‹ L'Union médicaleChapitre 108 sur 176 · EAUX DE VALS. — SOURCE BIGOLETTE · texte numérisé non relu

EAUX DE VALS. — SOURCE BIGOLETTE

Praticiens, convalescents ou malades, personne ne voudrait mettre en doute aujourd’hui que l’emploi intelligent et raisonné des eaux minérales ne permette d’atteindre des cures certaines et parfois même inespérées, dans la longue série des affections chroniques de l’organisme humain. Tout le monde partage, à ce sujet, l’avis de Montaigne, ce mordant critique de la médecine et des médecins, ce spirituel sceptique qui croyait cependant à l'efficacité des eaux minérales.

Mais, tout en reconnaissant ces heureux résultats, l’observation clinique la plus généralisée vient nous apprendre qu’ils ne peuvent être obtenus qu’à la double condition : 1° de déterminer scientifiquement les modalités physiologiques et pathologiques que les eaux minérales suscitent dans la trame de nos tissus; 2“ d’établir l'action élective de chacune d’elles à l’effet de combiner alternativement leur intervention efficace et régulière. Les médecins hydrologues modernes se trouvent dans de meilleures conditions d’étude qu’autrefois, par les raisons suivantes :

— Connaissance plus approfondie des eaux minérales, par le fait seul d’une éducation médicale plus vaste, plus philosophique.

— Moyens d’investigations et d’analyses plus variés (physique, chimique, spectrale).

— Vulgarisation plus étendue des recherches cliniques afférentes à l’hydrologie.

— » Appropriation plus logique, en raison même de ces progrès, de chaque espèce de traitement hydro-thermal, à un genre déterminé et circonscrit d’affections morbides.

Ces prémisses nous conduisent à reconnaître que les études, récentes de l’hydrologie médicale ont établi avec la plus grande précision, d’une part, que les eaux de Vais (Ardèche) doivent être rangées dans la classe des bicarbonatées sodiques froides ; de l’autre, que la source Rigolette, l’une d’elles; dont nous allons nous occuper actuellement est comprise dans le groupe des toniques reconstituantes , propriété qu’elle doit à sa forte minéralisation (près de 8 grammes pour un kilogramme d’eau) et à la qualité même des principes minéra-

0) Voyez Union Médicale des 22 février et 20 mars 1379.

lisaleurs, le bicarbonate de soude, l’acide carbonique, le chlorure de sodium, de fer, et le manganèse.

Voici, du reste, les données de l’analyse chimique faite à plusieurs reprises, dans les conditions les plus variées, par M. Qssian Henry:

Vais. — Ri go tel te. — Température : 16°.

Acide carbonique libre . 2.095

Bicarbonate de magnésie et de chaux . 0.259

— de soude . 5.800

— de fer protoxyde, avec trace de manganèse. .. 0.204

Chlorure de sodium . 1.200

Sulfate de soude et de chaux . . . 0.200

Total des principes minéralisaleurs pour 1 kilogr. d’eau . 7.663

Il nous parait intéressant de rappeler ici quelques-uns des chiffres comparatifs qui représentent les éléments minéralisaleurs des principales sources de Vais :

Acide carbonique libre . j

Saint-Jean ....

Magdeleine . . .

Précieuse .

Bicarbonate de soude . j

Saint-Jean. . . .

Magdeleine . . .

Précieuse .

Chlorure de sodium . j

Saint-Jean ....

Magdeleine...

Précieuse .

Bicarbonate de peroxyde de fer. j

Saint- Jean ....

j Magdeleine . . .

Précieuse .

Sans se perdre dans les considérations susceptibles de déterminer, à priori, les propriétés toniques et reconstituantes de la' source Rigolette, il suffit d’énumérer brièvement les modalités morbides et les états pathologiques qui forment le domaine de sa puissance thérapeutique. Elles se résument ainsi : diarrhées atones, enterrorrhées, manifestations diverses de la diathèse urique, gravelle, anémie et chlorose dans leurs modalités intimes. Au milieu de ces indications, il faut toujours avoir présent à l’esprit ce fait incontestablement établi par Mialhe : La nature physique des tissus et des canaux vivants oppose un obstacle invincible à chaque augmentation ou diminution de la proportion de sel dans le sang. Cette proportion ne peut ni s’élever au-dessus ni rester au-dessous d’une certaine quantité.

Le traitement de l’anémie par les eaux alcalines de Vais (groupe reconstituant) est sans contredit l’un des plus actifs que l’on connaisse, que l’anémie soit essentiellement constituée par une diminution des globules rouges du sang, ou qu’elle ne soit qu’un symptôme important qui se rencontre dans un grand nombre de maladies dépendant d’un trouble des fonctions de nutrition, il n’en est pas moins établi qu’elle trouve des modificateurs très-puissants dans les éléments minéralisateurs des eaux de la source Rigolette, l’àcide carbonique, le chlorure de sodium, le fer et le manganèse.

ACADÉMIES ET SOCIÉTÉS SAVANTES

ACADÉMIE DE MÉDECINE

Séance du 22 avril 1879.— Présidence de M.[H. Roger.

CORRESPONDANCE OFFICIELLE

M. le ministre de l’instruction publique transmet l’ampliation du décret par lequel est approuvée l’élection de M. Armand Gautier comme membre titulaire dans la section de physique et de chimie médicales, en remplacement de M. Gaultier de Claubry, décédé.

Sur l’invitation de M. le Président, M. Armand Gautier prend place parmi ses collègues.

M* ,e ministre de l’agriculture et du commerce transmet :

JM» demande en autorisation d’exploiter en France, pour l’usage médical, l’eau minérale so-iodurée de la fontaine de Sales, près Rivanazzano (Italie).

trnm h? rapports de MM. les médecins-inspecteurs des eaux minérales d’Ax et d’Uriage. (Com. des eaux minérales.)

La correspondance non officielle comprend :

1° Un pli cacheté déposé par M. le docteur Seure, de Saint-Germain-en-Laye. (Accepté.)

2® Une lettre de M. le ministre des Étals-Unis, qui demande à l’Académie quelques indications sur les mesures sanitaires préventives et curatives contre la rage.

3° Une lettre de M. le docteur Azam (de Bordeaux), qui se porte candidat au titre de membre correspondant et qui adresse, à l’appui de sa candidature, un mémoire relatif à la réunion primitive et le pansement des grandes plaies.

A® Un pli cacheté déposé par MM. Mathieu fils , fabricants d’instruments de chirurgie. (Accepté.)

M. le Président annonce que MM. les docteurs Burdel (de Vierzdn), Simonin (de Nancy), Seux (de Marseille), Rouget (de Montpellier) et West (de Londres), membres correspondants, assistent à la séance.

M. le Président a le douloureux devoir d’annoncer la nouvelle de la mort de M. Gubler, membre titulaire, qui a succombé dimanche dernier, dans sa maison de campagne, à la maladie qui le tenait depuis longtemps éloigné de l’Académie. La cérémonie des funérailles aura lieu à Paris, samedi prochain.

M. Delpech présente, au nom de M. le docteur de Wecker, un volume intitulé : Thérapeutique oculaire.

M. Devergie dépose sur le bureau deux brochures de M. le docteur Hédouin, l’une sur la dyspepsie, l’autre sur la médication marine, ses indications et ses contre-indications.

M. Larrey présente, de la part de M. le docteur Charles Brame (de Tours), un mémoire manuscrit sur l’àcné.

M. le docteur Burdel (de Vierzon), membre correspondant, lit un travail intitulé : Cancer et tubercule observés chez le même sujet.

Depuis la lecture de son mémoire sur la Tuberculose issue du cancer, lecture faite il y a dix ans déjà, M. le docteur Burdel (de Vierzon) n’a cessé d’étudier, d’observer, et pour lui, comme pour un grand nombre de ses confrères, qui lui ont fourni un assez grand nombre d’observations sur ce sujet, pour lui, disons-nous, cette loi est d’une justesse et d’une exactitude mathématique, mais effrayante. Chaque jour vient lui apporter de nouvelles preuves irrécusables. Il n’a pas voulu, avec raison, donner lecture de ce nombre considérable d’observations, qui toutes se ressemblent un peu sur ce point; il a seulement voulu, aujourd’hui, communiquer à l’Académie une curieuse et remarquable observation dans laquelle on voit, chez le même sujet, apparaître le cancer d’abord, et, quelques années après, la tuberculose.

U s’agit d’un sujet fort et vigoureux, né d’une famille de cancéreux, dont les enfants et petits-enfants sont morts tuberculeux, et qui voit apparaître, à l’âge de A2 ans, à l’extrémité d’un moignon congénital de l’avant-bras, une tumeur cancéreuse. Amputé et guéri, il est atteint, quinze mois après, d’une hypérémie phymique des deux poumons, et meurt après cinq à six semaines d’alitement. A l’autopsie, on trouva les deux poumons granités de tubercules.

Cette observation, si caractéristique et si tranchée, fait voir, d’une façon bien nette et irrécusable, l’intime filiation qui existe entre ces deux états nécrobiosiques ; par cet exemple, et tant d’autres qu’il a observés, on ne peut nier que le cancer, dans le plus grand nombre des cas, ne soit véritablement une souche trop fertile de tuberculoses.

Cette loi si terrible et si fatale offre du moins comme compensation de pouvoir, en présageant l’avenir si cruel qui pèse sur certaines familles, de pouvoir, disons-nous, dans quelques cas, prévenir le mal et l’éloigner par des alliances d’abord, et ensuite par une hygiène intelligemment conseillée et dirigée.

M. le docteur Debout d’Estrée lit un travail intitulé : Analyse spectrale de l’eau de la source du Pavillon, a Contrexéville.

M. Jaccoud fait une communication verbale sur la pleurésie aiguë multiloculaire et les adhérences du diaphragme.

Celte brillante improvisation, qui n’a pas duré moins d’une heure, est accueillie par de nombreux applaudissements. Nous en donnerons l’analyse dans un prochain numéro.

M. Marrotte lit la première partie du rapport sur le prix Godard.

— La séance est levée à cinq heures.

SOCIÉTÉ OE CHIRURGIE

Séance du 16 avril 1879. —Présidence de M. Tarhier.

Sommaire. — Traitement nouveau des tumeurs blanches. — Des abcès épiphysaires et de l’ostéomyélite. — Enchondrome de la région sous-maxillaire. — Présentations.

M. le docteur Sucliard, médecin d’un établissement hydrominéral de la Suisse, est yenu lire devant la Société de chirurgie une note sur un nouveau traitement des tumeurs blanches. Quand je dis nouveau , je me sers d’une expression inexacte, car ce traitement aurait été indiqué à M. Sucliard par un vieux médecin exerçant dans une localité de la Suisse voisine de l’établissement hydrominéral, et ce dernier le tenait lui-même d’un médecin américain venu en Suisse, en 1830, pour y faire une cure hydrominérale.

Ce traitement consiste à appliquer sur l’articulation malade : 1° une pièce de tint enduite, sur la face pelucheuse, d’une couche épaisse d’une pommade composée d’onguent mercuriel double camphré et de cérat de savon; 2° par-dessus la pièce de linl, une couche de bandelettes de diachylon soigneusement imbriquées; 3" par-dessus le diachylon, quatre morceaux de cuir servant d’attelles, et placés en avant, en arrière et latéralement; le tout maintenu à l’aide d’un bandage roulé.

M. le docteur Suchard dit merveilles de ce pansement, auquel il reconnaît une foule d’avantages, entre autres de réunir aux bons effets de la compression méthodique et de l’immobilisation de l’articulation, l’action résolutive et altérante du mercure. C’est proprement, suivant lui, un pansement par occlusion et, en outre, grâce à l’onguent mercuriel, un pansement antiseptique. Il serait difficile de trouver un mode de traitement qui réunît à la fois tant de qualités. Aussi les effets sur les malades en sont-ils des plus surprenants. Il n’en est pas un seul qui soit réfractaire à l’influence de cette médication héroïque. Depuis trois ans, M. .Suchard n’a pas eu, dit-il, un seul échec; il a guéri tous les malades, même ceux qui étaient réputés incurables, qui sé sont présentés à lui, et auxquels il a appliqué ce pansement combiné avec la cure hydrominérale. Ce sont précisément les cas les plus graves, les cas à peu près désespérés, que ce médecin enthousiaste choisit de préférence pour les traiter, et qu’il se fait fort de guérir par cette médication d’une puissance véritablement exceptionnelle. Sans mettre en doute la sincérité de notre honorable confrère suisse, nous croyons devoir attendre, pour juger définitivement le caractère de sa communication, l’enquête à laquelle devra nécessairement se livrer la commission chargée d’examiner ce travail, et dont les résultats seront consignés dans le rapport. Celte commission se compose de MM. Maurice Perrin, Delens et Marc Sée, rapporteur.

— M. le docteur Pamard (d’Avignon), membre correspondant, a fait une communication très-intéressante relative à deux opérations de résection d’une longueur considérable du tibia, chez deux individus âgés, l’un de 32 et l’autre de 36 ans, pour des abcès de l’épiphyse de l’extrémité inférieure de cet os. Dans l’un de ces cas, malgré la longueur de la portion d’os réséquée, et malgré l’âge de l’opéré, qui avait 36 ans, le périoste conservé a reproduit l’os eplevé, si bien que le malade a pu récemment faire 12 kilomètres à pied, sans appareil.

Cet individu avait eu, dans son enfance, à la suite d’une chute d’un lieu élevé, une maladie du même os, qui s’était terminée, au dire du malade, par l’ouverture d’un abcès et l’élimination de petits fragments osseux ; il avait été soigné, à l’hôpital d’Avignon , par M. Pamard père.

La maladie sembla guérie pendant vingt-un ans, lorsque, vers l’âge de 36 ans, l’individu, qui exerçait, dans les environs d’Avignon, la profession de journalier, ressentit, au niveau de l’épiphyse inférieure du tibia, une douleur vive qui alla en augmentant, devint atroce, et la força à rentrer à l’hôpital.

M. Pamard, croyant à un abcès osseux, appliqua sur le point douloureux une couronne de trépan; mais, n’ayant pas rencontré le pus, il ne crut pas devoir pousser plus loin, et se résolut à la résection, qu'il pratiqua quelques jours après, et qui fut suivie, comme nous l’avons dit plus haut, de la reproduction de l’os au moyen de la conservation du périoste, phénomène exceptionnel chez l’adulte, ainsi que tout le monde le sait.

M. Pamard place sous les yeux de ses collègues la portion d’os enlevée, dont la longueur n’est pas moindre de 10 centimètres.

M. Verneuil croit devoir faire remarquer qu’il ne s’agit point là d’un séquestre, mais bien d.une portion considérable d’os complet; il rappelle que, lorsque M. Ollier citait des faits de LeP=10?.°SS?se par Ie Périoste, on lui objectait toujours qu’il s’agissait probablement de la reproduction de simples séquestres.

PexameQ de la pièce très-intéressante présentée par M. Pamard montre 1 ë un de ces cas d’abcès osseux épiphysaires, indépendants de l’inflammation du

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canal médullaire, et que l’on rencontre plus souvent sur le tibia que sur les autres parties du squelette. Il pense que si l’on pouvait, dans ces cas, appliquer à temps une couronne de trépan, pour évacuer le pus, l’os reviendrait probablement sur lui-même. Il a vu dans le service de Nélaton, et il a observé dans sa propre pratique, plusieurs exemples de guérison dans des cas de ce genre.

M. Trélat ne saurait partager l’opinion de M. Houel au sujet de l’interprétation anatomopathologique de la pièce en question. 11 est évident qu’il s’agit d’un abcès osseux, mais, au lieu d’être un abcès primitif, cet abcès ne serait, suivant M. Trélat, que la terminaison d'une ostéite ancienne généralisée ayant envahi le périoste, le canal médullaire et le tissu osseux interstitiel; en un mot, une ostéo-myélite, dans la nouvelle acception qu’il convient d# donner à cette dénomination, ostéo-myélite à évolution lente, subaiguè, ayant abouti finalement à la formation d’une collection purulente.

L’épaississement considérable du tissu osseux, les ostéophyles que l’on constate à la surface de l’os et dans l’intérieur du canal médullaire, ne laissent aucun doute à cet égard et montrent bien la généralisation de l’ostéite. Dans ces conditions, il semble à M. Trélat que la meilleure thérapeutique chirurgicale à suivre était précisément celle qu’a employée M. Pamard, c’est-à-dire la résection de la portion d’os malade, portion qui n’était pas sans doute un séquestre, mais qui eût pu fort bien le devenir sans cette opération.

M. Desprès dit que les abcès des os sont le plus ordinairement la conséquence d’une ostéite juxta-épiphysaire aiguë ou subaiguë. Quand la maladie est à son début, il convient de la traiter par la trépanation et le drainage. L’ostéite juxta-épiphysaire chronique, au contraire, est la principale cause des tumeurs blanches.

M. Lannelongue pense, comme M. Trélat, qu’il s’agit ici d’une véritable ostéo-myélite prise dans le sens qu’il lui a donné dans son récent mémoire à l’Académie de médecine, travail qui, à l’occasion du rapport fait par M. Panas, a suscité la discussion actuellement pendante devant eelte savante Compagnie. L’osléo-myélite, désignée autrefois sous la dénomination de périostite phlegmoneuse diffuse, et à laquelle M. Gosselin a donné plus tard le nom d’ostéite épiphysaire des adolescents, l’ostéo-myélite est, suivant M. Lannelongue, une maladie très-curieuse et encore mal connue. Il en a fait, pour sa part, l’objet d’une étude attentive, et il en a réuni plus de 50 observations qui ont servi de base à son mémoire. Elle naît non pas au niveau du cartilage épiphysaire ou conjugal, mais dans un point plus ou moins rapproché de ce cartilage, au niveau de cette partie rétrécie que M. Lannelongue appelle le bulbe de l’os, que les chirurgiens désignent sous le nom d 'encoche, et à laquelle M. Ranvier, dans ces derniers temps, tient d’assigner un rôle considérable dans l’évolution et le développement des os, et qui eu joue un de la plus grande importance dans la pathogénie des maladies osseuses.

L’ostéo-myélite prend donc naissance au niveau du bulbe de l’os, dans le voisinage du cartilage épiphysaire et du canal médullaire ; jamais elle ne débute par ce canal. Celui-ci, d’ailleurs, ne ya jamais, chez les enfants, jusqu’à l’épiphyse; il en est toujours plus ou moins éloigné et se termine par une couche plus ou moins étendue de tissu aréolaire qui se continue jusqu’au cartilage épiphysaire. C’est là, entre ce cartilage et le canal médullaire, que débute la maladie. Sa marche est tantôt lente et tantôt rapide; quelques jours, quelques heures même, peuvent suffire, dans quelques cas, à sa généralisation. Elle marche tantôt vers l’épiphyse, tantôt vers la diaphyse, tantôt dans les deux sens à la fois. C’est à tort que Chassaignac a soutenu qu’elle suivait toujours une marche ascendante ou centrale; M. Lannelongue a observé des cas où la marche vers la périphérie a été manifeste. Lorsqu’elle progresse vers la diaphyse, elle rencontre le canal médullaire, qu’elle peut envahir en quelques jours, en quelques heures. M. Lannelongue a vu des enfants chez lesquels, au bout de quelques jours après le début de la maladie, on pouvait, par l’application de plusieurs couronnes de trépan placées à distance les unes des autres, faire sortir du pus remplissant le canal médullaire.

M. Lannelongue conseille, dès le début de la maladie, la trépanation de l’os, qu’il y ait ou non un abcès sous-périostique. Dès que le diagnostic est établi, il faut trépaner sans hésitation; plus tard, la trépanation devient insuffisante, et il faut recourir à la résection. L’amputation est une ressource ultime qu’il faut réserver pour les cas extrêmes. Enfin, il ne faut pas Qjublier que la maladie ne se manifeste pas seulement chez les enfants et les adolescents. Elle est de tous les âges, et on l’observe aussi chez les adultes et les vieillards. Mais alors elle R’ est point primitive; elle peut être considérée comme une récidive d’une maladie ayant débuté dons le jeune âge, comme dans le cas du malade de M. Paraard.

Cette maladie n’est pas, du reste, exclusive aux os longs, et c’est une des raisons pour lesquelles M. Lannelongue ne saurait accepter la dénomination d’ostéite épiphysaire que lui donne M. Gosselin. Elle envahit, en effet, des os qui n’ont point d’épiphyses; les os plats, les os courts, les vertèbres, le calcanéum, etc., peuvent en être le siège; elle prend naissance, et)1 un mot, partout où existe du tissu spongieux ou aréolaire, et où se rencontre en grande

proportion l’élément histologique désigné sous le nom de moelle par les anatomistes contemporains.

— M. le docteur Le Nepveu communique une observation de chondrome de la région sousmaxillaire.

Dr A. Tartivel,

M. A. de l’établis, hydrothérapique de Bellevue.

ENSEIGNEMENT

DÉCRET RELATIF A L'ORGANISATION DES SERVICES NÉCESSAIRES POUR LE FONCTION¬ NEMENT DES COURS CLINIQUES ANNEXES INSTITUÉS PAR LE DÉCRET DU 20 AOUT

Le Président de la République française,

Sur le rapport du minisire de l’instruction publique et des beaux-arts ;

Vu les décrets des 20 août et 6 décembre 1877,

Décrète :

Art. 1er. — Les services spéciaux nécessaires pour le fonctionnement des cours cliniques annexes institués par le décret du 20 août 1877, sont mis à la disposition des Facultés de médecine par les soins des administrateurs des hôpitaux et des administrations des asiles publics d’aliénés, et restent affectés à ces services.

Toutefois, l’installation des cliniques annexes de maladies mentales et les conditions auxquelles fonctionneront les cours seront préalablement réglées pour chaque asile d’aliénés, de concert entre le ministre de l’instruction publique et le ministre de l’intérieur.

Art. 2. — A Paris, ces services nouveaux spécialement affectés aux cours des maladies des enfants, des maladies syphilitiques et des maladies de la peau, sont établis dans les hôpitaux des Enfants malades, du Midi et Saint-Louis. Us restent à la disposition de la Faculté de médecine dans les mêmes conditions que les services affectés aux cliniques générales.

Dans le cas où il y aurait lieu de pourvoir à une vacance de chargé de cours, avant que ces services ne soient créés, le cours ne sera confié qu’à l’un des chefs de service en exercice dans l’hôpital.

Le service affecté au cours des maladies des yeux sera distinct des services de chirurgie générale.

Jusqu’à ce que les constructions nécessaires pour installer ces services à Lariboisière et pour installer à Necker le cours des maladies des voies urinaires, aient été terminées, ces deux cours seront faits dans les services des chargés de cours nommés, qui ne. pourront changer ni d’hôpital ni de service, pendant toute la durée de leurs fonctions.

Art. 3. — En cas d’empêchement d’un professeur, le suppléant est choisi, soit parmi les agrégés pourvus d’un service hospitalier, soit parmi les médecins ou chirurgiens des hôpitaux.

Art. Zi. — A chaque cours clinique annexe est attaché un chef de clinique.

Les chefs de clinique sont nommés au concours; Indurée de leurs fonctions est fixé à deux années.

Les candidats devront justifier du grade de docteur et du litre d’ancien interne des hôpitaux.

Toutefois, ces dispositions ne sont pas applicables à Paris, ou les internes nommés au concours remplissent de plein droit les fonctions de chef de clinique.

Art. 5. — Le chargé de cours fait deux leçons par semaine pendant toute l’année scolaire; un amphithéâtre est tenu à sa disposition aux jours fixés pour les leçons.

Un cabinet de recherches est annexé à chaque service, et disposé d’accord avec le doyen de la Faculté.

Une salle spéciale de consultation est affectée au service des maladies des yeux.

Art. 6. — Les chargés de cours annexes et les chefs de clinique restent soumis, comme tout le personnel médical des hôpitaux, à toutes les prescriptions réglementaires du service hospitalier, même en ce qui concerne l’heure et la régularité des visites à faire aux malades.

Art. 7. — La réglementation d’ordre intérieur et de police dans les établissements où il y aura des cours annexes, appartient exclusivement à l'administration hospitalière.

Art. 8. •— il est pourvu, par les soins du ministre de l’instruction publique, aux dépenronn V eJSOnn^’ de con.struclion« d’appropriation, d’ameublements et d’achats d’instruments apnp cessaires Par l’installation des cours annexes de cliniques dans les hôpitaux civils; hospitalières8 ne pourront» etl aucun cas» devenir obligatoires pour les administrations

La propriété des bâtiments appartiendra à l’administration hospitalière.

Nul travail ne peut être exécuté sans l’assentiment de l’administration hospitalière.

Les plans et devis sont dressés par l'architecte des hospices et soumis à la Faculté de médecine.

Art. 9. — En cas de dissentiment entre les Facultés de médecine et les administrations hospitalières, il en est référé aux ministres de l’instruction publique et de l’intérieur, et l’affaire est portée devant la commission mixte permanente.

Art. 10. — Les ministres de l’instruction publique et de l’intérieur sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent décret»

Fait à Paris, le 15 avril 1879.

Jules Grévy.

. Par le Président de la République :

Le ministre de C intérieur et des. cultes, Ch. Lepère.

Le ministre de l'instruction publique et des beaux-arts, Jules Ferry.

FORMULAIRE

Savon contre la couperose. — Dauvergne.

Poudre de savon . 100 grammes.

Sulfate de fer pulvérisé . . 5 —

Mêlez avec soin. — Dans la couperose et la mentagre, on applique ce savon en mousse, au moyen d’un pinceau à barbe, le soir, au moment du-coucher. On le garde toute la nuit et on ne l’enlève que le malin, à l’aide d’un lavage alcalin. — Dans les cas rebelles, en remplace les 5 grammes de sulfate de fer par 3 grammes de sulfate ; de cuivre; ou bien on emploie le mélange suivant :

Glycérine pure . 50 grammes.

Bichlorure de mercure. . 1 —

Essence de géranium . 10 gouttes.

On coupe la barbe avec des ciseaux, sans avoir recours à l’épilation. — Comme traitement général, abstinence de boissons alcooliques, régime herbacé, tisanes dépuratives, — purgatifs répétés, choisis parmi les eaux minérales naturelles ou artificielles. — N. G.

Ephémcrides médicales. — . 24 Avril 1856.

Claude- Marie Sandras meurt à Paris, à l’âge de 5 h ans, étant né le 18 mai 1802. Il était médecin de l’HôlebDieü. Le principal ouvrage qu’il a laissé porte ce titre : Traité pratique des maladies nerveuses ; 1850, in-8°. Une deuxième édition , augmentée par le docteur Bourguignon, son parent par alliance, a paru en 1860-1861. — A. Ch.

COURRIER

Nécrologie. — Vient de s’éteindre, à Toulouse, à l’âge de 90 ans, M. le docteur Délayé, aliéniste distingué, ancien professeur à l’École de médecine, médecin en chef honoraire de l’asile des aliénés, chevalier de la Légion d’honneur, etc.

A Toulouse, également, est mort M. le docteur Lafont-Gouzy, président de la Société dé médecine, auteur de plusieurs mémoires estimés.

M. le docteur Berlet, l’un des plus honorables et des plus distingués confrères ruraux, auquel I’Union Médicale doit plusieurs communications intéressantes, vient de mourir à Cercoux (Charente-Inférieure).

Nous apprenons aussi la mort de M. le docteur Maigrot, directeur de l’établissement hydrothérapique de Saint-Dizier.

Les alcools a bas prix. — M. Henri de Parville traite, dans sa causerie scientifique du Bulletin français, des substances étrangères toxiques contenues dans les alcools à bas prix :

U n’est plus besoin d’avancer, dit-il, que l’alcool ingéré à forte dose est un poison. Les alcoolisés sont malheureusement en grand nombre. L’alcool est à redouter par lui-même;' mais il l’est surtout par les substances étrangères qu’il renferme.

U peut se rencontrer, dans les alcools du commerce, de l’aldéhyde, de l’éther acétique, de

l’alcool propylique. La séparation et la manipulation de l’aldéhyde sont dangereuses pour les opérateurs; l’aldéhyde est un suffocant à la manière de l’acide sulfureux; on peut être renversé instantanément en respirant amplement dans un flacon d’aldéhyde.

Or, les eaux-de-vie qui ont ce que l’on nomme un mauvais goût de tête renferment dè l’aldéhyde et souvent de l’éther acétique, qui est un anesthésique énergique.

Les effets produits sur l’organisme par ces alcools impurs sont déplorables. On a dit à M. Isodore Pierre, qui s’est occupé d’examiner les alcools à ce point de vue, qu’à Rouen notamment, dans certains quartiers, les débitants d’eàu-de-vie poussaient à la porte leurs clients dès qu’ils avaient avalé ce détestable breuvage, pour éviter de se trouver en face des manifestations produites par l’aldéhyde.

L’alcool propylique ne donne aucun mauvais goût à la liqueur; il est d’autant plus à craindre; à 3 ou 4 p. 100, il lui communique même un certain montant. C’est un poison énergique.

Il est bon que l’on sache que les alcools viniques de mauvaise qualité renferment presque toujours ces substances dangereuses. Les consommateurs s’empoisonnent ainsi lentement, mais sûrement.

Hôpital anglais a Paris. — L’hôpital anglais d’IIerford, fondé nie de Villiers par sir Richard Wallace, et dont la première pierre avait été posée le 24 août 1877, a été inauguré hier en présence de lord Lyons, ambassadeur d’Angleterre. Un discours a été prononcé 4 cette occasion par sir Richard Wallace.

— La Gazette des Femmes donne la liste des dames françaises qui ont obtenu leurs diplômes. Elles sont au nombre de trente-sept, dont cinq sont docteurs en médecine, trois licenciées ès sciences, une licenciée ès lettres, deux bachelières ès sciences et ès lettres, six bachelières ès sciences et vingt bachelières ès lettres.

— Voici quelques informations extraites du dernier rapport de la municipalité de Calcutta sur la mortalité dans cette ville pendant la période qui s’est écoulée de 1871 à 1877. La proportion des décès, qui n’était que 23,9 p. 1,000 en 1871, n’a cessé, depuis lors, de s’accroître annuellement jusqu’en 1877, où elle a été de 31,9 p. 1,000. Le nombre des décès s’est élevé, dans cette dernière année, jusqu’à 13,704. Dans ce chiffre figurent 9,200 Indous, 3,614 Mahométans et 314. Européens. Plus du tiers de ces décès a été causé par la fièvre; quant au choléra, il n’a fait, en 1877, que 1,418 victimes.

Société médicale des hôpitaux (3, rue de l’Abbaye, à 3 heures 1 / 2 précises). — La Société se réunira le vendredi 25 avril 1879.

Ordre du jour : Rapport sur les maladies régnantes, du premier trimestre de 1879, par M. Ernest Besnier. — Deux cas d’hémoptysie foudroyante; anévrysmes d’une branche de l’artère pulmonaire, par M. Damaschino. — Communications diverses. — A 4 heures 1/2, comité privé.

Société de médecine de Paris. — Séance du samedi 26 avril 1879 ( local de la Société de chirurgie), rue de l’Abbaye, à 3 heures 1/2 très-précises.

Ordre du jour : 1° Note sur quelques cas de cécité congénitale ayant disparu, après la naissance, par M. Abadie. — 2° Continuation de la lecture d’un travail sur les moyens de prévenir l’infection purulente, par M. Boinet. — 3° Élections. — 4’ Communication administrative.

Hôpital Saint-Louis. — M. le docteur Vidal, médecin de l’hôpital Saint-Louis, reprendra ses conférences cliniques, sur les affections de la peau et la syphilis, le lundi 28 avril, à 9 heures du matin, et les continuera les lundis suivants, à la même heure (salie Saint-Jean).

École pratique. — Médecine opératoire. — M. le docteur Fort rappelle à MM. les étudiants qu’il a commencé un cours particulier de médecine opératoire, le lundi 21 avril, à 1 heure, dans le pavillon n* 7 de l’École pratique.

— C’est par erreur que, dans le compte rendu de la séance de l’Académie de médecine du 8 avril, à la correspondance non officielle (dépôt d’un pli cacheté), une erreur typographique a été commise. Au lieu de : par le docteur MiHet-Carpentier, c’est Mi'ffof-Carpenlier qu’il faut lire.

Le gérant, RifmfLOT.

Paris. — TyiwçraplUe Faux Maxtbstb et C«, lue des Ue*x-Por!es-Saint-SaHY«ur, ai

L’UNION MÉDICALE Samedi 26 Avril 1879

DERMATOLOGIE

Hôpital Saint-Louis. — M. le Dr E. GUIBOUT.

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