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DD SALICYLATE DE SODDE ET DE SON EMPLOI DANS L’ACCÈS DE GODTTE

Communication faite h la Société de médecine de Paris, dans la séance du 25 janvier 1879, Par le docteur P. Bouloumié.

Messieurs ,

Vous avez demandé la mise à l’ordre du jour de la question du salicylate de soude et de ses applications thérapeutiques ; aucun de. vous n’ayant pris la parole, je viens, sur l’invitation de notre cher secrétaire général, vous faire part de ce que j’ai observé et de ce que j’ai appris sur ce sujet, afin d’engager la discussion et de provoquer ainsi vos savantes observations.

Me trouvant tous les ans, à Vittel, en relation avec un grand nombre de goutteux et assistant pendant l’hiver aux recherches qui se poursuivent dans les services de clinique et autres des hôpitaux de Paris, j’ai réuni une série de documents qui m’ont permis de me faire sur la question les opinions que je vais avoir l’honneur de vous soumettre.

l’évolution : à la suite d’une déviation trophique par hypérémie, apparaît un nodule : c’est la granulation. En se groupant les granulations forment le tubercule, qui passe ensuite par la coloration jaune, se ramollit et donne naissance aux cavernes. Autour des parois de ces dernières se forme ce que Laënnec appelle l’infiltration tuberculeuse ; la fièvre s’allume chez le tuberculeux sous l’influence de l’impétus fébrile, il se produit une telle masse d’éléments tuberculeux dans un temps trop court, qu’ils ne peuvent prendre la forme sphérique qui leur est habituelle. Ils s’agglomèrent, comme le dit le professeur Charcot, en masses amorphes, ramollies, caséeuses, et voilà ce qu’on a nommé la pneumonie caséeuse.

Traube a écrit que la pneumonie caséeuse était le passage de la pneumonie franche à l’état chronique ; c’est une erreur. La pneumonie ordinaire, en devenant chronique, s’indure ou suppure, mais jamais ne détruit le poumon par caséification.

Quand donc Niemeyer a dit que le plus grand malheur qui pouvait arriver à un phthisique était de devenir tuberculeux, il a dit précisément le contraire de ce qu’il fallait dire, à savoir, que le plus grand malheur qui peut arriver à un tuberculeux, c’est de devenir phthisique. Ayant rencontré des granulations dans une pneumonie caséeuse, il a cru que les granulations étaient consécutives à la pneumonie. Il n’a pas vu l’ordre de l’évolution , et il l’a simplement interverti. — M. L.

Muséum. — Par décret en date du 12 mai 1879, rendu sur la proposition du ministre de l’instruction publique et des beaux-arts, M, Van Tieghem, membre de l’Institut, maître de conférences à l’École normale supérieure, a été nommé professeur titulaire de la chaire de botanique (organographie et physiologie végétale), vacante an Muséum d’histoire naturelle par suite du décès de M. Adolphe Brongniart.

L'UINION MÉDICALE.

Pour y arriver :

1° J’ai administré le salicylate ;

2° J’ai interrogé les malades qui en avaient fait usage ;

3o j’ai demandé aux maîtres et aux praticiens leurs appréciations.

Mes observations personnelles datent, pour la plupart, de 1877. Je ne citerai pour l’instant, que les trois cas qui m’ont le plus frappé :

Le premier est celui d’un malade qui arrivait à Vittel au début d’un accès de goutte, et, par conséquent, dans des conditions telles que je ne pouvais lui faire suivre le traitement hydrominéral avant un temps très-long selon toute apparence, car les accès, chez lui, duraient six semaines environ.

Avec l’assentiment de mon regretté maître, le professeur Hirtz, médecin du malade, je prescrivis le salicylate de soude à la dose de 6 grammes, à prendre en six paquets, un de deux en deux heures, en recommandant d’ingérer, après chaque dose, un verre d’eau, de tisane ou de lait.

Mon malade était un homme de 60 ans, parfaitement constitué, qui avait présenté des accidents hépatiques et quelques douleurs néphrétiques légères antérieurement, mais qui ne présentait plus depuis plusieurs années que des manifestations articulaires aiguës de la diathèse, des accès de goutte annuels, survenant au printemps, durant de six semaines à deux mois, et quelques troubles de la miction qui me firent penser à l’existence possible d’une pierre vésicale. (Il y en avait une, en effet; elle a été depuis directement constatée et extraite par la lithotritie.) Il n’y avait ni sucre ni albumine dans les urines (1).

L’état gastrique assez accusé que présentait le malade avait été combattu par un laxatif et la diète. *

Après ingestion de la quatrième dose de salicylate survinrent : de la douleur épigastrique, du météorisme, des renvois gazeux insipides, d’abord, puis du hoquet. Le médicament fut suspendu jusqu’à la nuit et repris à huit heures et à onze heures. Le mouvement fébrile qui survenait dans la soirée fut le même que la veille, le sommeil fut peu profond, interrompu, les douleurs articulaires non atténuées. Les douleurs gastriques reparurent et durèrent deux heures environ après l’ingestion de la dernière dose; il n’y eut pas de phénomènes physiologiques vraiment pénibles, je notai seulement : sensations céphaliques mal caractérisées; urines rares.

Le lendemain, je prescrivis un lavement laxatif (le malade n’ayant pas eu de selle depuis l’avant-veille, jour où il avait pris un laxatif) et de nouveau 6 grammes de salicylate et de l’eau de Vichy (source des Célestins), une bouteille, à prendre en six doses égales, une après ingestion de chaque cachet de salicylate, cette eau étant le remède préféré du malade quand il souffre de l’estomac. Les mêmes troubles gastriques que la veille se produisant avec une intensité croissant avec la quantité du médicament, je dus suspendre la médication instituée, après la quatrième dose de salicylate. La douleur carpienne fut moins vive pendant la nuit que la veille, et il y eut de légers bourdonnements d’oreilles; le mouvement fébrile ne fut pas modifié, les urines furent rares et légèrement ictériques. Le lendemain, la constipation persistant, et un ictère sous-conjonctival se manifestant en même temps que de la tuméfaction du foie et un embarras gastrique très-prononcé, je fis prendre : eau d’Huniady Janos, 3 verres à bordeaux, à un quart d’heure d’intervalle. Il y eut deux selles dans la matinée et une dans la journée. Dans la soirée se manifesta une amélioration notable du côté de l’état général, du côté des voies digestives et des articulations carpiennes.

(1) Pénétré profondément de cette pensée que les troubles urinaires ont une influence trèsgrande sur les déterminations articulaires de la diathèse et du danger inhérent à la présence d une pierre dans la vessie, alors même qu’elle ne se manifeste que par des symptômes peu accusés, j’ai fait tous mes efforts pour décider le malade à une opération qu’il redoutait extrêmement et dont il ne voyait pas la nécessité immédiate. J’ai appris récemment qu’il f?fr.1\et ^’evspère <Iue le traitement de la goutte pourra, dès lors, être efficace, alors q r s-probablement complètement échoué avant l’extraction de la pierre.

A dater de ce jour, il y eut diminution progressive des symptômes d’ordre hépatique, persistance de l’embarras gastrique, cependant moins intense qu’auparavant, persistance de la constipation, d’une hyperthermie légère le soir et des douleurs articulaires subaiguës, envahissement successif du poignet droit, du pied droit (articulations tarsiennes et métatarso-phalangienne du gros orteil), du pied gauche (mêmes articulations) du genou droit et du ;genou gauche. L’application de laudanum, de vésicatoires volants à l’ammoniaque, et l’administration de quelques doses de quinine et de colchique terminèrent la crise aiguë après vingt jours de durée. Il restait de la gêne, de l’endolorissement et de la tuméfaction du côté des parties atteintes, symptômes que je comptais voir disparaître comme après les accès antérieurs. J’ai appris depuis que, malgré la moindre durée de la période aiguë, la convalescence avait été plus lente qu’elle ne l’était habituellement.

Le deuxième cas est celui d’une dame qui, à la même époque, juin 1877, m’était adressée à Vittel avec le diagnostic de rhumatisme goutteux; les articulations carpiennes, carpo-métacarpiennes, malacarpo-phalangiennes et inter-phalangiennes étaient douloureuses et tuméfiées. Le début de la maladie remontait à six mois; sa marche était rémittente; je l’observais au début d’une exacerbation, accompagnée d’un très-léger mouvement fébrile. Je prescrivis le salicylate de soude à la dose de 4 grammes par jour en 6 paquets, à prendre de deux en deux heures dans la journée. Après deux jours de traitement, une amélioration sensible se manifestait ; l’exacerbation avait été arrêtée, les douleurs spontanées avaient disparu, mais la tuméfaction et les douleurs durant les mouvements actifs persistaient. Continué pendant plusieurs jours encore, le salicylate ne donna plus d’autres résultats. Il avait modifié l’état subaigu, il était sans action sur l’état chronique.

Quelque temps après, un rhumatisant ayant contracté une entorse grave, et pensant faire disparaître en même temps la douleur et le gonflement, avait mis son pied sous la chute d’une fontaine, et l’y avait laissé pendant un temps assez long; le soir même, il était pris de fièvre et de douleurs très-violentes dans le pied malade, avec gonflement et rougeur; le lendemain, le genou se prenait à son tour. Ayant été appelé quatre jours après le début des accidents, je constatai : état fébrile, embarras gastrique, constipation, rougeur du genou et du pied droit, accompagnée de douleurs, spontanées, exagérées par la pression et le mouvement. Rien au cœur, rien dans les urines. Insomnie complète depuis le début. Je prescrivis un léger purgatif salin ; puis, dans la journée, salicylate de soude, 6 grammes en 6 paquets, à prendre : 4 d’heure en heure, 2 de deux heures en deux heures, et, pour le lendemain : salicylate de soude, même dose, mais à commencer dès le matin.

Dans la nuit qui suivit l’ingestion des premières doses, il n’y eut aucun changement ; il y eut quelques bourdonnements et de la céphalalgie ; dès la première partie de la deuxième nuit, il y eut diminution des douleurs, et, malgré les bourdonnements d’oreilles, le sommeil survint, et dura deux heures environ. La médication, continuée pendant trois jours à la même dose, amena la disparition complète des douleurs du genou, ainsi que des douleurs rhumatismales qui, dans le pied, avaient compliqué celles de l’entorse. Le salicylate fut continué pendant deux jours à la dose de 5 grammes ; puis encore, pendant un jour, à la dose de 4 grammes. Le rhumatisme ne reparut pas.

Ces trois observations, recueillies par moi à peu près au même moment, m’ont paru d’autant plus intéressantes à vous citer qu’elles donnent pour moi la mesure de ce que l’on est en droit d’attendre de l’emploi du salicylate dans des cas analogues.

Peu après ma tentative de traitement de l’accès de goutte par le salicylate, je lisais, dans les comptes rendus de l’Académie, les brillants résultats obtenus par M. le professeur Sée. Je suspendis dès lors mon appréciation et j’attendis, pour faire de nouveaux essais, de m’être plus complètement renseigné sur la valeur et l’innocuité de la nouvelle médication. (4 suivre.)

Sé*nce du 13 mai 1879.— Présidence de M. Richet.

CORRESPONDANCE OFFICIELLE

M. le ministre de l’agriculture et du commerce transmet :

1° Le compte rendu des maladies épidémiques observées, en 1878, dans les départements des Vosges, du Gard, de l’Ain, de l’Aveyron, de la Manche, de la Haute-Loire, de la Drôme, de l’Ariége. (Com. des épidémies.)

2° Les rapports de MM. les médecins-inspecteurs des eaux minérales de Guagno (Corse), d’Aix-les-Bains, de Brides et Salins, de Capvern, de Bagnols (Lozère). — (Com. des eaux minérales.)

La correspondance non officielle comprend des lettres de MM. les docteurs Ernest Besnier, Brouardel, Gallard, Léon Colin, qui se portent candidats dans la section d’hygiène et de médecine légale.

M. Devilliers présente, au nom de M. le docteur Gallard : 1° Le compte rendu officiel du dernier Congrès de médecine légale et d’hygiène ; — 2° le deuxième fascicule du tome Ve des Bulletins de la Société de médecine légale.

M. Rochàrd présente, au nom de M. le docteur Bérenger-Féraud, un volume intitulé : Les • peuplades de la Sénégambie. Ethnographie, mœurs et coutumes, légendes, etc.

M. Lasègue présente : 1° Un exemplaire de la nouvelle édition du Traité de C auscultation médiate de Laënnec, précédée d’une Introduction rédigée par MM. les professeurs de la Faculté de médecine. — 2° Au nom de M. le docteur Boucomont, un ouvrage intitulé : Les eaux minérales d'Auvergne.

M. Bodley offre en hommage le premier volume des Bulletins de la Société d’hygiène •publique.

M. Depaiîl présente, au nom de M. le docteur Riembault (de Saint-Étienne), un travail manuscrit intitulé : De l’ encombrement charbonneux des poumons chez les houilleurs. Ce travail est renvoyé à l’examen d’une commission composée de MM. Bouillaud, Parrot, Delpech.

M. Güeneau de Mussy offre en hommage une brochure intitulée : Deux observations d’hé miglossite, suivie de réflexions sur la pathogénie de cette affection.

M. Poggiale présente au nom de l’inventeur, M. Lear, un appareil destiné à faire respirer de l’air pur dans un milieu qui ne contient pas d’air respirable.

M. Colin met sous les yeux de ses collègues des pièces pathologiques constituées par le squelette de deux lapins auxquels il avait inoculé de la matière tuberculeuse et chez lesquels cette inoculation a provoqué l’explosion d’une tuberculose généralisée à tous les appareils de l’organisme : peau, muscles, os, synoviales articulaires, synoviales tendineuses et autres membranes séreuses, telles que le péritoine^ les plèvres, les méninges, etc,, ainsi qu’à la plupart des viscères : reins, rate, poumons, le foie excepté,

Ce fait, dit M. Colin, est remarquable en ce qu’il montre l’inoculation de la matière tuberculeuse déterminant la formation d’une véritable diathèse, avec généralisation dans tous les appareils et tissus de l’économie,

M. Pasteur, à l’occasion du procès-verbal de la dernière séance, lit une note dans laquelle il cherche à justifier, par des citations empruntées à l’ouvrage de Jenner, l’opinion qu’il avait exprimée, savoir, que le grease de Jenner, lorsqu’il se communique aux hommes, provoque des manifestations morbides assez graves, bien plus intenses en général que quand il revient de la vache aux hommes, opinion contredite par MM. Bouley et Depaul.

*/* LDJS fait une très'intéressanle communication sur le Dédoublement des fonctions céridfTter* ‘ ^monir^ 'Par l'anatomie et ta physiologie. L’heure avancée n’a pas permis à M. Luys . . lner sa communication ; il la continuera et l’achèvera dans la prochaine séance.

Voie! le résumé de la première partie de ce travail :

« En résumé, les principaux détails que j’ai l’honneur d’exposer devant l’Académie se condensent dans les propositions suivantes :

1° Dans les conditions normales du fonctionnement du cerveau, les hémisphères sont doués d’une certaine autonomie.

2° L’hémisphère gauche, plus hâtif dans son développement, est aussi celui qui présente le plus de masse. En général, il surpasse son congénère de 5 à 7 grammes normalement en poids.

3° Si les lobes cérébraux, au point de vue de certaines opérations psychiques d’ensemble, agissent d’une façon synergique, il existe par contre un certain nombre de circonstances dans lesquelles cette synergie cesse d’exister. Ainsi, dans l’action d’articuler des sons et de tracer de la main droite des caractères graphiques, dans le langage oral ou dans le langage écrit, c’est l’hémisphère gauche seul qui entre en action.

h° Dans l’action de jouer des instruments de musique et du piano en particulier, la culture crée des conditions artificielles de l’activité cérébrale, en vertu desquelles chaque lobe agit isolément, d’une façon indépendante de son congénère, non-seulement au point de vue des phénomènes psycho-moteurs, mais encore au point de vue des opérations mentales, pour lire la musique, assembler des souvenirs, accomplir des opérations de jugement et ordonner des actes moteurs coordonnés. »

M. le docteur Armand Paulin présente à l’Académie des fragments de cerveau humain préparés d’après une nouvelle méthode. Son procédé permet :

1° D’obtenir ensemble l’arachnoïde et la pie-mère cérébrale, avec les prolongements que cette dernière envoie dans l’intervalle des circonvolutions ;

2° De montrer la distribution de la substance blanche dans les circonvolutions, et son épanouissement en éventail jusque dans les couches superficielles de l’écorce grise ;

3° De diviser cette substance blanche en couches plus ou moins épaisses, qui peuvent ellesmêmes se subdiviser en lamelles; on pourrait ainsi décomposer le cerveau en un nombre infini de feuillets;

4° D’étudier le mode de stratification de ces lamelles, leur enroulement autour des circonvolutions, et les dispositions extrêmement variées qu’elles peuvent présenter suivant les régions ;

5° De rendre très-visible la bande blanche, décrite par Vicq-d’Azyr, dans l’épaisseur de l’écorce grise, et de montrer que cette disposition, comme l’avait du reste indiqué cet anatomiste, n’existe qu’au niveau de la postérieure de la grande fente cérébrale, dans les circonvolutions que sépare la faux du cervelet;

6° D’enlever toute l’écorce grise du cerveau, de manière à ne conserver que la substance blanche, ce qui permettrait, sur un hémisphère entier ainsi préparé, d’étudier dans son ensemble la masse blanche centrale avec ses prolongements dans les circonvolutions ;

7° De démontrer que la couche superficielle de l’enveloppe grise du cervelet peut s’enlever facilement dans toute son étendue, sans entamer la couche sous-jacente. Il semble qu’il n’y ait entre les deux couches qu’une simple superposition. Cette lame superficielle peut s’enlever également dans l’intervalle des feuillets de l’arbre de vie, en laissant entre eux des sillons plus ou moins profonds. Le cervelet se décompose aussi, comme le cerveau, en lamelles plus ou moins épaisses ;

8° D’étudier dans ses détails le faisceau des fibres convergentes postérieures, indiquées par M. Luys, dans l’épaisseur du lobe occipital. On voit que cette bande , dont les contours sont nettement limités, commence en pointe vers l’extrémité du lobe pour aller en s’élargissant à mesure qu’elle s’approche de la couche optique et du corps strié, où elle acquiert une largeur de 5 millimètres. Elle tranche très-nettement, par sa coloration blanche, sur la teinte légèrement grisâtre du reste de la préparation, On peut constater sur certaines coupes que, vers l’extrémité postérieure du ventricule latéral, elle se divise en deux branches trèsdistinctes : l’une, interne, plus petite, plus mince, qui se recourbe en bas et en dedans pour se diriger vers le bourrelet du corps calleux, où elle semble se perdre en partie ; — l’autre, externe, plus volumineuse et plus longue, qui traverse la couche optique pour se continuer rès-manifestement avec la capsule interne du corps strié.

Les dispositions de cette bande, et les particularités relatives au cervelet et à la distribution amelleuse de la substance blanche, se voient très-distinctement à l’œil nu, sans l’aide d’aucun instrument.

— La séance est levée à cinq heures.

SOCIÉTÉ DE CHIRURGIE

Séance du 7 mai 1879. —Présidence deM. Tarnier.

Sommaire. — Rapport sur une observation de ligatura de la carotide interne pour un cas d’hémor

rhagie causée par l’avulsion d’une dent. — Suite de la discussion sur l’ostéo-myélite. — Présenta'

tation de malade : Ligature de l’artère ischiatique .

M. Farabeuf lit un rapport sur un travail adressé par M. Aymard, médecin principal de lr* classe, et relatif à une observation de ligature de la carotide primitive pratiquée pour un cas d’hémorrhagie incoercible survenue à la suite de l’avulsion d’une dent chez un hémophilique.

Le sujet de l’observation est un militaire qui avait déjà eu, également à la suite de l’avulsion d’une dent molaire, une hémorrhagie qui n’avait pu être arrêtée que par la cautérisation au fer rouge. Le malade, Français d’origine, et ayant toujours vécu en France, était, depuis son enfance, sujet à des épistaxis très-fréquentes pour lesquelles son médecin lui avait conseillé l’usage du perclilorure de fer, dont il portait constamment sur lui un petit flacon lorsqu’il allait sé livrer aux travaux des champs.

Malgré cette fâcheuse disposition aux hémorrhagies et les résultats d’une première expérience, le malade ne craignit pas de s’exposer une seconde fois au danger de l’avulsion d’une dent. L’hémorrhagie qui suivit résista à tous les moyens ordinaires successivement employés, tels que : le tamponnement de l’alvéole avec du coton imbibé d’eau de Pagliari ou de solution de perclilorure de fer; le fer rouge, etc., etc. De guerre lasse, M. Aymard crut devoir recourir à la ligature de la carotide primitive, de préférence à celle de la carotide externe, malgré la gravité beaucoup plus grande de la première opération, qu’il n’adopta d’ailleurs qu’après avoir mûrement pesé le pour et le contre, et sur le motif déterminant que la ligature de la carolide primitive expose moins que celle de la carotide externe au danger des hémorrhagies secondaires.

Après l’opération, qui ne donna lieu à aucun accident, le suintement sanguin persista encore quelques jours; l’opéré fut mis à une alimentation fortifiante et à une médication tonique, on lui donna du sulfate de quinine, etc.; bref, le malade se reconstitua rapidement et quitta l’hôpital, parfaitement guéri.

L’examen des urines, après l’opération, montra l’existence, dans ce liquide, d’une certaine quantité d’albumine et d’une proportion de A grammes environ de phosphates alcalins. On se demande si la disposition aux hémorrhagies, si remarquable chez ce malade, était due à une lésion particulière des parois vasculaires ou à une altération spéciale de la composition du sang, qui en exagérait la fluidité ; mais il n’est pas facile de répondre à une pareille question, et, jusqu’à présent, on ignore la cause réelle de l’hémophilie.

M. Tillaux sait qu’il est parfois difficile d’arrêter une hémorrhagie produite par l’extraction d’une dent; mais, avant d’en venir à une opération aussi grave que la ligature de la carotide interne, il pense qu’il faudrait épuiser les moyens locaux. Il y a deux ou trois ans, M. Tillaux fut appelé auprès d’un étudiant en médecine pour un accident de ce genre, et il réussit à arrêter l’écoulement du sang en introduisant dans l’alvéole un bouchon de cire maintenu en place pendant vingt-quatre heures environ par la compression à l’aide du pouce; les amis du malade se relayèrent à cet effet, pendant toute la nuit, à tour de rôle. On peut appliquer également une boulette de coton imbibée d’une solution au tiers de perchlorure de fer, et maintenue de la même manière pendant vingt-quatre ou quarante-huit heures s’il le faut. Ces moyens, précédés ou non de la cautérisation au fer rouge, réussissent généralement à arrêter définitivement l’hémorrhagie dentaire.

Étant donnée la nécessité de pratiquer une ligature artérielle, on ne saurait approuver, suivant M. Tillaux, le choix de la ligature de la carotide interne de préférence à celle de la carotide externe, surtout lorsqu’il n’y a pas de doute que la source de l’hémorrhagie est une branche collatérale de la carotide externe; la difficulté de l’opération ne saurait être invqquée comme motif, surtout si on la met en balance avec la gravité de la ligature de la carotide interne; enfin, le danger des hémorrhagies consécutives est bien plus à craindre à la suite de cette dernière ligature qu’à la suite de la ligature de la carotide externe, quoi qu’en dise M. Aymard. M. Tillaux estime donc que, dans le cas dont il s’agit, étant admise l’opportuexte d UDe opél ation cDirurgicale, la seule opération indiquée était la ligature de la carotide

h Ver“euil. Partage entièrement, sur ce point, l’opinion de M. Tillaux. En outre, il pense qu il est difficile de savoir si le malade en question était hémophilique, attendu que nous ignorons complètement en quoi consiste la maladie désignée sous le nom d'hémophilie. Ce que

. erneuil a retenu de l’observation, c’est que le sujet était albuminurique ; or, on sait

combien ces malades sont exposés aux hémorrhagies incoercibles. Il lui semble donc rationnel de rapporter, dans ce cas, l’hémorrhagie à l’albuminurie.

Était-il nécessaire de recourir à la ligature de la carotide? Pas le moins du monde. Et la preuve, c’est que l’hémorrhagie a persisté après la ligature, et qu’elle n’a cessé que lorsqu’on s’est avisé de donner au malade du sulfate de quinine, moyen admirable, comme l’expérience l’a montré bien des fois, d’arrêter ces sortes d’hémorrhagie.

M. Magitot n’a jamais vu le bouchon de cire arrêter l’hémorrhagie alvéolaire; pour lui, il se sert avantageusement d’un bouchon fait avec de la gulta-percha mélangée avec de la charpie et du coton, substance élastique qui se maintient d’élle-même dans l’alvéole, sans que le chirurgien ait besoin d’intervenir par la compression à l’aide du doigt.

M. Léon Le Fort partage l’avis de M. Tillaux sur la défectuosité du choix de la ligature de la carotide interne de préférence à celle de la carotide externe, dans le cas dont il s’agit. Bien plus, il serait absolument opposé même à la ligature de la carotide externe, s’il est vrai qu’il s’agit d’un véritable hémophilique. C’était courir, en effet, au devant d’une épouvantable hémorrhagie que de faire une opération sur un pareil sujet. Quant aux moyens locaux, M. Le Fort estime que le bouchon de cire est un mauvais moyen ; il laisse passer le sang par les parties latérales et n’arrête rien, car il n’adhère pas aux parois de l’alvéole. Le bouchon en gulta-percha indiqué par M. Magitot semble à M. Le Fort de beaucoup préférable, parce qu’il adhère aux parois de la cavité alvéolaire.

M. Desprès dit avoir réussi plusieurs fois à arrêter l’hémorrhagie alvéolaire à l’aide du bouchon de cire, en ayant soin de faire exercer la compression par les mâchoires du malade lui-même.

M. Farabeuf répond gue M. Aymard a fait, en ce qui concerne les applications locales, à peu près tout ce qu’il était possible de faire pour arrêter l’hémorrhagie; peut-être, cependant, s’est-ll trop hâté de recourir à l’opération, et a-t-il eu tort de préférer la ligature de la carotide interne à celle de la carotide externe. Mais il a pour lui, en somme, l’argument du succès, ce qui est bien quelque chose.

Quant au malade, il paraît difficile de contester qu’il fût hémophilique, ayant toujours été, dès son enfance, prédisposé à toutes les formes d’hémorrhagie. Il était particulièrement sujet aux épistaxis puisque, d’après le conseil de son médecin, il portait constamment sur lui un flacon de perchlorure de fer pour s’en servir au besoin. Enfin, relativement à la question du danger des opérations pratiquées sur de pareils sujets, M. Farabeuf croit qu’il existe des documents tendant à montrer que l’on peut impunément, chez les hémophiliques, lier une artère ou pratiquer une saignée.

M. Le Fort fait remarquer que l’hémophilie est trop rare pour qu’il soit possible de réunir des documents statistiques capables de résoudre la question ; à défaut de ces documents, il faut avouer que le raisonnement est plutôt défavorable que favorable à l’opportunité des opérations chez de pareils sujets.

Discussion sur l'ostéo-my élite. — Cette discussion se poursuit parallèlement à P Académie de médecine et à la Société de chirurgie ; et, dans l’une comme dans l’autre de ces Sociétés savantes, les orateurs paraissent être loin de s’entendre non -seulement sur le fond des choses, mais encore sur les mots.

A la Société de chirurgie, tandis que MM. Lannelongue et Trélat luttent avec courage et persévérance pour faire adopter une dénomination générale, celle d’ostéo-myélite, comprenant toutes les variétés d’ostéite admises par les auteurs, en face de cette tentative fusionniste se dresse la phalange compacte des séparatistes, représentés par MM. Marjolin, Tillaux, Berger, Desprès, etc., qui, rangés sous la bannière de M. Gosselin, veulent maintenir énergiquement les divisions anciennes, ne consentent à désigner sous le nom d’ostéo-myélile que les inflammations osseuses compliquées d’altération des éléments médullaires contenus dans le canal central, et refusent le nom de moelle aux éléments histologiques analogues disséminés sous le périoste et dans les canaux de flavers. Pour les fusionnistes, tout, jusqu’à la périostite, est de Postéo-myélite ; pour les séparatistes, au contraire, il y a lieu de distinguer de l’ostéomyélite non-seulement la périostite, mais encore les abcès sous-périostiques, l’ostéite épiphysaire ou juxta-épiphysaire ; bref, toutes les variétés d’ostéite non compliquées de phlegmasie du canal médullaire.

C’est entre ces deux courants parallèles et marchant en sens contraire que se poursuit la discussion. On a entendu, dans cette séance, M. Trélat pour la fusion et M. Desprès pour la séparation. Aucun argument inédit n’a été produit pour ou contre. Nous attendons la fiu pour résumer brièvement toute cette argumentation qui se prolonge sans avancer sensiblement, du moins à notre avis, et nous pensons que la discussion pourrait maintenant se terminer provisoirement, sauf à être reprise lorsque des documents nouveaux auront été recueillis qui permettront de faire faire un pas de plus à cette question.

— A la fin de la séance, M. Tillaux a présenté un jeune malade chez lequel il a pratiqué avec un succès complet, la ligature de l’artère ischiatique pour un anévrysme développé \ là suite d’une chute sur le bassin.

Dr A. Tartivel,

M. A. de l’établis, hydrothérapique de Bellevee

FORMULAIRE

Gargarisme rosse

Acide phénique Acide tannique.

Alcool ... » .

Eau distillée . .

Faites dissoudre. — Üne cuillerée à café dans un demi-verre d’eau, pour gargarisme, une fois par jour. — Cette solution est très-employée en Russie, à titre d’agent substitutif, au début de l’angine aiguë et dans les inflammations chroniques de la gorge. — N. G.

Éphémérides Médicales. — 15 Mai 1712.

Le célèbre chirurgien Méry envoie à l’autorité, qui le lui demande, le tableau des malades qui se trouvent maintenant à l’Hôtel-Dieu de Paris :

Salles des hommes.

Salles des femmes.

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