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LA DERNIÈRE FAMINE DANS L’INDE

Le gouvernement anglais est parvenu, dans ces derniers temps seulement, à réunir des renseignements statistiques sur la dernière famine qui a sévi dans l’Inde, et qui a duré dixhuit mois. D’autres fléaux, tels que le choléra et la petite vérole, se sont abattus en même temps sur les populations de ce pays, et ont contribué à y augmenter la mortalité dans des proportions considérables.

La population totale de l’Inde anglaise est évaluée à 239 millions d’habitants. La famine en a atteint 74,677,535, soit un peu plus du tiers. La province la plus fortement frappée a été celle de Madras, où, sur 33 millions d’habitants, 20 millions se sont trouvés aux prises. avec l’horrible famine. Les provinces de Bombay, de MysOre: et de Hyderabad ont été éprouvées dans la proportion de 33 à 39 habitants sur 100.

Le nombre total des victimes est évalué à 3,750,000, y compris les individus frappés par le choléra et les fièvres, maladies que la famine a contribué à rendre mortelles dans la plupart des cas, si bien que l’on peut, sans trop d’exagération, mettre au compte de la famine plus de 3 millions de victimes.

L’émigration causée par ce fléau a amené dans la population une diminution qui dépasse 1,500,000 habitants. Le Journal de la Société de statistique de Paris relate que, dans un seul canton, celui d’Indapore, sur une population normale de 67,000 habitants, plus de 40,000 partirent sous le coup de la panique, pour gagner la partie montagneuse du pays et les territoires de Kandesh et du Nizam.

Il faut rendre cette justice au gouvernement anglais qu’il a pris toutes les mesures pour atténuer, dans les limites du possible, les désastres de la famine. Dans la seule année 1877, près de 160 millions de francs furent dépensés en secours. Les vieillards, les femmes, les enfants et les infirmes recevaient des aliments. Quant aux hommes valides, on leur imposait à prix réduit des travaux plus ou moins utiles et dont la plupart risquent fort maintenant de n’être jamais terminés.

Les famines, on le sait, sont passées dans l’Inde à l’état épidémique. La culture du riz, base de l’alimentation de ce pays, exige des pluies continues qui ne viennent pas toujours et dont l’absence amène infailliblement la famine. On ne remédiera à ces éventualités désastreuses qu’au moyen d’un système complet d’irrigation. Ce serait, de la part de l’Angleterre, un acte de sage administration et de politique habile. Nous n’en entrevoyons pas malheureusement la réalisation prochaine.

FORMULAIRE

Crayons a l’huile de croton. — Limousin.

Beurre de cacao et cire blanche, ââ. . . 5 grammes.

Huile de croton tiglium . 10 —

On fond, dans un petit ballon, le beurre de cacao et la cire, puis on ajoute l’huile en ayant soin de tenir le ballon fermé avec un bouchon. Quand le mélange commence à se refroidir, on le coule dans des moules, et chaque crayon est enveloppé d’une feuille d’étain, pour empêcher la volatilisation du principe âcre de l’huile de croton.

Ces crayons permettent de circonscrire l’action de l’huile sur une surface bien limitée, et se conservent pendant plusieurs mois, sans perdre de leurs propriétés. Ils sont conseillés pour le traitement de la teigne tonsurante. — N. G.

Ephémérides médicales. — - 21 Janvier 1866.

Mort de Charles-Louis Ley, à l’âge de 67 ans. Il avait dirigé une importante maison de santé du quartier des Champs-Élysées. Un détail : ce fut lui qui fut appelé auprès du duc d’Orléans, qu’une chute de voiture avait frappé à mort sur la route de la Révolte. — A. Ch.

COURRIER

Nous croyons être utiles à nos lecteurs en publiant l’analyse faite par M. Joulie, pharmacien en chef et chimiste à la Maison de santé Dubois, du lait pur et non écrémé de la ferme d’Arcy-en-Brie (Seine-et-Marne). Ce lait est expédié directement de la ferme à domicile, dans

des boites en cristal plombées. Ce mode de vente, qui supprime 1 intervention frauduleuse des intermédiaires entre le producteur et l’acheteur, mérite d’être encouragé.

Avis. — Mes correspondants sont prévenus qu’un bureau télégraphique est établi et fonctionne, depuis le 15 janvier dernier, à Châtillon-sous-Bagneux (Seiné). — A. L.

Nécrologie. — L’Association générale vient de faire une nouvelle et très-regrettable perte par la mort de M. le docteur Halleguen, membre du Conseil général de l’CEuvre, et président de la Société locale des médecins du département du Finistère.

M. le docteur Halleguen est mort presque subitement à Paris, où il était venu passer l’hiver. Ses dépouilles mortelles ont été transportées à Châteaulin, son pays. Il occupait, dans le Finistère, une grande position médicale qu’il avait employée avec zèle au service de l’Association.

— Par décret en date du 1 h janvier 1879, rendu sur la proposition du vice-amiral, sénateur, ministre de la marine et des colonies, et vu la déclaration du conseil de l’ordre de la Légion d’honneur, du 13 du même mois, portant que les promotions et nominations dudit décret sont faites en conformité des lois' décrets et règlements en vigueur, sont promus ou nomniés dans cet ordre, savoir :

Au grade d'officier : ftt. Simon (Jean-Baptiste-François), pharmacien de lrc classe de la marine ; 26 ans de services dont 10 à la mer ou aux colonies ; services exceptionnels pendant l’épidémie de fièvre jaune au Sénégal ; chevalier du 5 juillet 1863.

Au grade de chevalier* :

M. Danguillecourt (Frédéric-Gabriel), médecin de 2e classe de la marine ; 7 ans de services dont 3 à la mer et aux colonies. Services exceptionnels pendant l’épidémie de fièvre jaune au Sénégal. — M. Deslrem (Marie-Antoine), médecin de 2e classe de la marine ; 6 ans de services dont 3 à la mer ou aux colonies. Services exceptionnels pendant l’épidémie de fièvre jaune au Sénégal. — M. Roux (César-Louis), médecin auxiliaire de 2e classe de la marine ; 20 ans de services dont 18 à la mer ou aux colonies. — M. Roussin (Henri), médecin auxiliaire de 2e classe de la marine ; 8 ans 1/2 de services à la mer ou aux colonies. Service^ exceptionnels pendant l’épidémie de fièvre jaune au Sénégal.

La peste a Astrakan. — Une dépêche reçue par la Sublime-Porte indique que la peste sévit à Astrakan, dans nn rayon de 300 kilomètres.

D’après les renseignements reçus à Saint-Pétersbourg par le ministère de l’intérieur et par le ministère de la guerre, le nombre des personnes qui sont tombées malades dans le village de Wettianka (gouvernement d’ Astrakan) jusqu’au 6 de ce mois, s’élève à 298, sur lesquelles 246 sont mortes.

Le Berliner-Tageblatt dit que la peur de la contagion a gagné l’Allemagne.

Les esprits timorés qui poursuivent de leurs craintes tout ce qui vient de la Russie méridionale commencent aussi à redouter le caviar, 'parce qu’il arrive d’ Astrakan, où la peste s’est déclarée. Beaucoup de personnes n’en mangent plus.

Société médicale des hôpitaux (3, rue de l’Abbaye, à S heures 1 /2 précises). — La Société se réunira le vendredi 24 janvier 1879.

Ordre du jour : Rapport sur les maladies régnantes du quatrième trimestre 1878, par M* Ernest Besnier. — Scrutin sur la candidature de M. le docteur Vergeiy, de Bordeaux, au titre de membre correspondant.

Société de chirurgie. —.La Société de chirurgie tiendra sa séance annuelle le mercredi 22 janvier 1879, à 3 heures 1/2. . nvHm» . ,

Ordre du jour : Allocution de M. le président Guyon. — Compte rendu des travaux, par M. Horteloup, secrétaire annuel. Éloge de Bouvier, par M. de Saint-Germain, secrétaire général. — Proclamation des prix, par M. le Secrétaire annuel.

— La Société médico-psychologique de Paris a renouvelé son bureau pour l’année 1879. Ont été nommés ; président, M. Prosper Lucas ; vice-président, M. Legrad du Saulle ; secrétaire général, m. Motet ; secrétaires des séances, MM. Ritli et Moreau (de Tours) fils : trésorier, M. Voisin. '

. Le gérant, Richelot.

Paris. — Typographie Félix Maitesth et i>, rue 4e» Deux -Portea-Saint-Sauveur, 22.

L’UNION MÉDICALE Jeudi 23 Janvier 1879

BULLETIN

SUR LA SÉANCE DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE

M. le docteur Bucquoy, médecin de l’hôpital Cochin, a lu une observatfoiï trè!?intéressante d’anévrysme de l’aèrté ascendahtè traiïé àvec àuü(îèé; par la méthode électrolytique; Ce serait, d’après l’auteur, le premier cas de succès obtenu par l’application de la méthode de Ciniselli, de Crémone, au traitement des anévrysmes aortiques. Il ne s’agit pas encore d’une guérison absolue, mais d’une amélioration très-notable, puisque la tumeur, très-considérable, serait réduite aujourd’hui de plus des deux tiers de son volume, et que les douleurs angoissantes éprouvées par la malade, et qui lui ôtaient le sommeil, l’appétit et les forces,' ont cessé rapidement dès les premières applications de l’éleclrolyse. M. Bucquoy ne doute pas que, par ce mode de traitement, on ne puisse arriver, danscèrtâihsdàk déterminés, à guérir complètement cette maladie jusqu’ici incurable. La malade de M. Bucquoy a été, séante tenante, présentée à l’Académie. On ne peut que féliciter l’honorable médecin de l’hôpital Cochin de cet heureux résultat, et soühaiter que de pareils faits se multiplient.

Après la lecture du travail de M. Bucquoy, l’Académie a repris la discussion sur le rapport de M. Panas relatif à l’ostéomyélite. A vrai dire, il n’est pas plus question maintenant du rapport de M. Panas et du travail de M. Lannelongue que des neiges d’antan. Seul M. Gosselin s’est occupé du travail et du* rapport, et s’est livré à leur sujet à une discussion approfondie et magistrale. Tous lés autres membres qui ont pris part à la discussion ont suivi le courant dérivé sur lequel M. Colin les a entraînés. Un incident du rapport de M. Panas est devenu le fond même du débat; la septicémie a complètement effacé l’ostéomyélite.

L’unique préoccupation des chirurgiens semble être, à cette heure, d’apporter leur témoignage en faveur des doctrines de M. Pasteur, qui a le bonheur rare, exceptionnel, d’assister vivant à son apothéose. M. Maurice Perrin est venu grossir la phalange déjà compacte des adhérents de la théorie de la panspermie appliquée à la chirurgie. Tout le discours du savant académicien n’a semblé avoir d’autre but que de lier en faisceau les preuves fournies par l’observation chirurgicale et de les faire servir à la démonstration de la vérité de la grande doctrine, ainsi qu’à la réfutation de l’argumentation dirigée contre elle par M. Colin. Ce dernier semble

FEUILLETON

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