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Pneumonies .
Bronchites . .
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Pleurésies .
Les communications suivantes, faites à la commission par MM. Bucquty, Fernet, Rigal, présentent un grand intérêt au point de vue de la fixation du caractère de la constitution médicale régnante.
Hôpital Cochin. — M. Bucquoy : « D’octobre à janvier, la constitution médicale s’est nettement accusée, dans mon service, par le grand nombre d’affections aiguës que j’y ai reçues et leur forme particulièrement catarrhale. Beaucoup d’affections aiguës des voies respiratoires, beaucoup de rhumatismes articulaires aigus, et même un nombre relativement considérable d’albuminuries dans les formes aiguës.
L’influence du froid et des variations de température a joué un grand rôle dans l’étiologie de ces maladies, qui sont de vraies maladies à frigore ; cela n’a rien de bien surprenant dans la saison que nous venons de traverser. Toutefois, leur fréquence m’a paru insolite ; en comparant ce qui s’est passé dans le dernier trimestre avec ce que j’observe habituellement, il m’a semblé que la constitution médicale répondait à celle des mois de mars et d’avril, c’està-dire que les maladies étaient plutôt celles de la fin de l’hiver et du commencement du printemps que celles de l’automne.
Ceci dit, je passe aux affections aiguës des voies respiratoires : quelques bronchites assez franches, sans revêtir le caractère de grippes ou fièvres catarrhales, comme il arrive main-
Les pneumonies ont été bénignes; plusieurs occupaient l’un ou l’autre sommet ou se sont développées chez des sujets offrant des conditions de santé générale peu favorables, et ont cependant guéri. Les cas de mort ont été observés chez des malades ayant autre chose que de la pneumonie. La raison de cette bénignité, sur laquelle j’ai déjà eu assez souvent l’occasion d’insister, me paraît devoir être cherchée dans la forme catarrhale de ces maladies, et peut-être aussi dans la manière dont nous les traitons, le traitement variant suivant les indications et n’étant plus soumis aux rigueurs d’une formule appliquée dans tous les cas.
Les pleurésies se sont montrées, dans mon service, en même temps que les pneumonies. Elles ont affecté deux formes spéciales. Les unes ont été simples et accompagnées d’épanchement ; mais 1 épanchement est resté, pendant toute la durée de la maladie, peu abondant, ne dépassant pas la moitié de la cavité pleurale. Dans aucun cas, la question de la thoracentèse ne s est posée; mais, malgré un traitement énergique, la maladie a été longue, un mois environ, et même davantage.
Les autres cas de pleurésie ont été, au contraire, des pleurésies diffuses, c’est-à-dire s’étendant rapidement de la base au sommet, donnant, dans toute l’étendue du côté affecté, tant en o Ü.U .arr.lèJe ’ tof les si8nes physiques de la maladie, mais ne déplaçant pas le cœur, si elles étaient à gauche, ce qui a été le cas le plus fréquent, ou le foie pour celles du côté
droit par conséquent. Ces pleurésies, malgré leur étendue, offraient peu d’épanchement, le liquide étant diffus pluôt que collecté dans la plèvre enflammée.
Les symptômes indiquaient, dans ces cas, une inflammation assez vive, et la marche de la maladie a été plus rapide que dans le premier ordre de faits signalés précédemment. »
Hôpital Saint-Antoine. — M. Fernet : « J’ai observé, tant à la consultation externe que dans mon service, un très-grand nombre de catarrhes bronchiques développés à la suite de refroidissements, sans symptômes particuliers d’ailleurs, et notamment sans aucun caractère particulier qui pût faire penser à la grippe.
Les cas de 'pneumonie franche ont été au nombre de 7, tous dans le service des hommes. Sur ces 7 cas, il y a eu 2 décès et 5 guérisons. L’un des décès est survenu chez un homme de 64 ans, apporté à l’hôpital dans un état très-grave, et- mort dès le lendemain ; l’autre chez un homme de 40 ans, terrassier : la pneumonie était compliquée de tuberculose pulmonaire du côté opposé; de plus, le malade était alcoolique et, dès le troisième jour de l’entrée à l’hôpital, il se développa un delirium tremens qui, le lendemain, entraîna la mort.
Les cinq autres cas, tous terminés par la guérison, ont suivi l’évolution régulière, typique, de la pneumonie franche, évolution qui me paraît distinguer très-nettement cette maladie des inflammations viscérale^ vraies : à la suite d’un refroidissement, frisson violent et point de côté, fièvre intense et continue, expectoration spéciale, signes physiques ordinaires ; au quatrième jour, à dater du frisson, apparition d’un herpès naso-labial qui ne modifie en rien la marche de la fièvre et ne semble nullement un phénomène critique; enfin, du cinquième au septième jour, sueur profuse abondante, paraissant être vraiment un phénomène critique, et, en même temps que cette crise, chute brusque de la température fébrile et terminaison de lq maladie; la lésion pulmonaire seule persiste encore et met un temps plus ou moins long h disparaître complètement. Chez plusieurs de ces malades, j’ai pu constater la douleur à la pression sur le trajet, du nerf pneumogastrique au cou du côté, malade, et, dans une des autopsies, j’ai, pomme dans plusieurs autres cas antérieurs, trouvé les caractères évidents d’une lésion irritative de ce nerf du côté correspondant à la pneumonie; j’attache une grande importance à ce symptôme douleur et à cette lésion du nerf pneumogastrique au point de vue de la pathogénie de la pneumonie franche, mais ce n’est pas le lieu d’y insister ici, »
Hôpital de Ménilmontant. — M. Rigal : Constitution épidémique catarrhale à localisations abdominales d'abord , puis thuraciqucs. — i « Du 10 novembre au 31 décembre 1876, j’ai vu prédominer, soit à l’hôpital de Ménilmontant, soit dans ma clientèle privée, deux ordres de maladies :
En premier lieu, j’ai observé un grand nombre d 'entérites catarrhales simples (diarrhées simples), la plupart apyrétiques, quelques-unes cependant ayec fièvre légère et symptômes de catarrhe gastrique concomitant. Pendant la fin de novembre et les premiers jours de décembre, cette maladie a été si commune dans mon service de Ménilmontant, surtout parmi les malades entrés dans mes salles pour d’autres affections, que je pie suis demandé s’il ne fallait pas faire intervenir quelque influence étiologique particulière, inhérente h l’hôpital, une influence du régime alimentaire notamment. Mes investigations à ce sujet n’ont eu aucun résultat, et l’existence de nombreux cas de diarrfiée venant du dehors ou observés en ville, m’a conduit à admettre que nos malades précédemment hospitalisés, ne faisaient que subir l’influence d’une constitution médicale particulière.
Ges catarrhes intestinaux ont, du reste, été très-bénins, de, courte durée, ils cédaient rapidement à l’administration du diascordium et du sous-nitrate de bismuth ou d’un purgatif salin. Dans un seul cas, j’ai employé la médication vomitive, à cause dè la prédominance du catarrhe gastrique.
Ces diarrhées sont survenues au moment de l’apparition de3 premiers froids rigoureux.
Pendant une seconde période, qui a coïncidé dans son apparition avec le dégel et l’élévation notable de la température et qui a persisté depuis lors, malgré le retour de la neige et de froids plus vifs, j’ai remarqué une diminution très-grande des catarrhes intestinaux, et par contre une augmentation notable des inflammations catarrhales des voies respiratoires (bronchites et laryngites) ou des phlegmasies franches du poumon ou de la plèvre.
Les laryngo-bronchites n’ont présenté rien de particulier, mais les pneumonies ont affecté pour la plupart la forme serpigineuse, envahissant progressivement et de proche en proche la plus grande étendue du poumon atteint, en procédant indifféremment de bas en haut et de haut en bas. Ces pneumonies n’ont présenté aucun caractère grave, une seule a mis la vie du malade en péril par le fait de la survenance d’une congestion pulmonaire généralisée aux deux poumons, qui a provoqué un état asphyxiquè dont le malade a été promptement délivré par une saignée de 500 gram.
Ces pneumonies (au nombre de 6) ont présenté dans leur évolution cette particularité que,
par suite de la forme serpigineuse, la défervescence se faisait attendre jusqu’au douzième et même au quatorzième jour. »