‹ L'Union médicaleChapitre 22 sur 176 · L’EXTRAIT DE STIGMATES DE MAIS DANS LES MALADIES DE LA VESSIE · texte numérisé non relu

L’EXTRAIT DE STIGMATES DE MAIS DANS LES MALADIES DE LA VESSIE

Par le docteur H. Dassein.

Nous avons déjà résumé l’ensemble des faits qui nous ont été communiqués au sujet de l’emploi de l’extrait de stigmates de maïs dans les maladies de la vessie, et nous avons essayé d’en faire sortir une conclusion pratique. Il nous reste aujourd’hui à analyser quelqties-unes de ces observations, afin de mieux préciser les effets produits et les résultats obtenus.

Ce qui frappe au premier abord, dans les observations que nous avons sous les yeux, c’est la rapidité avec laquelle agit l’extrait de stigmates de maïs. Le plus souvent, l’amélioration survient dès les quatre ou cinq premiers jours. Ce qui surprend également, ce sont les modifications profondes apportées par son usage dans l’état des voies urinaires.

Ainsi, des malades, souvent très-âgés, atteints de gravelles anciennes, de catarrhes purulents, de dysuries, tels quelquefois qu’ils ne peuvent uriner sans le secours de la sonde, voient tous ces accidents disparaître complètement. Et cela, après avoir employé souvent, soit sans aucun résultat, soit seulement avec une amélioration légère, tous les moyens usités en pareil cas.

Le docteur Deny, de Nangis (Seine-et-Marne), bien placé pour observer certains de ces cas, puisqu’il dirige un hôpital de vieillards, nous donne à cet égard plusieurs observations trèsconcluantes. C’est d’abord un vieillard de 82 ans, atteint d’un vieux catarrhe purulent, et qu’on est obligé de sonder, qui, après quelques jours de traitement, urine seul, et ne présente aucune trace de pus. — Deux autres vieillards, cités par le même observateur, sont dans le même cas. — Un quatrième malade, atteint de gravelle urique ancienne avec miction trèsdouloureuse, obligé, pour se procurer quelque soulagement, de prendre des bains quotidiens, d’user constamment d’eau de Contrexéville et d’obéir à la diététique la plus sévère, voit trèsrapidement ses urines devenir pâles et limpides. Il n’y a plus la moindre trace de sable, la moindre douleur en urinant.

Le docteur Picou, de Meslay (Mayenne), nous donne également quatre observations, — deux néphrites calculeuses avec muco-pus et graviers dans les urines, et deux cystites chroniques accompagnées de catarrhe vésical, dans lesquelles le résultat a été si prompt et l’efficacité si manifeste, qu’il en exprime toute sa surprise.

Deux autres cas de guérison de cystite chronique, également remarquables en raison de l’ancienneté de la maladie et de la promptitude des résultats, nous sont donnés par le docteur Doussan, de Grasse.

Un autre fait très-intéressant nous est signalé par le docteur Mazet, de Montfort-l’Amaury. — Il s’agit d’un vieillard de 83 ans qui, depuis deux ans, n’avait pu uriner sans le secours

tant d’autres chefs-d’œuvre de goût, de grâce, de finesse et de sentiment. Et voyez comme tout se tient et s’enchaîne : naturalisme en littérature, réalisme en peinture, matérialisme en philosophie, égalitarisme en sociologie, qui pourrait méconnaître le lien qui rattache les unes aux autres, les aspirations et les œuvres actuelles.

Dr SlMPLICE.

Bienfaiteurs de l’Association. — Une erreur a été commise dans la liste des dons à la Caisse des pensions de retraite, publiée dans notre dernier numéro. Voici comment elle doit être rétablie :

MM.Otterbourg et Roger . . .

Piogey et Roger .

Dionis .

Georges Marjolin .

Robert Wickham .

Piogey . '

Boutin .

JourÜanet . . ! !

La Société médicale du IXe arrondissement

50 francs.

895 francs.

l’union médicale

de la sonde. — Six à sept jours après le début du traitement, les urines sont plus abondantes et l’excitation vésicale beaucoup moindre. On arrive à ne plus le sonder que deux fois dans les vingt-quatre heures, et enfin il urine seul.

Mais nous ne pouvons citer tous ces cas, dont nous avons les observations sous les yeux, car ce serait nous répéter indéfiniment. — Il y en a d’autres d’ailleurs, moins heureux, mais quelques-uns presque aussi concluants, et dont nous devons dire aussi quelques mots.

En voici un du docteur Dhers, d’Arné (Hautes-Pyrénées). Il s’agit d’un homme de 69 ans, atteint de catarrhe vésical depuis dix ans, ayant employé à plusieurs reprises les eaux de Capvern et les divers médicaments usités. — Il n’est pas complètement guéri, mais l’amélioration obtenue constitue déjà un grand bienfait. — Nous citons textuellement les paroles de notre confrère : « Les envies d’uriner sont devenues moins fréquentes, la miction est moins douloureuse, les urines ont perdu leur odeur ammoniacale et elles déposent beaucoup moins. En outre, l’état général est considérablement amélioré et le malade a repris ses forces. »

Un autre, dont nous parle le docteur Van de Keere, de Cirey-sur-Blaise (Haute-Marne), également malade depuis fort longtemps, « a repris des forces, de l’embonpoint et des couleurs, malgré ses 79 ans. — L’émission des urines est moins fréquente et plus abondante. Elles contiennent moins de mucus, leur couleur est naturelle et leur odeur moins ammoniacale. »

Restent les revers. — Si on ne compte pas, et ils ne doivent pas l’être, les cas où la médication n’a été qu’ébauchée, et ceux dans lesquels une affection organique ou la gravité toute particulière devaient enlever à priori tout espoir, ces revers sont très-peu nombreux. Et encore, pour la plupart, portent-ils un enseignement dont nous pouvons tirer profit. Cet enseignement, c’est que l’extrait de stigmates de maïs ne convient pas aux phlegmasies franches, les plus rares d’ailleurs quand il s’agit des voies urinaires, et qu’il faut le réserver pour les cas beaucoup plus nombreux où il est nécessaire de modifier la muqueuse.

Depuis la publication de notre premier article, nous avons reçu une lettre du docteur Cabasse (de Bourbonne-les-Bains), qui, faute d’extrait, a employé la tisane de stigmates de maïs, et en a obtenu d’excellents résultats.

Les faits rapportés par le docteur Cabasse viennent à l’appui de ce que nous avons écrit nous-même; mais si l’on obtient de bons effets avec la tisane, on conçoit facilement qu’il y ait bien plus à espérer. encore avec l’extrait, nécessairement beaucoup plus actif. — Nous conseillerions donc, dans le cas où l’on aurait des stigmates de maïs, d’édulcorer la tisane avec le sirop d’extrait, au lieu de l’étendre simplement avec de l’eau ordinaire ; mais nous préférerons toujours le sirop étendu d’eau à la tisane seule. — Trois cuillerées à bouche de ce sirop représentant, en effet, trois ou quatre litres de tisane, l’emploi en est bien plus facile.

Mais la forme n’est rien à côté du fait que nous avons voulu démontrer, et notre but sera atteint si nous parvenons à faire entrer les stigmates de maïs dans la thérapeutique des maladies des voies urinaires, contre lesquelles nous sommes si souvent désarmés.

ACADEMIES ET SOCIETES SAVANTES

ACADÉMIE DES SCIENCES

Séance du 27 janvier 1879. — Présidence de M. Daobrée.

M. Du Moncel présente, de la part de M. William Crookes, une note sur la lumière produite au sein du vide par l’électricité d’induction; — et, de la part de M. Crower, un nouveau téléphone, sans pile, que l’inventeur fait fonctionner devant l’Académie.

M. Vulpian dépose sur le bureau une note de M. Jousset de Belleyme, de Nantes, relative aux dangers du grenat. Le grenat est le résidu de la fuchsine, et on l’emploie pour teindre les vins. Nous ne reproduisons pas la description des désordres, souvent mortels, qu’entraîne l’usage de cette substance, parce que M. Wurtz a fait suivre la communication de M. Vulpian de cette remarque, à savoir que les dangers signalés résultent non dut grenat, absolument inoffensif par lui-même, mais de l’arsenic qu’il contient lorsqu’il a été mal préparé.

M. Charpentier, agrégé de la Faculté de médecine de Nancy, adresse un travail sur la physiologie de la vision.

Dans un de mes précédents bulletins, j’ai dit un mot d’un procédé économique de balnéation employé au 69e de ligne, en garnison à Nancy, par M. le docteur Huro, médecin-major. Voici en quoi il consiste : Chaque homme est successivement placé debout dans un baquet d’eau chaude formant bain de pieds; il est soumis à une douche pulvérulente d’eau chaude pendant quelques minutes; ainsi aspergé, l’homme se frotte ensuite le corps avec un fragment de savon noir et une brosse mise à sa disposition. Un seconde aspersion d’eau chaude rince complètement le baigneur, qui achève ses ablutions par un lavage de la figure é l’eau

froide. Chaque jour une compagnie de 80 à 100 hommes peut ainsi subir un lavage de propreté, et la dépense totale ne s’élève pas, par séance, à plus de 1 tr, 2Q, soit 0 fr. 042 homme.

C’est un résultat extrêmement remarquable. Il faut féliciter M. le docteur Huro de l’avoir obtenu, et souhaiter que le bain à l’éponge, adopté par les chefs de corps, devienne bientôt d’un usage général dans l’armée.

Je ne connais du mémoire de M. Huro que ce qu’en a dit M. le baron Larrey. Je regrette d’autant plus de n’avoir pas le texte sous les yeux, que je suis bien sûr que mon honorable confrère aura rendu justice à qui de droit, et cité le nom de l’officier qui, le premier, a eu l’idée de ces bains rapides et économiques. Ce qui va suivre n’est donc qu’une revendioation conditionnelle et très-probablement inutile.

Au mois de février 1866, — il y a treize ans, — M. V. Marchand, alors chef de bataillon du génie, à Melun, adressait au ministre de la guerre une note sur ce qu’il appelait le bain k l'éponge. Le ministre, tout en le félicitant, lui fit répondre que son travail manquait d'opportunité, ce qui, pour le remarquer en passant, ne présente pas le moindre sens. En 1871, l’auteur publia sa note en une brochure, intitulée : Quelques mois sur lapropreté et l’ hygiène du soldat. Il l’adressa au général Gandil, son ami, qui commandait à cette époque la brigade dont fait partie le 69* régiment d’infanterie.

Par sa circulaire, en date du 22 janvier 1874 et relative aux lavabos des casernes, le ministre putorjsa M. V. Marchand à. essayer le système des bains à l’éponge ; mais cet essai ne fut pas tenté par des circonstances indépendantes de la volonté de l’inventeur. Enfin, il y a deux mois environ, un rapport sur le même sujet fut adressé au ministre par M. Marchand, maintenant colonel directeur du génie, à Marseille, pour tous les casernements placés sous sa direction. Voilà pour l’historique de la question. Voyons maintenant en quoi consiste le système : c’est le bain arabe, ou maure, réduit à sa plus simple expression. Dans une étuve, dont l’aqteiu' indique le mode de construction et donne le devis, se trouvent deux robinets, l’un d’eau chaude, l’autre d’eau froide, permettant de remplir d’eau tiède des vases où est une grosse et rude éponge. Un autre vase contient du savon analogue à celui dont se servent les arabes, et ap moyen duquel, par un léger frottement, on peut être couvert de mousse des pieds à la tête. C’est tout le mobilier. Un homme entre; au bout de quelques minutes, il commence à transpirer. Il se frotte alors de savon, puis s’éponge de haut en bas, s’essuie et se r’hàbilie, Il a suffi de dix minutes pour qù’il fijt parfaitement propre.

B!r calculant, au maximmUf les frais d’installation et, au minimum» le nombre des bains qui seront donnés, c’est-à-dire pour ce dernier point, en supposant que chaque homme ne se baigne qu’une fois par mois, pendant les neuf mois où l’on ne peut prendre les bains de •rivière, et que, par conséquent, on ne phauffe l'étuve qu’une semaine par mois, la dépense. .de chaque bain doit être évaluée à moins de 2 centimes par homme. Si la garnison était assez considérable pour qu’on chauffât en tout temps, c’est-à-dire quatre semaines par mois pen-' dant neuf mois, le chiffre s’abaisserait au-dessous d’un demi-centime.

Il serait donc extrêmement désirable que le système du colonel Marchand fût appliqué dans une des garnisons de France; on en pourrait comparer le fonctionnement et les résultats avec ceux du docteur Huro. Il serait également à désirer que l’initiative privée, que l’industrie libre eussent la bonne pensée de faire profiter de procédés si peu coûteux les ouvriers, par exemple, des grandes villes et des centres manufacturiers, l’hygiène y trouverait largement son compte. M, le colonel Marchand, qui a pris pour épigraphe ' Cet aphorisme rdè Augustin : « La propreté est la moitié d’une vertu », termine sa brochure par ces réflexions, en guise de commentaire : « De même que l’esprit régit le corps, de même aussi les Habitudes du corps réagissent parfois sur les dispositions , morales. Il ne faut pas avoir beaucoup observé pour avoir remarqué qü’un soldat, quand il est eh tenue, qu’un homme ou une femme du peuple, quand ils sont proprement habillés, sont , par cela même, dans une situation d’esprit spéciale qui leur donne une sorte de retenue et de convenance exceptionnelles. — Généraliser a propreté, c’est donc répandre à la fois la santé et la délicatesse morale c’est éleyer

le niveau général au point de vue moral, coihme au point dô vue physique. »

y\m la par°,e’ i,Acaaémie se forme en comité secret à quatre h WW

SOCIÉTÉ DE MÉDECINE LÉGALE

Discours prononcé par M. Devilliers, en prenant possession de la présidence de la Société, dans la séance du 13 janvier 1879 :

Messieurs,

Appelé par vos suffrages bienveillants à succéder, dans sa présidence de la Société de médecine légaje, à des hommes aussi éminents que MM. Devergie, Béliier, GUérard et Hémar, je me sens, en montant au fauteuil, partagé eptfe deux sentiments : d’abord celui d’une profonde reconnaissance pour vous qui avez bien voulu me juger digne d’ùn pareil honneur; puis, en faisant un retour sur moi-même, j’éprouve un sentiment de doute sur les mérites que vous me croyez posséder pour les fonctions auxquelles vous m’appelez et dont je sais mesurer toute l’importance. C’est sans contredit à votre grande indulgence et à des amitiés déjà anciennes que je suis redevable de la distinction qui m’échoit, et à laquelle je songeais d’aulapt moins que, comme je vous l’ai déjà dit dans la dernière séance, une Série de circonstances m’ont empêché, pendant ces dernières années, de prendre une part aussi active que je l’aurais désiré à vos travaux toujours si intéressants et si utiles. Recevez donc mes remércîmenls les plus sincères, et croyez que je m’efforcerai, dans la limite de mes moyens, de faciliter votre tâche, souvent très-délicate.

Si mes prédécesseurs ont considéré comme une assez grande responsabilité la présidence de la Société de médecine légale, pomment voulez-vous que je n’apprécie pas à leur juste valeur les fonctions qui m’incombent aujourd’hui? Je succède directement à un magistrat distingué, à M. Hémar, chez qui vous avez tous apprécié la haute valeur du jugement et la solidité de l’esprit au milieu dé vos discussions, qu’il savait diriger avec une équitable fermeté, feufesé-je marcher sur ses traces ! Aussi, après un président de cette valeur, me trouÿé-je heureux, dans le poste que je vais occuper, de retrouver auprès de moi un membre épAnent de la magistrature, et de pouvoir compter comme nouveau collègue au bureau M. l’avocat général Çhoppin d’Arnouville, qui viendra, avec mon autre collègue M, Lefoiï et notre cher Secrétaire général, aider mon inexpérience ; je veux m’appuyer sur eux, comme je les prie de compter au moins sur toute ma bonne volonté.

Fondée avec qn courage et une persévérance dignes des plus grands éloges et de toute notre reconnaissance, par le docteur Gallard, notre secrétaire général, et par potre vénéré maître en médecine légale, M. Devergie, la Société de médecine légale a maintenant accompli ses deux lustres. Lors de sa naissance, elle comblait une lacune réelle ; depuis, elle est devenue une nécessité, comme ses actes l’ont cent fois démontré pendant ces dernières années. L’autorité supérieure l’a si bien compris qu’elle n’a pas hésité à la reconnaître comme établissement d’utüité publique, et que depuis vous l’ave?; yue progresser en importance et devenir un centre vers lequel se dirigent chaque année une foule de communications intéressantes, de demandes d’avis et de consultations sur des matières très-délicates et souvent d’une solution difficile. Ces progrès dé notre (Société dans l’estime publique sont évidemment les conséquences dé la manière dont elle est dirigée, et surtout de la composition même de ses éléments; d’un côté, par des hommes de science aptes à discuter toutes les questions techniques qui rentrent dans le cercle de le médecine légale ; d’un autre côté, par des membres distingués de la magistrature et du barreau, dont les lumières nous sont toujours indispensables.

C’est au zèle et à l’intervention active de ces derniers que nous faisons un pressant appel, et c’est ici le lieu de reproduire les paroles si justes de notre excellent maître, M. Devergie : î« Si la médecine légale ne peut mffi’Çher.que sous l’égide de la loi, qui elle-même, dans son « application, réclame le concours de toutes les branches de l’art de guprir, le médecin « légiste a besoin du contact de la magistrature et du barreau pour ne pas s’égarer. »

J’ai signalé tout à l’heure quels services vous avez déjà pu rendre; permettez-moi, à l’appui de mon dire, de rappeler les principaux travaux exécutés par la Société de médecine légale pendant le cours de l’année 1878.

Elle a vu se terminer la discussion sur les aliénés, résumée dans le rapport de M. Démangé, dont les conclusions ont été renvoyées à M. le Garde des sceaux. Elle a entendu une communication de M. Bide, interne des hôpitaux, sur un cas de fracture du crâne au sujet de laquelle M. Gallard a présenté des observations qui réservent Je pronostic à porter dans çes cas graves, Puis une série de rapports extrêmement intéressants :

Un rapport du docteur Legroux sur les ecchymoses sous-pleurales, renvoyé à la session extraordinaire d’Août; un rapport de M. Hortelqup sur Papplioatiop du forceps par un officier de santé; un rapport du docteur de Beauvais sur un cas d'ostéopériostile ; un rapport de M, Lebaigue sur un cas d’empoisonnement par l’œnanthe safranée; une discussion sur la crémation,

à laquelle ont pris part MM. Ladreit de la Charrière, Riant, Gallard, Napias; une étude du docteur Lagneau sur les substances employées par les anciens pour empoisonner les flèches.

Un rapport de M. Mayet sur un cas d’empoisonnement par l’arsenic; un travail de M. Lutaud sur les anesthésiques, renvoyé aux séances du mois d’août; un rapport du docteur Brouardel sur la combustion du corps humain ; un rapport du docteur Gallard sur un cas d’avortement criminel opéré par les injections d’eau dans la cavité utérine ; un rapport de votre président actuel sur un cas d’infanticide par suffocation, enfin un autre rapport du docteur Luoier sur la responsabilité légale des sourds-muets.

Outre ces travaux de sa session ordinaire, c’est le moment de rappeler que la Société de médecine légale a. cru devoir, à l’occasion de l’Exposition universelle, tenir en Août une session extraordinaire à laquelle elle a convoqué ses correspondants de tous les pays, en invitant à y prendre part tous les savants français et étrangers dont les études sont dirigées vers les questions spéciales à la médecine légale. Vous savez que le patronage du gouvernement et un local dans les bâtiments des Tuileries ont été accordés à notre Société, à la condition que cette session de trois jours prendrait le titre de Congrès. Vous avez vu assister à ces séances extraordinaires des délégués des ministres de la justice, de l’intérieur et de l’instruction publique, puis plusieurs médecins étrangers, et, parmi eux, MM. Vleminck (de Bruxelles) et Grosz, de Buda-Pest (Hongrie), auxquels vous avez déféré le titre de viceprésidents de ce Congrès que dirigeait notre collègue, M. Devergie, avec le titre de président d’honneur. Cette session extraordinaire a été ouverte le 12 août par une allocution de M. Devergie sur les Experts en justice et les expertises médico-légales. A l’occasion de cette lecture, le docteur Grosz, de Buda-Pest, vous a retracé l’organisation du Corps des médecins légistes en Hongrie, et M. Paris a exposé un projet de réforme de la médecine judiciaire en France. Les observations de MM. Gubler, Léon, Daremberg, Laborde, Galippe, Vigneaux et Vleminck ont apporté des éléments précieux à la discussion sur le même sujet, et les membres du Congrès ont renvoyé à notre Société l’étude complète de ces questions.

Vous n’avez pas oublié non plus la note du docteur Grosz sur la législation relative aux aliénés en Hongrie. Puis le rapport du docteur Legroux sur la valeur des ecchymoses souspleurales, avec la discussion qui l’a suivi et qui a établi de nombreuses réserves sur la signification attribuée jadis à ces lésions. D’autres travaux ont été soumis au Congrès : celui du docteur Pénard sur l’intervention du médecin légiste dans les questions de coups et blessures ; ceux des docteurs Gauché et Galezowski sur les caractères fournis par la pupille en médecine légale, et sur l’état des paupières après la mort. Le rapport du docteur Lutaud, sur l’emploi des anesthésiques par les dentistes et officiers de santé, a été suivi de conclusions plus précises que les précédents.

Enfin vous avez encore entendu un rapport du docteur Chantreuil sur la viabilité. Une communication du docteur Thévenot, relative à la pratique de l’opération césarienne après la mort. Une note du docteur Lagneau sur les questions médico-légales relatives à la séparation de corps, puis un essai d’application de la linguistique à la médecine légale, par le docteur Vincent.

Vous pouvez juger, d’après ce rapide exposé, du nombre et de l’importance des questions qui ont été abordées dans celte session extraordinaire, questions dont quelques-unes ont reçu une solution immédiate, dont quelques autres ont été renvoyées à l’examen de la Société de médecine légale. C’est ainsi qu’en celte année 1878, votre Société a donné de nombreuses preuves de son activité, de sa vitalité et de l’importance croissante de son existence dans notre pays.

Avant de terminer, Messieurs, ce trop long exposé, je suis certain d’être le fidèle interprète de vos sentiments en vous proposant de voter des remercîments à l’honorable M. Hémar, président sortant, à MM. Delastre et Riant, qui ont rempli avec tant de zèle les fondions de secrétaires des séances depuis deux ans, et à MM. Baudoin, Démangé et Motet, membres sortants de la commission permanente.

FORMULAIRE

Traitement du rhumatisme blennorrhagique. — Ernest Besnier.

Parmi’ les moyens propres à combattre localement le'rhumatisme blennorrhagique l’auteur conseille ! les ventouses scarifiées, les vésicatoires volants répétés, la teinture d’iode ou la la comPression ouatée et l’immobilisation, il interdit les sangsues. - Traiter la blennorrhagie comme silny avait pas de rhumatisme, et quand l’écoulement a cessé recourir aux médicaments appropriés à l’état général du malade, tels que l’io^ure de potassium, le quinquina, le fer, 1 arsenic, l’huile de foie de morue. — Recommander aux personnes qu

ont un écoulement blennorrhagique de se mettre à l’abri des refroidissements et d’éviter la fatigue. — N. G.

Traitement des hémorrhoïdes — Delioux.

Pour calmer le ténesme, les douleurs tensives du rectum, et arrêter le flux sanguin des malades atteints d’hémorrhoïdes, l’auteur préconise l’infusion de feuilles de myrte, administrée sous forme de lavements froids. — La même infusion, appliquée en lotions et en compresses, détermine des effets calmants, astringents et résolutifs. — A l’intérieur, la poudre de myrte (1 à 2 grammes par jour) associée à la térébenthine de Venise, procure aussi du soulagement aux hémorrhoïdaires : les tumeurs se dégonflent, deviennent moins douloureuses, et les hémorrhagies diminuent ou s’arrêtent. On peut donc considérer les préparations de myrte, intus et extra sinon comme un moyen curatif, du moins comme un modificateur utile, à proposer aux personnes atteintes de tumeurs hémorrhoïdales. — ■ N. G.

Ephémérides médicales. — 1er Février 1556.

Par un édit, qui a été flétri par l’histoire, Henri II ordonne « que la fille enceinte allât faire sa déclaration devant le juge, sous peine d’être punie de mort, si son enfant périssait ». Cette odieuse disposition resta en vigueur jusqu’à la Révolution de 1789. — A. Ch.

COURRIER

Société centrale. — La séance annuelle de la Société centrale aura lieu le dimanche 2 février prochain, à deux heures précises, dans l’amphithéâtre de l’Assistance publique, avenue Victoria, n° 3.

Ordre du jour : Allocution du président. — Rapport du secrétaire. — Compte rendu du trésorier. — Ratification des admissions faites dans l’année. •— Élection de onze membres de la Commission administrative en remplacement des membres sortants.

La peste en Russie. — Le docteur Doppner, médecin en chef des troupes cosaques d’ Astrakan, qui a observé tout le cours de la maladie à la stanitza de Vetlianka, rapporte ce qui suit:

« La maladie a sévi principalement pendant mon séjour à Vetlianka dans la partie nord de cette stanitza. Après avoir visité les malades avec le docteur Koch le 18 novembre, je leur ai administré de la quinine à fortes doses et de l’eau de chlore pour l’usage interne ; pour les abcès des glandes déjà ouverts, j’ai prescrit des compresses d’acide phénique ; pour les enflures des glandes non encore ouvertes j’ai prescrit de l’onguent mercuriel ; comme les effets de ces prescriptions avaient été bons, j’ai quitté Vetlianka, et le docteur Koch également au bout de quatre ou cinq jours.

« Lors de la réapparition de l’épidémie sous sa forme plus aiguë (ou bien de l’explosion d’une épidémie nouvelle), je suis retourné à la stanitza, où j’ai retrouvé le docteur Koch. J’ai commencé alors à isoler les malades des personnes restées saines, en divisant la localité en quatre quartiers ; j’ai fait désinfecter les habitations et j’ai veillé à l’exécution des articles 945, 965 des règlements de police médicale.

« Les remèdes nécessaires ont été employés pour combattre la maladie. J’ai prescrit, notamment, de l’acide salicylique, de l’acide muriatique, de la quinine etc., mais tous ces remèdes ont été inutiles: la mortalité n’épargnait aucun malade. Tous les médecins qui les ont soignés, le docteur Koch et six de ses assistants sont morts, de même que le prêtre de la stanitza et les cosaques qui enterraient les cadavres, en un mot tous ceux qui approchaient les personnes atteintes de l’épidémie, bien qu’ils fussent munis des moyens de préservation usités en pareil cas. Très-peu ont été épargnés par le fléau.

« L’imposibilité de triompher du mal à l’aide de la médecine m’a convaincu qu’il ne restait pratiquement qu’à instituer un service rigoureux de quarantaine, abstraction faite des discussions possibles sur le nom et le caractère de l’épidémie. Un procès-verbal a été dressé le 11 décembre par moi et le colonel Plekhanow, et rédigé dans ce sens. L’ataman locum tenons a pris toutes les mesures nécessaire. Je n’ai pas fait d’observations après le 14 décembre, parce que je suis tombé moi-même malade de la fièvre et d’une maladie nerveuse. »

Du 7 janvier. — Il n’y a pas de changement dans le cours de l’épidémie. On ne signale aucun cas de maladie. Le froid est de 9 degrés.

Voici, d'riprès les jôüifadüx rdsses, cbmméht nttiportation de la peste butait eu lieu:

« C’est un Cosaque revenu de la campagne qui a importé le mal dans son pays. Cè soldat avait rapporté différents objets, entre autres un châle, provenant du pillage d’une ville du Caucase. Il le donna it sa fiancée. A peine la jeune fille eut-elle revêtu le châle qu’elle se sentit prise de douleurs, sa peau devint presque noire et elle mourut le soir même.

« tfesl à partir de ce jour qdè le mal Se répandit dàhs les sltàhilza (colonies militaires composées de Cosaques) avëc Une rapidité foudroyante. Des fatnilleS entières étaient atteintes dans la même journée, et tous ceifx qui étaient frappés succombaient infailliblehient Ou tâcha d’abord de tenir 1’événèmént secret, mais en présence dés cdè de plüs ën plus multiples, c’était impossible.

« Le gouvernement de Saint-Pêtefsboufg a pris alors ittië Séide de mesufes dëStihêeS à efnpècher la propagation du mal. Un cordon ffiilildire ' très-étroit a été tracé autour des villages qui sont atteints, èl les communications sbnt complètement îhlërcëplêëS ëntre lës districts de la province d’Aétrakah et les autres provinces de l’einpiré. »

— On télégaphie de Saint-Pétersbourg, 29 janvier soir :

« Les ministres se sont réunis hier et ont discuté lës diverses hies tires proposées par les médecins russes pour faire disparaître le fléau qui sévit dans la province d’ Astrakan.

« Les célébrités médicales de Saint-Pétersbourg assistaient à cette réunion.

« Parmi les rapports présentés sur ce sujet, il s’en trouve un dti docteur Bütkitt qui conclut en conseillant les mesures les plus radicales. Lës cadavres doivent être détruits par voie de crémation ; tous les objets ayant appartenu aux personnes atteintes par l’épidémie, leur maison même, doivent être brûlés.

« Si cela ne suffit pas, les habitants des payS infectés devront être transportés dans des localités très-salubres et isolés complètement.

« Pendant ce temps, le feu détruira les villages où il y a eu des malades, ne laissant rien subsister qui puisse conserver le germe de la maladie.

» Les mesures conseillées par le rapport du docteur Botkin, et appuyées par un grand nombre de ses confrères, ont été en grande partie adoptées dans la réunion d’hier, et une commission d’hygiène, armée des pouvoirs les plus étendùs, a été nommée pour veiller à l’exécution de ces mesures.

« On assure qqe le gouvernement russe se propose d’adresser des représentations trèsénergiques au gouvernement persan, pour sa tolérance envers dès pratiques auxquelles ont fait remonter les caùses de l’épidémiè. »

— Par décret en date du 20 janvier 1879, M. le docteur Nicaise, professeur agrégé à la faculté de médecine* membre du corps des chirurgiens des hôpitaux de Paris, a été nommé membre du conseil de surveillance de l’Administration générale de l’Assistance publique à Paris.

Nécrologie. — Le savant chirurgien de Lyon, M. le professeur Ollier, vient d'être cruellement frdppé pat- la mort de son vénérable père, décédé aux Vans (Ardèche), à l’âge de 81 ans.

1. Ollier père avait exercé la médecine pendant de longues années, ët il a dû plus d’une fois se féliciter, eh présence dé l’immensë notoriété de sUti fils, de l’avoir dirigé dans la voie médicale. Que M. Olivier reCOivé l’assürance de notre Vivë sympathie et de la paH que ndfis prenons aü malheur qui le frappe.

Jurisprudence. — La Cour de cassation, dans les séances du 21 décembre et du 17 janvier, a rendu deux arrêts fixant un point de jurisprudence longtemps contesté. Les contributions indirectes voulaient faire payer un droit sur l’alcool employé, dans les spécialités connues sous lé nom d’Elixir antiglaireux, de P. Gage, et au vin. de. quinquina d’Ossian Henry.

Voici le résumé de ces arrêts:

L’Elixir antiglaireux du doctetir P. Gage, bien qu’à base d’alCOOl, est un véritable médicament impropre à être consommé comme boisson ; à ce titre il est affranchi des droits de de circulation et autres de régie.

Il en est de même du vin d’Ossian Henry, autrement dit vin de quinquina. Ce vin a exclusivement le Caractère de médifeament.

La gérant, RiChelot.

Paris. — Tyooçraphte Frux Wmotbstb et (>/ lue de» Deux -Portes-Sitint-Siiuveiir, 22.

L’UNION MÉDICALE Mardi 4 Février 1879

Association Générale

Page 1