IV. — Fièvres éruptives
1® Rougeole
La bénignité ordinaire, bien que non constante tant s’en faut, de la rougeole, dans les conditions ordinaires de la vie aisée, est assez grande pour que beaucoup de médecins et de familles ne croient pas devoir isoler les sujets qui en sont atteints; cette pratique, très-discutable à plusieurs points de vue, reste admissible sous la responsabilité propre des intéressés. Mais, aussitôt qu’il s’agit de la rougeole d’hôpital, il n’en est plus ainsi, et c’est véritablement une mauvaise action d’exposer à son influence de pauvres enfants qui ont grande chance d’en mourir.
A certaines époques, .en effet, la mortalité nosocomiale de la rougeole prend des proportions lamentables : 11 cas, 4 décès, dans le service de M. Cadet de Gassieourt; 5 décès, sur 23 cas, dans les salles de M. Bergeron, qui nous apprend avec
verture journalière des volets. Le palais paraissait endormi. J’entrai. La bibliothèque occupait la grande salle du centre, comme dans les autres grands édifices de Venise. Ln meuble magnifique en bois de chêne, couronné par un bel entablement sculpté avec art, supportait une galerie faisant corps avec la boiserie de la bibliothèque. La latinité y était représentée par ses belles éditions d’origine française ou italienne du xvi* siècle. La France s’y montrait à son tour dans une richesse fournie par ses œuvres d’histoire et par sa littérature sérieuse ou légère; mais les productions politiques y tenaient la place d’honneur. J’y achetai les Mémoires du cardinal de Richelieu , édition de 1652 et les Recherches de la France d’Estienne Pasquier, édition de 1570 ; j’eus de plus la satisfaction de découvrir dans ce riche amas de livres une splendide reliure du xvm® siècle, qui m’a servi de vêtement pour en cou^ vrir un livre précieux.
Les patriciens trouvaient de quoi nourrir leur esprit dans les ressources fournies par la bibliothèque de Saint-Marc, et qu’ils pouvaient tirer de leur bibliothèque de famille, car il n’y avait pas de palais qui n’eût la sienne correctement composée et richement entretenue. Les citadins avaient aussi des collections où le luxe était sacrifié à l’utilité, et les médecins qui tenaient la tète de cette classe n’étaient pas les moins bien pourvus ; ils y trouvaient les matériaux pour fournir aux discours de ces brillantes Académies , qui n’ont pas cessé de rester dans les goûts et les habitudes de la société vénitienne. Seulement les enfants d’Esculape, restés plus médecins que littérateurs, n’y figurent plus.
(A suivre.)
D' Éd. Carrière.
une bien vive satisfaction que, depuis un mois, il a pu, dans sa division, pratiquer l’isolement de la rougeole.
8° Scarlatine
Malgré quelques explosions isolées, la scarlatine continue à rester, pour l’agglomération parisienne, comparée par exemple à l’agglomération de la ville de Londres, une affection relativement rare et bénigne, Cependant, les médecins et îes familles ne pensent pas et n’agissent pas, en présence de la scarlatine, comme ils le font pour la rougeole. Cette affection, dont les complications viscérales sont connues du public, et qui entraîne un long internement, effraye beaucoup plus les intéressés, et l’on pratique pour elle, à l’intérieur, un isolement généralement attentif et sévère. C’est là, assurément, une des raisons qui limitent le développement épidémique de cette affection; mais ce ne peut. être la seule, et la différence si profonde qui existe sous ce rapport entre les deux villes de Londres et de Paris, reste, en réalité, inexpliquée.
Parmi les particularités intéressantes qui nous sont signalées, nous relevons une petite épidémie locale de scarlatine observée au collège Chaptal, et rapidement enrayée, grâce aux mesures prises par notre collègue M. Archambault, médecin de ce grand établissement. 13 élèves ont été atteints, 5 dans la même étude, les autres appartenant à des études différentes. Aussitôt qu’un enfant accusait un malaise, l’élève interne l’examinait, et le plaçait, s’il était supposé scarlatineux, dans une chambre ad hoc; puis, s’il était de Paris, il était ramené dans sa famille avec toutes les précautions nécessaires ; s’il appartenait à la province, il était transféré à la Maison municipale de santé. Dans les cas où le diagnostic était d’abord incertain, le malade était mis en observation dans un lieu séparé. Les mesures énergiques prises par M. Archambault ont eu le plus heureux résultat, et on leur doit certainement la limitation rapide de ce foyer épidémique et son extinction définitive. Tous les enfants atteints ont guéri, ce qu’il n’est pas inutile de signaler pour rassurer les familles ou les médecins, que le transport d’un enfant atteint de scarlatine, en plein hiver, pourrait effrayer outre iqesure. Tout, ici, dépend du mode d’exécution.
A l’hôpital Sainte-Eugénie, petite épidémie de scarlatine. M. Cadet de Gassicourt signale 11 cas simultanés dans son service.
3° Oreillons
Les oreillons, observés chez le jeune sujet adulte, restent définitivement attachés à la population militaire, sans qu’il ait encore été donné de ce fait une explication tout à fait satisfaisante. Assurément, la vie de caserne rend aisément compte de la , transmission plus fréquente de cette affection chez les jeunes soldats; mais ce qui peut expliquer une différence de proportion ne saurait plus donner la raison précise d’une différence radicale, car l’atelier, le séminaire, les écoles supérieures, etc., réunissent aussi des collections de jeunes adultes vivant en commun, et qui ne paraissent pas soumises aux mêmes conditions pathologiques. Si je reviens avec insistance sur cette question, c’est que l’affection ourlienne du jeune homme pubère, en raison de la fréquence de l’atrophie testiculaire qui la suit, acquiert une importance tout exceptionnelle, et qu’en présence des épidémies nombreuses dont les relations enrichissent le Recueil de mémoires de médecine et de chirurgie militaires , je pense que l’on ne prend pas assez énergiquement partout les mesures d’isolement sévères dont la nécessité est surabondamment établie par la gravité de la localisation testiculaire chez le sujet pubère. Aujourd’hui, — tout le monde étant soldat, — cela n’est plus une question exclusivement militaire, et elle peut, à chaque instant, acquérir un grand intérêt pour chacun en particulier.
(4 suivre dans un prochain numéro.)
ACADÉMIES ET SOCIÉTÉS SAVANTES
ACADÉMIE DE MÉDECINE
Séance du 6 mai 1879. — Présidence de M. Richet.
La correspondance non officielle comprend :
1» Une lettre de M. le docteur Garrigou, relative à l’analyse des eaux de Saint-Nectaire et à la découverte du mercure dans ces eaux. — Voici cette lettre :
« Toulouse, le 2 mai 1879.
« Monsieur le Président,
« A la fin du mois d’août de l’année dernière, c’est-à-dire il y a huit mois, j’avais eu l’honneur d’écrire à l’Académie de médecine pour lui dire qu’en présence de la dissidence qui existait entre les analyses de M, Lefort et les miennes , au sujet de la présence du mercure dans la source du rocher de Saint-Nectaire, il était impossible de laisser les hydrologistes en
suspens.
« Je proposais de prouver expérimentalement, devant tous les chimistes qu’il plairait à M. Lefort de réunir, que le mercure existe, ainsi que tous les autres métaux dont j’ai donné l’cnumération, dans la source du Rocher.
« Ni l’Académie, ni M. Lefort ne m’ont honoré d’une réponse,
« Cependant, depuis plus de huit mois, le rapport officie} de M. Lefort sur ce sujet a été distribué, colporté, commenté. Tout cela s’est produit au détriment de ma réputation d’hydrologiste et au détriment de mon laboratoire, dans lequel, je n’hésite pas à le dire, puisque les journaux les plus répandus du Corps médical ne l’ont pas caché, est engagée ma fortune,
« Il y a quelques jours à peine, l’un des membres les plus autorisés de l’Académie, comme hydrologiste, m’annonçait dans une lettre qu’un de ses collègues, membre de l’Académie, des plus compétents en chimie, recherchant, pour contrôler mes indications, le mercure dans les eaux de Saint-Nectaire, l’y avait retrouvé et le lui avait plusieurs fois affirmé.
« J’ai l’honneur de prier l’Académie de vouloir bien porter un jugement définitif dans cette question qui intéresse au plus haut chef l’hydrologie française.
« Dans l’espoir que vous voudrez bien transmettre ma demande à l’Académie, je vous prie, Monsieur le Président, d’agréer l’expression de mon profond respect. »
2° Une note de M. le docteur Paulier, sur une nouvelle méthode de conservation des pièces anatomiques et, en particulier, du cerveau.
3° Un rapport de M. le docteur Marcel Petitot, sur les vaccinations pratiquées aux Sablesd’Olonne.
û° Un rapport de M. le docteur Brleude (Louis), sur les vaccinations pratiquées dans le département de la Corrèze.
5° Un rapport de M. le docteur Louis Amat, sur les vaccinations pratiquées à Rode? sur le 81e régiment de ligne. (Com. de vaccine.)
6“ Des lettres de MM. les docteurs Proust et hunier, qui se portent candidats à h place vacante dans la section d’hygiène et de médecine légale.
7“ Un travail de M. le docteur Duperron, sur un cas de polydaclylie double qu’il a opéré avec succès des deux côtés.
8° Une noie M. Husson, pharmacien à Toul, sur les procédés frauduleux à l’aide desquels les Chinois teignent le thé qu’ils nous envoient.
M. le Président annonce à l’Académie que M. le docteur Willemin, de Vichy, assiste à la séance.
M. le Secrétaire perpétuel annonce que les délais pour l’envoi des mémoires à la commission des prix de l’Académie sont expirés ; 51 mémoires ont été reçus.
Il annonce aussi que le Congrès international des sciences médicales tiendra sa sixième session, du 7 au 13 septembre 1879, à Amsterdam, sous la présidence de M. Donders.
M. Villemin présente, au nom de M. Schutzenberger, deux volumes de fragments philosophiques et cliniques.
M. Devilliers, au nom de M. le docteur Gibert, de Marseille, dépose sur le bureau un mémoire relatif aux épidémies de variole qui ont régné à Marseille, et aux moyens prophylactiques qui ont été employés.
L’UNIOIN MÉDICALE.
M. Bergeron présente le III* fascicule du tome II* des Rapports sur les maladies régnantes par M. le docleur Ernest Besnier.
M. Rochard, au nom de M. Talmys, présente une note sur la nécessité de la crémation ou de l’immersion du cadavre dans les épidémies de fièvre jaune.
A l’occasion du procès-verbal , M. Jaccoud , répondant à ce qu’a dit M. Maurice Raynaud dans la dernière séance, ajourne la discussion sur la pleurésie multiloculaire à une époque ultérieure.
L’ordre du jour appelle la reprise de la discussion sur l’osléo-myélite. La parole est à M. Hervieux.
M. Hervieux veut défendre M. Pasteur contre les amis de M. Pasteur lui-même, contre ces adeptes trop zélés qui transforment prématurément une présomption en certitude, une hypothèse en vérité démontrée. La théorie des germes est encore enveloppée de nombreuses obscurités : Le microbe présumé de la septicémie puerpérale est-il le produit ou la cause de la maladie? Il n’est pas probable qu’il soit la cause puisqu’on le trouve, d’après M. Pasteur un peu partout, dans les eaux communes dont les femmes en couches se servent journellement, et que, d’autre part, la fièvre puerpérale est à peu près inconnue dans beaucoup de localités. Et, puisqu’on le trouve partout, ce n’est pas la fièvre puerpérale qui le produit. Ce que l’on sait certainement, ce qui est démontré, c’est que l’agglomération produit la fièvre puerpérale, comme, dans d’autres circonstances, elle produit le typhus, la morve, lefarcin, etc. Mais, répondent les partisans des théories de M. Pasteur, l’agglomération est nuisible parce qu’elle crée le microbe. Mais non, puisqu’on le trouve partout, ainsi qu’il a été dit plus haut, et que si l’agglomération le créait, M. Pasteur lui-même devrait reconnaître que la génération spontanée est découverte. L’agglomération, en viciant l’air, prépare au microbe un milieu de culture des plus favorables, voilà tout. Cette viciation de l’air, c’est ce qu’on appelait le miasme infectant, c’est un poison véritable.
D’ailleurs, le microbe dont on parle ne serait pas simple comme tous les virus; il serait double; ce serait tantôt le microbe en chapelet, tantôt le bâtonnet étranglé. Sait-on bien ce que c’est? De plus, ce microbe n’aurait rien de spécifique, puisqu’on le retrouve dans la diphthérie, la fièvre typhoïde, la flacherie, etc., etc.
Si la théorie des germes était acceptée aujourd’hui, il n’y aurait plus qu’un objectif, à savoir, la destruction du microbe par l’acide borique; mais toutes les précautions hygiéniques et prophylactiques seraient certainement négligées.
M. Pasteur se borne à répondre que le sujet est, en effet, rempli d’obscurités et exige de nouvelles et longues études. Pour montrer que les virus ne se comportent pas toujours de la même façon, il invoque l’action du horse-pox, maligne pour l’homme et bénigne pour la vache.
MM. Depaul et Bouley répondent que l’opinion de M. Pasteur repose sur une interprétation erronée de faits très-complexes.
M. Panas pense que, le mot d’ostéo-myélite ayant servi jusqu’ici à caractériser plus spécialement l’inflammation qui débute par le centre de l’os, il y aurait inconvénient à l’employer, comme M. Trélat, pour désigner toutes les formes de l’ostéite en général. Il croit, comme M. Gosselin, que le processus inflammatoire des os, loin de débuter toujours par la profondeur, envahit souvent la totalité de l’os au point qu’il est impossible de dire par où la phlegmasie a commencé. L’explication de ce fait se trouve dans la distribution anatomique des éléments de la moelle, qui se rencontrent partout, aussi bien au centre et dans l’épaisseur de l’os que sur le périoste. C’est ici qu’éclate la dissidence entre M. Gosselin et MM. Trélat et Panas. Tout ce qu’a dit M. Panas d’une moelle périostale et canaliculaire se rapporte exclusivement aux enfants et aux adolescents. Chez l’adulte, où les conditions de nutrition et de structure histologique du squelette diffèrent à plus d’un titre de celle des os en voie de croissance, on conçoit que l’ostéite puisse se localiser dans ses effets et être par cela même moins grave. Du reste, chez les uns et chez les autres, les conditions générales interviennent pour imprimer à l’ostéite une marche et une terminaison différentes.
M. Gosselin voudrait qu’on se mît d’accord, si possible, avant d’aller plus loin. MM. Trélat et Panas n’entendent pas, par le mot moelle, la même chose que les anatomistes français, dont M. Gosselin adopte les opinions. Dès lors, il est impossible de se comprendre mutuellement.
' La séance est levée à cinq heures.
MEMENTO BIBLIOGRAPHIQUE
Des taches vineuses et de leur traitement par les scarifications, par le docteur A. Colson. Thèse de Paris, 1878.
L’auteur décrit ainsi la méthode employée par le docteur Vidal (de l’hôpital Saint-Louis) : On fait tendre la peau au-dessus de la tache, et on la tend soi-même en sens opposé ; puis on trace avec un scalpel une série d’incisions droites, parallèles, distantes d’un millimètre et profondes de un à uu millimètre et demi. Puis faisant tendre la peau dans un sens opposé, on fait, perpendiculairement aux premières, de nouvelles incisions, de façon à obtenir un quadrillage limitant de petits carrés de peau de un millimètre carré. — H. H.
FORMULAIRE
Potion contre la coqueluche. Karl Lorey.
Hydrate de chloral . 5 grammes.
Sirop d’écorces d’oranges amères. ... 15 —
Eau distillée . . . 150 —
Faites dissoudre. De une à trois petites cuillerées, selon l’âge de l’enfant. D’après l’auteur, l’hydrate de chloral aurait pour effet de diminuer le nombre et l’intensité des quintes, et d’abréger par conséquent la durée totale de la maladie. — N. G.
Ephémérides médicales. — 8 Mai 1794.
Séance de la Société républicaine des Arts, séant au Louvre, salle du Laocoon.
Le président donne lecture d’une lettre sur les costumes, adressée à la Société par Césanne Boissard. Cette citoyenne, amie de la nature, demande surtout la proscription des corps de baleine. Espercieux annonce qu’une citoyenne, mère de famille, désire se costumer dans le genre antique. Il demande qu’on nomme des commissaires auprès du directeur du théâtre de la République, pour avoir un modèle, afin de lui procurer le moyen de couper l’étoffe d’une manière convenable. La proposition est accordée. — A. Ch.
COURRIER
Par décrets en date du 1er avril 1879,
La chaire d’histoire naturelle et matière médicale, à l’École préparatoire de médecine et de pharmacie de Toulouse, prend le titre de chaire d’histoire naturelle ;
La chaire de chimie, appliquée à la médecine et à la pharmacie, prend le titre de chaire de chimie et toxicologie ;
La chaire de pharmacie prend le titre de chaire de pharmacie et matière médicale.
— Par décrets en date du 15 du même mois,
La chaire d’anatomie descriptive, à l’École préparatoire de médecine et de pharmacie de Reims, prend le titre de chaire d’anatomie;
La chaire de pathologie externe prend le litre de chaire de pathologie externe et médecine opératoire ;
La chaire d’histoire naturelle médicale prend le titre de chaire d’histoire naturelle ;
La chaire de thérapeutique prend le litre de chaire d’hygiène et thérapeutique.
Il est créé à ladite École une chaire de chimie et toxicologie.
— Par décrets en date du 15 avril 1879, la chaire de pathologie externe à l’École préparatoire de médecine et de pharmacie d’Amiens, prend le titre de chaire de pathologie externe et de médecine opératoire.
La chaire de thérapeutique et d’histoire naturelle médicale prend le nom de chaire d’hygiène et thérapeutique.
Il est créé à ladite École une chaire d’histoire naturelle.
— L’Académie de médecine de Belgique vient de nommer membres honoraires : \1M. Fauvel, médecin à Paris; Pasteur, membre de l’Académie des sciences, et Vulpian, doyen de la Faculté de médecine de Paris.
Nécrologie. — Nous annonçons avec regret la mort du docleur Gastara, de Lunéville chevalier de la Légion d’honneur, chirurgien en chef de l’hôpital civil et militaire de cette ville’
Ce savant chirurgien, âgé de 79 ans, partait pour Paris, dimanche dernier, et a succombé subitement en wagon pendant le trajet. Le but du voyage était une visite que cet éminent confrère voulait faire à M. Guÿôn, dans son service de l’hôpital Necker, dans les salles même où il avait connu Civiale. Fils et petit-fils de médecin, le docleur Caslara jouissait, dans sa contrée, et plus loin, d’une réputation de chirurgien très-habile. G’est surtout par l’opération de la taille qu’il était connu, comme ses père et grand-père.
Sa mort a jeté le deuil dans la ville où il a bpéré pendant cinquante-trois ans. Ses obsèques ont eu lieu, le 29 avril, au milieu d’une grande affluence de monde.
Deux discours ont été prononcés sur la tombe, l’un par lë docteur Saucerolte, qui a rappelé le passé du défunt ; l’autre, par le sous-intendant militaire, qui a fait l’éloge du chirurgien de l’hôpital, et l’a remercié àü nom de l’armée.
— Nous apprenons la mort d’un des membres lès plus distingués de la profession médicale en Angleterre, le docteur Charles Murchison.
Murchison, qui était professeur et médecin de l’hôpital Saint-Thomas dé Londres, est l’auteur de deux ouvrages importants* Le premier est un Traité de la fièvre typhoïde dont M. le docteur Lutaud nous a récemment donné une iraduction ; le deuxième est un Traité des maladies du foie, traduit par le docteur Cyr ( Courrier médical.)
— Nous apprenons la mort de M. Victor Masson. Né à Beaune (Côte-d’Or), en 1807, il était, depuis 1838, l’un des plus justement estimés des éditeurs parisiens. Les nombreux ouvrages de science ou de médecine, dont il a assuré la publication, sont signés des noms les plus éminents. Il a fondé ou rédigé plusieurs revues et journaux périodiques dont le succès a affirmé son intelligence et son goût, ôn lui doit aussi la création de tout un matériel de publications d’enseigneiüêut secondaire.
Il était juge au tribunal de commerce de la Seine, membre du jury des principales Expositions universelles, chevalier de la Légion d’honneur, etc.
Depuis 1870 il s’était retiré à Ghassagne, dans sa propriété, où il employait son activité à transformer le pays, en y répandant le goût des travaux utiles et en s’occupant notamment, en qualité de délégué cantonal, de toutes les questions intéressant le développement de l’enseignement primaire,
Société de médecine de Paris. — Séance du samedi 10 mai 1879 (local de la Société de chirurgie), rue de l’Abbaye, à 3 heures 1/2 très-précises.
Ordre du jour : 1° Conclusions et discussion du mémoire de M. Boinet sur les moyens de prévenir l’infection purulente. — 2" Lecture d’un travail, à l’appui de sa candidature au titre de membre titulaire, sur les rapports de l’ataxie locomotrice progressive avec la paralysie générale, par M. le docleur Christian. — 3° Rapport sur la candidature, au titre de membre correspondant, de M. le docteur Berkart (de Londres), par M. Lutaud. — à0 Rapport de la commission sur quelques modifications à apporter aü règlement.
Hospice de la Salpêtrière. — M. le docteur Luys reprendra ses leçons sur la pathologie mentale, à la Salpêtrière (salle des consultations, à l’infirmerie générale), le dimanche 11 mai, à 9 heures 1/â, et les continuera les dimanches suivants, à la même heure.
Le cours aura pour objet, cette année, X étude des circonvolutions cérébrales et celle de la paralysie générale.
Hôpital Saint-Louis. — Conférences sur les maladies de la peau et la syphilis. — Le docteur Alfred Fournier, agrégé de la Faculté, commencera ces conférences à l’hôpital Saint- Louis, le vendredi 9 mai, à 9 heures 1/2, et les continuera les vendredis suivants, à la même heure.
Le mardi, conférences au lit des malades (9 heures).
Etat sanitaire de la ville de Paris. — Population (recensement de 1876) : 1,988,806 habitants.— Pendant la semaine finissant le l"mai 1879, on a constaté 1,128 décès, savoir:
Variole, 2ô. — Rougeole, 29. — Scarlatine, 1. — Fièvre typhoïde, 22. — Érysipèle, lx. — Bronchite aiguë, 78. — Pneumonie, 105. — Dysenterie, 0. — Diarrhée cholériforme des enlants 12. — Angine couenneuse, 19. — Croup, 15. — Affections puerpérales, 5. — Autres accidentelfesU"o 27°‘ Affections chroniques, 474. — Affections chirurgicales, UO. — Causes
Le gérant, RiCHELOT.
Paris. — Typographie Félix Mxlteste et t>, rue des Deux -Portes-Saint-Sauveur, 22.
L’UNION MÉDICALE Samedi 10 Mai 1879
CLINIQUE MÉDICALE
NOTE SCR L’HÉMIPLÉGIE SATURNINE ET SON TRAITEMENT PAR L’APPLICATION D’UN AIMANT ,
Lue à la Société médicale des hôpitaux, dans la séance du vendredi 24 janvier 1879,
Par le docteur Debove, médecin des hôpitaux.
L’hémiplégie saturnine est connue depuis quelques années seulement. Si nous consultons, en effet, l’ouvrage de Tanquerel des Planches (1), nous y trouverons le passage suivant : « Stoll et M. Andral ont vu des hémiplégies satnrnines. » Si l’on comprend sous ce nom la paralysie partielle ou générale d’un membre supérieur, accompagnée, de la paralysie partielle ou générale du membre inférieur correspondant, nous dirons aussi que nous avons vu une hémiplégie produite par le plomb; notre observation XI en fait foi. Chez cet homme, il y avait une paralysie du poignet et des doigts du côté gauche avec une paralysie de la cuisse du même côté. Après avoir lu cette observation, nous sommes convaincu que Tanquerel n’aurait point vu d'hémiplégie saturnine.
Contrairement à son assertion, nous n’avons trouvé aucun passage de Stoll ni d’Andral qui permît de leur en attribuer la paternité. Elle est connue seulement depuis les travaqx de MM. Vulpian et Raymond (2), de Cours (£), Renaut (4), Ananififf (5), Sturge (§). Ajoutons que notre distingué collègue, M. Raymond (7), dans sa thèse inaugurale, a fait le parallèle des hémianesthésies saturnines avec celles qui se développent sous l’influence d’une autre cause.
Le petit nombre d’observations publiées sur ce sujet (nous n’avons pas pu en réunir plus de cinq), nous a engagé à ne pas laisser inédit un fait observé à i’Hôtel- Dieu, dans le service de M. Oulmont que nous avons l’honneur de suppléer.
(1) Tanquerel des Planches. Traité des maladies de 'plomb, t. II, p. 60. Paris, 1839.
(2) Raymond. Gaz. mêd. de Paris, 1876, n° 30, p. 351.
(3) De Goure. Thèse de Paris, 1875, n9 2Zi8.
(h) Renaut. Thèse d’agrégation. Paris, 1875.
(5) Ananieff. Thèse de Paris, 1878, n° 113.
(6) Sturge. On hemianesthesia. ( Brit . med. journ ., 1878.)
(7) Raymond. Thèse de Paris, 1876.
FEUILLETON
CAUSERIES
Ne nous en plaignons pas. On s’est beaucoup oecupé depuis quelque temps, dans les régions officielles, de médecine et de médecins. Lorsque le silence se fait autour de nous, nous maugréons et crions volontiers à l’indifférence et à l’ingratitude. Alors qu’il vient d’être question de nombreuses choses qui nous intéressent, il serait bien maladroit de le taire et de ne pas remercier ceux qui ont la bonté de s’occuper un peu de nos affaires. Tel est mon sentiment, et je l’exprime avec toute la liberté dont je suis heureux de jouir ; d’autant plus que je n’ai, en définitive, que du bien à dire des actes, des propositions et des délibérations qui concernent nos intérêts.
Mais, par exemple, ou plutôt verbi gratia, comme dirait un élève de sixième du lycée Fontanes, ou Condorcet, ou Bonaparte, ou Bourbon, — car, en voilà un collège qui aura de la peine à retrouver son véritable état civil, — ne me demandez pas où, comment, par qui, à quel moment telle chose s’est passée ; je n’ai aucune prétention à faire de l’histoire, à peine même si j’oserais me dire chroniqueur, et, dès lors, c’est sans grand souci de l’exactitude des détails que je me livre au plaisir de causer avec vous, aimable et bienveillant lecteur, trèsheureux me trouvé-je que le fait en lui-même soit vrai ; car, quand je me trompe, c’est toujours de bonne foi. Quant à l’ordre successif et chronologique, il n’est pas ici de rigueur, et j’en ai si peu cure « qu’un poisson d’une pomme. »
Je rends d’abord hommage au membre du Conseil municipal de Paris qui a eu la pieuse Tome XXVII. — Troisième série. 68
Nous croyons avoir relevé plusieurs particularités importantes négligées par les observateurs que nous venons de nommer, surtout en ce qui concerne les troubles de la vision. Nous avons, en outre, heureusement réusssi à faire disparaître l’hémianesthésie au contact d’un aimant, résultat thérapeutique qui permet de compléter le parallèle de cette paralysie avec celles qui s’observent dans le cours de l’hystérie et de diverses affections cérébrales.
Marcheras, peintre, âgé de 26 ans, couché au lit n° 26 de la salle Saint-Augustin. Rien à noter dans ses antécédents; il n’a pas eu de rhumatisme ni de syphilis; jamais il n’a fait d’excès de boisson, il buvait ordinairement de la bière et en quantité modérée. C’est un sujet vigoureux et très-robuste en apparence.
Depuis l’âge de 13 ans, il travaille à la peinture, peint des lits; à 15 ans, il eut une violente attaque de colique saturnine caractérisée par de vives douleurs, de la constipation, de la rétraction du ventre. Cette année, il a été repris de coliques et fut soigné à l’hôpital Cochin. A sa sortie, il eut une diarrhée qui dura trois semaines, accompagnée d’un sentiment de faiblesse du côté gauche du corps, marqué surtout au bras.
Peu de jours avant son entrée à l’Hôtel-Dieu, il eut avec des camarades une discussion à la suite de laquelle il fut conduit à la préfecture de police, accusé d’avoir résisté à des agents ; il n’a que des notions fort vagues sur la façon dont les choses se sont’ passées, et, le jour de son admission à l’hôpital, il dit avoir été ramassé sur la voie publique à la suite d’une attaque d’épilepsie. On constate, dès ce moment, l’existence d’une hémiplégie gauche. Les mouvements des membres de ce côté sont très-difficiles, la commissure correspondante est plus rapprochée de la ligne médiane, la paupière tombe légèrement ; les mouvements réflexes sont diminués dans les mêmes parties, mais l’excitabilité électrique de leurs muscles est conservée. Il existe à l’épaule gauche, à la hanche, aux malléoles, des douleurs assez prononcées et des fourmillements continuels dans la partie gauche du corps. De ce côté, les excitations douloureuses ne sont plus perçues, excepté à la partie interne du bras et de l’avant-bms, à la pulpe des doigts, à la partie interne et supérieure de la cuisse, à la partie postérieure de la jambe, à la pulpe des orteils. La sensibilité à la température est perdue dans les mêmes points que la sensibilité à la douleur.
Les notions de la forme, de la consistance et du poids des objets appréciés à l’aide de la main gauche, les yeux fermés, sont fort vagues. Les sens spéciaux présentent également des troubles; la vue est Irès-affaiblie du côté gauche; il n’y a pas de strabisme. En bouchant la narine droite, le malade ne perçoit aucune sensation en respirant de l’éther ou de l’ammoniaque; on ne provoque aucune sensation en excitant mécaniquement la muqueuse olfactive du côté gauche. Une montre étant tenue à un millimètre de l’Oreille gauche, le sujet ne perçoit aucun bruit. On ne constate pas de troubles trophiques, et les parties gauches du
pensée de faire inscrire les noms des élèves, morts victimes de leur courage et de leur dévouement, sur le péristyle des hôpitaux où ces braves jeunes gens ont succombé. Nous ne pouvons honorer les morts qu’en conservant le souvenir de leurs vertus. L’acte de gratitude auquel je fais allusion a été très-favorablement accueilli par l’opinion.
U en a été de même de la délibération du même Conseil, tendant à élever une statue à Pinel sur la place de la Salpêtrière. Les motifs de cet honneur tardif rendu à l’illustre Pinel ont été très-éloquemment résumés dans les considérants de la résolution prise par la Société médicopsychologique, et qui sont ainsi formulés :
« La Société médico-psychologique,
« Considérant que Philippe Pinel est l’une des gloires médicales les plus pures de la France; que c’est sur son initiative perspicace et hardie que sont tombées, en 1793, les chaînes des aliénés, à Bicêtre ; qu’il est le véritable fondateur de la science des maladies mentales; qu’il a fondé, par son enseignement éclatant et fécond, à la Salpêtrière, un très-grand nombre d’élèves qui ont propagé partout ses idées, ses réformes et ses bienfaits;
« Considérant que Philippe Pinel n’a pas été seulement une illustration dont s’enorgueillissent l’Académie des saiences , l’École de médecine et les hospices de Bicêtre et de la Salpêtrière, mais encore qu’il a exercé une influence décisive et éminemment secourable sur une classe nombreuse de malades et de déshérités, et qu’à ce titre, il est considéré dans le monde entier comme l’un des bienfaiteurs les plus méritants de l’humanité ;
" Émet le vœu qu’une statue soit élevée à Philippe Pinel, à Paris. »
Bien entendu que la Société a adopté à l’unanimité ce vœu, qui doit être transmis au préfet -de la Seine. Le Conseil général du département a déjà voté une somme de 2,000 francs pour
l’union médicale.
corps présentent le même aspect que les parties correspondantes du côté opposé ; il n’existe pas de troubles marqués des divers appareils splanchniques, la sécrétion urinaire est normale; il y a un peu de dyspepsie et un liséré gingival caractéristique.
Les jours suivants, le malade tombe dans une espèce de somnolence dont il est difficile de le tirer; les réponses sont lentes, la parole gênée, la voix basse et hésitante, la céphalalgie intense, les fourmillements s’accusent du côté paralysé. On prescrit du bromure et de l’iodure de potassium.
4 août. État semi-comateux ; réponses par monosyllabes.
5 août. Amélioration; le sujet comprend ce qu’on lui dit.
6 août. Le malade se plaint toujours de douleurs dans le côté gauche du corps.
La main et l’avant-bras sont légèrement contracturés.
7 août. La contractilité électrique des muscles est conservée, mais notablement diminuée. Nouveau cathétérisme ; ni sucre, ni albumine.
8 août. Nouvel accès de convulsions, limité au côté gauche du corps, accompagné d’émissions involontaires d’urines.
9 août. Les convulsions se sont reproduites deux fois dans la journée et la nuit. Le matin, délire et coma; insensibilité complète et raideur de tout le côté gauche; l’excitation du tégument ne produit pas de mouvement réflexe.
10 août. État comateux ; raideur à gauche.
11 août. Même état ; le malade ne répond pas, ne semble pas entendre ; parfois il pousse des gémissements, s’agite sur son lit, sans cependant présenter de convulsions; il veut se lever ; on est obligé de l’attacher ; il urine dans le lit. La raideur persiste dans tout le côté gauche.
12 août. Depuis hier dans la soirée, il a commencé à reprendre connaissance; vers une heure du matin, il a eu un accès de convulsions limité au côté gauche qui a duré dix minutes environ; à la visite du matin, il parait n’être plus étranger à ce qui se passe autour de lui, mais ne peut parler; il essaye de se faire comprendre par signes. Les mouvements volontaires sont possibles, mais très-faibles. Les mouvements d’extension des doigts sont lents et pénibles. Il en est de même des mouvements de l’avant-bras sur le bras, et de ce dernier sur l’épaule. Mêmes troubles aux membres inférieurs. La sensibilité est revenue sur quelques points, au bras, le long des gros vaisseaux, dans la plus grande partie de la main, à la partie interne de la cuisse et, par places, sur le côté gauche du tronc.
13 août. Même état; le malade demande à manger; la parole est très-embarrassée, presque incompréhensible.
14 août. Le malade commence à se faire comprendre; il se plaint de douleurs dans l’épaule et le bras gauches; la pupille du même côté est très-dilatée. Il accuse en outre des fourmillements dans le côté droit, semblables à ceux qu’il ressentait, au début, dans le côté gauche.
18 août. Les accidents se prononcent à droite ; le malade ne voit plus des deux yeux qu’à
l’érection de cette, statue; on s’attend au vote d’une somme plus importante de la part du Conseil municipal.
Il paraît qu’on s’est enfin mis d’accord sur le lieu où le professeur des maladies mentales pourra faire élever sa chaire et recevoir des malades. Ce ne sera ni à la Salpêtrière, ni même à l’asile Sainte-Anne, mais dans une dépendance de ce dernier établissement, que l’on va édifier et outiller à cet égard. Excellent confrère. Monsieur Bail, vos inquiétudes vont donc avoir un terme! J’espère pour vous qu’un lustre ne se sera pas tout à fait écoulé entre la création législative de cette chaire et la prise de possession que vous en pourrez faire.
Après une discussion très-étendue et d’un grand intérêt, le Conseil général de la Seine a pris une délibération très-importante sur la création de médecins inspecteurs des écoles communales et des asiles. Voici les principales dispositions du projet adopté par le Conseil général :
Il sera institué, à partir du l*r juillet 1879, un service médical dans les écoles communales et les salles d’asile du département. — Le traitement attaché aux fonctions de médecin inspecteur sera de 600 fr. par an. — Les médecins inspecteurs devront être pourvus du diplôme de docteur d’une Faculté de l’État; ils seront nommés par le préfet d’après une liste de présentation dressée à l’élection par les médecins de la circonscription, et comprenant un nombre de noms triple de celui des places à 'instituer. La durée de leurs fonctions sera de trois ans. — Il est créé 114 places de médecins inspecteurs dans le département, soit 85 pour les circonscriptions parisiennes, et 29 pour les circonscriptions suburbaines. — Toute école ou salle d’asile devra recevoir deux fois par mois la visite du médecin inspecteur. — Et quelques autres prescriptions qui ne feront pas, je vous l’assure, une sinécure des fonctions de médecin inspecteur des écoles.
travers un épais brouillard, sans rien distinguer. L’analgésie a envahi presqüe toute la moitié droite du corps. Les mouvements des membres inférieurs sont possibles, mais pénibles ; il ea est de même du membre supérieur gauche. Douleur au niveau du sternum* sans gêne de la respiration. Miction volontaire possible, mais lente et pénible. *
19 août. Amélioration. Cessation des douleurs. Mouvements plus faciles. L’œil droit a recouvré la vision, mais non le gauche. Même état de la sensibilité générale.
21 août. Retour des accidents encéphalopathiques. Somnolence. Raideurs. Plusieurs attaques épileptiformes dans la journée et dahs la nuit. Sirop de chloral, 3 grammes.
23 août.' Coma avec déviation conjuguée de la tête et des yeux à droite* Insensibilité; résolution générale.
Dans la journée, paroles incohérentes? On est obligé d’employer la camisole de force : délire professionnel. On voit très-nettement qUe tout le côté gauche est contracturé et complètement insensible aux excitations (pincements, piqûres, etc.) ; les mêmes excitants, appliqués du côté droit, arrachent des cris et provoquent des mouvements.
2 h août. Le malade répond à peu près aux questions qui lui sont posées*
26 août. Nouvelle attaque de coma, interrompue par des convulsions et du délire? le côté gauche est contracturé.
27 août. Nouvelle amélioration; l’intelligence revient? douleurs abdominales; la respiration est gênée; signes de congestion aux deux bases du poumon , vingt ventouses sèches.
28 août. Mieux sensible; lé malade se plaint du côté gauche? qui est raide et Contracturé; pas dé déviation sensible de la face. Insensibilité du côté gauche; il ne Voit rien de l’œil gauche ; urines abondantes; Un peu de constipation; lahgUe sâbürralè; apyrexie.
29 août. Le malade raconte qu’il a été pris, celte nuit, d’un tremblement d’un quart d’heure environ dans la jambe gaüche; le matin, raideur de là jambe gauche.
30 août. Amélioration ; les mouvements sont revenus dans la jambe et le pied* La sensibilité a reparu jurqu’au genou.
Dette observation nous a été communiquée par M. Piogey, externe des hôpitaux* qui l’avait recueillie, jour par jour, dès l’entrée du malade.
Au 1er janvier, nous fûmes chargé de suppléer M. le docteur Oulmont. Le nommé M... ne présentait plus alors qu’une hémiplégie gauche du corps, portant à la fois sur la motilité et la sensibilité. Lorsqu’il essayait dé marcher, il boitait et se sentait plus faible de la jambe gauche; la pression produite par la main gauche était notablement inférieure à celle qu’il pouvait pro* düire avec la main droite; il n’y avait point de trouble des mouvements des yeux hi des paupières; les papilles étaient égales.
La sensibilité avait disparu dahs presque tout le côté gauche. Elle existait encore, affaiblie, à la pulpe des doigts, à la face interne du bras. En ces points, les excitations, pour être perçues, devaient être assez vives; elles ne l’étaient, en outre, qu’avec un retard appréciable. Tous les autres points pouvaient être irrités, pitteés, piqués, non-seulement sans que le sujet
Enfin, j’ai vu avec plaisir que, dans la Commission instituée par M. le ministre de l’instruction publique pour l’hygiène des bâtiments scolaires, figure un assez grand nombre de nos confrères très-compétents et qui ne peuvent apporter que des lumières précieuses dans lès travaux de cette commission.
La dernière assemblée générale de l’Association des médecins de France me semble avoir eu, cette année, plus de retentissement que les années précédentes, Outre que les principaux ournaux de médecine. de Paris et des départements eh ont fait iin compte rendu favorable (1), c’est avec une vive satisfaction que j’ai lu dans un journal de la grande Presse une appréciation très-élogieuse de celte institution. Deux fois le spirituel et savant directeur de la partie scientifique du Constitutionnel, M. lé docteur Hector George, a bien voulu s’occuper de notre Association de la façon la plus bienveillante, comme on pourra le voir par les citations suivantes, d’où j’élague tout ce qui s’adresse directement aux personnes,
Et d’abord, écoutons ce que dit notre confrère de ce qu’il appelle spirituellement la méde decine obligatoire, pour certains Clients d’une exigence farouche :
® . Suivant ces clients, un médecin n’est pas un citoyen comme un autre. Du jour où
il exerce sa profession dans une localité, il cesse de s’appartenir ; il ne doit pas se reposer quand, après une journée de travail, la fatigue le ramène chez lui; il ne doit pas être indisposé, il ne doit pas avoir faim, et, aux heures des repas, il lui est interdit de s’attarder à la
farr) Un journal de médecine de province qui a exécuté un véritable tour de
secrétaire C0“P.te assez complètement de cette séance sans prononcer le nom du
secrétaire général et sans faire aucune allusion à son rapport.
perçût aucune douleur, mais sans même qu”il en eût conscience ; il en est de même des muqueuses de la moitié droite de la bouche, de la narine correspondantè, de la conjonctive et de la cornée. Les sens spéciaux étaient également affectés ; des substances amères, telles que l’aloès et la coloquinte, ne produisaient aucune sensation appliquées sur la moitié gauche de la langue; il en était de même des substances odorantes; si on avait soin de boucher la narine droite, elles ne donnaient lieu à aucune sensation; l’audition de l’oreille gauche était abolie.
En un mot, il s’agissait d’un cas d’hémiplégie du mouvement et de la sensibilité; cette dernière nous paraissait en tout point comparable à celle si fréquemment observée chez lés hystériques et dans les affections cérébrales, dont le siège a été bien déterminé par Turck et M. Charcot. Nous avons voulu pousser plus loin l’étude de nos malades : nous avons prié MM. Landolt et délié d’examiner particulièrement la vue et l’audition, et de nous indiquer les ressemblances et dissemblances que pouvaient présenter les troubles de ces appareils avec ceux qu’ils avaient étudiés avec soin chez les hystériques.
M. Gellé a constaté que l’ouïe était intacte à droite et qu’elle avait disparu à gauche. Gè résultat fut attribué à une oblitération de la trompe d’Eustache de ce côté ; en effet, après le cathétérisme de ce conduit, le malade put percevoir le tic-tac d’une montre à une distance dë 5 centimètres de l’oreille.
M. Landolt examina les yeux de notre malade le 8 janvier. Ils ne présentent extérieurement rien d’anormal, leurs mouvements sont libres. L’oèil gauche distingue à peine les doigts de la main; il ne reconnaît pas les couleurs, qüi paraissent toutes d’un gris dé nüance variable; son champ visüel n’a pu être déterminé, à cause de la faiblesse de la vue. L’œil droit compte les doigts à 4 mètres et demi et avec une certaine difficulté. Le roUgè est la couleur la mieux perçue; le vert est perçu également; le bleu et le violet semblent noirs; le jaune parait blanc, et l’orange tantôt rouge, tantôt orange. La configuration du champ visuel est normale, mais il est peu étendu; ses limites sont, eh haut, 55°; en haut et en dehors, 65°; en dehors, 85°; èn dehors et en bas, 85°; en bas, 42"; en dedans et en bas, 84°; en dedans, 35°; en dedans et en haut, 50°. 11 existe deux scotomes circulaires concentriques, dont l’un s’étend à peu près du 25° au 30°, et l’autre du 40° au 70°. Nous soupçonnions déjà l’existence des points insensibles dans la rétine dès le début de notre examen , en raison de cette circonstance quê le malade , pour distinguer la forme des objets, était obligé de prendre des attitudes variées. A l’ophthalmoscope, les papilles sont d’un rouge grisâtre, les veines dilatées ; en dehors de cëla, rien d’anormal.
On voit, par tout cê qui vient d’être dit, que notre cas avait la plus grande ressemblance avec l’hémianeâthésie hystérique ; restait à savoir si le traitement produirait les mêmes effets, si l’application des aimants ferait réapparaître la sensibilité, soit momentanément, avec phénomène de transfert, comme cela s’observe chez les hystériques, soit définitivement comme M. Charcot l’a observé dans plusieurs cas d’affection cérébrale. Ne disposant point des appareils nécessaires, nous fîmes conduire, le 12 janvier, notre malade au laboratoire de M. Char-
table de sa famille; pour lui, plus de répit, plus de besoins matériels à satisfaire; comme le Juif-Errant, il faut qu’il marche sans cessé, qu’il marche sans jamais s’arrêter; et, superbe inconséquence 1 il n’a pas le droit d’être hors de chez lui, quand il plaît à un client de hasard de venir l’y chercher. Sinon, gare au tapage ; on heurte avec violence à sa porte, on se répand en injures contre lui; on réclame l’intervention du commissaire de police pour le faire marcher, etc.
« Eh bien l mais oui, c’est comme cela ; oui, c’est de la médecine obligatoire et généralement gratuite. Il n’y a donc pas à s’étonner que la plupart des médecins meurent avant l’âge, et ne laissent ordinairement à leur famille d’autre patrimoine que le souvenir de leurs sacrifices. »
Ce tableau, pris sur nature , conduit naturellement notre honoré confrère à indiquer et à rappeler les motifs de la création de l’Association générale, dont les fondateurs ont trouvé sous sa plume un éloge bien flatteur.
M. Hector George continue ainsi ;
« Dans le mouvement général qui se produit pour l’amélioration de la santé universelle, et dont le Corps médical est l’agent le plus important et le plus dévoué, le public s’habitue trop facilement à défendre les intérêts de tous, excepté ceux du médecin. Il semble que le médecin doive à tous son temps, sa santé, sa vie, et qu’il ne puisse rien exiger en échange. D’un côté tous les droits, de l’autre tous les devoirs. Et quand le médecin réclame ses honoraires, on .est souvent tenté de lui dire comme Cousin, ministre bien renté, à un pauvre professeur réclamant une augmentation :
« — Monsieur, vous étés donc un homme d’argent?
« Et pourtant, il arrivé bien des fois que le service rendu par le médecin, quel que soit
cot, à la Salpêtrière. L’application de l’aimant eut lieu sous sa direction, en présence d’un certain nombre d’élèves. M. le professeur Trélat assistait également à l’expérience. Nous relatons avec soin toutes ces circonstances, peu importantes en d’autres occasions, qu’il est cependant U[iie de rapporter, parce que les guérisous observées ont été contestées et rapportées soit à la crédulité de l’observateur, soit à un certain état moral du malade. Ce sont là des objections sur lesquelles nous reviendrons un peu plus loin; pour le moment, nous nous contenterons de constater les faits. La main du malade fut placée au contact d’un aimant. Un quart d’heure après, la sensibilité était revenue dans presque toute la moitié gauche du corps. Les seuls points de l’enveloppe cutanée où elle ne fût pas revenue étaient une partie de l’aile gauche du nez et la plante du pied du côté gauche. La moitié gauche de la langue et la moitié correspondante de la muqueuse buccale et pharyngée, la muqueuse nasale du côté gauche, étaient également restées insensibles aux excitants généraux et spéciaux. Une application prolongée de l’aimant sur la main, puis sur la langue, ne changea rien à cet état de choses. M. Landolt, qui assistait à l’expérience, voulut bien se charger d’examiner, séance tenante, les modifications survenues du côté de l’œil.
Avant l’application de l’aimant, nous nous étions assuré que la vision du malade présentait des troubles identiques à ceux que nous avons relatés précédemment. Un quart d’heure après son application, l’œil gauche put compter les doigts de la main à une distance de 4 0 centimètres et distinguer toutes les couleurs. Le champ visuel, qu’on n’avait pu examiner précédement, à cause de la faiblesse de la vue, est de configuration normale et un peu rétréci; il s’étend en haut à 35°, en haut et en dehors à 38% en dehors à 55°, en dehors et en bas à 60% en bas à 55°, en dedans et en bas à 40% en dedans à 45% en dedans et en haut à 38% Le malade indique, en outre, plusieurs parties insensibles aux excitations lumineuses, qui font très-nettement reconnaître un scotome annulaire. L’acuité visuelle de l’œil droit est égale au tiers de la normale, il distingue toutes les couleurs sans hésitation. Son champ visuel s’est agrandie, il s’étend en haut à 55% en haut et dehors à 65, en dehors à 87% en dehors et en bas à 85% en bas à 60% en dedans et en bas à 40°, en dedans à 45% en dedans et en haut à 60°. Il existe deux scotomes annulaires parallèles.
L’amélioration obtenue s’accentue les jours suivants. Le 14 janvier, la sensibilité générale et spéciale de la muqueuse nasale du côté gauche reparaissait. La perle du goût à gauche persistait.
Le 18 janvier, nouvel examen des yeux, qui donna les résultats suivants : l’œil gauche compte les doigts à une distance de 60 centimètrès, toutes les couleurs sont perçues. L’œil droit est emmétrope, son acuité visuelle est de 0,7 à 0,8. Toutes les couleurs sont parfaitement distinguées. Deux scotomes annulaires.
Le 20 janvier, M. Gellé voulut bien procéder à un nouvel examen de l’oreille, et il reconnut que l’ouïe était complètement revenue du côté gauche, que le bruit d’une montre était parfaitement perçu à plus d’un mètre de l’oreille. Nous fîmes à ce distingué confrère cette
le prix dont on le paye, n’est jamais payé ce qu’il vaut et ne saurait l’être par tout l’argent de la terre.
«Or, si l’on considère le sort matériel du médecin, quel triste sujet d’amères réflexions! Nous n’en voulons pour preuves que les documents présentés à la dernière séance de l’Association générale de prévoyance et de secours mutuels des médecins de France et publiés par l’ Union médicale. »
Ici notre méritant confrère énumère les bienfaits rendus par l’Assoeialion générale, et rappelle les. chiffres de secours de toute sorte accordés dans le dernier exercice aux infortunes confraternelles, et termine ainsi :
« N’est-ce pas une chose navrante que ces pensions dont la plupart ne dépassent pas 300 francs, et qui n’atteignent le double qu’à titre exceptionnel? Et si nous regardons quels sont les titulaires de. ces secours, nous trouvons des sexagénaires, des septuagénaires, des octogénaires, généralement accablés d’infirmités, mais en revanche dénués de ressources. Quelques-uns ont connu l’aisance ; mais des infirmités précoces et l’abandon des clients ont bientôt épuisé des économies péniblement amassées. Tel est le cas d’un pauvre médecin absolument perclus et depuis longtemps dans un dénûment extrême. Mais, sachant que d’autres sont peut-être plus malheureux que lui, il ne demande rien ; et il faut que sa femme ait épuisé son dernier sou et que ses amis prennent l’initiative d’une demande pour qu’il soit porté sur la liste des pensionnaires. »
Ce n ést pas à M. Hector George, qui apprécie si justement et qui expose si éloquemment les services rendus par l’Association , qu’il importe de dire : Il y avait quelque chose de plus navran encore que l’exiguïté actuelle de nos pensions viagères, c’était leur absence totale.
objection que la guérison était peut-être le résultat du cathétérisme pratiqué peu de jours auparavant; mais il nous affirma que cette guérison avait été trop rapide, trop complète, pour accepter cette interprétation, et il n’hésita pas à la rapporter tout entière au traitement institué.
La santé du malade paraît s’améliorer, mais nous croyons qu’il s’agit là seulement d’un effet moral, dû à ce qu’il a vu disparaître un des symptômes principaux de sa maladie.
La longue observation dont nous venons d’entretenir la Société, nous a paru intéressante à rapporter, à plusieurs points de vue. L’hémiplégie saturnine, en effet, n’est pas un accident fréquent, et, grâce à l’obligeance de M. Landolt, nous croyons avoir mieux étudié, que la chose n’avait été faite jusqu’ici, les troubles de la vision. Nous ne saurions dire toutefois si, dans tous les cas d’hémianesthésie saturnine, on observera les mêmes particularités; c’est une question que des observations ultérieures portant sur un grand nombre de malades, pourront résoudre,. Quant au traitement des troubles de sensibilité par l’aimant, il n'a pas encore été étudié, à notre connaissance, il mérite d’attirer l’attention; au point de vue thérapeutique et au point de vue pathologique, il complète la ressemblance des hémianesthésies d’origine saturnine avec celles dues aux lésions cérébrales circonscrites ou à l’hystérie.
Il est vraisemblable, ici, qu’il s’agit d’une guérison définitive, comme celte observée dans les affections cérébrales, et non d’une guérison momentanée, ou mieux d’une sorte de déplacement de l’anesthésie, comme on l’observe dans l’hystérie. Les jours qui suivirent l’application de l’aimant, l’amélioration s’accentua; la muqueuse nasale redevint sensible, la vue fut de plus en plus nette; en un mot, cette amélioration qui s’est prononcée tous les jours davantage, nous permet de croire qu’il s’agit d’une guérison durable. Le fait que nous avons rapporté aura à subir les objections alléguées contre les mêmes expériences pratiquées sur les hystériques; on a tour à tour invoqué la simulation des malades, la crédulité des médecins, ou bien encore une certaine attention du malade, qui amènerait le retour de la sensibilité. Nous sommes convaincu que, d’ici peu de temps, ces faits deviendront classiques, et seront acceptés par tous; mais, aujourd’hui, ils soulèvent les critiqués d’hommes éminents, elles doivent nous arrêter.
Notre malade était bien hémianesthésique avant l’expérience ; cette hémianesthésie n’était pas simulée. Il s’agit d’un homme peu romanesque, qui n’a qu’un désir, guérir et sortir de l’hôpital le plus tôt possible. Cet argument, que l’imagination
L’avouerai-je? Il a été un temps,— mais que d’années, que d’années se sont écoulées depuis, alors qu’un panier sous le bras, une canne à pêche à la main, j’allais parcourir en amont ou en aval les méandres de la Seine, ou remonter le cours sinueux de la Marne, et cela immanquablement les dimanches et fêtes, et quelquefois les jeudis, et même les mardis ; oui, dans ces jours fortunés où la prise d’un goujon m’intéressait plus que quelque événement politique que ee fût, eh bien, oui, alors, je crois que j’aurais signé la pétition suivante que des pêcheurs alarmés viennent d’adresser au préfet de la Sarthe :
« Au nom des ouvriers, employés et amateurs des loisirs champêtres, seule et unique distraction du département de la Sarthe pendant la belle saisen où frappe l’interdiction de la pêche.
« Je solliciterai de votre bienveillante bonté de vouloir bien faire, selon votre pouvoir, tout ce qu’il vous sera possible pour permettre aux nombreux amateurs de cette distraction inoffensive, qui vous remercient à l’avance, d’améliorer les conditions de la pêche à la ligne tenue à la main, et de permettre a tout honnête citoyen ayant cette petite passion de ne pas être importuné lorsque, seul sur la rivière, il attend qu’un poisson bien décidé vienne mettre le comble a ses désirs. »
Un très-aimable chroniqueur, a fait précéder et suivre cette supplique d’un commentaire spirituel et ironique. Je la donne telle quelle, dans sa naïveté, tout en plaignant un peu cependant les habitants de la Sarthe de n’avoir pour seule et unique distraction que la pêche à la ligne. Et encore est-elle entravée par quelque arrêté préfectoral.
En fait d’arrêté, le même chroniqueur en a relevé un d’un maire comme on n’en voit pas, heureusement, car, s’il y en avait un comme cela dans chacune des 36,000 communes de France, je prendrais bien vite mes cliques et mes claques pour m’enfuir au pays des Zoulous.
des malades joue le rôle principal en cette affaire, est bien peu valable pour les hystériques et nullement pour un sujet comme celui qui fait l’objet de cette observation. 11 est d’ailleurs un certain nombre de signes qui font écarter toute idée de simulation : notre malade se laisse traverser le bras par des aiguilles, sans accuser la moindre douleur; on introduit des corps étrangers, des substances odorantes dans la fosse nasale gauche sans produire aucun éternument; des expériences analogues ont été faites sur la bouche; la partie gauche du pharynx est excitée sans résultat; des corps étrangers ont été promenés sur la cornée sans produire de clignement. Nous ne. croyons pas qu’il existe de sujet assez maître de ses actions réflexes pour simuler un pareil état pathologique. En Angleterre, Carpenter a attribué les effets de l’aimant et de la métallothérapie, dans l’anesthésie hystérique, à une attention soutenue des malades ( expectant attention). Ici, une pareille explication ne saurait être proposée. Notre sujet ignorait absolument le but que nous nous proposions, il savait seulement qu’on allait l’électriser $ or, depuis plusieurs mois, on l’électrisait avee un appareil faradique , sans aucune espèce de résultat.
Nous irons même plus loin : nous n’âvons pu influencer nous-mêmé le malade, la guérison ayant eu lieu à un moment où nous ne l’attendions guère; voici, en effet, comment les choses se sont passées : Pour répondre aux auteurs qtli soutiennent que l’imagination joue le rôle principal, nous résolûmes de taire d’abord une fausse expérience. La main du sujet fut placée entre les deux pôles de l’électroaimant (de Faraday) sans qu’on les mît en communication avec la pile ; aü bout d’un quart d’heure, la sensibilité était revenue, à la grande stupéfaction du malade et un peu à la nôtre. Que s’était-il passé? Les barres de fer doux de l’appareil } qui servaient depuis un certain temps, s’étaient aimantées, elles attiraient le fer de la façon la plus manifeste, et l’action de l’aimant s’était produite à notre insü. Dira-t-on encore ici que l’imagination de l’opéré et des Opérateurs a joué le rôle principal?
Nous n’ignorons pas que, malgré toutes lés précautions prises, des esprits sceptiques nieront l’hémianeéthésie saturnine et l’influencé que l’aimant peut exercer sur elle. Nous espérons qu’ils Voudront bien, par de nouvelles observations, affirmer celle que nous venons dé publier.
« Arrêté qui intime « 4 tout individu venant s’installer dans la commune d’avoir à déclarer dans les vingt-quatre heures, à M. le maire, son origine, sa parenté, Yhistoire de sa vie, ses moyens d’existence, et surtout ses opinions religieuses et politiques . Si, dans les vingt-quatre heures* cette déclaration n’est pas faite* avec toutes les preuves à l’appui, le délinquant sera chassé de la commune par les gendarmes. » Bien plus, « toute personne établie à X**., et recevant la visite d'un parent ou d'un ami, devra immédiatement courir à M. te maire pour l'en informer, lui révéler fidèlement le caractère de cette personne, et lui demander combien de temps il sera admis à la garder chez lui. Tout délinquant à ce deuxième article de l’arrêté sera passible d’une amende de cinq cents francs, n
Oui, Monsieur, cela se passe en France, dans le département de l’Ain, qui, par ordre alphabétique, est le premier de nos départements, dans une des plus jolies stations hydrothérapiques qui existent, fondée par notre aimable et regretté confrère Vidart, au charmant village de Divonne.
Dr Sim puce.
Des soeurs en contravention. — Les sœurs de Maiche (Doubs) viennent d’être condamnées, par le Tribunal correctionnel de Montbéliard, à 500 francs d’amende pour exercice illégal de la médecine et de la pharmacie.
— ^ Question d’apporter de sérieuses modifications dans le système actuel de recrutement et d enseignement des élèves du service de santé militaire. Le Conseil de santé des armées serait, dit-on, prochainement appelé à donner son avis sur ces modifications.