‹ L'Union médicaleChapitre 18 sur 176 · NE VISITE A L’OBSERVATOIRE · texte numérisé non relu

NE VISITE A L’OBSERVATOIRE

Il y a si longtemps que je désirais visiter ce mystérieux et nocturne monument, toujours sombre et désert la journée, toujours silencieux, au centre d’un quartier remuant et quelque peu tapageur! J’attendais une occasion. Les Parisiens ne voient les curiosités et les merveilles de Paris qu’en les montrant aux étrangers. C’est un tort, je ne dis pas non ; mais il serait peut-être cruel de le leur reprocher. .Te ne sais si tous mes contemporains ont ia même malechance que moi, mais je passe ma vie à faire beaucoup de choses que j’aimerais mieux ne pas faire, et à ne rien faire de ce que je voudrais. L’oCcasion que j’attendais est venue, et, maintenant, j’en attends une seconde ; la première, je ne dois paâ lé cèler , n’a satisfait aucune de mes cuftosités. Vous allez en jüger, lecteur, s! vous voulez bien m’accompagner ptus loin que le Luxembourg, « là-bas, là-bas, tout au bout de la Terre, » comme il est écrit dans le « baptême du petit Ébéniste. » — Un de mes collègues de la Presse scientifique, chargé, par le nouveau directeur de l’Observatoire, de distribuer des lettres d’invitation pour visiter rétablissement confié à ses soins, m’avait fait la gracieuseté de m’en remettre une. Le rendez-vous était pour samedi, à deux heures. Je fus exact, et, à l’heure marquée, j’entrai, avec une quarantaine d’autres personnes, enchantées comme moi de cette bonne fortune. La première chose que j’aperçus dans le vestubule fut le buste colossal d’Arago, par Oliva. Mais, si colossal qu’il soit, je le devinai plus que jé ne le vis; car l’endroit est obscur, et on le verrait mieux dans une cave, où, du moins, on ne va pas sans chandelle. A quoi bon de la sculpture dans l’ombre, et pour-

que depuis quinze jours il a été pris de mal de tête frontal, d’abord vague, puis fixe et trèsintense A cette céphalée s’est jointe une rachialgie qui constitue, au moment de 1 admission du malade à l’hôpital, le symptôme le plus pénible. Depuis la même époque, il a des troubles visuels et se plaint de n’apercevoir les objets qu’à travers un brouillard; il vomit de temps en temps sans cause appréciable, quelquefois après les repas, plus souvent à jeun ou le malin en

se réveillant. . , . .

Son appétit est régulier et ses digestions faciles ; mais, depuis quelques jours, il a une. diarrhée assez abondante. L’examen du ventre, cependant, n’est pas celui d’un malade atteint d’entérite : l’abdomen est plat, excavé, refoulé vers la colonne vertébrale. Très-fréquemment, le malade est tourmenté par du hoquet ou des bâillements incessants. Il est absolument sans fièvre; le pouls est lent, battant seulement 50 fois par minute, assez irrégulier; la respiration calme,’ par instant suspirieuse; la température, relativement élevée le soir même de son arrivée (38°9), est retombée, dès le lendemain, à 36°7, pour osciller autour de la normale. La circulation périphérique paraît peu active; if existe aux mains et aux pieds Un léger degré de cyanose, et un refroidissement appréciable des avant-bras et des jambes. Sur le tronc ét la poitrine, la pression de l’ongle détermine rapidement la tache dite méningitique.

Cet ensemble de symptômes indiquait assez que nous avions affaire à une affection du Système nerveux, et bien que l’examen physique de la poitrine n’eût révélé aucune lésion pulmonaire, néanmoins le diagnostic le plus vraisemblable paraissait être celui d’une méningite tuberculeuse. En effet, la plupart des signes classiques de cette maladie se retrouvaient chez D... La céphalée frontale fixe, persistante, arrachant des cris absolument analogues à ceux dits hydrencéphaliques, l’abattement et la stupeur du malade, sans que pourtant l’intelligence et la mémoire fussent notablement altérées, l’immobilité des membres sans paralysie véritable, l’absence de troubles localisés de la motilité ou de la sensibilité, l’existence des vomissements; tout militait en faveur d’une lésion diffuse des enveloppés cérébrales. Seule la diarrhée ne concordait pas avec le tableau clinique de la méningite, mais nous ne savions pas exactement à quelle date ce symptôme était apparu, et il pouvait être rationnellement imputé à un purgatif donné à l’enfant quelques jours auparavant.

Ce qui achevait de compléter les présomptions en faveur d’une méningite tuberculeuse, c’étaient les troubles oculo-pupillaires que présentait le malade. La vision était chez lui peu nette et comme nuageuse; par instants, il y avait de la diplopie. Dans ces moments, il était facile de voir que les deux yeux n’étaient pas absolument symétriques, et qu’il existait un léger degré de strabisme convergent de l’œil gauche. La pupille de ce côté était manifestement dilatée, peu sensible à la lumière, se contractant mal et avec lenteur. Cependant on ne trouvait aucun signe appréciable de paralysie du nerf moteur oculaire commum, et il était assez difficile de dire si ce strabisme était le résultat d’une parésie ou d’unè contracture musculaire.

L’existence de la rachialgie n’était pas contradictoire avec l’hypothèse d’une méningite

quoi avoir relégué sous une voûte sans lumière la belle tête de ce savant qui fut, pendant tant d’années, la glorieuse personnification de l’astronomie en France? Est-ce une allusion voilée aux services qu’Arago avait rendus à son successeur, et ce dernier a-t-il voulu se montrer reconnaissant en plaçant près de la porte celui qui la lui avait ouverte?

Nous montons, et, au premier étage, nous entrons dans une galerie dont les vitrines, soigneusement fermées, contiennent des instruments non étiquetés; dans l’entre-deux des fenêtres sont accrochées aux murs les caries des constellations, et je fais pour la millième fois cette remarque, que les figures des constellations n’ont aucun rapport avec le groupe des étoiles qui les constituent En quoi les astres que l’on désigne sous le nom de Pégase rappellent-ils la forme d’un cheval ? Pourquoi la Balance? et le Lion? et cent autres? Il fallait bien, il est vrai, leur donner des noms, je n’en disconviens pas; mais je regrette le manque de corrélation entre ces noms, qui ont une signification graphique, et les groupements stellaires auxquels ils s’appliquent. — A côté de la porte d’entree de la galerie est assise la statue en marbre de Gassini, drapé dans une toge romaine. C’était la mode en 1810, lorsque le sculpteur Moitié fit cel ouvrage, un siècle après la mort du protégé de Colbert. Vis-à-vis de cette figure, à côté d’une seconde porte, on voit un autre marbre représentant un astronome, en costume de pair de France, et dont l’artiste, M. Garraud, n’a pas inscrit le nom sur le socle; c’est une lacune à combler. Sur de petits fûts de colonnes, ou sur des consoles appliquées aux boiseries sont posés des bustes en terre cuite, quelques-uns très-physionomiques et fort ressemblants’ tels, par exemple, que celui de M. Mathieu, par M. Carrier... Au milieu de la galerie, des lunettes de toutes dimensions enfermées dans leurs étuis, les unes horizontales, les autres inclinées sur leurs supports, comme des pièces d’artillerie sur leurs affûts. On se croirait dans une avant-salle du Conservatoire des arts et métiers. D’ailleurs, aucun maître de la maison aucun

tuberculeuse; on sait, en effet, que parfois les granulations miliaires se localisent au niveau des méninges rachidiennes. Il semblait donc rationnel d’admettre une méningite cérébrospinale d’origine probablement tuberculeuse.

Traitement : Huit ventouses scarifiées le long du rachis. Bromure de potassium, 2 gr.

Les jours suivants, la marche des accidents sembla justifier entièrement le diagnostic porté. Les douleurs rachidiennes étaient devenues moins vives, mais la somnolence et la torpeur cérébrale avaient fait plutôt des progrès. L’enfant poussait des plaintes continuelles; de temps en temps, il avait du trismus et du mâchonnement. Le 22 août, la constipation avait succédé à la diarrhée des premiers jours; les vomissements continuaient à se produire, quoique à de plus rares intervalles. (Calomel, 0,50; vésicatoires derrière les oreilles.) Les symptômes oculo-pupillaires persistaient sans aucun amendement; les douleurs semblaient plutôt se localiser dans la région cervicale postérieure que dans la région frontale. Le pouls, toujours inégal, était descendu à hlx pulsations, la température à 35e, 5, 36°.

Le 26 août, une sorte de détente semble se faire dans les symptômes cérébraux ; la somnolence est, un peu moindre, mais les phénomènes rachidiens sont toujours aussi prononcés; il y a de l’hyperesthésie dorsale et de la roideur des muscles sacro-lombaires. (Nouvelle application de ventouses scarifiées; bromure de potassium, 2 grammes.)

27. L’amélioration momentanée constatée la veille ne dure pas; le malade est vultueux, plus abattu que jamais; de fortes excitations le sortent à peine de sa torpeur intellectuelle; lui commande-t-on de tirer la langue, il la laisse indéfiniment sur les arcades dentaires, sans songer à la retirer; il ne peut plus manger seul, et s’étrangle en buvant. Le strabisme, l’inégalité pupillaire, la dépression du ventre, le ralentissement du pouls (4 2 pulsations) persistent; les vomissements ont cessé. On ne constate, du reste, aucun trouble de la motilité ni du sentiment; il n’y a point trace de paralysie ni de contracture.

Cet état de choses persista sans modifications notables, jusqu’au 4 septembre. Ce jour-là, le malade a vomi de nouveau à jeun. On constate, à la visite du matin, un certain degré d’obtusion de la sensibilité et un retard évident dans la transmission (ou dans la perception) des impressions. La prostration est de plus en plus accusée; cependant, l’intelligence n’est pas complètement éteinte, et le malade répond encore assez distinctement à quelques questions simples. Il y a une résolution complète des membres, mais sans paralysie ; il semble pourtant que le membre supérieur gauche soit plus flasque et offre moins de résistance que son congénère du côté droit (deux sangsues derrière chaque oreille).

6 septembre. La situation va graduellement en empirant. L’intelligence devient de plus en plus paresseuse. La céphalée persiste ; il y a de l’incontinence d’urine ; les vomissements continuent (glace sur la tête).

10 septembre. On constate de nouveau que les membres du côté gauche semblent plus

délégué, personne. Silence et discrétion ! Une petite porte, dissimulée au milieu des vitrines, s’ouvre. Il en sort un monsieur, avec des papiers sous le bras. Tout le monde le regarde: Est-ce un astronome? Va-t-il nous dire quelque chose? — Il passe d’un air distrait et endormi, et disparaît par une autre pôrte. Eh bien, c’est tout? Faut-il s’en aller? « Voyez-vous, dit à une dame un monsieur qui veut relever la situation, les astronomes travaillent toute la nuit, ils dorment la journée. — Alors, qu’on nous les montre dormant, avec ou sans lunettes, répond la dame; car, puisqu’on nous a invités, c’est, on peut le supposer, pour nous montrer quelqu’un ou quelque chose. — Mais, dit le monsieur, vous n’avez. qu’à regarder, il y a beaucoup de choses dans cette galerie. — Oui, mais nous ne savons pas ce que c’est, et il serait peut-être poli de nous le dire... »

Au bout d’un quart d’heure, la porte vitrée d’une autre galerie est ouverte par un garçon en habit noir. On se précipite ; on arrive dans une salle creusée de fossés profonds et encombrée d’appareils énormes, munis de roues immenses. Sont-ce des machines à vapeur? Non : des étiquettes nous apprennent que ce sont des lunettes méridiennes. D’ailleurs, mêmes étuis et même silence. On pénètre sur la terrasse, du côté du jardin. Le garçon en habit noir se dirige vers une sorte de maison en planches; cest là qu’habite le grand télescope de cet établissement. Le même garçon fait glisser sur des rails un des côtés de la maison, et démasque le monstre. On regarde, sans y rien comprendre, cet engin formidable, et l’on attend toujours un mot, un simple mot d’explication, que personne ne donne. Allons! il faut y renohcer. Comme je traverse le jardin pour m’en aller, je reconnais M. le directeur de l’Observatoire, qui descend de la terrasse au jardin. Il fume un cigare, les mains dans les poches, et se dirige de notre côté. Je renais à l’espérance, mais pas pour longtemps. M. le directeur s’arrête un instant près des jardiniers qui travaillent, puis continue sa promenade, sans plus s’inquiéter des gens qui éont là que s’il les voyait dans le jardin du Luxembourg.

flasques que ceux du côté droit; toutefois, il n’y a pas de paralysie proprement dite. Pour la première fois, on note dans la journée quelques secousses convulsives très-peu accentuées dans le bras droit. ......

Le 12 septembre, une cuillerée d’eau-de-vie allemande est vomie. Quelques heures après, le malade est pris de convulsions qui, partant du bras droit, s’irradient vers la face et s'accompagnent de spasmes oculaires avec trismus; le côté gauche ne paraît pas touché. Ce sont les seules attaques convulsives qui soient survenues dans tout le cours de la maladie.

Du 1/i au 17, jour de la mort, le coma va progressivement croissant. Le malade ne répond plus à aucune excitation; il reste absolument immobile et inerte. La parésie gauche persiste, mais sans augmenter; la déglutition devient de plus en plus difficile.

Le 16 septembre, la température, qui s’était maintenue tout le temps entre 36° et 37°, monte brusquement de 36°, 5 à 38°; des sueurs abondantes surviennent la nuit; les points lacrymaux suppurent. Dans la journée, quelques secousses cloniques se produisent dans les muscles du bras droit; la mort arrive par asphyxie progressive, le 17 au matin.

En résumant les symptômes de cette longue observation, on voit que tous concordaient pour faire supposer l’existence d’une méningite; la céphalalgie, les vomissements, l'obtusion graduelle des facultés intellectuelle, semblaient indiquer une lésion diffuse des centres nerveux; l’existence d’une parésie incomplète du coté gauche et de quelques secousses convulsives partielles à droite n’étaient pas en contradiction avec cette supposition, puisque ces phénomènes sont très-fréquents dans la méningite tuberculeuse. Seule, la marche de la maladie offrait quelque chose d'insolite. Le malade était resté près d’un mois dans les salles, et son affection datait déjà de dix jours. Or, une durée de quarante jours est un fait absolument inusité dans l’histoire de la méningite tuberculeuse; aussi était-ce avec réserve que nous formulions ce diagnostic dans les derniers temps de la vie du malade, ne trouvant du reste, dans l’ensemble des symptômes, rien qui justifiât l’idée d’une lésion localisée en un point circonscrit du centre nerveux.

L’autopsie vint prouver cependant que cette dernière hypothèse était la vraie. L’examen minutieux de tous les viscères ne fit voir aucune trace de granulations tuberculeuses. A l’ouverture du crâne, le cerveau apparut congestionné, les méninges gorgées de sang, les circonvolutions tassées et comme aplaties, témoignant ainsi d’un état de compression de l’encéphale; du rëste, les enveloppes cérébrales étaient saines, et nulle part on ne rencontrait de granulations tuberculeuses ni d'ëxsudats inflammatoires. Il existait seulement à la base, dans l’espace sous-

Je monte, avec quelques personnes, sur le faîte de l’Observatoire, où sont les dômes que l’on aperçoit de si loin. Le panorama serait, magnifique si le temps était moins brumeux et si le vent, très-aigre, ne vous aveuglait. Sous ces dômes sont les lunettes équatoriales. Je note, dans celui de l’Ouest, que la pendule à secondes marque huit heures moins dix, alors que ma montre indique trois heures six. Pourquoi? Je n’eq sais rien. Je ne sais rien du tout. C’est navrant. Au moment de descendre, je rencontre, émergeant de l’escalier sur la plate-forme, le monsieur qui tient à relever la situation. Il dit à la même dame : Vous voyez bien cette échelle appliquée extérieurement sur le grand dôme? C’est le méridien,

Là-dessus, je dégringole l’escalier, fort raide et glacé, et' je me sauve, d’assez méchante humeur, de cet Observatoire aussi taciturne qu’inhospitaüer.

il me semble toutefois qu’il pourrait bien y avoir; dans cette déplaisante aventure, quelque malentendu. Il est impossible qu’un officier supérieur aussi courtois, qu’un savant tout récemment honoré d’une aussi haute direction que celle de l’Observatoire, il est impossible que M. 1 amiral Mouchez, qu’on dit affable et sympathique, ait, de parti pris, infligé une aussi humiliante déconvenue à des dames et à des curieux des choses de la science. La moindre d enthousiasme18 Pe Ue CQmplaisatlce les eût charraés et remplis de reconnaissance , sinon

rnhTrl!tQX»0nC qUe-,6S ?10ses se sont passées de ,a manière suivante : M. le directeur de ° ai,a aisposilioQ de M- Jos- v>not, professeur libre d’astronomie, un

certain nombre de let res d invitation en blanc, lui laissant la faculté d’y inscrire les noms de

sïïseæs »srppor“ à lui do soi» * *

De son côté, M. Vinot, par crainte d’empiéter sur les attributions des asüonpmes attachés à

ar^hnoï^ien antérieur, une certaine quantité de liquide citriti,Mfto» flgeenneiu,

tout à fait analogue au liquide céphalo-rachidien normal. noiiviw

Le , cerveau une lois ouvert, on constata la présence d’un épanchement assez, abondant (60 à 8Q,gr. environ) qui distendait les ventricules latéraux et le ventricule moyen; il y avait donc une véritable hydrocéphalie, et la substance blahGup. de l’encéphale se trouvait très-sensiblement comprimée par la collection liquide. .

Mais le point le plus intéressant de l’autopsie était la présence, sur la partie postérieure de la couche optique droite, d’une tumeur volumineuse, grosse comme un œuf de poule, qui soulevait l’épendyme et pénétrait dans le ventricule latéral droit, en émettant des prolongements vers sa partie postérieure et interne, au voisinage de l’aqueduc de Sylvius. En pratiquant sur l’hémisphère droit des coupes perpendiculaires à son grand axe, il fut facile de se rendre compte des limites de la tumeur. Toute la partie antérieure de l’hémisphère, le corps strié, la couche optique daps sa plus grande étendue, étaient absolument à normal, Jgg le quart postérieur de la couche optique commençait le néoplasme, qui adhérait intimement à la portion la pins interne de ce centre nerveux. En arrière, vers le lobe, occipital, la tumeur envoyait des prolongements dans la substance blanche l’encéphale sur une profondeur de 3 ou 4 centimètres environ ; mais, autant qu’on pouvait le voir à l’œil nu, toute la région de la capsule interne se trouvait respectée. C’est là vraisemblablement çe qui explique commet, avec une tumeur aussi considérable, les phénomènes paralytiques observés du vivant du

étaient si peu appréciables. ,, . ^urndinoa mûap&ïOT • a&J

L’hémisphère gauche n’offrait aucune altération, sauf un peu de refoulement d§ la substance blanche au-dessous de l’éperidyme du ventricule distendu.

La tumeur elle-même présentait des caractères extérieurs assez insolites. Elle était molle et comme gélatineuse, de coloration jaune verdâtre, gorgée de liquide qui s’échappait à la coupe, mais ne présentant aucun kyste rempli d’une collection circonscrite. Le liquide de la tumeur était fqrt différent de celui des cavités ventriculaires; il était épais, filant et jaunâtre, d’aspect et de consistance huileuse; on ne saurait mieux le comparer qu’à la synovie articulaire ; la présence de quelques flocons jaunâtres contribuait encore à augmenter la similitude apparente.

La moelle, examinée de haut en bas, avait partout sa consistance normale, sauf peut-être un certain degré de congestion des veines rachidiennes. Sur la face postérieure on constata, après l'ouverture de la dure-mère, l’existence de deux plaques

l’Observatoire, s’est abstenu discrètement de paraître au milieu de ses invités , — çt voilà comment ceux-ci, victimes de cette double déférence, se sont trouvés abandonnés à leur triste sort, leurs lettres à là main.

Tout cela peut aisément se réparer. Voici ce que, pour ma part, j’ai l’honneur de proposer, sous forme d’humble requête, à M. le directeur de l’Observatoire : .leuu r.mou O»

Parmi les rédacteurs de la Presse scientifique qui, tous les lundis, assistent aux séances de l’Acàdémiè d«ët sciences^ beaucoup connaissent pas TÔbServatoirè:- C’est regrettable et presque honteux. He pourrait-on les convier à une sorte de conférence, pratique, et se mettre ainsi en commumon avec ces auxiliaires- dévoués de tout®' vulgarisation? On leur expliquerait sommairement rusageudéft'jiRstcnmeniSr'etrOn ienr, montrerait ce que l’heure et l’éiat du ciel permettraient de leur montrer, ivu-’hunuiarfon, M. Vi«ot, ou tout autre astronome désigné-, rait M. le directeur, se chargerait volontiers, il me semble, de servir de guide à cet auditoire attentif et bien disposé.

Pçur ma part encore, je tiendrais essentiellement àvoj.iyaussi bien qu’elle peut être vue, la lune. Mon voeu est mOdéste. Mais j*en ai reçu la mission d’un de mes meilleurs amis, qui s'intéresse particulièrement à notre satellite, et qui veut que je lui rende compte de là physionomie de cè pauvre astrè desséché, mort de soif, qui nous apprend comment notre globe finira, demain ou après. — M, L.

Avis. — Mes correspondants sont prévenus qu’un bureau télégraphique est établi et fonctionne, depuis le 15 janvier dernier, à Châtillon-sous-Bagneux (Seiné). — A. L.

comme une pièce de 30 centimes

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douleurs ^achidiênneT constatées du vivant du malade, et considérées 'd’abord comme l’expression d’une tuberculose cerebro-spinale L’examen microscopique de la tumeur, pratique a 1 état frais et sur des coupes durcies à l’alcool absolu, a révélé les particularités suivantes: C’est un gliome constitué par des cellules arrondies, très-petites, agglomérées sur certains points en amas denses; sur d’autres, au contraire, espacées et séparées par de la substance intercellulaire plus ou moins abondante. Chaque cellule est nucléée, beaucoup d’entre elles ressemblent absolument à des cellules embryonnaires; mais sur les points les plus résistants de la tumeur, les éléments deviennent fusiformes et sont disposés en bandes parallèles, comme dans les sarcomes fasciculés. Quant à la substance intercellulaire, elle est homogène et granuleuse, d’apparence colloïde et elle précipite par l’acide acétique. Elle semble donc constituée par une ihatière organique analogue à la mucine, et c’est à cause de cette constitution élémentaire qu’elle se résout en un liquide épais et colloïde, ressemblant à du liquide synovial. La tumeur appartient donc à la variété de sarcome dit névroglique par Ranvier (gliosarcome de Virchow), et il est possible qu’elle ait pris naissance dans le tissu conionctif sous-épendymaire contigu à la couche optique, en se propageant de là

conjonctif sous-épendymaire contigu à la couche optique, à la névroglie cérébrale.

Les vaisseaux nombreux qui sillonnaient la tumeur, et avaient même déterminé de petites ecchymoses dans son intérieur, étaient constitués par des parois fragiles, tapissées de noyaux ; c’étaient donc des vaisseaux à tuniques embryonnaires et susceptibles de se rompre sous la moindre exagération de la pression sanguine.

Il ressort de cette observation, au point de vue de la physiologie pathologique dq la méningite tuberculeuse, des enseignements importants., Voilà, en effet, un cas où tous les signes de cette maladie, y compris l’abaissement du pouls et de la température, étaient réunis; or, à l’autopsie, les méninges sont trouvées saines, et il n’y a pas trace de granulations tuberculeuses. Mais il existe de l’hydrocéphalie, provoquée par une tumeur, et cette tumeur est située de telle façon qu’elle irrité progressivement l’épendyme sans comprimer notablement les régions motrices avoisinantes, pédoncules cérébraux et protubérance. On peut donc en conclure, ce semble, que l'épanchement ventriculaire joue un rôle prépondérant dans la genèse de quelques-uns des symptômes les plus caractérisques de la méningite tuberculeuse, à savoir : l’obtusion cérébrale, la somnolence graduellement croissante et le coma final. Sans aller aussi loin que Robert Whytt et Pinel, qui ne voyaient dans la méningite tuberculeuse que l’hydrocéphalie, il ressort de ce fait que l’épanchement ventriculaire tient vraisemblablement une grande place dans l’expression symptomique de cette maladie. Enfin, cette observation prouve à la fois, et la difficulté de reconnaître certaines variétés de tumeurs cérébrales des affections des enveloppes du cerveau, et aussi l’importance capitale, au point de vue du diagnostic, de la durée des accidents. En ce cas particulier, en effet, la prolongation insolite des symptômes commandait une grande réserve au sujet d’une méningite tuberculeuse, et, en pareille circonstance, je crofs que passé la quatrième semaine de là maladie, on devrait complètement renoncer à ce diagnostic. Une conclusion à peu près analogue est d’ailleurs formulée dans le travail de M. Verron sur les tumeurs du quatrième ventricule (thèse de Paris, 1874) qui, comme celle dont j’ai dorme l’histoire, offrent parfois une singulière analogie avec les méningites basilaires.

BIBLIOTHÈQUE

&RAMM.AIRE DE LA PAROLE, par Jules Lefqrt. Paris, 1878; Firmin Didot.

Cette brochure de 75 pages, écrite par un chanteur de grand mérite, est un véritable chapitre de physiologie dont il nous est permis de parler à des médecins, car il s’ajouterait ou même se substituerait avec beaucoup de profit à certains passages de nos meilleurs traités classiques.

M. Jules Lefort a déjà mis au jour une méthode de chant fondée sur les principes qui sont développés dans ce nouveau travail , et dont nous avons rendu compte ici même (Union Médicale du 30 juin 1874). Ce qui nous y avait engagé, c’était précisément le soin tout particulier que l’auteur a mis à l’analyse des mouvements de l’appareil vocal, et la compétence indiscutable avec laquelle il a étudié le mécanisme de l’émission des sons. A ses yeux, la voix doit sortir1 naturellement, tous les organes qui servent à sa production ou à sa résonnance doivent concourir, sains éffort ni contorsion, à lui donner son timbre normal; toutes les attitudes forcées sont contraires aux lois naturelles de la formation de la parole, telles que l’enfant les observe en épelant ses premiers mots. Or, « toute voyelle bien prononcée est à sa place naturelle d’émission; » de là l’importance capitale attribuée par l’auteur à la prononciation, dont il a fait le principe essentiel de sa méthode.

La Grammaire de la -parole n’est autre chose qu’une étude nouvelle et plus complète du mécanisme de la prononciation. L’auteur, laissant de côté la question artistique, se livre fa une recherche approfondie de physiologie pratique. Il est curieux de le suivre dans l’examen des systèmes imaginés par les médecins ou les chanteurs pour expliquer la formation de la parole. « Pour décrire, dit-il, les mouvements des muscles mis en mouvement pourl’émission de la voix, les physiologistes attachent peu d’importance à ce que cette émission soit bonne ou mauvaise. » Ainsi l’ A est considéré comme un son guttural, parce qu’en l’essayant on ouvre démesurément la bouche et on se rengorge pour ainsi dire ; si on imitait l’enfant qui prononce ma ou pa, on comprendrait vite que le seul moyen d’obtenir un son naturel et agréable est d’éviter les contractions violentes et arbitraires.

La parole est le résultat de trois phénomènes, l’articulation, l’émission, la sonorité. AU' premier correspondent les consonnes, au second les voyelles ; le troisième donne aux consonnes et aux voyelles la faculté d’être entendues à distance. Les consonnes sont produites par les diverses combinaisons de mise en contact et de sépararation des lèvres, des dents, de la langue et du palais; la formation des voyelles est déterminée par les divers degrés d’ouverture des cavités de la bouche, qui servent de résonnateur à l’appareil vocal.

L’auteur analyse minutieusement lés mouvements "de pression et de séparation (ou détentq), des diverses parties de la bouche, nécessaires pour former toutes les consonnes. Mais l’étude qui nous paraît la plus intéressante est celle dès voyelles, car c’est là surtout qu’on trouve des erreurs à relever, des défauts à corriger. Trois attitudes principales peuvent être données à la cavité buccale, c’est-à-dire au résonnateur; à chacune de ces attitudes correspond un groupe de voyelles; et dans chacun de ces groupes, chaque abaissement d’un degré de la mâchoire inférieure, en agrandissant le diamètre vertical et augmentant le volume d’air contenu dans le tuyau vocal, modifie d’une façon déterminée la sonorité de la voyelle et en change la nature; Toute la théorie de M. Jules Lefort est contenue dans ces quelques mots ; l’espace nous manque malheureusement pour l’exposer avec plus de détails. Mais il est bon d’ajouter que les idées développées dans ce travail sont en concordance parfaite avec les résultats obtenus par Helmholtz à l’aide des résonnaleurs, et peuvent en être considérées comme une heureuse application:

L’œuvre de M. Jules Lefort, sous un faible volume et dans un style trèS-condensé, fournit dés préceptes rigoureux’ et une direction certaine: Il serait fort à désirer qu’elle fût adoptée dans toutes les écoles aussi bien que dans les leçons des professeurs de chant, car elle donne un enseignement qui a pour grand mérite d’être conforme à l’observation physiologique ét de suivre avant tout les lois de la nature.

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