MÉDICATION PAR L’EAD NATURELLE D’OREZZA
Malgré les progrès immenses réalisés par la pharmacie depuis un demi«riècle, U arrive; souvent, tous les praticiens le savent, que les médicaments les mieux préparés ne peuvent, pas ôtée absorbés par les malades. -Il n’est pas; rare de voiries sirops les plus limpides, les potjpns les plus parfumées, les pilules les plus dorées, les pastillas les plus fondantes, Igs dragées les plus sucrées, délaissés des ;gens qui souffrent. Soit fatigué, soit dégoût, un moment Viéflt où ceux qui ont .le plus besoin des secours de la thérapeutique repoussent toqt çe gpj vient de l'officine^ Le rôle du médecin est singulièrement pénible à cet, instant. Forcé 4’administrer 4 son client le remède qui doit combattre , la maladie, il s’épuise en recherches infructueuses pour prescrire la substance active sous une forme acceptable cette forme, dont dépend la guérison, il ne la trouve pas toujours.
• L’impuissance de l’homme de l’art, en présence d’un malade dent la bQUQbe refuse de rebe voir une substance salutaire, disparaît heureusement quand il s’agit de Ja médication martiale.
Pour les anémiques, pour les femmes atteintes de chlorose,, pour les individus débilités par de longues fièvres, pour ceux dont les yoies digestives sont languissantes et frappées d’alqnip, dans tous les cas où il y a lieu de modifier puissamment Thém^ose, au moyen de propriétés toniques et reconstituantes du fer, le médecin a sous la main un liquide naturel que supportent les estomacs les plus délicats, que tolèrent les palais les plus blasés, .
Ce liquide, sorti des entrailles de la terre,, tel que pieu le ht, c’est l’eau minérale d’Qrefxa,
Chargée de fer dans une forte proportion (0,128 parlitre), acidulé et, gazeuse, elle réunit, dit,;le docteur Ardouin, deux minéralisations très-efficaces qui se complètent l’une par l’autre. Elle est mieux tolérée que d’autres eaux moins riches en principes métalliques, çt elle a une action, discrète qui ne, produit ni irritation, ni congestions sanguines locales, pj pléthores.
Elle a, de plus, l’avautage de constituer une boisson fort agréable à prendre, seule ou pié-i langée, avec le vin. En effet, la grande, quantité d’acide carbonique qu’elle contient qe sert pas seulement, à rendre le fer facilement assimilable; elle donne encore 4 j’eau d’Qrezza une saveur piquante, réveillant heureusement les papilles gustatives ef donnant 4 la poncho uno sensation de fraîcheur fort appréciée.
L’opinion que nous venons d’émettre sur le côté agréable de l’eau minéralé utile qui vient d’Orezza, a été formulée avant nous par les auteurs les plus recommandables : « L’eau d’Orezza prise le matin à jeun, dit le docteur de Pietra Santa, rédacteur en chef du Journal d’fiygiène, produit une sensation agréable, réveille l’appétit et précipite la digestion. Facilement éliminée, elle produit un sentiment de bien-être. Plus frais et plus dispos, le buveur atiend avec impatience l’heure du déjeuner. »
M. Henry de Parville écrit : « L’eau mihérale acidulé d’Orezza est d’une limpidité parfaite d’une saveur aigrelette, piquante .et réellement agréable à boire ; elle pétille comme le vin mousseux ; c’est une sorte d’eau de Seltz. ferrugineuse. »
Le docteur Servicen, président du Cùnàeil de santé de l’Empire ottoman, dit : « Le traitement le plus rationnel à indiquer contre la chlorose, l’anémie, la gastralgie, la dyspepsie, lès névroses, c’est le fer, administré sou'S sa forme la plus agréable, sous celle de l’eau acidulé et gazeuse d’Orezza. »
Nous n’en finirions pas si nous voulions reproduire ici toutes les attestations flatteuses signées de grands noms en faveur de l’eau d’Orezza. Leur seule liéte remplirait une colonne; bornons-nous donc à citer Poggiale, Gubler, Henry, Donné, Gallard, Marchai (de Calvi), Constantin James, Matléi, Pétrequin, Bertherand et Le Bret, parmi la phalange des médecins célèbres qui ont reconnu les propriétés 'incontestables du précieux ferrugineux naturel, et disons aux praticiens en quête d’une préparation martiale pour des malades difficiles ou dégoûtés : Ne cherchez plus un médicament perfectionné; tous les perfectionnements de la science pharmaceutique ne valent pas l’art admirable de la nature; le plus agréable de tous les ferrugineux, c’est l’eau d’Orezza.
D' N. Reodloüz.
ACADEMIES ET SOCIETES SAVANTES
ACADÉMIE DES SCIENCES
Séance du 7 avril 1879. — Présidence de M. Daübrée.
M. Boèrs adresse une brochure sur le choléra de 1866, et demande qu’elle soit renvoyée à la commission du prix Bréant.
M. Picard fait hommage à l’Académie d’un travail sur la méthode que Cl. Bernard a suivie pour le dosage des sucres réducteurs, et M. Berthelot, au nom de M. d’Aussonval, dépose sur le bureau une note traitant du même sujet, et qui est, comme la précédente, une réponse à des critiques récentes.
M. lé Président de la République autorise l’Institut à accepter, de M™* veuve Jean Reynaud, la donation d’une somme annuelle de 10,000 francs pour fonder un prix qui sera distribué alternativement par les cinq Académies, et qui portera le nom de Prix Jean Reynaud.
M. Jos. Bertrand, secrétaire perpétuel, présente, avec les plus grands éloges, une brochure et une noté manuscrite du docteur Làguesse relatives au phylloxéra, et aux moyens qu’il convient d’employer pour détruire cé redoutable' insecte. M. Làguesse fait voir qu’en disposant dans le sol dé lé vigne des trous de façon à former des losanges d’une grandeur qu’il détermine, on pourra, par ces trous, faire pénétrer les substances destinées à détruire le phylloxéra bien filus efficacement que par le trou creusé au pied de chaque cep, ainsi qu’on a fait jusqu’à présent. La dispdsiiion en loéanges ne laisse pas une seule partie du sol à l’abri de l’injection employée, et elle n’exige qu’une quantité moindre de cette injection, comparativement à l’autre méthode, a En somme, dit M. le secrétaire perpétuel, le travail de M. le docteur Làguesse me parait doublement remarquable; car, aux vues pratiques de l’homme qu défend sa vigne, Pauleur a su joindre des considérations géométriques d’un ordre élevé, et prouver ainsi sa parfaite compétence pour traiter à fond un sujet aussi intéressant. »
M. Dumas, si le bureau veut bien l’y autoriser, se propose de demander, au nom de l’Académie, à la Commission supérieurë du phylloxéra, !d’impritner la partie manuscrite du mémoire de M. le docteur Làguesse dans les publications de la commission. (Adopté.)
M. Desort adresse une noté sur les anciens glaciers dont on retrouve les traces dans les Alpes-Maritimes.
M. Chevreul dépose sur le bureau un modèle de giroüette propre à faire comprendre, même au* e"fants. la théorie des couleurs complémentaires.
M. de Lesseps offre en hommage une brochure dont le sujet est la conférence faite par lui» au irocadéro, devant l’ Association 'internationale fondée pour l’exploration du continent africain. cette brochure contient la relation sommaire des résultats obtenus, et le catalogue des pro ui u sol qui ont pu jusqu’à présent être déterminés* L’Association se réunira de nou-
veau dans quinze jours, et M. le ministre de l’instruction publique assistera à la réunion comme president du comité français. Déjà il est question d’ouvfïf’ des stations hospitalières et scientifiques dans toutes les régions où les Européens peuvebt pénétrer.
M. Daubrée, au nom de MM. Malard et Lechatelier, signale un nôuveau moyen trèssimple de constater là présence du grisou dans lés mines et, par conséquent, de se préserver des explosions. Il suffit d’observer la flamme d’un petit briquet à hydrogène: Si l’atmosphère de la mine contient, seulement un quart pour cènt de grisou, il âe produit Une aürédle particulière autour de là flamme. •
M. Thénard, qui a assisté aux expériences, affirme que M. Ruggieri, le célèbre artificier, a reconnu, par ce moyen, moins d’un millième de grisou; et M. Daubrée ajoute que, dans les, mines où voltigent des poussières de charbon, il ne faut qu’un demi pour cent de grisou pour déterminer des explosions.
L’ordre du jour appelle la nomination d’un membre titulaire dans la section d’anatomie et de zoologie, en remplacement de M. Paul Gervais, décédé.
La commission présente : En première ligne, M. Alph. Milne-Edwards ;• — en deuxième ligne, M. Dareste; — en troisième ligne, MM. G. Pouchet et Sappev. i ..
Sur 55 votants, M. Alph. Milne-Edwards obtient A9 suffrages, M. Dareste 6.
En conséquence, M. Alph. Milne-Edwards est élu.
Nous ne devons faire à ce sujet aucune réflexion. Qu’il nous soit permis seulement de regretter et de nous étonner que pas une seule voix ne se soit portée sur les deux derniers noms de la liste. C’était sans doute un zoologiste qu’il s’agissait, d’élire, et M. Sappey n’est qu’un anatomiste de premier ordre. Mais ne vaudrait-il pas mieux exclure de la liste de présentation les noms d’une notoriété si haute, que de les y faire figurer et de ne pas leur accorder le moindre suffrage?
L’Académie procède ensuite à l’élection d’un membre correspondant pour la section de minéralogie, en remplacement de M. Damour, nommé académicien libre.
La section présente la liste suivante de candidats : En première ligne, M. Abich, de Tifflis; — en deuxième ligne, M. Domeniko; — en troisième ligne, MM. Alph. Fabre et Hall.
Sur A 9 votants, M. Abich obtient 27 suffrages, M. Hall 13, et M. Alph. Fabre 9.
En conséquence, M. Abich est nommé.
L’Académie procède enfin, par la voie du scrutin toujours, à l’élection d’un correspondant pour la section d’économie rurale, en remplacement du marquis de Vibraye, décédé.
Sur AA votants, M. Lawes obtient AO suffrages, et M. Mac Cornik A.
M. Lawes est élu.
Nous sommes obligés de renvoyer à notre prochain Bulletin un très-intéressant mémoire de M. Magitot sur la morphologie du follicule dentaire chez les vertébrés. -? M. JL
MEMENTO BIBLIOGRAPHIQUE
Contribution a l’étude des causes empêchant l’ablation définitive de la canule après la trachéotomie chez les enfants, par M. le docteur Louis Carrié, ancien interne des hôpitaux de Paris. A. Coccoz; 1879; in-8°.
Voici deux nouveaux chapitres, et des plus intéressants, à ajouter à l’histoire de la trachéotomie. Dans le premier, M. Carrié étudie une variété de rétrécissement trachéal consécutif à la trachéotomie pratiquée chez les enfants. L’introduction de la canule aurait pour conséquence une diminution dans la largeur du diamètre transversal de la paroi postérieure, par suite du rapprochement de l’extrémité des trois premiers anneaux de la trachée. La muqueuse interposée aux anneaux en arrière, rèfoulée par les cartilages, fait une saillie plus ou moins prononcée dans l’intérieur de la trachée ; cette saillie peut être permanente, et alors elle constitue un rétrécissement de ce canal, dont la nature a été méconnue dans certains cas et a pu, après l’ablation de la canule et la cicatrisation de la plaie, déterminer la mort par asphyxie.
Dans le second chapitre , M. Carrié démontre que des bourgeons charnus peuvent prendre naissance sur les bords profonds de la plaie trachéo-cutanée. Ces bourgeons sout quelquefois assez volumineux, sessiles ou pédiculés, très-mobiles par conséquent dans ce dernier cas, font saillie dans l’intérieur de la trachée quand la respiration est un peu gênée, ou même pendant l’inspiration normale , provoquent le spasme de la glotte ou l’aplatissement de la trachée, et peuvent également entraîner la mort par asphyxie.
Leur expulsion spontanée ou leur arrachement est suivi d’une guérison définitive quelquefois, d’un soulagement momentané presque toujours, c’est-à-dire que l’enfant peut se passer de la canule pendant quelques heures.
L’UNIÔN MÉDÏCÀLE
ël2
No 44
Mardi 17 Avril 1879
BULLETIN
SUR LA SÉANCE DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE
En présentent aujourd’hui à l’Académie la thèse inaugurale de son fils, M. le docteur Paul Bouley, sur V ostéomalacie, citée avéc éloges par M. Verneuil dans la dernière séance, M. Hënri Bouley a dit que les analyses consignées dans ce travail contredisaient les assertions émises dans cette séance par M. Colin relativement à la prédominance des sels calcaires dans les os des ruminants atteints d’ostéoclaslie. D’après les résultats de des analysés, la fragilité osseuse serait due, ainsi que lé pensait M. Verneuil, à l’insuffisance et non à l’excès des principes terreux. M. Colin a maintenu Ses assertions premières, fondées, a-t-il dit, sur des analyses qui démontrent que dahS Tostédcfôstie des ruminants il y a excès de sels calcaires, excès qui rendues os1 durs et Cassants comme du verre. Eh présence de ces affirmations contradictoires également basées sur l'analyse chiniique; cjiie penser, sinon, ainsi que l’a fait judicieusement remarquer M. Depaul, qu’il y a eu confusion entre leS'deux savants interlocuteurs, l’un parlant de l’ostéoclastiè et l’aütre de l’ostéomalacie, affiliions entièrement différentes l’une de l’autre. Il est donc probable que M. Bouley a raison et que M. Colin n’a pas tort, ce qui arrive fort souvent dans les discussions dont le point de départ n’est pas suffisamment précis et déterminé.
Le débat aéséz vif élevé' mardi dernier étttée lè mèiné M. Colin et M. Armand Moreau, à l’occasion de la communication, faite par ce dernier, d’expériences relatives à l’action du sulfate de soude ou de magnésie sur l’iiitéstin, ce débat s’est continué non moins; vivement aujourd'hui piar ufie réponse1 de M. Moreau aut critiqués de M. Colin, et par une réplique dé M. Colin a la réponse de M. Môreaü. Ce qu’il y a eu déplus remarquable peut-être dans cettedisCussiOii.c’est que les deux contradicteurs ne cessaient de dire : te Nous sortihiès dVcCordl » tout en continuant de Se quereller avec une vivacité qui a failli 'dégénérer en une véritable provocation sur un terrain extra-académique. Jugez un peu de cè qui fût advenu si les adversaires n’eussent pas été d’accord !
L’objet du litige était celui-ci : Lorsqu’on injecté, daiis l’anse intestinale d’un animal, du sulfate de soude ou de magnésie, se produit-il, oui ou non, dans cette anse intestinale, sous l’action du sel purgatif, un double courant d’exosmosé et
FEUILLETON
Les Médecins sous la République de Venise