‹ L'Union médicaleChapitre 137 sur 176 · REMARQUES SUR LES SIGNES DE LA MÉNINGITE TUBERCULEUSE · texte numérisé non relu

REMARQUES SUR LES SIGNES DE LA MÉNINGITE TUBERCULEUSE

Voilà Thistorique de notre malade; il représente le type de la méningite tuberculeuse chez l’adulte, comme chez l’enfant. Certainement vous avez pu être étonnés de me voir, dès le début, affirmer un diagnostic, qui se fondait seulement sur trois ou quatre symptômes faciles à méconnaître. Là est précisément l’intérêt de notre cas; il nous Offre une description sobre, une sorte de photographie corrigée, mais où rien d’essentiel ne manque. C’est sur de pareils faits qu’on peut baser une théorie physiologique, sans se laisser égarer par des détails encombrants qui compliquent la phénomalité des méningites.

Dès ma première investigation, vous m’avez entendu me prononcer catégoriquement, avec une certaine hardiesse. On aurait pu croire, en effet, à une fièvre typhoïde : la maladie datait de 12 ou 13 jours. Mais : 1° L’expression de la face, cette tristesse, cette fixité du regard m’ont frappé tout d’abord. Il n’y avait ni l’obtusion intellectuelle, ni l’affaissement des forces qui auraient dû exister à cette période de la dothiénentérie. 2° La température était folle, elle oscillait autour de 39°, bien que le pouls restât peu fréquent : il y avait eu 84 pulsations au plus le soir ; il n’y en avait plus que 68 le matin. 3° Enfin à la fixité du regard, à cette discordance entre le nombre des pulsations radiales et le degré thermique, s’ajoutait un troisième symptôme décisif : le ralentissement très-évident et persistant des battements du cœur.

Deux jours se passent pendant lesquels apparaissent de nouveaux symptômes ; je ne ferai que les énumérer : renversement de la tête en arrière avec roideur des muscles de la nuque; dilatation énorme des deux pupilles; strabisme convergent, alternatives de rougeur et de pâleur du visage (hyperesthésie cutanée occupant les

(1) Suite. — Voir le numéro du 15 mai.

FEUILLETON

M. Paul Jolly

L’Académie de médecine vient de faire une nouvelle perte. M. le docteur Paul Jolly, presque nonagénaire, vient de s’éteindre après quelques jours de souffrance, ayant conservé toutes les facultés de son intelligence.

M. le docteur E. Decaisne a publié, dans le Français, une notice écrite avec le cœur sur ce confrère vénéré, entouré du respect et de l'affection de tous ; académicien exemplaire par l’assiduité et par la part qu’il prenait aux travaux de l’Académie, dont souvent, par quelque communication philosophique et littéraire, il venait au secours d’un ordre du jour insuffisant Nous qui partageons tous les sentiments si dignement exprimés par notre honorable confrère M. Decaisne, qui partageons également la douleur que nous occasionne la mort du vénérable collègue qui nous a honoré de son estime et de son affection, nous nous empressons de reproduire l’article de M. Decaisne, car nous ne saurions ni mieux, ni même aussi bien dire :

« L’homme de bien, le médecin qui vient de mourir à Paris, était né le 8 juin 1790, à La Chaussée, village de l’arrondissement de Vitry-le-François (Marne). M. Paul Jolly, après de fortes études classiques, se consacra à la profession qui devait honorer sa vie. Il y débuta comme écrivain dans plusieurs journaux de médecine, même avant d’avoir acquis le titre de docteur. Allié à la famille, et élevé pour ainsi dire à l’école philosophique de Royer-Collard, il en adopta et en défendit les principes dans quelques-uns de ses écrits ayant trait à la philosophie médicale.

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