‹ L'Ulcère Tuberculeux: Atypique de la PeauChapitre 44 sur 49 · HAS · texte numérisé non relu

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traire, accoutumer l'organisme à la luberculine en élevant progressivement les doses injectées. Mais dans ce domaine de la bacillose pulmonaire, le$ résultats sont beaucoup plus difficiles à constater et à interpréter, d'autant plus que les modifications ne portent pas sur l’état local, mais sur les symptômes subjectifs.

Or on sait combien facilement on obtient une amélioration plus ou moins durable à ce point de vue dès qu’on institue chez ces malades une thérapeutique quelle qu’elle soit. C'estce qui explique les divergences encore considérables entre les opinions des auteurs qui ont étudié cette question. Les résultats favorables de la tuberculino-thérapie au cours de la tuberculose pulmonaire sont si peu évidents qu'à la Conférence anglaise contre la tuberculose tenue à Londres au mois d'octobre der-: nier, la grande majorité des congressistes paraissait entièrement découragée et insistait surtout sur les inconvénients et sur les dangers de cette thérapeutique (}).

Nous avons vu qu'en Dermatologie le bilan est plus favorable. Si l’on ne guérit pas tous les cas, on obtient presque toujours une amélioration généralement incomplète mais marquée, et dans un certain nombre de cas une guérison rapide et qui semble définitive. Il y a donc

(4) Il est juste de dire que d’autres auteurs en restent partisans très convaincus, en particulier Bandelier et Roepke (7) qui, dans la 1e édition de leur ouvrage parue tout récemment, attribuent à l'extension de la tuberculinothérapie une part fort importante dans l'abaissement de la mortalité tuberculeuse en Allemagne tombée de 222 pour 100.000 habitantes en 1905 à 177

en 1910.

un contraste frappant entre les résultats satisfaisants obtenus dans les dermatoses tuberculeuses et les résultats douteux et passagers que l’on observe dans Île traitement de la tuberculose pulmonaire. Quelles sont les conditions qui font des tuberculoses cutanées des cas plus favorables pour le traitement tuberculinique que la bacillose pulmonaire ? M. Rist, dans une communicalion à la Conférence antituberculeuse de Londres, a cherché à résoudre ce problème. Il a montré qu'il fallait tenir compte d'une part de la différence des conditions mécaniques qui, dans le poumon, parle fait même de l’élasticité normale rendent plus difficile la guérison de toute ulcéralion, en s’opposant au rapprochement des bords ; et d'autre part de ce fait qu’en dermatologie on ne craint pas de provoquer des réactions de foyers qui sont sans doute, suivant l'opinion primitive même de Koch, un facteur des plus importants de l’action curatrice. Au niveau du poumon, au contraire, ces réactions congestives dont on ne peut prévoir ni modérer l’intensité exposent à des dangers tels (hémoptysies, poussées granuliques) que nous n'avons pas le droit de les provoquer. Nous sommes donc réduits à l’emploi de quantés de tuberculine insuffisantes pour agir réellement, puisqu'une dose efficace serait dangereuse.

Ces considérations expliquent pour une part la différence observée dans les résultats thérapeutiques, mais le fait siifrappant de la guérison de certaines lésions cutanées avec des doses minimes de tuberculine reste encore inexpliqué. Rappelons que chez l'animal, au cours de la tuberculose expérimentale du cobaye, on

ne peut arrêter n1 ralentir la marche de l'infection par les injections de tuberculine. Et pourtant, il existe chez les animaux tuberculisés un certain état d'immunité comme le prouvent les expériences mêmes de Koch, celles de Roehmer, de Bail, et de Rist et Rolland. Nous voyons donc que l’action thérapeutique de la tuberculine reste encore mal élucidée, mais retenons qu'en pratique elle peut rendre des services appréciables. On aura surtout à l’'employer dans les cas d’ulcères atypiques en présence de lésions multiples dont l'exérèse chirurgicale serait particulièrement difficile ou même impossible. Elle peut même, en cas d’intervention chirurgicale, être pratiquée avant l'opération pour que le chirurgien connaisse exactement les limites du tissu malade, limites bien mises en évidence par la réaction de foyer obtenue. En tous cas il faut considérer comme une contre-indication formelle au traitement tuberculinique l'existence de lésions pulmonaires

ou rénales en évolution.

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