‹ L'union des deux Canadas, 1841-1867 [microforme]Chapitre 33 sur 44 · L.-V. Sicotte, procureur-général · texte numérisé non relu

L.-V. Sicotte, procureur-général

A.-A. Dorion, secrétaire d'Etat ;

N.-T. Tessier, commissaire des Terres ; F,. Evanturel, ministre de l’Agriculture ; J.-J.-C. Abbott, solliciteur-général.

M. Tessier et M. Evanturel étaient des membres estimés du barreau de Québec, appartenant à des familles honorables, et possédant la confiance publique. M. Tessier devint plus tard juge de la Cour d’appel.

On ne croyait pas que M. Sanfield Macdonald aurait la force et le prestige nécessaires pour former un gouvernement dans des circonstances si difficiles, surtout pour décider des députés libéraux du Haut-Canada à entrer dans son cabinet, en renonçant, au moins pour un certain temps, à leur programme relativement à la représentation.

M. Sanfield Macdonald avait fait preuve de capacité dans les différentes positions qu’il avait occupées, soit comme solliciteurgénéral dans le ministère Lafontaine, soit comme président de la Chambre en 1852.

Il était député de Cornwall depuis 1841, et avait traversé toutes les crises et les luttes politiques, sans perdre un instant sa liberté d’action et sa popularité.

L'esprit d’indépendance et le caractère énergique qui l’avaient fait quitter le toit paternel, à l’âge de onze ans, pour vivre de son travail, et qui le décidèrent plus tard à abandonner le com-

merce pour étudier le droit, avaient caractérisé sa carrière poli-

tique. Quoique catholique, il avait combattu les écoles séparées, et malgré son désir de parvenir, il n’avait pas craint de se mettre en travers du sentiment général de ses concitoyens sur la question de représentation, et de combattre la politique violente de George Brown.

Aussi, il avait à peine formé son ministère que le grand chef clear grit tirait sur lui à boulets rouges et accusait les autres ministres haut-canadiens, les MacDougall et les Morris, d’avoir sacrifié leurs convictions et les droits de leur province.

Cependant, il finit par se calmer, et consentit, ainsi que les Mackenzie, les Mowat, les Rymal et autres chefs du parti libéral, à donner au nouveau ministère une chance de mettre sa politique devant la Chambre.

Les conservateurs en firent autant et laissèrent réélire les nouveaux ministres sans opposition.

MM. Wallbridge et Loranger furent chargés de faire connaître la politique du ministère en attendant la réélection des nouveaux ministres.

M. Loranger remplit cette tâche avec un talent et une habileté qui démontrèrent que les chefs du nouveau cabinet avaient eu tort de ne pas lui donner un portefeuille.

Le principal article du programme du gouvernement était l’application du système de la double majorité.

Le ministère Macdonald-Sicotte se hâta de faire adopter les plus nécessaires, entre autres, un bill de milice beaucoup moins

onéreux que celui de l’ancien gouvernement, et prorogea les

Chambres.

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