également et se manifeste aux mêmes moments que la douleur sternale. L’ingestion des aliments ne cause qu'un peu de pesanteur à l’épigastre, sensation que les eaux de Vichy et de Spa diminuent beaucoup. Le vin pur cause

des cuissons et n’est pas bien supporté,

Observation LXVI

Rosgrr. Loc. cit., p. 44. (Observation recueillie dans le service,

de M. le Professeur Ollier.)

Le nommé P... E., palefrenier, âgé de 30 ans, entre à l'hôpital le 10 juillet 1881. Aucun antécédent n'est digne d’être signalé. ,

Dans les premiers jours de juillet 1881, 1 a reçu plusieurs coups de pied de cheval, l’un à la région temporale gauche, l’autre dans le flanc gauche, au niveau du rebord' inférieur des fausses côtes. Au moment de l’accident, le blessé perdit connaissance et rendit par la bouche une assez grande quantité de sang.

Le lendemain, il entre à l'Hôtel-Dieu ; on ne trouve aucun symptôme de fracture du crâne, aucun signe de fracture de côtes. [l rejette, par moments, une certaine quantité de sang noir, non aéré, d’une odeur nauséabonde.Ce sang d’ailleurs peu abon-

dant n’est pas rendu par la toux; il n’y a pas vomissement mais

plutôt régurgitation. Au dire du malade, il lui monte à la gorge comme de la salive. Rien à signaler du côté du poumon, du cœur et de l'oreille gauche. Le malade quitte le service le 30 juillet, complètement guéri de ses contusions, mais continuant à expectorer du sang.

Le 30 septembre, il entre à nouveau dans le service pour une contusion sans gravité de la cuisse droite. Depuis sa sortie, les régurgitations de sang ont continué et elles persistent encore aujourd’hui. Néanmoins l’état général est bon. Robert fait suivre cette observation des réflexions suivantes : « Ce cas diffère des autres en ce que le sang n’a pas été vomi, mais régurgité ; ensuite parce que cette régurgitation sanguine est devenue chronique, sans que la santé du malade en paraisse altérée. Il n’y a eu hématémèse proprement dite qu’au moment même du traumatisme. Si nous admettons la lésion stomacale, c’est en l'absence absolue d’autres affections pouvant amener le rejet de

sang par lés voies digestives. »

Observation LXVII Leure (Würzhurg). Centralblatt für klin, Med. Berlin, 1886,n°5.

P..., brasseur, âgé de 57 ans, à part deux pneumonies à 20 et à 50 ans, avait toujours été bien portant et n’avait Jamais res. senti le moindre trouble digestif.

Le 7 avril 1885, au matin, il fut heurté par une voiture dont le timon vint le frapper en plein dans la ts épigastrique. Environ dix minutes après l’accident, lil ressentit à l’estomac une vive douleur et fut obligé de garder le lit pendant deux jours. Il reprit son travail, mais la douleur persistant, il entra

à l'hôpital le 25 avril.

Huit jours après l’accident, nous dit-il, il a été pris de vomissements survenant trois heures environ après les repas ; ces vomissements se répétèrent tous les jours. À aucun moment, il n’a remarqué de sang dans les matières vomies qui n’ont jamais été noires.

A son entrée à l’hôpital, P... se plaint d’une douleur spontanée dans l’hypocondre gauche, douleur qui augmente d'intensité lorsqu'il se couche sur le côté gauche. A la palpation, on ne sent aucune tumeur dans la région épigastrique; la percussion révèle une certaine dilatation d’estomac. On localise surtout la douleur sur la ligne médio-sternale, dans le creux épigastrique. Les aliments réveillent la sensation douloureuse. Le diagnostic d’ulcère de l’estomac ne fut pas fermement posé à cette époque, car les

symptômes n'étaient pas très nets; jamais le malade n’avait eu

, d’hématémèse, Il sort de l’hôpital le 7 mai.

I y revient le /5 juin. Les vomissements avaient reparu. Il souffre toujours au niveau du creux épigastrique et La douleur s’irradie dans le dos.Il a eu un vomissement assez abondant de sang en caillots la veille,et ce dernier symptôme l’engage à revenir à la Clinique. L'appétit est nul ; les digestions sont très pénibles.

Ces symptômes ne peuvent être mis que sur le fait d’un ulcère de l’estomac, dû vraisemblablement à l’action du suc gastrique

sur la lésion produite par l’accident.

Observation XLVIII

Jessen (de Hambourg). Monatschrifft für Unfallheilkünde. Leipzig, 1900, t. VII, page 256.

Un homme de 30 ans,en parfaite santé, fit une chute de bicy=

clette au cours de laquelle il vint heurter fortement de la région

épigastrique contre un arbre. Il ressentit immédiatement une vive douleur et une sensation de plénitude dans l'estomac. Environ trente-six heures après l'accident, il eut un abondant vomissement de sang moitié liquide, moitié coagulé. Il souffrait à ce moment d’une vive douleur que l’on pouvait localiser à là partie médiane du creux épigastrique, douleur accompagnée d’oppréssion. Cet état persista pendant frois semaines sans s’amen-

dér. Il n’y eut pas de nouvelle hématémèse. Au bout de ce laps

: dé temps, survinrent des vomissements; le contact des aliments

réveillait les phénomènes douloureux. L'auteur en conclut qu'il devait exister une ulcération de la muqueuse gastrique, ulcération qui était déjà constituée trente-six heures après l’accident,

puisqu'elle donna lieu à une hématémèse.

\ Observation LXIX

Desanrr. Des traumatismes de l’estomacet de leur interprétation médico-légale. Thèse de Toulouse, juillet 1905, p. 41.

Mike Carmen D..., âgée de 30 ans, très vigoureusement constituée, née de parents bien portants, n’à Jamais eu de maladie grave sauf une scarlatine survenue il y a sept ou huit ans. Elle affirme n'avoir jamais commis d'eéxcès d'aucune sorte et qu’elle était en parfaite santé (poids : 65 kilogr.) au moment de l’accident que nous allons relater.

Le dimanche 28 mar 1905, à 4 h. 1/2 de l'après-midi, un tramway dans lequel elle se trouvait dérailla et fut se jeter en pleine vitesse contre un bañc de pierre et un arbre. Sous la violence du choc, Mike D... fut contusionnée aux deux genoux d’une part, et, d’autre part, à la région épigastrique par la banquette

placée devant elle et par le dossier dé cette même banquette ; le

commencement de digestion. Depuis lors, la malade continue à

busc antérieur du corset a été faussé, formant un anglé aigu qui a pénétré commé un coin dans lé creux épigastrique. Immédia= tement, Mie D... à perdu Connäissance et vingt minutes après, ellè à été prise d'un vomissement sanglant très abondant, qui dura üne heure environ.

L'éxamen dé la région atteinte révélait, le lendémain, une vaste ecchymose qui occupait la région épigastrique et se diffusait vers la région mammaire. La palpation de l’éstomac révéillait une vive douleur.

Son état s'étant amélioré vers le huitième jour après l’accident, la malade eut le tort d’absorber un œuf et une petite quantité de pain ; un quart d’heure après l’ingestion de ces aliments, elle fut prise d’une hématémèse abondante et rendit par le rectum, une heure après, un litre de sang environ, avec des selles diarrhéiques, poisseuses et noirâtres, dans lesquelles on

retrouvait du sang presque pur à côté de celui qui avait subi ün

vomir du sang par intervalles.

Le 28 juin, elle est très anémiée, pâle, sans forces ; elle à maigri de 10 kilogrammes environ: Elle préseñte les signes Cardinaux de l’ulcère gastrique. L’hématémèse, fréquente, est constituée tantôt de sang rutilant, tantôt de sang plus où moins digéré :ilexiste du mélaena. Les vomissements surviennent spontanément, une heuré après l'ingestion du lait. Dès que là digestion s’acceutué, uné sensation de pésantèur sé mañifeste ; puis, cè soht des tiraillements, puis enfin de violéntes douleurs dé transfixion : là malade ést traversée par la douleur. Elle souffre alors au niveau des dernières vertèbres dorsales. Diagnostic : ulcère traumatique de l’estomac.

L'auteur fait suivre cetté observation dé quelqués réflexions

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