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tion à été posée par M. Darier à la séance du mois de juin 1913 de la Société d'Etudes Scientifiques sur la Tuberculose. Il ne peut plus être question ici de faire intervenir la race du bacille ni l’immunité de l'organisme et la résistance générale du terrain. Une hypothèse qui aurait expliqué cette inégalité dans la virulence des deux ordres de lésions cutanées a été suggérée au cours de la discussion par M. Léon Bernard : c’est celle d'une résistance inégale des différents lissus où ces lésions auraient pris naissance : au niveau des follicules, les bacilles trouvant un terrain peu favorable ne se seraient pas développés et auraient donné des lésions minimes et non virulentes. Au contraire, au niveau du derme, dans des conditions moins défavorables, 1ls auraient pu végéter el conserver leur virulence. C’est l'explication qu'avait adoptée Lewandowsky (42) dans un cas analogue qu'il rapporte ainsi :
« Les cas d'interprétation plus difficile sont ceux où l’on trouve la coexistence qui n’est pas très rare de gommes tuberculeuses et des tuberculides. Jai eu, par exemple, l'occasion de voir dans le service d’Arning une vieille femme qui, outre un lupus vulgaire étendu déjà ancien, présentait des abcès multiples intra-musculaires el sous-cutanés et une éruption profuse de lichen scrofulosorum. On peut considérer dans ce cas le lupus comme le foyer primilif propagé secondairement aux ganglions lymphatiques. De ce foyer, des bacilles embolisés furent transportés par voie sanguine à la peau, dans l’'hypoderme et dans les muscles. A la peau qui présente des conditions défavorables au développement du bacille
tuberculeux les anticorps purent amener la destruction de ces bacilles, d'où production de tuberculides. Il n’en fut pas de même dans les tissus moins défavorables de l'hypoderme et des muscles. Nulle part d’ailleurs ne s'était produit une pullulation de bacilles. Dans le pus des abcès on n’en trouvait pas à l'examen direct et seule l’inoculation put les mettre en évidence (1). »
Il y aurait eu là quelque chose d’un peu analogue à ce que MM. Léon Bernard et Salomon (12) ont obtenu expérimentalement sur le chien : une injection de bacilles donne à la fois dans une même expérience, sur un même cœur, des follicules dans le myocarde et des végétaüons fibrineuses sur l’endocarde. Mais, dans le cas particulier, il ne semble pas que cette explication soit valable : s'il est vrai qu'en général la peau constitue un mauvais terrain pour le développement du bacille de Koch, on n’en observe pas moins, assez souvent, des lésions extrêmement virulentes, succédant à une inoculation cutanée (certains ulcères tuberculeux, par exemple) et, inversement, on a pu observer au niveau de la couche profonde du derme et dans l’hypoderme des lésions tuberculeuses extrêmement atténuées (érythème induré de Bazin, sarcoïdes hypodermiques).
La question reste donc posée et la cause de ces inégalités dans la virulence expérimentale des lésions nous échappe encore à l'heure actuelle.
(1) C'est à cette explication que se rallie sans enthousiasme M. A. Bourgeois (de Bâle) qui dans un article tout récent pose le même problème à propos de faits cliniques assez voisins. (Uber disseminierte post-exanthematische hœmatogene tuberculosis verrucosa culis. Derm. Zeitschrifl, janvier 1914.) l
San
Observation II
Berthe L... 20 ans. Entre à la salle Biett le 28 mai 1913 pour une lésion ulcéreuse de la cuisse gauche.
Antécédents familiaux. — Parents bien portants, trois frères el sœurs bien portants.
Antécédents personnels. — Pas de maladie dans l'enfance, aucun antécédent de bacillose cutanée ou autre.
Réglée à 15 ans, s'est mariée à 18 ans.
Dégur de l'affection cutanée. — Il y a dix-huit mois environ la malade remarque sur sa cuisse gauche un petit bouton oros comme un POIs, de coloration rouge, douloureux spontanément et sensible à la pression. Cette lésion s'agrandit, mais très lentement. La malade ne peut préciser le début de l'ulcération.
rois mois après la malade remarque un élément analogue à la cuisse droite, mais ce dernier ne s’ulcère pas et est aujourd’hui partiellement cicatrisé. Il n’y a eu aucun traitement local ni général, sauf pendant quelques jours applicaion d’emplâtre rouge.
Erar ACTUEL. — À Ja face postérieure de la cuisse gauche au niveau du tiers moyen, on trouve deux ulcérations entourées d'une zone violacée de 5 millimètres environ qui est moyennement infiltrée, L'ensemble de la lésion forme une plaque étendue ovalaire, à grosse extrêmité inférieure, mesurant 35 millimètres sur 30. La surface en est légèrement squameuse, non papillomateuse. Elle est nettement limitée et légèrement saillante sur la peau saine qui l'entoure.
Elle présente deux ulcérations : l’une supérieure, allongée dans le sens transversal, mesure 10 millimètres sur 6. Les bords sont nets, mais irrégulièrement découpés, finement dentelés. Le fond est peu creux, de couleur rouge, légèrement suintant, pas bourgeonnant. La base en est faiblement infiltrée.