INTRODUCTION VII
heureusement ils se trompaient : ils devaient être goavernés de la même manière par des fonctionnaires indépendants et irresponsables, et par un Conseil législatif composé de créatures du gouverneur, d'hommes orgueilleux et avides qui les méprisaient et les volaient.
La conquête avait jeté sur nos rivages une foule d’aventuriers, de parasites, de fils de famille plus ou moins légitimes à la recherche de positions sociales. L'ancien régime n’en avait pas été exempt ; ces êtres malfaisants ruinaient la patrie pendant que Montcalm et ses héroïques soldats se faisaient tuer pour la sauver.
Nos pères étaient non seulement colons, mais français et catholiques.
Ils étaient trois fois coupables.
Pour remédier aux abus, ils demandaient que la Chambre d assemblée eût le contrôle des dépenses et du revenu, que le Conseil législatif fût aboli ou nommé par le peuple, et que les fonctionnaires publics fussent soumis à son autorité. Ils prétendaient avec raison qu’une Chambre d’assemblée privée du droit d'accorder ou de refuser les subsides était sans pouvoir, sans influence et complètement à la merci du gouverneur, de ses créatures et du Conseil législatif.
Durant quarante ans, ils demandèrent, ils supplièrent qu’on leur rendît justice, qu’on les traitât comme des sujets anglais, comme des hommes honorables et loyaux. Durant quarante ans, ils eurent pour plaider leur cause,et défendre leurs droits, des hommes de talent et de courage, les deux Papineau, les Bédard, les Bourdages, les Viger, les Morin et les Lafontaine.
Un jour vint où1ls décidèrent de formuler leurs griefs sous