L. Gustave Richelot
Professeur agrégé à la Faculté.
ACADÉMIES ET SOCIÉTÉS SAVANTES
ACADÉMIE DE MÉDECINE
Séance du 28 janvier 1879. — Présidence de M. Richet.
La correspondance non officielle comprend :
1* une lettre de M. Caradec, de Brest, accompagnant l’envoi, à l’appui de sa candidature, d’un mémoire intitulé : Quelques considérations sur les rapports qui existent entre Céléphantiasis des Arabes, les scrofules et les sorofulates de vérole (?).
2° Une lettre de M. le docteur Manouvrier (de Valenciennes) à l’appui de sa candidature au titre de membre correspondant : 1° Deux observations de malformation congénitale du membre supérieur; brachy-dactylie, hepta-dactylie ; 2° Un mémoire intitulé : Troubles digestifs et respiratoires des garçons de caisse (manieurs d’argent à la Banque de France).
M. Delpech présenté, 1*, au nom de M. le docteur Homo, médecin des épidémies de Château-Gonthier (Mayenne), un mémoire intitulé : Études médicales sur l'arrondissement de Château-Gonthier ; — 2°, au nom de M. le docteur Henry Bennett, un exemplaire de la 3e édition de son Traité de la consomption pulmonaire et de son traitement.
M. Ricord offre en hommage, au nom de M. le docteur Alfred Fournier, un volume intitulé : La syphilis du cerveau; Leçons de clinique, recueillies par M. E. Brissaud, interne des hôpitaux.
M. Alphonse Guérin s’exprime ainsi :
«, J’ai l’honneur de présenter à l’Académie, de la part de M. le docteur E. Le Pileur, une traduction du livre de Fernel, Sur le traitement du mal vénérien. Ce livre, qui a été écrit il y a plus de trois cents ans, a été consulté par la plupart des médecins qui ont étudié la syphilis ; mais, comme il est en langue latine, sa lecture était difficile ou au moins fatigante pour les personnes qui comprennent moins facilement le latin que le français. Aussi devons-nous des remerciements à M. Le Pileur pour le soin qu’il a mis à nous faire mieux apprécier un ouvrage qui devra être, à l’avenir, dans toutes les bibliothèques.
« Je tiens, en déposant ce livre sur le bureau, à complimenter le traducteur pour sa notice sur Fernel et ses notes.
a J’ajouterai enfin que l’œuvre de M. Le Pileur forme un. charmant volume qui figurera avec honneur dans le cabinet des amateurs de beaux livres. »>
M. Henri Bouley présente : 1° au nom de M. Menier, député de Seine-et-Oise, un ouvrage intitulé : Atlas de la production de la richesse en Europe; — 2° au nom de M. Sâïnt-'Cyr, un volume de médecine vétérinaire.
M. Lasègue présente, au nom de M. le docteur Galezowski, une brochure intitulée : Des amblyopies et des amauroses toxiques.
M. Chauffard présente, au nom de M. le docteur Raymondaud, professeur de clinique chirurgicale à l’École de médecine de Limoges, une brochure intitulée : Considérations suivies d'observations sur la prothèse mécanique.
M. Broca met sous les yeux de sès collègues une pièce pathologique constituée par un énorme séquestre comprenant les deux pariétaux, une partie du frontal et de l’occipital, séquestre détaché du crâne d’un petit berger des montagnes de la Drôme, et qui a été adressé à M. le docteur Marie Durand par le pasteur du village au voisinage duquel habitait ce berger. (Voir au premier-Paris.)
M. le Président annonce la mort de M. le docteur Mirault, membre correspondant à Angers, décédé à l’âge de 92 ans.
L’Académie procède, par la voie du scrutin, à l’élection d’un membre correspondant national dans la première série.
La commission présente les candidats dans l’ordre suivant : En première ligne, M. Levieux (de Bordeaux); — en deuxième ligne, M. Mignot (de Chantelle) ; — en troisième ligne, M. Bourgade (de Clermont-Ferrand); — en quatrième ligne, ex æquo : MM. Barailler (de Toulon), Caradec (de Brest), Mordret (du Mans).
Le nombre des volants étant de 6 A, majorité 33, M. Levieux obtient hl suffrages M. Mignot 7, M. Caradec A, M. Mordret 3, M. Bourgade 2 ; un bulletin nul.
En conséquence, M. Levieux ayant obtenu la majorité des suffrages est proclamé membre correspondant national.
M. le docteur cadiat, professeur agrégé de la Faculté de médecine de Paris, lit un travail sur l’embryogénie, l’anatomie et la pathologie comparée du cœur. En voici le résumé :
L’embryogénie montrant que le cœur est d’abord un renflement dés veines omphalomésentériques auquel s’ajoute le bulbe aortique, l’anatomie comparée, la physiologie des mouvements, de cet organe chez; l’embryon, la structure de l’endocarde, }a déposition des vaisseaux nourriciers par rapport à cette membrane, tous ces faits, s’accordent à faire dp cœur une dépendance du système veineux. Restait une dernière consécration de cette théorie ; elle est fournie par la pathologie : le cœur est veineux par ses lésions, et c’esL en effet,, la loi fondamentale de l’anatomie générale qu’aux mêmes tissus se rapportent des lésions, identiques;
L’ordre du jour appelle la suite de la discussion sur le rapport de M, Panas relatif au travail de M. Lannelongue sur l’ostéomyélite pendant la croissance.
M. Alphonse Guérin commence par constater que l’on est aussi loin de s’entendre sur la genèse de l’ostéomyélite que sur le nom qu’il convient de lui donner. Peut-elle débuter par les épiphyses ou bien débute-t-elle toujours par le canal médullaire? Le périoste, au contraire, est-il parfois le point de départ? Autant d’opinions qui ne s’imposent ni par le raisonnement, ni par des observations en nombre suffisant, les expériences faisant d’ailleurs défaut.
Quel que soit le point d’origine du mal, il s’agit du moins de s’entendre sur la 'tfiéra-i peulique.
Convaincu que le périoste joue un rôle plus important que la moelle dans cette maladie, M. Alphonse Guérin ne peut admettre avec M. Gosselin qu’il faille rejeter le nom de périostite phlegmoneuse. Suivant lui, tout se passe dans l’ostéo-périostite aiguë, compliquée de myélite, comme dans un phlegmon diffus. Il y a du pus partout; si l’on en trouve dans le canal médullaire, on en trouve en plus grande abondance entre l’os et le périoste; il y en a aussi dans les gaines musculaires. Frappé des analogies qui existent entre la périostite phlegmoneuse et le panaris, M. Alphonse Guérin a été amené depuis longtemps à pratiquer, de très-bonne heure, non pas seulement le débridement de la peau, du tissu cellulaire et des gaines musculaires, comme Dupuytren le conseillait pour le phlegmon diffus, mais le débridement du périoste dans une grande étendue, et, particulièrement, dans le point qui correspond à la plus vive inflammation.
Quant à cette forme d’ostéite que M. Gosselin a très-justement appelée ostéite épiphysaire des adolescents , M. Alphonse Guérin fait remarquer que, pendant un temps assez long, cette inflammation du tissu spongieux des épiphyses donne lieu à un ramollissement très-notable de la substance de l’os. M. A. Guérin tire parti de cette disposition pour arrêter la marche flé l’ostéite épiphysaire des adolescents. Sur le point où le ramollissement du tissu osseux est le plus évident, il plonge hardiment et avec force un scalpel à dos fort dont il se sert pour opérer le débridement des cellules osseuses enflammées. Il ponctionne seulement la peau et la lame compacte de l’os, mais il débride largement son tissu aréolaire qui se trouve étranglé par l’impossibilité où il est de repousser le tissu compacte qui l’enveloppe. Ce n’est pas une incision sous-cutanée, mais une incision sous-corticale. L’amélioration et la cessation de la douleur sont instantanées, ce qui autorise à dire, que la guérison est due au débrjdeniënl, des tissus enflammés, non à la minime quantité de sang qui s’écoule.
M. Alph. Guérin passe ensuite avec son pansement ouaté, et il obtient ainsi des guérisons qui lui auraient paru impossibles par une autre méthode.
Il n’a pas seulement recours à ce mode de traitement pour l’inflammation des épiphyses'; il l’emploiera aussi dans certains cas d’ostéite suppurée de la main et du pied avec ramollissement du tissu osseux, et il arrive ainsi à enrayer la maladie et à la guérir aussi sûrement que dans les cas d’ostéite épiphysaire.
Enfin, dans les cas de suppurations de l’oreille, qui sont sous la dépendance d’une ostéite de nature strumeuse, le débridement des cellules osseuses a donné à M. Alphonse Guérin les résultats les plus saisissants. Il cherche à la surface de l’apophyse mastoïde un point qui lui semble moins résistant que dans le reste de l’os et qui soit manifestement douloureux à la pression. Il y plonge hardiment le scalpel à une profondeur de 1 oü 2 centimètres. Quelquefois du pus s en écoule, mais parfois aussi on ne donne issue qu’à du sang. Mais le débridement suffit pour arrêter l’inflammation de l’os et tarir l’écoulement du pus par l’oreille.
Le résultat est surtout saisissant dans les cas d’qstéite extrêmement douloureuse de l'apophyse mastoïde. M. Guérin a vu des malades qui avaient été privés de sommeil pendant plu-
sieurs semaines successives par la violence de la douleur, être instantanément et définitivement calmés. La trépanation, qui est conseillée pour ces cas, peut être avantageusement remplacée par la ponction et le débridement avec le scalpel, opération bénigne, peu douloureuse, et souvent réclamée par les malades eux-mêmes, qui en ont constaté l'efficacité une première fois.
M. Gosselin dit que, dans le discours de M. Alphonse Guérin, il y a deux choses importantes, au point de vue du traitement de l’ostéo-myélite : 1” le simple débridement du périoste; 2° l’incision du tissu osseux. M. Guérin pense-t-il qu’il faille nécessairement, pour prévenir l’empoisonnement, donner issue à la suppuration? Faut-il, en même temps, faire l’incision du tissu osseux? Ne suffirait -il pas, dans quelques cas, de faire l’incision des parties molles et du périoste? Dans les cas où l’incision de l’os est pratiquée, n’y à-t-il pas lieu de craindre d’amener la suppuration?
M. Alphonse Guérin répond qu’il a recours soit au simple débridement du périoste, soit à l’incision de l’os à des époques très-différentes de l’ostéite. Dans la périostite phlegmoneuse, il pratique le débridement du périoste, mais seulement dans les cas où il existe déjà du pus ou de la sérosité purulente. Il pense qu’on ne doit pas intervenir chirurgicalement dans les cas où la maladie ne fait pas assez de progrès pour faire craindre la suppuration.
C’est dans cette forme d’ostéite, que M. Gosselin a si bien dénommée ostéite épiphysaire des adolescents, que M. Alphonse Guérin pratique l’incision ou débridement du tissu spongieux. Il n’eût pas osé le fairer ij y a quelques années, avant d’avoir constaté l’innocuité des plaies osseuses sous le pansement ouaté. Aujourd’hui il n’hésite plus et il n’a jamais vu survenir de suppuration à la suite de ces incisions du tissu osseux.
Dans l’ostéite suppurée des os de la main, du pied, du tibia, il pratique toujours le pansement ouaté. Il n’y a que pour le débridement des cellules mastoïdiennes que M. Alphonse Guérin a cru devoir se départir de ce mode de pansement. Il le remplace alors par les injections avec une solution phéniquée. 1} a vu les guérisons les plus remarquables et les plus rapides être le résultat de cette pratique dans ces cas de suppurations intarissables de l’oreille qui font le désespoir des chirurgiens et des familles,
— A quatre heures et demie, l’Académie se forme en comité secret.
SOCIÉTÉ DE CHIRURBIE
Séance du 27 novembre 1878. —Présidence de M. Félix Guyon.
Sommaire. — Observation d’irido-choroïditc tuberculeuse, suivie de tuberculose généralisée, chez une femme syphilitique ; difficultés du diagnostic. — Lecture. — Présentation d’instrument.
M. Verneuil présente, au nom de M. le docteur Erhmaun (de Mulhouse), une observation de corps étranger libre (balle de revolver) de- l’articulation du genou, dont l’extraction à l’aide de l’opération à ciel ouvert, selon la méthode de Lister, a été suivie d’une guérison rapide. C’est une observation de plus à ajouter à toutes celles qui ont été produites, dans la dernière discussion, pour montrer l’excellence de l’extraction à ciel ouvert accompagnée de l’application du pansement antiseptique.
— M. Théophile Anger communique une observation très-intéressante d’irido-choroïdite tuberculeuse suivie de tuberculose généralisée, chez une jeune femme atteinte de syphilis, et chez laquelle, pendant plusieurs mois après l’apparition de rirido-choroïdite, rien n’avait fait soupçonner l’existence de la tuberculose. C’est le pendant, en contre-partie, de l’observation lue récemment à l’Académie de médecine par M. le docteur Alfred Fournier, et dans laquelle une femme atteinte de phthisie syphilitique ressemblant absolument à la phthisie tuberculeuse, a guéri par le traitement spécifique.
Voici le résumé de l’observation de M. Th. Anger. Le sujet est une jeune femme de 18 ans, entrée le 10 novembre 1877, dans le service de M. Anger, ayant depuis un an environ un écoulement jaunâtre qui tachait le linge et s’accompagnait de quelques douleurs. A l’examen, la malade présente une vaginite et un catarrhe utérin, des traces d’ulcérations sur la grande lèvre droite, légèrement indurée, provenant très-probablement d’un chancre; des plaques muqueuses sur les grandes lèvres, des ulcérations dans l’intérieur du vagin! L’ouverture du col est très-rétréeie et n’admet qu’un stylet de trousse. Le traitement consiste dans l’application de tampons d’iodoforme, la cautérisation des plaques muqueuses avec le nitrate d’argent et l’administration de pilules de proto-iodure de mercure.
Nonobstant celte médication, apparaît, au bout de cinq semaines, une roséole généralisée. En même temps se manifestent des troubles de la vision dans l’œil gauche : vue plus faible', légère déformation de la pupille, iris plus foncé, etc. La malade, d’ailleurs, ne tousse pas et sa santé générale est assez bonne. On prescrit un collyre à l’atropine et le sirop de Gibert.
L’élat de la malade reste à peu près stationnaire jusqu’en mars, où survient une poussée inflammatoire d’idiro-choroïdite déterminant des accès de glaucome aigu : douleurs vives péri-orbitaires, et, au niveau du cercle péri-kératique , augmentation sensible de la tension intra-oculaire au toucher. Vésicatoires et sangsues à la tempe.
Vers la même époque, la malade commence à tousser, sans présenter toutefois les symptômes évidents de la tuberculose. Mais bientôt, en avril, l’amaigrissement se prononce, l’appétit se perd, il y a des sueurs nocturnes; les signes physiques de la tuberculisation sont perçus au sommet des poumons. Il survient des vomissements après les repas. Le traitement antisyphilitique est continué.
En mai, nouvelle poussée de glaucome; la vue se perd très-rapidement. A l’examen direct, on constate une légère injection du cercle péri-kératique; l’œil malade semble un peu plus saillant que l’autre ; la cornée, sans être dépolie, a perdu sa sensibilité ; pupille dilatée, un peu déformée, de couleur verdâtre.
A l’ophthalmoscope, on note l’impossibilité de voir le fond de l’œil. Par un éclairage intense, on parvient à distinguer, comme accolés au cristallin, quelques vaisseaux qui font penser à un décollement 'de la rétine.
A mesure que les poussées inflammatoires du côté de l’œil deviennent moins vives, la tuberculisation pulmonaire fait de rapides progrès. Aux craquements succèdent les râles muqueux et le gargouillement. L’état général devient de plus en plus mauvais et la malade finit par succomber dans un véritable état de consomption et de marasme.
A l’autopsie, on trouve le feuillet pariétal du péritoine couvert d’îlots de tubercules crétacés, blancs, durs au toucher. Les viscères présentent également un grand nombre de petites masses tuberculeuses. Les circonvolutions de l’intestin grêle sont réunies entre elles par des adhérences ; pas de liquide péritonéal. A la face interne de l’intestin grêle, quelques ulcérations peu avancées et siégeant surtout vers la partie inférieure.
L’estomac, très-difficile à isoler, est entouré d’une sorte de masse adhérente formée de fausses membranes et de ganglions tuberculeux. Le foie est très-volumineux et ramolli. La vessie, l’utérus, les trompes et les ovaires sont farcis de petites masses tuberculeuses.
Les poumons présentent des adhérences très-étendues à la plèvre pariétale. Ils sont diminués de volume et remplis de tubercules ramollis. Le sommet du poumon droit est converti en une vaste caverne ; le gauche offre un certain nombre de cavernules. Cœur mou. Rien du côté du cerveau et des méninges.
L’œil droit est indemne de toute lésion. Le gauche contient un tubercule de la grosseur d’une amande, développé dans la choroïde, ayant repoussé et décollé la rétine dans la presque totalité de sa circonférence.. Au niveau du tubercule, la sclérotique est très-amincie et envahie par des granulations tuberculeuses. L’examen microscopique montre qu’il s’agit réellement d’un produit tuberculeux.
M. Th. Anger, dans les réflexions dont il fait suivre cette observation, montre les difficultés qu’il y avait, dans ce cas, à reconnaître la Dature de l’irido-choroïdite tuberculeuse chez une jeune femme atteinte de syphilis et ne présentant, pendant plusieurs mois, aucun des symptômes physiques et rationnels de la tuberculose. Il insiste sur la circonstance véritablement rare et exceptionneile de la localisation de . la tuberculose dans l’œil pendant plusieurs mois, et il se demande si, le cas échéant et qu’il fût possible d’établir un diagnostic positif au début même de l’irido-choroïdite tuberculeuse, il n’y aurait pas lieu, de chercher par l’extirpation de l’œil, dont les fonctions sont d’ailleurs perdues, à prévenir la généralisation de la tuberculose.
M. Terrier dit qu’il ne saurait partager cette manière de voir. Rien ne prouve que cette malade n’eût pas, en même temps que son tubercule de la choroïde, des tubercules dans d’autres organes. Il est difficile d’admettre que l’extirpation de l’œil tuberculeux eût pu avoir pour effet d’empêcher la tuberculose de se généraliser.
M. Giraud-Teulon fait observer que les tubercules de la choroïde ne sont guère que le résultat de la généralisation de la tuberculose.
M* Panas est également d’avis que la tuberculose de l’œil est presque toujours consécutive à d’autres manifestations de la diathèse tuberculeuse. Cependant, il existe des cas dans lesquels la tuberculose s’est manifestée primitivement dans l’œil avant de se montrer dans tout autre organe. S’il y avait déjà des tubercules dans le poumon, c’est ce que la percussion et l’auscultation ne permettaient pas de reconnaître, car la tuberculose peut évoluer pendant un temps assez long sans phénomènes généraux ou locaux apparents. M. Panas a dû pratiquer deux fois l’énucléation de l’œil, une fois chez un enfant; une autre fois chez une jeune fille de 18 ans, ^ pour des accidents graves de désorganisation de l’organe par des tubercules. Ces malades n avaient pas de tuberculose pulmonaire, mais ils appartenaient à des familles tuberculeuses; M. Panas avait diagnostiqué des tubercules de l’œil, et ce diagnostic a été vérifié par
L’UNION MÉDICALE Samedi 1er Février 1879
OPHTHALMOLOGIE
Clinique des Maladies des yeux, — M. CABRÉ.
DU ZONA OPHTIUI.MIQUE. — OBSERVATION.
Le zona ophthalmique est une affection qui n’èst pas encore parfaitement connue dans la pratique. On la confond assez souvent avec un érysipèle vésiculeux ou bulbeux, ou quelquefois avec de l’eczéma ou de l’impétigo. Il vient de s’en présenter à ma clinique deux càs qui tous deux avaient été pris pour un érysipèle. Les ulcérations étaient à peu près Cicatrisées, mais l’un des malades était atteint d’une iritis séreuse, l’autre d’une large ulcération de là cornée* avec iritis et synéchies postérieures. Ce sont ces accidents du c6té des yeux, assez fréquents dans le zona, qui les amenaient à la clinique: L’un des malades, dont nous donnons plus loin l’observation* a été présenté à la Société de médecine pratiqué dans la séance du 3 décembre dernier.
Cette confusion vient sans doute de ce que le zona ophthalmique n’est étudié que depuis assez peu de temps. Lès premières observations datent de Rayer (1)* de Haen (2), de Cazenave (3) et de Traube (4). Mais il ne s’agissait que de cas isolés, considérés comme exceptionnels, dont quelques-uns d’ailleurs ont été incomplètement analysés. Il faut arriver en 1866 pour trouver une étude complète de la question. A cette époque, un chirurgien anglais de grand mérite* Hutchinson, publia un mémoire dans lequel il avait réuni 16 observations de zona (5). Depuis lors, le même chirurgien a publié 28 observations nouvelles (6); C’est l’auteur qui paraît avoir observé le plus grand nombre de cas de zona. Après lui vient Bowman (7).
(1) Traité des matadies de la, peau, t. I.
(2) De Febrium divisione. Thèse.
(3) Journal hebdomadaire , l. I.
(4) Deutsche Klinik, 1859.
(5) A Clinical Report on herpes zoster frontalis seu ophthalmicus, in The royal London * ophthalmic hospital Reports, etc., volume V.
(6) Idem, volume VI. j
(7) Idem, volume VI.
FEUILLETON
CAUSERIES
Assurément, nori* je ne tourne pas au pessimisme. Ni lëS ans, ttl les déceptions, ni les désillusions n’ont pu atrophier Chez moi cette bossfe de Pespérattcè qui fait què* né optimiste* on meurt optimiste, — à des degrés divers, bien entendu. Donc, la désespérance n’est pas mon fait, et toujours, même dans les moments les plus critiques, j’ai vu que vivait encore dans mon parterre cette fleur dont parle le poète arabe, qui boutonne sans cessé et ne s’épanouit jamais : l’espérance !
Pourquoi donc, aujourd’hui* vois-je s’étendre dans mon esprit comme un voile de mélancolie, même de tristesse, presque de découragement? Ce long ét cruel hiver, qui me tient presque bloqué dans ma cabane, influe-t-il à ce point sur cette disposition? Les incidents politiques* dont heureusement je n’ai pas à m’occuper ici, y contribueraient-ils pour quelque chose? Les conflits qui s’élèvent de tous côtés dans les Sociétés savantes, et sur des questions que l’on croyait jugées et résolues, auraient-ils cette influence? Il y a probablement un peu de tout cela, et bien indifférent serait celui qui se désintéresserait de tout ce qui se passe en ce moment.
Pour rester sur le domaine purement scientifique, qui pourrait voir sans une certaine peine les dissentiments qui se produisent entre des savants aussi considérables que MM. Pasteur, Berthelot, Trécul et Colin sur cette question des ferments que nous croyions si complètement élucidée par les expériences si brillantes et si Séduisantes de M. Pasteur? On croyait savoir Tome XXVII. — Troisième série. j/,
En France, le travail le plus sérieux qui ait été fait sur cette matière est, sans contredit, la thèse inaugurale du docteur Albert Hybord, qui date de 1872 (1). On y trouve 98 observations, dont quelques-unes ont été recueillies par l’auteur et les autres prises dans divers mémoires.
Citons aussi, en passant, une étude du docteur Abrahmsz, d’Utrecht (2), deux mémoires du docteur Coppez, de Bruxelles (3), différents travaux des docteurs Giraud-Teulon (4), Galezowski (5), Sichel fils (6) et Coursserant (7), une thèse récente du docteur Pacton (8).
Cette affection n’est pas seulement connue depuis peu de temps; elle est encore assez rare chez nous, et il est beaucoup de praticiens qui n’ont jamais eu occasion de la rencontrer. Il paraît qu’en Allemagne et en Hollande, on l’observe plus souvent. Mais l’Angleterre est son lieu de prédilection.
Voici, en résumé, le tableau du zona ophthalmique :
On constate, généralement des prodromes locaux, consistant en douleurs névralgiques siégeant sur le trajet des branches du nerf ophthalmique, et précédant quelquefois de plusieurs jours l’éruption; de plus, la peau est affectée d’une hypéresthésie excessive : le moindre attouchement est très-douloureux. Les prodromes généraux sont plus rares. Quand ils existent, ils consistent en fièvre, courbature, céphalalgie, anorexie, vomissements. Quelquefois, ces différents phénomènes font complètement défaut, et l’éruption débute d’emblée.
Cette éruption commence par des plaques rouges disséminées sur le front, la tempe, une partie du cuir chevelu, et quelquefois la racine et l’aile du nez, mais toujours d’un seul côté : la ligne médiane n’est jamais dépassée. Ces plaques rouges s’accompagnent d’un œdème plus ou moins considérable des parties qui sont atteintes; puis, après un temps variable, un ou deux jours, ou même quelques
(1) Du zona ophthalmique et des lésions oculaires qui s'y rattachent. Thèse de Paris, 1872.
(2) Neuritis rami primi trigemini. Utrecht, 1873.
(3) Annales d’oculistique, t. LXIX et LXXV.
(4) Annales d’oculistique, t. XLIV.
(5) Traité des maladies des yeux.
(6) Union Médicale, 1871.
(7) Zona ophthalmique de cause traumatique. France médicale, 1378.
(8) Du zona ophthalmique. Thèse de Paris, 1878.
quelque chose, alors arrive un illustre savant qui vous dit : Prenez garde 1 Tout cela pourrait bien n’être qu’une hypothèse ingénieuse. Vrai, cela m’afflige. J’ai besoin de croire, et le doute n’a jamais été pour moi le doux oreiller de Montaigne.
En voici bien d’une autre !
Depuis un siècle à peu près, la chimie vit sur l’œuvre si complète et si harmonieuse de Lavoisier, si bien que chaque découverte de détail venait se placer comme dans un casier préparé d’avance dans la conception générale de l’immortel et malheureux fermier général. Ainsi, de la sublime conception newtonienne dont toutes les découvertes astronomiques ne font que justifier et corroborer la justesse.
Eh bien, d’après les recherches d’un physicien anglais, M. Normann Lockyer, la théorie chimique de Lavoisier subirait de graves atteintes. Ce physicien, en effet, aurait 'trouvé qu’il n’y a plus de corps simples, à l’exception de l’hydrogène, qui formerait là base unique de ce que nous appelons la matière. Voilà qui est dur pour les médecins de ma génération, qui en sont restés à la chimie d’Orfila.
Jusqu’ici les découvertes de Normann Lockyer restent à l’état d’assertions; il annonce l’exhibition prochaine de ses expériences et de ses preuves.
Par exemple, ce que je vois sans trop de déplaisir, ce sont les tentatives de plus en plus nombreuses de démolition des doctrines de la descendance. Aujourd’hui, c’est le tour de M. le professeur Joly, de Toulouse, qui, dans un travail très-bien fait, très-topique publié dans la Revue scientifique (1), est arrivé aux principales conclusions suivantes :
De l’ensemble des observations faites jusqu’à présent, il résulte que le crâne humain a
(1) Les types crâniens dits primitifs, n° 29, 1877.
heures, il se produit des vésicules qui ne tardent pas à devenir grosses comme des pois, ou même quelquefois comme des cerises. Elles renferment un liquide citrin d’abord, pdrulent ensuite : la vésicule s’est transformée en pustule.
Le territoire animé par les divers rameaux de l’ophlhalmique n’est pas affecté d’une manière uniforme. Dans les cas ordinaires, l’éruption s’arrête au front et au cuir chevelu; dans les cas plus graves, la racine et l’aile du nez sont envahies. Mais alors, le plus souvent, l’œil du même côté devient malade. Il survient de la conjonctivite, une kératite ou une iritis! C’est que les nerfs ciliaires proviennent, soit directement du rameau nasal, soit indirectement par l’intermédiaire du ganglion ophthalmique ; aussi Hutchinson a-t-il proposé d’appeler ce rameau oculonasal.
Toutefois, les lésions de l’œil et du nez ne sont pas nécessairement liées : l’un ou l’autre peut être atteint séparément, mais ce n’est pas la règle.
Sur la paupière supérieure, l’éruption est généralement de peu d’importance, et elle est d’ordinaire limitée à la partie interne, quand elle existe. Cependant, dans le cas que nous rapportons plus loin, toute la paupière était prise, y compris le bord libre, qui avait perdu presque tous ses cils.
La paupière inférieure demeure intacte. On a publié deux ou trois observations dans lesquelles l’éruption occupait cette paupière et la joue (Sichel fils, Carry) ; mais il faut considérer ces cas comme tout à fait exceptionnels.
Somme toute, l’éruption est circonscrite, en arrière, par le bord postérieur d’un pariétal : en dedans, par le plan médian jusqu’à l’extrémité du nez; en bas, par une ligne qui part du sillon naso-labial, remonte dans lé grand angle de l’œil, suit le bord libre de la paupière supérieure pour gagner la queue du sourcil ; en dehors, par une autre ligne qui part de la queue du sourcil pour rejoindre l’angle postérieur et externe du pariétal.
L’éruption est particulièrement confluente au niveau du point d’émergence des rameaux, principalement au niveau du sus-orbitaire; mais elle présente des dispositions' et des arrangements très-irréguliers.
Quand il n’y a pas de fièvre au début, il en survient presque toujours un peu lorsque les vésicules apparaissent; mais cette fièvre légère est de courte durée.
En même temps, c’est-à-dire lorsque l’éclosion des vésicules est terminée, les douleurs deviennent moins fréquentes, mais les malades s§ plaignent d’une démangeaison des plus vives. Toutefois l’hypéresthésie, qui dure encore d’ordinaire
offert, dans tous les temps, de grandes variations, soit dans sa forme, soit dans son volume, soit dans ses proportions par rapport à la face ;
S’il est vrai que par leurs faibles dimensions dans tous les sens, par leur front bas, aplati et fuyant, par leurs arcades sus-orbitaires fortement saillantes, par leurs sutures peu compliquées, par l’épaisseur des os qui les constituent, par leur face plus ou moins prognate, certains crânes humains d’une authenticité préhistorique bien établie, offrent des caractères évidents d’infériorité, d’autres, non moins anciens, présentent des caractères tout opposés, et se rapprochent des types contemporains réputés les plus parfaits ;
Jusqu’à présent du moins, l’étude des têtes osseuses et autres débris humains préhistoriques ne nous autorise point à penser et encore moins à soutenir que l’homme primitif, et par suite l’homme actuel, soient d’origine si simienne ;
L’établissement et la classification des races humaines d’après les seuls caractères fournis par la tête osseuse ne sont ni logiques, ni naturels, ni possibles.
M. Joly termine son travail en reproduisant une anecdote racontée par le professeur Virchow au dernier Congrès anthropologique de Bruxelles :
« On considère, disait Virchow, généralement la capacité de la boîte crânienne comme un indice presque certain du développement des. facultés psychiques. Or, la Société anthropologique de Berlin a reçu récemment deux crânes, l’un d’homme, l’autre de femme, provenant de fouilles faites à Athènes et remontant positivement à l’époque macédonienne. Ces crânes avaient une capacité qui est regardée aujourd’hui comme insuffisante à donner un développement psychique normal. Le second a la capacité du crâne d’un sauvage de la Nouvelle- Hollande; le premier, le mâle, était un peu plus grand. On pourrait regarder celui de la femme comme mongoloïde par ses caractères anatomiques, et si on l’avait trouvé à Furfooz, on le
quelque temps, empêche les malades de se gratter. Ce n’est qüe dans les cas exceptionnels où l’hyperesthésie fait défaut, qu’ils peuvent porter les doigts sur le front et que l’arrachement des croûtes peut être invoqué pour expliquer les cicatrices profondes que l’on remarque à la fin.
Quand ces croûtes sont tombées, on constate, en effet, de nombreuses cicatrices qui sont de deux sortes : les unes, superficielles, s’effaçant peu à peu et finissant par disparaître; les autres, plus profondes, qui sont indélébiles et permettent de diagnostiquer un zona longtemps après qu’il est guéri. Le fond de ces cicatrices est rouge d’abord, puis cette coloration s'efface et est remplacée pat* un aspect terreux caractéristique.
La durée de l’éruption, depuis l’apparition des plaques jusqu’à la* cicatrisation des pustules, est d’environ trois semaines en rpoyenne,
A l’hypérpsthésig du début succède, avec la cicatrisation, une anesthésie trèsmarquée : les malades disent vulgairement que tout Qe côté de la tête est mort, Quelquefois, en même temps, il survient des douleurs névralgiques, principalement au niveau de la sortie du sus-orbitaire, qui peuvent durer pendant un temps trèsr long. C/est ce qu’qn a appelé l’anesthésie douloureuse, Chez ub malade de Trousseau, les douleurs auraient persisté pendant quatorze ans. {Clinique médicale dç V Hôtel-Dieu.) Seulement, noua ne savons pas s’il s’agissait d’un zona ophthalmique, ou d’un zona du tronc,
Quant aux lésions oculaires, qu’il faut toujours redouter quand on voit l’aile dq nez prise, elles consistent, pour les cas légers, dans deux formes de conjonctivite : l’une, qui ressemble à une conjonctivite catarrhale, et l’autre à une conjonctivite pustuleuse. Dans les cas graves, on observe une iritis séreuse ou plastique, diverses variétés de kératite, interstitielle, pustuleuse ou ulcéreuse. La forme ulcéreuse est la plus commune ; c’est aussi la lésion oculaire vraiment dangereuse. Les autres lésions guérissent généralement bien; celle-ci laisse pour le moins un lauconie, eomme bien on pense. Elle peut encore entraîner la perforation de la cornée, mais exceptionnellement. La kératite et l’iritjs coexistent assez généralement. Dans les 93 cas rapportés par M. Hybord, les altérations de l’œil se sont montrées 44 fois; la kératite a existé 26 fois, l’iritis 22; chez 22 malades, la kératite et l’iritjs ont marché de pair ; l’iritis n’a existé seule que 5 fois.
Les différents symptômes que nous ayons énumérés différencient complètement
considérerait certainement comme «ne race très-inférieure et très-primitive ; pourtant, il appartenait à une femme nommée tatkepa (Glycère), d’après l’inscription du tombeau , et qui évidemment devait être dans une situation privilégiée, ainsi que le prouvent les objets précieux déposés dans son tombeau, et la place même de celui-ci au milieu de la ville. Bien plus, la reproduction des mêmes caractères, bien qu'à un degré moindre, dans le crâne mâle, nous permet de penser que ce type n'était alors ni rare ni étrange. Cela montre que l’on ne peut encore rien dire de positif sur le type des races primitives . »
Depuis l’année fatale, je crois que c’est la première fois que le nom du professeur Virchow se trouve sous ma plume. Je ne peux pas oublier qu’il a terni sa gloire de savant en insultant la France, malheureuse et vaincue. Cependant, un auxiliaire de cette valeur ne peut pas être négligé, et, tout en gardant un patriotique ressentiment oontre l’insulteur de mon pays , je dois philosophiquement aussi me souvenir qu'il a l’un des premiers combattu la doctrine de la descendance, et éloquemment développé ces quatre propositions que je demande opportunément à reproduire ici s
1° La théorie de la descendance n’est pas encore une vérité scientifique à laquelle on puisse accorder une foi certaine;
2“ Si elle était vraie, il faudrait l’introduire dans les programmes scolaires ;
3° Poussée jusqu’à ses dernières conséquences, la théorie de la descendance a un côté extrêmement dangereux ;
Nous ne pouvons pas enseigner que l’homme descend du singe ou d’aucun animal.
Ce qui doit donner à réfléchir, c’est que le partisan le plus accentué de la théorie de la descendance, M. Haeckel, s effraie lui-même à la pensée de l'enseigner dans les écoles, quoique, par une manière de (voir que je ne m’explique pas, que je cherche à comprendre, et qui
JL’UNJQN MÉDICALE.
le zona de l’érysipèle. Nous roet,t9P5 eh regard pi- çle§sous les signes particuliers à ces deux affections :
Érysipèle de la face. Zona ûphthalmiquc
Prodromes généraux fébriles toujours.
Pas de douleurs névralgiques avant l’éruption. Engorgement ganglionnaire.
Part presque toujours d’une narine.
..Ng.ge limite pas â un cQlé de la tête,
Les dep paupières sont également ou indistinctement affectées, œil rarement malade.
Grosses bulles.
Ne laisse pas de cicatrices.'
Pas d’anesthésie ni de douleurs profondes h la fin.
Pronostic assez grave.
Récidive souvent.
Prodromes généraux fébriles rares.
Douleurs névralgiques le plus souvent.
Pas d’engorgement ganglionnaire.
Débute immédiatement sur le front.
Tj-ès-exaètemen^ limité â un opté du front, et et du cuir çlievelu,
La paupière supérieure seule est prise.
Lésions oculaires dans la moitié des cas environ.
i Vésicules plus petites et plus arrondies.
Laisse des cicatrices Indélébiles.
Anesthésie, quelquefois douloureuse.
Ne met jamais la vie en danger,
Ne récidive jamais,
É’eczéma de la face et l’impétigo ge distinguent aussi facilement du zona par l’absence de douleurs vives, des vésicules moins volumineuses et surtout parce caractère important que le siège n’a rien de précis. L’an dernier, nous avons observé à notre clinique une petite fille affectée d’un impétigo du front s’accompagnant d’un abcès de la cornée. Le premier jour, nous pensâmes qu’il s’agissait d’un zona ; l’éruption n’occupait qu’un côté du front et la paupière supérieure. Mais, deux jours après, elle franchissait la ligne médiané, débordait sur l’autre côté du front et du cuir chevelu et envahissait la paupière inférieure et la joue, Éhfip qp voyait apparaître entre les fesses une éruption analogue ; c’était de, l’impétigo. (4 suivre.)
me paraît singulièrement contradictoire, les sectateurs de la descendance conseillent aux socialistes de ne pas propager cepe doctrine qui proclame hautement, disentdfë, que le socialisme est inapplicable.
Tout cela s’accorde assez bien avec les réflexions que yops présentait dans notre dernier numéro notre amj et collaborateur M. Ferrand sur la théorie de l’évolutionisme. Mêmes obscurités, mêmes contradictions et cependant mêmes affirmations téméraires de chaque côté. Ne nous illusionnons pas, nous sommes en pleine révolution, révolution scientifique, philosophique, politique,, sociale, littéraire, artistique. Regarde? autour dq vous et voyez ce qui s’est produit .seulement de changements depuis, vingt ans, Si le mot révolution vous effraie, supprimez la première consonne et dites que l’humanité est en pleine évolution, Qu’en sortira-t-il? Dieu le sait. Mais rien ne peut ébranler ma confiance dans la solidité, dans les ressources, dans le bon sens et au besoin dans l’énergie de mon pays. Il est vrai qu’il est sujet à des caprices, mon cher et beau pays. Mais ils ne sont pas durables. Il en a un à cette heure, par exemple, que je ne lui pardonne guère, c’est féngouement dont il s’est épris pour un livre ‘abominablement laid et qui en est dit-on à sa cinquantième édition.
— Vous l’avez donc lu, me direz-vous ?
— Certainement que je l’ai lu, mais de la façon qu’un bon observateur prend une observation pathologique. Et ce livre n’est pour moi qu’un cas pathologique; or, pour préciser le diagnostic, assurer le pronostic et arriver à une thérapie rationnelle, est-çe qu’il ne faut pas se livrer aux examens les plus répugnants, aux investigations les plus dégoûtantes? C’est précisément ce que j’ai fait en lisant cet affreux livre, et en voyant son succès, je me suis dit : Il est malade ce peuple qui applaudit une œuvre pareille, et qui oublie pour elle les immortelles pages de Paul et Virginie, de Candide, de Picciola, de Carmen , de Consuelo et
THÉRAPEUTIQUE