AM. BALLAY
Médecin auxiliaire de la marine ,
Memln-o dç l’Expédition scientifique dans l’Afrique centrale.
En septentbre 1875, une expédition française quittait le Gabon, pour remonter l'Qgçâfie, fleuve français dont le cours était encore inconnu. .M. Savorgnau. de Brazza commandait cette expédition ; il avait pour second fiallay, étudiant de notre Faculté, médecin auxiliaire de la marine.
Leur mission officielle accomplie, au milieu d'obstacles de tous genres, po$ compatriotes auraient pu revenir sur leurs pas ; mais, n’écoulant que leur courage et leur audacieux dévouement à la sciènceét à l’humànité, ils s’avancèrent vers l'est. • ' ;
Après avoir traversé d’immenses contrées, peuplées de tribus sauvages, dëéolées par l’esclavage, ils firent connaître et respecter le nom et le drapeau de notrèpays, et ouvrirent dans l’Afrique centrale une nouvelle route à la civilisation par la découverte de deux rivières.
Presque sans mhnitiôns, sans médicaments, à peu près nus, dévoréà par là fièvre, épuisés par un séjour de trois ans 'dàtffe" intérieur de l’Afrique, aux prises avec dès peuplades hostiles,
nos hardis compatriotes opérèrent leur retour à travers mille dangers dont ils surent triompher à force d’intrépidité et de patiente énergie.
Us avaient été soutenus, jusqu’au bout, par la grandeur de leur mission et par l’amour de la patrie!
Les soussignés ont pensé remplir un patriotique devoir, en offrant un banquet à l’expédition française et en particulier à Ballay, qui, tour à tour médecin, soldat, explorateur, a montré un dévouement et une intrépidité au-dessus de tout éloge.
Cameron, Stanley, ont reçu en France et en Angleterre un accueil enthousiaste ; les explorateurs français ont rempli une mission non moins périlleuse, non moins féconde ; ils ont droit, eux aussi, aux témoignages de notre reconnaissance et de notre admiration.
Le banquet qu’offre à M. Ballay le Corps médical aura lieu le mardi 18 février, à sept heures, chez Bignon (restaurant du café Riche, 1, rue Le Peletier).
Le prix de la cotisation est fixé à 15 fr. On souscrit chez l’un des membres du comité d’organisation :
MM. Bottentuit, rédacteur en chef de la France médicale, 19, boulevard Malesherbes.
Boürneville, rédacteur en chef du Progrès médical, 6, rue des Écoles.
Cornie, rédacteur en chef du Journal des connaissances médicales et de pharmacologie, 6, rue de Seine.
Dechambre, rédacteur en chef de la Gazette hebdomadaire, 91, rue de Lille.
De Ranse, rédacteur en chef de la Gazette médicale, 4, place Saint-Michel.
Dujardin-Beadmetz, rédacteur en chef du Bulletin de thérapeutique, 8, place de l’Odéon.
Le Roy dS3 Méricoürt, directeur de la rédaction des Archives de médecine navale, 5, rue Cambacérès.
Richelot, gérant de Y Union médicale, 11, rue de la Grange-Batelière.
Galippe, secrétaire du comité, 48, rue Sainte-Anne.
MM. Charpentier : Cours d’accouchements ;
' Fernet : Cours de pathologie interne ;
Terrier : Cours de pathologie externe.
Sont nommés maîtres de conférences à la Faculté de médecine de Paris, pendant l’année scolaire 1878-79 :
MM. Gariel, agrégé de physique;
Gautier, agrégé de chimie ;
De Seynes, agrégé de botanique.
— M. de Seynes, agrégé près la Faculté de médecine Paris, est rappelé à l’exercice pendant un an, en remplacement de M. Lanessan.
— Des cours auxiliaires de physique médicale, de chimie médicale et d’histoire naturelle médicale sont subsistués aux conférences créées à la Faculté de Paris par l’arrêté du 12 novembre courant, qui est et demeure abrogé.
Faculté de médecine de Lyon. — Les docteurs en médecine dont les noms suivent, chargés des fonctious de chefs de laboratoire à la Faculté de médecine de Lyon, sont maintenus dans lesdites fonctions pendant l’année scolaire 1878-79 :
MM.Chandelux, chef des travaux du laboratoire d’anatomie générale ;
Hubert, chef des travaux du laboratdire de physique médicale ;
Peter, chef des travaux du laboratoire de chimie médicale et phamaceutique ;
Arloing, chef des travaux du laboratoire de médecine expérimentale comparée;
Cazeneuve, chef des travaux du laboratoire de clinique médicale ;
Charpy, chef des travaux du laboratoire d’anatomie ;
Maguin, chef des travaux du laboratoire de matière médicale ;
Duchamp, chef des travaux du laboratoire d’histoire naturelle ;
Rebatel, chef des travaux du laboratoire de physiologie;
Guérin, chef des travaux du laboratoire de pharmacie.
— M. Garin (Henri), né à Condrieu (Rhône) le 15 mars 1853, est délégué, pour un an dans les fonctions d’aide de clinique des maladies des enfants à la Faculté mixte de médecine et de pharmacie de Lyon, en remplacemement de M. Tédenat, démissionnaire.
— M. Bouveret (Emile-Léon-Emmanuel), docteur en médecine, né le 2 septembre 1850 à Saint-Julien-sur-Reyssouse (Ain), est institué chef de clinique médicale à la Faculté mixte de médecine et de pharmacie de Lyon, en remplacement de M. Chauvet, dont le temps d’exercice est expiré.
M. Cusset (Jean), docteur en médecine, né à Poleymieux (Rhône), le 14 octobre 1846, est institué chef de cliniqne chirurgicale à la Faculté mixte de médecine et de pharmacie de Lyon, en remplacement de M. Vincent, dont le temps d’exercice est expiré.
Société des ménagères. — A Berlin existe une Société formée par les ménagères de la ville. Cette Société a pris, l’an dernier, l’initiative de plusieurs mesures utiles que nous trouvons mentionnées dans les journaux allemands.
Ainsi, la Société a ouvert un laboratoire pour l’examen des denrées alimentaires, si falsifiées aujourd’hui, ainsi que des objets servant dans l’intérieur des ménages. Ce laboratoire est sous la direction d’un chimiste patenté.
L’an dernier, il a été fait tous les jours des expériences. On y a examiné des jambons, de crainte des trichines, du lait, de la bière, toutes sortes de denrées domestiques et de produits fabriqués, jusqu’à des tapis et des briques.
La nature et la qualité des objets déposés au bureau central, sont ainsi garanties.
Le même praticien a fait pour les membres de la Société un cours de chimie pratique, et comme depuis le mois d’octobre dernier il a été créé une école de cuisine annexée à la société, le professeur dont nous parlons y a joint depuis lors des leçons accompagnées d’expériences sur la chimie culinaire.
Le premier trimestre du cours a donné, paraît-il, d’excellents résultats. Trente élèves y ont été formées : il y a eu quatre heures de leçon trois fois la semaine, et pour d’autres quatre heures par jour, pour apprendre la cuisson, le rôtissage, la boulangerie, etc. ; en même temps, des leçons étaient données sur l’art culinaire, sur les lois de l’alimentation, de l’hygiène, sur les soins en cas de maladie, etc. Les premiers examens des élèves ont eu lieu dans le courant de janvier.
La Société n’a pas borné là son action. Elle a distribué des prix aux filles et femmes de service qui restent un certain nombre d’années dans la même maison. L’an dernier, 36 de ces domestiques femmes ont été ainsi récompensées; il faut, pour obtenir ces prix, avoir
servi fidèlement cinq ans dans le même ménage, chez uüe des sociétaires. Nous, avons cité dernièrement ici, d’après les journaux bavarois, une institution analogue qui fonctionna à Munich; mais, en cette dernière ville, c’est une institution municipale* et des domestiques pyimés. hpmmes et femmes, ont drpit sur leurs yieux joqrs à une place dans une des maisons de santé appartenant à la commune. Gî-8V8t oii.-.lo'ia
La Société des ménagères de Berlin s’occupe en outre de.proourer dfts. places et du , travail chez les sociétaires; c’est ainsi que, d’après le compte rendu que nous avons sous, les yeux, elle a, l’an dernier, trouvé de l’occupation à 2,400 femmes, tant institutrices, gardiennes de jardins d’enfants, dames de compagnie, que domestiques, bonnes d’enfants et ouvrières, confebtionneuses, blanchisseüses, etc.
Une salle est ouverte, au bureau central de la Société, sallé r^üi Sert d’fexpositioh poiii* lëÿ inventions nouvelles du domaine de l’édonotaié domestique et de l’art culinaire ; c’est là que, l’hiver, se font les cours.
Longévité. — On écrit de Blienschiller, à l 'Ëspêranee de Nancy:
«Un cas dé Idhgévitë, éXtraordinftirenlent rare dans notre pays, viôM d’aVoirliéU dans nbtre localité.
« La veuve Catherine Heusch Vient de décéder, lé 20 janvier dernier, à l’âge bien respectable de cent un ans. A l’âgé de quatre-vingt-dix ans, ses forces lui permettaient encore de se rendre deux fois par jour à l’Ungersberg, forêt élevée (le904 mètres au-dessus du, niveau de la mer-, et distante dé notre localité de 8 kilomètres, pour emporter deux' bottes de bois mort. (Jette centenaire a été accompagnée à sa dernière demeure par ses deux fils, dont l’aîné a soixante-quinze ans, par quatorze petits-fils et huit arrière-petits-fils. »
Statistique. — La statistique résultant du rapport annuel sur les Iâj$s fédérées aux États-Unis, donne, relativement à la cônsommation du tabac et des spiritueux tes, phiffres suivants. Pendant l’année fiscale qui s’est terminée lé 30 juin 1878, il ;â <ké consommé 1,905,063,000 cigares. Le rapport évalue â environ 190,506,300 dollars là Valéur de cette consommation. En outre il a été consommé 25,312,433 livrés de tabâc â fùnièr, dont la valeur est estimée à 15,000,000 dé dollars.
Mais la dépense en tabac est presque insignifiante Si on la compare aux sommes dépensées pour la consommation des boissons. Ainsi, Il à été consommé 317,465,000 gallons de liqueurs fermentées, ce qui donne plus de 7 gallons par tête de la population totale, évaluée à environ 44 millions, y compris les femmes et les enfants. Les liqueurs fermentées et spiritueuses, d’après l’évaluation du rapport, coûtent à la population des États-Unis 596 millions de dollars, ou un peu plus de 13 dollars par tête.
Pendant l’année, dernière, ja consommation de la bière a augmenté de 1,500,000 gallons, tandis que la consommation des spiritueux a diminué de 6,520,000 gallons sur l’année précédente, ce qui indiquerait un progrès dans la voie de la tempérance.
■ — r- Le pourriur de Chine, le Peï-Ho> - des Messageries maritimes, est arrivé avanUner matin à Marseille. II. a apporté en France deux serpents qui ont été expédiés au Muséum d’histoire naturelle, à Paris. Un troisième est mort pendant la traversée. C’est le docteur de la Savinjère, naturaliste, chargé par le ministre de l’instruction publique d’une mission scientifique, qui, par les soins du consul de Franco à Batavia, a fait l’envoi de ces deux serpents.
Société médicale des Bureaux de bienfaisance. — La Société médicale des Bureaux de bienfaisance tiendra sa prochai tiè' séance mercredi 12 février, à huit heures précises du soir, à T administration générale de l% Assistance publique (salle du jury des concours).
Ordre du jour : 1° Constitution médicale du mois dè janvier; policlinique. — 2° Rapport du trésorier sur la gestion de 1878. — 3° Distribution de médailles d’argent aux membres de la. Société qui assistent régulièrement aux séances. — 4°M. Verrier ; Démonstration du champignon de la pelade. Projections à la lumière oxydrique. — 5° M. H. Bergeron : Mémoire sur le traitement de la diphthérite par les inhalations fluorhydriqués.
Le numéro de ce jour contient un Supplément de huit pages.
Le gèrent, RichelOT.
Paris. — Tynographie Féux Mvitestb et Os, nie des Deux -Portes-Saint-Sauveur, 22.
L’UNION MÉDICALE Jeudi 13 Février 1879
BULLETIN
SUR LA SÉANCE DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE
au commencement de la séance, l’Académie a entendu la lecture du discours prononcé en son nom, par M. Henri Roger, aux obsèques de M. Emile Chauffard. Assurément elle ne pouvait choisir un plus digne et plus éloquent interprète des sentiments qu’a dû lui inspirer cette fin non moins regrettable qu’imprévue et foudroyante de l’un de ses membres les plus éminents. Véritable couronne de fleurs déposée par une main pieuse sur une tombe encore ouverte, l’allocution touchante et littéraire de M. le vice-président de l’Académie a été accueillie par de nombreuses marques d’approbation.
L’ordre du jour a ensuite appelé à la tribune M. Trélat pour la continuation de la discussion sur l’oStéOmyélite et la septicémie.
M. Trélat n’est pas ce que l’on peut appeler un orateur éloquent dans l’acception généralement donnée à ce mot pris pour synonyme de ÿrândiloquens ; mais sa parole vive, rapide, facile, sans apprêts visibles, d’une simplicité apparente qui va parfois jusqu’à la familiarité, simplicité quelque peu voulue, ce me semble, et qui pourrait bien n’être que le masque de l’habileté, tout cela lui constitue une manière propre, originale, piquante, qui peut choquer tout d’abord les purs et les délicats* mais qui, peu à peu, s’insinue, intéresse, et, finalement, vous laisse tout étonnés d’avoir été charmés, captivés et séduits* en même temps qu’éclairés et instruits.
Ge ne sont point là, assurément, des qualités ordinaires, et il n’est pas douteux que, servi par sa merveilleuse faculté d’improvisation, M. Trélat n’àrrive à occuper un des premiers rangs parmi Les orateurs de la tribune académique.
Malheureusement les discours de M. Trélat sont quelque peu difficiles à traduire en langage ordinaire, c’est-à-dire qu’il est malaisé de reproduire ce qu’il ÿ a de personnel et d’original dans la manière de cet orateur. Nos lecteurs ne devront donc pas s’étonner que notre analyse ne réponde pas à notre appréciation. Les disoours de M. Trélat perdent quelque peu à la lecture, et, naturellement, ils gagnent beaucoup à être entendus.
Dans son discours d’aujourd’hui, M. Trélat, se bornant à faire œuvre de critique,
FEUILLETON
Éloge de Bouvier
Lu à la Société de chirurgie, dans la séance annuelle du 22 janvier 1879 ,
Par M. dé Saint-Germain, Secrétaire général.
En 4852, dans une remarquable communication à l’Académie de médecine sur la paralysie musculaire atrophique, il en tire des conclusions intéressantes au point de vue des déviations de la colonne vertébrale.
L’état graisseux des muscles, dans les parties affectées de difformités, se voit, dit-il, dans deux circonstances principales, savoir :
Lorsque ces organes sont soumis, par suite des dérangements du squelette, à un défaut d’action trop longtemps prolongé, ou quand ils sont affectés de paralysie ancienne, de contracture paralytique ou même de contracture simple.
Gomme exemple du premier cas, on peut citer la transformation graisseuse des muscles des gouttières vertébrales du côté concave des courbures latérales de l’épiue dans la vieillesse.
Dans le second cas, qui comprend les pieds-bots simples et paralytiques, le torticolis par contracture et toutes les autres flexions et inclinaisons articulaires, quand elles dépendent de la même cause, l’atrophie* par défaut d’innervation, joue le principal rôle dans l’étiologie de la transformation.
Cette transformation est lê plus souvent consécutive à la difformité, mais elle peut aussi en être la cause.