MOEURS ET COUTUMES MÉDICALES
Les réunions dans les salons vénitiens avaient pour but non pas la causerie, mais l’audition de dissertations qui pouvaient intéresser la curiosité. Ces réunions se nommaient et se nomment toujours des Académies. Un homme artiste ou savant monte sitr le trépied et fait la lecture d’un manuscrit qui doit être assez intéressant pour piquer la curiosité et Axer l’attention de l’auditoire. Les sujets de lecture sont empruntés à l’art et à l’histoire; l’art musical a le privilège d’avoir été souvent le thème de ces lectures, d’autant plus agréables qu’il s’y mêlait des concerts. C’est ainsi que se produisirent ces psaumes de Benedetto Marcello, mort en 1739, qui sont une des plus belles productions de la musique religieuse. Mais, lorsque Tau* flitoire présentait un ensemble plus sérieux, les sujets se tiraient de l’histoire naturelle et même de la philosophie. La médecine restait étrangère au programme de ces réunions si bien remplies. Elle était reléguée dans les écoles, dans les assemblées savantes officielles, dans les chambres de malades; on né s’en occupait que là. Cette direction de l’esprit et de la curiosité chez les hommes instruits, et même chez les médecins qui n’étaient pas les moins empressés à ces solennités de monde qne les Vénitiens avaient nommées des Académies, n’était pas de nature à favoriser les recherches de la science, à faire avancer les progrès dé l’art.