VOIES ET MOYENS
Les premières tentatives vers l'unificalion du droit maritime commercial n'avaieut donné aucun résultat. Et cependant quelques-unes des règles votées élaient incontestablement excellentes et capables de faire disparaître le malaise général dont souffrait le commerce maritime. Pourquoi douce demeuraient-elles à l’état théorique, sans faire le pas définitif qui les eut transformées en lois ?
Il faut, semble-t-il, en rechercher la cause principalement dans deux raisons : la première est que les travaux des congrès embrassaient toujours un trop vaste cercle, tout le droit maritime s’y trouvait passé en revue, critiqué, corrigé.
Le Congrès de (Gênes de 1892, par exemple, était divisé en quatre sections distinctes : la première s'occupait spécialement du crédit maritime; la seconde des avaries et du connaissemenl ; la troisième des assurances
maritimes ; la quatrième de l’abordage, de l'assistance et
du sauvetage. Sur chacun de ces points furent prises de longues résolutions, si bien qu'à la clôture du Congrès, on se trouvait en présence d'une sorte de nouveau code, qui eut constitué, pour la plupart des législations, une révolution complète. si on avait tenté de les modifier dans le sens des règles votées par le Congrès. C'était l'échec assuré.
Une autre cause contribua à l'insuccès. Il ne suffisait pas d’adopter des résolutions dans les Congrès, et de recevoir des gouvernements la vague promesse qu'ils s’occuperaient de transformer en lois les projets élaborés. Cependant, cela fait, les promoteurs du mouvement d'unification semblèrent considérer leur tâche comme terminée, alors qu’au contraire allait débuter la partie la plus difficile, celle de la réalisation pratique. Il eut fallu avoir des comités permanents chargés de poursuivre auprès des gouvernements l'œuvre commencée, en ne laissant pas un instant de répit jusqu'à ce qu’un résultat fût atteint.
Quelles qu’en soient les causes, tout l'effort de tant de
bonnes volontés demeurait stérile.