BACTÉRIOLOGIE
Dans nos trois cas, la nature tuberculeuse de l’affeclion a pu être démontrée d'une manière incontestable mais dans notre observation IIT il n’a été fait aucune recherche sur la nature et la virulence du bacille. Au contraire, dans nos observations I et Il, nous avons pu grâce aux examens de M. Burnet étudier avec quelques détails le bacille en cause. Nous ne retiendrons donc que ces deux premiers cas.
La recherche directe des bacilles sur les coupes a été dans les deux cas négative, ce qui tient certainement au petit nombre des bacilles et peut-être à la difficulté de les mettre en évidence. On sait que toul récemment divers auteurs ont proposé des méthodes d'examen qui colorent une forme granuleuse du bacille invisible avec le Ziehl. Ce sont les procédés de Much. Dans notre observation I où les recherches avec le Ziehl ont été négatives, nous avons pratiqué les examens après coloration par le Much et nous avons trouvé dans une cellule
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géante quelques granulations violettes qui sont peut-être , des formations bacillaires. Mais la valeur de ce procédé est encore contestée et il semble que la technique ne mette pas à l'abri des causes d'erreur. Ces réserves sont encore plus justifiées en ce qui concerne l'application des procédés à l’antiformine, où les bacilles se retrouvent dans le culot de centrifugation, après digestion des tissus. Nous n'avons pas pratiqué personnellement d'examen de ce genre.
Les inoculations ont donné dans les deux cas des résultats semblables : elles ont prouvé l’origine humaine du bacille et montré qu'il possédait une virulence moyenne, non atténuée, puisque un quart de milligramme de culture donnait au cobaye au bout d’un mois ou six semaines une infection tuberculeuse généralisée avec quelques fines granulations dans le poumon. Il estintéressant de rappeler à ce propos quelques travaux récents où des bactériologistes ont étudié précisément l’origine et la virulence des bacilles dans les cas de tuberculose cutanée.
La Commission anglaise d'études bactériologiques sur le lupus a étudié 20 bacilles isolés de 20 cas de lupus. Elle en a trouvé ? de type nettement humain, un de lype bovin. Les autres sont atypiques, les caractères de forme et de culture n'étant pas d'accord avec les caractères de la virulence. La Commission anglaise les considère comme des bacilles bovins ou humains atténués.
Rothe et Bierotte (65) ont étudié 28 cas de lupus dont ils ont obtenu 2? cultures. Ils définissent l'origine du
bacille par l'injection de 10 milligrammes sous la peau du lapin. Cette épreuve a défini le type de ces 2? cultures si nettement qu'il n’y à pas eu lieu de faire d'inoculation aux bovidés.
Les auteurs onttrouvé dans 23 cas du bacille humain, -dans 4 cas du bacille bovin.
Certains cas sont complexes : chez un malade ayant du lupus du serotum et du lupus du nez, on a trouvé du bacille humain dans la lésion du scrotum et du bacille bovin au niveau du nez, sans que rien ne puisse expliquer ce résultat.
Au total, pour les 28 cas de lupus, 82,5 de bacilles humains et 14,8 p. 100 de bacilles bovins.
Aucun de ces bacilles de lupus ne s’est montré atténué. Lorsqu'ils se sont développés sur le cobaye avec une extrême lenteur, lorsqu'il a fallu, avant d'obtenir la culture, les faire passer de cobaye à cobaye {jusqu’à 4 fois dans un cas), c’est que les bacilles étaient très rares dans la matière inoculée. La culture pure montre une virulence normale.
Un bacille bovin d'un lupus vieux d'une dizaine d'années a montré d'emblée une virulence normale.
Au cours de recherches faites en 1912, Burnei (15) sur 59 bacilles isolés de tuberculoses externes n’a pas rencontré une seule fois du bacille bovin. Par contre, il a pu vérifier l'existence de bacilles atténués en particulier dans les lésions cutanées. Il en cite un exemple ‘très net provenant d'un lupus du service de M. Thibierge : bacille type humain dont la culture pure inoculée à doses variables se montra très peu virulente
tant pour le cobaye que pour le lapin et le singe.
Burnet a rencontré encore récemment de nouveaux exemples de ces bacilles atténués, en particulier dans un cas de tuberculose verruqueuse du service de M. Darier.
On peut done trouver dans les tuberculoses cutanées d'une part des bacilles bovins en proportion plus ou moins grande, proportion qui à Paris semble très faible, et leserait moins à Londres et à New-York; d'autre part, des bacilles nettement atténués au point de vue de leur virulence expérimentale.
Dans nos cas personnels, nous avons eu affaire à des bacilles de type humain, très probablement peu
nombreux dans les lésions, et de virulence moyenne.