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SCR CERTAINES PRÉPARATIONS DE PEPSINE

Communication faite hla Société médicale des hôpitaux, dans la séance du vendredi 10 janvier 1879, Par le docteur Ball , médecin de l’hôpital Laënnec.

Messieurs,

La communication que je me propose de vous faire aujourd’hui offre un

manteau. Le saint ne le tient même pas, et il est difficile de comprendre pourquoi l’enfant ne tombe pas à-terre, entre le saint qui ne le tient plus, et la sœur qui ne le tient pas encore. L’artiste, pour rendre plus touchante l’adoption du pauvre abandonné, a donné au visage de celui-ci une expression de gratitude qui peut remuer les cœurs sensibles, mais qui dénote un manque absolu d’observation. Les enfants de cet âge (quelques mois à peine), surtout lorsqu’ils ont froid et qu’ils ont faim, ne tendent pas les bras et ne sourient point à des personnes étrangères; à plus forte raison, lorsque ces personnes portent un habillement aussi sévère, et des coiffes aussi démesurées et aussi singulières que les coiffes des .religieuses. Défiants et craintifs, comme les animaux, à l’égard des inconnus, ne comprenant rien à ce qui se passe autour d’eux, ils se débattent et crient, s’ils sont vigoureux ; ils tombent dans une sorte de résignation inerte, s’ils sont faibles ou malades.

Les figures des religieuses sont bien, et ce serait exagérer la critique que de reprocher à l’artiste de leur avoir donné un cachet de distinction qui, pourquoi ne pas le dire? est assez rare. Il suffit que celte distinction se rencontre quelquefois pour qu’on ait le droit, en art, de supposer qu’elle existe toujours; mais, — et c’est tout ce que je veux dire, — j’estime que la sœur hospitalière ne perdrait rien à être observée au lieu d’être imaginée. Les simples filles qui se consacrent aux soins des malades ne laissent pas que d’être admirables dans leur vulgarité; il n’est point nécessaire qu’on les transforme en infantes attendries. Tout ce qui marque trop la convention diminue d’autant l’impression cherchée. — Le ton général du tableau ne manque, au surplus, ni de justesse ni de finesse.

Il me serait difficile d’en dire autant du second, qui pourrait s’appeler « l’Été », et dont if»™,' eur,ro.u?eâlre et opaque est bien loin de rappeler la légèreté et la transparence des P y âges algériens, où la scène se passe : « Un renégat avait acheté saint Vincent de Paul à

intérêt plutôt pratique que scientifique; mais, comme rien de ce qui touche à la santé de nos malades ne saurait nous être indifférent, j’ai pensé qu’il pourrait être utile de vous signaler les accidents imprévus qui viennent de se produire dans mon service.

A la fin de l’année dernière, j’ai quitté l’hôpital Saint- Antoine pour l’hôpital Temporaire de la rue de Sèvres. Dès les premiers jours de mon entrée en fonctions, j’ai prescrit à plusieurs de mes nouveaux malades une préparation de pepsine, dont je fais depuis longtemps usage avec succès.

Dans le courant de la journée, ces malades ont tous éprouvé des accidents assez graves pour qu’on appelât l’interne de garde. Celui-ci, reconnaissant les symptôme^ d’un empoisonnement par la belladone, crut devoir les attribuer à la liqueur de pepsine qui leur avait été administrée.

Pour mieux s’en assurer il prit lui-même une petite quantité de ce médicament, qui produisit les mêmes effets.

Par une coïncidence bizarre, l’interne du service, M. Olivier, qui souffrait depuis quelques jours d’une gastralgie, fut amené par mes conseils à en prendre environ 60 grammes. Les symptômes qui en résultèrent sont décrits par lui-même dans les termes suivants :

« Monsieur, je m’empresse de vous envoyer lès renseignements que vous m’avez « fait demander.

« Le lundi 30 décembre 1878, vous m’avez engagé à prendre, afin de faciliter « mes digestions, alors assez difficiles, de l’élixir de pepsine. M. le pharma- « cien du service fut assez bon pour m’en donner un flacon de 60 grammes « environ. A mon déjeuner et vers la fin du repas, je pris la valeur d’une cuillerée

« à bouche de cet élixir . Une demi-heure après je fus pris d’une sécheresse à la

« gorge, d’une sensation d’empâtement de la langue, qui ne fit que s’accroître « pendant le reste de la journée. C’est à peine si je pouvais parler ; la langue « semblait avoir augmenté de volume; elle était collée au plancher de la bouche « en même temps qu’appliquée à la voûte palatine.

« La luette, allongée, venait me titiller la base de la langue, ce qui m’obligeait à « de continuels mouvements de déglutition .

« Le soir, à dîner, je repris une cuillerée à bouche de l’élixir; bien entendu, les « phénomènes précédents ne firent que s’aggraver. Ayant à écrire un certain « nombre de lettres, je ne pus le faire qu’avec beaucoup de peine; j’avais la vue

des corsaires, et l’employait à des travaux des champs. La femme de ce renégat était musulmane. Elle venait souvent écouter le saint, qui, pendant son travail, célébrait les louanges de Dieu. Un jour, touchée par le Salve Regina que Vincent chantait, elle se convertit, et ramena son mari à la foi chrétienne. »

Il y a, dans ce passage, qui a fourni à M. Crauk le sujet de son tableau, des assertions fort singulières, et une proposition d’une étonnante justesse. Il est, en effet, bien singulier qu’en pays musulman une femme coure ainsi librement les champs, et vienne, sans vergogne et sans voile, écouter chanter les esclaves de son mari. Je n’avais, pour mon compte, jamais lu, ni entendu dire, ni vu rien de pareil. On pourrait s’étonner encore qu’une musulmane se fît chrétienne. Les conversions ne remontent guère des religions plus jeunes aux religions anciennes; les chrétiens ne retournent pas au judaïsme. Mais, pour être étonnant, le fait n’est pas absolument impossible. Admettons qu’il s’agissait d’une femme exceptionnelle. Plus exceptionnel encore était le mari qui, après avoir renié le catholicisme, y revient parce que sa femme a entendu chanter un esclave. Si, du moins, il avait lui-même entendu la musique! mais la légende ne le dit pas. On dit seulement, si j’ai bonne mémoire, que ce maître débonnaire se hâta de fuir les côtes barbaresques, et s’en alla avec saint Vincent de Paul visiter le tombeau des apôtres. II fit bien. Les Turcs ne plaisantaient pas en ces matières, et il eût été vraiment dommage qu’il arrivât des désagréments à un aussi excellent homme. Où je trouve l’observation profonde, c’est dans le fait de la conversion par la musique, indépendamment des circonstances surprenantes dans lesquelles il se produit. De tous les arts, de tous les moyens d’expression, aucun n’agit sur les sentiments avec une puissance comparable k celle de la musique. Bien mieux que par la parole (qui, cependant, garde quelque chose du pouvoir musical), bien mieux, surtout, que par l’écriture, on satisfait par la musique aux aspi-

« trouble et j’étais forcé de me placer obliquement pour pouvoir lire ce que

« j’écrivais. Le lendemain matin . j avais les pupilles très-dilatées et j’éprouvais

« encore de la sécheresse de la gorge. Dans la journée, ce dernier symptôme dispa- « rut peu à peu, mais la dilatation pupillaire persista encore deux ou trois jours. »

Un autre interne de l’hôpital, M. Harenger, ayant pris aussi de l’élixir, éprouva des phénomènes analogues.

En présence de ces accidents je crus devoir prier l’interne en pharmacie du service, M. Pihier, de vouloir bien examiner la pepsine dont il avait fait usage.

Cette pepsine provenait d’un flacon de 250 grammes qui était presque entièrement épuisé, et qui avait servi précédemment à préparer du vin de pepsine qu’on prescrivait depuis longtemps dans le service. En interrogeant les surveillantes, j’appris que ce médicament avait déterminé chez les malades une sécheresse de la gorge tellement prononcée que la plupart d’entre eux avaient fini par refuser d’en prendre.

Il était donc évident qu’une substance étrangère s’était introduite dans la préparation. Il fallait donc recourir à une analyse chimique pour en reconnaître la nature. On prit de la pepsine dans un nouveau flacon portant la même étiquette que le précédent (pepsine amylacée acidifiée de Boudault), et dans lequel le garçon de pharmacie avait transvasé le résidu du flacon précédent.

La marche adoptée fut la suivante : 20 grammes de pepsine furent intimement mélangés avec 5 grammes de baryte hydratée, et le mélange, réduit en pâte claire avec de l’eau distillée, fut étendu sur le fond d’un grand plat et desséché à une température qui ne dépassa point 50». Cette opération demanda deux jours.

La pâte ainsi desséchée a été pulvérisée, puis traitée à trois reprises par le chloroforme. Les liqueurs, filtrées et réunies, ont été agitées avec une solution trèsétendue d’acide sulfurique. Ce lavage a été répété trois fois. Les liqueurs ainsi obtenues étaient -très-acides, et donnaient, avec les réactifs que nous allons indiquer, les résultats suivants :

Réactif de Valser. . . précipité blanc, soluble dans l’alcool.

Acide phospho-molybdique . précipité jaunâtre.

Iodure de potassium et de bismuth. . précipité brique.

Chlorure d’or . précipité jaune cristallin.

Bichlorure de platine . précipité cristallin.

Tannin . précipité blanc cailleboté, soluble dans l’am¬

moniaque.

rations religieuses. La parole a quelquefois un sens que vous pouvez ne pas admettre. L’écriture, avec ses prétentions logiques, peut vous pousser à la protestation et à la dispute. Mais la musique vous émeut, vous entraîne, vous subjugue quoi que vous en ayez. Que pouvezvous répondre au Dies iræ? — Revenons aux qualités intrinsèques du tableau; elles sont médiocres. Le mélange des palmiers et des céréales n’est pas heureux. Dans les régions où croissent les palmiers, on ne cultive ni le seigle, ni le froment. Les montagnes sont par trop invraisemblables. On ne sait pas ce que c’est, et l’on cherche involontairement en bas du tableau si l’auteur n’a pas mis de note afin d’expliquer ce qu’il a voulu exprimer par ces taches coniques qui couvrent le fond de la toile. Un pas de plus dans cette voie schématique, et M. Crauk tombe dans le Puvis de Chavannes, ou il s’élève jusqu’à lui, comme voudront l’entendre les amis ou les contempteurs de ce dernier.

En face de ces deux tableaux se voit, toujours sur le même palier, « le Triomphe de Flore », par M. Langée; grande peinture décorative destinée à la salle des fêtes de l’Hôtel Continental. Nous n’avons aucun compliment à en faire à M. Langée. Le char sur lequel se tient assise Flore est, en même temps, une tonnelle. 11 faut un certain temps pour comprendre ce qu’est au juste cette lourde machine. Les nuages, dont on se passerait en un sujet pareil, sont beaucoup plus nombreux qu’il n’est nécessaire. Si la déesse est mièvre et égrillarde, les prêtresses, en revanche, sont bien nourries, empâtées, et n’ont point l’air de trop penser à l’absence de leurs vêtements. La grande figure couchée sur le premier plan, à gauche, et vue de dos, présente un beau développement de lignes. Mais, depuis « l’Odalisque » d’Ingres, cest la banalité même; on la rencontre partout; ce qu’on ne rencontre heureusement pas souvent, par exemple, c’est un nez comme celui dont l’artiste a gratifié cette grande fille moffensive. Un clou sur une boule, le tout vu de profil perdu.

Le reste de la liqueur a été neutralisé exactement par le carbonate d’ammoniaque et évaporé à l’étuve.

Le résidu cristallin a été épuisé par l’alcool absolu vers 50°.

La liqueur, évaporée dans un verre de montre, a laissé un enduit cristallin soluble dans l’eau; en introduisant dans l’œil de diverses personnes quelques gouttes de cette solution, on a déterminé une mydriase extrêmement prononcée.

Il est donc évident qu’un, et peut-être plusieurs flacons de pepsine Boudault ont été contaminés par une quantité sensible d’atropine. Par quel moyen cet alcaloïde a-t-il pénétré dans une préparation pharmaceutique qui ne devait pas en contenir? La pepsine de Boudault est quelquefois associée à la strychnine, à la morphine, au fer; mais elle ne doit jamais contenir de l’atropine; et d’ailleurs il serait fâcheux, lorsqu’on croit prescrire de la pepsine simplement acidifiée, de faire prendre aux malades, à l’insu du médecin, une substance fort active, et qui peut occasionner des accidents très-graves.

Depuis longtemps je fais usage de ce médicament, et, presque toujours, il a donné d’excellents résultats. Je n’oserai plus désormais le prescrire avec autant de confiance que par le passé, et, s’il m’était permis d’adresser un conseil à mes collègues, je les engagerais à ne jamais formuler à l’avenir des préparations à base de pepsine sans s’être préalablement assurés que la substance première ne contient aucune trace d’atropine, ou d’autres principes vénéneux.

MEMENTO BIBLIOGRAPHIQUE

Dü phagédénisme xertiaire, thèse pour le doctorat en médecine, par M. A. Pichard.

Paris, 1879.

Ce travail, écrit sous l’inspiration de M. Alf. Fournier, renferme d’excellentes observations recueillies par l’auteur ou à lui communiquées par son maître. M. Pichard donne d’abord une idée de la fréquence du phagédénisme tertiaire. Sur 137 cas de phagédénisme recueillis au hasard de la clinique, 71 appartenaient à la syphilis tertiaire, et, sur 51 observés en ville, 30 étaient du même ordre. Cette proportion est notablement plus considérable que celle des autres phagédénismes qui accompagnent le chancre simple ou le chancre induré. Les lésions tertiaires qui aboutissent au phagédénisme sont les syphilides ulcéreuses et gommeuses, pouvant siéger aussi bien sur les muqueuses que sur la peau, et même sur le périoste.

L’ulcération s’étend en surface ou en profondeur, ou les deux à la fois; son évolution ne

Ah! l’joli piton Qu’a donc Gandon!

On chantait ça, dans le temps, au quartier d’Athènes. Mais qui se souvient maintenant de ce malheureux Gandon?

Au-dessous de Flore triomphante, se voit un « Lansquenet du xvie siècle » enveloppé, comme un mât par la grande voile, dans un drapeau bleu que gonfle le vent, et de la plus fière tournure. C’est un émail, par M. Thesmar, qui, tout près de là, sur le buffet du centre du palier, a exposé deux autres émaux. On n’a qu’à se retourner pour les voir. Us représentent le Printemps et l’Automne : dans le' premier, les hirondelles arrivent; elles partent dans le second. Ces dernières sont disposées de telle sorte qu’on dirait qu’elles lèvent les bras au ciel, tant elles sont étonnées de marcher avec des échasses ! A part cette interprétation toute personnelle du vol des hirondelles, on ne peut qu’admirer ces magnifiques émaux. Le monogramme de M. Thesmar me paraît devoir acquérir rapidement une valeur considérable. Allez voir ça, ami Piogey, vous que je sais un amateur très-fin de toutes les choses d’art, et qui avez la passion (suis-je indiscret?) des émaux cloisonnés. Allez voir les Thesmar, et tâchez de ne pas les payer trop cher.

(A suivre.)

Cl. Suty.

paraît obéir à aucune loi; elle ne s’arrête devant aucun tissu, mais les vaisseaux et les nerfs sont ceux qui lui résistent le mieux. Certaines complications survenant dans le cours du pha. gédénisme ont donné lieu aux variétés inflammatoire, pultacée ou diphthéroïde, gangréneuse ' d’autres se manifestent comme après les plaies ordinaires; telles sont les abcès, l’érysipèle la lymphangite, etc. L’action de l’érysipèle sur le phagédénisme est d’ailleurs bien connue Jamais on n’a vu d’infection purulente.

La récidive de cet accident est assez commune, et peut avoir lieu soit sur des points jusquelà respectés, soit sur des régions atteintes antérieurement et cicatrisées. On observe presque toujours la guérison à la suite d’un traitement rationnel, mais le mal passe quelquefois aussi à une sorte de chronicité indéfinie. Quant aux lésions laissées par le phagédénisme après sa cicatrisation, on conçoit leurs variétés. Dans l’étiologie du mal, M. Pichard admet que toutes les causes débilitantes y jouent un rôle considérable ; mais, avant tout, il signale l'insuffisance ou l’omission du traitement.

Dans certains cas le diagnostic a été assez difficile pour qu’on ait cru avoir affaire au cancroïde et même au cancer, et M. Pichard rapporte plusieurs faits dans lesquels des malades, soignés cependant par des médecins éclairés, n’ont été sauvés de l’intervention chirurgicale que grâce à un traitement spécifique des plus énergiques.

M. Fournier prescrit l’iodure de potassium à doses portées jusqu’à 6 grammes dans les vingt-quatre heures; comme traitement local, un pansement quotidien au sparadrap deVigo, précédé d’un bain tiède tous les deux ou trois jours; une légère cautérisation au nitrate d’argent, la poudre d’iodoforme, la teinture d’iode suivant les régions ; dans les cas rebelles, la cautérisation au fer rouge, ou avec divers caustiques chimiques.

La thèse de M. Pichard occupera certainement un bon rang parmi les travaux émanés du remarquable enseignement de M. Fournier. L.-H. Petit.

Traitement des roideürs articulaires, par M. le docteur Dally. Paris, G. Masson. ; 1879.

Brochure grand in-8° d,e 12 pages.

Le groupe clinique des roideürs articulaires se compose : 1° des roideürs qui ont pour cause primitive une altération articulaire dans laquelles les moyens d’union sont plus ou moins lésés et les muscles plus ou moins hypertrophiés ; 2° des roideürs où la fibre musculaire est seule compromise ; 3° de celles qui se rattachent à un état pathologique de la moelle ou du cerveau.

La brochure contient neuf observations se rapportant à ces différentes catégories, et se termine par les conclusions suivantes : « Nombre de roideürs articulaires autrefois abandonnée?! comme incurables ou traitées par des procédés violents, sont souvent détruites par l’emploi méthodique des manipulations, de l’extension, de l’électricité, des sudations et des douches; il convient surtout d’insister sur deux points ; à savoir : 1“ qu’un traitement préparatoire dispose les tissus enroidis à se laisser plus aisément distendre ; 2° qu’il importe de s’assurer le concours de la volonté bien dirigée des patients.

Nous regrettons, sans trop nous en étonner, que l’auteur n’ait pas mentionné les excellents résultats obtenus par l’emploi des eaux thermales dans le traitement des affections qui l’occupent.

L’expression « rhumatisme osseux » que nous trouvons à la page 8, aurait mérité, selon nous, quelques mots d’explication. — M. L.

HYGIÈNE

De l’avis des plus sages hygiénistes, c’est le vin qui est le véritable et le plus sûr réconfortant, et c’est dans le choix du vin, dans l’usage opportun qui peut en être fait, que se trouvent les bonnes conditions de la santé et le véritable moyen de prévenir les échecs auxquels elle peut être exposée.

Mais certains vins, dont la fermentation est incomplète, ont sur l’estomac une action notoirement nuisible; ces vins-là engendrent des acides, ces acides provoquent et entretiennent la goutte, le rhumatisme, la dyspepsie. Le porto, le malaga et le sherry sont de ce nombre; leur sucre à demi fermenté est notoirement contraire aux bonnes digestions.

Il faut, pour être salutaire, pour être réellement corroborant, suivant l’expression technique, qu’un vin ait entièrement terminé sa fermentation, c’est-à-dire que le sucre qu’il renferme ait dégagé tout ce qu’il peut produire d’alcool. Il faut encore que l’examen chimique y ait surtout constaté, dans des proportions normales, ces deux éléments constitutifs d’un vrai vin : l’acide tartnque et le tannin.

Oiy le tannin est l’élément corroborant par excellence; cette substance possède, sur notre sol, les qualités et les vertus qui font tant rechercher cet autre agent d’importation étrangère, le quinquina.

Gomme élément de la constitution du vin, le tannin a sur le quinquina cet avantage, qu’il se trouve dans le vin en parfaite suspension, tandis que le quinquina n’y peut être introduit que par un travail de laboratoire, à l’aide de l’alcool comme véhicule, et que la fusion n’est jamais assez intime pour faire disparaître ce goût âpre et amer qui répugne à un grand nombre de consommateurs.

Ce sont là les conditions qui ont fait recommander presque généralement, nous ne dirons pas seulement dans nos hôpitaux, mais dans l’hygiène de la famille, l’usage du vin de Saint- Raphaël, duquel l’éminent professeur Bouchardat a dit qu’on l’appelait avec raison un vin de quinquina naturel, car il est le plus recommandable et le plus riche en tannin que l’on connaisse. Et c’est précisément parce qu’il peut et doit être pris à petite dose que le vin de Saint-Raphaël agit, en toutes circonstances, comme le plus salutaire et le plus généreux des cordiaux.

C’est dire que, comme vin essentiellement tannique et agréable au goût, il est sûrement le meilleur agent pour soutenir l’énergie vitale, pour donner de l’énergie au tempérament, la vigueur aux fonctions digestives, l’activité à la circulation du sang.

Une dose d’un demi-verre à un verre à bordeaux de ce vin essentiellement tonique, n’eslelle pas, par exemple, le meilleur moyen de provoquer la réaction après le bain froid, après le bain de mer, après une séance d’hydrothérapie?

Les organes ne savent pas s’accoutumer aux moyens d’officine ; il n’y a de tolérance possible et à longue durée qu’à l’égard des agents naturels, et c’est pour ce motif qu’il est peu d’agents, parmi ceux auxquels l’hygiène peut avoir recours, qui soient plus opportuns que le vin de Saint-Raphël.

« L’homme mûr, la jeune femme, l’enfant, aussi bien que le convalescent, trouveront « réunis dans ce précieux aliment, sous la forme la plus convenable, tous les principes les « plus propres à réparer les pertes de l’économie. » (Bouchardat.)

ACADEMIES ET SOCIÉTÉS SAVANTES

ACADÉMIE DE MÉDECINE

Séance du 10 juin 1879.— -Présidence de M. Richet.

CORRESPONDANCE OFFICIELLE

M. le ministre de l’agriculture et du commerce transmet les comptes rendus des épidémies observées en 1878 dans les départements de la Lozère, des Hautes-Alpes, de la Haute-Savoie, des Basses-Alpes, de la Nièvre et de l’Ariége.

La correspondance non officielle comprend ;

1° Un rapport sur le service de la médecine cantonale dans le département de la Sarthe, par M. le docteur Morderet.

2° Un travail intitulé : Projet de statistique mensuelle des causes de la mortalité en France, par M. le docteur Bloch.

M. Làbodlbène présente une observation, avec pièce anatomique à l’appui, de distomes hépatiques expulsés avec un tænia, à la suite de l’administration d’un purgatif, par une femme de la campagne, chez laquelle il n’y avait pas d’influence héréditaire, mais qui avait l’habitude de boire à une mare d’eau stagnante voisine de son habitation.

M. Alphonse Guérin présente, au nom de M. le docteur Duménil, une brochure intitulée : Exposé des résultats des grandes amputations pratiquées dans une période de douze ans, dans la deuxieme division chirurgicale de CHôtel-Dieu de Rouen. Dans ce travail, M. Duménil traite des pansements et se prononce catégoriquement pour les pansements antiseptiques, particulièrement pour le pansement ouaté, qui lui donne, a-t-il dit, des succès toujours croissants.

M. Oùlmont présente, au nom de M. le docteur Logerais, médecin-inspecteur de Pougues, Une brochure intitulée : Traitement du catarrhe de la vessie par les eaux de Pougues.

M. Maurice Perrin présente, au nom de M. Poulet, médecin aide-major, un volume intitulé : Traité des corps étrangers en chirurgie, ouvrage, dit M. Perrin, qui fait le plus grand honneur à l’auteur.

M. Pasteur présente, en son propre nom, un volume intitulé : Examen critique d’un écrit posthume de Claude Bernard sur la fermentation.

M. Pasteur appelle l’attention de ses collègues sur quelques pages de ce travail, dans lesquelles il expose une théorie nouvelle de la respiration, fonction qui ne doit plus être considérée suivant lui, comme une combustion, mais comme une fermentation dans laquelle les cellules anaérobies , c’est-à-dire vivant sans le secours de l’oxygène libre, joueraient le principal rôle. „

M. Pasteur présente, en outre, quelques remarques a 1 occasion d’une note présentée à l’Académie des sciences par M. le docteur Feltz (de Nancy), et relative h la découverte qu’il aurait faite d’un microbe particulier dans le sang d’une femme morte à l’hôpital, de fièvre puerpérale.

Vérification faite par M. Pasteur, de concert avec M. Feltz, le microbe trouvé dans le sang de celte femme ne serait autre que la bactéridie charbonneuse. Celte femme habitait près d’une écurie dans laquelle, il est vrai, on n’avait jamais eu l’occasion d’observer la maladie charbonneuse; mais il paraît évident à M. Pasteur que c’est là que la femme a contracté la maladie, laquelle, grâce à l’état de grossesse de la malade, serait longtemps restée en incubation.

M. Devilliers lit le rapport officiel sur les travaux annuellement adressés à la commission permanenle de l’hygiène de l’enfance, et sur les récompenses à décerner aux meilleurs de ces travaux.

Sur la demande de M. Depaul, le rapport de M. Devilliers sera imprimé pour être distribué et discuté dans une prochaine séance.

M. Larrey demande que la question des tours soit réservée pour être discutée dans une séance spéciale, et que l’Académie se prononce sur le système du rétablissement ou de la suppression de ces établissements.

— A quatre heures un quart, l’Académie se réunit en comité secret pour entendre la lecture du rapport de M. Lagneau sur les titres des candidats à la place vacante dans la section d’hygiène, et celui de M. Peler sur le concours du prix Civrieux.

SOCIÉTÉ MÉDICALE DES HOPITAUX

Séance du 14 février 1879. — Présidence de M. Hervieux.

SOMMAIRE. — Correspondance. — Discours de M. Millard sur la tombe de M. Trélat. — Discours de M. Hervieux aux obsèques de M. Chauffard. — Suite de la discussion sur Y hémianesthésie : MM. Proust, Debove. — Note sur un cas d’anurie calculeuse, par M. Tenneson. Discussion : MM. Hérard, Tenneson, C. Paul, H. Gueneau de Mussy, Dumontpallier. — Suite de la communication de M. Bail sur la pepsine ; M. Ferrand.

Le procès-verbal de la séance précédente est lu et adopté.

Correspondance imprimée : l'assassinat du duc de Berry ; considérations cliniques sur sa blessure; son autopsie, par le docteur Corlieu. — Bulletin médical du Nord. — Union médicale et scientifique du Nord-Est. — Année médicale. — Marseille médical. — Journal de thérapeutique, de, M. Gubler. — Gazeta medica de la Habana. — Article Névralgies, du Dictionnaire des sciences médicales, par M. Lereboullet.

Correspondance manuscrite : Letlre de remercîments adressée par M. le docteur Vergely, de Bordeaux.

M. le Président annonce la mort de deux membres de la Société, MM. Trélat et Chauffard. M. Millard donne lecture du discours qu’il a prononcé sur la tombe de M. Trélat au nom de la Société médicale des hôpitaux. (Voyez I’Union Médicale du 3 juin 1879.)

M. le Président lit ensuite celui qu’il a prononcé aux obsèques de M. Chauffard. (Voyez I’Union Médicale du 13 février 1879.)

A l’occasion du procès-verbal, M. Proust rapporte que, dernièrement, il a soumis à l’action a un aimant un malade saturnin affecté d’hémianesthésie, et surtout d’hémianalgésie du côté roit, avec participation des organes des sens.

d’aDDhVar1 élaDt p1acé à droile> dit M. Proust, on remarqua, au bout d’un quart d’heure PP ion, que ia sensibilité était redevenue normale, sans transfert du côté gauche. De

pins, la sensibilité reparut progressivement par les parties centrales et non par les parties périphériques. Ce sont là deux particularités qui différencient profondément l’hémianesthésie saturnine de l’hémianesthésie d’origine hystérique. Le retour de la sensibilité par l’application d’un aimant chez ce saturnin persiste pendant cinq à six heures; il dure plus longtemps chez un hémianeslhésique d’origine cérébrale qui est dans mon service actuellement. D’un autre côté, pour empêcher le transfert de l’hémianesthésie qu’on observe chez les hystériques après l’application d’un aimant sur le côté frappé d’hémianesthésie, mon interne a eu l’idée d’appliquer simultanément un aimant à droite et un à gauche; nous avons empêché de la sorte le transfert du côté opposé, tout en faisant disparaître l’hémianesthésie, momentanément bien entendu.

M. Debove : L’intérêt que la Société médicale a paru prendre, dans sa dernière séance, à une note que j’ai lue sur l’hémianesthésie saturnine et sur son traitement par l’aimant, m’engage à vous entretenir d’un fait que j’ai observé il y a déjà trois ans dans le service du professeur Béhier. Il s’agit d’un malade atteint d’hémianesthésie alcoolique guéri par l’électricité.

Cet homme, âgé de cinquante ans, était un sujet vigoureux, alcoolique, qui ingérait quotidiennement des quantités considérables d’eau-de-vie et avait même fini par trouver que le vin n’avait aucune saveur. Il entra à l’Hôtel-Dieu pour une pneumonie, eut un violent accès de delirium tremens et se rétablit. Pendant sa convalescence nous avons constaté qu’il était atteint d’hémianesthésie du côté gauche, portant sur tous les modes de la sensibilité cutanée et sur les sens spéciaux. Notre examen lui révéla l’existence de ce symptôme ; il ne put, par conséquent, nous dire à quelle époque en remontait le début; on verra tout à l’heure que nous pouvons le faire remonter à une période de cinq années.

Avec mon ami le docteur Regnard, nous avons essayé de faire revenir la sensibilité par divers procédés. Dans une première séance, nous avons appliqué sur l’avant-bras du malade diverses pièces métalliques, et cela pendant une demi-heure environ ; nous n’avons rien obtenu, si ce n’est avec les pièces d’argent qui ont momentanément ramené la sensibilité dans une zone très-limitée. Le lendemain, nous eûmes recours à des courants continus très-faibles, et sous leur influence l’anesthésie disparut. Voici exactement le procédé suivi : une pile composée de deux petits éléments de Trouvé (papier et sulfate de cuivre), montés en quantité, ont été mis en communication avec le malade, de telle façon que l’un des pôles était appliqué au front et l’autre à la face dorsale du pied. Au bout de trente-cinq minutes, la sensibilité générale et spéciale était revenue; la guérison persista, comme put le constater M. P. Regnard qui vit le malade trois années plus lard.

Il est une particularité qui se manifesta immédiatement lorsque revint la sensibilité, ce fut l’apparition d’une sciatique. En interrogeant le malade, nous apprîmes qu’il en avait souffert pendant de longues années, qu’elle avait disparu il y avait cinq ans pour revenir au moment même où la sensibilité reparut : il est probable que l’hémianesthésie avait pour ainsi dire masqué la sciatique, et lorsque notre malade rencontra, comme je viens de le dire plus haut, M. Regnard, il se plaignit vivement qu’on eût fait revenir une maladie ancienne, qui le faisait légèrement boiter et l’avait, à diverses reprises, obligé à entrer à l’hôpital.

Dans un moment où l’étude de l’hémianesthésie et de son traitement est à l’ordre du jour, il m’a paru intéressant de rapporter cette observation; on ne peut cependant pas, dans le cas particulier, se féliciter du résultat thérapeutique obtenu, ainsi qu’il ressort de ce que nous venons de raconter.

M. Tenneson lit une note sur un cas d’oblitération des uretères et d’anurie calculeuse. (Voyez le dernier numéro.)

M. Hérard : Je fus appelé en consultation, il y a quelques années, pour un malade qui, à la suite de violentes coliques néphrétiques du côté droit seulement, présentait des accidents effrayants. Depuis cinq jours il ne cessait de vomir; il n’allait point à la selle, n’urinait point et délirait. On avait tout essayé pour combattre cette constipation et ces vomissements, et rien n’avait réussi. Me trouvant en présence d’accidents incontestablement urémiques, j’eus recours à des pilules composées de savon médical, de scammonée et d’huile de croton ; ces pilules, qui m’ont réussi assez souvent dans des cas analogues, ainsi qu’à M. Moutard-Martin, furent données une à une toutes les heures; et, en moins de quarante-huit heures, on obtint des selles et des urines, qui furent suivies d’une grande amélioration ; le mieux s’accentua de jour en jour; mais la convalescence fut longue, et, après une saison à Contrexéville, le malade put être considéré comme étant parfaitement guéri.

M. Ferrand : Dans le fait rapporté par M. Tenneson, ne vaudrait-il pas mieux voir une anurie goutteuse qu’une anurie calculeuse? L’observation nous montre, en effet, que l’obstrue-

lion existait d’un côté, mais pas de l’autre, où l’on ne trouva qu’un calcul libre dans le calW sans obstruction de l’uretère. Comment comprendre l’anurie sans obstacle du côté des denr reins et, de plus, chez un malade qui n’a jamais souffert de coliques néphrétiques ? Par contre cette anurie rappelle celle qu’on observe quelquefois chez des malades fortement goutteux anurie qui peut être suivie d’accidents graves et même mortels. Celte anurie goutteuse, pour être rare, n’en existe pas moins. Et je pourrais citer à l’appui l’exemple d’un membre de ma famille qui, à l’âge de 68 à 69 ans, fut pris brusquement d’anurie, suivie d’accidents urémiques, auxquels il succomba au bout de huit à neuf jours.

M. Tenneson : Sans doute, mon malade n’a jamais éprouvé de coliques néphrétiques ; mais que de fois n’a-t-on pas rencontré des calculs dans les voies biliaires, sans que les sujets aient souffert de coliques hépatiques 1 Et j’ajouterai que, si nous voulions voir ici un exemple d’anurie goutteuse, on serait très-embarrassé en présence de reins qui n’ont rien des reins goutteux, puisque l’on n’y a rencontré ni infarctus d’urate de soude ni les lésions si caractéristiques de la néphrite interstitielle, dont l’évolution est lente et progressive ; chez mon malade je le répète, s’est montrée une anurie subite, dans le cours d’une santé jusqu’alors parfaite!

M. Ferrand : Sans doute, il existe des cas d’obstruction complète des uretères sans coliques néphrétiques. Mais je n’ai point voulu parler d’une lésion rénale plutôt que d’une autre ; je dis et je maintiens qu’on peut observer chez un goutteux, quel que soit l'état anatomique des reins, une anurie subite suivie de mort, sans obstruction mécanique des voies urinaires.

M. G. Paul : Mon maître Bouley était un goutteux, atteint fréquemment d’attaques de goutte articulaire, sans coliques néphrétiques ni gravelle. Un jour, il eut une anurie subite qni fut suivie, au bout de quelques heures, d’une polyurie abondante. Mais, le lendemain, il n’urina plus, et la sonde ne ramena point d’urine. Cet état dura jusqu’à la mort, qui arriva au bout de sept jours, pendant lesquels le malade fut en proie non pas à des accidents d’urémie véritable (il n’avait ni œdème ni céphalalgie), mais à une agitation nerveuse que les bains seuls calmaient momentanément. La mort parut se rattacher à des accidents cardiaques qui firent supposer la production de caillots dans les cavités du cœur. A l’autopsie, on trouva les voies urinaires entièrement libres, depuis la vessie jusqu’aux reins. Ces derniers organes, examinés attentivement avec l’aide de M. Cornil, étaient atteints d’une dégénérescence graisseuse simple. Voilà donc un fait remarquable d’anurie goutteuse, suivie de mort, chez un malade qui ne présentait aucunement les lésions de la néphrite interstitielle ou goutteuse. Ce qui vient à l’appui de ce qu’avançait tout à l’heure M. Ferrand.

D’ailleurs, quand on observe des calculs chez un goutteux, il est rare de voir ces calculs obstruer les voies urinaires simultanément à droite et à gauche; et, si l’anurie a lieu en pareil cas, il est probable qu’elle est due à une action réflexe du rein, du côté malade, sur le rein opposé; peut-être aussi faut-il faire intervenir, en pareil cas, d’autres actes réflexes capables d’agir de la même façon.

M. Henri Gueneaü de Mussy : Il existe incontestablement des cas d’anurie qui passent inaperçus; je citerai, comme preuve à l’appui, l’exemple d’une dame de la ville qui, n’ayant pas uriné depuis huit jours, ne s’en inquiétait pas, et alla, malgré cela, en soirée. En rentrant, elle tomba dans le coma; on la sonda, et l’on n’obtint que quelques gouttes d’urine albumineuse; quelque temps plus tard, elle mourut avec des lésions considérables du rein.

M. C. Padl : L’anurie est un phénomène qui peut n’avoir aucune conséquence grave pendant quelques jours, et même pendant dix jours. Par quelles voies s’échappe l’urine pendant ce temps-là? C’est ce que j’ignore. J’ai vu une hystérique être frappée d’anurie prolongée à plusieurs reprises, sans qu’il en résultât pour elle d’inconvénient sérieux ni de menaces d’urémie; je l’ai sondée chaque fois sans rien obtenir. Il serait intéressant de savoir combien il faut de temps à l’économie pour se surcharger d’urine.

M. Dumontpallier : Dans ces cas d’anurie goutteuse ou calculeuse, il serait utile de rechercher si les matières vomies contiennent de l’urée; cela a été vu, pour l’anurie des hystériques, par MM. Regnard et Charcot. On sait que Cl. Bernard a constaté que la ligature des deux uretères est suivie de diarrhée accompagnée d’ulcérations intestinales, ce qui paraît dû à l’accumulation de l’urée dans le sang et à son élimination par l’intestin. Tel est le point de départ de certaine théorie allemande. Il est intéressant de savoir que, pendant dix jours de lutte, le malade de M. Tenneson n’a présenté ni diarrhée ni vomissements ; et il est important de rapprocher ce fait de celui de M. Hérard, qui parvint à faire cesser tous les accidents en provoquant une véritable pluie intestinale, laquelle conjura l’urémie et permit aux reins de rentrer l’heure conditions normales. Ce résultat est à rapprocher des expériences que je citais tout à

Je crois utile encore de faire remarquer que, en pareil cas, la nature du purgatif n’est pas

indifférente. Nos maîtres nous ont appris à nous servir de purgatifs drastiques], tels que la scammonée, le jalap, l’huile de croton, plutôt que de purgatifs salins; et les expériences physiologiques de AL Vulpian nous démontrent que les drastiques ont une action spéciale sur le gros intestin, tandis que les sels purgatifs n’impressionnent que l’intestin grêle, et, de plus, ces derniers constipent après avoir purgé.

M. Ball : Messieurs, j’ai fait connaître à la Société, dans son avant-dernière séance, les troubles déterminés, chez les malades de mon service, par l’usage de certaines préparations de pepsine. Un flacon de cette substance, employé à la pharmacie de l’hôpital Temporaire, a été analysé, et l’on y a reconnu la présence d’un alcaloïde qui ne pouvait évidemment être que l’atropine.

Depuis cette époque, j’ai fait examiner plusieurs flacons de la pepsine fournie à l’administration de l’Assistance publique, et le résultat de ces expertises a toujours été négatif. J’ai donc recommencé à prescrire à mes malades les préparations dont je me sers habituellement, et je n’ai constaté chez eux aucun phénomène fâcheux. Le fait que j’ai signalé demeure donc isolé ; et il est évident que nous avons eu entre les mains un flacon de pepsine contaminé par la présence d’un sel d’atropine, sans qu’il soit aujourd’hui possible de remonter à la cause de cet accident.

M. Ferrand : Les erreurs de ce genre sont faciles, et se rattachent quelquefois à des causes bien inattendues. Je me souviens d’avoir prescrit une fois à deux malades, en ville, une solution d’arséniale de soude dans du sirop de saponaire. Les deux ordonnances avaient été exécutées chez le même pharmacien, et chez les deux malades je fus appelé le soir même, et je constatais tous les phénomènes de l’intoxication belladonée. Qu’était-il arrivé? Après enquête minutieuse faite par le pharmacien lui-même, il fut constaté que le sirop de saponaire contenait de l’atropine, parce qu’il avait été fait avec de la saponaire dont le tiroir était situé immédiatement au-dessous de celui qui contenait de la belladone. Quelques feuilles de cette dernière plante étaient tombées, par mégarde, au milieu de la saponaire qui avait servi à faire le sirop en question.

— La séance est levée à cinq heures.

Le secrétaire, Dogüet.

du Conseil de surveillance de l’administration générale de l’Assistance publique à parig remplacement de M. Lauth, démissionnaire.

Académie de médecine. - Le concours pour deux places de stagiaires aux eaux minéral (concours Vulfranc-Gerdy) aura lieu en novembre 1879. Les candidats nommés entreront ! fonctions le 1" mai 1880. Le concours comprend deux épreuves publiques : 1" une épreuv écrite sur un sujet de physiologie et de pathologie; 2° une épreuve orale de vingt minuta,6 après vingt minutes de réflexion, sur un sujet de physique et de chimie appliquées aux questions hydrologiques.

Sont admis à concourir les élèves en médecine qui ont passé au moins les trois premier examens de doctorat et qui ont rempli au moins pendant deux ans les fonctions d’internes titulaires nommés au concours dans les hôpitaux de villes où il existe soit une Faculté de médecine, soit une École de plein exercice, soit une École préparatoire.

Les deux mois de novembre et de décembre, pendant lesquels a lieu le concours, sont admis en déduction des deux années d’internat exigées des candidats.

Les candidats devront se faire inscrire, soit au secrétariat de l’Académie de médecine h 9, rue des Saint-Pères, à Paris, soit au secrétariat des Facultés, Écoles de plein exercice où Écoles préparatoires de médecine ou de pharmacie de France. Us auront à déposer les pièces qui justifient les conditions exigées. La liste d’inscription sera close le 31 octobre 1879 à quatre heures après midi.

IV. B. — Un exemplaire du règlement du concours Vulfranc-Gerdy est déposé au secrétariat de l’Académie ainsi qu’au secrétariat des Facultés ou Écoles, pour être communiqué aux candidats. .

Les internes des asiles d’aliénés. — Les internes des asiles d’aliénés étaient, jusqu’à présent, choisis par simple faveur administrative; M. Hérold, préfet de la Seine, vient de décider qu’il ne serait désormais nommé dans ces asiles aucun interne n’ayant pas subi les épreuves d’un concours régulier.

Une commission a été chargée, par arrêté préfectoral, de donner son avis sur le programme et les conditions du concours de ce nouvel internat.

Cette commission est composée de M. le docteur Béclard, conseiller général de la Seine, professeur à la Faculté de médecine, secrétaire perpétuel de l’Académie de médecine , et de MM. les docteurs Bail, professeur de clinique des maladies mentales; Billod, Espiau de Lamaëstre, Dagonet, médecins en chef des asiles d’aliénés de Vaucluse, Ville-Évrard et Sainte-Anne; Magnan, médecin répartiteur au bureau d’admission de Sainte- Anne; Pozzi, chirurgien des hôpitaux, agrégé à la Faculté de médecine de Paris.

— Sur la demande de plusieurs artistes, on vient de placer en liberté dans un des parcs ouverts du Muséum d’histoire naturelle un certain nombre de vautours et d’autres grands oiseaux de proie ; quelques plumes arrachées à l’une des ailes les empêchent de franchir les barrières, mais ne changent rien à leurs allures naturelles. Les groupes que forment ces rapaces lorsqu’ils s’étagent sur les marches de l’escalier rustique de leur retraite ou lorsqu’ils déploient, au soleil, leur énorme envergure, sont des plus pittoresques et peuvent fournir d’excellents modèles aux peintres et aux sculpteurs.

— L’exposition anthropologique de Moscou vient de s’ouvrir. Un premier Congrès en langue russe a été tenu à cette occasion. Au mois d’août aura lieu le Congrès international auquel l’Université de Moscou a invité un grand nombre de savants étrangers.

Le ministre de la guerre a prêté pour cette exposition anthropologique un vaste manège qui a été converti en jardin planté de fougères gigantesques, de végétaux fossiles, et rempli d’animaux antédiluviens. Sur de petites montagnes dont l’âge est indiqué par des coupes géologiques artificielles, on a représenté des fac-similé de tumuli, puis à côté les types des différentes races humaines et de remarquables spécimens crâniologiques et anatomiques.’

Société de médecine de Paris. — Séance du samedi lû juin 1879 (local de la Société de chirurgie), rue de l’Abbaye, à 3 heures 1/2 très-précises.

Ordre du jour : 1° Lecture . d’un travail, à l’appui de sa candidature au titre de membre titulaire, sur le diagnostic et le traitement des kystes du corps thyroïde, par M. le docteur Thévenot, présenté par MM. J. Besnier et Reliquet. — 2° Communication d’une élude sur Vembolie cardiaque, par M. Polaillon. — 3° Rapport sur la candidature au titre de membre correspondant de M. le docteur Marmonier, par M. Leblond. — Revendication de priorité, à propos du souffle crural, sur M. Costa Alvarenga (de Lisbonne), par M. Duroziez.

„ Le gérant, Richelot.

Pari». — Typographie Félix Maxtestb et C«, rue des Deux -Pirtes-Saint-Sauveur, 22.

L’UNION MÉDICALE Samedi 14 Juin 1879

Hôpital du Midi

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