COMPTE RENDU DES SÉANCES ET MÉMOIRES DE LA SOCIÉTÉ DE BIOLOGIE
Quatre fascicules pour l’année 1876, avec planches. V. Ad. Delahaye.
Le fauteuil de la présidence perpétuelle de la Société de biologie, laissé vacant par la mort du grand physiologiste Cl. Bernard, vient d’être offert à M. le professeur Bert, dont le monde savant connaît les importantes découvertes et l’infatigable activité. Grâce à la légitime influence dont il jouit, il saura maintenir la Société au rang élevé où elle s’est placée.
imprimer à ses travaux une impulsion soutenue, et leiir aSsuf-êr'le retentissement qU'ii3 méritent.
Les! médecins savent quelle mine inépuisable de faits relatifs à toutes les branches de pài* de guérir, renferme chaque volume publié par la Société de biologie, et pour leur donner une idée, de l’importanqe de celui sur lequel nous appelons aujourd’hui leur attention, nous n’aurens qu’à lui faire quelques emprunts, en commençant par une ÇQmmmjicatmn du regretté maître, dont la science déplore la perte. . .
A propos de ses recherches sur l’unité Vitale dans les deux règnes, CÜ Bérpârd à étudié les effets de Yélfiénsation appliquée aux végétaux et aux dnihiaux: Ghet ces dethiers, l’éthérisation n’agit pas seulement sur le système nerveux, mais sur tous les tissus sàh9‘ exception- car, sous son influence, lesunuscles devieunept rigides, i et perdent momentanément leurs pro! priétés. De même, dans le règne végétal, on voiU’aotion; de Héthèr arrêter les mouvements de la sensitive.* et ce n’est pas là un foft isolé* Tous les actes vitaux, chez. les, plantes pomme dans Je régne animal, subissent l'influence des anesthésiques,., Des* graines de, cresson eléiwjs, disposées daps des jubés,, sur des épppges. mouillées, np, gercent, -Si <èUes, sppt pp même temps' soumises à l’action de l’éther ou dp, chloroforme. Gepeildant Ip jpnçfjom jeçmmtive n’est point détruite; la graine a conservé tôute'sa vitalité, ét coçnmehcè à géiWrdës' qu’elté est soustraite à lTnBüënce des va'peüfe'- 'atiéfefhësIpü'éS. "Éàf leVÛf,è':''dèt’4I)ffifè 'ifev,coMporW(ï*dne manière analogue : si Oh agite ce ferment avec de l’eau éfhérëe où ihélàngée dé chloroforme,' et qu’au bout de vingt-quatre heures on y ajoute du sucre, là fermentation alcoolique ne se produit pas. Cependant, la levûre a conservé son pouvoir i'nyersif sur le sucre de, canne, et elle reprend d’ailleurs toutes ses propriétés de ferment alcoolique, dès qu’elle a cessé d’être éthérisée. En résumé1, ori doit cohsidérér Tahesthésie comme hhvfait général à' tous lés êtres Vivants. L'éthérisation annihile momentanément l’irritabilité de tous les tissus ; elle agit âürleprotoplasma, lé rend opaque, en détermine pour un laps de temps variabte la coagulation; et même cette coagulation devient défmirive; si Paçtion de l’éther est trop prolongée. Les ânes-. thééiques jouissent de la même propriété yj?7à-rvis 4e , jaj fof$lion çhlprqphylliennpdes fouilfos,, Une plante verte anesthésiée, cesse de dégager de l’oxygène çpus l’infjuençe pè jp ,rapig|jop; solaire ; mais elle continue à respirer et à former de l’acide carponique.
Les recherches du savant expérimentateur ont également porté sur les anguillules du blé niellé, qui sont des animaux revivescents. Lorsqu’on les soumet à l’action de . l’eau chloroformée pure, leurs mo'qveriiénts cessén't immédiàtemeht poàr ne plus’ i^paraltrè.1 Cette même eèu; céupéè par' inbitlé, pàràîï d’abord 'agir :d%në fàlçon tléhtfqüe 'mais ' Id^épW bdtit! dédeux jours, on placé Ces' angüiltules'inertes' et rigides dais- tfél’èaiu non rméla&géé1 de^hlord*-; formé,; «lies1 ne . tardent pas A. repréndrer, leurs mouvements. ; Jaflaui éthérée . se, montre moins aptive que eteau* chloroformée, n elle, nanBtffllm .pas ;çpmpfoiem§nt Jes.apguilfoles, .■irfjqpfcten mouvements, quoique fort atténués, restent très-perceptibles. Si, pour se rendre compte d$
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mises a rpxpérience, on constate qu'elles deviennent plus opaques,' 'et que là. substance dont, elles sont formées, semble subir une coagulation. On remarque ensuite qu’elles reprennent letir' aspieèt : haBiltief, qoià;riiï:eïlési ;ce^sétit d’être abésthë'sïééfei WA^àïi^u^sfeï.wà’n phénomène analogue se produit dans les muscles, sous la même influence. fl: réSulte dé1 céé remarques, què’ là modifléàtion d’aèpiéctiobseryée est 'iiéelvraisernblabtementià une coagulation temporaire, sans désorganisation du prploplasma,: et que le trouble déterminé par les anesK thésiques dans lès, fondions d’inn^oyation,! recoapaît .également pour i «pndition proehaitte une coagulation fugitive de la substance nerveuse. / u: . /• r, ./*} : nr • ; o
Au mqmpntfpfridé^ wfos sept Wfa dp, 4raiP4tffo»!,ï)Wfl nitoito 4’#myIe dppS; (a thérapeutique* qb’il ^’ag^^de, cotpba^çq,fo mah df, WW
le chloroforme, ou les tintements d’oreille, etc., il est intéressant de Connaître les recherches de MM. Jolyet et Regnard, sur lès modifierions1 apportées dans les produits de la respiration et sué le sang, par les inhalations de nitrite d’amyte.
Chez les animaux soumis à ces inhalations, on voit les muqueuses perdre leur coloration rosée, et prendre une teinte bleuâtre ardoisée. Lorsqu’on a mis une artère à nu, on constate que le sang artériel a perdu sa coloration rouge vermeil, et pris une teinte brune foncée; on observe, (UA fflot* ^es-^gp^-d’jjiae ^^jg^ôn paractérispq. IJ AfoU 4^° jptdjpqspant de déterminer, dans ces conditions, les modifications apportées dans les produits de fa respiration et dans les gaz du sang,* ét de savoir si dé sang1 deVënii1 hôîf avait perdu complètement et pour toujours son pouvoir d’absorber 1’
■ Il résulte, dès 'recherclieé ‘dé cès ‘éxi très-diminuées, chez Ranimai qui a irf) est dû à èe qüejè s'anges^ privé d’il ne globme. Si cette dernière était "
uxygeue. ( .
périméntateurs, que leâ cpfobiistibns respiratoires sont àâlé‘ dès vàpêurs dé tt(< Me d’am^e. fot 1 hitê ëe ' î*ësüi tir i pfoffdtyttfrtSlàs ou 'irnoliis 1 côhsidèrtible'de son hè'foo], lité, 'les ihhaiàffofts d^mirile' d’amÿle ôffiriràiènt un
danger considérable, et il faudrait y renoncer en thérapeutique; mais heureusement il n’en est rien. Les animaux se remettent rapidement, et quand, le lendemain, on vient à rechercher la capacité d’absorption de leur sang pour l’oxygène, on trouve que l’hémoglobine a recouvré complètement ses propriétés. Si on examine au speCtroscope le sang noir de l’animal qui a respiré du nitrite d’amyle, on remarque que les raies de l’hémoglobine oxygénée sont considérablement atténuées, et qu’en outre une bande d’absorption existe dans le rouge, à peu près à la place de la raie de l'hématine ; mais, le lendemain, la raie remarquée dans le rouge a disparu, et les deux bandes de l’oxyhémoglobine ont repris leur apparence normale.
Les auteurs n’expliquent point la modification intime subie par l’hémoglobine, mais ils ont remarqué que, lorsqu’on traite du sang de cobaye par le nitrite d’amyle, l’hémoglobine de ce sang ne cristallise plus comme à l’ordinaire. Ils ont en outré établi, <!jue du sang placé sur le mercure, en présence du nitrite d’amyle, laisse dégager en vingt-quatre heures plus de Ï5 p. 100 d’azote, 2 p. 100 d’acide carbonique, et des traces seulement d’oxygène. Il se passe dope là un phénomène chimique, dans lequel l’oxygène du sang disparaît, tandis qu’il se produit de l’azote. — La plupart des nitrites exercent sur le sang et sur les phénomènes respiratoires uné action analogue à celle du nitrite d’amyle.
A l’occasion de ce? études délicates du sang, résumons une communication très-intéressante de M. Hayem, sur la maladie de Werkoff, qu’on a rarement l’occasion d’observer, et sur la nature de laquelle il règne encore des doutes dans l’esprit des pathologistes* — be sujet de l'observation, était Agé de 32 ans, cuisinier, La maladie a débuté par un malaise général, accpmpagné de courbature et d’abattement. Au bout de quinze jours, les hémorrhagies ont paru. Il s’est produit successivement une éruption de pétéchies analogue au piqueté scorbutique, une série d’épistaxis d’abondance modérée, un écoulement de sang par l’oreille droite, et enfin des hémorrhagies gingivales réitérées, rebelles et assez abondantes pour remplir deux crachoirs par jour. Quand le malade est entré à l’ hôpital, il était dans un état d’anémie Profonde, très-affaissé; il ne quittait plus son lit, et les hémorrhagies continuaient. On pratiqua a transfusion : après une amélioration passagère, l’anémie fit de nouveaux progrès; il survint du délire, et le malade succomba sans qu’il se fût produit de nouvelles hémorrhagies. L'affection avait duré trois semaines environ; elle s’était accompagnée d’une réaction fébrile sans caractères déterminés.
L’examen du sang, pendant la vie, avait montré qu’il renfermait un grand nombre d’éléments blancs, dont la plupart différaient des leucocytes par leur forme et leurs réactions, et présentaient f au contraire, beaucoup ^analogie avec lés éléments embryonnaires. Les plus petits, du volume d’un globulio, étaient constitués par une masse de protoplasma, dans lequel on trouvait un gros noyau, finement granuleux, avec un nucléole très-apparent. D’autres, plus volumineux que |es globules blancs adultes /étaient constitués par deux ou trois de ces noyaux, entourés d’une masse cellulaire. De ces observations, M. Hayem avait été conduit à penser que les hémorrhagies pouvaient être dues à des infarctus produits par l’accumulation, dans les artérioles, de ces éléments anormaux. Or, l’examen histologique des viscères a permis de cohstater des faits, que l’oü pouvait invoquer en faveur de la même opinion.
La rate était volumineuse ; le foie, profondément lésé, était parsemé de taches décolorées; la plèvre, le péricarde, l’endocarde et les méninges étâiént le siège d’hémorrhagies analogues à celles de la peau. La surface de l’encéphale présentait, en divers points, des lésion semblables, particulièrement dans la région du cervelet^ ef des lobes olfactifs. Des incisions pratiquées au niveau de cés taches hémorrhagiques montrèrent que leur forme était celle d’un infarctus. — L’examen histologique des pétéchies a prouvé que des artérioles oblitérées par des caillots venaient y aboutir, et que l'endothélium de ces vaisseaux était en voie de prolifération. Dans les foyers encéphaliques, on a trouvé de même des artérioles, oblitérées par des caillots formés surtout de globples blancs; l’endothélium de ces vaisseaux était 'également en voie de prolifération, Les lésions du foie ressemblaient à celles que l’on observe dans certaines septicémies. De toutes ces considérations, M. Hayem conclut que la maladie de Werkoff doit être rapprochée des septicémies, et qu’elle consiste essentiellement en une altération du sang, qui donne lieu>à des endartérltea desquamatiques.
Signalons encore, clans ce même volume, un travail de M. Lépine, Sur la production d’une glycosurie alimentaire chez les drrhotiqùes ; des recherches de MM. Gubler et de Sinéty, Sur la glycosurie des nourrices,', la description, par M. Glénard, d’un larynx artificiel permettant de démontrer, sur l’homme, l’indépendance qui existe entre la vôix et la parole; des travaux importants sur le cerveau, par MM. Charcot, Luys, Bochefoùtaine, Mathias Duval, Pitres, Boürneville ; une note sur quelques points de ( a topographie du cerveau, avec planches, par M. Féré; des recherches suf la/phÿsioid^Iè. dq cœur, chez l'embryon, par M. Labor^ë; des tfSvâux intéressants èt variés, par mM. ftiul Bert, Parrot, Brown-Sèquard, Magnan, Dumont-
pallier, Hillairet, Malassez, Raymond, Vidal, et d’autres auteurs que le manque d’espace nous empêche de citer.
Le compte rendu des séances de la Société de biologie pour l’année 1877 est sous presse et, cette fois, les fascicules seront remplacés par un volume unique, que nous nous empregl serons de présenter, aux lecteurs de I’Union Médicale, dès qu’il aura paru. — N. g.
ACADEMIES ET SOCIETES SAVANTES
ACADÉMIE DES SCIENCES
Séance du 14 avril 1879. — Présidence de M. Dacbrée.
Séance de Pâques, séance de vacances, commencée à 3 heures. 10 et terminée , par un comité secret, à 8 heures h 5.
M. le ministre de l’instruction publique adresse à l’Académie une lettre par laquelle il l’invite à présenter une liste de candidats à la chaire de botanique, laissée vacante ap Muséum par le décès de M. Brongniart.
Le même ministre adresse encore l’ampliation du décret qui approuve l’élection de M. Alph. Milne-E'iwards comme membre titulaire de la section d’anatomie et de zoologie. Le nouvel académicien, sur l’invitation de M. le Président, prend séance.
M. le baron Larrey fait hommage à l’Académie, de la part de l’auteur, M. le docteur Férivial, d’un travail intitulé : Études sur la ville et le pays de Gollioure. Ce travail sera renvoyé à la commission du prix de statistique.
M. Hébert, au nom de M. Cotteau, dépose sur le bureau un mémoire relatif au terrâin crétacé de l’Algérie, et, au nom de M. Gosselet, une élude géologique sur les Ardennes.
— Voici le mémoire de M. Magitot, en collaboration avec feu M. Ch. Legrôs, sur la morphologie du follicule dentaire chez les vertébrés, que nous avions annoncé dans notre précédent Bulletin :
Nous avons fait connaître antérieurement à l’Académie lés résultats de nos études' sur le mode de genèse et de développement du follicule dentaire chez les mammifères ; ndüs abordons aujourd’hui le problème de sa constitution physique, c’est-à-dire la synthèse anatomique du follicule.
Le système dentaire, considéré dans la série des vertébrés, représente tantôt un simple appareil de tact (dents cutanées et branchiales de certains poissons), tantôt un appareil auquel sont dévolues des fonctions multiples de tact,' de préhension et de mastication (mammifères terrestres).
Dans sa plus grande simplicité anatomique, l’appareil dentaire ne comprend qu’un état d’évolution particulier de la lame épithéliale qui recouvre les arcs maxillaires pendant là vie embryonnaire : tels sont les fanons de certains cétacés, les lames cornées des reptiles, le bée des oiseaux, etc. Il n’existe à l’état d’organes définis et complets que chez les poissons et chez la plupart des mammifères. C’est alors seulement qu’il est le résultat du fonctionnement d’un petit organisme spécial, le follicule dentaire.
Le follicule dentaire est un appareil embryonnaire dont la durée et le rôlç physiologique dépassent considérablement ,1a limite de la vie fœtale, car on le retrouve au, sein des mâchoires et en pleine activité fonctionnelle pendant l’enfance et jusqu’à la période adulte. A partir du moment ou sa formation est achevée, il se compose essentiellement : l° d’un sac .membraneux, clos de toutes parts; 2° d’un certain nombre d’organes contenus dans le sac.
Le sac, ou enveloppe folliculaire, est constitué par une paroi celluleuse ou iibro-celluleuse, affectant avec le tégument extérieur muqueux ou cutané une adhérence complète.
Les organes inclus sont en nombre variable et de Composition anatomique parfaitement distincte. Relativement à leur nombre, celui-ci n’est jamais inférieur à deux ni supérieur à trois. L’un de ces organes, dont la présence est fixe et invariable* est le bulbe, car sa fonction consiste dans la formation de la dentine ou ivoire, tissu fondamental de tout organe dentaire défini. Lorsque le follicule dentaire ne contient que deux organes formateurs, le second qui entre dans sa composition est tantôt un organe du cêmenf (follicule de la défense de l’éléphant), tantôt l'organe de L’émail (follicule des carnassiers, de l’homme, etc.).
Dans l’état le plus complet du follicule, alors que trois organes intérieurs figurent dans sa constitution, ceux-ci sont, par .ordre de superposition : 1° le bulbe central; 2“ l’organe de 1 émail, exactement moulé; sur la surface convexe du précédent ; 3“ l’organe du cément entourant les deux autres et recouvert lui-mème par la pa,roi .folliculaire. Tel est le follicule des dents composées des grands mammifères (molaires des herbivores).
Le bulbe, partie essentielle et centrale du follicule dentaire, est composé d’une masse
d’éléments embryonnaires du tissu cellulaire, noyaux libres, cellules fusiformes et étoilées, recouverte d’une couche hyaline de matière amorphe transparente, membrana præforihativa des auteurs. Celte masse est revêtue d’une couche de cellules dites cellules de la dentine, odontoblastes, qui ont pour lieu de développement 1’épaisseur même de la couche transparente. Le tissu central est pourvu d’un système vasculaire d’une grande richesse et d’un réseau nerveux sensitif très-abondant, dont les terminaisons sont en continuité directe avec lés cellules de la dentine. Celles-ci représentent un épithélium dont chaque élément se compose d’un corps principal contenant un noyau et dont les extrémités offrent divers prolongements. Ces prolongements sont les uns périphériques, appelés queues, les autres formés de ramifications centrales qui se rendent . à une autre couche mince de cellules étoilées, substratum de l’épithélium du bulbe. A la couche épithéliale, ou des odontoblastes, est dévolue la fonction de produire l’ivoire dont les matériaux viennent se grouper autour du prolongement caudal, lequel subsiste comme axe et centre de chacun des canalicules dont l’ivoire est creusé. Le bulbe est un organe définitif, car il persiste pendant toute la vie, de sorte que la formation de hvoire est continue. Ce phénomène, d’abord considéré comme exclusif aux rongeurs, est donc commun à toutes les espèces animales pourvues de dents.
L’organe dè l’émail, étalé comme un capuchon sur le précédent, qu’il recouvre jusqu’à sa base, se compose d’une trame de cellules épithéliales étoilées, entourée de toutes parts d’une couche épithéliale prismatique non interrompue. La trame centrale, transparente, de consistance muqueuse, est absolument dépourvue de vaisseaux et de nerfs. La couche épithéliale périphérique se distingue en deux rangées : celle qui occupe la face profonde et regarde la superficie du bulbe et celle qui tapisse la face convexe. Celle qui regarde le bulbe ( membrane adamantine, cellules de l'émail) est composée de cellules volumineuses, allongées, pourvues d’un noyau central et d’un plateau qui occupe l’extrémité libre. L’autre extrémité est en rapport, par des prolongements filamenteux, avec une mince couche de cellules étoilées, substratum de l’épithélium dé l’organe de l’émail. Cette disposition est, comme on voit, analogue à celle des cellules de l’ivoire elles-mêmes. C’est par un phénomène d’élaboration de l’épithélium de l’organe de l’émail que se produisent et transsudent au travers du plateau les éléments qui constitueront les colonnes mu prismes de l’émail. Là couche périphérique, composée de cellules petites, à noyau central, présente des prolongements en forme de diverticulum. qui plongent dans le tissu voisin et y jouent le rôle d’agents de nutrition, par voie d’emprunt au réseau vasculaire ambiant. L’organe de l’émail, lorsque sa fonction est achevée, s’atrophie et disparaît. C’est donc un organe épithélial transitoire, dépourvu de vaisseaux quelconques, et, lorsque est achevée la formation de la cotiche d’émail, on n’en retrouve aucune trace. !
L’organe du cément, troisième et dernier organe constituant du follicule, présente dans son développement deux phases successives : c’est d’abord un tissu embryonnaire, très^rîehP en vaisseaux, mais dépourvu de . nerfs; puis il se transforme en un véritable fibro-oartilâge, pourvu des éléments caractéristiques Ou chondroplastes (Ch. Robin). Cet organe subit, après ^achèvement de la formation de la couronne, hune dernière transformation osseuse'par le mécanisme commun à l’ossification de tous les cartilages de l’économie. C’est- à ce phénomène qu’est dû le développement de la couche de -cément qui entoure la couronne des molaires des herbivores. Quant aux dents non pourvues de cément coronaire, mais dont les racines sont revêtues de cette couche osseuse, celle-ci résulte de l’ossification du périoste alvéolo-dentaire. Or, ce périoste n’est autre que la paroi folliculaire elle-même. De même que l’organe de l’émail, l’organeiidu, cément est transitoire,' car il disparaît entièrement pour faire place à une formation osseuse régulière; majs il en diffère en ce qu’il possède son appareil vasculaire propre. M. L.
SOCIÉTÉ DE CHIRURGIE
Séance du 9 avril 1879. ,-Prcsidence de M. Tarsier.
Sommaire. — Suite et fin de la discussion sur les pansements antiseptiques. — Lectures. — Rapport sur un travail relatif aux variations de la température interne dans les premières heures de la naissance. — Rapport sur un travail relatif à la substitution de la compression des membres, par la bande d’jîsmarch, à la transfusion du sang.
La discussion sur les pansements antiseptiques suscitée par la communication de M. Maurice Perrin, relative au pansement à l’alcool, et à laquelle ont pris part un assez grand nombre de membres de la Société de chirurgie, a pris, fin aujourd’hui, après plusieurs semaines de durée. Le savant chirurgien du Val-de-Grâce, qui l’avait ouverte, a eu l’honneur de la fermer par un remarquable discours, dans lequel il s’est efforcé de réhabiliter le pansement à l’alcool.
très-malmené, il faut le dire, dans le courant de la discussion, et de jeter quelques gouttes d’eaq froide sur l’enthousiasme des, néophytes de la méthode de Lister.
AU début de la séance, M. le secrétaire général de Saint-Germain a lu une note de M, ie docteur Poinsot (de Bordeaux), membre correspondant, qui se déclare hautement pour ie pansement de Lister, se range parmi les défenseurs ardents de la méthode, et combat les arguments de M. Desprès contre la réunion immédiate.
La note de M. Poinsot a provoqué l’entrée en lice de M. Boinet, depuis longtemps absent de la Société de chirurgie? et arrivé aujourd’hui même pour intervenir, in extremis, dans une discussion à laquelle il n’avait pu assister. Ce qui a surtout choqué M. Boinet, dans la note de M. Poinsot, c’est d’entendre toujours dire : « La pratique de M. Lister, la méthode de M. Lister, le pansement de M. Lister, etc. ». Il semblerait, à entendre messieurs les Listériens de France, que le chirurgien anglais a tout fait, tout créé. Cependant l’acide phénique a été employé dans le pansement des plaies, bien avant Lister* par des Français. Dès 1856, on recommandait en France, à cet effet, l’usage de l’acide carbonique et de l’acide phénique; Qui ne se rappelle le coaltar de M. Demeaux et le coaltar saponiné de M. Le Bœuf, employés par beaucoup de chirurgiens dans leurs pansements, en 1858, 1859 et 1860? On fait grand honneur à M. Lister de son pansement ; mais, si l’on en prend en détail les divers éléments, il est facile de voir qu’il ne reste à l’actif de ce chirurgien que la pulvérisation. Et encore, M. Lister n’a pas imaginé la pulvérisation, depuis longtemps découverte en France; il n’a fait que l’appliquer à l’acide phénique. Un autre élément essentiel du pansement de M. Lister, le drain, appartient, comme tout le monde le sait, à un chirurgien français, M. Chassaignac. La réunion immédiate, est-il besoin de le dire? n’a pas non plus été inventée par M. Lister. Que reste-t-il donc à ce chirurgien de ce fameux pansement dont on fait si grand bruit? Rien ou presque rien, suivant M. Boinet.
Quant au traitement chirurgical des abcès par congestion, il semble étrange à M. Boinet d?enlendre dire, et cela par des membres de la Société de chirurgie, que personne, avant M. Lis'er, n’osait l’entreprendre, quand il est de notoriété publique, depuis longtemps, que lui, M. Boinet, a communiqué soit à l’Académie de médecine, soit à la Société de chirurgie, des cas de guérison de ces sortes d’abcès par la ponction et lés injections iodées, traitement antiseptique par excellence.
Il est singulier que la chirurgie française se laisse ainsi dépouiller et se dépouille ellemième de son bien par les étrangers.
Après cette réclamation vivement articulée par M. Boinet, s’est produit, entre M. Desprès et M. Lucas-Championnière, un incident assez vif, mais purement personnel, et qu’à ce titre
pous croyons devoir passer sous silence.
Ge petit incident vidé, M. Maurice Perrin est monté à la tribune. Il a rappelé que $a communication, point dé départ de ces débats qui ont pris de si grandes proportions, avait simplement pour but l’examen comparatif du pansement à l’alcool et du pansehaent de Lister simplifié, c’est-à-dire dépouillé de tout l’attirail de précautions mystiques dont l’auteur a cru devoir l’entourer. Dans la pratique de la chirurgie, en effet, et surtout dans la pratique de la chirurgie d’armée, il importe de simplifier le plus possible les procédés, si l’on veut bien faire et se rendre utile.
La seule idée originale qui se dégage de l’analyse des éléments du pansement dit de Lister, c’est, suivant M. Perrin, la pulvérisation phéniquée destinée à transformer l’atmosphère septique qui entoure le malade en atmosphère aseptique. M. Perrin a voulu savoir ce qu’il y avait au fond de cetie idée et de la tentative faite par M. Lister pour la réaliser; les expériences auxquelles il s’est livré à ce sujet ont démontré, quoi qu’en aient dit ses contradicteurs, que la pulvérisation phéniquée est chose au moins inutile, puisqu’elle est absolument impuissante à détruire les germes atmosphériques et à empêcher le développement des bactéries ou des vibrions. D’ailleurs, la plupart des partisans de la méthode lislérienne ont fait bon marché de la pulvérisation, considérée par les uns comme inutile et par les autres comme étant d’application trop difficile. Seul, ou à peu près, M. Lucas-Championnlèré, le chef des croyants en M. Lister, l’a maintenue avpcja foi robuste qu’il a rapportée de Glascow ; mais M. Lucas- Ghampjpnnière se (çqntente d’affirmer et de proclamer les dogmes de l’école nouvelle; il na pas daigné descendre jusqu’à l’examen des faits et à la critique des expériences, et il a passé sous silence les expériences de M. Perrin. Ces expériences subsistent donc; M. Perrin a le droit d’en maintenir les résultats et de soutenir, jusqu’à preuve du contraire, que la pulvérifiquides^rg1™*1 Pa8 *63 ®ermes atmosphériques et n’empêche nullement la putréfaction des
de^^if8 ,part!sans de ,a méthode listérienne ont par|é des difficultés de la pulvérisation et flienrs amrtrf». J. é â.e!! aPParei,s destinés à la produire; M. Pérrin s’étonpç que, après pld" des d emploi et de généralisation, l’outillage de la méthode soit èncoré'Si Irtiparfait
L’UNION médicale.
qu’on né pulsçè' frôilvër n'tfllè part un bon 'pulvérisateur, et que la confection des diverses pièces -du pansement soit tellement mystérieuse,, que,’ pour faire un pansement de Lister irréprôcnâblé,' lin chîrorgién dé Paris Soit obligé !dé ftiire Venir le mackinlosh de Londres, le catgut de Berlin ou de Vienne, le proteètiye. ou lé' toile phéniqüéë de Glascow, etc. :
ÿajtgré ces (difficultés é'( ces‘ mystères, çtaè‘ Lister semble avoir accumulés à plaisir autour de son pansement, le chirur^iéP devrait ^ans hésiter passer outre, S’il était démontré que les malades, lés blessés et/les. .opérés guérissehf plus et piteux par cèlte méthode que par tout autre procédé. Mais il n’en est pas ainsi, suivant M. Perrin, et, après avoir écoulé attentivement les communications de ses collègues partisans du pansement de Lister, il est arrivé à la conViè'tiBn ^iié le'prol^s' kirtsî (Mènu n’ést pas ëp' rapport !aveç le sacrifice de temps qu’il impose, au chirurgjen., , . . ri . : : : ;
' ^M^nf én revüë suçpessivepept les rësuWk’ts statistiques indiqués par MM. Vernfeuil,'Eueas- Çhatopîô’nptere; ‘Le- péntn» G^yoli' et Théophile Anger, M. Perrin en conclut que l’ensemble âd'cBà résuïtatss n’kWh’de brillant ni dé supérieur à ceux que l’on obtient par le pansement à l’alcool. Ce dernier pansement, pendant la période si défavorable du siège et de la Commune, lui a procuré vingt succès sur vingt et un cas de grandes opérations. Si l’on pouvait juger de la
pourrait soutenir la compa-r
raiëèli avec celui’ à Hl^îÉ^is^Mf^etrin më^’éb'tieht^âs^seé propres résultats, et, considérant l'ensemble des statistiques produites de. part et d’autre, ilcroà pouvoir ’ébncluré qüe la victoire1 appartient défi'riitivèméht'iiu pansémenf' alcoolique, Ou du moins, pour faire à ses contradicteurs une concession large et généreuse, qu’il y a parité entre les deux méthodes antiseptiques. ,
C’est donc une grande exagération de proclamer, comme l’opt fait certains adeptes: trop 5Sf)é8r4e,^g|p.l^té#nrw, pe i^j^iyeSjjhleœfe ët, d$| opérés est dans, le présentent de Lister, et qu’en dehors de lui il n’y a pour ainsi dire pas de salut. M. Maurice Perrin croit qqe pe panseipe^ n^pas meilleur, qu’un autre, tf>pt fiP étant certainement d’qne application de beaucoup la plus difficile. Cependant, si l’école de M. Lister veut bien admettre que les complications mystiques dont le maître s’est plu à encombrer sa méthode doivent rester dans le domaine de ia théorie pure, si elle consent à transformer son pansement, à le modifier, à le simplifier dans la pratique de manière à le rendre accessible à la généralité des chirurgiens, M. Perrin ne fait aucune difficulté de reconnaître que le pansement de Lister est un bonpansemept antiseptique, dans lequel l’acide phénique joue Ig rôle d’qn topique excellent ayant à peu de chose près la valeur de l’alcool.
M, Verneuil a . objecté à M: Perrip qüè l’application de l’alcool est très, -douloureuse pour les plaies, et que cette impression persiste, pendant plusieurs heures et môme, parfois, pendant toute la journée.
M. Perrin, p’g jaipate, rien observé de semblable; lui-même avait reproché à l’acide ph'é^’ njqpe p’ptré e^f§ppmpnt irritent,, tandis que M. Verneuil le considère comme un véritable anesthésique. De ces divergences il y a lieu de conclure, suivant M. Perrin, que tout dépend du mode d’emploi de l’agent antiseptique. Sans doute l’alcool pur exerce une action douloureuse sur la plaie, mais l’alcool^ n’a pas cet inconvénient et produit les mêmes effets bienfaisants que M. Verneuil reconnaît à* l’acide phénique, moins la mauvaise odeur attachée à ce dernier. , v; m;>VïaJ .t/j.&jkj i .
Mais si l’alcpol pur. appliqué sur une plaie fraîche est doulourquse? .,n’en est-il pas de même de la solqfipp pliénjquee forte,' au 20e où au 40e, dont i’aplipn irrjtqpte va jusqu’à provoquer la formation dmne ejsçqare à là surface dé là plàiè?1
Quoi qu’il en soit, J) ,.y g l^u. de faire remarquer queTàcidé phénique étant insoluble dans l’pau, les solutions pnéniquées qu’on emploie ne' sont, en sommé, que des solutions alcooliques.
M. Perrin reconnaît que l’alcool pur est très-douloureux ; aussi ne l’applique-t-il qu’immédiâtèment après l’opération ; alors que lé malade est encore plongé dans le sommeil anesthésique. La sensation douloureuse n’est donc pas perçue au moment de l’application ; au réveil, elle disparaît beaucoup plus rapidement que ne le croit M. Verneuil. 6’est pourquoi M. Perrin n’hésite pas à infliger à ses opérés cette douleur passagère, en vue des grands avantages qui résultent de cette application d’alcool pur sur. la surface encore saignante de la plaie, et qui consistent dans la constriction énergique des vaisseaux et dpps la coagulation de l’albp- «hte du sgpg. ' .
M,, Quyqp, qui a le mieux expérimenté l’action comparative des depx agents antiseptiques, acide phénique et jdçool, admet qqe ces deux agents se vajent dans les premiers jours qui suivent l’opération, ej qu’ils sont, aussi antisppiiques j’qn qug l’qptre, Toutefois, il fait des réserves en ce qui concerne les plaies profondes et anfractueuses, craignant queraleool, ne pénétrant pas dans les anfractuosités de la plaie, ne les modifie pas d’une manière
suffisante et laisse se former des clapiers dans lesquels le pus séjourne et s’altère. Mais dans ces conditions très-judicieusement observées par M, Guyon, M. Perrin substitue au pansement les irrigations avec de l’alcool à 45°, qui portent dans toutes les partielles plus anfractueuses de la plaie l’action modificatrice de l’agent antiseptique.
Quant au retard ou à l’absence du bourgeonnement de là surface de la plaie, queM. Guyon reproche au pansement alcoolique, M. Perrin dit que ce reproche s’adresse seulement à l’alcool à 90°, mais non à l’alcool à 45°, sous lequel le bourgeonnement de la plaie s^manifeste aussi régulier et aussi vermeil que possible. Cet alcool ainsi affaibli n’en conserve pas moins toutes ses propriétés antiseptiques, en dépit des craintes exprimées à ce sujet par M. Lucas- Championnière. Ôn peut, sous le pansement fait avec ce liquide, obtenir une, réunion immédiate aussi parfaite qu’avec le pansement de Lister.
Les irrigations alcooliques dans les grands traumatismes, dans les fractures compliquées, par exemple, se font, avec l’appareil à irrigation ordinaire, de la manière là plus simple et la plus facile ; elles ont le grand avantage de permettre de ne pas déroger au grand principe de l’immobilité. , ;
M. Maurice Perrin: termine en disant quercelte discussion portera ses fruits, et qu’elle aura pour effet d’inspirer aux chirurgiens une grande confiance dans le pansement antiseptique, quel que soit, d’ailleurs le mode auquel on donne la préférence, que, ce soit le pansement alcoolique ou celui de .Lister.
M. le président prononce la clôture, de la discussion sur. les pansements antiseptiques.
— Au commencement de la séance, M. Trélat a donné lecture d’une noie adressée par M. le docteur Eugène Bceckel, de Strasbourg, et relative à un cas d’extirpation de goitre rétro-pharyngien pratiquée par lui avec succès.
— M. Guéniot à fait ensuite un rapport sur un travail de M. le docteur Prouff, de Plouesçat (Finistère), sur les variations de la température interne, chez l’enfant nouvèau-hé, pendant lès premières heures, qui suivent la naissance, il résulte des recherèhes de M. Prouff que cette température peut, pendant les deux ou trois premières heures qui suivent la naissance, présenter une variation de plusieurs degrés, descendre, par exemple, de 37 ou 38 degrés à 3d, pour revenir èpsulte a son état normal.
M. Guéniot a fait également un rapport sur un second travail du même auteur, dans lequel ce dernier propose de substituer à la transfusion du sang la compression des membres par l’application de la bande d’Esmarch dans les cas où la transfusion du sang est aujourd’hui pratiquée. Il calcule que la quantité de sang introduite ainsi par le refoulement dans les organes internes est, ail minimum, de 500 grammes, c’est-à-dire plus considérable que celle qu’il est possible d’y faire pénétrer par la transfusion. Il cite à l’appui de sa théorie un fait qui la confirme pleinement.
Dr A. Tartivel,
M. A., de l’établis, hydrothérapique de Bellèvne.
COURRIER
Association* générale. — Nous rappelons à nos lecteurs que l’Assemblée générale de l’Associaiion générale des médecins de France aura lieu les 20 et 21 avrircourant. — Voici l’ordre dit jour de la séance du dimanche 20 avril (à 2 heures précises) :
1° Allocution de M. le Président.
2° Exposé de la situation financière de l’Association générale, par M. Brun, trésorier.
3° Rapport sur cet exposé et sur la gestion financière du Trésorier, par M. Gallard, membre du Conseil général.
4° Compte rendu général sur la situation et les actes de l’Association générale pendant l’année 1878, par M. A. Latour, secrétaire général.
5° Rapport de M. Bucquoy, au nom de la Commission chargée d’examiner et de classer les demandes de pensions viagères (1" partie).
A sept heures et demie le banquet.
Le banquet aura lieu à l’Hôtel Continental, rue de Rivoli.
Le prix de la souscription est de 20 francs.
On souscrit directement, ou par lettre, chez M. le docteur Brun, trésorier, 23^rue d’Aumale.
Faculté de médecine de Nancy. — Concours pour deux places d'e chef de clinique, l’une pour la clinique chirurgicale, l’autre pour la clinique obstétricale.;
A chacun de ces emplois, dont la durée est de trois ans, est attaché un traitement annuel de 1,000 francs. ,
Sont admis à concourir les docteurs en médecine français, npn. pourvus du titre d’agrégé, et les étudiants ayant subi les cinq premiers examens de doctorat.
Le concours pour la place de chef de clinique chirurgicale s’ouvrira à la Faculté de médecine le lundi 14 juillet 1870, à 8 heures du matin.
Le concours pour la place de chef de clinique obstétricale s’ouvrira à la Faculté le lundi 21 avril, à 8 heures du matin.
Corps de santé militaire. — Par décret en date du 10 avril 1879, ont été promus dans le corps de santé militaire :
4« grade de Ptédecin principal de 1’* classe : M. Rëeb (François-Camille), médecin principal de 2e classe à l’hôpital du camp de Châlons, en remplacement de M. Mutel, décédée — M. Vézien (Ernest), médecin principal de 2* classe à l’hôpital de Dunkerque, en remplacement de M. Garnier, retraité.
Au grade de médecin principal de 2e classe : M. Fée (Mathieu-Félix-Ëugène), médecin-major de lrc classe à l’hôpital de La Rochelle, en remplacement de M. Ilerbecq, retraité. — M. Lèques (Marie-Joseph-Xavier), médecin-major de 1" classe à l’hôpital de Mascara, en remplacement de M. Lavigne, retraité. •— M. Boisseau (Ëdmond-Maximilien-Étienne), médecin-major de classe à l’hôpital dès Golinettes, à Lyon, en remplacement de M. Réeb, promu. — M. Pallé (Jean-Pierre), médecin-major de 1" classe à l’hôpital d’Oran (Algérie), en remplacemcpt de M. Vézien, promu. , i - ,h ü .
Am grade de médecin-major de lr* classe (Ancienneté). M. Sabathier (Louis-Marie-Janvier), médecin-major de 2* classe au 75e de ligne, en remplacement de M, Pancrazi, retraité. — (Choix.) M. Arnaud (François-Fulgence-Faustin-Fulcran-Fréjuts), médecin-major de 2e classe au 17e de dragons, en remplacement de M. Sancery, retraité.— (Ancienneté.) M. Marvy (Pierre- Victor), médecin-major de 2e classe au 4e de zouaves, en remplacement de M. Bouchard, mis en non-activité pour infirmités temporaires. — (Choix.) M. Barthélemy (François- Jules), médèéin-major de 2e classe aux hôpitaux de la division d’Oran, en remplacement de M. Fleury, retraité. — (Ancienneté.) M. Goguet (Auguste-André-Marie), médecin-major de 2* Classe au 12* bataillon de chasseurs à pied, en remplacement de M. Bigot, retraité. — (Choix.) M. Régnier (Marie-GustaVe-Léon), médecin-major dè 2* classe ttü 101* de' ligné, en remplacement de M. Fée, promu. — (Ancienneté.) M. Gavoy (Emile- Alexandre), médecin-major de 2* classe aux hôpitaux de la division d’Alger, en remplacement de M. Lèques, promu. — (Choix.) M. Laederich (Charles-Georges), médecin-major de 2* classe au 36* de ligne, en remplacement de M. Boisseau, promu. — (Ancienneté.) M. Roux (Bernard-Joseph-Adrien), médecin-major de 2* classe au 28* de ligne, en remplacement de M. Pallé, promu.
Au grade de pharrhacien principal de lr* classe : M. Courant (François-Louis), pharmacien principal de 2* classe à l’hôpital de Toulouse, en remplacement de M. Latour, retraité.
Au grade de pharmacien principal de 2* classe : M. Slrohl (Georges-Emile), pharmacienmajor de lr* classe à l’hôpital de Belfort, en remplacement de M. Courant, promu.
Au grade de pharmacien-inàjoi' dé classe : (Choix.) M. Rebuffat (Adrien-Hyacinthe-
L’UNIOJN MÉDICALE.
Bernard-Maxime), pharmacien-major de 2e classe à l’hôpital de Versailles, en remplacement de M. Slrohl, promu.
La Morgue. — M. |e procureur, de la République de Paris vient de recevoir de M. lç docteur Rrouardel, nommé l’année dernière médecin en chef dp la médecine légale, un rapport sur les modifications et améliorations! à, apporter dans le service des autopsies et dqs exposition» de corps amenés dans cet établissement.
Les conclusions de ce rapport tendent :
1° A obtenir utië conservation réelle des corps déposés a la Morgue ; :
2“ À améliorer l’organisation de ld salle d’aütôpsie;
3* A créer une chambre de microscopie ;
Jï” A brëër uue chambré dé éhimié ; , 1
5° A créer une chambre pour les expériebeëS physiologiques ;
6° A disposer üû emplacement pour les jirèpàralibils anatbmi^uéS et les moulages;
7° A former des collections anatomiques, de poiàOnS, et uné bibïidtllè^itëi M. Brouardel propose d’employer le froid comme moyen de conservation des corps. Selon lui, il suffirait de maintenir dans la éâllè d’e^ofeitioh la tëmpériitbfe dé' ôdëg/ëiîËhoütt’e, les dalles seraient remplacées par des tables en tôlfe émaillée mtMëS d*Uùé créüiafllërë qui permettrait dé leur donner l’inclinaison nécessaire. .muO
Léfe dépenses sont évaluées à; environ 52,000 francs.
Une exposition d’enfantô a Paris. — Nous lisonà dahs la Ffancc : ^ '
« Uh groupe dé personnages s’intéressant vivement à ^Exposition deS séibflceS appliquées à l’industrie, qui doit avoir lieu cette année au palais des Champs-Elysées, de juillet d novembre, a ëii l’idée d'introduire dans son programme Utie nouvelle Exposition d’un genrè' tout nouveau et qui, fort appréciée des AméribaïnS et dès An'glô-Sdxons, aura certainement eh Erànëfe un cachet dë véritable originalité: ; • ’
« Il s’agit d’une Exposition d’enlants. Les prothoteürs de fcéttfe ëxfeerilrleitê bnt présenté l’aüminlstràiion; dé l’Expositioù Un programme cbmplet ët fort curieux. L’ExpoSitidh serait divisée en trois groupes : enfants d’un an, deux ans et trois ans. ■- : ' -
<t Ces charmants et intéressants produits; en somme beaucoup plus dignes d’études que.les animaux gras, seraient présentés par leur mère ou leur nourrice. Des diplômes seraient naturellement distribués. L’Ebcpo^sitiop sera$ divisée en trois séance^, pnq sé^pce, par groupe.
« Cetle idée compte beaucoup de partisans convaincus et qui pensent que son application pourrait donner lieu à dfjs renseignements fort utiles au point de yué de l’hygiène de deiin fance, à laquelle s’intéressent tant de Sociétés.
« La direction de l’Exposition des sciences appliquées, à. l’industrie a promis, d’étudier la question et d’en saisir la commission supérieure. »
Hôpital Saint-Louis. -t- Conférmcès cliniques iuv fa peam M*. :1e ■ docf.
teur Hillairet commencera ces conférences le jeudi 24 avril 1879, 4 8 heures 1/2 (salles Henri IV et Saint-Louis), et les continuera les jeudis suivants, à la même heure.
HÔPlfAL DE LotJRCiNE; — Üotih clinique de ÿyrikàtogie: — M. lè d'OCtéür L. MalÜnèalï; médecin de l’hôpital de Lourcine, recommencera son cours le mercredi 23kvril: 1879, Ü 9 heures du matin, et le continuera les mèrcredis-et samedis, à la même heure.
Le mercredi, examen dès malades (salle SaintMAlexis) i lé samedi, exalneb des malades (salle Saint-Louis). Le jeudi, à 9 heuréfe, exercices pratiques de larvtigoscopie. 1 '
État sanitaire de la ville de Paris.— Population (recensement de 1876) : 1,988,806 habitants.— Pendant la semaine finissant le 10 avril 1879, on a constaté 1,185 décès, savoir:
Variole, 84*. — Rougeole, 42. —,:$carlatîne<3. — ^FiëVrqtjfpboïdé, 29. — Érysipèle, Ài* — Bronchite aiguë, 65. — Pneumonie, 98. — Ùyspnierie, (jf. — Diarrhée cholériforme des enfants, 7. — Angine couenneuse, 24. Croup, 15, — Affections puerpérales, ijL — Autres affections :aiguès, 255. — Affections chroniques, 524. — .A, ffèctions chirurgicales, 48. — Causés accidentelles, 26. , '
Annuaire de l’internat en médecine et en chirurgie des hôpitaux et .hospices, civile de Paris; depuis son: origine; an IX, jusqu’qn 1878 inclusivement; 3e édition.; ,,,
. Cet Annuaire sera livré au prix de 3 francs aux souscripteurs inscrits avant et y compris le jour du banquet dq l’ip,(erpatv qui aura lieu lq 19 avril, ifysçé. cette époque, le prix en sera porté à, 4 francs. — A ,1a . librairie Assgljn ej C*\ place dé l’Èqojé-de-lilléldecldq,/
Le yèttiM, RicheLOT.
Part#. — Typographie Félix Ma&tbstb et C«, rue des Deux -Portes-Saint- Sauveur, 22.
L’UNION MÉDICALE Mardi 22 Avril 1879
Association Générale
SÉANCE ANNUELLE DE L’ASSOCIATION GÉNÉRALE DE PRÉVOYANCE ET DE SECOURS MUTUELS DES MÉDECINS DE FRANCE
Malgré l’incertitude du temps, ou plutôt malgré la presque certitude du mauvais temps, des averses et des giboulées tardives, des tempêtes de pluie et de neige dont nous gratifie invariablement, cette année, l’inclémence du ciel, entre un hiver qui ne veut pas finir et nn printemps qui ne peut pas commencer , l’Association générale des médecins de France n’en a pas moins, malgré vent et marée, tenu au jour dit et à l’heure habituelle, sous la présidence de M. Henri Roger, sa séance annuelle et solennelle, dans le grand amphithéâtre de l’avenue Victoria, au milieu d’un nombreux concours de présidents, de secrétaires et de délégués des Sociétés .locales, accourus de tous les points de la France pour assister à cette réunion confraternelle. ■
, A deux heures et quelques minutes,! avec l’exactitude et la ponctualité qui étaient autrefois, dit-on, la politeçse des. rois, et dont les. présidents ont bien fait de recueillir l’héritage, M. Henri Roger a ouvert la séance et souhaité la bienvenue à nos confrères de la province qui vont devenir pour quelques jours nos hôtes de Paris. Il l’a fait avec, cet esprit, charmant, cette grâce et cette élégance bien connus de nos lecteurs, et pour lesquels nous chercherions vainement aujourd’hui une formule d’éloge qui ne soit épuisée. Les fleurs manqueraient plutôt au printemps, que l’esprit, le charme et la grâce aux allocutions de M. le Président de l’Association générale, et lorsque la floraison printanière est: en retard, .comme cette année, le talent de M. Henri Roger, toujours prêt, trouve sans faute, au moment voulu, sa riche moisson oratoire et littéraire.
Nos lecteurs retrouveront plus tard, dans les colonnes du journal, cette brillante allocution, et ils verront de quelle façon émue et élevée M. le Président de l’Assotion générale, dévàneânt le panégyrique de M. Amédée Latour, a su pàyer un juste tribqt d’élpges. à M. Ambroise Tardieu, soft prédécesseur immédiat: dans la présidence de l’Association générale, et à M. Paul-Émile Chauffard, membre du Conseil général, tous les deux enlevés, cette année, l’un par un travail de décomposition
FEUILLETON
Faculté do Médecine de Paris ..... Cours . de M, Ie professeur .Peter
Encore un mot sur la contagion. M. Pidoux dit avoir soigné A, 000 phthisiques adultes et n’avoir noté que A cas qu’on pût rapporter à la contagion. M. H. Roger pense que, dans les familles de phthisiques où il y a plusieurs enfants, le plus chétif peut se tuberculiser ; lès autres vivent en contact permanent avec le malade et restent indemnes. Il faut donc bannir l’idée dé contagion ; la prédisposition suffît, Cependant des médecins, bons observateurs, objectent que des femmes robustes sont devenues phthisiques après avoir engendré .des enfants phthisiques. Ils demandent s’il ne se passe pas, dans ce cas, quelque chose de semblable à la transmission dé la syphilis de l’enfant à la mère, in utero? Non, car d’un côté l’enfânt vient au monde syphilitique (atteint déjà de pemphygus), et, de l’autre côté, l’enfant ne naît pas tuberculeux, mais seulement tuberculisable, soit au quinzième mois, par les méninges, soit à la puberté par les poumons.
Quant à la contagion par l’ingestion de viandes provenant d’animaux tuberculeux, le docteur Dubuisson, sous le, contrôle de MM. Grancher et Tillaux, a répété les expériences de
(1) Suite. — Voir les numéros des 7, 16 janvier, 6 et 27 février.