LES EAUX DE VALS. — SOURCE RIGOLETTE
« La tranquillité de l’âme est entièrement nécessaire , et l’on « ne doit rien oublier pour se la procurer, car les passions, en « troublant les esprits qui sont les instruments des digestions, « contribuent beaucoup à augmenter la goutte. » (Sydenham.)
C’est par le concours simultané des sciences physiques et de l’art médical, en tant que représenté par l’observation hippocratique, que l'hydrologie moderne s’est élevée, au cours d’une période de temps relativement courte, à une hauteur de précision scientifique, qui lui permet, dans le présent comme dans l’avenir, de marcher d’un pas plus assuré sur la voie féconde des progrès thérapeutiques.
« Sans prétendre, écrit avec beaucoup de raison le professeur Filhol, que la chimie puisse à notre époque donner les moyens de rendre compte de la manière d’agir des eaux minérales, on est cependant en droit d’affirmer qu’elle conduit souvent par ses résultats à des explications plus simples, plus naturelles et plus probables, que celles que l’on obtiendrait sans son secours. »
D’autre part, ne perdons jamais de vue les droits imprescriptibles de la clinique (observation au lit du malade), car elle seule peut déterminer comment ces principes minéralisateurs, avec la disposition moléculaire de leurs éléments à la température native, devront agir, et sur les fibres organiques elles-mêmes, et sur leurs fonctions vitales qui émanent de leur mécanisme et de leur groupement.
Si toutes les fonctions de l’organisme humain ont été mieux élucidées par les conquêtes de la physiologie expérimentale, aucune d’elles n’a été mieux appréciée que la fonction de digestion et d’assimilation. Dans cet ordre d’idées et de faits, les eaux minérales répandues à profusion sur le sol de la France,' ont été étudiées avec le plus grand soin et, parmi ces agents puissants de modification moléculaire intime de la trame organique, les eaux minérales ont incontestablement joué le rôle le plus prépondérant.
* Les eaux de Vais, qui sourdent dans un vaste périmètre, au milieu de collines agrestes, dans le vallon de la Volane, se rapportent toutes à celte classe des bicarbonatées sodiques froides, et, dans un groupe spécial nettement caractérisé, viennent s’inscrire les sources reconstituantes de la Magdeleine et de la Rigolette.
Les eaux de la source Rigolette coulent à leur température native et constante de 16°. Claires et limpides, pétillantes, elles ont une saveur piquante des plus agréables.
La constitution géologique de celte partie du Vivarais, avec ses volcans éteints et ses terrains accidentés, donne aisément l’explication de la proportion considérable d’acide carbonique libre (2gr095), came efficiente de ses propriétés physiques. Au dire deLyell, le
a Dans tous les pays, mais particulièrement dans le voisinage des volcans brûlants ou éteints, les sources dégagent une très-grande quantité d’acide carbonique. Ce fluide élastique a la propriété de décomposer plusieurs des roches les plus dures, avec lesquelles il se trouve en contact et surtout les roches si nombreuses où le feldspath entre comme élément constituant; il5 rend l’oxyde de fer soluble dans l’eau et contribue à la solution de la matière calcaire. »
Les analyses chimiques de Ossian Henry fixent à 7 gr 826 les principes minéralisateurs renfermés dans un kilogramme d’eau de la Rigolette.
Le bicarbonate de soude y est représenté par la dose de 5,9800 (1) ; le chlorure de sodium par celle de 1,200 (2) ; le bicarbonate de fer protoxyde avec traces de manganèse par la fraction de 0 gr 20 1\.
Ces résultats analytiques des plus instructifs établissent la caractéristique de cette source privilégiée : quantité notable de principe alcalin (bicarbonate de soude) ; proportion de sel (chlorure de sodium) plus considérable que dans toutes les autres sources de la contrée; dose appréciable de fer et de manganèse.
Indépendamment des indications générales qui se résument dans le traitement efficace des dyspepsies,' avec atonie des muqueuses gastro-intestinales, des hypérémies du foie avec sécrétion exagérée, des sécrétions biliaires ou glycogéniques, des manifestations de la diathèse urique avec gravelle, les eaux de la Rigolette sont préconisées par tous les praticiens dans le traitement de la goutte.
Il serait superflu de tracer ici l’histoire de-cette affection plus ou moins protéiforme, en énumérant les conditions étiologiques qui la favorisent ou l’entretiennent.
Nous partageons l’avis des médecins qui soutiennent qu’il ne faut pas invoquer pour la combattre des médications trop énergiques ou incendiaires ; nous pensons qu’il est plus sage de prévenir ses manifestations par une prophylaxie logique, par une hygiène raisonnée. La colère, les chagrins, le travail intellectuel augmentent dans de notables proportions la production de l’acide urique, et ces causes, alors qu’elles rie sont pas suivies d’une transpiration salutaire, tendent le plus possible à accumuler l’élément acide dans un organisme qui en est déjà saturé.
Le traitement par les eaux de la Rigolette s’adressera spécialement aux hommes de bureau dont les muscles ne travaillent pas, dont le cerveau travaille constamment; chez eux, en effet, les préoccupations morales, les contrariétés, viennent s’ajouter encore aux chagrins et aux accès de colère communs à tous les hommes qui mangent beaucoup, ou qui mangent peu, mais digèrent mal. En résumé, le traitement qui remplit le mieux les conditions pour s’opposer à ces mauvaises dispositions, en combattant ces habitudes déplorables, peut se formuler dans, ces trois prescriptions : usage des alcalins; exercice musculaire; repos de l’esprit. Voici la raison d’être de l’épigraphe qui figure en tète de cet article.
Une dernière réflexion avant de terminer : La composition chimique des eaux de Vais en général et de la Rigolette en particulier lui impriment un caractère de stabilité et de fixité qui permet de les conserver intactes pendant plusieurs années, même en leur faisant supporter impunément de longs voyages. Ces qualités sont précieuses surtout dans les circonstances très-nombreuses et très-variées où le traitement doit se faire loin de la source, à toute époque de l’année.
Il est très-heureux pour le médecin, comme pour le convalescent et pour le malade, que l’on ne puisse pas appliquer aux .eaux minérales de Vais les paroles que Théophile Bordeu écrivait à l’adresse de ses chères eaux des Pyrénées :
« Nos eaux, comme les habitants de nos montagnes, ne quittent pas volontiers leur patrie, »
(1) La source Saint-Jean en contient I gr 480, et la source Magdeleine 7 gr 280.
(2) La source Saint-Jean renferme 0gr06 de chlorure de sodium; la Magdeleine 0 gr 01 ; la Précieuse 1 gr 08.
BIBLIOTHÈQUE
LEÇONS CLINIQUES SUR LES MALADIES DU CŒUR ET LES ECT0CARDIES, par le docteur DA Costa Alvarenga, professeur à l’École de médecine de Lisbonne (traduit du portugais par le docieur Bertherand). Lisbonne, 1878. Un volume in-8° de 361 pages; et Paris, chez J. -B. Baillière et fils.
Les travaux considérables entrepris, depuis déjà un assez grand nombre d’années, sur la saX? » 6 ca.r,d.iaque» le8 livres nouveaux, les leçons cliniques, les articles de Dictionnaires qui nt succédé dans ces derniers temps, — et dont les plus importants sont, en France : les
leçons cliniques de M. Bucquoy, de M. Peter dans sa 'Clinique médicale ; les recherches expérimentales et cliniques de M. François Franck ; les articles des deux Dictionnaires , par MM. Maurice Raynaud, Potain et Rendu, — montrent qu’un véritable courant s’est formé vers l’étude si attachante des maladies du cœur. A l’étranger, cette tendance s’accuse également, et les Leçons cliniques, que nous avons aujourd’hui à passer en revue, contribuent pour leur grande part à élucider certains points encore obscurs de la pathologie du cœur. Nul n’était mieux préparé à cette œuvre que le savant qui représente si brillamment la médecine en Portugal, et qui nous est connu déjà par des travaux si justement estimés sur : l 'insuffisance aortique (1856) ; les eciocardies (1869) ; l 'époque de l'occlusion du trou de Botal et du canal artériel (1869); Y anatomie pathologique des perforations cardiaques (1870-1871) ; Y anatomie pathologique des communications entre les cavités droites et les cavités gauches du cœur; la cyanose (1872-1873), etc.
Ces nouvelles leçons cliniques sur les maladies du cœur, au nombre de vingt-quatre, sont tellement nourries de faits et d’aperçus nouveaux, qu’il nous sera difficile de les analyser complètement; mais nous pensons être utile au lecteur en lui montrant les principales idées émises dans ce livre.
Tout d’abord, il faut signaler une étude très-intéressante sur la compression stéthoscopique des artères combinée avec la compression digitale. Par ce moyen, on rend perceptibles des bruits et des vibrations des vaisseaux qui ne s’entendraient pas par les moyens ordinaires, et on leur donne leur maximum d’intensité. L’auteur démontre ainsi que le double souffle artériel, qu’on a regardé comme pathognomonique dans l’insuffisance aortique, ne s’observe pas seulement dans cette affection, et il rappelle, en passant, ses droits à la priorité pour la découverte de ce symptôme, qu’il décrivait, dès 1856 , dans son si intéressant mémoire sur Y insuffisance des valvules aortiques.
. Les connaissances de l’auteur en mathématiques lui ont permis d’établir Une formule 7G2H/264 à l’aide de laquelle il est permis de déterminer rigoureusement la capacité du ventricule gauche du coeur.
Les théories diverses de la cyanose sont approfondies et discutées sérieusement ; celle du mélange du sang veineux et artériel, celle de l’obstacle au cours du sang, etc., sont tour à tour combattues et réfutées, pour être remplacées par la théorie plus juste de Yinsuffisance de la circulation veineuse.
Dès 1853, dans son mémoire sur Yinsuffisance aortique, le docteur Alvarenga avait eu l’idée de se servir de la musique pour représenter d’une façon certaine les modifications du rhythme des mouvements et des bruits du cœur et des artères, et c’est ainsi que nous trouvons reproduites exactement, dans ce volume, les diverses modulations des bruits perçus à l’auscultation du cœur.
On trouve encore une classification nouvelle des déplacements du cœur que le docteur Alvarenga appelle ectocardies, avec de nouveaux termes appropriés qui désignent les espèces qui n’avaient pas de dénominations spéciales, en y ajoutant une nouvelle espèce, pour la première fois observée et décrite par lui, sous le nom de trochocardie; il a prouvé encore, par des tracés sphygmographiques, que les déplacements du cœur ne modifient point les fonctions de cet organe.
Il faut encore signaler, dans ces Leçons cliniques, l’histoire complète d’un cas remarquable d’anévrysme de l’aorte ascendante pénétrant, sans se rompre, dans l’oreillette droite, puis dans le ventricule droit, rempli lui -même de quatre tumeurs athéromateuses; l’appréciation rigoureuse de la valeur séméiologique du retard du pouls, avec l’indication du moyen absolument certain à employer pour constater ce phénomène; la description complète de l’espace membraneux interventriculaire, ainsi que son importance pathogénique. On trouve enfin dans ce livre, qui s’appuie à la fois sur la théorie et la pratique : une esquisse historique et critique de la percussion et des anévrysmes de l’aorte; l’appréciation des théories et de la valeur diagnostique du pouls veineux jugulaire et du double souffle veineux; enfin, l’analyse de tous les symptômes fournis par la palpation, l’inspection, l’auscultation, la percussion, etc.
On voit, par ce simple exposé, que le savant médecin portugais a traité des questions nombreuses et importantes. Mais nous donnerions une idée incomplète de l’œuvre si nous n’ajoutions les qualités qui ne peuvent être analysées et qui distinguent ce livre si intéressant : une rigueur scientifique absolue, un grand talent d’observation, un esprit de critique des plus avisés et des plus fins, toutes qualités mises au service d’une érudition très-étendue, et d’une réelle passion pour la science.
Un mot cependant pour finir : une œuvre de cette importance gagnerait certainement encore à être mieux imprimée, ou à être imprimée sur du papier moins fragile.
Henri Hdchard.
académies et sociétés savantes
ACADÉMIE DE MÉDECINE
Séance du 27 mai 1 879. — Présidence de M. Richit.
CORRESPONDANCE OFFICIELLE
M. le ministre de l’instruction publique transmet l’amplialion d’un décret par lequel est approuvée l’élection de M. Paul Tillaux dans la section d’anatomie et de physiologie, en remplacement de M. Claude Bernard, décédé.
Sur l’invitation de M. le Président, M. Tillaux prend place parmi ses collègues.
M. le ministre de l’agriculture et du commerce transmet :
1° Le compte rendu des maladies épidémiques observées dans les départements de la Seine- Inférieure, de l’Ailier, des Ardennes, du Calvados, du Finistère, de l’Itidre, de la Meuse, des Vosges, du Var, d’Ille-et-Vilaine, de la Drôme, du Cantal et de l’Aude. (Com. des épidémies.)
2* Les rapports des médecins-inspecteurs des eaux minérales du département des Landes. (Com. des eaux minérales.)
La correspondance non officielle comprend :
1° Une lettre de M. Duroziez, dans laquelle l’auteur fait observer que M. Alvarenga (de Lisbonne) avoue qu’il ne connaissait pas le double souffle crural en 1856, époque à laquelle a paru son mémoire sur l’insuffisance des valvules aortiques.
2° Une notij de M. le docteur Guinier, sur la déglutition et le gargarisme , d’après des recherches expérimentales à l’aide du laryngoscope.
3° Une lettre de M. le docleur Louis Pénard (de Versailles), qui se porte candidat au titre de membre correspondant national.
k° Une note de M. le docteur Keckel (de Marseille), sur un cas de trichinose observé sur un jeune hippopotame du Nil, mort en captivité.
M. Amédée Latour présente, au nom de M. le docteur Stambolski (?), un travail manuscrit sur le ver de Médine , avec pièce anatomique à l’appui. Le travail et la pièce sont renvoyés à' l’examen d’une commission composée de MM. Charles Robin et Vulpian.
M. Gceneaü de Mussy (Noël) offre en hommage une brochnre qu’il vient de publier sous le titre de : Considérations sur les endermoses ou affections herpétiques internes.
M. Vernedil présente, au nom de M. le professeur Coradi (de Pavie), une série de brochures, dont l’une a pour titre : Excursions d'un médecin dans le Décaméron.
M. le docteur Duroziez donne lecture d’un travail Sur les préparations alcooliques de la digitale .
(Ce travail est renvoyé à l’examen d’une commission composée de MM. Pidoux, Delpech et Peter.)
L’Académie procède, par la voie du scrutin, à l’élection d’un membre titulaire dans la section de médecine opératoire.
La commission, par l’organe de M. Félix Guyon, classe les candidats dans l’ordre suivant :
En première ligne, M. Simon Duplay: — en deuxième ligne, M. Gaujot; — en troisième ligne, ex æquo, MM. Cusco et Lannelongue; — en quatrième ligne, ex æquo, MM. Desprès et Le Dentu.
Enfin, M. Léon Labbé est présenté sous le titre de candidat de l’Académie.
Le nombre des votants étant de 78, majorité 4 0, M. Duplay obtient 33 suffrages, M. Labbé 31, M. Cusco 6, M. Desprès 5, M. Gaujot 2, M. Lannelongue 1.
Aucun des candidats n’ayant obtenu la majorité, il est procédé à un deuxième tour de scrutin.
Au deuxième tour, le nombre des votants étant de 79, majorité 40, M. Duplay obtient 41 suffrages, M. Labbé 33, M. Cusco 3, M. Desprès 1; billet blanc, 1.
En conséquence, M. Simon Duplay ayant obtenu la majorité des suffrages, est proclamé membre titulaire pour la section de médecine opératoire.
i înrf "ii tt**’ appelé à.,a tribune pour la continuation de la discussion sur la communicaaccoud relative à la pleurésie multiloculaire et aux adhérences du diaphragme,
M. Woillez a éprouvé des doutes sur la légitimité des signes attribués par M. Jaccoud à la pleurésie multiloculaire, et une certaine surprise de la précision avec laquelle il a traité du rapport des lésions et des signes, à propos des observations qu’il a recueillies et groupées.
Déjà M. Maurice Raynaud a exprimé ses hésilalions en présence de la plupart des faits de pleurésie multiloculaire sur lesquels se base M. Jaccoud. Ni ces faits, suivant lui, ni la théorie de M. Jaccoud, ne semb'ent justifier son élude clinique.
En présence de celte critique, M. Jaccoud s’est hâté de répondre brièveihent que les deux opinions contradictoires devaient faire ajourner la discussion à une époque ultérieure pour attendre le contrôle de nouveaux faits.
M. Woillez ne saurait, quant à lui, accepter cet ajournement, qui couperait court à la discussion. Tout en réservant l’avenir, les données actuelles, fournies par la science fra1 çaise, lui paraissent suffisantes pour permettre de se prononcer dès maintenant sur la valeur des caradères attribués par M. Jaccoud à la pleurésie multiloculaire.
Examinant la question, comme M. Jaccoud, aux points de vue du diagnostic, du pronostic et du traitement : au point de vue du diagnostic, il constate un désaccord entre l’observation constituant le premier type et les cinq observations comprises dans le cadre du second lype. Il n’y a, en réalité, qu’un seul fait dans lequel il y ait eu concordance de la lésion et des signes attribués à la pleurésie multiloculaire. Ces signes : l’affaiblissement des vibrations vocales, le souffle bronchique éclatant et la bronchophonie forte, ne sont pas, d’ailleurs, au dire de M. Woillez et de M. Maurice Raynaud, des signes fondamentaux de la pleurésie multiloculaire.
En définitive, suivant M. Woillez, la pleurésie multiloculaire a pu se caractériser par des signes exceptionnels spéciaux dans un cas très-bien observé par M. Jaccoud ; mais on ne saurait généraliser ces signes comme propres à cette variété de pleurésie, ni formuler la séméiologie particulière de cette affection dans l’état actuel de la science.
Quant au pronostic, M. Woillez est peu porté à admettre la gravité particulière attribuée aux faits cités par M. Jaccoud, et qui proviendrait, selon ce dernier, du cloisonnement de la cavité pleurale. En effet, le cloisonnement est problématique dans la plupart des faits relatés par M. Jaccoud; c’est la purulence de l’épanchement qui suffit pour expliquer l’insuccès de la thoracenlèse. De même, la prétendue gravité des adhérences, admise par M. Jaccoud à la suite du professeur Traube, n’existerait, suivant M. Woillez, que dans quelques faits particuliers où il y a eu dilatation grave consécutive des cavités cardiaques, ou bien dans lesquels l’aplatissement permanent du poumon a été le résultat des adhérences pleurales.
M. Woillez termine sa savante argumentation par quelques mots sur les adhérences du diaphragme, qui rendent parfois la thoracenlèse difficile et dangereuse. Il donne quelques préceptes qui doivent servir de guide, dans ces cas, pour cette opération.
En résumé, dit-il, M. Jaccoud a eu le mérite, dans sa communication, d’éclairer certains points du problème difficile qu’il s’est efforcé de résoudre, et d’avoir de nouveau sollicité l’attention sur les vibrations thoraciques en rapport avec les adhérences pleurales, et sur les dangers de certains thoracentèses.
— A quatre heures trois quarts, l’Académie se réunit en comité secret pour entendre la lecture du rapport de M. Henri Gueneau de Mussy sur le prix Desportes, et du rapport de M. Blanche sur le prix Falret.
Solutions contre l’acné rosacea.
Acide chlorhydrique. . 2 grammes.
Alcool rectifié . 6 à 20 gram.
Mêlez. — Pour une solution n° 1.
Chlorate de potasse.
Eau distillée .
F. s. a. une solution n° 2.
Au moyen d’un pinceau trempé dans la solution n° 1 on touche rapidement les pustules d’acné, on essuie le caustique avec un tampon de coton, puis on humecte le point cautérisé avec un pinceau de charpie imbibé de la solution de chlorate de potasse. Cette seconde application a pour effet de calmer l’irritation déterminée par l’acide chlorhydrique, et de prévenir la réaction inflammatoire qui pourrait se développer. — Répété tous les deux ou trois jours, ce pansement flétrit et dessèche les pustules, qui finissent par se détacher. — N. G.
U grammes.
Éphémérides Médicales. — 29 Mai 1759.
François-Nicolas Marquet meurt à Nancy. Docteur de la Faculté de Pont-à-Mousson, il fot médecin de la cour du duc de Lorraine, fondateur, à Nancy, du Jardin botanique, doyen du Collège des médecins de cette ville. — A. Ch.
COURRIER
Collège de France. — M. de Sinety, docteur en médecine, est nommé répétiteur des sciences naturelles de l’École pratique des hautes études et attaché, en cette qualité, au laboratoire d’histologie du Collège de France, en remplacement de M. Pitres, appelé à d’autres fonctions.
Autopsie du gardien Goss. — On a fait, mercredi dernier, dans un hôpital de Londres, l’autopsie du gardien Goss, du Jardin zoologique, mort des suites de blessures que lui à faites, le 15 avril dernier, un éléphant. Il a été constaté par un chirurgien de l’hôpital que ce gardien était entré avec une fracture de la jambe, une luxation de l’os à l’articulation inférieure et une fracture de la septième côte. On a fait immédiatement l’amputation de la jambe ; mais le malade, qui était âgé de 72 ans, mourut des suites de ses blessures et de l’amputation.
Le conducteur des éléphants a raconté que le jour de l’accident il a quitté ces animaux pendant quelques minutes pour disposer quelques marches, afin d’aider les visiteurs à monter, et il demanda au gardien Goss de rester à la tête de l’éléphant jusqu’à ce qu’il revînt. A son retour, il trouva accroupi sur le sol Goss, qui lui dit que l’éléphant l’avait foulé aux pieds et lui avait cassé la jambe. Les éléphants avaient déjà fait trois promenades autour du jardin quand l’accident est arrivé. Us étaient aussi calmes que de coutume.
Le directeur du jardin, M. Bartlett, a déclaré à son tour que les quatre éléphants de l’Inde avaient toujours été parfaitement dociles et qu’ils n’avaient jamais montré aucun mauvais symptôme. U est arrivé sur les lieux quelques minutes après l’accident. Goss se tenait à la tête de l’animal, qui subitement se jeta en avant, marcha sur le pied de son gardien et le renversa.
Cet éléphant a été donné au Jardin zoologiquc par le prince de Galles, et il a reçu le nom de Rostom. C’est l’un des plus petits éléphants de la ménagerie ; il pèse une tonne et un quart. M. Bartlett pense que probablement quelqu’un l’avait frappé avec une canne ou un parapluie, ou lui avait tiré la queue. Le malheureux gardien, victime de cet accident, était employé au Jardin zoologique depuis de longues années, et il avait une excellente réputation.
— Le Jardin zoologique du bois de Boulogne vient de recevoir un envoi important de zèbres ou daw du cap de Bonne-Espérance. Nos lecteurs savent que cet animal, que Buffon réputait indomptable, a été si bien assoupli par nos acclimatateurs qu’il se prête aujourd’hui à tous les usages domestiques. Tous les essais de domestication, grâce à la bonne méthode employée, ont été couronnés de succès, et notre grand établissement voudrait aujourd’hui vulgariser une espèce appelée à rendre de grands services aux côtés du cheval et du mulet, dont elle réunit les qualités.
Voies urinaires. — M. le docteur H. Picard a commencé le lundi 26 mai, à k heures, amphithéâtre n° 2 de l’École pratique, un cours public sur les maladies de l’appareil urinaire, et il le continuera les vendredis et les mercredis suivants, à la même heure.
Dans ce cours, qui comprendra 10 leçons, il décrira les rétrécissement de l’urèthre, les symptômes et le diagnostic de la pierre, la lithotritie et la taille.
— M. le docteur Chéron a repris son cours de gynécologie le jeudi 15 mai, dans l’amphithéâtre n° 3 de l’École pratique, à 8 heures du soir. Il le continuera les jeudis suivants, à la même heure.
Etat sanitaire de la ville de Paris. — Population (recensement de 1876) : 1,988,806 habitants.— Pendant la semaine finissant le 22 mai 1879, on a constaté 9â8 décès, savoir:
Variole, 20. — Rougeole, 30. — Scarlatine, 1. — Fièvre typhoïde, 15. — Érysipèle, 5. — Bronchite aiguë, 58. — Pneumonie, 73. — Dysenterie, 1. — Diarrhée cholériforme des en- 10* — Angine couenneuse, 28. — Croup, 20. — Affections puerpérales, 7. — Autres alléchons aiguës, 199. — Affections chroniques, 423. — Affections chirurgicales, 36. — Causes accidentelles, 22.
. Le gérant, RiCHELOT.
Paris. Tynofraphie Félix Maxtestb et rue des Deux -Portes-Saint-Sauveur, 22.
Samedi 31 Mai 1879
CLINIQUE MÉDICALE DE L’HOTEL-DIEU
DIAGNOSTIC ET PHYSIOLOGIE DE LA MÉNINGITE TUBERCULEUSE (')
Par le professeur G. Sée.
Leçons recueillies par le docteur Hutinel, chef de clinique adjoint, et par le docteur. Ferdinand Dreyfous, interne lauréat des hôpitaux , revues par le Professeur.