‹ L'union des deux Canadas, 1841-1867 [microforme]Chapitre 2 sur 44 · VI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VI INTRODUCTION

volés par ceux qui la représentaient, ils luttèrent jusqu'à lafin, et leur dernier combat fut une dernière victoire.

Ils se rendirent, le désespoir dans l’âme, mais après avoir assuré à leurs enfants la conservation de la religion, de la langue et des institutions de la France.

Ils étaient peu nombreux, 70,000 environ ; abandonnés par la noblesse et l’armée, qui reprirent le chemin de la mère patrie ; ruinés, épuisés par la guerre, ils retournèrent à leurs champs, laissant aux Anglais administration des affaires publiques.

Ils s’aperçoivent bientôt que la foi des traités ne suffit pas à les protéger, qu’il leur faut entreprendre la lutte éternelle du vaincu contre le conquérant, du colo contre les abus du gouvernement militaire et absolu. Ils protestent si énergiquement contre les injustices dont ils sont victimes, que l’Angleterre qui avait besoin d’eux, à la veille de la guerre de l’Indépendance américaine, leur donnait une nouvelle constitution sous le nom d’Acte de Québec. Cette constitution confirmait leurs droits et privilèges et mettait le pouvoir entre les mains d’un gouverneur et d’un Conseil législatif. C’était toujours le régime arbitraire, le gouvernement de tous par un petit nombre d’hommes préjugés égoïstes et prévenus contre les Canadiens-français. Les abus devinrent si criants que les Anglais furent les premiers à demander qu’on y mît fin en donnant aux Canadiens le droit de se gouverner eux-mêmes.

L’Angleterre acquiesça à leur demande en adoptant l’Acte de 1791, qui divisait le Canada en deux provinces et donnait à chacune le droit d’avoir une Assemblée législative. C’était un grand triompb: en apparence, pour les Canadiens-français, qui crurent un moment avoir cnquis le gouvernement constitutionnel. Mal-

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