L'UNIFORME DE GRENADIER
être emparé de notre pays, j espère que vous»®* morales.
nous laisserez nos femmes.
AUGUSTE
C’est pourtant la plus jolie production de l’endroit.
GiL PEREZ.
C’est à cause de cela que nous y avons l'œil.
Pi-BLO, appelant sur la porte delà boutique.
Pequilla! Pequilla!.. viens servir ces messieurs !
PEQUILLA.
J’y vais mon père (a pan a Auguste.) Nous danserons plus tard...
GIL P UHF/.
Allez donc , Pequilla... u’eulendez-vous pas la voix de votre respectable père (a pan.) Je ne conçois pas ce vieux marchand de vin... il n’a qu’une lillc et il l’expose à toutes les séductions d’un corps d’armée... Aile/, donc épouser une jeune personne qui verse la goutte depuis le matin jusqu'au soir à des drôles comme ça... c’est effrayant !
auguste.
Allons, seigneur (iil Ferez, pas de rancune pour le petit boléro ; prenez place et buvez avec nous.
gu. pliiez.
Merci, hussard... je ne bois jamais entre mes repas.
AUGUSTE
Oui; mais nous qui ne faisons jamais de repas, nous buvons toujours... à votre santé.
CIL PKREZ.
Je vous conseille de boire, pendant que vous y êtes... tout ça va changer bientôt; le Maréchal*, que nous attendions depuis si long-temps, dans 1’intérêt des mœurs et de In tranquillité du pays, vient d’arriver aux avant-postes... on ne passera plus la journée au cabaret... on ne montera plus la tête aux jeunes filles par des propos galans... il parait que le nouveau Maréchal ne plaisante pas là-dessus... nous allons rire!
AUGUSTE
F.si-il bête, celui-là!., ne croit-il pas que le Maréchal va se mêler de tout ça.
HAILLOT, assis à la même table que son fils.
Laisse-le donc dire !.. j’en ai assez vu de maréchaux... ils font comme ça un peu d’embarras en arrivant... et puis, au bout de quelque temps, ça marche comme à l’ordinaire.. .
GIL PEREZ
Enfin , pour ma part , si j’ai l’honneur de voir M. le Maréchal, je me ferai un devoir de lui signaler les abus...
AUGUSTE, riant.
Les abus du boléro , n’est-ce pas farceur.
GIL PEREZ
C’est encore possible. (Approchant des Espagnols qui sont assis de l’autre coté du théâtre.) Et vous aussi, vous êtes de la société des Français?