LAS
siologiques, vomissements plus abondants que les repas précédents. Ce trouble, que l’on observe aussi mais moins souvent peut-être au cours de l’évolution de l’ulcère spontané, est dû à une rétraction cicatricielle ou à un élément spasmodique ; sa fréquence est commandée par la localisation à peu près constante de l’ulcère traumatique au niveau de la région pylorique et de la petite courbure.
En dehors des signes ordinaires d’uleus, on trouve chez l'une des malades de Rendu (obs. XLVI) des troubles cardiaques (tendance à la syncope et palpitations, aliérations du rythme et bruit de galop) que n’explique aucune lésion organique ; il s’agit évidemment là d’un réflexe cardio-gastrique ayant son point de départ dans la sphère du plexus solaire. D'autres malades, celui dont Tapie raconte l’histoire dans l’observation XXXVIII en particulier, présentent un phénomène à peu près analogue : une toux incessante, sans altération du parenchyme pulmonaire ou de la plèvre ; il faut sans doute chercher la raison de cette toux dans un réflexe ayant pour voie de conduction le nerf pneumogastrique.
Enfin, nos blessés n'échappent pas à la règle générale. Les préoccupations d’une situation non réglée judiciairement, l'incertitude du procès en cours, le souvenir inconsciemment entretenu d’une douleur ancienne déterminent des troubles nerveux dus à l’autosuggestion qui se superposent à Ja lésion gastrique, en altèrent la pureté et en masquent les signes. Quelques malades, ceux de Stern et du D' Œitinger en particulier, ont présenté des symptômes d’ordre psychique des plus nets
(émotivité, anesthésie ou hyperesthésie cutanée) dont le médecin-expert devra tenir compte lors de examen destiné à fixer la nature et la durée de l'incapacité de travail.
En résumé, les symptômes fonctionnels et les signes physiques sont les mêmes pour l’ulcère simple spontané de l’estomac et l'ulcère traumatique. L'identité elinique des deux lésions ne peut ètre mise en doute, tout en tenant compte de certaines particularités déterminées précisément par la nature traumatique de l’affec-
tion.