‹ L'union des deux Canadas, 1841-1867 [microforme]Chapitre 29 sur 44 · LE · texte numérisé non relu

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tient, plus violent que de coutume. Deux ou trois jours après sa démission, croyant que les nouveaux ministres allaient donner à la Chambre des explications sur les changements survenus, il se fit envelopper d’ouate et transporter au parlement pour donner ses propres explications. On s'attendait à une scène émouvante, mais la plupart des ministres ne parurent pas à leurs sièges, ce jour-là, et le bouillant colonel fut forcé de remettre à plus tard son explosion,

Les explications ministérielles eurent lieu le 26 mai, et provoquèrent un débat orageux.

Le gouvernement l’emporta par une majorité de quatre voix seulement, et sa minorité dans le Haut-Canada fut plus considéable qu'avant les changements intervenus. C’était une position assez fausse pour ceux qui avaient décapité M. MeNab et démoli son ministère, parce qu’il n’avait pas la majorité dans les deux provinces.

M. Loranger et M. Galt se joignirent à l’opposition pour reprocher aux ministres d’avoir violé le principe qu’ils avaient invoqué pour reconstituer le gouvernement.

Proclamer comme principe que le gouverrement sous l’Union devait avoir la majorité dans les deux provinces, était évidemment contraire à la constitution ‘qui, des deux provinces, n’en avait fait qu’une ; c’était créer une source inépuisable de complications et d’embarras,et donner raison à cenx qui avaient dénoncé les dangers et les imperfections du nouveau régime. Toutefois, il était sage de se conformer en pratique autant que possible à

ce principe, de tenir compte de l’opinion et de la volonté de la

majorité, dans chaque province.

C'était la seule solution pratique des difficultés, le seul modus

vivendi capable d'éviter les conflits, d’apaiser les jalousies nationales et provinciales, de contrecarrer les projets de représentation d’après le nombre et de fédération des provinces.

Mais c’était un remède éphémère, puisque l’application en était la. ée à la discrétion ou à l'intérêt des partis.

À tout événement, le ministère Taché-Macdonald traversa la crise qui faillit le tuer à sa naissance, et put terminer les travaux de la session de 1856.

Les élections des douze premiers conseillers législatifs eurent lieu dans l'automne, et furent favorables au gouvernement. La lutte fut partout aussi acharnée que s’il se fût agi de l’élection des membres de la Chambre. Le gouvernement que l'opposition criblait de coups et sommait de faire des élections générales, avait grand intérêt à montrer sa force. Il ne put réussir, cependant, à empêcher Louis Dessaulles de se faire élire dans la division Rougemont. Louis Dessaulles était riche, érudit, allié aux Papineau, aux Laframboise. Il était l'écrivain, le polémiste le plus fort du parti libéral, le rival de Joseph Cauchon, l’un des hommes les plus instruits du pays et l’un des chefs les plus influents des jeunes gens de l'Avenir et de l’Institut Canadien. Ses connaissances générales lui permettaient d’aborder tous les sujets, de traiter toutes les questions sociales et religieuses, et il le faisait avec une vigueur, ne fougue, une indépendance de pensée et une abondance d’arguments souvent captieux qui contribuèrent beaucoup à compromettre la popularité du parti libéral et à effrayer justement le clergé.

Sa vie a été accidentée, semée d’épines, pleine de tribulations.

Audacieux et imprudent en affaires comme en politique, il se

ruina, et chercha, durant trente ans, à refaire sa fortune en se

{ 16% L'UNION DES DEUX CANADAS CU jetant dans les entreprises les plus risquées. IT avait la manie des inventions, des découvertes scientifiques, et se croyait toujours à la veille de devenir millionnaire. Comme Crémazie, il

se vit forcé de s’expatrier, et com.ne lui, il alla vivre péniblement et mourir tristement en France.

LR

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