DE LA VALEUR THÉRAPEUTIQUE ET OPÉRATOIRE DE L’IRIDECTOMIE
par le docteur Peyrot.
Les indications de l’iridectomie sont multiples; elle peut être antiphlogistique, prophylactique ou combinée, et optique. Cette division, qui est celle de la plupart des auteurs, a été adoptée par M. Peyrot.
Il est nécessaire de bien connaître les conditions de l’équilibre normal des milieux de l’œil pour apprécier le but et les résultats de l’iridectomie, toutes les fois qu’elle n’est pas uniquement destinée à ouvrir une voie nouvelle aux rayons lumineux. Aussi M. Peyrot commence-t-il son travail par un exposé physiologique, dans lequel il étudie successivement la tension intra-oculaire et ses variétés, le mécanisme des variations de volume des milieux de l’œil, enfin l’influence de l’iridectomie sur la tension intra-oculaire normale.
C’est dans les différentes formes du glaucome que l’iridectomie antiphlogistique trouve ses principales applications. Dans le glaucome inflammatoire, aigu ou chronique, l’opération réussit à suspendre la marche des accidents, souvent même assure une guérison définitive. Dans le glaucome chronique simple, son effet est beaucoup moins certain.
Elle a été employée avec succès dans quelques formes de glaucome secondaire.
L’iridectomie prophylactique peut être adjointe à la kératotomie dans l’opération de la cataracte, ou à la discision.
En terminant, M. Peyrot examine les indications de l’iridectomie optique dans les opacités de la cornée, les obstructions pupillaires et les opacités cristalliniennes.
DES OPHTHALMIES SYMPATHIQUES, par P. Reclus. Paris, Delahaye; 1878.
L’ophthalmie sympathique, c’est-à-dire « l’ensemble des troubles trophiques ou fonctionnels que provoquent dans le second œil les lésions traumatiques ou spontanées du premier», n’a pris place que depuis trente-cinq ans environ dans le cadre nosologique. Néanmoins, son histoire est longue, si l’on compte tous les travaux dont elle a été l’objet, toutes les discussions auxquelles elle a donné lieu, tous les points de doctrine qu’elle a soulevés, dont beaucoup restent encore obscurs.
L’UMlON MÉDICALE.
Après un historique très-complet, dans lequel il passe en revue toutes les évolutions que le temps et les recherches ont fait subir à l’ophthalmie sympathique, M. Reclus aborde le chapitre de l’étiologie. Comme il l’a fait pressentir par la définition même qu’il a donnée au début de son travail, il franchit, avec la plupart des auteurs, les limites tracées par Mackensie aux ophthalmies réflexes; ce n’est pas le traumatisme seul qui peut leur donner naissance, et les affections spontanées de l’œil ont sur le congénère une pernicieuse influence. Telles sont les affections inflammatoires chroniques, les vieilles irido-choroïdites et les synéchies consécutives, les atrophies spontanées, les staphylomes et les leucomes adhérents, les tumeurs de la choroïde, le glaucome et les hydrophthalmies, les décollements rétiniens. Parmi les causes d’ophthalmies sympathiques spontanées, celles qui intéressent principalement le corps ciliaire en amenant son irritation ou sa compression; doivent être placées en première ligne. ’
Quant aux causes prédisposantes, une seule chose semblé démontrée, c’est qbe la fatigue exagérée des yeux est une cause d’accidents; D’après Mooren; les efforts d’accomrriodatioti de l’œil sain se font aussi dans l’œil malade. D’où il résulte que l’exacerbation des phénomènes inflammatoires, dans l’œil malade; Se joint à la fatigue et à la congestion de là région ciliaire de l’œil prêt à être envahi; pour faire éclater les accidents sympathiques, C’est sans doute pOür cette raison que les myopes sont spécialement exposés à l’ophthalmie réflexe.
Quelle voie suivent les irritations parties du premier œil polir provoquer dans le second les troubles fonctionnels ou nutritifs? Par quel mécanisme ces accidehls se prodüisent-ils ? Telle est la question difficile que M. Reclus cherche à résoudre danà l’important chapitre de a pathogénie. Pour lui, les altérations nutritives né naîtraient pas, comme on l’affirme encore, de troubles vaso-moteurs. 11 admet une névrite ascendante du trijumeau; névrite qui se réfléchirait dans le bulbe sur je trijumeau du côté opposé, et susciterait ainsi les accidents sympathiques. Ce n’est, dit l’auteur, qu’une hypothèse ; mais elle s’accorde avec les lois de la physiologie générale, que la théorie vaso-motrice heurte de front;
Les chapitres suivants sont consacrés à la symptomatologie ét au diagnostic. On ÿ trouve nettement exposées les différentes formes cliniques de l’ophthalmie réflexe, c’est-à-dire l’irido- Choroïdite plastique, la clioroïdite séreuse ; moins fréquemment, la kératite et la nëvro-rétinite sympathiques.
M. Reclus discuté, en terminant; les nombreux traitements çpil oht été proposés contré l’ophthalmie sympathique. Après avoir montré dans quels cas des opérations moins radicales peuvent être appliquées, il étudie les indications, si délicates et si controversées,, de l’énucléation, préventive oü curative, «jiii est encore lé moyen lé plus sûr d’empêcher le développement des accidents réflexes ou d’enrayer leur marche.
COtôi»ARËft EÜTRE EUX LÈS DIVERS MOYENS DE DIÉRÈSE, par le docteur V. CHALOT.
Paris, Üelahaye; 1878.
La diérèse li’est qu’lih dès pàirë ëléhïetits foüdàîrientâux de la médecine OpëMoirë; les trdis autres sOrtt l’ékërèSe, là sÿhtllëse ët la prothèse. LéS hibyèni de di'éi’ëse sOht rapides ou lëhts, sanglànls dil ilOn sanglants. ïélS éont i’insti’üment tranchant et l’écraséur linéaire; la Cautérisation, Comprenàht lé fer rOtip, lë galvàho et le thermo-caUtërè, lfes càüàtiquës et l’éleCtrOlyse, la ligàtufé extemporanée et l’arrachement, les ligatures ulcéràtivëS à tëilsion fixe, progressive ou continue. Mais tous cëé moyens ne s’appliquent qu’aux parties hiolleS ; aussi la diérèse des parties dures, Ostéotomie ët ostéociàsie, doit-elle être l’objet d’iinë étiidë spéciale.
Dans un premier chapitre, M. Glialot présente l’histoirë générale et spéciale des moyens de diéi’èse, l’époqué de leur apparition, les idées chirurgicales qui ont présidé à leur naissance; enfin, l’ensemble deü applications auxquelles chaque chirurgien a voulu étendre ses moyens de prédilection.
Lë Second chapitré est Consacré à là diérèse des parties moite! Après avoir comparé entre eux les instruments au point de vue de R exécution, l’auteur étudie leur mode d’action sur les lissüs, pîiis il üiet en regard les éffets immédiats des différents moyens de diérèse : douleur, hémorrhagie, et leurs effets consécutifs : réaction inflammatoire et fièvre traumatique, hémorrhagies secondaires, érysipèle, phlébite, infection purulente et autres complications. Un paragraphe spécial nouS montré les résultats définitifs au point de vue de ia cicatrisation et des récidives. Enfin, les moyens de diérèse sont comparés soiis le rapport de leurs applications générales et spéciales; M. Ghalot passe en revue un grand nombre d’opérations, telles que la trachéotomie, les amputations des membres, de la langue, de la verge, la taille, et l’extirpation des tumeurs.
mnii«U1n diérèse des Paries dures, le plan qu’il a adopté pour celle des parties
mat* At QAAAnd!- ab?rd les m°yens et les procédés de diérèse osseuse, puis les effets imméires de l’ostéotomie et de l’ostéoclasie ; enfin, les applications spéciales de ces
deux méthodes dans les ankylosés, les cals vicieux, le genu valgum, les incùrvatibhs rachitiques et autres. Résumant leur valeur respective, il donne la préférence à i’oâléoclàsië, tout en reconnaissant que l’ostéotomie, grâce aux perfectionnements du pansement des plaies, a droit à une place à côté des autres modes de traitement chirurgical.
DES CAUSES DE LA MORT PROMPTE APRES LES GRANDS TRAUMATISMES ACCIDENTELS ET CHIRURGICAUX, par lë docteur Vincent. Paris, Masson; 1878.
M. Vincent cdmihëtiëë par définit ëë qu’il faut entendre par mort prompte et grand traufiialismè. Il nous montre ensuite que; si les causes de ces morts promptes sont souvent méconnues, cela tient soit à l'insuffisance des autopsies, négligées ou mal pratiquées, soit h l’igno- Fahcë de la phÿsiologié expérimentale.
Lë clitic tràumàtiquë; qüi jouë un si grand tôle dans les morts promptes après les trauliialismës, consisté datis ünë àetidn réflexë Suspensive portant sur le cœur, les poumons ou les centres nerveux. Les causes de ces phénomènes d’arrêt sont de deux ordres : 1° causés d’Ôrdré physique ; ébranlëffièhts mécaniques agissant soit Sür les centres, soit sur la périphérie oii Sür le corps entiër; 2° causes d’ordre sensitif, émotionnel; psychique; les unés stimulantes ou dépressives, portant sur les nerfs cérébro-rachidiens de là périphérie^, svir les ganglions sympathiques et sur leurs expansions terminales, et étant constituées par une irritation mécanique ou chimique, par ürie douleur vivë, par des irritations de tissus; les autres, câüses de stimulation ou de dépression vitales, venant des organes des sens spéciaux ou d’émotions, d’idées, de sentiments divers.
A ia süitë Oë ce long et important chapitre, fauteur passe en rëvue les autres causes de hiort prompte, telles que l’algiditë traumatique; les hémorrhagies, l’entrée de l’àir dans les veines, là septicémie et la gafigrèhë foudroyantes, l’action des agents anesthésiques. U examine enfin l’iiiflùënce dès états constitutionnels Ou pathologiques, celle du moment où s’exerce l’intervention chirurgicale, ainsi que la valeur des procédés opératoires et des différents modes de pansement. Après quelques indications générales sur le traitement, il termine son travail par un recueil de faits cliniques qui ne comprend pas moins de 260 observations.
DES TUMEURS KYSTIQUES DE LA MAMELLE, pat G. RiCHÈLOT. Paris , J.-B. Baillière? 1878.
(Voir 1’ Union Médicale du 20 août 1878.) II.
ACADÉMIES ET SOCIÉTÉS SAVANTES
ACADÉMIE DES SCIENCES
M. Pasteur dépose Sür le bureau urte note de M. Feltz, de Nancy, qui rappelle que, dëhë Une Communication antérieure, il avait succinctement établi les caractères d’un leptothrix, trouvé par lui le 2 avril 1878, dans le sang d’une femme atteinte depuis dix-hüit jours de fièvre puerpérale grave, Celte malade mourait deux jours après ce premier examen du sang. A l’autopsie, je pus constater les lésions suivantes : péritonite suppurée ; infarctus blancs de la rate tuméfiée, muqueuse utérine ramollie, pultacée, sanieuse; indurations lardacées sur les deux côtés du vagin ; épanchements de sérosité sanguinolente dans les cavités séreuses ; le sang renfermait encore les mêmes filaments.
Gomme je n’avais jamais rencontré ce cryptogame, je me proposai de l’étudier, et j’ai formulé les résultats de mes expériences en huit conclusions, sans me préoccuper autrement de l’origine de ce microbe, convaincu que je ne pouvais pas avec un seul fait établir l’existence d’un parasite propre à la fièvre puerpérale; mes études antérieures sur la matière publiées depuis près de dix ans m’imposaient davantage encore cette réserve.
M. Pasteur, engagé dans des études sur la fièvre puerpérale, me fit l’honneur de me demander; le 23 mars, un échantillon de mon sang infectieux. Je m’empressai de le lui envoyer. L’illustre savant m’écrivit quelques jours après « que mon leptothrix était la bactéridie charbonneuse ». N’ayant jamais vu de charbon, pensant d’un autre côté que la malade n’avait eu qu’une fièvre puerpérale ordinaire, et sachant que les bactéridies infectueuses ne se distinguent pas morphologiquement de celles qui ne le sont pas, la réponse de M, Pasteur me rendit très-perplexe; je lui répondis que je ne discuterais pas son affirmation, mais que je proclamerais moi-même mon erreur si, répétant mes expériences de cette année avec du sang charbonneux que j’irais recueillir moi-même partout où il se produirait, j’arrivais à des conclusions identiques à celles que j avais données dans ma note du 17 mars.
M. Pasteur, voyant mon désir de comparer mes résultats à ceux du charbon proprement
dit voulut bien m’offrir de m’envoyer des cobayes charbonneux ; je m’empressai d’accepter • c’est ainsi que, le matin du 13 mai dernier, j’eus le plaisir de recevoir à la gare de Nanev trois cobayes parfaitement vivants, inoculés par M. Pasteur la veille à 3 heures, le premier avec mon sang infectieux, le second avec la bactéridie d'un sang charbonneux de Chartres le troisième avec du sang charbonneux d'une vache du Jura. Ces trois cobayes succombèrent dans mon laboratoire dans la journée du 14 mai; j’eus donc tout le loisir de les suivre jusqu’à la mort. Je dois dire que les symptômes que j’observai furent les mêmes que ceux que j’ai décrits dans ma note du 17 mars à l’Académie. A l’autopsie, j’examinai avec soin le sang des trois animaux : il m’a été impossible de constater la moindre différence ; nonseulement les sangs, mais les organes internes, et principalement la rate, se trouvaient modifiés de la même manière.
J’écrivis donc à M. Pasteur : « Il est certain pour moi que l’agent contaminant a été le même pour les trois cobayes, c’est-à-dire la bactéridie que vous appelez charbonneuse. » Depuis, j’ai fait différents autres essais comparatifs, et jusqu’à présent je n’ai pu saisir de différence chez les cobayes, soit pendant la vie, soit après la mort.
Il est doublement regrettable que je n’aie pas connu le charbon dès l’année dernière, car j’aurais pu, d’une part, diagnostiquer la complication redoutable que présentait la femme morte le 4 avril 1878, et, d’autre part, rechercher le mode de contamination, qui m’échappe presque complètement aujourd’hui. J’ai cependant pu apprendre les détails suivants sur cette malheureuse ; je les donne sans commentaires : Cette femme était débarrasseuse (femme de peine) ; elle est entrée à l’hôpital, pour ses secondes couches, dans un état maladif trèssérieux, avec des hémorrhagies tenant à une insertion vicieuse du placenta; l’accouchement a eu lieu à la fin du huitième mois; venue d’Alsace, il y a trois ans, elle demeurait à Nancy depuis cette époque dans une petite chambre, tout contre une écurie appartenant à un maquignon, dans laquelle passent beaucoup de bêtes. Personne cependant n’a été malade dans celte maison, aujourd’hui en partie démolie et reconstruite. Je n’ai pu apprendre s’il y a eu dans cette écurie des bêtes malades.
M. Pasteur, à propos de la communication de M. Feltz, ajoute les remarques suivantes :
« Il n’existe donc pas de Leptothrix puerperalis. Je dirai plus tard qu’il n’y a pas lieu davantage d’admettre un Bacillus puerperalis, comme l’a proposé le docteur Engel à la suite d’une observation du docteur Spillman, faite également à Nancy au mois de juin 1876.
Qu’il me soit permis d’ajouter que, dans mes communications concernant les organismes microscopiques, je me suis abstenu généralement de donner des noms spécifiques à ceux de ces organismes que je pouvais croire nouveaux. Si cela était nécessaire, je ferais observer que les faits relatés par le docteur Feltz justifient cette réserve et montrent qu’il est toujours préférable de caractériser ces petits êtres par une ou plusieurs de leurs fonctions. Autant les dénominations spéciales sont utiles et commodes quand on les applique à des êtres bien connus, autant elles peuvent créer d’embarras et de confusion lorsqu’il s’agit d’organismes très-voisins par leurs formes et qui peuvent être très-dissemblables par leurs propriétés physiologiques. »
M. Vulpian remet une note sur l’augmentation des matières albuminoïdes dans la salive des albuminuriques :
« Dans le cours d’essais thérapeutiques faits à l’aide d’injections sous-cutanées de chlorhydrate de pilocarpine, j’avais vu que la salive recueillie chez un malade atteint d’affection de Bright, et soumis à des injections de ce genre, contenait une quantité notablement plus considérable de matières précipitables par l’acide azotique et par la chaleur que dans l’état normal. J’avais répété l’expérience sur le même malade, sur sa propre demande, car il s’était senti soulagé à la suite de la première injection. Comme la première fois, il avait peu sué, mais il avait considérablement salivé, et, cette fois encore, on avait noté le même résultat. Ce résultat était d’autant plus facile à constater, que l’on pouvait soumettre comparativement aux mêmes réactifs la salive recueillie sur des malades non albuminuriques, et chez lesque on avait pratiqué aussi une injection hypodermique de chlorhydrate de pilocarpine. Ce fait m’avait paru offrir un certain intérêt, mais il ne pouvait acquérir une réelle valeur qu’à la condition de n’ètre pas absolument exceptionnel ; cependant je l’avais signalé à mon cours, eu indiquant les hypothèses que l’on pouvait émettre à propos de sa signification. J’avais prié M. Straus, agrégé de la Faculté, médecin des hôpitaux, de faire des recherches dans le même sens, il n’a eu l’occasion de faire des injections sous-cutanées de chlorhydrate de pilocarpine que sur deux malades atteints d’albuminurie, et, sur chacun de ces malades, il a observé le lait dont je viens de parler.
,e?uel i’avais noté l’augmentation des matières albuminoïdes dans la salive mnltration œdémateuse peu considérable. Son affection rénale était mixte; elle
offrait à la fois les caractères de la néphrite parenchymateuse et ceux de la néphrite interstitielle; elle existait déjà depuis plusieurs mois.
Le premier des deux malades observés par M. Straus était un homme âgé de ZiO ans, entré à l’hôpital Tenon pour s’y faire soigner d’une néphrite parenchymateuse datant de six mois environ. Son urine contenait une assez forte quantité d’albumine. Deux injections de chlorhydrate de pilocarpine et une injection de nitrate de pilocarpine ont été faites sous la peau de ce malade, à plusieurs jours d’intervalle. Chaque fois M. Straus a vu la chaleur et l’acide nitrique produire un trouble très-prononcé dans la salive sécrétée sous l’influence de la pilocarpine, après qu’on avait pris soin de traiter ce liquide par l’acide acétique et de le filtrer pour le débarrasser du mucus qu’il contenait. M. Degræve, pharmacien en chef de l’hôpital, a déterminé la quantité de la mucine et de l’albumine contenues dans cette salive : il a trouvé 0gr,253 de mucine et 0gr,182 d’albumine (matière précipitable par l’acide azotique et la chaleur) pour 1,000 grammes de liquide filtré.
Le second malade, offrant aussi une forte albuminurie, était un homme âgé de âl ans, atteint d’insuffisance de la valvule mitrale. Deux injections sous-cutanées, chacune de 0gr,02 de nitrate de pilocarpine, ont été pratiquées, à neuf jours d’intervalle, par M. Straus sur ce malade. Il a constaté, comme chez le premier malade, que la salive sécrétée sous l’influence du sel de pilocarpine se troublait considérablement par la chaleur et l’acide azotique. M. Degræve a trouvé, dans cette salive, 0gr,â5 de mucine et 0g%lâ5 d’albumine pour 1,000 grammes de salive filtrée.
Enfin, M. Straus a prié M. Degræve de déterminer la quantité de matières albuminoïdes précipitables par la chaleur et l’acide nitrique dans la salive obtenue de la même manière chez un malade non atteint d’albuminurie. Voici les chiffres obtenus : 0gr,320 de mucine et 0g',050 d’albumine pour 1,000 grammes de salive filtrée.
Chez les malades atteints d’albuminurie, la salive peut donc contenir une plus grande quantité de matières albuminoïdes que dans l’état normal. Ce fait, intéressant par rapport aux théories de l’albuminurie, trouve peut-être une explication très-simple dans l’infiltration des glandes salivaires par la sérosité de l’œdème. S’il n’en était pas ainsi, il faudrait rechercher si c’est une altération de l’épithélium des glandes salivaires ou une modification des principes albuminoïdes du sang ou des liquides infiltrés qu’il faut mettre en cause. » — M. L.
VARIÉTÉS
MICROBES ET POUSSIÈRES ORGANISÉES TENUES EN SUSPENSION DANS L’ATMOSPHÈRE,
par M. P. Michel
Le docteur W. T. Belfield, répétiteur de physiologie à Rush College, et M. H. F. Atwood, vice-président de la Société microscopique de l’État, ont été occupés, pendant plusieurs semaines, à examiner de la viande de porc, dans le but de constater la présence des trichine?. Cet examen fut entrepris à la demande du Conseil de santé de Chicago. Les échantillons furent fournis par un officier de santé qui se les était procurés dans les différents dépôts de la ville, en ayant soin de n’en omettre aucun. Les recherches portèrent sur une centaine de porcs, et dans huit on trouva des trichines. Le nombre approximatif de ces helminthes varia de 35 à 13 par pouce cubique de muscle strié. Un grand nombre d’expériences furent faites pour se rendre compte de la rapidité de propagation de ce vers et des effets qu’il produit. Ce sont principalement des rats qui ont servi à cette étude. Il a été constaté qu’un rat peut ingérer, de temps en temps, un petit nombre de trichines, sans que sa santé soit altérée. Pendant six semaines, un de ces animaux fut nourri, tous les deux ou trois jours, de viande de porc infecté. Il n’en résultat aucun trouble dans sa santé ; après l’avoir tué, on trouva que le corps fourmillait de trichines vivantes ; les deux observateurs estiment que cette carcasse ne renfermait pas moins de 100,000 vers. Les conclusions qu’ils ont tirées de leurs expériences sont que l’homme et tout animal peuvent sans inconvénient (?) absorber de temps en temps des trichines en petit nombre ; ces messieurs croient qu’un bien plus grand nombre de personnes, qu’on ne le pense généralement, sont infectées de trichines ; ils vont même jusqu’à penser que, en grande majorité, nous portons tous des trichines dans nos muscles (?).
Us sont tellement ceriains du fait, que l’un d’eux, le docteur Belfield, avala le 20 novembre 12 trichines vivantes. Plus de trois semaines se sont écoulées depuis, et il n en a encore éprouvé aucun effet. Un autre résultat intéressant de cette étude, c’est la découverte qu’ils ont faite, qu’une petite quantité d’acide sulfurique mélangée à la saumure dans laquelle sont conservés des quartiers de porc, suffit pour tuer toutes les trichines. La quantité d acide à employer, pour 100 parties de saumure, n’a pas encore été déterminée; mais la proportion
1032 l’union médicale.
est tellement minime que, au poipt de yup comipercial, pn n’a pas à craindre la détérioration de la viande.
L’Italie a interdit l’impprfàliqn des pqrcs, de |a viande et des différents débris de ces apicaux provenant de l’empire Ottoman, y compris l’Égypte, et (les États-Unis. Le motif de cette mesure § été la constatation de la trichinose sur des porcs venant de Cincinnati et autres localités de l’Amérique dp Nord. ( Union pharmaceutique.)
FORMULAIRE
Potion absorbante. — Fonssagrives.
Magnésie çalcjpép. ........... h grammes.
Eau de chaux . • • • * • 60 —
Hydrolat de menthe. .......... 60 —
Sirop de fleurs d’oranger ........ 30 —
F. s. a. une potion, à donner par cuillerées dans la dyspepsie flatulenle, avec sentiment de brûlure à l’épigastre et rejet de mucosités acides. — N. G.
Éphémérides Médicales. — 21 Juin 179ZI.
César-Louis- Joseph Lescarde, chirurgien, âgé de 50 ans, né et domicilé à Arras, est condaippé â pprt par le Tribunal réyojutiqnpâire de celte dernière ville, « comme ennemi du peuple, ayant caché son neveu émigré ». — A. Ch.
COURRIER
Erratum. — Dans l’arrêté fixant la date de l’ouverture du concours pour 35 place? d’agrégés des Facultés de médecine, inséré dans le numéro du 17 juin 1879, page 1008,
Au lieu de : « Art. 2. — Ces concours s?ouvriront à Paris, savoir : le 20 novembre 1879 pour la section de médecine, etc. »
U faut lire : « Ces concours s’ouvrirpnt à Paris, savoir : le 20 décembre 1879, pour la section de médecine, etc. »
. Pqngbès MÉnipAp 4 Cqijjc. — Qq fait de grands préparatifs en Angleterre et en Irlande pour ia réunion’ d’un Congrès médicaf quf doit avoir lieu à'Cork lés 5, 6, 7 et 8 août. Gé Congrès est le quarante-septième meeting annuel de la « Brilish medical Association », qui compte plus de 8,Q00 membres dans le Royaume-Uni. De grandes fêtes seront données à Cork à cette occasion, et les médecins qui auront pris part au Congrès se rendront en excursion aux principaux laps de l’Irlande.
Emploi pu téléphone en Amérique. — La Lumière électrique, revue d’éleclricjté, qui se publie sous la direction de M. le comte du Moncel, membre de l’Académie des sciepces, contient, dans son dernier numéro, une intéressante étude sur l’emploi du téléphone en Amérique.
Cet instrument, que bien des personnes regardent pomme un simple jouet impropre aux usages pratiques, s’est propagé apx $tats-Unis d’une manière vraiment extraordinaire.
On calcule qu’il n’y a pas moins de 26,000 téléphones Bell', actuellement d’un usage quotidien aux États-Unis. Tpus ces instruments sont loqés et exploités d’après le système d’échanges. Chaque grande ville a son bureau pentral d’où rayonnent des lignes de téléphones en communication gye P les demeures et les bureaux des abonnés dans n’irnpQi'te quelle rue ou faubourg.
Lorsqu’on désire converser avec quelqu’un daps un quartier différent de la ville, on avertit le bureau central en faisant fonctionner une sonnerie d’appel et en parlant au moyen du téléphone. L’employé du bureau établit ajors, au moyen d’un commutateur, la communication directe avec la personne dont on veut se faire entendre. Dans la seule ville de Chicago, il se fait ainsi au bureau central plus de 8,PflO appels par jour.
Au Brésil, des communications téléphoniques put été établies récemment entre de grandes plantations, diverses propriétés privées, et des administrations gouvernementales. A de Janeiro, le Sénat a été relié à la Chambre des députés au moyen de téléphones Gower.
Le gérant, RiCHELOT.
Pari*. — Tyooçraphte Félix M.vltestb et Pfi, rue
des Deux -Portes-Saint-Sauveur, 22.
Mardi 24 Juin 1879
CLINIQUE MÉDICALE DE LA FACULTÉ DE MÉDECINE
Hôpital Nccker. — M. le professeur POTAIN.