‹ L'Union médicaleChapitre 152 sur 176 · LONDRES ET SA POPULATION · texte numérisé non relu

LONDRES ET SA POPULATION

Londres est la ville la plus peuplée du monde. Sa population est de plus de trois millions et demi d’habitants, ou, si nous ajoutons la population des faubourgs, de quatre millions et demi. Cette population égale celle de vingt-deux autres grandes villes prises ensemble dans le Royaume-Uni. Elle égale presque celle de Paris, Vienne et Berlin réunis; ou, en y comprenant ses faubourgs, elle égale la population des capitales de la France, la Prusse, l’Autriche et la Russie.

La superficie de cette grande cité est de 122 milles carrés, soit un carré ayant plus de 11 milles de chaque côté ; de sorte que la densité de la population est de 29,322 habitants par mille carré, et que chaque habitant est à une distance de 11.04 yards de son voisin.

Le chiffre peu élevé de la mortalité à Londres, si nous prenons en considération la densité de sa population, est encore plus frappant que la grandeur de la ville. Avec une densité de 29,322 habitants par mille carré, la mortalité devrait être de 52.2 par 1,000, s’il n’y existait un système de drainage et de salubrité, par lequel la mortalité, pendant les années de 1874 à 1878, a été réduite à 22.8.

Les décès ne s’élèvent à Londres qu’à 83,695; les naissances, qui sont au nombre de 129,184, excèdent les décès constatés de 45,489, ce qui dépasse de 1,796 l’accroissement normal de la population (43,693).

Il y a un échange constant dans la population entre les personnes nées à Londres .et celles nées hors de Londres. Au dix-septième siècle, le nombre des naissances était égal au nombre des décès. La densité de la population s’accroît constamment;. ainsi, tandis qu’en 1842 il y avait 16,367 personnes par mille carré, il y en a 28,602 en 1876, et cet accroissement de densité .devrait à lui seul, d’après la loi générale déduite de la statistique de toute l’Angleterre, élever la mortalité de 24.5 dans la période de 1844 à 1848, à 26,2 dans celle de 1874 à 1878. Ainsi,- les décès auraient dû s’élever à 91,423 par an dans les cinq années 1874-78, tandis qu’ils n’ont été que de 79,245. Cette réduction dans le chiffre de la mortalité a sauvé annuellement la vie de 12,178 personnes pendant ces cinq années à Londres. On doit attribuer ce résultat aux améliorations qui ont eu lieu dans le système sanitaire.

La mortalité pendant la même période de cinq années, dans vingt-trois grandes villes du Royaume-Uni, a été de 24.4, ce qui est un peu au-dessous de leur moyenne, qui est de 24.8. Elle a été au-dessous de cette moyenne : à Porlsmouth, 19.7; Brighton, 20.2; Édimbourg, 22.2; Plymouth, 22.4; Londres, comme nous l’avons dit, 22. 8 ; Notlingham, 22.9; Sunderland, 23.0; Bristol, 23.1; Norwich, 23.1; Leicester, 23.3; Wolverhampton, 24.0; Hull, 24.4; Bradford, 24.5; Sheffieid, 24.6.

Elle a été supérieure à cette moyenne de 24.8 dans les villes suivantes : Newcaslle-upon- Tyne, 24.9; Birmingham, 25.2; Leeds, 25.3; Oldham, 26.1; Glasgow, 26.9; Balford, 27.1; Dublin, 27.3; Liverpool, 28.6; Manchester, 29.0. Liverpool a, paratt-il, fait de grands efforts pour améliorer son état sanitaire pendant ces dernières années, et il commence à en recueillir les fruits. La mortalité dans les deux années 1865-1866 était de 40.2 ; elle est tombée à 27.8 dans les quatre années de 1875 à 1878. Manchester a la même mortalité à peu près que Liverpool, mais il a fait beaucoup moins de progrès; ces deux villes ont beaucoup à faire pour atteindre le niveau de Londres.

La mortalité dans les grandes villes ne devrait pas dépasser 20 par 1,000, et nous trouvons que Douvres est resté au-dessous de ce chiffre; la mortalité n’y a été que de 16.2; dans d’autres villes la moyenne s’élève de 23.0 à 28.1, 29,7 et même 30.8 par mille. La plupart de ces villes doivent être, dit le rapport statistique officiel, dans un état sanitaire déplorable et les autorités y encourent une grande responsabilité; au delà de 20 pour 1,000 tout décès peut leur être imputé.

mortaliié a été, à Calcutta, de 37.7; à Madras, de 48.0; à Alexandrie, a .a; a Christiania, 1 8. 5; Copenhague, 22.0; Stockholm, 22.4 ; Genève, 23.6; Amsterdam»

24.4; Paris, 24.6; Dresde, 24.7; La Haye, 26.4; Hambourg, 26.9; Rotterdam, 27.3; Bruxelles, 28.0; Venise, 28.7; Vienne, 29.6; Rome, 29.8; Berlin, 29.9; Breslau, 29.9; Turin, 31.1; Naples, 33.1; Munich, 34.6; Trieste, 36.2 ; Pelsh, 40.3; Saint-Pétersbourg, 47 1.

La mortalité de New-York a été de 24.8; de Brooklyn, 20.1; de Philadelphie, 18.0; de Montréal, 30.9.

FORMULAIRE

Lotions contre l’acné rosacea. — Scatliff.

Laver la face six fois par jour avec de l’eau très-chaude et chargée de savon. S’il en résulte de l’irritation, étendre sur la peau de l’huile d’amandes douces. Chez plusieurs malades, ce traitement s’est montré efficace dans un temps très-court.

Le docteur Hendry recommande le bisulfite de soude, à la dose de 15 à 20 grains, trois fois le jour, ou l’hyposulfite de soude, à dose plus élevée. Préalablement, il administre de faibles doses de calomel et de jalap. Enfin, quand l’acné commence à disparaître, il fait prendre la noix vomique, trois fois par jour, avant les repas. — N. G.

Ephémérides médicales. — 27 Mai 1669.

Naissance de Sébastien Vaillant, à Vigny, près de Pontoise. Il fut organiste, chirurgien, secrétaire de Fagon, professeur au Jardin des Plantes, et membre de l’Académie des sciences. Une remarque assez singulière, c’est que l’anniversaire de sa naissance est aussi celui de sa mort, qui arriva en 1722. — A. Ch.

COURRIER

École de médecine de Clermont. — Un concours s’ouvrira le 8 novembre 1879 à l’École préparatoire de médecine et de pharmacie de Clermont pour un emploi de suppléant des chaires de pathologie interne et de clinique médicale.

Le registre d’inscriptions sera clos un mois avant l’ouverture dudit concours.

École de médecine de Caen. — M. Briard est délégué, jusqu’à la fin de l’année scolaire 1878-79, dans les fonctions de chef des travaux chimiques à l’École préparatoire de médecine et de pharmacie de Caen.

École de médecine d’Arras. — M. Leclercq, professeur de physiologie à l’École préparatoire de médecine et de pharmacie d’Arras, est transféré, sur sa demande, dans la chaire d’hygiène et thérapeutique de ladite École.

Concours pour deux places de médecins des aliénés de Bicêtre. — Voici le nom des juges désignés par le sort pour faire partie du Jury qui va fonctionner pour la première fois: MM. Legrand du Saulle, Espiau de Lamaëstre, Delasiauve, Billod, Devergie, Peter et Woillez.

Sept candidats se sont fait inscrire. Ce sont : MM. Charpentier, Pinel, Dubuisson, Voisin (Jules), Doutrebente, Bergeron (Georges) et Bourneville.

— La Société d’acclimatation tiendra sa séance publique annuelle le vendredi 30 mai 1879, à deux heures précises, dans la salle du théâtre du Vaudeville, sous la présidence de M. de Quatrefages, de l’Institut.

— Mardi 20 mai, a été inaugurée, comme nous l’avons annoncé, l’œuvre d’hospitalité de nuit pour femmes et enfants. La Société philanthropique, si connue par ses fourneaux, ouvrait son asile rue Saint-Jacques, 253 et 255.

Rien de plus intéressant que la visite que nous venons d’y faire, dit le journal des Débats. Voici en peu de mots en quoi consiste celte œuvre essentiellement humanitaire, et qui fait enfin revivre, en faveur des femmes, l’antique coutume de l’asile donné jadis dans chaque établissement religieux :

Toute femme, toute mère de famille, accidentellement dépourvue de domicile et de gîte, se présente, à partir de sept heures du soir, rue Saint-Jacques, 253. Elle reçoit, sous le vestibule, un numéro qui lui donne droit à un lit, puis deux jetons de soupe : l’un avant son coucher, l’autre à son lever. N’a-t-elle aucun papier, aucune référence à fournir, la méfiance est de droit. A cette catégorie correspond un dortoir spécial dit de lits de camp. On y couche tout habillé, avec traversin et couverture. Nulle n’y est admise une deuxième nuit.

Une femme, au contraire, présente-t-elle des références; sait-on d’où elle vient; quel

malheur, quelle misère la laisse sans gîte, alors s’ouvre pour elle un autre dortoir avec lit complet assuré au moins pendant trois nuits, ce qui ldi procure le précieux bénéfice d» trois journées consacrées à la recherche d’une occupation, d’un travail quelconque. Chatm jour, les deux soupes réglementaires lui sont distribuées. ^ e

Avant le coucher et la soupe, chaque nouvelle arrivée passe à une piscine obligatoire • puis, le matin, un lavabo achève la propreté hygiénique qui, certes, n’est pas de luxe, niais prépare déjà à la malheureuse sans çmploi une meilleure réception lorsqu’elle se présentera pour obtenir du travail. Un dortoir spécial avec lits et berceaux est réservé aux mères de famille.

Ajoutons un dernier détail : deux petites chambres, séparées des autres dortoirs, et comme entrée et comme vue, offrent quatre lits à de grandes misères qui viendraient subitement frapper des personnes habituées aux douceurs de l’existence. L’exemple s’en est malheureusement rencontré assez souvent; et, faute d’un asile temporaire, bien de pauvres créatures ont payé du repos de toute leur vie un instant de trouble ou d’égarement.

Service médical dd gouvernement de Paris. — M. le ministre de la guerre vient d’arrêter le nombre des médecins et pharmaciens chargés d’assurer le service médical du gouvernement de Paris, dans lequel on compte cinq hôpitaux, une pharmacie centrale et douze établissements divers, écoles, etc.

Le personnel médical comprendra désormais 88 médecins et 30 pharmaciens, savoir : 16 médecins principaux de lrc classe, 1 h de 2e claSse; 1 h médecins-majors de 1" classe, 7 de 2e classe ; 16 aides-majors de 1" classe, 14 de 2e classe; 5 pharmaciens principaux de lrc classe,

1 de 2e classe; 8 pharmaciens-majors de lre classe, 5 de 2e classe; 9 pharmaciens aidesmajors de lre classe, h de 2e classe.

Voyages et missions scientifiques. — M. le docteur Montano est chargé d’une mission en Malaisie et dans la partie méridionale des îles Philippines, pour des recherches relatives à l’histoire naturelle et à l’anthropologie.

M. le docteur Paul Reyest adjoint à la mission de M. Montano.

Lès sauterelles en Russie. — La Voix a reçu le télégramme suivant, en date d’Elisabetlipol, le 4-16 mai, deux heures de l’après-midi :

« Les sauterelles se sont abattues sur notre contrée en masse épaisse, et ont détruit tous les blés.

« Les localités situées sur les deux rives de la Koura sont dévastées sur une étendue de plusiéurs dizaines de verstes. Les approvisionnements de grains de l’année dernière n’étaient pas considérables, et lè blé a subitement augmenté de prix; il est le triple, aujourd’hui, de ce qu’il était précédemment. L’administration prend des mesures énergiques pour arrêter, ce renchérissement exagéré des produits alimentaires; la population en attend les résultats avec reconnaissance. »

— On lit dans le Caucase : « Les sauterelles deviennent le fléau de notre midi. Les voyageurs du chemin de fer de Poti-Tiflis peuvent voir une masse énorme de ces insectes, encore à peine formés et n’ayant pas pris de direction déterminée, étendus sur les deux côtés de la route. La sauterelle, en certains endroits, couvre tout le terrain au loin dans la campagne, et au lieu de verdure dans les champs, on n’aperçoit qu’une couleur sombre, qui est celle de ces insectes amoncelés. Le bruit qui s’était fait jour dans la presse et d’après lequel le train du chemin de fer aurait été empêché d’avancer par la masse de sauterelles, n’est pas exact, assurément, mais il est de fait qu’on a dû retarder sa marche pour donner le temps de déblayer la voie, qui était entièrement obstruée par ces dangereux insectes. »

— Le ministre de l’instruction publique, en Russie, a soumis à l’examen des Conseils universitaires le projet de créer, près des Universités, des logements en commun pour les étudiants qui mériteraient d’être encouragés. Ces logements en commun remplaceraient les bourses que ces étudiants reçoivent actuellement et auraient l’avantage de procurer à ceux-ci tout le confort désirable, en leur permettant, en outre, de s’occuper avec plus de succès de leurs travaux.

Hôpital Laennec. — M. le docteur A. Ferrand commencera le jeudi 29 mai, 10 heures, et continuera les jeudis suivants, à la même heure, une série de quatre conférences Sur les formes cliniques de lu ■phthisie pulmonaire et les indications thérapeutiques qui s'y rapportent.

Le numéro de ce jour contient un Supplément de huit pages.

- Le gérant, RichelOT.

Pari». Typographie Féiix M/æteste ft fie, rue des Deux -Portes-Saint-Sauveur, 22.

No 62

Jeudi 29 Mai 1879

BULLETIN

SUR LA SÉANCE DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE

Le principal intérêt de la séance a été l’élection d’un membre titulaire dans la section de médecine opératoire. D’après ce qui avait transpiré des délibérations de la commission d’élection, le bruit s’était répandu que la discussion des titres des deux principaux candidats y avait été très-vive, et que l’élection serait chaudement disputée. En effet, en entrant dans la salle des séances, on sentait déjà comme une vague odeur de poudre, l’alîluence des académiciens était considérable; dans rassemblée, réunie au grand complet, les conversations étaient vives, animées, bruyantes; on eût dit une ruche bourdonnante d’abeilles, moins le miel. Au milieu de ce bruit assourdissant, il nous a été impossible d’entendre un seul mot de la communication faite à la tribune par l’un de nos plus distingués confrères de Paris, M. le docteur Duroziez, sur les préparations alcooliques de la digitale. Les esprits étaient ailleurs, on ne parlait que de l’élection qui allait se faire et qui était ainsi élevée à la hauteur d’un événement académique.

M. Duroziez avait à peine achevé sa lecture, offerte en sacrifice au monstre électoral, que M. le président Richet préludait aux opérations du scrutin en indiquant le classement des candidats d’après l’ordre adopté par la commission. M. Simon Duplay était porté en première ligne sur la liste, et M. Léon Labbé, placé hors rang, était présenté avec le titre de candidat de V Académie. C’était entre ces deux honorables compétiteurs que la bataille, puisque bataille il y avait, allait s’engager. Les uns pariaient pour M. Simon Duplay, les autres pour M. Léon Labbé. Il a fallu deux tours de scrutin pour décider la victoire qui, en définitive, s’est déclarée en faveur de M. Simon Duplay. Sur 79 votants, ce dernier a obtenu 41 suffrages, M. Léon Labbé en a obtenu 33 ; quelques voix se sont égarées sur d’autres compétiteurs.

En somme, quelle est la signification de cette élection dont on a fait si grand bruit? A notre humble avis, l’Académie, en nommant M. Simon Duplay, a voulu surtout récompenser l’auteur d’un Traité de pathologie chirurgicale, ouvrage non moins considérable qu’excellent et rapidement devenu classique; en outre, en donnant à M. Léon Labbé une imposante minorité, elle a voulu désigner cet hono-

FEUILLETON

Promenades au Salon

Si je suivais la mode, il me faudrait changer le titre de ces feuilletons auquel, depuis bien des années, le lecteur est habitué. La mode, en effet, n’est plus de se promener, mais de courir. Il s’agit moins de voir à son aise tranquillement et sans fatigue, que de voir vite, de dépasser tout le monde et d’arriver premier. Eh bien, ce n’est point ma manière, et, franchement, je ne sais aucune bonne raison de modifier mes allures. Il ne s’agit pas ici d’une nouvelle à sensation dont les reporters doivent se disputer la primeur. Les œuvres d’art demandent à être regardées avec quelque attention et à plusieurs reprises pour être jugées comme il convient, c’est-à-dire aussi bien que le peut faire le critique. Autrement, on risque fort de ne donner au public, aq lieu d’impressions personnelles et sincères, que des appréciations recueillies à la légère auprès des amis ou des ennemis des artistes, qui ont parcouru les ateliers avant l’envoi au Salon, et qui colportent un peu partout leur admiration ou leur dédain anticipés. A quoi bon tant se presser? Nous avons le temps. Le palais des Champs- Élysées ne se fermera pas de sitôt. Promenons-nous donc comme par le passé, et causons à loisir.

C’est une chose singulière que cette hâte d’être informé avant « les autres. » C’est, paraît-il, nn caractère propre surtout à la France et aux États-Unis d’Amérique. A Paris, je connais beaucoup de personnes qui ne pardonneraient pas à leur meilleur ami de leur apprendre une nouvelle; ils considéreraient le procédé comme injurieux. Pour eux, un journal n’a de saveur que si l’encre n’en est pas sèche. A aucun prix ils ne consentiraient à lire le soir une feuille Tome XXVII. — Troisième série. 79

rable et habile chirurgien comme le candidat préféré destiné à remplir la première vacance qui se produira dans l’ordre de la chirurgie.

Après la bataille, on oublie les ardeurs et les vivacités de la lutte, et les vaillants compétiteurs de la veille deviennent les collègues du lendemain.

— Nos lecteurs trouveront au compte rendu une analyse très-succincte de l’argumentation de M. Woillez à propos de la communication de M. Jaccoud, relative à la pleurésie multiloculaire. — A. T.

CLINIQUE MÉDICALE

NOTE SUR UN CAS RE RÉTRÉCISSEMENT ACQUIS DE L’ARTÈRE PULMONAIRE CHEZ «N MALADE MORT DE TUBERCULOSE GÉNÉRALISÉE;

Pièces présentées k la Société médicale des hôpitaux, dans la séance du vendredi 22 novembre 1878 Par M. Ddgüet, professeur agrégé à la Faculté, médecin de l’hôpital Saint-Antoine, et M. Landouzt, chef de clinique de la Faculté, à la Charité.

Dans la séance du 11 août 1871, M. C. Paul lisait, à la Société médicale des hôpitaux, un travail intitulé : Du rétrécissement des orifices de l' artère pulmonaire contracté après ta naissance, de ses symptômes, de ses complications , et particulièrement de la phthisie pulmonaire consécutive. Ce mémoire important et original, dans lequel, à côté de la relation d’un cas qu’il venait d’observer, étaient réunis et comparés un certain nombre d’autres faits épars dans la science, permettait à l’auteur d’entrevoir, dès cette époque, l’existence d’une variété clinique méritant une description particulière.

Depuis lors, de nouveaux faits, exactement comparables, ont été observés. M. C. Paul en réunissait douze lorsqu’il publia son travail. M. Solmon, l’année suivante, en 1872, en comptait environ une vingtaine dans sa thèse inaugurale, qu’il intitula : Du rétrécissement pulmonaire acquis. Dans la séance du 14 décembre 1877, M Straus nous fit voir les pièces relatives à deux nouveaux cas de rétrécissement de l’orifice de l’artère pulmonaire recueillis chez des malades ayant succombé à la phthisie comme les précédents.

Ayant eu la bonne fortune d’étudier, de reconnaître et de vérifier dernièrement, à l’hôpital delà Charité, dans le service de clinique de M. le professeur Hardy, sup-

du malin, pas plus qu’ils ne voudraient assister à la deuxième représentation d’une pièce de théâtre. Ils vont à la première, mais c’est pour y être vus, et pour raconter à « tout Paris » qu’ils étaient, la veille, à la répétition générale. Si ce train continue, on voudra bientôt avoir été spectateur de la première répétition.

L’ouverture du Salon a marqué, cette année, un progrès dans cette manie, — si, toutefois, c’est un progrès. J’en doute. Les années précédentes, on laissait entrer dans les salles de l’Exposition, outre les artistes, les personnes munies de cartes particulières; on les laissait entrer, dis-je, la veille du jour fixé pour l’ouverture publique, et cette faveur était accordée sous prétexte de vernissage. Cela ne suffît plus; les portes du Salon se sont ouvertes, cette année, L’avant-veille, et ce jour antéprélimiuaire a pris le nom de « jour de la Presse » ou « jour des journalistes. »

11 y aurait une étude peut-être intéressante à faire du public spécial qui se montre si fidèle aux « premières » de quelque genre que ce soit. Mpis cela exigerait de plus longs développements que je n’en dois accorder ici à un simple hors-d’œuvre. Je dirai seulement que la partie féminine de ce public se fait remarquer par une uniformité vraiment étrange; c’est à peu de chose près le même costume, collant par en haut, traînant par en bas, trèssimple d’apparence; au fond, très-luxueux et très-cher. Les différences consistent dans des détails que l’œil intéressé des couturiers est seul apte à reconnaître ; chez toutes les « indispensables » du premier jour, le verbe est haut, l’œil hardi, l’assurance complète. Elles se sentent, ces jours-là, chez elles, et tiennent à s’y montrer distinguées. Or, la distinction consiste à dire très-haut et avec une parfaite aisance, des choses insignifiantes auxquelles personne n’attache le moindre sens. La finesse et le charme résident dans le jeu de la physionomie, car les Parisiennes sont fines et elles sont charmantes, cela va de soi...

L’union médicale.

pléé par l’un de nous, un nouvel exemple de rétrécissement de l’orifice de l’artère pulmonaire, terminé par phthisie généralisée, nous soumettons également à votre examen les pièces qui s’y rapportent. Vous allez voir que les lésions trouvées à l’autopsie, mises en regard des phénomènes observés durant la vie, représentent à peu près, calquées sur le même modèle, les observations de nos devanciers et confirment, ou peu s’en faut, toutes les conclusions formulées par M. C. Paul à la fin de son intéressant mémoire.

Dans le fait que nous relatons, deux points, il nous semble, méritent tout particulièrement d’attirer l’attention : c’est, d’abord, la nature et 1 âge du rétrécissement; c’est, ensuite, le lien qui rattache cette lésion à la tuberculisation qui a entraîné la mort du malade. En voici les principaux détails :

Observation. — Magn... (Louis), âgé de 2 h ans,, confiseur, entre à la Charité, dans le service de M. le professeur Hardy, le 10 avril 1878.

Né dans la Haute-Loire, à Paris depuis l’âge de 17 ans, il raconte que son père est mort, à 38 ans, d’une maladie de poitrine qu’il nous est difficile de déterminer. Sa mère est morte subitement à l’âge de Z|7 ans; trois frères et deux sœurs ont succombé au croup dans leur enfance; il lui reste deux sœurs qui jouissent d’une santé parfaite. Lui-même, de 5 à 17 ans, s’est toujours bien porté, a parcouru la France dans tous les sens comme ramoneur, sans jamais être arrêté par la fatigue ou la maladie.

It était depuis un an à Paris, en qualité d’apprenti confiseur, quand il fut pris d’un rhumatisme articulaire aigu généralisé, pour lequel il fut soigné à l’Hôtel-Dieu. Il y resta six mois, et paraît en être sorti sans qu’on ait remarqué chez lui de manifestations cardiaques sérieuses.

L’année suivante, nouvelle attaque de rhumatisme articulaire aigu généralisé, pour laquelle il rentre à l’Hôtel-Dieu ; cette fois, la région du cœur préoccupa plus vivement le médecin et les élèves du service, qui s’arrêtaient souvent et longuement pour ausculter la région du cœur. Guéri de son rhumatisme, Magn... séjourna longtemps encore à l’hôpital, où il se trouvait retenu par une toux sèche et fréquente.

A 20 ans il quitte Paris pour aller à Angers, où il devient garçon de restaurant ; mais bientôt il est obligé d’entrer à l’hôpital d’Angers, pour des palpitations et une toux devenue très- fréquente et accompagnée d’une expectoration jaunâtre, parfois sanguinolente. Magn... séjourne deux années entières à l’hôpital d’Angers, tantôt comme malade ou convalescent, tantôt comme infirmier auxiliaire ; il continue à souffrir de ses palpitations et ne cesse de tousser ni de cracher. C’est dans cet état que, fatigué de ne pas voir son état s’améliorer, il revient à Paris.

Il entre de nouveau à l’Hôtel-Dieu, où il passe tout l’hiver, et il en sort au printemps, pâle

Une innovation heureuse, dont nous devons remercier M. le sous-secrétaire d’État faisant fonction de directeur des beaux-arts, c’est la distribution de cartes d’entrée temporaires. Jusqu’ici, en effet, les cartes donnaient le droit de pénétrer dans les salles d’exposition, tous les jours, à toute heure et pendant toute la durée du Salon. Il en résultait plusieurs inconvénients. D’abord, il y avait presque autant de monde, le matin, aux heures réservées, que dans la journée aux heures banales ; il était difficile d’examiner à l’aise les tableaux ; plus difficile encore de prendre des notes sans être soi-même l’objet de la curiosité des visiteurs. La nouvelle mesure remet toutes choses en ordre. Ensuite il résultait de la profusion de cartes permanentes distribuées aux gens du monde, c’est-à-dire aux personnes riches, une perte de bénéfice considérable pour l’administration des beaux-arts, et, en definitive, pour les artistes eux-mêmes. Les cartes blanches, valables pour un jour seulement, font cesser cet abus, et permettent à l’administration de ne pas opposer un refus tout sec aux demandes de faveurs. Il est toujours bon de ménager les transitions, et comme je m’adresse à des médecins, je n’ai pas à leur vanter la douceur et la prudepce envers des habitudes prises, même alors que ces habitudes sont déplorables. Ajoutons que les cartes temporaires, recueillies aux guichets d’entrée, sont un moyen de se rendre compte du mouvement des visiteurs, soit le matin, soit certains jours privilégiés.

Nous avons encore des compliments pour M. le sous-secrétaire d’État, à propos de la nouvelle disposition des gravures. Reléguées, auparavant, dans les galeries latérales extérieures, les gravures n’étaient vues que par les graveurs ou les amis intimes de ceux-ci. Et encore, quand je dis : vues, je me trompe, « trouvées » serait plus exact, car elles étaient, d’habitude, placées à une hauteur telle, que, si l’on pouvait voir la place qu’elles occupaient, il n’était guère possible de les voir, ce qui s’appelle voir, elles-mêmes. Reconnaissant la justesse des

et défait, pour aller en convalescence à l’asile de Vincennes. Là il est pris d’une hémoptysie qui motive encore son admission à l’hôpital. Il entre cette fois à la Charité, et c’est alors qu’ü nous est donné de l’observer.

Magn..., de taille moyenne, est pâle, très-amaigri ; la marche, l’action même de parler le fatiguent rapidement et l’essoufflent. Point d’œdème aux malléoles. Faciès de phthisique.

Sa poitrine est étroite, mais sans déformation particulière; des deux côtés, sous la clavicule, mais à gauche surtout, submatité étendue aux deux premiers espaces intercostaux et accompagnée d’un affaiblissement considérable du murmure vésiculaire, remplacé par un bruit de taffetas, perceptible surtout à la fin des fortes inspirations. De plus, sous la clavicule gauche, le retentissement de la voix est très-marqué. En arrière, on constate une matité très-évidente* avec perte d’élasticité dans les fosses sus-épineuses ; la respiration y est légèrement soufflante] accompagnée de bruit de taffetas et de râles sous-crépitants, avec retentissement des bruits du cœur et même d’un bruit de souffle cardiaque, perceptible dans la fosse sus -épineuse gauche.

La toux, qui est toujours fréquente, est suivie, principalement le matin, du rejet de crachats verdâtres, plats, arrondis et déchiquetés sur les bords. Les repas provoquent très-souvent la toux, qui amène fréquemment à son tour des vomissements alimentaires. La région précordiale n’offre aucun relief appréciable; à la vtfe comme à la main, il est impossible de déterminer l’endroit précis où bat la pointe du cœur ; l’auscultation donne à penser que la pointe du cœur n’est point sensiblement abaissée; toutefois, les battements cardiaques sont transmis nettement vers la base de l’appendice xyphoïde, ce qui permet de penser qu’il existe un développement notable du cœur droit. Point d’irrégularités ni d’intermittences dans les battements cardiaques.

On entend à la base du cœur un bruit de souffle systolique, rude et assez prolongé. Ce bruit de souffle remplace le premier bruit normal et s’entend avec une intensité remarquable dans le deuxieme espace intercostal gauche, au-dessus du cartilage sterno-costal de la troisième côte, à un centimètre environ du bord gauche du sternum. C’est là que le bruit morbide offre son maximum d’intensité. De ce point il sé propage, bien entendu en s’amoindrissant, à droite, jusque vers le bord droit du sternum et en haut et en dehors, selon la direction d’une ligne qui viendrait tomber sur la clavicule, à l’union de son quart interne avec ses trois quarts externes; mais le bruit perd rapidement de son intensité un peu au-dessous de la clavicule, bien qu’il se perçoive jusque dans les carotides, plus à gauche qu’à droite. Ce bruit de souffle prolongé est suivi d’un autre bruit assez bref, diastolique, normal. D’ailleurs, à la pointe du cœur, les bruits sont normaux.

. De temps en temps, mais nullement d’une façon constante, on perçoit un frémissement cataire dans le deuxième espace intercostal gauche, à l’endroit même où le souffle systolique est au maximum.

Les jugulaires ne font aucune saillie; le pouls, régulier, égal, bien frappé et d’une fré-

observations du jury à cet égard, M. Turquet n’a pas hésité à consacrer une salle spéciale aux gravures. Là, tous les objets exposés sont à la hauteur des yeux; ceux qui auraient été trop haut sont placés au milieu de la salle, sur un immense chevalet ou pupitre allongé que protège un vélum contre le jour trop cru tombant du ciel ouvert. Jamais messieurs les graveurs n’ont été aussi bien traités. A moins d’être de mauvais cœurs, ils devront exprimer leur gratitude à qui les a mis ainsi en valeur.

Les artistes ne se plaindront pas, cette année, de la sévérité du jury, le Livret contient 5,851 numéros. De son côté, le public aurait tort, à mon sens, de reprocher aux juges un excès d’indulgence. J’ai toujours pensé, pour ma part, que la fonction du jury devait être une fonction de simple police : écarter les obscénités et laisser passer tout le reste. C’est une question qui ne me paraît plus guère contestée maintenant. Le système du choix préalable par les commissions de l’Institut ou par les commissions élues a prévalu assez longtemps pour en montrer la vanité et l’impuissance. Il est l’heure d’essayer le système contraire, plus conforme à l’esprit du suffrage universel. Le grand phblic doit être reçu à faire, à ses risques et périls, son éducation, aussi bien en art qu’en politique. D’ailleurs, les moniteurs officieux ne lui manqueront pas.

Ces considérations terminées, commençons notre promenade, bienveillant lecteur, et regardons un peu partout, du mieux que nous pourrons. Nous nous communiquerons ensuite nos impressions, si vous le voulez bien, sans prévention et sans prétention. Je vous donnerai 1 exemple à notre prochaine rencontre. Cl. Suty.

quence ordinaire, donne au sphygmographe une ligne ascendante courbe peu élevée, suivie d’une ondulation à peine indiquée.

Anorexie; tendances à la diarrhée, sans coliques. Fièvre vespérale et sueurs nocturnes. Point d’albumine dans les urines.

La situation ne change guère pendant les mois qui suivent. En mai et en juillet surviennent des poussées congestives accompagnées de bronchite et d’hémoptysies légères. En août et septembre, on constate que la matité des sommets s’est étendue , qu’il s’y est produit du ramollissement, que l’expectoration est devenue plus abondante et les vomissements alimentaires plus fréquents. L’amaigrissement et la pâleur progressent; la diarrhée tend à devenir habituelle, les doigts deviennent hippocratiques, l’œdème se montre facilement aux malléoles et se dissipe de moins en moins par le repos au lit; l’oppression augmente. Pendant que, de toutes parts, les phénomènes pulmonaires s’aggravent, les signes fournis par l’examen du cœur restent identiquement les mêmes depuis que le malade est entré à la Charité.

Du mois de juillet au mois de septembre, le malade déclina lentement sous le coup de la fièvre symptomatique, de la diarrhée, des vomissements, des sueurs nocturnes, de la toux, de l’expectoration , en un mot de la cachexie tuberculeuse ; il succomba le 17 septembre.

Autopsie pratiquée le 19 septembre.

A. Thorax.

a. Plèvres ; médiastins; poumons. — Les plèvres sont exemptes de tout liquide et -de toute adhérence, sauf au sommet de la cage thoracique où se voient des fausses membranes solides, épaisses, et plus étendues à gauche qu’à droite.

Les médiastins renferment un grand nombre de ganglions bronchiques et trachéaux, formant chapelet ; leur volume, généralement considérable, varie de celui d’une noisette à celui d’une noix; ils sont gris, noirâtres; ceux de gauche, de dimensions plus grandes, se continuent comme les anneaux d’une chaîne avec d’autres ganglions un peu moins volumineux qui entourent la carotide et la jugulaire. Cette disposition explique sans doute le retentissement du bruit de souffle cardiaque jusque dans les vaisseaux du cou, principalement à gauche.

L’enlèvement du poumon gauche amène une déchirure du sommet, dont une partie adhère aux parois du thorax; la scissure interlobaire est effacée par d’anciennes adhérences; le bord antérieur est emphysémateux, surtout en haut; il en est de même en bas, au bord postérieur. On trouve çà et là, sous la plèvre, un assez grand nombre de granulations tuberculeuses.

Le lobe supérieur est creusé, au sommet, d’une série de cavernes et de cavernules qui communiquent entre elles et avec les bronches sensiblement dilatées; des tractus fibreux peu épais le parcourent. Les parties inférieures du lobe supérieur contiennent, irrégulièrement distribuées, des granulations miliaires mélangées à des tubercules crus de différents volumes autour desquels le tissu pulmonaire est fortement hypérémié.

Le lobe inférieur est pareillement altéré; de plus, on trouve, en plein parenchyme pulmonaire, un peu au-dessus du bord postéro-inférieur, une caverne à parois anfractueuses du volume d’une noix.

Le poumon droit est retenu au sommet de la cavité thoracique par des adhérences solides, adhérences qu’on retrouve dans les scissures interlobaires. Le bord antérieur du poumon est emphysémateux. Sous la plèvre se voient, disséminées, des granulations miliaires qui la soulèvent, et qui ont le volume d’un grain de mil. Au sommet existe une caverne du volume d’une noix, et le reste du poumon est rempli de tubercules à la manière du poumon gauche. Les ganglions du hile sont gros et de couleur cendrée.

b. Péricarde, cœur et vaisseaux. — Le péricarde contient une cuillerée environ de liquide citrin; à la face interne du feuillet pariétal antérieur se voient deux petites plaques laiteuses faisant une légère saillie.

Le cœur est globuleux, et la pointe appartient exclusivement au ventricule droit dont le volume apparent dépasse de beaucoup celui du ventricule gauche. Le diamètre vertical du cœur est de 8,5 centimètres; le transverse de 8,8 et l’antéro-postérieur de à,0.

Le ventricule gauche , d’aspect normal, mesure, dans sa plus grande épaisseur, 12 millimètres ; ses piliers et ses cordages sont normaux. La valvule mitrale, à peu près saine d’ailleurs, présente sur sa face auriculaire, tout à fait au voisinage de son bord libre, une petite collerette nacrée, violette, vestiges probables d’une endocardite ancienne. L’orifice aortique, ses valvules, ainsi que l’oreillette gauche, ont leur aspect normal.

Le ventricule droit offre une cavité agrandie, et, de plus, il est hypertrophié , attendu que ses parois, fermes et résistantes, présentent jusqu’à 8 millimètres d’épaisseur. L’orifice auri-

culo-ventriculaire, légèrement rétréci, mesure dans son plus grand diamètre 33 millimètres • le bord libre de la valvule du côté qui regarde l’oreillette est muni d’une couronne de vègé 1 tâtions nacrées noduleuses. Les cordages sont plus épais, d’un blanc mat et d’aspect fibreuxles piliers eux-mêmes sont épaissis et blanchâtres, principalement celui qui, s’insérant à là base même de l’infundibulum, s’insère d’autre part à la valve antérieure de l’orifice tricuspidien.

L’infundibulum, singulièrement étroit (9 millimètres de diamètre), laisse difficilement pénétrer l’extrémité du petit doigt.

Le ventricule droit est surmonté par le tronc de Y artère pulmonaire qui, grâce à la dilatation et à l’amincissement de ses parois, forme une sorte de large sinus infundibuliforme à. sommet inférieur répondant à l’origine même du vaisseau, à base supérieure reposant sur le point de bifurcation de l’artère. Ce sinus mesure jusqu’à 35 millimètres dans son plus grand diamètre transversal, et 23 millimètres à sa naissance.

Vu d’en haut, après incision verticale du sinus, l’anneau valvulaire de l’artère pulmonaire paraît considérablement Rétréci, et, de plus, l’orifice intervalvulaire n’a plus que les dimensions et la forme d’une boutonnière capable de donner passage à une grosse plume d’oie; celte boutonnière ne mesure en effet que 8 millimètres dans son plus grand diamètre. Les bords en sont lisses, réguliers, arrondis; leur épaisseur est de 1 millimètre; ils sont formés par la soudure latérale des angles des trois valvules sigmoïdes. De plus, la soudure s’étend aux bords contigus des valvules dont l’épaisseur s’est accrue également, de telle sorte que l’artère pulmonaire, à son origine, est pour ainsi dire munie d’un diaphragme membraneux percé d’un orifice central, et, ce diaphragme perforé, offrant une convexité du côté de l’artère et une concavité du côté du cœur, représente une sorte de voûte ou de dôme formé par l’accolement étroit et régulier des trois valvules sigmoïdes de l’artère pulmonaire. Entre ce dôme, qui forme dans l’artère une saillie comparable à celle du museau de tanche dans le vagin, et la face interne de l’artère pulmonaire existe un sillon profond, circulaire, subdivisé en trois segments par les vestiges des attaches valvulaires; ces trois segments forment trois cavités qui rappellent exactement les trois nids de pigeon des valvules sigmoïdes normales.

Bien que les parois des valvules réunies soient épaissies notablement, elles sont dépourvues de végétations, et le diaphragme valvulaire a conservé asssez de souplesse pour que la boutonnière se ferme lorsqu’on introduit de l’eau dans le tronc de l’artère pulmonaire. Il n’existait donc point d’insuffisance à l’orifice de cette artère.

Les parois du tronc artériel paraissent saines, sauf en un point qui correspond à l’accolement de l’artère pulmonaire avec l’aorte ascendante, dans l’étendue d’une pièce de deux francs environ; là, l’endartère est dépolie et comme végétante ; partout ailleurs, et jusque dans les branches de division de l’artère pulmonaire, qui ne sont point dilatées, la face interne du vaisseau est parfaitement lisse.

L 'oreillette droite , beaucoup plus distendue que l’oreillette gauche, offre des parois qui ont au moins triplé d’épaisseur. L’auricule est développé dans les mêmes proportions. D’ailleurs, la face interne en est lisse; la fosse ovale est normale, et le trou de Botal parfaitement oblitéré.

Le canal artériel est représenté par un maigre cordon fibreux.

B. Abdomen.

Le péritoine ne contient point de liquide; cependant, le péritoine intestinal présente quelques plaques vascularisées et blanchâtres qui paraissent en rapport avec des lésions intestinales sous-jacentes.

En effet, sur la muqueuse de la fin de l 'intestin grêle, dans l’étendue de plus de 1 mètre de longueur, se voient de nombreuses ulcérations à bords irrégulièrement déchiquetés, les unes superficielles, les autres profondes, toutes disposées perpendiculairement à l’axe de l’intestin. Dans l’S iliaque et dans le rectum existe une injection capillaire exagérée, avec psorentérie et petites ulcérations à bords irréguliers.

Le foie, sensiblement augmenté de volume, est gras et congestionné ; il offre un peu, à la coupe, l’aspect du foie amyloïde, mais la réaction caractéristique fait défaut.

La rate est ferme, d’un volume ordinaire; mais, sous sa capsule fibreuse, existent de nombreuses granulations semi-transparentes.

Les reins offrent également, à la coupe, un aspect amyloïde que la réaction ne confirme pas; ils sont gras et un peu volumineux.

lïencéphate ne présente rien à noter.

En résumé, nous voyons mourir d’une tuberculisation généralisée, à l’âge de 24 ans, un malade qui, sans antécédents morbides bien déterminés, a joui d’une

santé parfaite jusqu’à l’âge de 17 ans, époque de sa première attaque de rhumatisme articulaire aigu. Ce rhumatisme le tient d’abord six mois à l’hôpital. L’année suivante, deuxième attaque de rhumatisme articulaire aigu, pendant laquelle le cœur, épargné la première fois, est pris d’endocardite. Puis survient une toux sèche qui persiste, et plus tard une hémoptysie. Entré à l’hôpital de la Charité , on constate chez lui tous les signes d’une phthisie pulmonaire confirmée et la coïncidence d’un souffle cardiaque rude, au premier temps, à la hase, dans le deuxième espace intercostal gauche, avec maximum au voisinage du sternum. Le malade succombe aux progrès d’une tuberculisation généralisée, et l’autopsie permet de reconnaître nonseulement une phthisie pulmonaire vulgaire, avec cavernes aux sommets, ganglions péri-bronchiques et péri-trachéaux très-développés, mais encore des granulations tuberculeuses sous la capsule de la rate et des ulcérations de même nature dans l’intestin. De plus, le cœur est globuleux, le ventricule et l’oreillette du côté droit sont dilatés et hypertrophiés; l’infundibulum, et principalement l’orifice de l’artère pulmonaire, offrent un rétrécissement considérable. D’autres traces de phlegmasie rhumatismale se rencontrent sur la valvule tricuspide, sur la valvule mitrale, et jusque dans le tronc même de l’artère pulmonaire, dont les parois amincies forment un grand sinus qui surmonte le ventricule droit. Le trou de Botal eL le canal artériel sont bien oblitérés.

(La suite à un prochain numéro.)

HYDROLOGIE

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