DIAGNOSTIC
Les maladies qu’on peut confondre avec la méningite tuberculeuse sont les suivantes : 1° la phthisie granuleuse; 2° les méningites de la convexité; 3° la fièvre typhoïde, surtout la fièvre typhoïde à forme cérébro-spinale; et 4° le groupe des maladies très-diverses qu’on est convenu de désigner sous le nom de pseudo-méningites. Or, avec les seules notions que je viens d’exposer, on pourra, dans la plupart des cas, reconnaître la méningite basilaire.
1° Phthisie granuleuse. — La marche des accidents, dans la phthisie granuleuse, ne présenté jamais cette régularité, cette division si nette des deux périodes classiques de la méningite. Il est rare que la question de diagnostic se pose à la phase ultime. Plaçons-nous donc dans les conditions initiales où l’hésitation est possible.
Les symptômes sont vagues : le mouvement fébrile, qui est irrégulier et sans localisation, date de quelques jours; le vomissement a passé inaperçu; la constipation n’a de valeur diagnostique que si elle dure depuis un certain temps. Mais ce qui ne manquera jamais dans la méningite, c’est le ralentissement du pouls, c’est la lenteur de la respiration qui s’arrête et devient suspirieuse, ce sont les alternatives de coloration et de pâleur du visage, c’est-à-dire une série de troubles vasomoteurs qu’il faut savoir chercher aussi à l’aide de la pression cutanée, qui provoque ce qu’on a appelé la tache méningitique.
Ces considérations vous permettront donc d’éliminer de la discussion la phthisie granuleuse, où bien souvent la respiration est gênée mais fréquente, le pouls rapide et en rapport direct avec le mouvement fébrile. Les paralysies des nerfs de l’œil, la raideur du cou avec renversement de la tête, les hyperesthésies, etc., ne viendront que confirmer le diagnostic de la méningite.
(t) Suite. — Voir les numéros des 15 et 20 mai.
FEUILLETON
CAUSERIES
Depuis si longtemps, si longtemps, hélas 1 que j’assiste aux séances de l’Académie de médecine, je n’ai pas souvenance que rien de pareil à ce qui s’est passé mardi dernier, à l’occasion de l’élection d’un membre dans la section de médecine opératoire, ait eu lieu. Je veux dire qu’un candidat, non présenté par la section, ait balancé la victoire avec le candidat élu et présenté en première ligne. Voilà cependant ce que nous avons vu mardi dernier. Au premier tour de scrutin, M. Léon Labbé, non présenté, obtient 31 voix contre 33 accordées à M. Duplay, candidat présenté en première ligne. Au deuxième tour, M. Duplay gagne 8 voix, qui se détachent des autres candidats, alors que M. Labbé n’en gagne que 2.
On ne s’explique pas, en vérité, l’exclusion faite par la seclion de la candidature de M. Léon Labbé, exclusion, on le voit, qui a failli être fatale à M. Duplay, si digne d’ailleurs d’entrer dans le docte aréopage. Assurément, tous les candidats que la section a portés sur sa liste sont aussi du bois dont on fait les académiciens. Mais, puisqu’il fallait faire une exclusion, le règlement prescrivant que le nombre des candidats ne peut pas dépasser le chiffre de six, n’était-il pas plus juste, plus confraternel, je dirai plus académique, de faire tomber l’exclusion sur le plus jeune? Il est vrai que, depuis l’amendement Malgaigne, l’Académie a le droit de réparer une erreur ou une injustice des sections en proposant elle-même un candidat qui prend le nom de candidat de l’Académie. C’est ce qui est arrivé pour M. Léon Labbé, dont dix-neuf académiciens ont demandé l’adjonction sur la liste.