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LA NOBLESSE DES MÉDECINS

Il est convenu que les mêdèbihs prenaient noblesse à Veuisë par le seul fait de l’exercice de leur art, et que cette faveur insigne s’étendait même aux représentants des industries qui contribuaient à la gloire de l’État en faisant sa richesse. Rien de moins vrai que cela.' Celte opiniflti est un' paradoxe qui est passé, comme tant d’autres, à l’état de vérité reçue. L’aristocratie vénitienne occtipait un rang et jouissait d’avantageS' qu’elle ne tenait nullement à partager. .Elle encourageait la science, elle protégeait le commèreë et même s?y mêlait en s’abritant derrière des noms plébéiens. Mais elle gardait soigneusement pour elle-même ses prérogatives. Il est vrai que la République faisait des nobles dans des circonstances pressantes, et, dans ce cas, les médecins pouvaient obtenir l’entrée dans l’aristocratie, mais c’était quand la République avait un besoin urgent de faire monnaie. Le gouvernement vendait alors l'entrée au grand Conseil, il vendait les dignités, il vendait les places. Voilà la seule porte ouverte, la porte d’or par. laquelle tout Vénitien et quelquefois tout étranger pouvait espérer de'pèhétrer dans la classe qui déminait tout et tenait à elle seule le gouvernement du pays.

Avant la Révolution de 89, la population française était divisée en trois classes, le clergé, la noblesse et le tiers état. Celle de Venise était divisée en trois classes aussi qui ne correspondaient Tome XXVII. - Troisième série. 06

d’endosmose, d’exhalation ou d’absorption, comme l’ont cru généralement la piu part des physiologistes jusqu’à ce jour? M. Moreau, dans sa première communication, soutenait que le double courant n’existe pas et que, à un moment donné de l’expérience, au bout, par exemple, de quelques heures, on peut démontrer qu’il n’y a plus d’absorption, car il est impossible de retrouver dans les urines le cyanure de potassium et de fer injecté dans l’anse intestinale. M. Colin, au contraire, affirmait le double courant que l’on constate toujours, disait-il, dans les premières heures de l’expérience, c’est-à-dire tant que la muqueuse intestinale n’est pas congestionnée, infiltrée, altérée, en un mot par l’irritation excessive dont elle est le siège à mesure que l’expérience se prolonge. C’est alors seulement que cesse le courant d’absorption ou d’endosmose.

Au lieu d’admettre que la différence des résultats dépend ici de la différence des conditions expérimentales où l’on se place, M. Armand Moreau a préféré répondre à M. Colin en donnant simplement la relation d’une expérience qu’il a faite depuis mardi dernier, et de laquelle il résulterait que la muqueuse intestinale, même congestionnée, infiltrée, épaissie, altérée, est capable d’absorber. Mais alors, ainsi que l’a fait justement remarquer M. Colin, si, même dans ces conditions, la membrane muqueuse intestinale, est susceptible d’absorber, qu’esl-ce qui empêche le double courant de se produire? Et que signifie la conclusion que M. Armand Moreau a cru pouvoir déduire de sa première expérience, et d’après laquelle la membrane muqueuse intestinale, au contact d’un sel purgatif, ne pourrait en même temps sécréter et absorber?

Sur l’invitation bienveillante de M. Bouillaud, M. Armand Moreau a essayé de donner une explication de ces résultats contradictoires, au moins en apparence, mais nous avouons n’avoir pu rien comprendre à la subtilité des distinctions faites par l’honorable physiologiste expérimentateur.

M. Colin nous a paru infiniment plus net, plus clair, quand il s’est livré sur ce sujet à une digression intéressante, mais que nous n’avons pas cru devoir reproduire, parce qu’elle a été purement et simplement le développement et la paraphrase de son argumentation de la précédente séance, que nos lecteurs ont pu lire dans notre dernier compte rendu.

Nos lecteurs trouveront au compte rendu l’analyse de deux savants rapports, l’un, de M. Planchon, relatif à un travail d’Aimé Bonpland, le célèbre botaniste voyageur, sur la Melalenea paraguariensis et ses propriétés; l’autre, de M. Chatin,

pas aux mêmes catégories de la population, car le clergé n’y comptait pas et se perdait dans les diverses classes; ces classes, les voici telles qu’elles avaient été fixées dans la cité des doges: la noblesse d’abord, puis la citadinanza , la citoyenneté ou la bourgeoisie, et ensuite le peuple. Les industriels, les médecins appartenaient à la citadinance, ils étaient citadins. « On entend à Venise, dit Saint-Didier (1), par le mot de citadins , toutes les bonnes familles de citadins vénitiens qui composent un second estât entre la noblesse et le peuple. » Ut plus loin : « Ce corps comprend les médecins, les advocats, les marchands et les ouvriers d’étoffes d’or et de soye, et les verriers de Mouran (de Murano) qui se disent tous anoblis par Henri III. »

Toute personne qui a quelque habitude des choses d’art, a vu et a remarqué des fragments de ces merveilleuses étoffes qui se fabriquaientà Venise avant la Renaissance et qui se continuèrent après. Pour qui n’a pas porté son attention sur ces brillants ouvrages, il y a à visiter le tableau des Noces de Cana de Paul Véronèse, qui forme l’un des plus beaux joyaux de la magnifique collection du Louvre, pour y admirer une exposition aussi riche que variée de ces étoffes vénitiennes drapant les personnages du festin, qui certainement ne s’étaient jamais trouvés vêtus avec tant de splendeur. Les verres de Murano sont toujours fabriqués dans l’île de ce nom, qui est située dans la région septentrionale de la lagune. Mais quelle différence entre les produits modernes et les verres réellement anciens! Ceux-ci portent une teinte opaline qui se remarque surtout dans les lustres et que le travail actuel imite assez mal, car il n’en rend pas les beaux reflets. Le triomphe de la verrerie des vieux temps de la fabrication vénitienne est dans les verres coniques portés sur un pied travaillé comme un

(1) Toussaint de Limojon de Saint-Didier. La ville et la république de Venise, 1680.

concernant un mémoire très-intéressant de M. Heckel, de Marseille, intitulé : De l'influence des solanées viveuses en général , et de la belladone en particulier . — A. T

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