ERREUR SUR LA SUBSTANCE D’UN MÉDICAMENT
Un sieur Richard, pharmacien à Avallon, avait vendu au docteur Leriche, professant dans la même ville, de l’écorce de fausse angusture pour de la racine de grenadier. Ces deux médicaments, on le sait peut-être, ont entre eux la plus grande vraisemblance. Mais l’écorée de fausse angusture, recélant de la brucine, est un poison des plus violents.
Le docteur Leriche fut trompé par l’analogie qui existe entre ces deux substances. Ayant à soigner un malade, il prépara lui-même une infusion de fausse angusture, persuadé que le pharmacien lui avait vendu de la racine de grenadier. Le malade mourut après avoir pris celte infusion. A la suite d’une expertise qui constata les causes de cette mort, le parquet poursuivit le pharmacien et le docteur, pour homicide par imprudence.
Une question assez intéressante était soulevée dans ce procès : celle de savoir si le docteur pouvait tirer une excuse de la difficulté d’arriver à une appréciation exacte sur la nature de la substance qu’il avait administrée. Le pharmacien qui avait commis seul l’erreur devait- il être déclaré seul responsable de l’accident dont il avait été la cause première?
Le tribunal d’ÀvalIon, et après lui la cour d’appel de Paris, ont décidé que le pharmacien et lé docteur devaient être considérés, l’un et l’autre, comme coupables d’homicide par imprudence.
« Que s’il paraît constant, dit l’arrêt, que la ressemblance que présente la fausse angusture avec la racine de grenadier, rend facile la confusion à un examen superficiel, cette considération ne peut exonérer Leriche, dont le devoir professionnel était de pousser plus loin son examen ;
« Que cette obligation était d’autant plus étroite pour lui, qu’il s’était aperçu, ainsi qu’îl l’a reconnu lui-même, que l’infusion qu’il avait préparée n’avait pas l’aspect ordinaire de l’infusion de racine de grenadier et dégageait une odeur inaccoutumée ; que ces circonstances ne pouvaient être séparées, dans l’esprit d’un homme attentif, des accidents occasionnés quelques jours auparavant par l’usage du même médicament à un malade également soigné par lui; qu’étant ainsi entouré des éléments d’investigation qui ont guidé les experts, il ne peut s’excuser sur la difficulté d’arriver à une appréciation exacte sur ce point. »
Le pharmacien Richard avait été condamné par le tribunal à 200 fr. d’amende, et le docteur Leriche à 25 fr. La cour émendant, quant à la peine, cette décision des premiers juges, a frappé le pharmacien de quinze jours de prison, tout en laissant subsister l’amende de 200 fr., et élevé à 200 fr. l’amende prononcée contre le docteur.
L'UNIOJN MÉDICALE.
FORMULAIRE
Solution çqîïtrÈ les ulcères atoniques. — Vallin.
Hydrate de chloral. . . 1 gramme.
Glycérine. . . . . . . . . 30 grammes.
Eau distillée k 4 * . . . . ..... 50 —
Faites dissoudre. — On imbibe des plumasseaux de eiiarpie de céitô solution et on les applique sur les plaies atoniques contractées dans les pays chauds, afin d’en hâter la cicatrisation. — N. G.
Éphémérides Médicale». 17 Avril 1794.
Gabriel Pertuzé, chirurgien domicilié à Landvieille (Vendée), est condammé à mort par la Commission militaire des .Sables, « comme brigand de la Vendée ». — À. Ch.
COURRIER
Nous croyons être Utiles à nos lecteurs en publiant l'analyse faite par M. Joülîe, pharmacîeri en chef et chimiste à la Maison de santé Dubois, du lait pur et non écrémé de la ferme d’Arcy-en-Brie (Seine-et- Marne). Ce lait est expédié directement de la ferme à domicile, dans des boîtes en cristal plombées. Ce mode de vente, qüi supprime l'intervention frauduleuse des intermédiaires entre le producteur et l’acheteur, mérite d’être encouragé»
Faculté de médecine de Paris. — Par décret du 12 avril 1879, rendu sur la proposition du ministre de l'instruction publique et des beaux-arts* M. Brouarde!, . agrégé près la Faculté de médecine de Paris, est nommé professeur de médecine légale à ladite Faculté.
Par décret du 12 avril 1879, rendu sur la proposition du ministre dè l’instruction publique et des beaux-arts, M. Labonlbèrie, agrégé prés la Facilité de médecine de. Paris, est nommé professeur d’histoire de la médecine et de la chirurgie à ladite Faculté.
École VKépâiràtoire de médecine et de pharmacie de Toulouse, -r- Un concours S’Oüvrira le 15 octobre 1879, à l’École préparatoire de médecine, et de pharmacie de Toulouse* pour un emploi de chef des travaux anatomiques.
Le registre d’inscriptions sera clos un mois avant l’ouverture dudit concours.
Association générale. — NOUS rappelons à rios lecteurs que l’Assemblée générale de l’Association générale de^ hiédecinS dé France aura lieu les 20 et 21 avril courant. — Voici l’ordre du jour de la séance du dilhanche 20 avril (à 2 heures précises) :
1° Allocution de M. le Président.
2° Exposé de la situatipn financière de l’Association générale, par M. Brun, trésorier.
3° Rapport sur cet exposé et sur la gestion financière du Trésorier, par M. Gallard, membre du Conseil général.
A” Compte rendu général sur la situation et les actes de l’Association générale pendant l’année 1878, par M. A. Latour* secrétaire général.
5° Rapport de M. Bucquoy, ail nom de la Commission chargée d’éxaminqr et de classér les demandes de pensions viagères (lre partie).
A sept heures et demie le banquet.
Le banquet aura lieu à l’Hôtel Continental, rue de Rivoli.
Le prix de la souscription est de 20 francs.
On souscrit directement, ou par le ttre, chez M. le docteur Brun, trésorier, 23, rttë d’Âumâlê.
Société de médecine légale. A cause des fêtes de Pâques, la prochaine séance est remise au lundi 21 Avril 1879, à quatre heures tr'e§-précises.
Maladies deCappareit urinaire. — M. le docteur H. Picard commencera le mardi 22 avril, à 5 heures, h son dispensaire, 13, rue Suger, un cours public et gratuit sur les maladies de 1 aPP**reü urinaire, et le continuera les jeudis, samedis et mardis suivants, à la même heure.
U décrira l'affection calculeusé, la Üthôtritiè et lès rétrécissements de l’urèthre.
- Le gérant , Richelot.
Paris. — Typographie Félix Mxltestb et 0«, me des Deux -Portes-Saiiit-Sauveur, 22.
L’UNION MÉDICALE Samedi 19 Avril 1879
gastro-stomie
CONTRIBUTION A t’JETUDE DE LA GASTRO-STOMIE : DBS CAUSES DE SUCCÈS ET D’INSUCCÈS A LA SUITE DE CETTE OPÉRATION ;
Par le docteur L.-H. Petit, sous-bibliothécaire à la Faculté de médecine.
Depuis la publiçatkm de. l'observation si remarquable de notre cher maître, M . Vërneüil*, dans làquelïe une opération de gastro-stomie pour un rétréçissemenjt cicatriciel, (nfrancjiissable de l'oesophage a été suivie de guérison; on peut: dire que cette question aj COinplèteinebt changé de face. Les résultats suivants; peuvent en donner une idée : avant l’opération de M. Verneuil, on avait pratiqué 31 fois la gastro-stqmie,, etfjn se, pi malade, qui avait survécu quarante joursi a P, P être considéré comme guéri c(e l’operation; depuis M. Verneuii, sur 15 opérations (y compris la sienne),, on a -poippté, 8, spmfêf ^ pouf arsqmblé, qu’il y ayait quelque intérêt à rechercher les causes des différences de résultats enregistrés dans ces deux séries, ë^^attirêrTatËnuoh des chirurgiens sur ces résultats, et sur; leurs causes, . :
Cellesrc^miiyeiit^réjpp^qupytoiljiçlîeff^riifcipfpit'i 1 . État du sujet au moment de T opération. g, Procédé opératoire. 3, Soins consécutifs à T opération.
-JL -iÉt(i&-4tiï.sqj'et.,:m--m(mewt de l'opération. — Si l’on veut bièri s’ëii rapporter au résultat des autopsies, qui est le critérium le plus sût*; il est incontestable : .l® que. les sujets' de la première série ont été pour la plupart opérés en dernier ressort, alors qu’ils étaient épuisés par l’inanition et les lésions viscérales,, ehque l’opération leur a donné le dernier coup de grâce, comme le disait Jackson j(l); 2f? .que le succès de -Mi Yerneuii et les règles précises qu’il à données1 2 3 relativement au procédé opératoire de la gastro-stomie ont enhardi les chirurgiens1,’ çJiiqne^dçpfiiftJers.oeu^l'eâitiOçâréeplsfât qü’on ne lë faisait âtâftt M $2)^ ‘ M
è Aussi les quinze derniers opérés; 'ontfils bénéficié Jusqu’à uïi cèrtàin pôint de cette précision plus grande dans le manuel opératoire; ceux qüi ont gliéri élârëüt certainement moins: épuisés que les autres au moment de l’opération, et ceux qui sont morts étaient dans des conditions défavorables telles, que toute opération pratiquée sur eux aurait eu probaMerhent lè même résultât funeste.
Chez les 31 sujets de, la première série, la mort est survenue : Dans les 24 heures, 7 fois; — avant 36 heures, 6 fois; — avant 43 heures, 3 fois ; — avant 60 heures, 4 fois; —au 3e jour, 1 fois; van 4sjour; f’fois; — au 6e jour, 2 fois; — au 8e mpr, 1 fois; , -j? au 10e jour, 2 fois; — au 12e jour, 1 fois;— au 14e jour, 1 fois, — et au 4dè jour, i fois. „ :
Les 15 sujets de la seconde série ont survécu : 44 heures (Courvoisier), 3 jours (Le Dentu), 4 jpurs ,(,Qa)lendgr), : l5 .jours , (Mac Carthy)* ,6 jours (Riesef), 12 jours (Trendetënhürg, Langton), 26 jours (Lannelongue), 28 jours (Bradley), 3; mois. (Schônbern), 6 mois (Stpdsgaard), 3 mois; (Trcndelenburg) , Jômqis :l/2 { Verneuil), 2 ans et- plus (Trendelenburg) ; enfin, l’opéré de M. Langenbeck est considéré comme guéri de l’opération.
Les lésions viscérales trouvées à l'autopsié étpiènt les suivantes (3) :
Première série. — Les 7 maladèsqui sont morts dans les vingt-quatre heures qui ont suiVi l’opération présentaient :
lie premier, une altération du foie et du pneumo-gastrique. C’est sur ce malade que M. Sédil lot pratiqua sa première gastro-stomie ; aussi celle-ci présenta^elle quelques imperfections qui furent ep partie causes de la mort. Par exemple, la canule qui fixait l’estomac à la paroi abdominale remplit mal son but, car elle fut
(1) Brit. med. journ.,1li mai 1873, p. 588.
(2) Il faut en excepter peut-être le troisième opéré de M. Sydney Jones, qui a survécu liO jours à l’opération, et qui est mort de bronchite. ( The Lancet, 15 mai 1875, p. 678.)
(3) Voir, pour les indications bibliographiques de ces cas, mon Traité dé la Gastro-stomie
actuellement, ep voie d’impression. *