INFORMATIONS
Nous avons reçu trop tard, vendredi dernier, la lettre suivante pour son insertion dans le numéro de samedi. Nous nous empressons de la publier aujourd’hui :
Paris, 9 janvier 1879.
A Monsieur le rédacteur en chef de l’Union Médicale.
Monsieur le rédacteur et cher collègue,
Je croirais manquer à mon devoir, si je ne vous adressais, et si je n’adressais, par votre canal, à nos confrères de la Presse, mes plus sincères remercîments pour la façon si sympathique dont vous et eux avez apprécié le dernier vote de l’Académie me concernant.
Je n’ai pas à m’expliquer ici sur l’origine et le caractère de ce vote : les commentaires dont il a été l’objet dans la Presse et à l’Académie même, de la part de bon nombre de nos collègues, me dispensent d’en dire mon sentiment. Je me bornerai à déclarer que je n’avais brigué d’aucune façon l’honneur de la candidature dont le conseil d’administration de l’Académie a bien voulu prendre l’initiative tout à fait à mon insu.
Permettez-moi d’ajouter cependant, mon cher Monsieur Latour, et à titre de simple renseignement historique, que, huit jours avant l’élection où j’ai été si mal traité, j’avais offert à M. le ministre de l’instruction publique, par l’intermédiaire de l’honorable Secrétaire perpétuel de l’Académie, mon musée anatomique et les h 00 peintures et dessins qui en représentent les principales pièces, — le tout m’ayant coûté plus de 120,000 fr., — en destination du nouvel établissement de l’Académie. C’est peut-être pour reconnaître cette intention que l’éminent Secrétaire perpétuel avait cru pouvoir proposer ma candidature au conseil, lequel l’avait acceptée à l’unanimité.
Agréez, je vous prie, Monsieur le rédacteur en chef et cher collègue, l’assurance de mes sentiments les plus distingués. Jules Guérin.
l’union médical^.
FORMULAIRE
Collyre d’ésjérine. — Galezowski.
Promhydrete neutre d’éSérine. ..... Ô g* 10 cèqtigr. Eau distillée . . . « grammes.
Faites dissoudre. - Ce collyre est conseillé contre l'héméralppie endémique. - W. G.
E|»héïiiéridcs médicales. *- 16 Janvier 1792.
Gldûlin lé plus savant. homme,. certainement, que là Fariulté de médecine de Paris a eü l’honneur décompter parmi Ses eüfatits, ' üààit dàbitueliement de Mjtüiü ; Car dâris une note de ce 16 janvier 1792, on lit qüe, depuis trois an3, il avait pris plus de. cent pilules d’opïum. d»un grain chacune, et qu’il avait constamment observé, après chaque prise, ;qüe le lendemain et le surlendemain, ses déjections étaient d’un blanc Sàïe ( atro-albïdæ dèjectionei), et qu’il ! n’avait vu.nulle part que l’opium opérât cèt effet. Goulin est mort d’une « malàdie soporeuse ». Faut-il voir là l’action de cette funeste habitude ? — A. Ch.
COURRIER
Légion d’honneur. — Par décret en date du 13 janvier 1879, le Président de la République, sur la proposition du ministre de la giiéfré, vu la;, dëetàràtion du Conseil, en date du 13 de cé mois, portant que lès promotions du présent décret sont faites .en conformité 'dès lois,’ decrets et rëglémènts en vigueur, a promu dans la Légion d’honneur les .militaires dont .les noms suivent.:
Au grade de commandeur : M. Baizeau (Anacharsis), médecin inspecteur, membre du Cpnseil de santé des armées, officier du 26 novembre 1870 ; 37 ans- de services, 16 campagnes. — M, Champenois (hau]^U^agàsej,..m^dec^ principal.de 1" .cjassq -à l’hôpital militaire du Gros-Cailfou, officier du 21 mai 1861 ; 36 ans de services j 16 campagnes.
Au grade d'offiçier : M. üuprat .(Alphonse-Léopold), médecin-major de lre classe au 37e |
régiment d’artillerie, chevalier du il août 1867 ; 36 ans de services, 1.1 campagnes.
— Un service funèbre solennel a été célébré, hier matin, à la cathédrale de Toulon, en mémoire des médecins, des pharmaciens et des officiers de la marine et de l’infanterie de marine, morts victimes delà fièvre jaune, au Sénégal.
Tous les officiers de terre et de mer assistaient à cette cérémonie, qui a eu un caractère j très-dmposant. ■
— Mi. Joseph Vinot, cour de Rohan, à Paris, a inventé un tableau du système planétaire sur lequel on peut suivre, jour par jour, les mouvements des planètes autour du soleil. Il l’enverra, gratis et franco s à tous ceux de nos abonnés qui lui adresseront une lettre ou une carte postale.
tt- L’Association française contre L'abus du tabac et des boissons alcooliques 3i constitué son bureau ainsi qu’il suit pour l’année 1879 :
Président, Mu Frédéric Passy, membre de l’Institut ; vice-présidenls,. MM. Chaix, Crivelli, docteur A. Riant, docteur Richard (du Cantal) ; secrétaire, général, M. Germond de Lavigne ; secrétaires, MM. L. Fontaine et.Collaux ; trésorier, M. Petibon. L’assemblée générale annuelle • de l’Association aura lieu le samedi, 25 janvier, à 8, heures, en la salle de la Société d’Encpuragement, rue de Rennes, A4.
Hospice de la Salpêtrière.— M. le docteür Auguste Voisin reprendra Ses COnférenceS sur les maladies mentales le dimanche 19 janvier, à 9 heures 1/2, et les Continuera les dimanches suivants, à la même heure.
— M. le docteur Carré recommencera ses foçons de clinique ophthalmofogiquë iè samedi 18, janvier, à 3 heures 1/2, à sa clinique, rue Gît-le-Cœur, nu 11, et les continuera les mercredis et samedis suivants, à la, même heure.
Il s’occupera principalement des cpnjopçtiviles et des kératites, ' .
faigèrjLia, jUMcheloi;.
Paris. — Tywçràphte Félix Mamkstb et inc des Deux -Portcs-Satnt-Sauveur,' 22. '
L’UNION MÉDÏCALE Samedi 18 Janvier 1879
Obsèques dé M. le professeur Tardieu
Nos lecteurs vont trouver , dans les pages suivantes, les discours qui ont été prononcés aux obsèques de M. le professeur Tardieu.
Discours prononcé, au nom de la Faculté de médecine, par M. le professeur Chauffard.
Le deuil le plus cruel frappe l'a Faculté de médecine ; elle perd et accompagne à sa dernière demeure celui qui fut lvüh de ses membres les plus éminents, l’un de ses anciens doyens, l’un de ceux qui, par son enseignement renommé, par ses vastes travaux, par son influence justement acquise dans toutes les sphères de la médecine publique, sut illustrer une Compagnie si riche déjà en grandes et célèbres figures. Notre perte est, à tous égards, bien douloureuse, et nous n’essayerons pas de la mesurer tout entière. Les plaintes comme les regrets que nous exprimerions, resteraient au-dessous de la réalité.
Quelle vie militante que celle du professeur Ambroise Tardieu, chargée de travaux plus encore que d’honneurs, dépensée sans relâche dans les fonctions les plus élevées, dans les responsabilités les plus délicates! Trente années d’enseignement, publication d’ouvrâges dogmatiques faisant tous autorité, et si nombreux, qu’une longue vie d’homme semble à peine suffisante à les écrire, participation incessante aux opérations de la justice humaine, membre assidu ou président d’ Assemblées scientifiques ou de Conseils où aboutissent les plus importantes questions d’hygiène publique, tout cela traduit à peine ce que fut la grande existence qui vient de s’éteindre. Les titres suivants, qui la résument dans ses traits essentiels, la feront peut-être mieux comprendre que tous les discours :
Ambroise Tardieu, à peine âgé dé 25 ans, était, en 1843, reçu docteur en médecine ; en 1844 il était chef de clinique de la Faculté ; quelques mois après, la même année, le concours l’élevait à l’agrégation ; en 1847, un autre concours lui valait le titre de médecin des hôpitaux. M. Tardieu était arrivé au bout de son exercice, comme agrégé ; mais l’enseignement de la médecine légale ne pouvait, à la Faculté, se passer de ce jeune maître qui avait conquis, en cette matière, une autorité précoce et incontestée ; aussi un décret rappelait, éù 1856, M. Tardieu à l’agrégation, et, en 1857, un autre cfécret le chargeait d’un cours complémentaire de médecine légale ; enfin, en 1861, il était nommé professeur de médecine' légale. La légitime influence qu’il avait acquise parmi ses collègues le désignait aux fonctions de doyen de la Faculté de médecine, que laissait vacantes, en 1864, la démission de M. Raye* ; les orages du temps, de tristes malentendus, le poussèrent à se démettre du décanat, après deux ans d’exercice.
FEUILLETON