ATROPHIE ET CONTRACTURE MUSCULAIRES DE NATURE SYPHILITIQUE
Observation recueillie par H. Bastarû, interne du service.
Au lit n<> 11 de la salle Saint-Charles, service de M. le docteur E. Guibout est couché actuellement un homme qui est atteint d’une contracture musculaire de nature syphilitique. C’est là une manifestation assez rare de la diathèse syphilitique, et sur laquelle nous devons attirer particulièrement l’attention ; car l’observation que nous publions ici est intéressante à tous les points de vue.
création d’une Faculté de médecine à Toulouse dans le don qui vient de lui être fait d’une Faculté de droit ;
A la Faculté de médecine de Lyon, des élèves moins inflammables ;
A la Faculté de médecine de Nancy, un supplément d’élèves ;
A la Faculté de médecine de Lille, plus de préoccupation des efforts de sa voisine, la Faculté catholique;
Aux Écoles préparatoires de libre exercice, le retrait des arrêtés qui rétrécissent leur circonscription;
Aux Écoles préparatoires de médecine simples, un surcroît d’efforts et d’activité qui légitiment le maintien de ces humbles, mais utiles foyers scientifiques;
A toutes ces diverses et multiples institutions de l’enseignement médical et pharmaceutique
que souhaiter, si ce n’est l’unité ? •*
En effet, n’est-il pas singulier, bizarre même de voir ces diverses catégories de Facultés et Écoles de médecine et de pharmacie :
Facultés; de médecine auxquelles sont accolées des Écoles supérieures de pharmacie (Paris Montpellier) ;
Facultés de médecine mixtes comprenant un enseignement de la pharmacie ( Lille, Bordeaux) ;
Écoles préparatoires de plein exercice (Nantes, Marseille) ;
Écoles préparatoires simples (Limoges, Reims, Poitiers) ;
École de médecine militaire;
Écoles de médecine navale.
Et à la profession elle-même, que peut-on désirer, si ce n’est également l’égalité des titres ?
L’homme qui en fait le sujet est âgé de 49 ans et a toujours joui d’une excellente santé jusqu’au moment où il contracta un chancre induré du gland, dans le courant de l’année 1853. A la suite de cet accident primitif, il ne suivit aucun traitement général et ne présenta, malgré cela, aucun accident jusqu’en 1872, époque à laquelle il eut une laryngite intense. Il vit alors un médecin, qui lui fit prendre de l’iodure de potassium et lui cautérisa plusieurs fois le larynx. Mais il a toujours conservé, depuis lors, une altération considérable de la voix, qui est rauque et voilée.
En 1873, il fut soigné, à l’hôpital Saint-Louis, dans le service de M. le professeur Hardy, pour des ulcérations de nature syphilitique qui siégeaient aux jambes, et qui guérirent rapidement par le sirop de Gibert. Il porte encore les cicatrices caractéristiques de ces ulcérations.
C’est à peu près à la même époque qu’ont débuté les lésions musculaires, sur lesquelles nous reviendrons tout à l’heure avec détail. Depuis lors, il ne s’est développé aucun autre accident, jusqu’au commencement du mois de septembre 1878. C’est alors que le malade a vu apparaître, aux régions frontale et pariétale, de petites grosseurs, qui ne sont autre chose que des gommes, dont les unes, celles de la région frontale, sont arrivées rapidement à suppuration et se sont ulcérées; tandis que les autres sont restées à l’état cru et n’ont pas tardé à disparaître, sous l’influence du traitement antisyphilitique institué à l’hôpital.
Le point remarquable de l’observation, la contracture musculaire, a débuté il y a cinq ans environ, un peu après le commencement des accidents qui se sont développés du côté du larynx. A cette époque, le malade ressentit de vives douleurs, existant surtout la nuit, siégeant dans le bras gauche et s’étendant depuis l’épaule jusqu’au coude. Il existait en même temps, au dire du malade, un certain degré de paralysie de ce membre, portant surtout sur les mouvements de flexion de l’avantbras et d’élévation du bras. Depuis cette époque jusqu’à l’entrée du malade à l’hôpital, dans le service de M. Guibout (25 octobre 1878), ces douleurs ont persisté, avec des intermittences, sans qu’il y ait eu d’amélioration notable.
A l’examen du malade, on constate que les deux bras présentent une légère différence de volume. Le biceps du côté gauche semble un peu atrophié, et, à la mensuration, on trouve que la circonférence du bras, au niveau de la partie moyenne du biceps, présente une différence d’un centimètre et demi en moins que celle du bras droit, et cela pendant l’état de relâchement des muscles. Lorsqu’on fait con-
N’est-il pas bizarre aussi de voir une telle diversité de titres :
Docteur en médecine ;
Officier de santé; : '
Pharmacien de lre classe ;
Pharmacien de 2' classe ;
Herboriste de ltc classe;
Herboriste de 2e classe ;
Sage-femme de 1" classe;
Sage-femme de 2e classe?
Et pour les attributions, n’est-ce pas aussi un souhait utile d’unité qu’il convient de faire pour la simplification et la concentration des pouvoirs ?
N’est-il pas, en effet, presque ridicule d’avoir à s’adresser, selon telle ou telle circonstance professionnelle, au ministère de l’instruction publique , au ministère de l’agriculture et du commerce, au ministère de l’intérieur, au ministère de la justice, au ministère de la guerre, au ministère de la marine, au préfet, au préfet de police, au procureur de la République, au juge de paix ?
N’est-ce pas là un dédale de Facultés, d’Écoles, d’institutions, d’attributions professionnelles, etc., etc.?
J’ai reçu aussi un grand nombre de souhaits auxquels il faut que je réponde, en demandant à mes chers correspondants le temps nécessaire, car je veux répondre à tous ; et, sans pruderie, sans fausse modestie, je déclare très-carrément que je suis on ne peut plus sensible à ces témoignages de sympathie, parce que je les crois sincères, spoutanés, désintéressés surtout, puisque je ne suis rien, que je ne peux rien, si ce n’est aimer et remercier. Aussi, à un de ces
tracter le biceps, la différence est encore plus marquée et atteint 2 centimètres qt demi.
Mais, si l’on considère la longueur des deux biceps, la différence est encore bien plus grande. En effet, le malade ne peut étendre complètement l’avant-bras gauche, et l’on remarque, au niveau du pli du coude, une saillie très-prononcée, formée par le tendon du biceps, qui est dur et donne la sensation d’une corde fortement tendue. Le muscle, mesuré depuis l’apophyse coracoïde jusqu’à la tubérosité bicipitale du radius, a une longueur de 30 centimètres , tandis que, du côté droit, il en a 33. La portion musculaire du biceps,, quoique un peu atrophiée, est souple, non douloureuse, ni à la pression, ni pendant la contraction; celle-ci se fait très-bien,- et le mouvement de flexion est parfaitement normal. Mais l’extension de l’avant-bras ne peut être complète, par suite du raccourcissement et de la rétraction, qui semble porter exclusivement sur la portion tendineuse du muscle. Tous les autres muscles sont indemnes.
A côté de cela, il existe en outre une ostéite syphilitique de l’humérus gauche. Cet os est considérablement hypertrophié dans son tiers inférieur, et, immédiatement au-dessus du coude, le bras mesure 25 centimètres de circonférence, tandis que, du côté droit, il ne mesure que 21 centimètres.
Pour revenir à la contracture, c’est là une manifestation assez rare de la syphilis, et qui appartient à la troisième période de cette affection. Nous ferons remarquer que, dans le cas que nous avons sous:les yeux, la lésion porte, surtout sur la portion tendineuse du muscle. En cela, notre observation confirme les idées de Nolta’à çe sujet, tandis qu’elle contredit celles de Bouisson (de Montpellier), qui a remarqué que c’était la portion musculaire qui était le plus souvent. atteinte. Quant au siège de la lésion, il concorde avec ce que les auteurs ont signalé jusqu’à présent. En effet, l’on a remarqué que le biceps était le muscle le plus fréquemment atteint. Après lui viennent les fléchisseurs de l’avant-bras ; mais, chez notre malade, ces derniers, sont restés absolument indemnes. Si l’on n’avait eu les antécédents syphilitiques du malade et les symptômes concomittants pour éclairer le diagnostic, le traitement serait venu dévoiler la nature de la lésion; car l’affection n’a pas tardé à se modifier, sous l’influence du traitement par l’iodure de potassium .
En effet, immédiatement après l’entrée du malade à l’hôpital, M. Guibout a prescrit l’iodure de potassium, à la dose de 2 grammes d’abord, puis 3 et 4 gr. ; et l’amélioration n’a pas tardé à se manifester, Les douleurs ont complètement, disparu ; les
témoignages d’affection que m’a procurés cette nouvelle année un ami qui q’a besoin de rien ni de personne, j’ai ainsi répondu :
« Bien cher ami,
« Que souhaiter à vous, qui êtes doué, de toutes lès facultés de l’esprit, de toutes les qualités du cœur, d’un bien inestimable, la santé, de la fortune, que vous souhaiter? Ce, Ci : c’est que, lorsque Dieu trouvera que vous avez suffisamment rempli, dans- ce monde, votre mission de science, de progrès, de bonté et de générosité, vous retrouviez dans l’autre, et pour toujours, tous ceux que vous avez aimés, qui vous ont aimé, vous, si digne d’être aimé. »
Oui, je ne saurais le taire, — et pourquoi le tairais-je ? — j’ai reçu quelques cornets de bonbons, qui, ma foi! m’ont été très-agréables. Ainsi, — premier cornet, — je me plaignais,' il y a huit jours, d’une vilaine bronchite dont les quintes fatigantes me faisaient implorer les conseils de mes confrères.
Le soir même je recevais la prescription suivante d’un disciple d’Egculape et d’Apollon Sonnet thérapeutique au D* Simplice, sur sa bronchite récalcitrante.
« Ta prudence ést bien avisée ,
« Ami Simplice, en réclamant « Quelque vaillant médicament « Contre ta bronchite obstinée.
« De ce qu’on lient pour plus calmant « Ta liste est sans doute épuisée,
l’union médicale
gommes du cuir chevelu sont guéries ; la voix, quoique un peu voilée, est plus nette qn’auparavant. Les mouvements du bras gauche sont plus étendus, et le biceps a recouvré une bonne partie de sa longueur; et actuellement, 3 décembre, il n’y a plus qu’une différence d’un centimètre dans la longueur des deux musclés. Enfin, l’ostéite de l’humérus a également notablement diminué, et tout fait espérer que, par la continuation du traitement, les accidents disparaîtront complètement.
BIBLIOTHÈQUE
DU DIAGNOSTIC ET DU TRAITEMENT DES MALADIES DU CŒUR, ET EN PARTICULIER DE LEURS FORMES ANOMALES, par le professeur 6. Siz (1).
Tel est le titre du nouveau livre dé M. G. Sée, œuvre aussi originale ode savante, aussi saisissante que pratique, et digne en tobs points de son éminent auteur. Si je ne peux pas dire que je sois toujours d’accord avec lui, je dois avouer que je suis toujours séduit et souvent entraîné par cette verve continue.
L’érudit professeur de clinique ne se plaît pas aux sentiers battus ; il ne s’agit guère, dans son livre, de bruits de souffle ici ou là, à ce temps ou à cet autre, il laisse volontiers ces broutilles aux Byzantins arriérés et s’en va droit au monstre; Or le monstre, ici, c’est l’odieux trouble fonctionnel ; ainsi : la dyspnée, qui constitue la forme dyspnéique, où l’auscultation la plus attentive ne fait souvent découvrir aucun signé stéthoscopique appréciable; Y hémoptysie, d’où la forme hémoptoïque par laquelle se révèlent tout d’abord certaines lésions cardiaques.; Vhydropisie, et voilà la forme hydropique. Après quoi Yarhythmie, les intermittences, les palpitations, la douleur, la syncope, accidents caractéristiques d’autant de types de formes fonctionnelles de maladies: du cœur anomales ont larvées. ’ 1
Un clinicien seul; un clinicien de la force de M. Sée, rompu dès Sa première jeunesse médicale aux exercices acoustiques les plus minutieux, d’une immense pratique et d’uné érudition peut-être plus immense encore, pouvait, sous cette forme, aborder ces problèmes, et, les abordant, les résoudre.
Seulement, qu’il me soit permis d’ouvrir ici une large parenthèse : • '
{Les formes anomales les plus cruelles et les plus redoutables ne sont anomales où larvées que relativement aux signes physiques vulgaires ; elles correspondent, en fait, à des types anatomiques particuliers, très-différents des types classiques d’insuffisance valvulaire ou de rétrécissement ; elles représentent des affections du myocarde {myocardite granuleuse, dégéné-
(1) Ces leçons ont été faites à la Charité, et n’ont pas perdu pour nous avoir été transmises par la plume alerte et élégante de M. Labadie-Lagrave.
« Puisque ta Causerie aimée . : i . . .
« A tous demande un traitement.
« A de plus savants je me fié ;
« Mais, entre nous, je te confie
« Qu’ayant un vieux brave aümosnier > , ; »
« Demi-mort pour la même cause, »
« Je l’ai guéri par haute dose « Du robuste Sirop Grosnieri
« Ainsi sdiT-iL ! »
Hélas! cher confrère, je l’ai essayé autrefois, ce fameux sirop si bienfaisant à d’autres poitrines et qui n’a pu apaiser chez moi la rébellion de mes bronches.
Un autre aimable, charitable et bienveillant confrère, que j’aime de tout mon eœür, prend les choses plus sérieusement et m’adresse, — deuxième cornet , — une formule secundum artem :
« Si vous ne voulez pas, me dit-il, de la potion de Rasori, prenez chaque jour quelques pilules {six, par exemple), contenant chacune 2 centigrammes de tartre stibiéet i milligramme de sulfate de morphine. Une potion avec 2 grammes de kermès, 60 grammes de sirop thébaïque et 2Q0 grammes d’eau, à prendre par cuillerées en deux jours, aurait le même résultat. Il serait bon aussi d’appliquer un très-large emplâtre de thapsia entre les épaules. Plus ce traitement sera employé près du début de la bronchite et plus l’effet en sera sûr. »
fi
rescence graisseuse), des affections des nerfs (névrite ou névralgie du plexus, ou encore, et distinctement, névralgie du cœur), des affections du péricarde (adhérences, symphyse cardiaque, ossification du péricarde) ; elles sont même l’expression de véritables intoxications portant à la fois sur les nerfs et les muscles cardiaques (intoxication tabagique, par exemple). De sorte que si les formes fonctionnelles ou larvées de M. Sée sont dépourvues des souffles classiques, elles ont bien des raisons de n’en pas avoir, n’ayant pas de ces souffles les lésions productrices.
(Tous ceux qui, par situation, voient beaucoup de cardiopathes, ont vu ces choses:
(Ici, cœur affolé par le tabac, aussi faible qu’irrégulier, par trouble de son pneumogastrique à lui, avec désordres fonctionnels du pneumogastrique des voisins, je veux dire du pneumogastrique des poumons et de l’estomac; et ces désordres fonctionnels du pneumogastrique pulmonaire sont alors une dyspnée spéciale bien différente de l’asthme, de l’anesthésie pulmonaire avec perte de la sensation de l’air inspiré; comme les désordres fonctionnels du pneumogastrique stomacal sont de la dyspepsie avec ballonnement immédiat, de l’anesthésie avec perte aussi de la sensation des aliments ingérés, il y a là un ensemble aussi saisissant que caractéristique pour le médecin expérimenté ou qui sait voir.
(Là, cœur mécaniquement et dynamiquement troublé par une symphyse cardiaque: c’està-dire troublé et entravé par une phlegmasie chronique, portant à la fois sur le péricarde et le myocarde en contact, sur les nerfs du plexus et sur les ganglions intra-cardiaques. Si, dans de tels cas (et j’en ai vu des exemples avec autopsie, l’un entre autres des plus dramatiques, avec douleurs cardiaques, tendance syncopale, dyspnée atroce, asphyxie, arhythmie, anasarque excessive), si, dis-je, dans de tels cas, il n’y a pas de bruits de souffle, c’est qu’il ne peut pas y en avoir, et si le syndrome morbide semble étrange, c’est qu’on ne sait pas y voir ; c’est qu’on ne sait pas, guidé par l’analyse anatomique, comprendre que ces douleurs, comme ces lipothymies, sont le fait de lésions concomitantes du plexus et des nerfs cardiaques, que la dyspnée exceptionnelle (souvent provoquée par un repas) tient à la même cause, qu’il en est ainsi de l’arhythmie, et qu’enfin l’asphyxie et l’anasarque, qui rapprochent ce cas, insolite en apparence, du cas des lésions valvulaires, sont dues à la fois à l’innervation défectueuse du muscle, à son inflammation corticale avec dégénérescence plus ou moins profonde, et à la gêne qu’apporte à ses mouvements sa carapace adventice de fausses membranes fibreuses ou partiellement ossifiées.
(Et vraiment, en théorie, n’est-ce donc pas une même chose pour la fonction qu’elle soit entravée par un obstacle matériel, valvulaire, s’opposant à la libre action du muscle intact et lui faisant perdre une partie de son effet utile, ou qu’elle soit troublée, cette fontion, par une lésion du muscle cardiaque même ou des nerfs qui animent ce muscle et en diminuent la force contractile? Et, en fait, l’observation le démontre, la maladie du cœur est plus grave quand le myocarde ou ses nerfs sont altérés que quand le muscle est entravé par un obstacle endo-
Bien merci, obligeants confrères. A la prochaine bronchite, je me souviendrai certainement de vos excellents conseils.
Troisième cornet. — Par exemple, dites-moi si jamais on a inventé quelque chose de plus fondant et qui fasse ériger plus voluptueusement les papilles linguales, que ces lignes charmantes que j’ai la faiblesse de reproduire ici :
« Très-honoré confrère,
« Je viens vous offrir très-respectueusement mes compliments de bonne année et vous dire que je prie Dieu qu'il vous comble de ses meilleures grâces. Je vous souhaite joie et santé, et de nombreuses années dont nous profiterons : vous savez si bien nous instruire, nous distraire et nous charmer !
« Agréez, cher et honoré confrère, etc. X... #
Mes bien-aimés lecteurs, depuis quarante et quelques années que je tiens un bec de plume entre le pouce, l’index et le médius de la main droite, j’ai reçu tant et tant de horions, que vous ne me trouverez pas trop inconvenant en sentant douces et charmantes les dragées que quelques-uns de vous ont bien voulu m’offrir. Et je ne dis pas tout... histoire de compensation : quelquefois critiques injustes, aujourd’hui louanges excessives. C’est la loi d’équilibre
par laquelle le professeur Pelletan aimait à embarrasser les candidats au premier examen.
Voici, leur disait-il, un vase contenant de l’eau à 75“ ; je vais y ajouter de l’eau à 25°; 75 et 25 devraient faire 100 degrés ; d’où vient donc que je n’ai plus même 75° ?
Il arrivait que quelques candidats avaient oublié la loi d’équilibre de température, ce qui amusait beaucoup feu Pelletan.
C’est que, en effet, tout est là, bien chers amis : Équilibre, compensation, mesure.
Dr SIMPIjICE.
cardique, car, dans ce dernier cas, la force contractile, intacte, peut se fatiguer, mais recouvrer sa puissance momentanément amoindrie, tandis que, dans le premier cas, la défaillance musculaire est irrémédiable, dépendante, comme elle l’est, d’une lésion intime, et s’aggravant chaque jour comme fait la lésion même qui la cause.)
Je ferme ici la parenthèse, et je reviens au livre de M. Sée.
Je suis heureux de voir l’éminent professeur rejeter, — comme je l’ai fait tout seul d’abord, et depuis 1869, — l’idée si fausse et si moutonnièrement acceptée de l’hypertrophie dite providentielle (suivant qu’on tient pour les causes finales) ou compensatrice (si l’on est partisan des seules causes mécaniques, — l’idée d’hypertrophie providentielle vient de France, pays de sentiment; celle d’hypertrophie compensatrice nous est venue d’Allemagne, pays de calcul), hypertrophie dont serait doté (!!) le ventricule gauche en cas d’insuffisance aortique U Pour M. Sée, comme pour moi, comme pour l’évidente logique des faits et leur simple succession chronologique, cette hypertrophie résulte « du surcroît de travail imposé au cœur par la plus grande masse du sang à lancer (1) »; c’est-à-dire, ainsi que je l’ai imprimé dès 1873 (2), que « le ventricule ne s’hypertrophie pas pour lutter, mais parce qu’il lutte » et que, ce qui compense, ce n’est pas la masse du muscle, mais sa contractilité, laquelle finit par s’épuiser alors que cette masse même est devenue monstrueusement volumineuse. Maintenant au moins je ne serai plus seul à le dire en France.
On trouve dans le livre de M. Sée deux chapitres sur les dyspnées et les palpitations , qui sont des chefs-d’œuvre d’analyse, de critique et d’exposition.
L’ angine de poitrine y est longuement et savamment décrite. Elle est, pour M. Sée, purement et simplement une ischémie (ou anémie) cardiaque : une ischémie qui fait souffrir, qui fait souffrir jusqu’à tuer. Mais à cette anémie homicide (la seule de son genre) que d’objections à faire, que de faits à opposer ! Tels ceux (et il en est un au moins que ne récusera pas M. Sée, l’ayant observé avec moi chez un des grands dignitaires de la médecine contemporaine), tels ceux, dis-je, où l’on voit à la suite d’une application de sangsues, et à mesure que le sang coule, les angoisses de l’angine de poitrine cesser, le pouls, de 3 4 pulsations avec intermittences toutes les deux ou trois pulsations, battre 76 puis 84 fois à la minute, de filiforme devenir plus ample, en même temps que la pâleur de la face disparaît, que le refroidissement des extrémités fait place à leur chaleur; et tout cela alors que s’éteint la douleur avec ses multiples irradiations; puis ce mieux-être, qui succède aux affres de la mort, se consolidant par la révulsion, locale comme l’avait été l’émission sanguine : un large vésicatoire servant de complément aux sangsues ou aux ventouses.
Je n’insiste pas sur la contradiction de tels résultats avec la doctrine de l’ischémie cardiaque.
Non ! Le fait primitif, fondamental et dominateur dans Y angine de poitrine, c’est la douleur, la douleur viscérale, la douleur du plexus cardiaque, soit que cette douleur tienne à une névrite du plexus par aortite de voisinage, soit, qu’elle dérive d’une névralgie du plexus (comme, en particulier, le cas auquel j’ai fait allusion tout à l’heure, ou les faits de tabagisme). Qnant à l’anémie, et encore n’est-elle qu’apparente, elle est causée par la douleur, en vertu d’un mécanisme que j’ai exposé autrefois. Mais ce n’est pas tout : à côté des cas dits d’angine de poitrine, il y a des faits de névralgie du cœur, bien différents de l’angine de poitrine, où le maximum de la douleur est en plein cœur, avec foyer au niveau du ganglion de Remak. Seulement, il s’agit là d’études assez peu connues, dont j’entasse patiemment les matériaux, et que je ne veux publier qu’à bon escient.
La maladie de Basedow, ou maladie de Graves, ou goitre exophthalmique, comme on voudra (le nom de la maladie est aussi confus qu’en est la palhogénie) a été observée une centaine de fois par M. Sée. Grâce à cette exceptionnelle richesse de matériaux, l’éminent professeur a pu faire du goitre exophthalmique une étude approfondie. M. Sée reconnaît deux formes à cette maladie : « Dans la première, le cœur est sain, ou du moins ne présente que des troubles fonctionnels ; dans l’autre, il existe une lésion cardiaque. » L’hypertrophie du cœur ne serait pas la conséquence des palpitations; elle est ou essentielle et primitive, ou consécutive à une lésion organique. Enfin, le goitre exophthalmique « ne serait pas une névrose. » Et plus loin, M. Sée, après avoir passé en revue, pour les rejeter successivement, les opinions de Graves, de Trousseau, de Beau, de Bouillaud, de Friedreich, expose sa propre théorie, à savoir : que, lorsque les lésions cardiaques font défaut, les désordres circulatoires sont dus à une paralysie des pneumo-gastriques ; dans le cas contraire, les lésions organiques du cœur suffisent pour produire les mêmes phénomènes. Ces dernières lésions expliquent, en outre, l’arhythmie, l’hypertrophie du cœur, l’œdème, les congestions passives. D’autre part, les con-
(1) Sée. Diagnostic et traitement des maladies du cœur, p. 4, 1878.
(2) Peter. Leçons de clinique médicale, p. 158, 1873.
gestions .actives observées en des points, divers de l’organisme seraient dues à la dilatation active des vaisseaux résultant d’une excitation des nerfs vaso-moteurs dilatateurs. Franchement, on ne comprend pas bien cette maladie, qui ne serait pas une névrose, et qui, néanmoins, serait due à une paralysie des nerfs prieumo-gastriques, en même temps qu il pourrait y avoir une excitation des nerfs vaso-moteurs dilatateurs.
Que de choses j’aurais à dire ici sur cette maladie si intéressante par ses difficultés nosologiques mêmes, et dont je possède de si beaux types, observés avec les médecins les plus éclairés de Paris, les uns suivis de guérison, les autres d’amélioration considérable ! Je ne peux cependant pas résister au désir de faire allusion ici à un fait que j’ai eu l’occasion de voir avec un des agrégés les plus savants de notre École. Il s’agit d’une dame très-nerveuse, trèsambitieuse, qui, à la suite de déceptions, fut atteinte de goitre exophthalmique, avec anasarque, sans maladie de cœur. Or, elle guérit de tous ses accidents, — même de son goitre, — par l’hydrothérapie; mais, à peine guérie, voici qu’elle eut une attaqué d 'aliénation mentale, avec délire des grandeurs, aliénation qui dura plusieurs mois, et ne cessa que par le retour des symptômes de la maladie de Graves. Puis, ce n’est pas tout : nouvelle guérison de la maladie de Graves et disparition à nouveau de l’anasarque, qui était considérable, enfin retour du délire des grandeurs. Elle en est là, aujourd’hui 16 décembre 1878. Ceci soit dit, entre autres choses, à propos du classement nosologique de la maladie de Graves.
Quoi qu’il en puisse être d’ailleurs de l’opinion. doctrinale, on finit toujours par s’entendre sur le traitement, et celui que préconise M, Sée est l’hydrothérapie; ses conseils sont, à cet égard, des plus judicieux.
C’est même à propos de la thérapeutique que se montrent les qualités maîtresses de M. Sée. Dans des pages nombreuses et très-remplies, où interviennent tour à tour l’érudition, les vivisections et la clinique, l’auteur décrit successivement les médicaments du système modérateur du cœur, ceux de son système moteur, puis les poisons et médicaments des centres d’action indirecte ou vaso-moteurs : la digitale, qui agit sur le système régulier, mais surtout sur le ganglion d’arrêt du cœur; le bromure de potassium, qui est un modérateur de là circulation périphérique; le chloral, qui agit comme hypnotique, modérateur du pouvoir réflexe de la moelle, régulateur de l’action du cœur, dépresseur de la tension vasculaire, réfrigérant et modificateur de là respiration. M. Sée étudie ensuite quelques autres médicaments dont l’action est très-incertaine, l’aconit, les aconitines et les cyanures.
Dans la diète lactée, le lait agirait à la fois comme diurétique et comme sédatif du cœur, en raison des sels de potasse et de soude qu’il contient, et qui sont des poisons musculaires du cœur.
Les injections sous-cutanées de morphine sont un excellent moyen de calmer la dyspnée cardiaque (sauf péril de syncope ou de mort imminente, ou cas de lésion du plexus, ainsi que j’en viens de voir un exemple, hier même, avec un médecin des plus savants de notre jeune génération, et qui s’en trouvait fort troublé)’; ce sont encore de bons médicaments que l’arsènie, l’iodure de potassium, qui constituent des agents eupnéiques.
Tels sont les moyens généraux qui peuvent guider dans le traitement des formes fonctionnelles des maladies du cœur; mon savant ami entre à cet égard, et à propos de chaque forme, dans des détails qui ne laissent rien à désirer. .
En résumé, à chaque époque suffit sa tâche : dans ces vingt-cinq dernières années, le raccord des lésions cardiaques valvulaires avec les signes acoustiques dénonciateurs. Au quart de siècle actuel, la recherche et la découverte des troubles fonctionnels dérivant des muscles du cœur et de ses nerfs. Hier encore (tâche si facile!) la pathologie de l’hydraulique du cœur; aujourd’hui (tâche bien autrement ardue!), la pathologie de sa dynamique. C’est à cette tendance qu’obéit le livre de M. Sée; après lui, je crois savoir qu’en viendront d’autres, dont les matériaux s’accumulent lentement.
Michel Peter.
ACADÉMIES ET SOCIÉTÉS SAVANTES
ACADÉMIE DES SCIENCES
Séance du 30 décembre 1878. - Présidence de M. Fizeaü.
L’Académie, dans la dernière séance de l’année, a vu s’ouvrir une discussion qui ne sera certainement pas terminée à la fin de 1879. C’est le sort commun à la plupart des discussions, smon à toutes, aussi bien à 1 Académie des sciences qu’ailleurs, qu’il s’agisse de matières du ressort de la méthode expérimentale, ou de tout autres objets. Pour aujourd’hui, il est question de la fermentation alcoolique et, d’une manière plus générale, des ferments.
M. Berthelot, répondant à une note précédente de M. Pasteur, avait dit : « En parlant d’un ferment alcoolique soluble, susceptible de se consommer au fur et à mesure de sa production et dans l’acte chimique même qu’il détermine, j’avais pris soin d’ajouter que, pour démontrer cette hypothèse,' il était nécessaire de découvrir les conditions dans lesquelles ce ferment se produirait suivant une dose plus considérable que la quantité détruite dans la fermentation. C’étaient ces conditions que Cl. Bernard paraissait avoir rencontrées, dans des expériences dont le récit. nous est parvenu malheureusement d’unè façon incomplète; j’ai cru cependant utile à la science de les publier telles quelles, parce qu’ilne s’agissait point, dans ma pensée, d’ouvrir une polémique, mais de signaler une voie nouvelle de recherches ouverte par Claude Bernard. — M. Pasteur me semble être resté étranger à cet ordre d’idées. Il n’a vu dans ces notes qu’jjn texte à réfuter; il a recherché aussitôt et trouvé, avec son habileté ordinaire, les conditions dans lesquelles aucun ferment alcoolique ne se produit et' où, par conséquent, il n’y a point de fermentation. Cependant, pour avoir quelque chance de découvrir le ferment soluble, il faudrait d’abord se placer dans les conditions Où ce ferment peut exister, c’est-àdire en pleine fermentation alcoolique, sauf à réaliser en outre cette condition inconnue qui en exagérerait la production relative. Le problème subsiste donc tout entier, la démonstration donnée parM. Pasteur ne lui étant pas applicable. Si l’on entre plus profondément dans la discussion générale des causes de la fermentation, qui est au fond de cette question particulière, peut-être sera-t-il permis d’observer que M. Pasteur n’a pas davantage démontré celte hypothèse séduisante par laquelle il oppose les êtres aéropjes, qui consomment l’oxygène libre, e{ les êtres, anaérobies, qui consommeraient l’oxygène, çompi né.: une telle: fonction est purement hypothétique. Jugqu’jci, elle échappe même à la discussion, parce qu’on n’a jamais cité le moindre fait chimique pour la prouver. »
M. Pasteur s’est ipontré surpris et blgssé des réflexions dç; son confrère,; il a. soutenu que toutes les démonstrations désirables avaient été faites par lui,; et jrien faites; puis il a posé à M. Berthelot, absent, une série de questions marquant limites "entre lesquelles .devait être enfermée la discussion. M. Berthelot dira, dans une prochaine séance, ce qu’il pense du terrain choisi par son contradicteur.
Ën attendant, M. ïréciil a prié M. Pasteirf d’éclaircir ce point, à savoir, si les êtres aérobies sont exclusivement aérobies, et les 'â'nàérob'ies 'exclusivement anaérobies? — « Sans doute, a répondu M. Pasteur. — Cependant, a continué M.Trécul, la levûre de bière est tantôt aérobie et’- tantôt ànaéfobie.; Sans douté encore," a répliqué M. Pasteur, il y a trois sortes de ferments : 1° ceux quisont aérobies Exclusivement;' 2° Seeux, qui sont anaérobies? exclusivement; et. 3° ceux qui sont ipdifférçmniept aérobies, ,et apa.érpbies,,, comme la .lèvflro de bière., J’ai dit cela tout au long, dès 1861,. et M^Tféçüj, popr^.le retrouVier dans. je^ comptes rendus de cette époque. »
Donc, la discussion est engagée, om plutôt reprisé» la suivrons avec attention. ,
M. Lacaze-Duthiers, au nom d’un jeune Irlandais,' M. Patrick Gefldes, met sous les yeux de .l’ Académie un échantillon de, la matière verte :;qui couvre la plage .de Roscoff. Ce sont des animalcules qui dégagent des quantités considérables d’oxygène, jusqu’à 52 p. 100 delà capacité de la, cloçbé: dont op les recouvre. :
M. de Quatrefages présente une note>de M. Lacerda, de Rio- Janeiro, relative au venin du serpent à, sonnette. Une goutte de Venin prise sur un de ces animaux chloroformé et portée sous le microscope, a permis de. constater des granules, puis, au dire de M. Lacerda, des végétations* et, finalement, des bactéries. M. .de Quatrefages laisse à l’auteur la responsabilité de sa communication, et M. Blanchard, qui a fait: beaucoup de recherches sur lés venins des scorpions et des vipères, appuie les réserves formelles de M. de. Quatrefages. Il n?a jamais vu que des corpuscules, qu’il croit, à la vérité, la partie active des venins, mais qui n’offrent rien de semblable aux végétations dont parle M. Lacerda.
M. de Lesseps lit une lettre deM. le capitaine Roudaire, annonçant que les sondages atteignent déjà une profondeur de 18 mètres, et que tout fait espérer la facile réalisation d’une mer intérieure en Afrique. — M. L. ■ ' :
académie de médecine
Séance du 31 décembre 1878. — Présidence de M. Baiixargêr. CORRESPONDANCE OFFICIELLE
M. le ministre de l’agriculture et du commerce transmet :
1° Des échantillons et une demande du docteur Li§le . (de Paris) relatifs à up procédé de purification et de conservation de l’eau de mer.
2° Le rapport général de M. le médecin-inspecteur des eaux d’Aulus pour l’année 1877. (Com. des eaux minérales.)
La correspondance non officielle comprend une lettre de M. Achille Brachet, concernant le problème de l’éclairage public et privé par l’arc voltaïque.
M. Henri Roger présente, au nom de M. la docteur Thaon, une brochure intitulée : Clinique climatologique des maladies chroniques : goutte et rhumatisme.
M. Broca présente, au nom de M. le docteur Letourneau, un exemplaire de la deuxième édition de son ouvrage intitulé : La Biologie.
M. Woillez présente, au nom de M. le docteur Maurice Raynaud, un travail sur le Péricarde et ses maladies. (Extrait du nouveau Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques.)
M. Larrey présente : 1° Au nom de M. le docteur Witkowski, un ouvrage intitulé : Structure et fonctions du corps humain, avec 410 gravures sur bois et atlas ; — 2® au nom de M. le docteur Ehrmann (de Mulhouse) , un travail intitulé : Bemarques sur un cas de ligature de Car ter e carotide primitive nécessitée par une hémorrhagie consécutive h Couverture spontanée d'un phlegmon de C amygdale.
M. le Président rend compte de la visite faite par les membres du bureau à M. le ministre de l’instruction publique et des cultes, qui a promis son intervention active pour mener à prompte et bonne fin la question de la reconstruction des bâtiments de l’Académie sur un nouvel emplacement, dont l’étendue ne sera pas moindre de 1,600 mètres.
M. Poggiale, au nom de la commission des eaux minérales, lit une série de rapports officiels sur des demandes en autorisation d’exploiter de nouvelles sources minérales, tant pour l’usage médical que pour l’usage de la boisson. Les conclusions de ces rapports sont adoptées sans discussion.
M. Planchon, au nom de la commission des remèdes secrets et nouveaux, lit une série de rapports dont les conclusions sont adoptées sans discussion.
L’ordre du jour appelle la suite de la discussion soulevée par le rapport de M. Panas sur le travail de M. Lannelongue relatif à l’ostéo-myélite pendant la croissance.
M. Gosselin rappelle qu’il a, le premier, en 1858, dans un mémoire sur les ostéites épiphysaires des adolescents, formulé la question traitée par M. Lannelongue, dans le travail dont M. Panas a rendu compte avec des éloges mérités.
M. le rapporteur a formulé quelques réserves sur deux points : 1° le début constant de l’ostéite en question par la moelle ; 2° l’opportunité du trépan.
M. Gosselin s’associe à ces réserves et, sur le premier point, il va même plus loin, jusqu’à la critique formelle.
La vérité est que, quand un os se prend d’ostéite aiguë sur un jeune sujet, nous ne savons qu’une chose, c’est que toutes ses parties constituantes deviennent malades à la fois. D’ailleurs, la question du point de départ est sans aucun intérêt tant que l’ostéite est à sa première période, hypérémique, plastique et hypertrophique. Cette distinction ne deviendrait utile qu’à la période de suppuration ; mais, dans les cas de beaucoup les plus fréquents, l’ostéite est alors générale, et elle reste telle, même si la suppuration se circonscrit sur un point, l’inflammation restant ailleurs à l’état hypérémique et plastique.
M. Gosselin repousse donc la dénomination d’ostéo-myélite ; il prouve que ce nom est tout aussi impropre que celui de périostite phlegmoneuse, alors qu’il s’agit d’une maladie qui se termine par suppuration, non-seulement au-dessous du périoste, mais dans toute l’épaisseur du tissu compacte, dans la ligne interépiphyso-diaphysaire, dans le canal médullaire, dans l’articulation voisine. Ce n’est pas donner un argumènt favorable à la thèse de l’auteur que de dire : Il y a de la substance médullaire dans toutes les parties constituantes de l’os; il y en a sous le périoste, dans les canalicules de Havers, dans le tissu spongieux comme dans le canal médullaire. En effet, le même raisonnement pourrait être fait pour les vaisseaux sanguins, ( le tissu conjonctif qui les accompagne, la trame osseuse elle-même, qui sont partout dans l’os. Tous ces éléments se trouvent affectés dans les ostéites de l’adolescence, et s’il était permis d’appeler ostéo-myélites ces maladies des os pendant la croissance, sous prétexte qu’il y a un peu de moelle partout, il faudrait employer la même expression pour toutes les inflammations des os.
M. Gosselin croit donc que le mieux est de conserver le nom d’ostéite épiphysaire donné par lui à ce genre d’ostéite.
Quant à la seconde innovation de M. Lannelongue, la trépanation pour les cas où l’ostéite épiphysaire a pris la forme suppurante du côté de la moelle, M. Gosselin félicite largement l’auteur. Cette forme est la plus rare de toutes, mais elle est tellement grave qu’on ne saurait trop faire pour en conjurer les dangers, et M. Lannelongue invoque un succès. Il est à regretter seulement que le diagnostic soit si difficile dans la plupart des cas. Mais, dans les cas les plus communs, la suppuration arrive seulement sous le périoste et dans les couches superficielles, et la trépanation ne peut pas convenir.
En définitive, ces ostéites aiguës de l’adolescence sont graves surtout par la suppuration; quand celle-ci envahit d’emblée toutes les parties constituantes de l’os, la gravité est aussi grande que possible.
M. Bouillàud, après avoir adressé quelques critiques à M. Colin sur sa dernière communication, résume sa manière de voir relativement à la question de la putréfaction, par les conclusions suivantes :
1° La question de la putréfaction, examinée sous le rapport de sa genèse, comprend plusieurs éléments, parmi lesquels celui de l’influence de l’air est assurément un des plus considérables.
2° Pour que les substances de l’organisme puissent éprouver la fermentation septique, il faut préalablement, selon la doctrine universellement reçue jusqu’ici, qu’elles aient été mortifiées, gangrénées! Il importe de ne pas confondre les caractères de cet état préalable de gangrène ou de mortification avec ceux propres à la décomposition putride qui peut ensuite s’en emparer.
3° Elles ne se putréfient réellement que dans les cas où, par une voie ou moyen quelconque, elles se trouvent soumises à l’action des ferments spécifiques dits, en raison même de cette action, putrides ou septiques, dont M. Pasteur, le premier, a fait une espèce d 'êtres organisés , et qu’il a désignés par un nom qui leur est propre.
h° Pour que l’air, en particulier, puisse exercer sur les substances de l’organisme ellesmêmes, ou sur quelques-uns de leurs produits, un pouvoir putrigènique, il est nécessaire que ces substances ou ces produits soient préalablement privés de vie, et qu'ils renferment les germes ou ferments spécifiques de la décomposition septique ou putride.
5° Mais est-il suffisamment démontré que nulle partie organique ne pourrait, au contact de l’air pur ou normal, éprouver le travail de la fermentation ou de la décomposition putride? Il semble bien qu’il en soit ainsi, en présence de ces merveilleux appareils au moyen desquels des matières animales, séparées du corps vivant (sang, muscles, urines, etc.), préservées de la présence des ferments spécifiques de la putréfaction, mais non de celle de l’air, convenablement expurgé , sont conservées, pendant un temps indéfini, indemnes de toute septicité.
Mais il ne faut, je l’avoue, rien moins que ces belles expériences et la grande autorité de leur illustre auteur pour que les cliniciens les plus consommés, en médecine comme en chirurgie, puissent admettre dès aujourd’hui, sans aucune réserve, que jamais une matière animale, soit solide, soit liquide, une fois privée de vie, ne puisse jamais, au contact de l’air ordinaire, pur ou normal, éprouver un travail de décomposition putride. Espérons que le jour n’est pas éloigné où la nouvelle doctrine passera, de l’état encore militant, à celui de triomphant, sans nulle conteste.
L’heure avancée ne permet pas à M. Colin de prendre la parole pour répondre à l’argumentation de M. Bouillàud; il le fera dans la prochaine séance.
M. le Président proclame les résultats des scrutins pour le renouvellement des Commissions :
Épidémies : MM. Lancereaux, Hérard, Goubaux.
Vaccine : MM. Guyon, Parrot.
Eaux : MM. Fauvel, Bouis.
Remèdes secrets : MM. Hervieux, Riche.
Comité de publication : MM. Dechambre, Amédée Latour, Magne, Rochard, Verneuil.
— La séance est levée à quatre heures trois quarts.
FORMULAIRE
DE l’insufflation de l’urèthre, pour faciliter le cathétérisme. — P. Tytler.
Sur un homme de 70 ans, porteur de plusieurs fistules périnéales, le docteur Tytler essaya vainement, à deux reprises, d’introduire un cathéter dans la vessie. Attribuant cet échec à la torsion du canal, occasionnée par le tissu cicatriciel des fistules, il essaya, pour y remédier, d’injecter dans l’urèthre une solution de bicarbonate de soude et une solution d’acide tartri-
que. Tandis qu’une main fermait le méat urinaire, Pauiré main dblitérait les orificés des fistules, ae sorte que le canal fut fortement distendu, et que finalement le gaz s’échappa par les fistules. Immédiatement alors, le docteur Tytler essaya de nouveau le cathétérisme, et il réussit à introduire sans difficulté, dans la Vessie,1 une sonde' n° 3. — Si l’insufflation devait êtrè essayée, soit dans certains cas de rétention d’urine, soit quand il s’agit de pratiquer l’üréthrotomie, il serait facile de là pratiquer, au moyen d’un instrument spécial, inventé à cet effet. — N. G.
Éphcmérides médicales. — l\ Janvier 1696.
^ Charlçs Bagard naît ^ Iflancy. U devait être un Jour médeqin de la duchesse, de Lorraine, médecin consultant de Stanislas, rQi.de Pologne, décoré de l’ordre rpyul de $aint-Micbel. C’est à lui qdë la ville dé Nancy doit l’établissement du Jardin botanique et dp Collège ducal, dont il fut président. — A. Ch..
COURRIER
Conseil général de la Sçine, —,(NquS| n’apprendrons rien à personne en disant que l’organisation dès expertises médico-légales est Ires-crmquablè dans notre pays. De temps en temps une affaire .criminellejntéressante .appelle, l’attention de, çe. côté. On constate :r.in%dorité de la France par rapport aux nations voisines, on déplore notre, esprit de routine, et les choses en restent là. .
M. Düfaure a voulu cependant répondre .à, la préoccupation publique en faisant étudier à l’étranger les réformes dont est susceptible 'notre système &e' médecine légale. Il a chargé de cette mission- M. le docteur Brouardçl, qui lui a présenté à ce sujet, un rapport fprt intéressant. Le Conseil général dé la Seine était! saisi hier dè cq rapport et de. propositions tendant à aménager la Morgue, propriété dp département, en vue de mettre en pratique, dès à présent les indications de M. le docteur Brouardel. .
Ü Sur le rapport de M. Masse, le. Conseil a approuvé ces projets, qui consistent notamment dans l’installation d’une salle d’autopsie bien aérée et bien éclairée, de laboratoires d’analyse, de locaux pour mettre desioimaux à la disposition! Jes médecins, eipérimentateurs, d’appareils frigorifiques pour la conservation, des cadavres, enfin d’une salle de cours.
En votant le chiffre de la dépense* qui è^t de 140,000 ,fr., le Conseil général a demandé qué l’État y concourût pour la moitié, la nouvelle installation et l’enseigement médico-légal qui sera professé ayant uu caraptère général et intéressant la -France, entière.
— La Société d’hydrologie médicale vient de constituer son bureau ipour 1879.
Ont été élus î Président, M. le professeur Gubler; vice-présidents, MM. Billout et Verjon; secrétaire général, M. Leudet ; secrétaires des séances, MM. Boucomqnt et Philbert; trésorier, M. Foubert.
— La Société médico-pratique a renouvelé son bureau pour l’année 1879 de là ’maldléfé
suivante': '■ ' v : 4ii
Président, M. Archambault; — vicé-présidèbt, MriRèliquét; — éwrétaiîé gëüérkl, M. Ed. Michel ; — secrétaires annuels, MM. J. Cyr et H. Thorens ; — trésorier, M. Julliard.
Référendaires* MM. Labarraque père et Perrin.
Membres du comité de publication, MM. Rougon, de Rance, Duroy, Thorens, Collineau.
Conférences de clinique , d'ophthalmoscopie thêdibdle et dè'céHbràicopie. ^ M. le docteur Bouchut, médecin de l’hôpital des Enfants-Malades, commencera ces conférences lé mardi 7 janvier, à 9 heures du matin, et les continuera les mardis suivants,^ la ihêrtie’héüre.
Cours d’anatomie, -t. M. le docteur Fort, j professer, libre d’anatomie et de pédecine opératoire à l’Ecole pratique, commencera une, nouvelle série de leçons d’anatomie, le 10 janvier 1879. Ces leçons comprendront l’étude dé la tête, du cou, des centres nerveux, des nerfs crâniens et des organes des sens. Les élèves qui suivront ces cours seront dirigés, s’ils le désirent, dans leurs dissections à l’École pratique. On est prié, pour assister aux leçons de s’inscrire chez M. Fort, 21, rue Jacob. Ce cours durera jusqu’au 25 mars.
M. Fort annonce aux candidats du deuxième examen de doctorat, qu’il fera- un cours de médeci,np opératoire le ,17 avril 1879.
1 ' ■ - - ■ " Le gérant , Rhçuelot.
Paris. — Typographie Félix Màlteste et C° ,ruc des Deux-Portes-Saint-Saimur, 22.
No 2
L’UNION MÉDICALE Mardi 7 Janvier 1879
CLINIQUE MÉDICALE
NOTE SUR ON CAS DE SYPH1LIDE ULCÉREUSE RAPIDE CHEZ ON ENFANT DE lft MOIS}
Communication faite à la Société médicale des hôpitaux, dans la séance du lf juin if 78,
Par le docteur Dujardin-Beàumetz , médecin de l’hôpital Saint-Antoine.
L’histoire de la syphilis de la première enfance n’est pas encore complètement connue, malgré les nombreux travaux dont elle a été l’objet; aussi toute observation où la nature des lésions aura été bien constatée présente, à cet égard, un certain intérêt. C’est ce qui me décide à publiér aujourd’hui la relation du fait que j’ai été à même d’observer dans mon service de crèche de l’hôpital Saint- Antoine.
Voici l’observation telle qu’elle a été rédigée par mon interne, M. Stackler:
Obs. — Affection ulcéreuse de la peau, h marche tr'es-rapide, chez un enfant de Ift mois. — Mort; autopsie : ostéophytes syphilitiques; phymie ganglionnaire.
Charles B..., 1 h mois, entre avec sa mère dans la salle Sainte-Marie (hôpital Saint-Antoine, n° 16), le 28 mai 1878. >
La mère est forte, n’accuse aucune affection dans son passé. Nous l’examinons sans lui trouver aucun signe de diathèse. Elle a eu cinq enfants, tous très-bien portants, jamais de fausse couche. Au dire de la mère, le père a toujours été vigoureux et n’a jamais cessé de vaquér à ses occupations habituelles.
L’enfant a 1U mois (c’est son dernier) ; il s’est toujours très-bien porté jusqu’en ces derniers temps, jusqu’à 10 mois il a pris le sein et uniquement le sein de sa mère. A 10 mois on lui a donné du lait de vache et du bouillon, en continuant le sein, qu’il tette encore actuellement. 1 ' Inst ï
A cette époque se déclare une toux d’abord peu intense, mais qui, peu à peu, augmente. Pendant trois semaines environ, elle était si légère que la mère ne s’en est nullement inquiétée. Plus tard, convulsions et vomissements répétés, oppression croissante, aucune tache, aucune croûte, rien au nez, rien à l’anus. D’ailleurs Tentant continué nourrir. Ventre normal, pas de diarrhée.
Le, 25 avril 1878, la mère est forcée d’aller en province; elle emporte son enfant dont l’état persiste jusqu’au 2 h mai.
Le 2û mai, la mère elle-même et les personnes qui l’entourent, dit-elle, constatent une diminution de la toux et de l’oppression de l’enfant; il se fait un calme frappant, fehfânt dort, tette ; pas de diarrhée.
FEUILLETON
Faculté d.e Médecine de Parie
Au commencement de l’année 1878, pendant les mois d’avril et de mai, M. le professeur Peter a fait une série de leçons sur la phthisie, dans le grand amphithéâtre de la Faculté de médecine. Nous les avons suivies avec un singulier intérêt, parce que rien ne charme et n’entraîne l’auditeur comme la passion qu’apporte le professeur dans l'exposition de ; ses idées. En relisant les notes rapides, et fort sommaires (elles notaient que pour nous) que nous avons prises alors, il nous a semblé qu’elles pourraient n’être pas sans profit pour les lecteurs de l’tJNioN Médicale.
Nous regrettons sans doute de ne point reproduire la parole imagée, incisive, spirituelle, du sympathique professeur; nous renonçons forcément à conserver à ses leçons leur forme si originale et si spirituelle. Nous n’en donnons que la substance et, en quelque sorte, le programme. Pour si peu que ce soit, le lecteur, si nous ne nous trompons,, y trouvera encore largement son compte.
Quant au professeur, nous lui demandons sincèrement pardon de la dislocation, sinon de l’altération que nous allons faire subir à son œuvre orale. Sa responsabilité est expressément réservée, et nos parts sont faciles à établir. Tout ce qu’il y a de bon dans les pages qui sui- Tome XXVII. — Troisième série. 2
Dans la nuit dn 24 au 25 mai, la mère aperçoit des taches rouges à la partie postérieure de la fesse droite et au genou droit.
Le 25 mai, ces taches sont plus nombreuses, rapprochées, plusieurs sont ulcérées ; presque pas de suppuration ; l’enfant respire facilement, tousse peu, mais crie beaucoup, tient sa jambe fléchie sur la cuisse, sa cuisse sur le bassin.
La mère revient à Paris. Le 28, elle entre dans la salle Sainte-Marie.
L’état local de l’enfant est le suivant : Aux membres supérieurs, sur le tronc, à la face, rien. Les fesses et les membres inférieurs sont malades.
1° Du côté gauche, presque rien, du côté droit presque tout. C’est à la partie postérieure du membre inférieur droit, que se trouvent accumulées les altérations, et principalement du tiers inférieur de la cuisse au tiers inférieur de la jambe.
Entre ces deux points extrêmes, le membre iuférieur est une vaste ulcération presque complète, dont la profondeur, qui s’étend jusqu’aux muscles, est à peu près égale en tous points. Le contour de cette large surface ulcérée est net, taillé à pic. Mais, d’après les réponses que nous fait la mère, et surtout d’après l’aspect que présentent çà et là les parties altérées, on comprend facilement le mode d’évolution de la maladie. En plus d’un point, en effet, nous retrouvons des ulcérations de volume variable (les unes petites comme un pois, les autres plus grandes qu’une pièce de 50 centimes), qui ne sont pas encore confondues avec le reste des parties ulcérées, et ces petites ulcérations isolées sont taillées à pic, comme à l’emportepièce, le fond en est rougeâtre, ou plus ou moins purulent, mais en général à peine purulent. Autour du bord existe une circonférence d’un rouge bleuâtre, peu marquée.
On rencontre encore çà et là, d’une extrémité à l’autre de la surface malade, des restes de peau, qui limitaient des ulcérations précédemment distinctes, maintenant confondues entre elles. Ces parties de bords ont conservé leur forme arrondie ; elles sont complètement isolées au milieu des parties ulcérées, véritables îlots qui dépassent les surfaces environnantes d’une hauteur maximum de près d’un demi-centimètres en plusieurs points.
2° Si nous examinons la fesse gauche, nous y trouvons des altérations analogues (mais à une période moins avancée) particulièrement intéressantes, elles nous permettent de suivre facilement l’évolution de la maladie, parce qu’elles se montrent à des degrés divers et toutes isolées. Nous voyons, en effet, sur cette fesse, de petites taches d’un rouge pâle ; elles sont arrondies et leur diamètre est en général celle d’une tète d’épingle, quelques-unes sont plus grandes, les premières sont rapprochées, les secondes éloignées les unes des autres ; point d’élevures, point d’inégalité de surface ou de coloration, ni à l’œil nu, ni à la loupe. Sur quelques-unes de ces taches, on voit au centre un point se déprimer en se fendillant; c’est ainsi que débute l’ulcération. Dès lors cette ulcération ne fait que grandir en tous sens, mais surtout en profondeur ; elle pénètre ainsi le tissu cellulaire sous-cutané ; pendant ce temps, elle s’étend très-peu en surface, et ce n’est que quand elle a atteint une profondeur assez notable déjà que ses progrès dans le sens transversal deviennent rapides. Quant à sa
vent est de lui ; tout ce qu’il y a d’obscur, d’incomplet ou d’incorrect, nous appartient en propre.
Définitions. — La phthisie pulmonaire est la localisation dans les poumons d’un produit morbide spécial, le tubercule.
Le tubercule est l’expression anatomique locale d’une maladie générale, la tuberculose, qui peut se manifester partout.
Comment se tuberculise-t-on? Par toutes les causes de déchéance possibles : par l’absence de réparation alimentaire ou aérienne ; par les chagrins prolongés, qui amènent la perte de l’appétit et font faire, comme le dit justement le vulgaire, « du mauvais sang » ; il en résulte la diminution lente et progressive de l’appétit et la dépression irrémédiable des forces, c’està-dire la ruine de l’organisme.
Pourquoi les tubercules se développent-ils de préférence dans les poumons, et pourquoi, dans les poumons, de préférence aux sommets?
Le tubercule, résultat d’une déviation trophique, se développe dans les tissus les plus bassement organisés, et le poumon n’est qu’une toile celluleuse arrosée par du sang qui vient là subir des transformations où le poumon ne joue qu’un rôle purement passif.
Moins un organe est fonctionnel, plus il se tuberculise, et vice versâ. Ainsi le cerveau, éminemment actif, ne se tuberculise pas ; mais les méninges, qui ne sont qu’une trame conjonctive, sont fréquemment envahies par le tubercule.
Pourquoi les sommets dans le poumon ? Parce que ce sont les parties les moins fonctionnantes; ce sont les lobes paresseux, ou de renfort, qui ne donnent que dans d’assez rares occasions.
forme, si au début elle n’est pas très-nettement circulaire, à peine l’ulcération a-t-elle atteint les dimensions d’une tête d’épingle que déjà son contour est arrondi comme cette tête. L’ulcération continue à gagner en tous sens ; elle se réunit à ses voisines. Les bords taillés avec ulcérations primitives, bords taillés à pic, disparaissent, mais le bord nouveau commun à plusieurs ulcérations réunies en une seule reste identique aux précédents.
A la marge de l’anus, dans le pli de l’aine, nous trouvons des ulcérations analogues, dont la forme se modifie légèrement, suivant la disposition des parties ; c’est ainsi que le pli de l’aine est presque entièrement occupé par une ulcération étendue en longueur, mais très-peu en largeur, dessinée par les limites mêmes de ce pli. Le fond en est gris, purulent, comme partout ailleurs.
3° Sur le membre inférieur du côté gauche, un peu au-dessous de la fesse, se trouve une ulcération, isolée, arrondie, ayant les dimensions d’une pièce de 20 francs, d’un aspect assez caractéristique pour que la plupart des personnes qui la voient tombent d’accord qu’elle rappelle tout à fait l’aspect d’une gomme ulcérée.
û° Nous trouvons sur le palais, et aussi sur le voile du palais, des ulcérations arrondies, blanchâtres, nombreuses, mais petites; deux ou trois sont grandes comme un pois, ce sont les plus grandes; leur fond est blanchâtre, leurs bords sont à pic.
5° Le nez et les fosses nasales sont intacts; sans présenter les signes caractéristiques et si fréquents de la syphilis infantile.
6° Rien ailleurs; dans la poitrine, des râles abondants de bronchite.
L’enfant pleure beaucoup ; peu de sommeil ; tette assez bien.
Traitement : Sirop de chloral à l’intérieur. Pansement, trois fois par jour, avec solution de chloral à 10/100 : une demi-cuillerée à bouche dans un verre d’eau.
29 mai. L’état a empiré. Les fesses sont plus malades: certaines ulcérations, encore petites la veille, ont grandi, plusieurs ulcérations nouvelles ont apparu et ont évolué rapidement en une seule nuit (du 28 au 29).
La marge de l’anus qui, hier, était peu malade, est entourée d’ulcérations. Du côté gauche, toujours peu de chose, relativement. La maladie commence à gagner le dos et le ventre. L’enfant est un peu pâle, dort peu, tette bien pourtant. — Lait et vin.
1er juin. Sur le dos, sur le ventre, plusieurs ulcérations encore petitèsf Sur le membre droit, où la maladie a débuté, du tiers inférieur de la cuisse au tiers inférieur de la jambe on n’aperçoit plus qu’une vaste surface profondément et assez également ulcérée, presque jusqu’aux muscles. Presque pas de pus à la partie inférieure de cette surface ulcérée; on voit un bord noirâtre, gangréneux, sec.
U juin. Tous les points cutanés (du membre droit) ont disparu, sauf un petit point de la partie inférieure.
Actuellement, sur le membre droit, les parties ulcérées s’étendent depuis l’union du tiers
Qu’est-ce que le tubercule? C’est le produit d’une déviation trophique. Voilà tout ce qu’on en peut dire.
Il faut en écarter toute idée de phlegmasie. On le voit chez les enfants, qui offrent souvent à l’autopsie des poumons farcis de tubercules, sans qu’il ÿ ait trace d’hypérémie. Elle serait venue plus tard.
Historique. — Il convient de faire deux coupes dans l’histoire de la phthisie et du tubercule: l’une, qui comprend les temps qui précèdent Laënnec ; l’autre, qui comprend la période qui le suit, c’est-à-dire la période actuelle.
De toute antiquité, on a reconnu le phthisique, c’était facile : un homme tousse, crache, maigrit, va de l’émaciation au marasme, et du marasme à la mort; voilà lé phthisique. Mais tous les malades qui toussent ne se comportent pas de même. Hippocrate cherche la raison de cette différence dans la nature des crachats. Il jette le produit de l’expectoration dans un bassin rempli d’eau de mer, plus dense que l’eau ordinaire. Si le crachat tombe au fond, c’est d’un mauvais augure ; il le jette encore sur des charbons ardents ; s’il se dégage une odeur de chair brûlée, le pronostic est fatal. Malgré les railleries d’Arétée, ces épreuves ont conservé leur valeur. >
Hippocrate a même le mérite d’avoir cherché le tubercule. Tout lobule d’un petit volume était, pour lui, un tubercule.
De cette vue devait naître une longue confusion; mais, enfin, Hippocrate ne s’est pas trop éloigné de la vérité en parlant des petits abcès du poumon qui, dans la phthisie, se vident par les crachats.
Après lui, il faut franchir plusieurs siècles pour trouver, chez les auteurs, l’indice de quelque
moyen avec le tiers inférieur de la cuisse (et môme plus haut) jusqu’à l’union du tiers inférieur au tiers moyen de la jambe.
Depuis deux jours, la suppuration, qui existait à peine auparavant, est assez abondante.
L’ulcération ne gagne plus en étendue, mais en profondeur. Son aspect a changé : sa coloration est sombre, noire en plusieurs points, ou d’un rouge grisâtre. Quant aux petites ulcérations isolée^, elles ne progressent plus, ni en surface ni en profondeur, elles sont desséchées.
Le palais et le voile du palais sont à peu près dans l’état où Ils se trouvaieht le premier jour.
Les points cutanés ont disparu, sauf en un point de la partie inférieure de l’ulcération. Actuellement, la partie ulcérée du membre inférieur gauche Occupe toute sa partie postérieure, depuis l’union du tiers moyen avec un tiers aussi de la cuisse, et même, un peu plus haut, jusqu’à l’union du tiers inférieur avec un tiers moyen de la jambe. La surface, depuis deux jours, suppure beaucoup; elle ne suppurait pas au début. Elle n'a point gagné en étendue ni en profondeur, mais son aspect à changé.
5 juin. Aujourd’hui, elle est presque sèche; sa coloration est sombre, noirâtre; en plusieurs points, d’un rouge grisâtre. Quant aux petites ulcérations isolées, elles n’ont plus augmenté de surface ni de profondeur; elles sont aussi desséchées.
La grande ulcération de la fesse droite est maintenant sèche, brune et ronde, grande comme une pièce de 20 francs. On dirait de l’ecthyma.
Le palais et le voile du palais sont dans le même état. A la face palmaire des mains et plantaire des pieds, on trouve de petites eschares.
Les ulcérations offrent des petites croûtes nombreuses.
L’enfant a maigri, pâli, ne tette plus; diarrhée; tousse, mais moins qü’autrefois ; râles de bronchite dans la poitrine.
6 juin. L’enfant est mort dans la matinée.
Autopsie faite par M. le professeur Parrot.
L’inspection seule de la peau de la partie malade, les ulcérations nombreuses qu’on y trouve n’ont pas paru caractéristiques à M. le professeur Parrot ; mais il a immédiatement porté ses doigts sur la voûte du crâne, et là, à travers la peau, de chaque côte du bregma, et à sa partie antérieure, il a senti deux bosses, d’un contour très-net, facile à limiter, de l’étendue d’une pièce de 1 franc, symétriquement placées, et aussitôt il a affirmé la syphilis. — L'exa-
Sieq du foie, qui est gras, et du poumon, fait constater Une tuberculose peu avancée dans ceS eux organes, sans marquer davantage dans le poumon, où l’on rencontre aux sommets de nombreuses granulations tuberculeuses en général peu avancées. Ganglions bronchiques volumineux et durs. Coeur, reins, intestins, rien de particulier. Quèlques ganglions mésentériques indurés et volumineux.
étude nouvelle de la phthisie. Le premier progrès consista à la considérer comme l’expression de la scrofule.
Plus près de nous, Morton sépare ce qui appartient au tabes en général, d’avec ce qui appartient à la phthisie pulmonaire en particulier, mais il regarde le tubercule comme une dégénérescence lymphatique.
Portai fait un pas en avant; il dit : 11 existe une phthisie scrofuleuse, mais, à côté de la scrofule, il peut y avoir des tubercules stéatomateux.
Bayle, précurseur et émule de Laënnec, serre la question de plus près et décrit six espèces de phthisies.
Enfin, la lumière se fait tout entière avec Laënnec ; il montre le tubercule dans les poumons et dans tout l’organisme ; il décrit l’évolution non-seulement du tubercele, mais de la tuberculisation.
A partir de Laënnec, la parole est aux micrographes. Lebert croit trouver le corpuscule initial du tubercule ; il se trompe : ce qu’il nomme ainsi n’est qu’un débris du tubercule altéré, déchiré à une certaine période de son évolution.
Virchow fait grand bruit de la granulation, de la pneumonie caséeuse, de l’infiltration tuberculeuse; ce sont autant d’erreurs. La forme, ici, est peu de chose; la nature du produit morbide et son évolution sont tout. En effet, tout ce qui se caséifie est tuberculeux. C’est ce qu’ont bien montré les docteurs Grancher et Thaon.
L’antiquilé ne connaissait que le phthisique. Laënnec nous a armés contre la tuberculisation ën nous apprenant à reconnaître le tubercule à son début, et en nous en faisant suivre révolution.
Broussais, qui ne voujait voir dans le tubercule que le résultat du processus phlcgmasique
Sur trois côtes du côté droit, on trouve des fractures au niveau des angles postérieurs ; d’ailleurs, le chapelet rachitique est net.
On examine les os des membres et, en particulier, l’humérus et le tibia, ainsi que la voûte Crânienne.
M. Parrot nous dit que c'est surtout sur ces trois points qu’il faut porter l’attention, parce que les lésions* trouvées là sont caractéristiques; « d’ailleurs, on peut les rencontrer, dit-il, sur les autres os, mais c’est surtout sur l’humérus et le tibia qu’on les trouve. »
Examinant l’humérus, et plus spécialement son extrémité supérieure, on trouve de bas en haut : 1° le tissu spongieux normal de l’os, mais moins abondant ; 2° la couche chondrocalcaire, douze fois plus épaisse qu’à l’étal normal ; dans cette couche : L* le cartilage est altéré; 24 i) y a des bourgeons de tissu fibreux (ce dernier point est caractéristiqüe) constitué, en effet, par üne partie très-épaisse tout à fait pathologique qui n’existe nullement à l’état normal, qui est située à la partie inférieure de la couche chondro-calcaire, entre elle et la substance spongieuse de l’os, cette partie est molle, laisse pénétrer le bistouri très-facilement, et celui-ci y reste fixé. Sa coloration est blanchâtre, en partie rose et même rouge, c’est-à-dire très-vasculaire; elle est tout entière de nouvelle formation.
A l’extrémité inférieure de l’humérus, on trouve des altérations analogues, mais moins marquées. Si l’on considère l’os suivant son épaisseur, on voit ici encore des lésions caractéristiques; l’os, à sa partie inférieure, a perdu sa forme normale.
Si l’on étudie la partie inférieure de l’humérus, mais à sa face postérieure (point d’élection des lésions en question), on trouve une couche d’ostéophytes assez épaisse. Sur une coupe, les trabécules osseux nouveaux sont perpendiculaires à l’axe de l’os (Ranvier a démontré que c’est le signe qui distingue l’os nouvellement formé de l’os ancien). On voit, de plus, que ces ostéophytes sont dans le périoste et développés aux dépens de sa face externe.
Sur chaque frontal, dans l’angle péribregmatique, on trouve un ostéophyte dur, poreüx, de coloration rose violet, de 2 centimètres de diamètre pour le frontal droit, de 3 centimètres pour le frontal gauche.
Ces ostéophytes font une saillie de 3 millimètres environ sur la table externe, et tranchent nettement, par cette saillie et par leur coloration, sur la teinte grisé normale de l’os. On peut gratter ces saillies, on retrouve au-dessous d’elles la table externe de l’os intacte. Sur le pariétal gauche, ostéophyte de même aspect, mais beaucoup plus étendu, développé le long dè la suture sagittale, en s’inclinant en arrière et en bas; un ostéophyte dé fortüe en croissant entoure la bosse pariétale. • ; -
On en trouve un autre de même forme, mais moins net, disposé cofntdê le précédent, pat rapport à la bosse pariétale, occupant la partie supérieure de l’os.
A l’union des cartilages costaux et dés côtes, on trouve des ostéophytes qui leur donnent l’aspect des nodosités rachitiques.
On observe plusieurs fractures (trois) de côtes incomplètes.
des bronches, s’est trompé. Le tubercule est un produit spécifique qui, pas plus que le cancer, ne se transforme jamais. D’ailleurs, ce n’est pas la muqueuse des bronches qui devient le siège du tubercule, et ce ne serait pas le sommet des poumons qui offrirait d’abord, et daus la très-grande majorité des cas, des traces fie tuberculisation, puisque c’est la partie où la plilegmasie se propage en dernier lieu, et rarement. Mais il est vrai de dire que l’inflammation chronique des bronches peut, à la suite de suppuration longtemps prolongée, provoquer le développement des tubercules par déchirure de tout l’organisme. Même sans suppuration, la bronchite chronique est une cause de déchirure, car elle entraîne une hématose incomplète et une spoliation quotidienne.
Laënnec avait bien vu que le travail de la tuberculisation s’accompagne d’hypérémie, mais il avait vu aussi, contrairement à Broussais, que la tuberculisation n’est point le résultat d’une phlegmasie antérieure.
Où se développe le tubercule? Dans le tissu conjonctif, comme le croyait Bayle, ou daus la gaine lymphatique des vaisseaux? Gela importe peu. Ce qu’il nous faut réchercher, c’est comment, ou mieux, pourquoi il se développe. L’homme, comme tous les animaux, est fait pour vivre en plein air. Donc, toutes les grandes villes sont des fabriques de tuberculeux. Cela importe davantage.
L’alimentation insuffisante est une cause de tuberculisation, nous l’avons dit; elle peut devenir insuffisante, parce qu’elle est déplaisante, comme dans les casernes. Il y a donc, poulies jeunes soldats, une double cause de tuberculisation : la privation de l’air libre de la campagne et la mauvaise alimentation. Il faut renvoyer dans leurs villages tous les agrestes tuberculisables.
On ne peut rieu contre le tubercule; mais, tout eu l’abandonnant à lui-même, on a prise
En résumé, voici un enfant de 14 mois qui, jusqu’au 24 mai, n’avait éprouvé que de la toux convulsive et de la dyspnée, lorsqu’il est pris subitement, dans la nuit du 24 au 25 mai, d’une éruption de taches plus ou moins saillantes, et qui siègent sur la partie inférieure du tronc et sur les membres inférieurs : ces taches s’ulcèrent avec une telle rapidité que, lorsque nous voyons le petit malade trois jours après, le 28 mai, à son entrée à l’hôpital, nous constatons des désordres effrayants^ Les fesses et les membres inférieurs sont littéralement couverts d’un nombre considérable d’ulcérations taillées à l’emporte-pièce et qui atteignent la couche musculaire; lorsqu’elles sont réunies, ces ulcérations forment du côté droit, à la partie postérieure de la cuisse, un immense ulcère, tandis qu’au contraire, dans les points où elles sont isolées, ces ulcérations laissent entre elles des points de la peau parfaitement sains.
Toutes ces ulcérations donnent lieu à un écoulement sanieux et sanguinolent. Lorsqu’on examine avec attention la marche de cette affection cutanée, on trouve qu’il existe, et cela surtout à la partie inférieure des membres, des plaques rosées légèrement saillantes, circulaires, et de la gandeur d’une pièce de 50 centimes. La mère affirme que ce sont ces taches qui sont le point de départ des ulcérations ; d’ailleurs rien aux organes génitaux, aucune autre tache sur le reste du corps ; cependant il existe sur le voile du palais de petites ulcérations arrondies dont l’étendue ne dépasse pas le volume d’un petit pois. Notons enfin que, du côté de la poitrine, nous observons de la respiration soufflante et des râles sibilants plus ou moins nombreux.
Au point de vue du diagnostic, nous avons pensé, sans être cependant trop affirmatif à cet égard, qu’il s’agissait d’une affection syphilitique, et cette opinion fut partagée par la plupart de nos collègues de l’hôpital Saint- Antoine qui virent ce petit malade. D’ailleurs, les antécédents et les renseignements que nous fournit la mère étaient absolument négatifs au point de vue de la syphilis. Cette femme, qui est mariée et qui a déjà eu cinq enfants, tous bien portants, ne porte aucune trace de syphilis, soit ancienne, soit récente. Son mari, suivant son dire, serait toujours bien portant. Enfin, l’enfant aurait été élevé au sein, par elle, comme ses autres enfants.
Nos hésitations, au point de vue du diagnostic, ne furent pas de longue durée ; car l’enfant ayant succombé le 6 juin, M. le professeur Parrot, que je ne saurais trop remercier ici de son obligeance, voulut bien présider à l’autopsie de l’enfant
contre l’hypérémie qu’il détermine dans l’organe pulmonaire, hypérémie qui se traduit par l'élévation de température que décèle le thermomètre appliqué sur la paroi thoracique, au niveau des points affectés. On peut constater une différence d’un degré, d’un degré et demi, et même de deux degrés avec la température prise sous l’aisselle. C’est, pour le dire en passant, un moyen excellent de diagnostic différentiel entre la phthisie et la chlorose. L’application de ventouses scarifiées sur ees points abaisse brusquement la température d’un degré.
(A suivre.) Dr Maximiu Legrand.
Dîner dans la salle des thèses de l’École de médecine. — Dans une des dernières réunions du conseil des professeurs de la Faculté de médecine, il a été décidé que, pour témoigner à M. Bardoux leur reconnaissance, les professeurs inviteraient le ministre à un banquet qui aurait lieu dans la vénérable salle des thèses. L’un des membres du Sénat médical aurait même proposé de convier les agrégés à ce festin, proposition qui, du reste, a été unanimement repoussée.
On regrette que l’architecte de l’École n’ait ni prévu ni construit une salle des fêtes qui puisse être appropriée à de grandes réceptions de ce genre.
On donné bien à Londres de grandes réceptions et même des bals dans les immenses salles du collège de l’Université, dont les vitrines sont garnies de collections qui pourraient figurer dans le musée Orfila. Les jeunes miss dansent près de ces vitrines sans s’effaroucher. Le 9 janvier, jour fixé pour le dîner offert à M. Bardoux, les portraits des doyens et des vieux maîtres de l’Ecole de Paris tressailleront dans leur cadre au bruit des verres et des bouchons du champagne. ( Journal des corm. mid.)
et nous montrer les lésions qui pouvaient permettre d’affirmer la nature syphilitique de l'affection cutanée que nous avions eue sous les yeux.
Tout d’abord, M. le professeur Parrot, avant de procéder à l’autopsie, nous fit sentir, sur la peau du crâne et au niveau des bosses frontales, ainsi que le long des pariétaux, des bosses symétriquement placées, qui étaient pour lui les preuves de l’existence indubitable d’ostéophytes syphilitiques : en effet, lorsque la peau du crâne fut enlevée, on trouva sur les points indiqués ces ostéophytes symétriquement placés sur la boîte osseuse, tranchant, par leur coloration rosée, sur le reste du tissu osseux, et faisant une saillie de 3 millimètres. Lorsqu’on les entame, on retrouve, à leur partie postérieure, les os avec leur structure normale. On constatait d’ailleurs, sur l’humérus et le tibia, des altérations tout aussi caractéristiques, les unes portant sur la couche chondro calcaire, qui est beaucoup plus épaisse qu’à l’état normal, les autres sur le cartilage lui-même, qui est altéré; de plus l’on trouve, à la partie inférieure et postérieure de l’humérus, les mêmes ostéophytes que l’on a constatés du côté du crâne. Enfin, on trouvait aussi sur les côtes les mêmes ostéophytes et des fractures incomplètes de ces os.
Telles étaient les lésions osseuses que présentait notre petit malade ; elles étaient, pour le professeur Parrot, les signes indubitables de la syphilis. L’affection cutanée que nous avons observée appartenait donc au groupe des affections syphilitiques; et, si l’on suit la classification donnée par l’éminent médecin des enfants assistés, on devrait la ranger dans le groupe des syphilides en plaques, syphilides qui peuvent s’ulcérer avec une excessive rapidité. M. Parrot dit, en effet, avoir observé des faits qui se rapprochent beaucoup de celui qui vient de nous occuper.
BIBLIOTHÈQUE
DICTIONNAIRE DE BOTANIQUE, par M. H. Bâillon, avec la collaboration de MM. J. de Seynes, J. de Lanessan, E. Mussat, W. Nylander, E. Tison, E. Fournier, J. Poisson, L. Soubeiran, H. Bocquillon, G. Dutailiy, A. Bureau, H. -A. Wedel, etc. — Dessins de A. Faguet.— Paris, librairie Hachette et C\ 79, boulevard Saint-Germain.
Les livraisons 9 et 10 de cette magnifique publication ont paru. Elles complètent, le premier volume, qui n’a pas moins de 788 pages et qui présente un nombre considérable de dessins d’une remarquable exactitude. Ces dessins mettent en réalité sous les yeux des lecteurs les organes des plantes. Plusieurs, tout en donnant le port et l’aspect général des arbres les plus intéressants, rappellent d’une manière très-fidèle les lieux où naissent et vivent ces arbres. Tels sont ceux qui ont pour objet de faire connaître le port du Garyota et du Ceroxylon, genres de Palmiers, du Cedrela, genre de Mélincées, des Cèdres du Liban, des Châtaigniers de l’Etna, du Chêne.
Ainsi que je l’ai fait remarquer dans un autre article, le Dictionnaire de M. Bâillon ne se borne pas à inscrire, dans l’ordre alphabétique, les noms de toutes les plantes, avec leur synonymie, leurs caractères propres, leur place dans la flore générale, etc. On y trouve de nombreux articles d’anatomie et de physiologie végétales, de doctrine, de critique et de discussion, de biographie. Les deux dernières livraisons, par exemple, renferment des articles d’un haut intérêt, traités magistralement : Membrane cellulaire, cellule, cellulose, chaleur, champignons, etc. Arrêtons-nous seulement un instant sur la notion de cellule, qui constitue un sujet fondamental.
L’auteur définit d’abord la cellule : « On entend aujourd’hui par cellule, en biologie générale, une masse plus ou moins volumineuse de matière organisée, jouissant d’un ensemble de propriétés dont la manifestation a reçu le nom de vie, et constituant, ainsi que Mirbel l’a indiqué le premier, un organisme complet, un individu véritable qui peut se présenter, soit à l’état d’isolement (végétaux et animaux unicellulaires), soit agrégé en nombre variable et constituant de véritables colonies (animaux et végétaux pluricellulaires) dans lesquelles chaque cellule conserve son individualité, jouit, indépendamment des propriétés communes, d’un certain nombre de propriétés propres, et remplit une fonction spéciale dont l’accomplissement régulier est toujours nécessaire à l’entretien de l’harmonie générale et parfois absolument indispensable à la conservation de la colonie, de l’être complexe formé par l’ensemble des cellules. »
Certaines conditions physiques et chimiques sont indispensables pour que la cellule jouisse
L/UNION MÉD1CALK.
des propriétés spéciales dont la manifestation constitue la vie. « Au point de vue chimique, toute cellule parfaite est constituée fondamentalement par des substances albuminoïdes, de l’eau et des matières minérales, associées pour former une substance à demi solide, à laquelle on a donné le nom de protoplasma, et qui, dans toute cellule, quelle que soit Ja complexité d’organisation de cette dernière, représente la seule partie douée des propriétés qui caractérisent la vie. » Les propriétés de la cellule sont altérées toutes les fois que sa composition chimique est modifiée. Si, par exemple, on enlève au protoplasma l’eau nécessaire à sa condition normale, il cesse de se nourrir, de se reproduire, et tombe dans un état de mort apparente, jusqu’au moment où on lui rend son eau de constitution, comme on le voit pour les Rotifères, les spores de Champignons, etc. L’auteur rapproche ces phénomènes de ceux que présentent certains corps minéraux dont l’état cristallin disparaît quand on leur enlève l’eau qu’ils ont absorbée en cristallisant, et qui d'amorphes repassent de nouveau à l’état Cristallin quand on leur rend cette eaü de cristallisation. « L’essence même de cet état particulier de la matière organisée que nous nommons la vie étant de se modifier sans cesse, par suite d’un échange incessant de la matière vivante avec lé milieu dans lequel elle se trouve, la composition chimique de la substance protoplasmique des cellules n’est jamais la même ; elle varie sans cesse, et ses oscillations faibles ou fortes sont accompagnées d’oscillations analogues dans l’énergie de ses propriétés. Si à un moment donné la composition chimique du protoplasma s’altère au delà de certaines limites, ses propriétés normales disparaissent d’une façon définitive. De même qu’un cristal d’anhydride sulfurique SO3 perd sa coloration, sa forme, toutes ses propriétés d’anhydride, et en acquiert de nouvelles toutes différentes quand on le combine avec une molécule d’eau pour former du sulfate d’hydrogène, S04H2 ; de même aussi la matière organisée vivante, le protoplasma des cellules, perd ses propriétés de motilité, de motricité, etc., quand on fait subir à sa composition chimique certaines modifications. Dans ce cas, la matière organisée morte diffère chimiquement de la matière organisée vivante dont l’altération lui a donné naissance.
« Il n’en est pas toujours ainsi, et l’état de mort peut succéder à l’état de vie sans que la matière organisée subisse aucune modification chimique appréciable par l’analyse. Il suffît, en effet, que l’état moléculaire physique du protoplasma change pour que ses propriétés changent aussi, pour qu’il devienne incapable de se nourrir, de se reproduire, de se mouvoir, etc. ; en un mot, pour qu’à la vie succède la mort. Des phénomènes analogues nous sont à chaque instant offerts par les corps inorganiques. N’existe-il-pas une différence absolue entre les propriétés de la vapeur d’eau, celles de l’eau liquide et celles de la glacé, et ces trois corps n’ontils pas cependant la même composition chimique? Seul l’état moléculaire est modifié par la quantité de chaleur que renferme chacune de ces formes d’une même espèce chimique. Le soufre et le phosphore eux-mêmes, considérés encore aujourd’hui comme des corps simples, fl’offrent-ils pas des propriétés essentiellement différentes, suivant la quantité de calorique qu’ils renferment? En face de ces phénomènes, ne nous est-il pas facile de comprendre que le protoplasma, composé, comme l’eau, d’éléments inorganiques, et composé très-complexe, puisse pa-ser, sous l’influence d’un changement d’état moléculaire, de l’état que nous appelons là vie à celui que nous nommons la mort? La vie n’est autre chose, en effet, qu’un ensemble de propriétés propres à certaines combinaisons chimiques de la matière accompagnées d’un état moléculaire spécial : propriétés qui disparaissent dès que la combinaison chimique ou l’état moléculaire sont trop profondément altérés. Pour comprendre la vie et la mort, et le passage de la matière organisée de l’un à l’autre de ces états, Une entité métaphysique quelconque ne nous est pas plus nécessaire qu’elle ne l’est pour expliquer lés états liquide, solide ou gazeux de l’eau, son passage de l’un à l’autre de ces états, et les propriétés diverses qu’elle possède dans ces différentes conditions, ou celles qu’elle acquiert lorsque, modifiant sa composition chimique, on la transforme d’oxyde d’hydrogène, H20, en bioxyde d’hydrogène, H®0*. »
Les courles citations qui précèdent m’ont paru nécessaires pour faire apprécier la hauteur dé vüe, la portée scientifique des articles de fond du Dictionnaire de botanique.
Après ces considérations importantes, l’auteur a passé en revue les questions qui intéressent là cellule elle-même envisagée d’une façon générale, en insistant particulièrement sur les divers modes de formation des cellules, et en reportant le complément de son sujet aux articles Cellulaire (membrane, suc), Noyau, Nutrition, Protoplasma, Produits du Protoplasma, etc.
M. Bâillon a donné, avec la 10° livraison, la préface qui doit être placée en tète du premier volume. C’est une revue historique remarquable, dans laquelle l’auteur a fait savamment et loyalement la part des travailleurs qui ont concouru à l’édification du monument, aujourd hui Si respectable, de la botanique. Après avoir signalé l’immense et féconde découverte de Brisseau-Mirbel, il s’attache à développer l’idée scientifiquement philosophique qui suit ; u La
physiologie végétale, c’est-à-dire l’étude des fonctions des organes élémentaires et complexes dont les plantes sont formées, ne saurait, soit quant à l’essence des phénomènes, soit quant à la méthode d’investigation qui lui est applicable, présenter de différences fondamentales dans les végétaux et les animaux. Comme c’est la substance protoplasmique qui fonctionne dans les' uns et dans les autres, les phénomènes doivent être de part et d’autre comparables ; ce qui justifie cette expression déjà assez ancienne d’un savant célèbre : Qu’il n’y a pas deux physiologies, l’une animale et l’autre végétale, mais une physiologie unique, cetlè des êtres organisés. Nous ne parlons pas, bien entendu, de ces faits, tout à fait distincts, de réduction chimique, comme celui dont la chlorophylle est l’agent dans certaines conditions déterminées, et qui n’est pas plus la respiration des plantes que leur prétendue innervation n’est identique avec celle des animaux supérieurs. Mais à part ces propriétés, qui ne sont point l’apanage de' tous les végétaux, ni d’un végétal donné dans toutes les conditions où il se trouve placé, la vie est identique dans les deux groupes : comme l’animal, le végétal se nourrit, combure des matériaux hydrocarboués, fait de la chaleur, opère des échanges avec les milieux ambiants, et il n’y a sous ce rapport que des différences d’intensité dans les phénomènes observés. Il en doit résulter que les mêmes procédés d’investigation sont applicables de part et d’autre à l’étude des fonctions, et qu’à cet égard, comme sous tant d’autres rapports, la science biologique est une. »
Quelle lumière et quelle facilité l’étude des végétaux apporte à celle de l’animalité ! Aussi, e Dictionnaire de M. Bâillon, entièrement au niveau de la science de nos jours, est-il pour tout médecin instruit d’une utilité incontestable et d’un immense intérêt.
G. Righelot.
SOCIÉTÉ DE CHIRURGIE
Séance du 6 novembre 1878. — Présidence de M. Félix Coton.
Sommaire. — Présentation. — Rapport sur un nouveau procédé d’extirpation de certains kystes. —
Taille articulaire dans un cas de corps étranger de l’articulation du genou. — Nominations de commissions de prix.
M. Lucas-Championnière offre en hommage une brochure intitulée : Étude historique sur la trépanation et les localisations cérébrales.
— M. Delens fait un rapport sur un travail de M. le docteur Pozzi, concernant un nouveau procédé d’extirpation de certains kystes liquides ou semi-liquides. Ce procédé consiste à injecter, après ponction et évacuation préalables, dans la poche kystique, du blanc de baleine fondu que l’on fait solidifier ensuite avec de la glace. Ou obtient ainsi une tumeur solide que l’on peut aisément isoler et disséquer, ce qui facilite singulièrement l’extirpation totale de la tumeur. M. le rapporteur donne son entière approbation à l’ingénieux procédé imaginé par M. Pozzi.
— M. Verneuil croit devoir appeler l’attention de ses collègues sur une opération qu’il désigne sous le nom de taille articulaire, et qu’il a pratiquée dans un cas de corps étranger de l’articulation du genou.
Le sujet de cette observation est un homme de 31 ans, employé de bureau , héréditairement prédisposé à la diathèse rhumatismale, et ayant présenté lui-même des manifestations de cette diathèse. Vers la fin de l’année dernière, il commença à éprouver des douleurs dans le genou droit, douleurs qui ne cessèrent d’augmenter, et qui prenaient de temps à autre, subitement, une acuité telle, qu’il était forcé de s’arrêter en marchant. L’aggravation croissante de ses douleurs l’obligea, au mois de mai dernier, de réclamer les secours de Fart* et d’entrer à l’hôpital de la Pitié, où il fut reçu dans }e service de M. Verneuil, Ce chirurgien constata l’existence de deux corps étrangers dans l’articulation du genou droit : l’un, immobile, fixé à la partie interne et supérieure de l’articulation, ayant une forme quadrangulaire et un volume d’environ 2 centimètres; l’autre, très-mobile sous la pression du doigt, ayant à peu près 1 centimètre de diamètre, situé en arrière de la rotule, au côté externe du genou. La pression sur ces corps étrangers ne provoquait, du reste, aucune douleur ; la sensibilité n’était mise en jeu que dans les cas où, pendant les mouvements du genou, la synoviale était pincée.
Le malade demandait instamment à être débarrassé de ces corps étrangers. M. Verneuil, après quelques hésitations, se décida à pratiquer la taille articulaire. Le malade ayant été endormi avec le chloroforme, M. Verneuil essaya d’enlever d’abord le corps mobile, mais celui-ci
se déroba, et il fallut ajourner l’opération. Au bout de huit jours, le corps étranger ayant reparu, M. Verneuil tenta de l’immobiliser en plaçant lé membre dans une gouttière ; après quoi il fit une incision de 3 centimètres qui le mit en présence d’un corps blanc, nacré, lisse, d’une dureté extrême; une incision faite sur ce petit corps en fit sortir comme un noyau dè cerise de son enveloppe, le véritable corps étranger semblable à un petit morceau de savon blanc échappé d’une petite poche dure et résistante. L’iautre corps étranger fut enlevé de la même façon et présenta les mêmes caractères.
Il n’y eut pas, à dire vrai, de perte de sang; M. Verneuil ne crut pas devoir prendre de précaution pour empêcher l’entrée de l’air. Le pansement fut fait à l’acide thymique, dont les propriétés antiseptiques sont les mêmes que celles de l’acide phénique; puis un bandage ouaté fut appliqué depuis les orteils jusqu’au-dessus du genou.
Les suites de l’opération furent d’une extrême bénignité; la température générale ne s’éleva pas au-dessus de 37°, 8. Sauf un peu de raideur du genou, qui tend de jour en jour à disparaître, la guérison peut être considérée aujourd’hui comme complète. M. Verneuil attribue la meilleure part de cet heureux résultat au pansement antiseptique, qui permet désormais aux chirurgiens d’être plus hardis et plus confiants dans la pratique d’une opération qui exige l’ouverture de la cavité articulaire, chose réputée jusqu’à ces derniers temps comme extrêmement dangereuse.
M. Lucas-Championnière dit avoir pratiqué récemment l’extirpation d’un corps étranger du genou ayant le volume d’une grosse amande. Il appliqua le pansement antiseptique suivant la méthode de M. Lister, et il obtint ainsi une guérison complète en trois semaines. Plus récemment encore, dans le service de M. Tarnier, il a ouvert largement une arthrite suppurée chez une femme récemment accouchée qui a guéri plus rapidement encore que le malade de M. Verneuil. Du reste, tout le monde connaît aujourd’hui les beaux résultats de la pratique du célèbre chirurgien d’Edimbourg, dont les succès atteignent un chiffre considérable et ont enhardi les chirurgiens à oser, avec infiniment moins de crainte qu’autrefois, ouvrir largement les articulations. M. Lucas-Championnière connaît moins le pansement ouaté de M. Alphonse Guérin, mais il a entendu parler de cas de mort survenu à la suite de ce pansement qui n’avait peut-être pas été appliqué suivant les conditions convenables. Quant à l’immobilisation de l’articulation sous le pansement antiseptique, M. Lucas-Championnière n’en fait pas une condition essentielle de succès.
M. Gillette a opéré dans son service, à l’hôpital Temporaire, un ancien soldat affecté depuis trois ans de corps étranger du genou gauche. Après avoir fait fixer solidement le corps étranger par des aides, il en pratiqua rapidement l’extraction par incision directe, réunit les lèvres de la plaie avec de la baudruche et appliqua le pansement ouaté. Le malade guérit en trois semaines, sans avoir éprouvé ni fièvre ni accident d’aucune sorte.
M. Desprès ne croit pas que le pansement antiseptique mérite les éloges dont il vient d’être l’objet; on obtient souvent, sans lui, les effets et les bons résultats dont on lui fait ainsi honneur bien gratuitement. Pour son compte, M. Desprès déclare qu’il ne partage à aucun degré l’espèce d’engouement dont il voit bon nombre de chirurgiens atteints en faveur de cette méthode qu’il a déjà qualifiée de mystique.
M. Trélat attend que la statistique ait prononcé son arrêt sur le pansement antiseptique ; jusqu’à ce jour, il veut se tenir sur la réserve à cet égard. Il croit devoir plutôt signaler à l’attention de ses collègues la question de l’origine des corps étrangers articulaires. On a vu des cas dans lesquels ces corps mobiles étaient constitués par de la substance cartilagineuse. Il se demande comment se forme ce cartilage. On l’ignore, et ce lait n’est pas expliqué par l’existence d’une arthrite sèche, comme on le dit un peu banalement.
La discussion sera continuée mercredi prochain.
— La Société procède par la voie du scrutin à la nomination des commissions du prix Duval et du prix Laborie. Ont été élus membres de ces commissions : 1° pour le prix Duval : MM. Marjolin, Delens, Lucas-Championnière, Marc Sée, Gillette; — 2° pour le prix Laborie ; MM. Verneuil, Giraud-Teulon, Tillaux, Terrier, Farabeuf.
Dr A. Tartivel,
M. A. de l’établis, hydrothérapique de Belle vue.
FORMULAIRE
Remède contre la douleur du carcinome utérin. -—A. Lawrence.
Pour combattre la douleur extrême produite par le cancer, quand il a envahi le col dè l’utérus, le vagin et le rectum, l’auteur conseille l’emploi de l’ergot de seigle, et il se fonde sur ce fait que, quand un tissu malade laisse exsuder du sang, la douleur se trouve notablement
apaisée. Il a l’habitude de prescrire 30 grains (Igr. 80 centigr.) d’ergot de seigle pulvérisé, de 6 en 6 heures, et il affirme en avoir obtenu des résultats avantageux. Seulement, il est de toute évidence que cette médication n’est point applicable aux malades qui sont déjà trèsappauvries par des pertes de sang. — N. G.
Ephémérides médicales. — 7 Janvier 1789.
Antoine de Rouget, docteur en médecine, sauve une malheureuse femme atteinte de métrorrhagie par le moyen suivant : La chose pressant, et n’ayant pas de ballon en peau de chamois, il prend une vessie de cochon munie d’un chalumeau de paille, et l’introduit dans les parties sexuelles; il souffle ensuite l'air nécessaire pour la remplir; lorsquelle le fut, il boucha le chalumeau et appliqua un bandage de corps, qui, de concert avec les parties environnantes, pressa la matrice, qui se trouva par ce moyen entre deux puissances, l’une intérieure, l’autre extérieure, ce qui produisit la suppression du sang. — A. Ch.
COURRIER
Nécrologie. — Nous apprenons avec un profond regret la mort de M. le docteur Baudry, chirurgien en chef de l’hospice d’Évreux, lauréat de l’Académie de médecine, chevalier de la Légion d’honneur, trésorier et l’un des bienfaiteurs de l’Association médicale du département de l’Eure^ décédé à Evreux le lx janvier dernier, à l’âge de 71 ans.
Homme excellent, praticien distingué, ami sûr et dévoué, M. Baudry laisse un vide profond parmi tous ceux qui l’ont aimé, c’est-à-dire parmi tous ceux qui l’ont connu. L’Association générale perd en M. le docteur Baudry un de ses dignitaires les plus zélés et les plus dévoués à l’Œuvre. Puisse sa famille trouver un adoucissement à sa légitime douleur dans la sympathie générale et les regrets universels qu’inspire la mort de ce digne et si honorable confrère l
— Voici le texte du décret qui institue à Toulouse une Faculté de médecine :
Le Président de la République française décrète :
Une Faculté mixte de médecine et de pharmacie est établie dans la ville de Toulouse.
Cette Faculté comprend vingt chaires, savoir :
Anatomie, 1; — Physiologie, 1; — Anatomie pathologique et histologie normale élémentaire, 1; — Pathologie et thérapeutique générales, 1; — Pathologie interne, 1; — Pathologie externe, 1; — Médecine opératoire, 1; — Matière médicale et thérapeutique, 1; — Histoire naturelle, 1 ; — Chimie organique, i ; — Chimie minérale, 1 ; — Physique, 1 ; — Hygiène, 1 ; — Médecine légale, 1; — Pharmacie, 1; — Clinique interne, 2; — Clinique externe, 2; — « Clinique obstétricale et accouchements, 1.
Le nombre des agrégés attachés à la Faculté est fixé à douze.
En outre des chaires magistrales mentionnées à l’article 1er, il peut être institué des cours annexes et des conférences. Ces enseignements seront confiés soit à des agrégés, soit à des docteurs.
Candidats admissibles aux emplois de médecins a la Maison de Charênton. — Par arrêté en date du 25 décembre, le ministre de l’intérieur a nommé membres de la commission chargée d’examiner les titres et de dresser le tableau de classement des candidats reconnus admissibles aux emplois de médecins à la Maison nationale de Charênton :
M. le docteur Robin, sénateur, membre de l’Institut et de l’Académie de médecine et professeur d’histologie à la Faculté de Paris, président.
M. Bertrand, conseiller honoraire à la Cour d’appel de Paris, membre de la commission consultative de la Maison nationale de Charênton.
M. le docteur Lasègue, membre de l’Académie de médecine et professeur de clinique médicale à la Faculté de Paris.
M. le docteur Legrand du Saulle, médecin des aliénés à l’hospice de Bicètre.
M. Bucquet, inspecteur général des services administratifs du ministère de l’intérieur (section des établissements de bienfaisance).
M. de Harambure, inspecteur général des services administratifs du ministère de l’intérieur (section des établissements pénitentiaires).
M. le docteur Lunier, inspecteur général des services administratifs du ministère de l’intérieur (section des aliénés).
M. Caritan, chef du bureau des établissements généraux de bienfaisance.
M. Denis, sous-chef de bureau à l’administration centrale, secrétaire.
pipflTHÇRiTE. — La diphthérile, dont ont été atteints tous les membres delà famille grandducale, sévit également avec Intensité à Mayence. Par ordre de. là police sanitaire, un des pensionnats les plus fréquentés a été fermé, cette maladie s’étant déclarée parmi les élèves. Si elle se propageait davantage, tous les établissements scolaires seraient fermés.
Les possédées de Verzegnis. — Dans la bourgade de Verzegnis, il y a, en ce moment, une trentaine de possédées. Le fait est mathëùreusemeot vrai, dit l 'Italie :
« Le préfet, M. Cartelli, à la nouvelle de cet étrange phénomène, a envoyé un fonctionnaire à Verzegnis pour recueillir des renseignements plus précis. L’enquête a constaté que les femmes atteintes de la maladie sont au nombre de plus de vingt; que douze demeurent à Chiaisis, et huit à Villa de Verzegnis. La plupart des malades sont âgées de 18 à 25 ans ; trois seulement ont plus de 45 ans; une en a à peine 12. Il y a aussi à Villa un homme atteint de cette monomanie.
« Pendant quelques heures de la journée, les possédées se tiennent tranquilles ; mais, à certains moments, elles se livrent aux actes les plus extravagants. Alors elles tiennent des propos incohérents et indécents, et accompagnent leurs paroles de cris et de gestes obscènes qui font d’autant plus d’impression que., toutes; ces femmes avaient toujours tenu une conduite exemplaire.
h Le mal est donc assez grave, U paraît qu’on ne peut pas l’attribuer à un simple phénomène d’hystérisme produit par la mauvaise alimentation ou par quelque autre cause naturelle, On continue à soupçonner que quelqu’un a échauffé ces imaginations faibles par des peintures effrayantes de l’enfer.
« Les docteurs Franzolini et Ctilajà ont été envoyéé sur les lieux pour étudier là maladie. »
La Maladie dite sang de rate. — D’après un arrêt rendu par la Cour de Paris, bien que la maladie des moulons, dite « sang de rate », soit classée par la loi de 1838 parmi les vices rédhibitoires, elle n’en constitue pas moins une maladie contagieuse, qui astreint le détenteur des animaux malades à en faire la déclaration au maire de la commune.
Le défaut de cette déclaration constitue le délit prévu et puni par l’article 459 du Code pénal.
Société médicale des hôpitaux (3, rue de l’Abbaye, à 3 heures 1/2 précités). — La Société se réunira le vendredi 10 janvier 1879.
Ordre du jour : Installation du bureau. — Rapport de M. Dieulafoy sur la candidature de M. le docteur Vergely, de Bordeaux, au titre de membre correspondant. -—Présentation de pièces relatives à un cas d’embolie dé l’artère poplitée, par M. Duguet. Communications diverses.
Société médicale des Bdreaüx de bienfaisance. — La Société médicale dès Bureaux de bienfaisance tiendra sa prochaine séance hiercredi 8 janvier, h huit heures précises du soir, à l’ administration générale de C Assistance publique (salle du jury des concours).
Ordre du jour 1 1° Installation du bureau. — 2° Constitution médicale du mois de décembre; policlinique. — 3° Élection de deux membres titulaires. — 4*M. Grellety : Version par manœuvres externes. — 5° M. Bernier : Traitement dés affections diphthéritiques.
— M. le docteur Verrier commencera une série de leçons sur l’histoire naturelle et biologique des végétaux parasites de l’homme , le jeudi 9 janvier 1879, à l’amphithéâtre h” 2 de l’École pratique, à 8 heures du soir.
Projections à la lumière oxhydrique.
Les leçons suivantes auront lieu tous les jeudis, à la même heure.
— M. le docteur Desmarres recommencera ses leçons cliniques sur les maladies des yeux le 14 janvier, et les continuera les mardis et vendredis suivants, de 1 heure à 2 heures, rue Hautefeuille, 8.
Etat sanitaire de la ville de Paris. Population (recensement de 1876) : 1,988,806 habitants. — Pendant la semaine finissant le 2 janvier 1879, on constaté 947 décès, savoir:
Variole, 7. — Rougeole, 8. — Scarlatine, 1. — Fièvre typhoïde, 12. — Érysipèle 2. — Bronchite aiguë, 50. — Pneumonie, 82. - Dysenterie, 1. — Diarrhée cholériforme des enfants, 2. Angine couenneuse, 12. — Croup, 15. — Affections puerpérales 7. — Autres affections aiguës, 221. — Affections chroniques, 449. — Affections chirurgicales, 61. — Causes accidentelles, 17. ’
Le gérant, Richelot.
Paris.— Typographie Félix Malteste et G®, rue des Deux-Portes-Saint-Sauveur, 22.
L’UNION MÉDICALE Jeudi 9 Janvier 1879
BULLETIN
SUR LA SÉANCE DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE
Journée d’adieu, journée de bienvenue.
La royauté académique n’a que la durée de l’année solaire, et quand s’annonce le solstice d’hiver, l’heure va tinter aussi où le sceptre présidentiel tombe des mains de celui qui, durant cinquante-deux mardis, a été heureux de le tenir.
Le règne de M. Baillarger a été doux et paisible, et tel qu’il convient à cette calme, amène et modeste nature, dont le fond est la bienveillance, unie à un caractère et à une probité scientifique qui lui ont attiré l’estime, le respect et l'affection de tous.
En quittant le fauteuil de la présidence, M. Baillarger a fait, en excellents termes, un résumé des travaux auxquels l’Académie s’est livrée pendant l’année 1878, année qui a été brillamment remplie et qui tiendra même une place honorable dans les annales de cette Compagnie, savante. Tous ceux qui connaissent les difficultés d’un exposé et d’un résumé de ce genre, trouveront que M. Baillarger s’en est tiré avec honneur et bonheur, et qu’il méritait bien les applaudissements unanimes qui ont accueilli sa péroraison.
M. le professeur Richet a inauguré sa présidence par une courte, mais charmante allocution, très-académique, très-littéraire, et qui lui a valu la chaleureuse approbation de la Compagnie.
C’est également au bruit des applaudissements que M. Henri Roger s’est assis au fauteuil de la vice-présidence et que M. Bergeron a pris la plume de secrétaire annuel.
Au milieu de ces révolutions stellaires, seul, le Secrétaire perpétuel, immobile comme le soleil, voit les satellites au milieu desquels il est placé décrire leurs orbites, et sans avoir rien à craindre des caprices, des bizarreries ou des injustices du scrutin, comme l’a été à la fin de- l’année M. Jules Guérin. Je trouve l’occasion, et je la saisis, de joindre ma voix à celles de mes collègues de la Presse médicale, qui, presque unanimement, ont regretté que ce laborieux et savant académicien n’ait pas trouvé un nombre suffisant de voix pour faire partie du conseil d’administration de l’Académie.
Toutes ces formalités de commencement d’année étant remplies, M. le docteur
FEUILLETON