PAT
L'ulcération inférieure qui présente les mêmes caractères est allongée dans le même sens et mesure 12 millimètres sur 8. Entre les deux ulcérations, se trouve une bande de issu infiltré rouge, mesurant 12 millimètres d'épaisseur.
La palpation donne une impression de mollesse el ne détermine pas de douleur; la lésion est indolore spontanément.
A la vitro-pression on ne trouve pas de nodules lupiques, on obüent une teinte jaunâtre uniforme de toute la région malade.
Ganglions inguinaux correspondants {groupe externe) l’un est gros comme une amande, deux plus petits comme des pois.
Cette ulcération diffère de l’ulcèré tuberculeux typique par les caractères suivants :
Elle n’est pas creusante; les bords ne sont nulle part décollés ; ils sont sur certains points en pente douce, sur d’autres points, creusés à pic. Ils ne sont pas violacés, mais de couleur rose. Enfin il manque la sensibilité, les grains jaunes, et le siège n'est pas celui de l’ulcère tuberculeux. Cette lésion diffère également de l’ulcère lupique par certains caractères des bords et du fond, et surtout par l'absence totale de lupômes.
Sur la cuisse droite (tiers inférieur de la face interne) en un point à peu près symétrique, on trouve une lésion des dimensions d’une pièce de un franc. Une partie de sa surface est cicatricielle, de couleur blanche; le reste est rouge. La palpation révèle une infiltration modérée et détermine une légère douleur.
A la vitro-pression, on trouve des lupômes absolument caractéristiques.
Les ganglions inguinaux ne sont pas augmentés de volume.
L'état général parail bon, quoique la malade soit d'apparence délicate. Elle n’a pas de fièvre, ne tousse pas.
On trouve pourtant des signes de lésions bacillaires au niveau du sommet gauche (légère élévation de la tonalité à
S-an
la percussion, rudesse de l'inspiration, surtout en avant.) Rien aux autres appareils.
Dans les urines, ni sucre, ni albumine.
30 mai. — L'extirpation chirurgicale — qui semble être le traitement de choix dans le cas particulier — est pratiquée
par notre ami Tzanck, interne du service. Après anesthésie locale, à la cocaïne, il enlève largement tout le tissu malade. Hémostase; suture.
La pièce est divisée en trois fragments : l'un est fixé pour examen histologique; un autre inoculé à un cobaye; le lroisième confié à M. Burnet pour recherches bactériologiques.
Juin. -— Les suites sont tout à fait bonnes, la cicatrisation se fait parfaitement.
La malade revient le 12 juin; onlui fait une prise de sang pour réaction de Wassermann.
A notre grande surprise la réaction fut positive quoique la malade ne présentât aucun signe de syphilis acquise ou héréditaire. Pourtant, l'interrogatoire nous apprit que son mari pouvait être considéré comme suspect à ce point de vue.
Il nous paraissait important de surveiller Ia malade et de refaire le Wassermann. Or, une deuxième réaction faite le 9 juillet, fut absolument négative. Il nous a été impossible depuis d’élucider cette question, n'ayant pu revoir la malade.