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ÉTUDES CLINIQUES SUR LA PHTHISIE PULMONAIRE AU MONT-DORE

Par le docteur G. Richelot ,

Médecin-inspecteur de rétablissement thermal de cette station.

A Monsieur le Professeur LAENNEC ,

Directeur de l’École de médecine de Nantes.

La comparaison des dix observations précédentes entre elles permet de constater deux circonstances qu’il peut n’être pas inutile de signaler, bien qu’au premier abord elles paraissent presque insignifiantes. Ce sont les Suivahtes1:

Sur ces dijX malades, huit, appartiennent au sexe masculin, et. dpux seulement, à l’autre sexe. — Chez ces dix tuberculeux, 'le siège principal de la maladie étajt sept fois à droite, et 3 fois seulement dans le poumon gauche^ Quelle peut être l’impçrt^nce et la signification de ces .chiffres?

Pqur essayer d’en apprécier, ne fût-ce que de loin, la valeur J’ai relevé à ce double point de vue 525 cas de phthisie pulmonaire que j’ai observés au Mont- Dore pendant ces dërnièreè années. Je dois dire que je n’ai point fait entrer dans ee nombre les tuberculeux que j’ai eü à traiter à l’hôpital de cette station, parce que je n’ai' 'pas pu réunir sûr ces dèrniers des détails aussi complets et aussi sûrs. De sorte tjûe les malades qui m’ont servi dans Cette tentative dé statistique appartiennent tous aux classes aisées delà société. Quant au diagnostic, ïes malades que j’ai utilisés dans ,lâ présente recherche, s’étaient présentés à moi généralement avec un di^gnpstic formulé par up op même plusieurs médecins,; et mon jugement s’était trouvé conforme à celui de mes confrères,. . ■ • < . ' , •

Une première division est celle-ci : Sur ces 525 phthisiques, 41 y1 avait:

Hommes 286

Femmes . 239

Il résulte de ces chiffres que, dans les classes aisées de la société et dans notre climat, les hommes payeraient à la phthisie pulmonaire un tribut , plus élevé que les femmes, dans la proportion de 100 à 87. La différence n’est pas considérable; cependant, elle est appréciable; et, en effet, dans les classes aisées, les hommes sont exposés bien plus que les femmes aux influence pathogéniques. Dans ses Recherches sur la •phthisie y Louis, comparant lesdéux* sexes 'sôuB le rapport de la fréquence de la tuberculose, a donné la prépondérance au sexe féminin; mais il observait dans un hôpital; et il est évident que dans lés classés paüVfëS les femmes sont loin de vivre dans les conditions protectrices où Ise trouvent les femmes des classes riches..

Maihtëhant, la phthisie pulmonaire .ayant son début le plus , commun dans, les sommets des poumons, débute-t-elle également dans les deux sommets? ,

Sous ,(çe rapport, mes 525 phthisiques, sans distinction de sexe, ont donné les chiffres ci-dessous : :

Le sommet droit seul malade . . . 26^, fois. , , .

Lé sommet gauche — ... 103

Les deux spmmets . . . 155 v

Voilà déjà un écart notable en fâvëur du sommet droit. Mais dé plus, il est clair que la maladie était plus avancée dans les cas où les deux sommets étaierit coittpromis. Et si l’on observe que l’un des deux poumons était plus malade quel’atitfe, on peut admettre que c’est par celui-là que la maladie a commencé. Or, en recher-

(1) Suite et fin. - Voir les numéros des 29 mars, 3 et 12 avril.

L’UftlON MÉDICALE.

chant parmi les 155 malades de cette catégorie, ceux où une différence était trèsévidente et très-marquée entre les deux sommets, on trouve : ,n

Poumon droit plus malade que le gauche. . 39 fois.

Poumon gauche plus malade que le droit. .17

On est parfaitement en droit d’additionner ces chiffres avec les précédents, et alors on constate que la phthisie pulmonaire affectionne le sommet déoit, de préférence au sommet gauche, dans 306 cas sur 525, c’est-à-dire dans la proportion de 58,28 p. 100, ou environ des . 3/5çs. i

Une remarque, toutefois, doit trouver sa .place ici. Lorsque je dis : tel poumon malade seul, ...cette assertion ne doit pas être acceptée d’une manière absolue. Il n’est pas douteux que, dans un grand nombre de cas, l’autre poumon n’était pas indemne de' tubercules ; seulement, ces tubercules étant moins avancés h’Ùvaieht' pas été diagnostiqués; et cette considération n’infirme en rieù lé résultat signalé. Louis a trouvé presque toujours une plus ou moins grande quantité de tubercules dans les deux paurpons. Mais les malades dont il faisait l’autop^ip à la Charité étaient des.malades,ohez1 qui la tuberculose avait fait de^rands; progrièSi Si l’on sépare les hommes des femmes, on arrive à des, résultats tout à fait semblables.

Chez les 286 hommes phthisiques • dm' , . :

Le sommet droit était malade seul . ... 146 fois.

Le sommet, gauche — ... 62

Les deux sommets . 78

Dans les 78 cas où les deux sommets étaient malades, 21 fois on a pu constater7 que le poumon droit était plus; malade que le gauche, et 9 fois seulement le sommet gauche plus' atteint que le droit. — Ainsi, en étudiant seulement le sexe masculin, on trouve en faveur1 du sommet droit, 167 sur 286, soit 58,39 p. 100.

Chez les 239 femmes phthisiques hue *imtnw->4alo-c:.«}b ia

Le sommet droit, était malade seul. . . 122 fois.

Le sommet gauche — ... 40

Les deux sommets. . . . . 77

Dans les 77 cas féminins où les deux, poumons étaient malades, 18 fois le sommet droit, était visiblement plus compromis que le gauche, et 8 fois seulement lé sommet gauche plus que le droit. — De sorte que chez la femme on trouve, en faveur du sommet droit, 140 sur 239, soit 58,57 p.100.

Les proportions, au point de vue de la plus grande fréquence de la phthisie pulmonaire dans le sommet droit par rapport au sommet gauche, sont donc sensiblement les mêmes pour l’homme et pour la femme, environ les 3/5*s des cas.

^Congestion pulmonaire. **- 11 .était intéressant de rapprocher, dans eet ordre d’idées, des cas de phthisie pulmonaire, ceux de simple congestion des poumons. Or, les résultats, pour ce qui 'concerne le poumon le plus fréquemment malade, cohcô'fdent , d’une maniéré remarquable.

Leé caé de congestion pulmonaire observés étant au nombre de 67,

Nous avons : Hommes .... 28

Femmes .... 39 •

Quant au seXe, la proposition est renvorvéè ; c’est le sexe féminin qui parait le plus prédisposé à la congestion pulmonaire. Mais le poumon droit est encore ici le siège le plus fréquent de la fluxion. En effet, sur67 cas, sans distinction de sexe,

Le poumon droit a été le siège de la congestion ... 36 fois.

Le poumon gauche — ... 16

Les deux poumons. . . 15

SI l’on sépare les sexes, on trouve :

Chez l’homme, sur 28 cas,

. Le poumon droit congestionné . . . . 13 fois,

Le poumon gauche — .... 10

Les deux poumons . 5

'Chez la femme, sur 39 cas,

Le poumon droit congestionné .... 23 fois.

Le poumon gauche — .... 16

Les deux poumons . 10

Dans la simple congestion pulmonaire, on devait à priori s’attendre à trouver le chiffre le plus faible pour la congestion double. Mais il est très-curieux de voir que c’est encore le poumon droit qui est le siège le plus fréquent des phénomènes morbides.

Les chiffres qui précèdent expriment-ils un fait réel, ou sont-ils le résultat d’une simple coïncidence? Je me garderai bien de les présenter comme constituant une statistique définitive. Ils sont certainement dignes de l’attention des statisticiens. Mais, à mon avis, ils ne peuvent être envisagés que comme un des éléments d’une statistique générale, c’est-à-dire d’une statistique fondée sur un nombre de cas tout à fait considérable, d’où l’on pourra peut-être faire découler des notions utiles soit au point de vue de la pathogénie, soit au point de vue de la thérapeutique.

Cependant, ce nombre de 525 cas est déjà un nombre très-respectable. Il semble établir, jusqu’à preuve du contraire, d’une part, que, dans les classes aisées, en France, les hommes sont plus souvent que les femmes atteints de tuberculose, ce qui peut conduire à des mesures d’hygiène et de prophylaxie; d’autre part, que la tuberculose a plus de tendance à prendre naissance dans le sommet droit que dans le sommet gauche, phénomène dont il pourrait être utile de Chercher l'explication, si des observations suffisamment nombreuses venaient le confirmer.

JOURNAL DES JOURNAUX

Étude sur les oreillons dans C armée : 1° Épidémie d’oreillons qui a régné a la garnison de Bayonne, par M. Seryier; — 2° Épidémie d’oreillons au 28* bataillon de chasseurs , à Dax, par M. Jourdan; — 3‘ Épidémie d’oreillons au 1er hussards, 1877, par M. Madamet; — 4* Deux épidémies d’oreillons au 10* dragons, par M. Gérard.

1° A la fia de janvier 1878, l’épidémie s’est déclarée à la garnison de Bayonne, après avoir été précédée en ville d’un grand nombre de cas de fièvres éruptives (scarlatine, rougeole, etc.). Le nombre des cas observés a été de 105 ; dans aucun cas, on n’a observé de douleurs articulaires notées par Trousseau ; mais souvent on a constaté une légère angine, un léger état inflammatoire de la muqueuse pharyngienne. Un des malades a eu les oreillons pour la seconde fois. — Sur 105 cas, il y a eu 26 orchites. Le gonflement portait sur la glande séminale et un peu sur l’épididyme, et, dans un seul cas, l’auteur a constaté la présence d’une légère quantité de liquide dans la tunique vaginale. Sur 22 cas, l’orchite a siégé 15 fois à droite, 5 fois à gauche, 2 fois des deux côtés. Presque toujours cette orchite est apparue du troisième au sixième jour après l’apparition des oreillons. Dans un seul cas, l’orchite a débuté d’emblée, sans avoir été précédée par le gonflement des régions parotidiennes. L’orchite ourleuse s’accompagnait d’un peu de fièvre, de céphalalgie, de courbature; sa durée a été, en moyenne, de 13 jours. — Dans 5 cas, la maladie a revêtu, pendant, 2 ou 3 jours, l’aspect typhoïde et s’est terminée par guérison.

Sur 23 cas d’orchite, 12 fois on a constaté l’atrophie consécutive des testicules.

2* Le docteur Jourdan a observé 61 cas d’oreillons : 12 fois ceux-ci ont été précédés ou accompagnés par des épistaxis; 19 fois ils ont été précédés ou accompagnés par un certain degré d’angine pharyngée, et même par un gonflement fluxionnaire de l’amygdale; 12 fois il y a eu tuméfaction des glandes sous-maxillaires; 3 fois, engorgement des ganglions du cou; tonriu comPlicalion d’orchite, qui se termina, dans 8 cas, par l’atrophie de la glande. L’aui ue encore un cas d’orejllon double, avec complication d’hématurie, hypertrophie de la

glande thyroïde. Dans ce fait donc, toutes les glandes ont été le siège du mouvement fluxionnaire : les parotides, les glandes sous-maxillaires, les ganglions lymphatiques, la glande thyroïde, le rein; et le testicule seul échappe. Enfin, au 39* jour du début, le malade, anémié, est atteint de grandes attaques d’hystérie, revêtant un caractère très-sérieux. Chez 4 malades il y a eu, dans la convalescence, des douleurs rhumatismales articulairés. Pour l’auteur, les oreillons doivent être définis : une maladie générale exanthématique, dont la manifestation consiste dans un mouvement fluxionnaire actif vers les organes glandulaires (souvent vers les parotides et les glandes sous-maxillaires, souvent aussi vers le testicule, parfois vers l’ovaire et les mamelles, vers l’amygdale, rarement vers le rein et la glande thyroïde). Partois, la maladie peut avoir un retentissement sur le système nerveux et devenir le point de départ d’une névrose hystérique.

Le docteur Madamet a observé 56 cas d’oreillons. Pour lui, les influences atmosphériques ne jouent aucun rôle dans le développement de cette affection : — 5 fois, il y a eu adénite rétro- et sous-maxillaire, et 7 fois orchite ; 11 fois, angine todsillaire ' coïncidant avec le début de l’oreillon.

4° Dans la première épidémie, 43 hommes ont été atteints, et, sur ce nombre, 13 fois l’orchite a été constatée. Sur 11 cas d’orchite, examinés bien attentivement, on voit 2 fois une atrophie considérable, 4 fois une diminution légère de volume.

Dans la seconde épidémie, 12 hommes ont été atteints, et, parmi eux, il v a eu 2 cas d’orchite. \

Pour l’auteur, l’atrophie testiculaire succède à l’orchite oUrleüse 45 fois sur 100- ( Recueil de mém. de mèd. et de chir . militaires, n* 187, 1878.) — H. H.

FORMULAIRE

Injection antiblennorrhagique.

Sulfate de zinc cristallisé. ........ 1 gramme.

Acétate de plomb cristallisé . 0 g" 50 cèntigr.

Sulfate d’alumine et de potasse crist. . . O g* 50 —

Camphre pulvérisé . . 0 gr 10 —

Gomme arabique pulv. . . . 0 gr 20 — t ■

Hydrolat de roses . . 125 grammes.

Faites dissoudre. — Cette solution, désignée vulgairement sous le nom d’« injection dû capitaine », est en grande faveur chez les marins dans le cas de , blennorrhagie chronique,

Éphémérides Médicales. — 22 Avril 1794.

Claude Lemeltier, chirurgien, âgé de 37 ans, né à Lyon, domicilié à Trévoux (Ain), est condamné à mort par le Tribunal révolutionnaire de Paris , comme contre-révolutionnaire.

A. Ch.

COURRIER

Au moment de mettre sous presse, nous avons la douleur d’apprendre la mort de M. le professeur Gubler. C’est une grande perte pour la science et pour la Faculté de médecine de Paris. Nous reviendrons sur ce triste sujet.

— Le banquet annuel de la Société d’hydrologie médicale de Paris , qui devait avoir lieu aujourd’hui mardi, 22 avril, est remis à une date que nous ferons connaître ultérieurement, en raison de la mort imprévue de M. le professeur Gubler, président de la Société.

Société médicale des hôpitaux (3, rue de l’Abbaye, 4 3 heures 1/2 précises). — La Société Se réunira le vendredi 25 avril 1879.

Ordre du jour : Rapport sur les maladies régnantes du premier trimestre de 1879, par M. Ernest Besuier. — Communications diverses. — A 4 heures 1/2, comité privé.

Service de vaccinations gratuites. «— Afin de répondre aux préoccupations du moment, et de rendre les vaccinations et revaccinations aussi faciles que possible, la Société française d' hygiène a fondé un service de vaccinations gratuites (vaccin animal et vaccin jennérien) au siège de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale, rue de Rennes, 44.

Facülté de médecine de Paris. — La Faculté de médecine de Paris vient de publier ia statistique suivante, relative aux nouveaux étudiants en médecine qui sont venus se faire inscrire pendant le semestre d’hiver; du 15 octobre dernier au 15 mars 1879 :

Élèves sans inscription . . . . . 265

Élèves venant des autres Facultés . 106

Éièyeà venant des Écoles de plein exercice. ... 26

Élèves venant des Écoles préparatoires. . . i06

Docteurs et élëves étrangers, . . 16

Élèves étrangers sans inscription — . 19

Élèves et officiers de santé naVale. . . . . 39

, Élèves de santé militaire... . . 32

Dames françaises ... 1 ........... ,.... v 5

Dames russes . . . . . . 2

Total . 612

Là éamire dans la Haute-Égypte. — Le Times reçoit d’un, témoin oculaire de nouveaux détails sur la famine qui vient de désoler la Haute-Égypte :

a Lé district qui a le plus souffert, lui écrit-on de Louqsor, est celüi de Soohag à Keneb. Le voyageur, en Egypte, s’habitue vite au spectacle de la pauvreté, des haillons, de la nudité; cependant les fellahs paraissent généralement jouir d’une bonne santé. Cétte année; on a pu les voir en proie à la faim, au scorbut et à la dysenterie.

« Les secours envoyés dans huit endroits du district dont je parle sont arrivés trop tard. Les habitants, privés de leur nourriture ordinaire, qnt cherché à se soutenir en mangeant des herbes, le rebut de la canne à sucré et toutes sortes de débris.

a Un des commissaires chargés par le gouvernement égyptien de distribuer des secours m’a raconté qn’il avait vu un enfant occüpé h retirer, corhme Taui’ait fait un oiseau, tous les grains contenus dans le fumier des animaux pour les manger ensuite. A Louqsor, des distributions de pain ont eu lieu. dans une. grande cour voisine du temple, parles soins des agents consulaires de l’endroit et du ma-oon. (officier de, police).

« Des centaines d’affamés accouraient des YiUagep environnants, auxquels on n’avait voulu expédier ni argent ni vivres, de peur .que. les chéilcs n’en détournassentune partie. Un médecin anglais a fait distribuer du lait à un grand .nombre, d’enfants pendant .plusieurs jours; mais combien ont péri faute, de cette nourriture, potamment à Bellianeh et à Girgeh!... »

Drogues simples ét substances toxiques. — Tèut Técetnment un pharmacien délivré} sans ordouhahce, un paquet d’ipéca à un vieillard moribond. Ce vieillard meurt. A quelques tours dé là, même contravention à la loi de germinal an XI; il s’agissait cette fois d’un ouvrier adulte sortant d’un cabaret. L’ouvrier meurt, quelques heures, plus lard. Le pharmacien est traduit devant la neuvième chambre. Il est acquitté, contrairement aux réquisitions du ministère pppc, qui soutenait qq’uije drogue simple peut être nuisible et doit? en conséquence, être considérée comme une préparation, médiçapietiteuse. Nous ne connaissons point assez les faits pour apprécier le jugement rendu perla neuvième chambre; mais il nous semble que, s’il importe de surveiller la vente des médicaments, il importerait aussi et surtout d’interdire le colportage et la vente, de produits, nuisibles dont sont infestées nos places publiques. Le chroniqueur scientifique du XI X* Siècle signale à ce point de vue les dangers que présentent certains procédés d’argenture. L’industriel qui les vante se sert de cyanure double de mercure et de potassium, , et en frott,e pendant quelques secondes les çpuverté les plus noirs, et les plus oxydés. H arrive ainsi à leur rendre rapidement leur blancheur primitive; mais c’est en amalgamant le métal du couvert et en exposant par conséquent ceux qui, en, fon^ usage au double dapger de l'intoxication mercurielle et de l’intoxication per l’açidp çyupliydrique. Le Comité d’hy^iëtie publiquè et de’ salubrité Béhdrâ, bous l’ësp'érons, à informer le préfet de poljicë des dangers gue jftéèënte uné semblable préparation. ( 'Gaz . kebd.)

Hôpital de Loprcine. — Cours clinique de gynécologie. — - M. les docteur L. Martineau, médecin de l’hôpital de Lourcine, recommencera son cours le mercredi 23 avril 1879, à 9 heures du matin, et le çontipupra les mercredis, et samedis, à la même heure.

Le mercredi, examen des malades (salle Saint-Alexis) ; le samedi, examen des malades (salle Samt-Louis). Le jeudi, à 9 heures, exercices pratiqués de laryngoscopic.

Le gérant, Riôiielot.

Typographie Faux Mmtrstb et O®, me des Deux -Pgrles-Saint «Sauveur, 22,

Jeudi 24 Avril 1879

BULLETIN

SUR LA SÉANCE DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE

Au commencement de la séance, M. Henri Roger, qui, en l’absence de M. Richet, remplissait les fonctions de président, a annoncé officiellement la nouvelle de la mort de M. Gubler que la maladie tenait, depuis plusieurs mois, éloigné des séances de l’Académie. La savante Compagnie perd en M. Gubler un de ses membres les plus distingués, comme la Faculté de médecine un de ses professeurs les plus éminents.

Chaque année, la réunion de l’Association générale des médecins de France amène à Paris l’élite de nos confrères de la province, membres de cette Association, qui, à leur titre de délégués des Sociétés locales joignant généralement celui de membres correspondants ou associés de l’Académie, profitent de leur passage à Paris pour faire à la tribune de cette Société savante d’intéressantes communijiications.

Parmi les plus zélés et les plus laborieux se distingue M. le docteur Burdel (de Vierzon), qui ne manque jamais cette occasion de donner à l’Académie la primeur de quelque observation neuve, de quelque aperçu ingénieux, puisés dans les faits de sa riche pratique. Depuis nombre d’années, M. Burdel s’occupe d’une question de pathologie générale d’une grande importance, celle de l’influence des diathèses les unes sur les autres. Les observations qu’il a faites au sujet de l’influence réciproque des diathèses cancéreuse et tuberculeuse, l’ont amené à considérer comme une loi, loi fatale et terrible, que le tubercule serait uni au cancer par les liens intimes d’une' véritable filiation ou genèse. L’observation très-intéressante que nos lecteurs trouveront au compte rendu serait, suivant l’auteur, une nouvelle confirmation de cette loi.

La pfus grande partie de la séance a été remplie par une communication de M. Jaccoud relative à la pleurésie aiguë multiloculaire et aux adhérences du diaphragme. Contrairement à l’avis de tous les cliniciens, M. Jaccoud déclare, en s’appuyant sur des faits cliniques observés par lui depuis une dizaine d’années, qu’il est possible de diagnostiquer, du vivant des malades et sans le recours à la ponction, l’existence de la pleurésie aiguë multiloculaire. Chemin faisant, il a présenté quelques considérations intéressantes sur le pronostic et la thérapeutique de la pleurésie aiguë multiloculaire qui, en règle générale, ne doit pas être, a-t-il dit, traitée par la ponction. Il a terminé par quelques détails relatifs aux adhérences du diaphragme.

Voilà, penseront peut-être nos lecteurs, un sujet qui ne prête guère aux développements oratoires, et M. Jaccoud a dû avoir de la peine à intéresser son auditoire à des détails un peu arides, du moins en apparence. Eh bien, si nos lecteurs pensaient cela, ils auraient tort, et ils seraient trompés par les apparences.

De ce sujet aride, comme Moïse du rocher du désert, M. Jaccoud a fait jaillir des flots d’éloquence, et ces flots ont coulé pendant près d’une heure, toujours abondants et limpides, sans le moindre temps d’arrêt, sans le moindre signe d’hésitation ou de fatigue. L’assistance, attentive et charmée, ne savait ce qu’il fallait le plus admirer, ou de l’incomparable habileté du débit, qui a semblé à quelques-uns un peu apprêté et théâtral, ou de la sûreté incroyable avec laquelle l’orateur déroulait ses périodes sans jamais hésiter sur le choix des mots, sur la propriété des expressions, sans éprouver un instant le besoin de se corriger, de se reprendre, d’ajouter ou de retrancher, comme si toutes ses phrases eussent été coulées d’avance dans un moule parfait et achevé.

Pour moi, je dois favouer à ma honte, en écoutant M. Jaccoud, je me suis laissé aller, comme bien d’autres, à un véritable accès de dilettantisme oratoire, et, tout absorbé par mon admiration pour la perfection de la forme, j’ai à peu près complètement perdu de vue le fond, si bien qu’il me serait difficile, pour ne pas dire impossible, d’entrer dans les détails de la brillante improvisation de M. Jaccoud, et de Tome XXVIL- — Troisième série . 59

la faire connaître à nos lecteurs autrement que par les indications très-générales et très-sommaires que j’en ai données plus haut. Il nous faudra recourir au Bulletin de l’Académie pour pouvoir en mettre sous les yeux du lecteur une analyse un peu exacte. M. Jaccoud voudra bien ne s’en prendre qu’à lui-même et à ses irrésistibles séductions artistiques, de l’extrémité à laquelle il nous a ainsi réduit, et peut-être consentira-t-il à voir là un écueil de son magnifique talent oratoire : la forme en est trop parfaite, puisqu’elle fait perdre de vue le fond. Or, en toute chose, comme dirait Joseph Prudhomme ou M. de La Palisse, le fond est le principal.

A la fin de la séance, M. Marrotte a donné lecture du rapport de la commission pour le concours du prix Godard. A. T.

GASTRO-STOMIE

CONTRIBUTION A L’ÉTUDE DE LA GASTRO-STOMIE : DES CAUSES DE SUCCÈS ET D’INSUCCÈS A LA SUITE DE CETTE OPÉRATION (*) ;

Par le docteur L.-H. Petit, sous-bibliothécaire à la Faculté de médecine.

Deuxième série. — Le sujet de M. Verneuil, opéré le 26 juillet 1876 (2), a succombé le 7 novembre 1877; il a donc survécu près de quinze mois et demi. Il était de frêle stature, mais sans altération viscérale appréciable; son rétrécissement était cicatriciel, et il a bien guéri sans accident. Malheureusement on l’a promené de ville en ville comme objet de curiosité, s’amusant à lui injecter outre mesure dans l’estomac toutes sortes de boissons alcooliques; la phthisie pulmonaire s’est implantée chez lui, et il est mort d’hémoptysies répétées.

M. Callender opéra alors que son malade était dans les plus mauvaises conditions. En effet celui-ci, dont le poids moyen était dans l’état de santé de 75 lu logr., avait maigri à tel point, depuis le début de la maladie, qu’il ne pesait plus que 52 kilogr.; il était alcoolique, toussait beaucoup, expectorait de grandes quantités de crachats 'mueo-purulents et sanglants, surtout dans les quelques jours qui précédèrent l’opération. Celle-ci fut suivie de péritonite, et la mort survint moins de quatre jours <après. Le péricarde était envahi par le cancer œsophagien dans une étendue telle que, lorsqu’on l’enleva, on fit une large ouverture à l’œsophage. Le foie était cirrhosé et gras (3).

Le malade de M. Schônborn, qui survécut trois mois, était simplement épuisé, et, bien qu’il eût un rétrécissement cancéreux, il n’avait certainement pas de noyaux secondaires dans les viscères au moment de l’opération puisque, à l’autopsie, on n’en trouva nulle part (4).

Celui de M. Lanelongue (de Bordeaux) ne présenta non' plus aucun accident après l’opération. Quoique très-épuisé, il fut néanmoins opéré dès qu’on fut persuadé que rien ne pouvait franchir le rétrécissement œsophagien. Malheureusement, celui-ci était causé par un cancer qui perfora la bronche gauche, permit aux aliments de pénétrer dans l’arbre respiratoire, et détermina la mort par asphyxie. On trouva, à l’autopsie, de la congestion pulmonaire et les autres viscères sains. Deux ganglions bronchiques seulement avaient subi la dégénérescence cancéreuse (5).

Par contre, la généralisation viscérale était très-marquée dans le cas de M. Courvoisier. Outre que le malade était alcoolique, il présentait des hoyaux cancéreux dans la paroi de la trachée et de la bronche gauche, dans les ganglions cervicaux et bronchiques et dans le foie, et une perforation de la paroi trachéo-œsophagienne.

(1) Suite. — Voir le numéro du 19 avril.

(2) Bull. Acad, de mèd., 1876, p. 1025.

Tous les faits dont nous ne donnons que le résumé, se trouvent in extenso dans noire travail sur la Gastro-stomie.

(3) The Lancet, 11 avril 1877, p. 431.

(4) Archives de Langcnbeck, 1878, t. XXII, p. 500.

(5) Bull. Acad, de méd., séance du 10 avril 1877.

Aussi le malade, bien que sans péritonite, s’éteignit-il peu à peu, à la manière des opérés atteints d’altérations viscérales multiples, au bout de quarante-quatre heures.

Cancer de l’œsophage. — Gastrostomie. — Mort au bout de quarante-quatre heures. — Perforation de la trachée et noyau cancéreux dans le foie. (Courvoisier, Corresp. Bl. fur

schweizer Aerzte, 15 déc. 1877, p. 698, et Revue des sciences méd., 1878, t. XII, p. 28 h.)

Boucher, 60 ans, ivrogne. En automne 1876, premières douleurs pendant la déglutition, au niveau du larynx; en même temps, sensation de rétrécissement de la gorge. Difficulté à avaler les aliments solides. Admission à riiôpital le 6 février 1877. Homme robuste, mais émacié. Goitre. De chaque côté du cou, depuis le larynx jusqu’au sternum, sur le trajet de l’œsophage, induration diffuse, douloureuse à la pression; tuméfaction de quelques ganglions. La sonde œsophagienne rencontre un obstacle infranchissable à la hauteur du cricoïde ; elle détermine de vives souffrances, de la toux, parfois de petites hémorrhagies et une légère fièvre. Le patient ne consent que quelques semaines plus tard à l’opération.

Gastrostomie, le 17 mars dans l’après-midi, en suivant les indications de Verneuil. Impossible d’obtenir une anesthésie complète avec le chloroforme.

L’opération terminée, la fistule est protégée avec de la ouate salicylée fixée par de larges bandelettes collodionnées. Cuirasse de collodion sur tout l’abdomen.

Le champagne et les jaunes d’œufs versés dans la fistule sont en majeure partie rejetés au dehors au bout de peu de temps.

Durant les vingt premières heures, la température et le pouls demeurèrent les mêmes qu’avant l’opération.

Le 18 mars, à partir de midi, le thermomètre s’élève graduellement à 38°, 6, tandis que le pouls monte lentement jusqu’à 130.

Le 19 au malin, refroidissement des extrémités; abaissement de la température; faiblesse et fréquence extrêmes du pouls. Ni météorisme ni sensibilité du ventre. Mort à midi et demi, quarante-quatre heures après l’opération.

Autopsie. — A partir du dernier anneau de la trachée jusqu’à la bifurcation de cette dernière, l’œsophage est transformé par le tissu cancéreux en un tube rigide, rétréci par des nodosités dont la plupart sont ulcérées. L’extrémité supérieure de la portion dégénérée est fermée par une sorte de valvule cancéreuse. Au-dessus, le canal est modérément dilaté. Petites nodosités de cancer sur la paroi postérieure de la trachée et à l’origine de la bronche gauche ; perforation trachéo-œsophagienne étroite au niveau du douzième anneau. Dégénérescence carcinomateuse des ganglions cervicaux et bronchiques. Goitre parenchymateux calcifié. Enphysème pulmonaire. Aorte un peu athéromateuse. Nodosité cancéreuse grosse comme une noix sur le lobe gauche du foie. Fistule gastrique très-belle placée sur la paroi antérieure, au voisinage de la petite courbure, à 8 centimètres seulement du pylore. Adhérences solides des parois abdominales et stomacales. Aucune trace de péritonite.

Le premier opéré de M. Ti endelenburg, qui est encore vivant deux ans après l’opération, se trouvait à peu près dans les mêmes conditions que celui de M. Verneuil. Il présentait un rétrécissement cicatriciel, était âgé de 7 ans, et supporta parfaitement la gastro-stomie ; il eut toutefois des symptômes de catarrhe gastrointestinal pendant les deux premiers mois, mais il se développa ensuite normalement. Actuellement âgé de 9 ans, il pèse 23,750 gr. ; il est en bonne santé, va à l’école de Rostock comme ses camarades, et se nourrit toujours par la fistule. Une lettre de M. Trendelenburg, en date du 27 janvier 1879, m’apprend que le seul inconvénient causé par cette fistule , est un peu d’eczéma provoqué par le contact du suc gastrique sur la peau, et que le rétrécissement œsophagien est resté infranchissable (1).

J’arrive au seul malade atteint de rétrécissement non cancéreux de la seconde série qui ait succombé à la gastro-stomie, celui de M. Le Dentu. Comme cette observation, fort intéressante d’ailleurs, n’a encore été ni publiée ni même analysée, je la rapporterai ici 'avec un peu plus de détails que les précédentes :

Un jeune homme de 23 ans avala, le 12 juin 1877, pour se suicider, 100 à 125 grammes d’ammoniaque. Il fut pris, à la suite, d’une œsophagite intense qui dura quatre ou cinq mois. Puis survinrent les signes d’un rétrécissement œsophagien pour lequel le malade entra à l’hô-

(1) Archives de Langenbeck, 1878, t. XXII, p. 227.

pital Saint-Antoine. On essaya le cathétérisme avec et sans anesthésie, mais on fut toujours arrêté, quelles que fussent la forme et la dimension des sondes, à 20 centim. de l’arcade dentaire. L’émaciation et l’épuisement augmentant de jour en jour, on pratiqua la gastro-stomie le 3 janvier 1878. Dans la semaine qui précéda l’opération, le poids du malade tomba de 51 kilogr. 500 à 4 7 kilogr. 500, et sa température, de 36", 5 à 35", 6.

L’opération fut pratiquée par le procédé de M. Vernouil, que nous décrirons plus loin. Elle ne présenta aucune difficulté.

Température après l’opération, 35°, 4. Deux heures après, on fait par la sonde une injection de 100 grammes de lait chauffé à 39 ou 40". Le malade se plaint constamment de son côté gauche, et cherche sans cesse une position différente. Nausées fréquentes, hoquet, soif trèsardente, qui se calme en introduisant quelques gouttes d’eau dans la bouche. Face pâle, souffrante; température, 35", 4.

A trois heures et demie, injection de 100 grammes de lait avec une cuillerée d’alcool ; violente envie de vomir.

Le soir, température, 36", 2 ; calme, point de nausées ; la douleur persiste toujours à gauche de la plaie; soif opiniâtre, calmée momentanément en gardant un morceau de glace dans la bouche.

A sept heures du soir, injection sous-cutanée de 5 gouttes d’une solution de chlorhydrate de morphine au 50*. Soulagement, moins d’agitation; respiration plus facile. Un peu de sommeil.

A huit heures, nouvelle injection de 100 grammes de lait avec une cuillerée d’alcool, sans nausées ni hoquets. Calme relatif jusqu’à neuf heures. A onze heures, injection de 10 gouttes de morphine. L’agitation cesse, la douleur est très-supportable.

Nuit assez bonne; quelques heures de sommeil à intervalles irréguliers.

4 janvier. Le visage exprime une fatigue extrême; légère teinte subictérique, joues creuses. La peau est moite, le pouls moins fort qu’hier; 156 pulsations. Pansement de la plaie avec de la glycérine. Elle n’offre rien de spécial ; pas de suppuration.

A neuf heures, pouls à 140. Température, 37°, 6. Injection de lait froid suivie, sur ta demande du malade, d’une injection d’eau glacée. A mesure que cette eau est introduite, sensation de soulagement vers l’estomac, et plus encore vers le pharynx et l’arrière-bouche. Les liquides froids sont mieux supportés. Les nausées et le hoquet sont moins fréquents. Ils n’existent que lorsque le malade boit quelques gorgées d’eau glacée pour apaiser la soif qui le tourmente sans cesse; il se jette avidement sur le verre qu’on lui présente; mais, quelques secondes après, l’eau est rejetée avec souffrance, et il s’ensuit pendant quelques instants des besoins très-douloureux de vomir, et une quinte de toux.

A midi, injection de 100 grammes de bouillon et de vin froids; elle est moins bien Supportée que les précédentes. Hoquets plus fréquents; la douleur sous le rebord des fausses côtes gauches s’accentue. Malaise général.

A partir de ce moment, symptômes de péritonite.

Le 5 janvier, à neuf heures du matin, survient du délire qui croît continuellement; la vue se trouble; perte delà connaissance; peau et extrémités froides. Température, 34°, 2. Mort à dix heures.

Autopsie. — Tout le grand épiploon est le siège d’une injection très-intense; il est attiré vers la plaie, où une partie a été pincée; il semble rayonner autour de cette partie, où aboutit une veine considérable. On ne trouve dans le péritoine, ni en aucun endroit de l’abdomen, aucune trace des lésions ordinaires de la péritonite, ni fausses membranes, ni sérosité, ni pus; mais tous les organes abdominaux sont très-vascularisés. Sur l’intestin, on observe cette même vascularisation qui, en des points nombreux, est très-intense et forme des taches bleuâtres. Les parois de l’estomac restent parfaitement adhérentes aux lèvres de la plaie.

Estomac très-rétracté et attiré vers le cardia; œsophage rempli de cicatrices et diminué de longueur.

Poumons congestionnés à la base et en arrière. Cœur petit; cerveau très-injecté, piqueté de rouge à la coiipe.

f Les causes d’insuccès étaient très-complexes dans ce cas. Le malade se trouvait d’abord dans des circonstances toutes particulières. Outre la débilitation commune aux autres opérés, il était dans un état général que M. Verneuil et d’autres chirurgiens considèrent à bon droit comme exerçant une influence nocive considérable sur le résultat des opérations: nous voulons parler de l’état moral. Or, ce jeune la nerT jVa^ VQulu se suicider par suite du violent chagrin que lui avait causé

P e e son emploi. L’insuccès de sa tentative n’avait pas changé le cours de ses

idées, car, après sa mort, on trouva dans ses papiers une lettre écrite avant l’opération, et dans laquelle il disait qu’il espérait bien que celle-ci le débarrasserait de la vie.

Lorsque M. Le Dentu a présenté son observation à la Société anatomique (séance du 2 janvier 1878), les avis ont été très-partagés sur les causes de la mort dans ce cas.

Les uns, s’appuyant sur les signes observés pendant la vie, ont pensé qu’il fallait l’attribuer purement et simplement à une péritonite. Sans doute, on n’a trouvé, à l’autopsie, ni fausses membranes ni pus, mais la complication ne datait guère que de trente-six heures, et la congestion intense des viscères abdominaux indique assez la marche qu’elle aurait suivie.

D’après M. Le Dentu, la mort s’expliquerait ainsi : l’irritation causée par l’opération retentit sur le plexus solaire et détermine un état particulier d’épuisement nerveux, qu’il appelle péritonisme dépressif , et que l’on observe chez tous les malades qui meurent par l’abdomen, c’est-à-dire à la suite d’une opération pratiquée sur cette cavité ou d’une lésion grave des viscères qu’elle renferme.

Gn a émis aussi l’opinion que l’hypothermie dans laquelle se trouvait le sujet était une des causes principales de l’insuccès.

Mais nous ferons remarquer que les opérés qui ont guéri n’étaient pas dans un état beaucoup plus satisfaisant à ce point de vue ; néanmoins, on ne peut s’appuyer sur un si petit nombre d’exemples pour affirmer que l’hypothermie a ou n’a pas empêché le malade de se relever après l’opération. 11 faudra recueillir d’autres cas analogues.

En résumé : état mental défectueux, congestion viscérale intense, hypothermie, telles sont les conditions défavorables qui ont contribué à l’échec survenu dans ce cas.

(A suivre dans un prochain numéro.)

HYDROLOGIE

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