‹ L'Union médicaleChapitre 135 sur 176 · KO · texte numérisé non relu

KO

Saint-Pierre et Saint-Paul . . . .

Saint-Jean .

Saint-François . .

Saint- Landry ......

Saint-Yves . .

Sainte- Martine . . . . .

Saint-.Térômp. .

Sainte-Reine .

Les Tailles. , . . . .

Total...

Total... 794

Total général..

. 1,402. — A. Ch.

COURRIER

Faculté de médecine de Paris. — Par arrêté du ministre de l’instruction publique et des beaux-arts, en date du 10 mai 1879, la chaire de matière médicale et thérapeutique de la Faculté de médecine de Paris a été déclarée vacante.

Un délai de vingt jours, à partir de la publication de cet arrêté, est accordé aux candidats pour produire leurs titres.

— En exécution de l’arrêté préfectoral en date du 15 février 1879, approuvé le 20 du même mois par le ministre de l’intérieur, qui règle le mode de recrutement du personnel médical attaché au service du traitement à domicile, le directeur de l’administration générale de l’Assistance publique a l’honneur d’informer MM. les médecins du XIVe arrondissement que, le dimanche 30 mai 1879, il sera procédé, dans une des salles de la mairie, à l’élection d’un médecin.

Le scrutin sera ouvert à midi et fermé à deux heures.

Hôpital du Midi. — M. le docteur Charles Mauriac commencera ses leçons cliniques sur les maladies vénériennes le samedi 17 mai, à 9 heures 1/2 du matin, et les continuera les samedis suivants, à la même heure.

Le 9érant> Richelot.

Paris. Typographie Faux Maitestb et C«, rue des Deux-Portes-Saint-Sauveur, 22.

15 grammes.

L’UNION MÉDICALE Samedi 17 Mai 1879

CLINIQUE MÉDICALE

LEUCORRHÉE (')$

Par le docteur L. Martineau, médecin de l’hôpital de Lourcine.

Parmi les symptômes de la métrite, il en est quelques-uns : la leucorrhée, la métrorrbagie, l’aménorrhée, la dysménorrhée, les déviations utérines, l’adénolymphite, qui prennent parfois un développement tel que, prédominant sur les autres phénomènes symptomatiques, ils attirent plus spécialement l’attention du médecin. Laissant dans l’ombre l’affection dont ils ne sont qu’un des symptômes, ils sont considérés comme constituant une véritable entité morbide, ayant une étiologie et une symptomatologie spéciales, nécessitant un traitement particulier, alors que le plus ordinairement leur guérison est obtenue, rien que par le fait du traitement de l’affection dont ils sont la caractéristique, la métrite. Ces symptômes appartiennent, en effet, à la métrite, et à ce titre leur étude ne saurait être séparée de celle de cette affection. Mais comme ils peuvent se montrer dans le cours d’une autre affection utérine, comme ils peuvent être notamment consécutifs à une lésion des organes annexes de l’utérus, il m’a paru utile d’en faire une description séparée, afin de pouvoir les différencier sous le rapport de leur origine, afin de signaler le traitement spécial qui leur convient en dehors de la métrite.

11 m’a paru utile, en un mot, d’en faire la séméiologie, d’autant plus que la plupart des gynécologues les étudient à part, et en ont donné des interprétations sujettes à de nombreuses critiques. Cette étude spéciale allège, en outre, celle si compliquée de la métrite : elle dégage notamment le diagnostic, le pronostic et le traitement de cette affection, d’une foule de considérations qui les feront mieux apprécier du lecteur. Il ne s’agit donc que d’une question d’ordonnance et de précision, d’une question purement clinique et non d’une question de doctrine, puisque celle-ci, à mes yeux, n’existe pas, ces symptômes, je le répète, étant toujours la conséquence de l’inflammation de l’utérus ou d’un des organes annexes. A ce titre

(1) Nous devons à l’obligeance de M. Germer-Baillière, éditeur du Traité des affections de l’utérus, par M. le docteur Martineau , de pouvoir publier un chapitre de la deuxième partie de ce Traité, qui va prochainement paraître.

FEUILLETON

Rabelais aussi va avoir sa statue ; et l’on est même étonné, vu le nombre d’admirateurs qu’il a toujours eus et qu’il possède encore, que cet insigne honneur n’ait pas été plus tôt rendu à l’auteur de Gargantua et de Pantagruel. Enfin, mieux vaut tard que jamais. Rabelais a appartenu à notre confrérie, et il a pratiqué la médecine. C’est donc un des nôtres, et quoique ce ne soit pas à Rabelais médecin que ce suprême honneur va être rendu, nous avons, médecins, le droit et même un peu le devoir de nous associer et de participer à cette manifestation.

Rabelais médecin, tel est le titre que l’un de nos confrères, M. le docteur Brémont, vient de donner à un volume sorti de sa plume. J’ai le regret de n’avoir pas lu cet ouvrage, soit que je n’aie pas été compris dans la distribution qui en a dû être faite à la Presse, soit tout autre motif. — Pourquoi ne l’achetez-vous pas? me direz-vous. — Parce que, vous répondrai-je, s’il fallait acheter tout ce qui fait envie ou plaisir, les plus riches fortunes n’y suffiraient pas, — jugez des médiocres comme la mienne, pour ne pas dire pire, — et l’immensité du Louvre ne pourrait les contenir.

Assurément, j’ai lu Rabelais, mais pas tout d’un trait, par petites tranches, au contraire, car je voulais bien le comprendre, et, je dois l’avouer à ma honte, je n’y ai pas toujours réussi. Dieu me garde de porter un jugement sur l’auteur de Gargantua ! Je ne ne suis pas un lettré de force suffisante pour cela. Seulement, je me permets de penser que les admirateurs, TomeXXVIL — Troisième série. 72

donc, ils ne doivent jamais être regardés comme idiopathiques, comme constituant une entité morbide.

Ces réserves élablies, je vais étudier successivement la leucorrhée, la métrorrhagie, l’aménorrhée, la dysménorrhée, les déviations utérines, l'adéno-Iymphile*

A l’état normal, les organes génitaux et sexuels de la femme sont lubréflés par un liquide fourni par les principaux appareils de sécrétion que j’ai fait connaître à propos de l’anatomie de ces organes. Ce liquide présente des caractères physiques et chimiques variables qui permettent toujours de le rapporter à la muqueuse qui l’a secrété. C’est ainsi que le liquide vulvaire est légèrement filant, visqueux adhérent aux doigts, ayant une réaction alcaline. De son accumulation résulte chez les enfants, chez les femmes peu soigneuses de leur personne, ce magma caséeux que l’on rencontre au niveau du clitoris et dans les replis vulvaires qui séparent les petites lèvres des grandes lèvres. Le liquide vaginal est clair, séreux, sans viscosité; il sert d’excipient à de nombreuses cellules pavi menteuses, détachées de la muqueuse vaginale qui le rendent blanchâtre, opaque, épais et crémeux. De son accumulation chez les femmes peu habituées aux soins de propreté résulte, entre les plis du vagin, dans les culs-de-sac, une masse blanchâtre, opaque, caséuse, d’une odeur aigre spéciale, ayant une réaction acide. Au microscope, on y trouve outre les cellules épithéliales pavi menteuses, le leplothrix vaginalis, variété d’algue, et, lorsqu’il y a eu suppuration, le trichomonas vaginalis , infusoire de forme elliptique à un ou deux cils.

Le mucus utérin, mixte, provenant du corps et du col, est peu abondant, clair, transparent, visqueux, adhérent, d’une odeur fade, d’une réaction alcaline. Ces caractères diffèrent suivant qu’il vient du corps ou du col. Tandis que le mucus du col est gluant, tenace, demi-solide plutôt que liquide, homogène, adhérent aux orifices glandulaires, celui du corps, au contraire, est visqueux, filant, moins tenace; il s’enlève plus facilement, il est moins adhérent à la muqueuse. Au microscope, on constate dans le mucus utérin : lo De nombreux globules épithéliaux nucléaires, ovoïdes, provenant des follicules de la muqueuse; 2° des cellules épithéliales prismatiques ou cylindriques et vibratiles, suivant qu’elles résultent de la desquamation du col ou du corps; 3° des corps granuleux.

A l’état normal, ces différents liquides sont peu abondants. Us passeraient même inaperçus si leur coagulation, leur altération ne donnaient pas lieu à ces magmas à odeur fade, fermentée, qui remplissent les interstices muqueux des organes. Leur

les panégyristes, et même les critiques de Rabelais, ont énormément faussé, exagéré et dénaturé les intentions qu’ils ont attribuées aux écrits du curé de Meudon. Je partage entièrement, à cet égard, l’opinion d’un éminent critique, M. Désiré Nisard, dont je demande la permission de citer quelques lignes qui me paraissent un résumé plein de justesse et de bon sens de ce qu’on doit penser de l’œuvre de Rabelais :

« Par celte manie des critiques et des admirateurs d’appareiller la vie d’un écrivain avec le caractère de ses ouvrages, on a fait à Rabelais une vie anecdotique burlesque, dont le dernier acte aurait été ce testament : « Je n’ai rien; je dois beaucoup; je donne le reste aux pauvres. » On termine sa vie de diverses manières. Ceux-ci le font finir au milieu de facéties et de bons mots; selon eux, il se serait fait affubler d’un domino , pour parodier la parole de l’Évangile : Beati qui in Domino moriuntur ; ceux-là lui prêtent une mort athée, ou au moins sceptique; selon ces derniers, il aurait dit, avant d’expirer : « Je m’en vais chercher un grand peut-être. Tire le rideau, la farce est jouée. » Tout ce qui, dans la biographie populaire de Rabelais, est authentique et incontestable, est insignifiant ; tout ce qui est douteux est exagéré. Si j’en fais la remarque, c’est pour amener cette autre remarque, que ce qu’on a fait pour sa vie, on l’a fait pour fa pensée de son livre. Ses admirateurs ont voulu y voir une épopée, une pensée admirablement suivie, une œuvre de déduction puissante, une combinaison supérieure, que sais-je? une critique sanglante jusque dans les détails les plus indifférents. On l’a comparé à Bruius, dont la folie cachait tant de sagesse, de courage et de haine. Ceux qui ne l’aiment point l’ont qualifié de fou, avec à peine un grain de génie. L’opinion vraie ne serait-elle pas au milieu?

« Dans son livre, il y a une partie de fantaisie pure, de facétie, de libertinage d’esprit, de farce ; il y a une autre partie d’obscénités, vrai Cloaque qui ne peut pas avoir de qualifica-

sécrétion devient plus abondante sous l’influence de l’excitation vénérienne, et pendant la grossesse, où le mucus du col forme un bouchon gélatineux qui en oblitère la cavité, cette hypersécrétion n’offre rien de pathologique. Sous l’influence de l’inflammation de la muqueuse génitale et sexuelle l’abondance de ces liquides augmente, leurs caractères physiques, chimiques et microscopiques se modifient. Mais tout en subissant des modifications, ils conservent quelques-uns des principaux caractères qu’ils possèdent à l’état normal, ce qui permet toujours de reconnaîlre leur lieu d’origine, point essentiel sous le rapport de la valeur diagnostique de ce symptôme. Ainsi le liquide de la vulvite est blanc laiteux ou purulent; sa réaction est acide, son odeur est aigre, analogue à celle du suif rance, à celle du lait fermenté; il est limpide, peu tenace, peu visqueux; il laisse sur le linge des taches ordinairement allongées et irrégulières; il contient des cellules pavi menteuses, visibles au microscope. Le liquide de la vaginite est blanc, blanc jaunâtre, blanc verdâtre, purulent, selon la nature de l’inflammation qui lui a donné naissance;- il est très-fluide, de réaction acide s'il n’a pas séjourné dans le vagin; il renferme de nombreuses cellules épithéliales pavimenteuses; il laisse sur le linge de larges taches rondes, caractéristiques. Le mucus utérin, tout en conservant sa ténacité, sa viscosité, son adhérence, sa réaction alcaline, prend une coloration blanc grisâtre, jaune ou striée de blanc et de jaune, quelquefois de sang. Au microscope, outre les éléments épithéliaux cités plus haut, on trouve des globules de pus, des leucocylhes, des cellules épithéliales altérées, déformées, ayant subi une dégénérescence graisseuse. Dans certains cas, il est complètement blanc, purulent, d’odeur nauséeuse ét putride, contenant de nombreuses bulles de gaz; d’autres fois, au contraire, dans la troisième période de la métrite chronique, par exemple, il conserve sa transparence.

Ces altérations pathologiques des liquides sécrétés par la vulve, le vagin et l’utérus, peuvent exister isolément ou se trouver réunis sur le même sujet, soit que la même cause agisse sur toute l’étendue de la muqueuse de l’appareil génital, soit que l’inflammation se propage d’une muqueuse, primitivement enflammée, aux muqueuses voisines, et devienne ainsi générale.

Cette étude des sécrétions normales et pathologiques des muqueuses génitales était utile à faire avant de commencer l’histoire de la leucorrhée, car elle facilite l’histoire de ce symptôme.

Que faut-il entendre par ce mot leucorrhée? Sous ce nom de leucorrhée, qu’il fait

tion en littérature; il y a, enfin, une troisième partie, philosophique, évidemment écrite dans un but d'allusion satirique, pleine de hon sens, de raison élevée, et d’un style très-supérieur en originalité réelle, en maturité, à celui des deux autres parties. Il faut rire de la première partie si l’on peut, et si l’on en comprend toutes les finesses, mais sans se mettre à la torture pour y découvrir un sens sérieux qui n’y est pas. Il faut glisser sur la seconde, qui souille la vue et ne peut chatouiller qu’une intelligence très-grossière ou très-affadie. Enfin, il faut admirer la troisième, l’étudier, en faire son profit, en retenir les pensées durables, en méditer les richesses de style, en apprendre par cœur quelques aphorismes d’un sens et d’une application pratique éternels. »

L’opinion en faveur du rétablissement du concours pour les chaires magistrales et pour sa substitution au mode actuel de présentation, gagne du terrain. Nous nous en réjouissons, nous qui depuis bientôt trente ans soutenons cette thèse et combattons pour elle. Parmi les plus fervents et les plus constants défenseurs du concours, il faut placer au premier rang la Tribune médicale , journal dirigé et rédigé avec talent et courage par notre honorable confrère, M. le docteur Laborde. Nous nous empressons de reproduire le passage suivant du nouvel article que vient de publier sur ce sujet la Tribune médicale :

« Eh bien, le moment est venu, l’heure a sonné depuis longtemps déjà, la nécessité d’aviser s’impose, les derniers événements relatifs aux récentes nominations professorales, ce qui se prépare pour la prochaine désignation à la chaire de thérapeutique, font celte nécessité impérieuse et pressante; les intérêts menacés de l’enseignement ne permettent pas l’hésitation; il faut aviser et sans retard. »

Je fais remarquer que notre honoré confrère est de la maison, qu’il est donc en position

synonyme de pertes blanches, de flueurs blanches, le vulgaire, on le sait, désigne l'écoulement de tout liquide, autre que le sang, par les parties génitales de la femme. M. le professeur Courty, trouvant avec raison cette définition trop indécise et trop vague, distingue une fausse leucorrhée, due à la présence de corps étrangers ou à des lésions organiques plus ou moins graves, et une vraie leucorrhée, comprenant les sécrétions pathologiques des muqueuses génitale, vulvaire, vaginale, utérine. « A cet égard, il nous semble, dit-il, qu’on doit entendre, sous le nom générique et trop vague de pertes blanches, les liquides de nature et d’origine trèsdiverses qui sortent par les parties génitales de la femme, tandis qu’on doit réserver celui plus spécial de leucorrhée aux liquides qui sont produits directement par ces organes, sous l’influence d’un état pathologique bien caractérisé. » Après avoir admis cette distinction, cet auteur divise la leucorrhée en leucorrhée symptomatique d’une vulvite, d’une vaginite, d’une métrite, et en leucorrhée essentielle, idiopathique. Allant plus loin que cet auteur et restreignant encore la signification du mot leucorrhée, je ne donne ce nom qu’à la sécrétion muqueuse, mueo-purulente de la muqueuse utérine,

Je définis donc la leucorrhée, un écoulement blanc grisâtre ou jaunâtre, plus ou moins gélatineux, visqueux et adhérent, produit par l’inflammation de la muqueuse utérine qui, tantôt se montre à l’orifice du col utérin, tantôt n’est pas assez considérable pour faire issue au dehors de cet orifice et reste dans la cavité. Par cette définition, j’élimine les sécrétions pathologiques de la vulve et du vagin qui ne peuvent pas être considérées comme constituant la leucorrhée, car elles diffèrent de la sécrétion utérine, ainsi que je viens de le montrer, sous le rapport physique, chimique et microscopique.

Ce n’est pas une raison, parce que, se fondant sur l’étymologie du mot leucorrhée {xevKot blanc, péb couler), on a désigné ainsi tout écoulement blanc, se produisant à la surface des organes génitaux, pour que la confusion continue à se faire entre les différentes sécrétions qui se produisent à la surface des organes génitaux et sexuels. Celte confusion est d’autant plus pernicieuse et préjudiciable pour les malades, que les médecins n’attachent d’habitude aucune importance à ce symptôme, chez les enfants et chez les jeunes filles, le considèrent comme une sécrétion normale exagérée, résultant soit d’une faiblesse de l’organisme, soit d’une mauvaise nourriture, du café au lait notamment. Or, cette confusion doit disparaître, quoiqu’elle soit très-enracinée dans le public où elle est connue sous le

d’être bien renseigné sur ce qui s’y passe ; mais ici, loin de la Faculté et n’avant pas d’intelligence dans la place, nous ignorons à quoi notre collègue fait allusion en parlant « de ce qui se prépare pour la prochaine désignation à la chaire de thérapeutique ». Ce journal continue ainsi :

« Le concours, avons-nous dit, tel est le remède efficace au mal qui déborde.

« Oh! nous savons tout ce que ce mot soulève et peut soulever d’objections, d’oppositions, de récriminations même ; et si nous n’écoulions que les suggestions tirées de notre expérience et de nos impressions personnelles, le concours ou plutôt ceux qui l’ont fait ce qu’il était (car il ne faut pas confondre le principe avec ceux qui l’appliquent de façon à le gâter et à le compromettre) ; ceux-là, dis-je, trouveraient difficilement grâce devant une appréciation justicière (phrase un peu obscure et qui étonne de la part d’un écrivain d’ordinaire très-clair). Mais là n’est pas la vraie question : il ne s’agit pas de vouloir et de chercher l’absolu dans le bien, lequel n’appartient pas aux choses humaines, pas même aux choses professorales, cela est convenu. Non, il s’agit de chercher à réaliser le mieux relatif, ou, si l’on veut, le moins mauvais.

« Or, c’est par le concours, uniquement par le concours, qu’il est possible d’y arriver, dans l’espèce, à la condition de s’efforcer de donner au concours une organisation », dont fauteur indique sommairement les bases.

Ainsi que je le disais tout à l’heure, nous avons ici plusieurs fois touché ce sujet et nous avons aussi formulé une organisation, un programme du concours. M. Laborde n’était pas encore né au monde médical et ne peut se souvenir de ces articles que nous écrivions à une époque très-difficile, très-périlleuse pour la Presse, sous le régime autoritaire qui, précisément, avait aboli le concours pour y substituer ce décret draconien débutant ainsi : L’em-

nom de flueurs blanches, de pertes blanches. Il faut que le médecin consacre tous ses efforts à montrer que, sauf certaines conditions déterminées de vulvite, de vaginite, l’écoulement blanc des enfants, des jeunes Allés, des femmes vierges ou déflorées, provient de l’utérus, que sa provenance indique une lésion de cet organe, notamment une inflammation. L’attention des parents et des malades éveillée sur la possibilité de l’existence d’une métrite, le médecin sera immédiatement averti, et, reconnaissant cette affection, il pourra intervenir énergiquement en instituant la thérapeutique selon les règles, selon les principes que j’ai posés. Le médecin se rappellera surtout que toute son attention doit être dirigée vers le diagnostic nosologique, car c’est à une métrite constitutionnelle, à une métrite diathésique, qu’il a le plus ordinairement affaire. Chez l’enfhnt, chez la jeune fille, chez la femme non déflorée, il s’agit, en pareil cas, d’une métrite scrofuleuse, chlorotique, arthritique, herpétique, tuberculeuse. Cette définition de la leucorrhée est donc des plus importantes; si le médecin, en effet, admet avec moi que cet écoulement utérin ne peut jamais se montrer en dehors de L’inflammation de la muqueuse utérine, qu’il indique constamment l’existence d’une métrite, il est conduit à admettre l’existence de cette affection chez l’enfant, chez la jeune fille, chez la femme vierge; il ne peut plus se méprendre sur l’origine des troubles utérins que les malades présentent, et que notamment certaines variétés d’aménorrhée par rétention, dues à une atrésie du canal cervico-utérin, la dysménorrhée par imperméabilité plus ou moins complète de ce même canal ou de l’un de ses orifices, les déviations utérines par développement exagéré du corps utérin ou par suite d’adhérences avec les organes voisins, consécutifs à l’adéno-lymphite et à ses conséquences, le phlegmon du ligament large et la peivi-péritonite, la stérilité, enfin, par atrésie, soit des orifices des trompes, soit de l’orifice interne, soit par suite de modifications survenues sur la surface interne de l’utérus, soit par suite d’une déviation de l’organe, sont facilement expliquées par l’existence d’une inflammation utérine actuelle ou passée. Aussi possède-t-il des bases solides pour asseoir la thérapeutique, pour combattre l’affection et préserver la malade de toutes les conséquences inhérentes à l’inflammation utérine.

D’après ce que je viens de dire, la leucorrhée, symptôme d’une lésion utérine, ne constitue jamais à aucun titre une affection essentielle, idiopathique, une véritable entité morbide. Quoique cette opinion n’ait pas été aussi nettement formulée par les auteurs, je dois dire cependant qu’Aran, MM. Bernutz et Gallard la partagent.

pereur nomme et révoque. Je n’ai ni le temps, ni, je l’avoue, un assez vif désir de rechercher ces articles. Je me souviens seulement que si sur plusieurs points mon programme était d’accord avec celui de M. Laborde, sur d’autres il en différait, et que d’ailleurs il était beaucoup plus étendu.

Pour moi, la question du concours appliqué aux chaires de professeurs embrassait trois termes :

1° Les concurrents ;

2“ Le jury;

3° Les'épreuves.

Aujourd’hui j’ajouterais probablement un quatrième terme, et M. Laborde me comprendra parfaitement s

4° L’auditoire.

Les concurrents : Liberté pour tous les médecins français, non frappés d’incapacité civique, de se présenter au concours.

Le jury : Composé par. moitié de professeurs de la Faculté et de membres de l’Académie, nommés par élection.

Les épreuves : Différentes, bien entendu, pour chaque spécialité d’enseignement, mais comprenant toutes un plan et un programme écrit du cours, tel que l’entend le concurrent, — cette épreuve pourrait être éliminatoire. — Une leçon orale sur un sujet choisi par le candidat. — Un exposé écrit de ses titres (j’adopterais volontiers, sur ce point, le projet du rapport public fait par un membre du jury, proposé par M. Laborde).— Une thèse argumentée et sur un sujet au'choix du candidat.

Suivant Aran, la leucorrhée est la conséquence de la metrite catarrhale; M Bernutz admet quelle est due à un catarrhe de l’utérus; mais comme, pour cet auteur, le catarrhe utérin se trouve souvent conjoint aux engorgements de l’utérus, que l'eQ. gorgement ne diminue qu’après l’amendement de l’affection delà muqueuse cervico-utérine, il en résulte que son opinion ne diffère pas beaucoup de celle d’Aran Car, qui dit engorgement utérin dit métrite. Je ferai remarquer, en outre, que cet éminent gynécologue considère le catarrhe utérin comme subordonné à la diathèse scrofuleuse : « Il faut, dit-il, modifier cette diathèse pour obtenir l’amendement de l’affection génitale. » Celte opinion de M. Bernutz eet précieuse ; elle corrobore ce que je viens de dire relativement à l’origine de la leucorrhée et à la nature de l’affection inflammatoire de la matrice. M. Gallard partage l’opinion d’Aran. Quant à M. le professeur Courty, à l’exemple de Racle et de Lorrain, tout en décrivant le catarrhe utérin comme donnant lieu le plus ordinairement à la leucorrhée, et en rappelant que ce symptôme n’est pas décrit à part par ces auteurs, son opinion est différente; il se demande, notamment, si ,1a leucorrhée ne constitue pas une maladie, du moment qu’on la rencontre dans la vulvite, la vaginite, la métrite; il se demande si, dans certaines circonstances, relativement rares il est vrai, la leucorrhée n’est pas une vraie maladie, au lieu d’être un symptôme. Enfin, il se demande si, lorsque la leucorrhée est symptomatique, ce symptôme ne peut pas persister comme phénomène ultime de la maladie qui l’a produit, même après la guérison de celle-ci, et constituer ainsi un véritable état morbide. Cet auteur pense donc que la leucorrhée peut constituer parfois un état pathologique non inflammatoire, caractérisé par l’hypersécrétion des muqueuses génitales. Tout en décrivant à part la leucorrhée, m’écartant ainsi des exemples qui me sont donnés par Aran, MM. Bernutz et Gallard, etc., je ne saurais admettre l’opinion de M. Courty. Il suffit, en effet, de se reporter à l’article que ce professeur a publié dans le Dictionnaire des sciences médicales pour voir que les causes invoquées par cet auteur, pour établir l’existence d’une leucorrhée idiopathique, sont celles que j’ai assignées à la métrite constitutionnelle; que le plus souvent ces causes n’agissent qu’en appelant sur l’utérus la manifestation constitutionnelle, et, par conséquent, il y a d’abord métrite, puis leucorrhée. De même, la symptomatologie, les lésions qu’il assigne à cette affection sont celles de la métrite.

Quelles sont, en effet, les causes assignées par M. Courty à la leucorrhée idiopathique? « La leucorrhée idiopathique, dit cet auteur, reconnaît : 1° Des causes

Tout cela a besoin d’être revu et étudié à nouveau, et nous ne manquerions pas de le faire ici, pour si peu que nous y fussions encouragés par l’opinion.

Quelques changements viennent de s’opérer dans notre Presse spéciale. Notre sympathique et excellent confrère, M. le docteur Bossu, partagerait la direction de l 'Abeille médicale avec un confrère que nous avons le regret de ne pas connaître, M. le docteur Porte. En profitant des bons conseils, de l’expérience et des honorables traditions de M. Bossu, son collaborateur ne peut manquer d’arriver au même résultat, au succès.

Une acquisition assez inexplicable est celle que M. le docteur Bouchut vient de faire du Paris médical, journal fondé il y a trois ou quatre ans par M. le docteur Fort. M. Bouchut, qui avait déjà ses libres allures dans un journal répandu, ne fait rien sans motifs, sans intention et sans but. Il a eu certainement ses raisons pour acquérir le Paris médical. Qui vivra verra.

Un nouveau journal s’est créé à Montpellier, sous le titre de l'Union des Écoles. U a pour but de représenter l’enseignement supérieur de ce centre universitaire. Bonne chance ! Bon succès !

Hommes pervertis ! gardez donc pour vous vos passions honteuses et vos vices destructeurs! Ne lit-on pas dans la Revue britannique qu'un chat, auquel des enfants, par divertissement, faisaient boire de l’eau-de-vie, y prit tellement plaisir, qu’après chacun de ses repas, il réclamait son petit verre, et comme on lui en donnait autant qu’il en voulait, il se grisait parfaitemen , jusqu’à tomber ivre mort. Il mourut, comme maint ivrogne, hydropique.

Dr SlMPXilCE.

prédisposantes générales consistant dans l’atonie originelle ou acquise de l’économie entière, telles que l’âge, le tempérament, la constitution, le climat, l’habitation, l’alimentation, etc. Ainsi il est admis que les femmes à tempérament lymphatique, à constitution molle, faible et délicate, sont plus sujettes que les autres à la leucorrhée. La leucorrhée est plus fréquente chez les jeunes filles au moment de l’inslauration menstruelle, chez les jeunes femmes. Les climats froids et humides, le séjour des villes, le régime débilitant y prédisposent aussi. Il en est de même de toutes les causes débilitantes, telles que l’allaitement prolongé, les maladies du cœur, du poumon, la phthisie, les diathèses qui affaiblissent l’organisme. 2° Des causes prédisposantes locales consistant dans l’atonie particulière de l’appareil génital ou d’un organe quelconque. » « J’ai souvent remarqué, dit-il, chez les femmes leucorrhéiques, la pâleur, la mollesse, l’extensibilité de la muqueuse vulvo-vaginale, les orifices folliculaires ou glandulaires béants, des symptômes d’hypérémie passive, l’abaissement ou l’inclinaison de l'utérus, le relâchement de ses ligaments, etc., etc. » « Chez les femmes qui présentent cette disposition générale et locale, la leucorrhée est déterminée, tantôt par une simple irritation locale légère qui fait éclore l’écoulement et l’entretient ensuite, d’autant plus aisément que la malade y était mieux préparée, irritation due à l’excitation des organes génitaux chez les petites filles, à l’abus du coït chez les jeunes épouses, à la menstruation, à la grossesse, à l’avortement, à l’accouchement, aux suites de couches; tantôt par une imperfection fonctionnelle, telle que la chlorose ou le retentissement que l’utérus peut recevoir du trouble fonctionnel d’un autre organe, tel que l’absence d’allaitement, la suppression d’une fonction physiologique ou pathologique : sueur, expectoration, diarrhée, hémorrhoïdes, exutoire, etc., qui donnent lieu à une leucorrhée qu’on a appelée métastatique ou supplémentaire. »

Telles sont les causes que M. Courty assigne à la leucorrhée idiopathique, c’està-dire à la leucorrhée existant indépendamment de toute altération des organes génitaux. Je le demande, ces causes ne sont-elles pas celles que j’ai assignées à lamélrile constitutionnelle? Les unes sont prédisposantes : lymphatisme, scrofule, chlorose, arthritis, etc., etc. ; les autres sont déterminantes : menstruation, habitudes vicieuses, grossesse, avortement, accouchement. Toutes les causes débilitantes signalées par M. Courty, telles que le séjour des grandes villes, le mauvais régime, les maladies prolongées agissent tantôt en congestionnant l’utérus, en appelant directement sur lui la manifestation de la maladie constitutionnelle, tantôt en débilitant l’organisme, en lui enlevant toute force de résistance, de sorte qu’il suffit d’une cause occasionnelle légère pour donner naissance à la manifestation constitutionnelle, à la métrile, et par suite à la leucorrhée. Dans la leucorrhée que M. Courty appelle métastatique et supplémentaire, n’est-il pas facile de reconnaître l’alternance des affections d’origine constitutionnelle, se montrant tantôt sur un organe, tantôt sur un autre, se manifestant sur les surfaces cutanées, sur les muqueuses et sur les autres organes? Dans la prédisposition locale qu’il signale et qui consisterait dans l’atonie particulière de l’appareil génital ou de quelqu’un de ses organes, n’est-il pas facile de reconnaître un état local développé sous l’influence d’un état constitutionnel tel que le lymphatisme, la scrofule, la chlorose, etc.? De même, les causes qu’il assigne au catarrhe utérin ne sont-elles pas celles que j’ai assignées à la métrite et en particulier à la métrite arthritique? Pour M. Courty, en effet, le catarrhe utérin succède au refroidissement, à l’impression passagère ou prolongée du froid, surtout sur la moitié inférieure du corps; il cite l’exemple d’une jeune fille de vingt ans atteinte de leucorrhée vaginale et vulvaire, chez laquelle la leucorrhée, variable en intensité d’un jour à l’autre, subissait au plus haut degré l’influence des variations du temps, diminution de l’écoulement et principalement des douleurs par les temps secs et chauds, augmentation par les passages du beau temps au froid humide. N’est-ce pas là un cas type de métrite arthritique?

Du reste, M. Courty, écrivant que le cararrhe utérin dépend souvent d’une impressionnabilité de la femme à l’action du froid humide et des variations brusques de la température ou de l’état hygrométrique de l’air, qu’il est souvent précédé ou

suivi de douleurs rhumatismales, de névralgies, de douleurs articulaires, ou bien d’entérite glaireuse, de catarrhe bronchique ou vésical, montre bien que la leucorrhée rhumatismale n’est autre qu’une métrite arthritique. C’est de même à cette métrite qu’il faut rapporter les soi-disant épidémies de leucorrhée, observées à Paris et dans d’autres pays par Roussel, Blalin, Roux, etc., etc.

Aussi, malgré l’autorité du savant professeur de Montpellier, je ne saurais admettre que la leucorrhée est idiopathique, essentielle, qu’elle existe en dehors de toute altération organique. Je ne saurais l’admettre, d’autant plus que M. Courty avoue lui-même que, dans le flux leucorrhéique, qui remplace quelquefois les règles, chez les femmes chlorotiques et aménorrhéiques, on trouve des globules de pus. La présence de ces globules, qui est constante dans la leucorrhée utérine, est une preuve que ce symptôme résulte d’une inflammation de la muqueuse utérine, et qu’il ne saurait, dans aucun cas, être considéré comme constituant une entité morbide. Ce symptôme a donc une grande valeur séméiologique, puisqu’il signifie altération de la muqueuse de l’utérus.

Ces quelques considérations sur la signification de la leucorrhée sont, pour moi, des plus importantes, non-seulement au point de vue de la valeur symptomatique, mais encore au point de vue de la thérapeutique générale. En effet, si elles sont exactes, s’il est reconnu que la leucorrhée est toujours l’indice d’une altération, d’une lésion de la muqueuse, de ses glandes, on est conduit à admettre une lésion inflammatoire de l’utérus, à en rechercher la nature et à diriger contre elle une thérapeutique appropriée, afin d’en empêcher l’évolution ultérieure, de prévenir son passage à l’état chronique et tous les accidents qui en découlent. C’est pour avoir méconnu ces faits, c’est pour ne pas avoir considéré la leucorrhée comme ayant une telle valeur séméiologique, c’est pour en avoir fait une entité morbide pour ainsi dire essentielle, que la plupart des médecins ont négligé tout traitement et qu’ils ont assisté impassibles au développement de la métrite chronique, qui, une fois établie, a résisté à toutes les médications et a pu être considérée comme une affection incurable. (A suivre.)

CONSTITUTION MÉDICALE

Page 1