SOCIÉTÉ FRANÇAISE D’HYGIÈNE
Service de vaccinations gratuites, tous les mardis, de midi h une heure , à l'hôtel de la Sociè té d'encouragement, rue de Rennes, kk.
Monsieur le rédacteur en chef,
Grâce à votre bienveillante publicité, le service des vaccinations gratuites de la Société française d’hygiène a été alimenté par une clientèle nombreuse, dès ses premières séances. Dans celle de mardi, plus de 150 personnes ont été vaccinées ou revaccinées; en outre, cinquante plaques et tubes de vaccin ont pu être distribués à des médecins de Paris et de la province.
Au point de vue scientifique, les vaccinations qui, toutes, ont été faites simultanément par le vaccin jennérien et le vaccin de génisse, promettent les meilleurs résultats.
Dans le cas où quelques personnes attachées à votre journal désireraient se faire revacciner, elles pourront se présenter à notre service de vaccinations, munies d'une carte du journal ; et nous nous ferions un plaisir de faire en sorte de leur accorder un tour de faveur.
Agréez, Monsieur le rédacteur en chef, avec tous les remerciements du bureau de la cie e, 1 assurance de nos sentiments les plus dévoués.
Le secrétaire délégué, Joltrain.
FORMULAIRE
Lotion contre les plates. — N. Gueneau de Mussy.
Décodé de pavot . 400 grammes.
Alcool . 40 —
Acide salicylique . 2 —
Faites dissoudre. — Cette solution est conseillée pour le pansement des plaies blafardes et de mauvais aspect. Elle les déterre rapidement et liâte la cicatrisation. — N. G.
Éphémérides Médicales. — 6 Mai 1808.
Cabanis meurt à Rueil, près de Meulan. Voici quelques détails de l’ouverture de son corps :
L’ouvêrlure du. cadavre a présenté le ventricule gauche du coeur d’un volume et i.’une force triples au moins du volume et de la force ordinaires. Les parois de cette cavité musculaire avaient plus d’un pouce d’épaisseur , en sorte qu’au premier coup d’œil on observait une disproportion évidente entre la puissance de cet agent central d’impulsion et le reste de la machine. Les ventricules du cerveau contenaient huit onces environ de sang coagulé. L’irruption avait été si violente, que la cloison du septum lucidum était rompue, et que les éminences saillantes à l’intérieur des cavités, comme les couches optiques et les corps striés, étaient profondément désorganisées dans leur substance. — A. Ch.
Faculté de médecine de Paris. — M. G. Hayem, agrégé désigné pour faire cette année le cours de thérapeutique, commencera ses leçons le mardi 6 mai, à 5 heures, et les continuera les mardis, jeudis et samedis, à la même heure.
M. Hayem a choisi comme sujet de cours : « Les grands médicaments. »
Bureau Central. — Concours pour deux places de chirurgien du Bureau central. — Voici les noms des membres du jury : MM. Broca, Gosselin, de Saint-Germain, Maisonneuve, Marc Sée, Lucas-Championnière, Vidal.
— Un décret en date du 3 mai 1879, rendu sur la proposition du ministre de la marine et des colonies, a réglementé aux lies Saint-Pierre et Miquelon l’exercice de la médecine, de la pharmacie et de la profession d’accoucheuse.
— En exécution de l’arrêté préfectoral, en date du 15 février .1879, approuvé le 20 du même mois par M. le ministre de l’intérieur, qui règle le mode de recrutement du personnel médical attaché au service du traitement à domicile, le directeur de l'administration générale de l’Assistance publique a l’honneur d’informer MM. les médecins du XIe arrondissement que, le dimanche 18 mai 1879, il sera procédé, dans une des salles de la mairie, à l’élection d’un médecin.
Le scrutin sera ouvert à midi et fermé à deux heures.
Quarantaine. — Le ministre de l’agriculture et du commerce vient de décider la suppression de la quarantaine appliquée aux provenances du littoral de l’empire ottoman, et le maintien, jusqu’à nouvel ordre, d’une observation de vingt-qualre heures contre les provenances des ports russes des mers Noire et d’Azoff, avec désinfection des objets suspectés.
Service médical de nuit. — Pendant le premier trimestre de 1879, 1,383 malades ont été soignés par le service médical de nuit, dans la ville de Paris.
Les femmes médecins. — On écrit de Saint-Pétersbourg, 16-28 avril 1879 :
« On lit dans la Gazette médicale, à la date du 15-27 avril, que le gouvernement russe n’a nullement l’intention d’interdire aux femmes qui ont obtenu le titre de docteur en médecine, le droit d’exercer concurremment avec les hommes. Bien au contraire, il vient d’être décidé que les femmes munies actuellement de diplômes recevront ce droit incessamment. La question concernant les droits des femmes docteurs en général, ne sera résolue que lorsque la commission instituée pour l’étudier aura terminé ses travaux. »
Consommation de la bière, a Paris. — La consommation de la bière, à Paris, a pris un tel développement, depuis une vingtaine d’années, que la fabrication de cette boisson à l’intérieur est devenue en quelque sorte insuffisante, et que les bières étrangères ont été introduites sur nos marchés, où, il faut le dire, elles jouissent d’une supériorité incontestable.
l’umon médicale.
Pour donner une idée de l’importancc qu & conduise cette boisson dans l’alimantation publique, il suffira de dire que le total de la consommation annuelle, à Paris, dépasse loo millions de litres. ,
Cette énorme consommation se fait surtout dans les établissements publics. Or le nombre de ces établissements s’accroît d’une' façon prodigieuse. Chaque quartier nouveau, chaque rue nouvelle a pour première et principale industrie celle d’un débit de bière, d’une brasserie.
L’usage de la bière passe pour être fort ancien. De même que l’invention du via est attribué à Noé, qui abusa, on le sait, du produit de sa découverte, de même, d’après plusieurs auteurs, l’invention de la bière remonterait à Osiris, vingt siècles environ avant l’ère chrétienne.
On sait, ajoute le Journal des Débats, que dans la théogonie des Égyptiens, Osiris était une divinité représentant l’ensemble des principes bienfaisants. On attribue donc à ce génie du bien, l’invention d’une boisson dont les Egyptiens d’abord et tous les peuples usèrent plus ou moins sobrement, mais qui fut d’un grand secours pour l’alimentation publique.
La bière, chez les anciens peuples, était désignée : vin d'orge.
Le monde moderne divisé en deux groupes, race latine et race saxonne, n’a pas accepté l’usage de la bière à égale part. La race latine boit du vin, l’autre boit de la bière. La question d’agriculture est pour beaucoup dans cette distinction. Aujourd’hui la consommation de .ja bière se popularise chez la race latine, et les bières allemandes sont en honneur aussi bien à Berlin, à Munich et à Vienne, qu’à Paris, à Turin, à Milan, à Rome, à Madrid et à Lisbonne.
Après le vin, la bière est certainement la plus salubre des boissons fermentées. Elle apaise la soif, rafraîchit et stimule l’estomac, grâce à l’acide carbonique qu’elle contient. Elle a été classée avec raison parmi les boissons les plus nutritives. On peut en voir la preuve dans l’embonpoint excessif dont ne tardent pas à être atteints ceux qui en boivent beaucoup.
Il y a des variétés de bières nombreuses, mais les trois types les plus estimés, les plus recherchés, les plus répandus sont : le type bavarois, le type anglais, le type belge. Ces types sont très-appréciés en France. On s’efforce de les imiter, mais vainement.
Une mer intérieure. — 11 est question, dit le journal anglais The Nature, de transformer en une mer intérieure les immenses déserts de l’ Arizona. Le général Fremont, actuellement gouverneur de cet État, appuie ce projet, d’après lequel il suffirait d’ouvrir la barrière qu’oppose une chaîne de collines, pour faire entrer les eaux du golfe de Californie dans un ancien bassin. On formerait ainsi une mer intérieure navigable de 200 milles de long, de 50 milles de large et de 300 pieds de profondeur. Ce projet, qui rappelle celui de la mer intérieure d’Afrique, ouvrirait une grande voie de communications commerciales et améliorerait considérablement le climat du sud de l’Arizona et de la Californie.
Société médicale des hôpitaux (3, rue de l’Abbaye, à 3 heures 1 /2 précises). — La Société se réunira le vendredi 9 mai 1879.
Ordre du jour : M. Rigal : Tuberculisation aiguë des organes génitaux. — M. Dujardin- Beaumelz : Cécité hystérique guérie par la métallothérapie. — A k heures 3/Zi, comité privé.
Hôpital Saint-Louis. — Conférences de clinique dermatologique. — M. le docteur Ernest Besnier, médecin de l’hôpital Saint-Louis, reprendra ses conférences de clinique dermatologique le mercredi 7 mai, à 9 heures, salles Saint-Léon et Saint-Thomas, et les continuera les mercredis suivants, à la même heure. Les conférences de cette série, destinées en particulier au diagnostic, et à la thérapeutique appliquée, auront lieu exclusivement au lit du malade.
Ordre des travaux : Lundi, consultation externe. — . Mardi, premier examen des nouveaux. ~ Mercredi, clinique. — Jeudi, policlinique. — Vendredi et samedi, revue générale des malades.
Hôpital Saint-Louis. — Confèrences sur les maladies de la peau et la syphilis. — Le docteur Alfred Fournier, agrégé de la Faculté, commencera ces conférences à l’hôpital Saint- Louis, le vendredi 9 mai, à 9 heures 1/2, et les continuera les vendredis suivants, à la même heure.
Le mardi, conférences au lit des malades (9 heures).
Nous croyons devoir rappeler que le Prix (l’Abonnement à l’I'lïIOV MÉDICALE pour Messieurs les Élèves des Facultés et Écoles de Médecine, est de DIX FBAXCS pour Paris, et DOUZE FRANCS pour les Départements.
- - - Le gérant , Richelot.
Par**’ ~ Typographie Félix Màitestb et Ce, rue des Deux -Portes-Saint-Sauveur, 22.
Jeudi 8 Mai 1879
BULLETIN
SUR LA SÉANCE DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE
La séance s’ouvre par une brillante improvisation de M. le professeur Jaccoud, qui, à l’occasion du procès-verbal, répond à la dernière communication de M. Maurice Raynaud, ou, pour être plus exact, ajourne toute discussion sur la pleurésie multiloculaire à l’époque où l’observation clinique aura fourni des arguments qui font un peu défaut aujourd’hui.
La discussion sur l’ostéo-myélite est reprise ensuite par un excellent discours de M. Hervieux. L’honorable académicien, avec une mesure parfaite, mais avec une fermeté inflexible, bien que très-courtoise, montre que les hypothèses de M. Pasteur, sur le rôle des microbes en chapelet dans la fièvre puerpérale, n’apportent aucune lumière aux praticiens. Elles ne font qu’augmenter lés obscurités inhérentes au sujet; elles sont de nul secours pour la thérapeutique, et si elles étaient adoptées aveuglément, ainsi que le veut M. Pasteur, qui en fait des articles de foi, elles constitueraient un grave danger pour les malades, car on négligerait, pour ne s’occuper que du microbe, toutes les préeaulions traditionnelles qu’indique l’expérience.
Nous ne savons si M. Pasteur a été touché par le ton si profondément honnête et convaincu de M. Hervieux, ou s’il a été frappé de la force des raisons invoquées par son contradicteur, mais nous ne l’avions jamais entendu répondre à personne avec autant de douceur, nous dirions presque d’humilité. 11 est certain que, lorsqu’on sort du domaine de la séieheé pure pôür entrer sur le terrain des applications, et qu’on se trouvé êh pféêeiice d’hômmes spéei&üx, rompus à toutes les difficultés de la pratique, on doit mettre une excessive réserve à ses affirmations, C’est ce que paraît avoir compris M. Pasteur, et nous oserons l’en féliciter. Le point de doute est une des figures de la sagesse. Le savant académicien a pu se convaincre de la justesse de cette dernière proposition par la façon dont a été accueillie l’opinion émise par lui touchant le mode d’action du horse-pox , Voulant montrer que les virus ne se comportent pas toujours d’une manière Identique, il rappelait qu’un jeune élève de l’École d’Àlfort, M. Amyot, dont l’observation a été publiée par M. H. Bouley, avait failli périr à la suite d’accidents d’inoculation contractés en soignant un cheval atteint d’eaux aux jambes. Il en concluait que le grease , malin aux hommes, était cependant bénin aux vaches, puisque le grease n’est autre chose
Les Médecins soüs la République de Venise