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Télégraphie sans fil maritime

A côté de ces questions déjà anciennes, celle de l'applicalion en marine des découvertes de la télégraphie sans fil se recommande à l'attention par sa nouveauté et par la révolution qu’elle est destinée à accomplir dans les milieux maritimes.

On se rappelle l'enthousiasme qui saisit l'Amérique et l'Europe quand on apprit que le 23 janvier 1909 le paquebot

Republic venait de couler dans un abordage avec la

Florida ; mais que, grâce à la télégraphie sans fil, tout l'équipage et plus de 700 passagers avaient pu être sauvés. Le télégraphiste du Republic avait eu, en effet, le temps d'envoyer des signaux de détresse. Les paquebots Baltic et Lorraine se trouvaient dans ces parages; leurs appareils enregisirèrent les signaux; et l’arrivée rapide de ces deux navires sur les lieux de l’abordage avait permis de sauver bien des vies humaines.

C'était la première fois qu'une catastrophe de ce genre était évitée, grâce à la LISE: Depuis lors, le monde aussi rapide à se blaser qu’à s’enthousiasmer, s’est familiarisé avec cette idée el ne s’en étonne plus, alors que la T. S. F. continue plus que jamais son œuvre de sauvetage et surtout de préservation. Car, c'est comme instrument de protection que les inventeurs lui ont découvert son plus beau rôle.

Deux ingéaieurs de la marine italienne, MM. Bellini et Tosiontinventé uu appareil récepteur, qui permet de repérer exactement la siluation d'un poste émelteur d'ondes hertzieunes. Par temps de brouillard, 1l suffit qu'un navire émette des ondes à intervalles réguliers, pour que les navires situés dans un certain rayon, connaissent non seulement son approche, mais encore sa situation exacte par rapport à eux.

C'est, pour l'avenir, la solution du problème de la marche en temps de brume. Les premières expériences faites sur la ligne du Hâvre à New-York par le paquebot Provence

de la Compagnie Générale Transatlantique, ont été si satis-

faisantes que le nouvel appareil avertisseur Bellini-Tosi a été adopté par la plupart des grandes compagnies de navigation.

Prenant l'initiative d'un mouvement qui sera, sans doute, suivi à l'étranger, le Ministère des Travaux Publics français vient, au cours de l’année 1911, de décider l'élablissement de trois signaux de brume hertziens, l’un à Ouessant, l’autre à l’île de Sein, le troisième au cap de la Hève. Désormais, les navires munis d’un poste récepteur, pourront, en toute sécurité, approcher ces écueils par les temps les plus brumeux, assurés qu'ils seront d’être avertis en temps voulu de leur dangereux voisinage.

Le caractère très particulier de cette nouvelle façon de correspondre au loin, exige une réglementation fort minulieuse, et qui ne peut être qu'internationale, étant donnée la nature même du phénomène. Une organisation particulière à chaque État en annulerait toute l'utilité pratique.

Déjà, un alphabet unique est employé pour les communications nautiques (1). Il faudra, en plus, créer, à la charge de celui qui reçoit une dépèche, l'obligation de la porter à la connaissance de qui de droit, surtout quand

elle porte avis d’un sinistre ou d'une demande de secours.

(4) La Convention radiotélégraphique de Berlin (15 mai 1910) a réglementé la transmission des radiotélégrammes. Mais déjà les progrès de la T. S. F. rendent sa revision urgente et, au mois de juin 4912, une nouvelle Commission internationale doit se réunir à

Londres dans ce but.

Mais la télégraphie sans fil ne rendra vraiment les services que l’on est en droit d'espérer d’elle que le jour où une convention internationale obligera tous les navires au-dessus d'un tonnage déterminé à avoir à leur bord des appareils émetteurs et enregistreurs d'ondes,

Les États-Unis et l'Angleterre en ont montré la nécessité ; les premiers en frappant d'une amende de 5.000 dollards les bâtiments de mer, tant nationaux qu'étrangers, pouvant transporter plus de cinquante personnes, qui quitteraient un port de l'État sans être munis d'appareils de T,S.F, d'une portée minima de 100 milles ; la seconde en frappant d'une amende de 1.000 livres le bâtiment qui commeltrait cette infraction dans le Royaume-Uni (1).

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