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DE L'INTOXICATION DIGITALIQUE. — CAS DE MORT

Communication faite à la Société de médecine de Paris, dans la séance du 8 mars 1879,

Par le docSeur P. Duroziez, ancien chef de clinique.

Sous le nom d’intoxication , nous comprenons tous les effets que nous ne recher-

M. le docteur Revel exposa l’état des finances de la Société. Le budget est en équilibre et la situation . à jour. L’assemblée n’eut qu’à approuver et à remercier son exact et zélé trésorier.

La parole, ensuite, fut donnée à M. le docteur Jarrin, vice-président, qui lut une note sur le Mattéisme, dont, après l’avoir entendue, la Société vota l’impression, non sans avoir quelque peu hésité. Il est probable que la plupart, sinon la totalité des lecteurs de ce journal, ignorent ce qu’est le Mattéisme. Qu’ils se consolent, je crois que personne n’en sait rien. Je me propose d’ailleurs de revenir, dans un prochain feuilleton, sur la lecture du docteur Jarrin, parce que les incidents et les réflexions auxquels elle a donné lieu me paraissent offrir un assez grand intérêt au point de vue déontologique.

La séance fut terminée par les élections du bureau. L’Association de Savoie renouvelle ses officiers tous les trois ans, tandis que les autres Sociétés locales, conformément au règlement général, ne les renouvellent que de cinq en cinq années. La presque unanimité des suffrages désigna M. le docteur Guilland père comme président ; M. le docteur Jarrin, vice-président ; M. le docteur Brachet, secrétaire. Les choses restent donc en l’état, à la satisfaction de tous, ou peu s’en faut.

Il était deux heures bien passées. On alla dîner. En Savoie, l’on dîne encore au milieu du jour. La table avait été dressée à l’hôtel de l’Europe par les soins de M. Dardel, frère du cafetier d’Aix, dont le garçon, Jacotot, fut illustré par Alexandre Dumas dans les premières Impressions de voyage. Si la salle à manger, étroite et un peu sombre à l’une de ses extrémités, laissait à désirer, le festin, en revanche, était parfait. Vous pouvez voir, bienveillants lecteurs, par le menu que j’ai conservé à votre intention, que les dîners savoyards sont aussi bien ordonnés à Chambéry que dans les meilleures maisons du boulevard : « Bouchées à la

L’UNION M El MCA LL.

chons pas; c’est le mauvais côté de la digitale que nous voulons mettre en lumière; par sa prudence, le médecin peut l’atténuer beaucoup, sinon l’effacer. Nous citons un nouveau cas de mort, ou plutôt nous le proposons; affirmer en cette affaire est difficile, impossible.

Passons en revue d’abord quelques accidents moins graves.

Tout effet non recherché n’est pas une preuve d’intoxication ; par exemple, l’accélération, qui, d’après quelques auteurs, précède le ralentissement. Celui-ci, exagéré serait bien plutôt un signe d’intoxication, ainsi que l’irrégularité qui succède à la régularité, même avec la forme régulière du pouls géminé, composé d’une pulsation forte, d’une pulsation faible et d’un arrêt. Souvent le malade s’accommode mieux d’un pouls irrégulier, inégal, libre de digitale, que de pulsations fortes, égales, régulières, imposées par le poison. La régularité due au repos n’est pas comparable à celle due à la digitale. Que de difficultés on rencontre dans le maniement de cette substance, aussi étrange et fantasque que le cœur à qui on veut l’opposer!

Ce que nous disons du cœur peut s’appliquer à tous les autres organes.

L’action sur les reins est très-capricieuse. La puissance diurétique n’est pas à contester, mais que de défaillances! Elle s’épuise. Les reins rendent de moins en moins. Après la période de diurèse peut venir une période d’anurie dangereuse : les malades urinent peu et très-difficilement, avec douleur ; les organes de la miction sont surexcités.

Quelques malades urinent abondamment, qu’ils prennent ou non de la digitale, en quelque quantité que ce soit. Nous recueillons 3 et 4 litres d’urine avant, pendant et après la période d’administration.

Quelques autres malades urinent très-peu, avec ou sans digitale.

Nous regrettons que les médecins qui emploient beaucoup la digitale comme diurétique n’aient pas donné des observations où les quantités d’urine soient consignées avant, pendant et après la période d’administration de la digitale. Leurs chiffres seraient probablement plus favorables que ceux que nous pourrions fournir. Nous avons recueilli, pendant de longs jours, les urines de nos malades; la discrétion nous engage à ne pas mettre sous les yeux de nos lecteurs les nombreux chiffres colligés par nous : on verrait cependant que les résultats ne sont pas aussi décisifs qu’on le voudrait. L’anurie peut faire tache au tableau; et c’est dans ces cas qu’on pousse les doses d’une façon dangereuse. Nous ne sommes pas sûr qu’on proclame les insuccès aussi haut que les succès; on ne soupçonne pas qu’on ait pu être nuisible.

reine, — Saumon sauce hollandaise, — Filet jardinière, — Volailles à la maréchale, — Aspic de foie gras, — Cailles rôties, — Asperges en branches, — Bombe glacée moka, — Gâteaux mousseline, — Dessert. »

Avec cela, des vins innombrables, choisis comme pour un concours œnologique, et offerts par l’amicale libéralité des confrères de la ville. C’étaient les grands vins rouges du pays : les Saint-Jean de la Porte, les Cornioles, les Chignin ; puis les vins blancs secs et légèrement mousseux de Vimineé et des Altesses. On dit que le plant de ce dernier, originaire de Chypre, fut rapporté par un comte de Savoie, retour des Croisades. Malgré ses titres de noblesse, je lui préfère le vin de Vimines, et j’adresse ici, avec mes remercîments, mes félicitations à M. le docteur Chamousset, son heureux et généreux propriétaire.

Au champagne, qui est le bouquet de toutes les fêtes de ce genre, des toasts furent portés, par M. le docteur Guilland : à la Haute-Savoie et à l’union indissoluble des deux départements ; — m. le docteur Câllies, délégué de la Haute-Savoie et secrétaire da la Société d’Annecy depuis sa fondation, répondit en fort bons termes ; — par M. le docteur Dubouloz : aux échansons et commissaires du banquet.

On se donna rendez-vous, pour l’année prochaine, à Albertville, où conduira le chemin de fer acl^ellemeot en construction ; et on se sépara après avoir échangé les plus cordiales poif • f “ains, et les souhaits de se revoir, avec les confrères éloignés qui avaient un long trajet a taire pour retourner chez eux, trà los montes. — M. L.

L’action sur le tube digestif est tout entière du mauvais côté; peu de médecins recherchent dans la digitale un excitant de l’estomac, ou un antidiarrhéique, ou un purgatif. Elle ne tarde pas à provoquer l’inflammation de la muqueuse, à des degrés divers, suivant la susceptibilité de chacune des parties. L’abondance de la salive ust modifiée en plus ou en moins. La langue peut se tuméfier. Nous avons vu se produire des plaques analogues à des brûlures, des ulcérations même.

L’action sur l’estomac présente les mêmes alternatives. Après une période d’excitation où la faim est accrue, il y a des faiblesses d’estomac, des nausées, des vomissements, du dégoût, de l’anorexie.

Pour les intestins, après la constipation viennent les selles normales plus fréquentes, puis la diarrhée avec brûlure à l’anus, douleur et tension du ventre.

On peut observer les signes d’un véritable typhus; nous avons dû nous demander si la digitale ne pouvait pas produire la fièvre typhoïde quand, chez un malade traité depuis longtemps à l’hôpital par la digitale à dose assez forte, nous voyions paraître les vomisssements tenaces et tous les signes de la fièvre continue, jusqu’aux taches lenticulaires. On sait combien est rare, à l’hôpital, la contagion de la fièvre typhoïde. Que la digitale soit capable ou non de faire cette maladie, elle peut déterminer un ensemble qui lui ressemble beaucoup, et qu’on pourrait qualifier typhus.

L’action sur le foie se montre sous la forme de selles bilieuses. A-t-on utilisé, dans le diabète sucré, la puissance universelle de ce médicament? Nous ne savons, mais cela est probable.

Notre vénéré maître, M. Bouillaud, a employé la digitale à haute dose contre la fièvre intermittente; on donnait 7 milligrammes. Par un effet contraire, nous sommes frappé des accès intermittents que nous constatons chez les individus traités par la digitale à haute dose.

L’action sur les poumons est certaine et négligée sous le rapport des accidents. On ne voit que le bon côté. On a employé la digitale comme antihémoptoïque; mais souvent elle provoque les hémoptysies, et parfois la congestion va jusqu’à l’inflammation, que plus d’une fois nous avons vu combattre par les antiphlogistiques; M. le docteur Homolle, dans les expériences qu’il a faites sur lui-même, a eu une véritable fluxion de poitrine, qu’il a déclarée le symptôme le plus tenace de son empoisonnement.

On a employé la digitale contre la métrorrhagie ; il a dû être produit bien des accidents par le fait d’une erreur d’interprétation d’un travail de Dickinson. Nous en avons parlé dans notre article sur l’abus de la digitale. Sans tomber dans cette exagération, sommes-nous sûr de manier si dextremeent le poison que, d’un coup, nous touchions juste le but, sans le dépasser ? Quand la digitale ne peut pas être employée plus que prudemment, elle est dangereuse et se retourne contre nous.

L’action sur le système nerveux se manifeste sous les formes les plus variées et les plus imprévues : quelques médecins l’ont mise à profit contre la spermatorrhée, contre la folie. Les accidents qu’elle provoque de ce côté dépassent les avantages qu’on peut en tirer. Nous voyons apparaître successivement la céphalalgie, les troubles de la vue, les vertiges, les syncopes, les névralgies de toutes sortes, la tétanie, la somnolence, l’insomnie, l’oppression, la faiblesse extrême, le coma, le délire. Il n’est pas une variété d’accident nerveux que la digitale ne puisse produire. Chacun de ces signes mériterait un chapitre; nous devons nous borner. Le délire a lieu surtout pendant la nuit et peut passer inaperçu pour le médecin qui, Je matin, retrouve le malade tranquille et lucide. 11 est donc d’une grande importance, quand on prescrit la digitale, de s’enquérir sur les faits de la nuit : autrement, on continue la prescription de la veille, on augmente la dose, et plus d’une fois nous avons pu prévoir une mort rapide, à laquelle ne songeait aucunement le médecin traitant; nous n’avons pas à donner un avis qu’on ne nous demande pas. Si le médecin, stupéfait par une mort inattendue, en a recherché la cause, il a presque toujours rejeté comme impossible l’interprétation que nous lui soumettions avec la plus grande réserve extérieure, mais avec la plus profonde conviction intérieure. Jamais il n’acceptera qu’un médicament donné par lui à dose bien voulue donne la mort,

et il se défendra contre nos suppositions désagréables , dont nous ne pouvons faire la preuve absolue, puisque, ordinairement, la digitale ne produit des accidents douteux et graves que chez des individus déjà affaiblis par la maladie.

Il nous reste donc à appeler l’attention des médecins sur des points qui, peutêtre, ne les ont pas frappés.

Nous croyons avoir observé un nouveau cas de mort par la digitale, mais nous devons soumettre notre appréciation à une grande réserve ; il ne s’agit pas d’un empoisonnement volontaire et aigu. La susceptibilité très-grande de la malade à la digitale et la présence de l’albuminurie pourraient expliquer l’issue funeste. Le point vif de l’observation est celui-ci : nous attribuons la mort à la digitale, aidée sans doute par la maladie ; le médecin qui a traité la malade n’a jamais soupçonné qu’il pût entrer dans la pensée de quelqu’un que la digitale pût être incriminée. D’un côté, crainte exagérée; de l’autre, sécurité complète. Voici l’observation :

La femme P..., âgée de 46 ans, entre le 16 juillet 187. et meurt le 6 août. Elle fait, à 17 ans, une fièvre typhoïde grave, n’est réglée qu’à 19 ans, et n’a pas d’enfants. A 32 ans, elle est retenue au lit pendant six mois pour une fièvre mal réglée, combattue pendant un mois avec le sulfate de quinine. Elle est malade depuis six ou sept mois, davantage depuis quatre ou cinq. Jamais de rhumatisme articulaire aigu. Elle a toute l’apparence des maladies du cœur : congestion jaunâtre de la face, tuméfaction du cou par le développement des veines jugulaires, râles sous-crépitants, ascite, œdème des jambes, albuminurie abondante.

Les claquements sont fortement frappés sans dédoublement ; on entend néanmoins du souffle en bas du sternum et vers la pointe. Ce sont des insuffisances relatives.

Les 18 et 19, la malade prend une macération faite avec 0,50 de feuilles de digitale.

Le 20, elle se plaint de nausées, de sécheresse de la langue, de faiblesse grande; elle est étendue dans son lit. Le pouls est à 84, régulier. On entend le premier claquement à droite et à gauche, sans souffle en jet de vapeur. Un peu de souffle au deuxième temps, à droite.

Le 22, le pouls est à 100, régulier; nous notons qu’elle né prend pas de macération. Elle en reprend les jours suivants.

Le 3 août, le pouls est régulier, développé; on entend les claquements, sans bruit anormal facile à percevoir. La malade est jaunâtre ; elle prend bien ses 0,40 de digitale. Nous ne soupçonnons encore rien des accidents qui vont se manifester.

Le 4 août, on nous dit que la nuit a été très-mauvaise, et cependant l’intelligence est trèsprécise au moment où nous voyons la malade. Il y a là une cause d’erreur très-grave. Sa voisine nous apprend que, depuis deux ou trois jours, elle est prise d’agitation et de délire quand vient la nuit. La malade me dit que, si elle se lève, c’est pour aller trouver la voiture qui vient la chercher; elle voit un baptême autour de son lit. Elle n’aperçoit pas d’animaux. Pour avoir ces détails, il faut savoir que la digitale peut produire ces désordres. A voir la malade dans son lit, tranquille, on ne peut soupçonner la gravité des accidents qui la menacent.

La malade se plaint d’oppression, de douleur en ceinture; elle a des nausées, a perdu l’appétit, va sous elle. Les urines, probablement très-rares, ne peuvent être recueillies.

La malade, à moitié assise dans son lit, tient la corde de la main droite. Œdème assez considérable des jambes et de la main gauche. Ascite. Pourtant, au cœur, pas de bruits anormaux nets; on entend assez bien les claquements.

En face de cet ensemble, nous n’hésitons pas à admettre l’intoxication digitalique, et à prédire qu’elle ira bon train.

En effet , dans la nuit du 4 au 5, l’oppression est très-grande, les cris sont continuels. La malade sort de son lit; on l’y remonte à grand’peine. Puis, au moment de la visite, le calme est à peu près rétabli. On n’imagine pas que la malade mourra une heure après.

On comprend que nous avons, été frappé de cette mort prédite, et que nous avons assisté avec le plus grand intérêt à l’autopsie faite le 6 août.

Œdème. Ascite. Congestion de la face. Graisse abondante. Cerveau petit, pâle, non œdématié, non congestionné.

Poumons presque normaux, peu congestionnés, peu œdématiés.

Foie noix muscade.

Reins congestionnés ; quelques dépressions; un infarctus. Un kyste gros comme un pois. On séparé très-bien les deux substances.

e cœur pèse 45o grammes. Un peu de graisse sur le ventricule droit. Muscle de très-

Supplément.

bonne apparence. Paroi du ventricule gauche d’environ un cenliinètre, très-ferme, d’une bonne couleur.

Très-peu de dilatation des cavités. Aorte un peu large, athéromateuse. Les sigmoïdes aortiques laissent écouler l’eau ; elles sont un peu déformées et épaissies.

La mitrale est un peu épaissie sur les bords. La grande lame est large et vient s’appliquer comme un opercule contre la petite. L’orifice n’est pas évidemment insuffisant; aucun rétrécissement.

Rien à l’artère pulmonaire. Sigmoïdes très-suffisantes.

Peu de dilatation du ventricule droit ; tricuspide jouant bien. Il ne peut y avoir eu qu’une insuffisance relative.

Remarques. — La malade est morte empoisonnée, soit par l’urémie, soit par la digitale. Quoi qu’il en soit, on devait se méfier de la digitale.

Au sujet de la foi aveugle en ce poison qui s’en montre bien indigne, nous citerons une thèse de M. Leloutre, qui nous a autrefois frappé, intitulée : Essai sur le rhumatisme cérébral, 1866. La digitale est donnée à la dose de 3 grammes, et voici ce que nous lisons à la fin :

« Si on emploie des médications actives, il faut en user avec prudence. On doit surtout surveiller l’emploi du sulfate de quinine, que la plupart des médecins conseillent de donner à dose lentement graduée, et en suspendre l’administration à la moindre apparition de vertiges et de bourdonnement d’oreilles. »

Et la digitale? On peut, paraît-il, la donner à toutes doses.

L’auteur cite un passage emprunté à M. Bourdon, qui n’est pas favorable aux agents perturbateurs. Nous regrettons de ne pouvoir le citer.

Cette thèse est curieuse à lire pour le silence imperturbable gardé sur la part possible de la digitale dans les accidents. Dans les observations mêmes, on ne se donne pas la peine d’indiquer jour par jour le traitement, et, cependant, il s’agit de 3 grammes de digitale. Nous ne comprenons pas un semblable mépris pour un ennemi aussi redoutable qui tue votre malade pendant que vous avez le dos tourné. Nous eussions voulu qu’on cherchât à nous démontrer la digitale innocente. La discussion de la première observation serait longue et fastidieuse, sans clarté suffisante, nous y renonçons, mais en maintenant notre grief; on n’a pas le droit de prescrire 3 grammes de digitale, et de n’en pas tenir compte s’il apparaît des accidents cérébraux.

L’action des médicaments ne manque pas d’imprévu; le simple n’est pas leur faik Nous pepsions que l’anurie pouvait succéder à la diurèse. Nous suivîmes pendant quelques jours un individu âgé de 26 ans, facteur de pianos, chez lequel on constatait un dédoublement du deuxième claquement. On voulait provoquer la diurèse pour l’œdème des jambes et un peu d’ascite. On prescrivit de la macération de digitale à 0,40, le 10 novembre. — Le 11, anorexie, vomissements, 2 litres d’urine; 0,40 en macération. — Le 12, pouls 76, régulier. Céphalalgie. Trouble de la vue! Le malade croit tomber, est comme en ribote. Sensation de brûlure dans le ventre. Vomissements. Diarrhée. Un litre et demi d’urine. Macération à 0,50. — Le 13, nous trouvons 1 litre le matin. On supprime la digitale. — Le 14, de trois heures du soir (la veille), à neuf heures du matin, Le malade a uriné plus de 3 litres. Vomissements. Pas de digitale. — Le 15, 1 litre 50 d’urine. Le malade se trouve très-bien. Pas de digitale. — Le 16, pouls 72, régulier. Sensation de brûlure, surtout dans le ventre. Moins d’un litre d’urine. Pas de digitale. — Le 18, 800 gram. d’urine. Douleurs fortes pour uriner. Envies moins fréquentes que pendant les jours précédents, mais plus douloureuses. — Le 19, 800 grammes d’urine. Pouls 76, régulier. Tête lourde. Digestions mauvaises. Œdème des jambes. Un peu d’ascite.

On a probablement considéré ce cas comme un succès. On a obtenu la diurèse pendant un jour. Nous ne sommes pas aussi frappé de la bonté du résultat. Le chiffre des urines tombe ensuite au-dessous de la moyenne. On n’a pas, en somme, beaucoup gagné. Il faut bien compter aussi avec les accidents notés tout le long du tube digestif, dans les voies urinaires, etc... Le pouls n’a pas baissé.

Nous lisons, dans un journal daté du 15 février 1879, les embarras consciencieux

un peu inexpérimentés, d’un médecin qui, à laide de la digitale, veut s’opposer au développement de la fièvre typhoïde. L’infusion de Hirtz n’agit pas. L’alcoolature agit trop, elle avait été faite avec l’extrait de digitale. Le médecin nous dit qu’il n’eût pas cru l’extrait capable de produire quelque action. L’alcoolature avec feuilles fraîches à la dose de 240 gouttes ne faisait rien, tandis que les médecins n’osent dépasser 20 à 30 gouttes. Il revient à l’infusion combinée avec une légère décoction ; dans les cas de fièvre typhoïde traités avec succès, elle déprime trop elle hyposthénise. La digitale lui a donné parfois des transes très-pénibles, et la dernière fut assez forte, malgré le beau succès qui la suivit, pour le décider à renoncer à l’infusion de digitale et à employer désormais la digitaline.

Mais nous rencontrons avec la digitaline la même difficulté qu’avec la digitale. Chaque fabricant nous recommandera la sienne, n’étant pas responsable des insuccès acquis avec les autres, En outre, on nous reprochera de n’avoir pas su la manier.

GASTRO-STOMIE

CONTRIBUTION A L’ÉTUDE DE LA GASTRO-STOMIE : DES CAUSES DE SUCCÈS ET D’INSUCCÈS A LA SUITE DE CETTE OPÉRATION (*) ;

Par le docteur L.-H. Petit, sous-bibliothécaire à la Faculté de médecine.

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