‹ L'Union médicaleChapitre 4 sur 176 · Tome XXVII. — Troisième série · texte numérisé non relu

Tome XXVII. — Troisième série

Mordret, praticien distingué du Mans, a été appelé à présenter une pièce anatomique curieuse, mais sur la nature de laquelle les avis se sont trouvés immédiatement partagés. Le compte rendu de la séance donne quelques indications sur cette présentation.

M. Colin a terminé la lecture de son mémoire sur la septicémie. De ce mémoire, très-étendu et lu très-rapidement, nous n’avons ni la prétention ni l’intention de donner une appréciation quelconque après une simple audition. Nous ne nous sentons pas cette force-là. Ce mémoire est non-seulement très-étendu, mais il est surtout très-complexe. L’honorable académicien, en effet, y soulève, y discute les plus graves questions de pathogénie, de philosophie médicale, de méthodologie, et sur tout cela il donne des solutions qui dénoncent une conviction profonde et certainement des études et des expériences aussi nombreuses que variées.

C’est peut-être, — que M. Colin me permette de lui faire cette observation, toute bienveillante d’ailleurs et qui n’a aucune intention de critique, — c’est peut-être ce nombre et cette variété de questions que M. Colin présente à l’Académie, qui empêchent ses travaux d’acquérir toute l’autorité dont ils sont sans doute dignes. Nous croyons que le public qui s’intéresse aux questions soulevées par M. Colin, le verrait avec plaisir, avec profit se borner à traiter l’une après l’autre les diverses questions dont il s’occupe, concentrer sur chacune tout son talent d’observateur, d’expérimentateur et de critique, en arrivant ainsi peu à peu à formuler des conclusions quelles qu’elles fussent, car la loyauté scientifique de M. Colin est une garantie suffisante que ces conclusions ne pourraient être que sincères.

Bornez-vous, limitez-vous, nous permettrons-nous de dire à M. Colin, cherchez moins les occasions de critiquer que de vérifier.

C’est, croyons-nous, le meiller conseil qui puisse être donné à cet infatigable travailleur. A. L.

Faculté de médecine de Montpellier. — M. Amagat, agrégé près la Faculté de médecine de Montpellier, est nommé maître de conférences d’histoire naturelle médicale à ladite Faculté, pendant l’année scolaire 1878-1879.

MM. Caslan et Jacquemet, agrégés près la Faculté de médecine de Montpellier, sont maintenus provisoirement en activité.

Depuis deux ans que je m’occupe de cette question, et que, pour me renseigner aussi exactement que possible sur ses chances de réussite, j’en parle à tous venants, je n’avais, jusqu’à ce jour, rencontré aucune personne désinléressée qui, dès les premiers mots, ne me dît : « C’est une excellente idée! Comment se fait-il qu’on n’y ait pas songé plus tôt? Il y a là une lacune à combler, etc. » Pas une seule objection ne m’avait été faite... Une seule, si vraiment, et j’en ai déjà parlé (V. Union Médicale, 23 mars 1878). Elle a été formulée contre le climat d’Alger par M. le docteur Ch. Daremberg, à qui était survenu, à la suite d’une imprudence, une hémoptysie, heureusement légère. A la date que je rappelle, je faisais observer que l’accident arrivé à M. Daremberg est un accident banal dans toutes les stations que fréquentent les phthisiques, et que les médecins d’Alger ne seraient sans doute pas embarrassas de lui citer beaucoup de cas analogues ou pires observés, soit à Menton, soit ailleurs La confirmation de cette remarque ne s’est guère fait attendre, et je possède, à cet égard quelques documents qui ne laissent aucune place au doute. C’était facile à prévoir. Mais je renonce à les produire, M. Ch. Daremberg me paraissant revenu à une plus équitable appréciation des choses. Voici, en effet, ce que, dans le numéro de ce journal du 3 décembre, il dit excellemment, et ce que je demande la permission de reproduire : « il est certain qu’on ne sait nas encore bien discerner à quel genre de climat hivernal est réservé chaque genre de malades Mais la clinique marche, et chacun de nous apporte une pierre au grand édifice de la classi* ficalion des formes des maladies consomptives. Quand ce résultat sera obtenu, il mourra encore des phthisiques dans nos stations, parce que le climat n’est pas un spécifique. C’est un moven hygiénique de réparation. La plupart des malades ignorent cette vérité et croient que en venant dans le Midi, ils se rendent maîtres de la grande panacée universelle. Ils ignorent nue la vie du Midi doit être encore plus prudente que celle du Nord, et que, en arrivant ils doi-

CLINIQUE CHIRURGICALE

hernib INTRA-PARIÉTALE COMPLIQUÉE D’EN ÉTRANGLEMENT INTERNE. — TAXIS. — KÉLOTOMIE. — GUÉRISON.

Observation lue à la Société de médecine de Paris, dans la séance du 27 juillet 1878,

Par le docteur Polaillon ,

Professeur agrégé à la Faculté de médecine de Paris ,

Chirurgien de la Pitié.

Le nommé F... (Jean), âgé de 29 ans, fait remonter l’existence de sa hernie à l’année 1870. Il raconte qu’étant soldat il éprouva une douleur violente dans le côté gauche du bas -ventre pendant un effort exagéré pour soulever une pièce de canon. La douleur fut passagère, mais en portant la main sur la région qui en avait été le siège, F... trouva une sorte de tumeur, grosse comme une noix, un peu dure et située au-dessus de l’arcade crurale. Comme cette tumeur ne faisait pas saillie et qu’elle n’occasionnait aucune gêne, F... n’y fit plus attention et ne porta pas de bandage. Sa santé était d’ailleurs excellente.

Au bout de huit ans, le 11 janvier 1878, F... est pris brusquement de.douleurs abdominales au milieu de son repas du soir. Le pli de l’aine est surtout le siège d’une douleur violente. Bientôt un grand malaise survient et les aliments pris au dîner sont vomis. Les coliques étant devenues intolérables, un médecin fait une injection sous-cutanée de chlorhydrate de morphine, qui n’amène pas de soulagement. La nuit est mauvaise.

Le lendemain, de nouveaux vomissements se produisent. D’abord alimentaires, puis bilieux, ils offrent, dit-on, vers le soir l’aspect ficaloïde.

Le 13 janvier, F... entre à l’hôpital de la Pitié, où il est couché au n° h de la salle Saint- Gabriel.

Appelé auprès du malade dans l'après-midi, nous le trouvons dans l’état suivant : Le faciès est naturel, quoique un peu cyanosé ; le pouls est fort et plein, line tumeur profonde, mal limitée, de la grosseur d’un œuf, un peu douloureuse à la pression, sonore à la percussion, existe au-dessus de l’arcade crurale gauche. L’anneau inguinal externe est élargi. On peut y introduire le doigt et parcourir le canal inguinal, qui est libre jusque vers son orifice interne, où existe une masse rénitente. Depuis l’apparition des accidents le malade n’a pas été à la garde-robe et n’a pas rendu de gaz par l’anus.

Après avoir endormi le patient par le chloroforme, un léger taxis réduit avec gargouillement la tumeur en question. Toutefois, on sent encore une tuméfaction profonde quand on déprime fortement la paroi abdominale au-dessus du pli de l’aine. Gomme le patient se trouve soulagé, et que son état général est satisfaisant, nous émettons l’avis que cet empâtement

vent modifier leurs habitudes d’alimentation, d’exercice, et même d’habitation. » La conclusion de M. le docteur Daremberg est que « la vie au grand air constitue le grand agent curatif des maladies eonsomptives, et qu’on ne peut en jouir qu’en passant l’hiver dans un climat doux, et l’été dans un climat frais. » J’avais déjà essayé de dire tout cela précisément dans le feuilleton du 23 mars dernier, — le sixième de la série. Si je le rappelle, c’est pour m’applaudir de cette conformité d’opinions, — qui ne me paraissait pas établie alors, — et nullement pour soulever de vaines revendications d’idées qui appartiennent à bien d’autres. Donc, c’est entendu : travaillons, chacun de notre côté, à établir cliniquement les indications des différents climats pour chaque genre de malades, et si nous sommes assez heureux pour « apporter des pierres au grand édifice de la classification des formes des maladies consomptives », gardons-nous de les jeter dans le jardin du voisin.

La climatologie, suivant la judicieuse remarque du docteur Carrière, devrait être faite plus en vue du malade qu’elle ne l’est généralement. « Il n’importe pas tant, dit-il, de connaître exactement la température d’un pays, la quantité d’eau qui y tombe, les vents qui y régnent le plus souvent, etc., que de savoir, un malade étant donné, où il convient de l’envoyer. » Sans doute, et, pour mon compte, je ne demanderais pas mieux que de le savoir, et je pense que tous mes confrères seraient enchantés d’avoir à cet égard des notions claires, M. le docteur Carrière tout le premier. Médecin instruit autant qu’observateur sagace, M. le docteur Carrière a le très-grand mérite d’avoir ramené, de nos jours, la météorologie dans la voie des applications cliniques; mais il doit, par conséquent, se rendre compte, mieux que personne, de l’effroyable complexité du problème qu’il s’agit de débrouiller. J’ai cité (26 mars dernier) l’exemple d’un confrère justement estimé qui a risqué une tentative de classification des formes de la phthisie, eu égard aux indications thérapeutiques des différents climats. Cet

pourra disparaître avec l’issue des matières fécales, et nous prescrivons un lavement simple. Celui-ci est rendu avec une petite quantité de matières intestinales.

l/l janvier. Le malade a passé une bonne nuit. Cependant il a encore vomi des matières verdâtres et bilieuses, et n’a pas rendu de gaz par l’anus. La région inguinale est toujouis rénitente et douloureuse. Le loucher rectal, pratiqué aussi loin que possible, n’apprend rien. Le faciès est calme, le pouls ample, la peau chaude.

Le cas est embarrassant. Hier nous avons réduit, pendant le sommeil anesthésique, la hernie que nous avions constatée au-dessus dè l’arcade crurale. La réduction s’est opérée sans effort et avec gargouillement, c’est-à-dire dans des conditions telles qu’on ne peut admettre une réduction en masse. Cependant le cours des matières intestinales n est pas rétabli. L’obstacle siège dans un point tout à fait inèonnu.

Comme les phénomènes généraux sont bénins, et que nous pouvons sans ^inconvénient attendre encore quelques heures avant de recourir à. l’opération, nous essayons d’un lavement purgatif. Celui-ci ne donne aucun résultat.

A trois heures du soir, chloroformisation et opération de la kélotomie. La paroi abdominale est incisée couche par couche, à un travers de doigt au-dessus de l’arcade crurale, dans l’étendue de 9 centimètres environ. Dans l’épaisseur de la paroi, et un peu au-dessus de l’anneau inguinal interne, nous rencontrons un petit sac contenant du liquide et une anse intestinale saine, qui n’est pas étranglép, e,t que nous repoussons dans l’abdomen. Ce sac est intra-pariétal ; son collet paraît situé au niveau du fascia transversalis, et une anse intestinale entrait et sortait facilement à travers son ouverture. C’est le contenu de ce sac qui a été réduit pendant le taxis opéré la veille.

Il est bien évident que ce n’est pas le collet de ce sac qui est l’agent de l’étranglement. Celui-ci doit être situé plus profondément. Pour l’atteindre, nous débridons largement le collet en haut et en dehors, et nous introduisons les doigts, dans une vaste cavité remplie par les intestins. Nos explorations sont restées quelque temps sans résultat. Mais en poussant l’index très-profondément, comme pour aller toucher la paroi postérieure du bassin, nous avons fini par rencontrer un anneau fibreux très-serré, qui constituait le véritable agent de l’étranglement. Inciser et déchirer cet anneau, qui se perdait dans la profondeur de l’abdomen et fuyait devant la pression du doigt, a été une œuvre si périlleuse pour le malade et si difficile pour le chirurgien, que nous ne recommencerions pas une semblable opération par la même méthode. L’intestin était congestionné, mais non mortifié. , Son état, au niveau de la constriclion , n’a pu être constaté de visu.

En résumé, nous avons eu affaire à une hernie intra-pariétale non étranglée, derrière laquelle il y avait soit un second sac intra-abdominal très-spacieux avec un collet, étroit, qui était le véritable agent de l’étranglement, soit un étranglement interne par une bride d’origine inconnue.

exemple suffît, je crois, à montrer combien de semblables tentatives sont prématurées. U n’est pas jusqu’aux deux grandes divisions de la phthisie, en torpide, et en éréthique (dont il est partout et à chaque instant fait mention), qui ne soient un leurre au point de vue du climat. Elles se transforment, en effet, l’une dans l’autre, sous l’influence des causes les plus diverses et selon les phases de l’évolution de la tuberculose. Tel malade qu’on aura dirigé sur une station propre, aux torpides y arrivera éréthique, ou le deviendra le lendemain de son arrivée. Je le répète, dans l’état actuel des choses,- un seul point me semble acquis, et bien acquis, à savoir : que le meilleur . climat, pour les maladies consomplives, est celui qui permet de rester le plus longtemps chaque jour au grand' air. S’il m’estdoisible, sans déprécier les stations françaises rivales, d’indiquer les motifs de ma préférence pour Alger, je dirai que c’est le pays où les variations imprévues de température sont le plus rares; où les variations diurnes sont le plus régulières; où le vent du nord, — qui, d’ailleurs, souffle rarement pendant l’hiver, — est le moins froid, parce qu’il a traversé 800 kilomètres de Méditerranée, et que cela le tempère, mieux qu’un abri de montagnes souvent couvertes de neige (au moment que j’écris, le thermomètre marque l/i° à Alger, et il est au-dessous de zéro sur le rivage méditerranéen opposé). On pourrait donc, dans ce pays, ne jamais fermer les fenêtres, comme le veut le docteur Bennet, et tous les jours, même pendaut la saison des pluies, il est possible de faire une promenade en plein air en profitant des embellies, qui ne manquent pas. Une de mes clientes, rhumatisante, qui habite Alger, et à qui j’avais recommandé de sortir toutes les fois que le: temps le permettrait, m’a dit que, malgré la rigueur exceptionnelle de l’hiver 1877-1878, elle n’avait pas passé/ un seul jour sans accomplir la promenade prescrite. On voit que c’est une rigueur toute relative. Le fait m’a été confirmé par M. le docteur Douchez, qui soigne habituellement la malade dont il s’agit. J’ajoute, — et c’est un détail fort important à noter, —

L’opération. a été faite d’après les règles de la méthode antiseptique. Les lèvres de l’incision ont été réunies avec des fils d’argent. (Jn pansement phéniqué a été appliqué.

Vomissements après l’opération, dus probablement au chloroforme. Expulsion de gaz par l’anus vers le soir.

15 janvier. La nuit a été bonne. Le malade a dormi. II. n’a plus vomi. Il n’a pas été à la garde-robe, mais il a rendu des gaz. Pas de fièvre.

16 janvier. Une garde-robè de matières dures. A l’exception de quelques coliques, qui se font sentir de temps èn temps, le malade ne souffre pas. Apyrexie.

17 janvier. Le pansement est renouvelé. Un point de suture est enlevé. Le ventre et la région iliaque gauche sont souples et indolores. Appétit. On donne les alimeilts 'sous' forme liquide.

19 janvier. Pansement. Ablation des points de suture. Réunion imtbédiate dès lëVres de la plaie opératoire. Quelques coliques légères.

Les jours suivants, les coliques se renouvellent. A mesure qu’on s’éloigne de la date de l’opération, elles deviennent plus intenses, et presque, continuelles. Les garde-i;ob,es sont tares, malgré l’administration de laxatifs.

26 janvier, soir. Douleurs vives dans le ventre. Vomissements d’aliments, suivis de vomissements bilieux, Une garde-robe.

Les coliques cbntinuent les jours suivants, mais les vomissehdentsne.se retiôuvélieht pas. U est remarquablé' qüé lés coliques arrivent quelque temps après lé repas et s’accompagnent de phénomènes qui ont frappé le malade, et qu’il décrit de ia "maniéré' suivante : La douleur commence, comme des crampes à la partie supérieure du Ventre, puis gagne l’hypochondre gauche où elle se localise et devient très-intense. Quelque temps après,, dès horbôrygmes se produisent, puis une sorte de gargouillement qui donne au malade la, sensation du passage de matières liquides à travers un canal rétréci. « Il me semble, dit-il, que quelque chose se débouche dans mon. yen, ire et qu’un liquide s’écoule, comme à travers le goulot d’une bouteille. » Les douleurs et le gargouillement sont moins marqués s| la quantité des aliments ingérés est peu considérable.

Ces accidents sont inquiétahts, cap’ ils font craindre qu’un obstacle n’empêche lé' -libre' cours des matières intestinales. Or, cet obstacle n’est-il pas I’ânrieau profond que nous avons eu tant de peine à incîseret à déchirer pendant l’opération du 14 janvier, anneau qui tend à se reformer par: la cicatrisation de §es bords et à rétrécir le calibre de l’intestin ? Quoi qu’il en soit, nous, combattons les .accidents à l’aide de préparations opiacées et d’un régime qui consiste à ne .prendre à la fois qu’une petite quantité d’aliments de digestion facile. ■

^février. F... se lève pour la, première: fois.

12 : février.. F... va bien.. Les coliques signalées ; plus haut ont diminué, mais n’ont . pas disparu. Elles reviennent quotïdiepneiqent, après le principal repas, qui est le repgsjlu soir*

Toutefois le màladé reprend peu à peu ses forçesvet, le , 22 février, il sort de l’hôpital.

que la. différence. de la température, entre l’ombre et le soleil n’est jamais sensible au point d’être redoutable à Aigér. Enfin, qê qui me paraît devoir faire pencher, la balance en faveur d’Alger, sans contestation sérieuse jusqu’à nouvel informé,, c’est le résultat , de la grande enquête de la Société des sciences naturelles et de climatologie d’Alger, dont j’ai cité ailleurs les conclusions. J’en reproduis ici la principale : « La mortalité phthisique n’est, en Algérie, que la moitié de celle des. trois ou quatre points dm globe- lès plus favorisés sous ce rapport; et elle n’est que le cinquième de la moyenne normale de l’Europe. »

Je voulais, en commençant cet article, parler d’une autre objection qui m’a été tout récemment faite, mais elle n’a rien de médical et ne visè ’cjéfe i:e côté industriel de l’établissement. Elle peut, sans inconvénients, être ajournée ; aussi bien* la place me manque: pour la discuter aujourd’hui.

Dr Maximin Legrand.

Lycée de Nîmes. — M. le docteur Puech, médecin adjoint du lycée1 dé 'Nîmes,, est nommé médecin en Chef dudit lycée, en remplacement de M. le' docteur Réveille, dominé médecin honoraire. i

Nouveau pnqçÉnÉ pquR. ÉeROjjyjER le lai, t. — Nous trouvons . dans un ajournai, allemand un procédé nouveau pour éprouver' le lait, dont 1^ .simplicité nous parait très-pratique.

Une aiguille ( à tricoter bien, po, lie ..est plongée profondément dans le vase de lait, et retirée immédiatement dans sa position verticale. Si l’échantillon éprouvé est pur, quelques gouttes de liquide demeurent attachées à l’aiguille; si, au contraire, le ..lait a été additiopné, d’eau, même en trés-pelîte. quantité, le liquide ne reste jamais adhérent. [Journal d'hygienq.)

Depuis nous ne l’avons pas revu. Il est probable que les accidents qui avaient suivi l’opération ne se sont plus reproduits.

Réflexions. — Nous avons dit dans le cours de cette observation qu’en présence d’un cas semblable nous ne recommencerions pas l’opération par la même méthode. En effet, la kélotomie nous a exposé à manquer notre but ou à faire une opération incomplète. L’incision inguinale est nécessairement trop étroite pour bien découvrir l’étranglement et pour le détruire avec sécurité. On est obligé d’agir dans la profondeur de l’abdomen, au milieu des anses intestinales, au risque de blesser le patient si on coupe trop largement, ou de laisser subsister un anneau ou une bride qui ramènera la maladie si on ne coupe pas assez. Chez notre opéré, par exemple, nous avons pensé n’avoir détruit qu’en partie l’agent constricteur, lorsque nous avons vu survenir des accidents qui ne pouvaient guère être attribués qu’à un obstacle au cours régulier des matières intestinales. Enfin, en supposant l’intestin dégagé d’une manière complète, il est extrêmement difficile de s’assurer de visu des altérations qu’il présente.

Ainsi donc, risque d’échouer dans la recherche de l’étranglement, risque de ne pouvoir le détruire d’une manière complète, danger de blesser le malade, danger de laisser dans le ventre un intestin altéré, sont des raisons assez puissantes pour faire abandonner la kélotomie inguinale dans les cas semblables à celui que nous venons de relater.

Chez un malade qui avait quelque analogie avec le nôtre, M. Terrier ( Bulletins de la Société de chirurgie, t. IV, p. 361, 1878) a ouvert la cavité abdominale sur la ligne médiane, comme on le fait dans l’ovariotomie ; puis, écartant les bords de l’incision, « il fut facile, dit-il, de sentir et même de voir au-dessus et en dedans de l’orifice péritonéal du trajet inguinal une anse d’intestin grêle qui semblait pénétrer dans la paroi abdominale antérieure. » L’anse fut dégagée et l’opéré guérit. Cette opération hardie mérite de trouver des imitateurs. Déjà, dans ses Leçons cliniques {t. II, p. 513), Trousseau disait qu’on ne devait pas s’effrayer d’inciser largement la ligne blanche et d’introduire la main dans le ventre pour y chercher et y détruire l’agent de l’occlusion intestinale. Or, la gastrotomie, qui est la ressource la plus rationnelle, et peut-être la moins périlleuse, dans les étranglements internes, nous paraît être aussi indiquée dans ces cas insolites de hernies ventrales ou intrapariétales dont le siège de l’étranglement est incertain ou inconnu. Dans ces cas, la kélotomie est une opération peu sûre, tandis que la gastrotomie, sans avoir une plus grande gravité, permet d’agir à ciel ouvert, de voir l’obstacle et de l’enlever avec certitude. Nous aurions recours à la gastrotomie pratiquée sur la ligne médiane, si nous avions de nouveau affaire à une hernie semblable à celle dont nous venons de donner l’observation.

ACADÉMIES ET SOCIÉTÉS SAVANTES

ACADÉMIE DES SCIENCES

Addition à la séance du 30 décembre 1878. — Présidence de M. Fizeaü.

M. E. de Cyon adresse la note suivante :

« Les conclusions de mes recherches sur l’action physiologique du borax, que j’ai en l’honneur de présenter à l’Académie, ont été contestées dans une note récente.

Il est dit dans cette note, pour combattre mes conclusions, que la salaison enlève aux viandes leurs propriétés nutritives par suite de la substitution de la substance saline aux principes solubles de la viande.

Dans le procédé Jourdes, que j’ai employé, on ne trempe pas la viande dans une solution saline, on la préserve de la corruption en saupoudrant très-légèrement sa surface avec du borax chimiquement pur (de 1 à 2 grammes par kilogramme de viande). La viande reste absolument dans son état normal et garde toute sa valeur nutritive.

Il est d’ailleurs inexact que la viande salée perde toutes ses propriétés nutritives.

Les médecins et les hygiénistes savent que la viande salée constitue encore un excellent

aliment; les travaux de MM. Girardin, de Coneaux, Thorel, et d’autres, ont établi qu’elle ne perd par la salaison qu’un tiers de ses propriétés nutritives. Le scorbut dépend de l’abus du sel marin et d’autres causes encore, mais nullement, comme l’avance sans preuve l’auteur de la note, de la diminution du pouvoir nutritif de la viande.

Est-il nécessaire d’insister encore sur l’importance des sels pour la nutrition ou sur le rôle secondaire que l’hémoglobine et les phosphates occupent parmi les substances nutritives de la viande?

Le borax, employé à petites doses, serait une substance toxique ; il importe de rassurer l’opinion à cet égard.

Tous les traités de thérapeutique enseignent qu’on peut en employer jusqu’à 15 grammes par jour et pendant un temps très-prolongé, sans le moindre inconvénient.

Naturellement il s’agit d’un borax pur, sans les mélanges qu’on trouve habituellement dans le borax du commerce.

D’ailleurs, bien avant mes expériences, le savant professeur de physiologie à Copenhague, Panum, avait mis en pleine évidence la complète innocuité du borax et de l’acide borique employés pour conserver les viandes. Les recherches ont été entreprises précisément dans le but de savoir si le procédé de conservation de viande par le borax, assez répandu dans les pays Scandinaves pour qu’il y soit même préféré au procédé de conservation par le froid, ne pourrait pas présenter quelque inconvénient pour la santé publique.

L’auteur de la note semble ignorer que le borax est à présent universellement employé, notamment en Angleterre et en Amérique, pour mettre les substances organiques à l’abri de la fermentation.

En Angleterre, c’est l’honorable professeur Redwood qui s’en est fait le propagateur.

Le mode d’emploi imaginé par M. Jourdes est en parfaite harmonie avec les théories de M. Pasteur.

En effet, se dissolvant seulement dans les couches superficielles de la viande, le borax forme une enveloppe pour ainsi dire imperméable aux germes organiques de l’air. » — M. L.

ACADÉMIE DE MÉDECINE

Séance du 7 janvier 1879.— Présidence de M. Riciiet.

CORRESPONDANCE OFFICIELLE

M. le préfet de la Charente-Inférieure adresse à l’Académie la collection de l’inventaire des archives départementales, publiées jusqu’à présent.

M. Legouest présente: 1° Au nom de M. le docteur de Valcourt, médecin aide-major au 22e régiment de dragons, un mémoire manuscrit intitulé : Provins, son histoire médicale, son endémie, épidémie de fièvre rémittente typhoïde du 22' régiment de dragons en 1878. — 2° Au nom de M. le docteur Spillmann, l’article Nez, extrait du Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales.

M. Larrey présente, au nom de la Commission centrale de gymnastique, un volume intitulé : Enseignement de la gymnastique dans l' Université.

M. le président Baillarger, avant de quitter le fauteuil de la présidence, présente le compte rendu rapide des travaux accomplis par l’Académie pendant l’année 1878; il rappelle ensuite les pertes regrettables qu’elle a faites et les noms des nouveaux membres qu’elle s’est adjoints dans le cours de l’année qui vient de s’écouler; il termine en renouvelant ses remercîmenls à ses collègues pour le témoignage d’estime et de sympathie qu’ils lui ont donné en l’appelant à l’honneur de la présidence.

Le discours de M. Baillarger est accueilli par des applaudissements unanimes.

L’honorable président sortant invite ensuite les membres du bureau pour l’année 1879, M. Richet, président, M. Henri Roger, vice-président, et M. Bergeron, secrétaire annuel, à prendre leurs places.

M. le président Richet, dans une allocution vivement applaudie, présente ses remercîments à l’Académie pour la distinction dont elle a bien voulu l’honorer en l’appelant au fauteuil. Sur sa proposition, l’Académie vote des remercîments à M. Baillarger et aux membres sortants du Conseil d’administration, MM. Blot et Noël Gueneau de Mussy.

La cérémonie d'installation terminée, M. le docteur Mordret (du Mans) , est appelé à la tribune pour y faire une présentation de pièce pathologique.

Il s’agit d’une vieille fille âgée de 78 ans, morte le 1er janvier dernier à l’asile de laSarthe, où elle était entrée depuis quelques mois pour une hémiplégie causée par une attatpie d apoplexie. L’examen cadavérique a révélé entre autres lésions, la suivante, qui ne manque pas d’un certain intérêt. Ce serait, suivant M. le docteur Mordret, un riiyo-fibroine utérin du volume d’une petite tête de fœtus; et recouvert d’une coque osseuse complète comme une coquille d’œuf, très-dure, que le couteau n’entamait que difficilement et qu’il a fallu scier. ^ Cette tumeur n’avait donné lieu à aucùu symptôme pendant la vie. Son véritable siège n’a pu être bien déterminé. Est-ce une transformation du corps de l’utérus? Est-ce une production hétérogène? Ces deux opinions ont été émises. La pièce présentée par M. Mordret à été renvoyée à l’examen d’une commission qui fera un rapport à ce sujet.

L’ordre du jour appelle la suite de la discussion du rapport de M. Panas sur un travail de M. le docteur Lannelongüe, relatif à l’ostéo-myélite pendant la croissance.

M. Colin donne lecture de la deuxième partie de son discours sur la septicémie ; en voici le résumé et .les conclusions .: ...

« On s’effraye beaucoup trop des vibrions, des germes de vibrions, dit M. Colin, particulièrement en ce qui a trait aux accidents septiques réalisés dans l’économie. Les êtres microscopiques, les .germes; p)us ou moins dangereux, les ferments sont toujours là; ils nous entourent, nous pénètrent de toute part, nous ne pouvons jamais absolument leur fermer les portes; pour eux, certaines portes sont toujours ouvertes. Les accidents de septicité ne sont pas seulement subordonnés à rentrée, d’une petite quantité de germes ou de matière' putride par les plaies ou par des voies diverses, puisque, dans une foule de circonstances, ces germes ou ces agents de nature indéterminée pénètrent librement les tissus sains, les liquides non altérés, sans, produire de trouble morbide appréciable..

Les agents. sepliqqes,. quels qu’ils soient, ne produisent d’effet que s’ils sont en quantité un peu considérable et en présence de certains états des tissus ou des liquides de l’organisme. La grande condition du développement de la septicité est l’altération préalable des liquides, la mort des tissus en masse ou d’une partie de leurs éléments constitutifs.

La septicité, dans les cas de plaies, de grandes opérations, ne résulte pas seulement de l’altération du pus déjà, versé à: l’extérieur et de l’absorption des'œiasmes atmosphériques; elle est surtout la conséquence des modifications éprouvées par les tissus mêmes et les liquides dans les cavités les plus’ rapprochées des surfaces mises à nu, modifications qui sont le fait des. lésions traumatiques er de ^irritation subséquente.

Dans ces tissus superficiels les éléments malades ou morts dev: nnent, au même titre que les liquides extérieurs et de la même façon, la proie de la putridité. S’il nous est impossible d’éviter, absolument les ferments putrides, nous pouvons souvent en réduire la quantité et en entraver l’action, au, point qu’ils n’exercent plus d’influence nuisible.

Ce .que nous devons craindre., ce que nous devons éviter, c’est de -leur donner des conditions d’.existence, de leur préparer les milieux qui leur .permettent, d’exercer leurs ravages.

En un mot, la thérapeutique, au lieu de se réduire à une chasse au vibrion, doit viser avant tout à mettre ou à remettre l’organisme et chacune de ses parties dans de bonnes conditions de vitalité et dé1 résistance. jC’est lë traumatismè/ç’ëst la plàië^ c’est la lésion enfin qu’il faut traiter avant tout, parce que c’est dans l’organe malade que se préparent, au moins en grande partie, les produits septiques dont l’action générale devient si souvent fatale. »

M. Vernecil demandé la parole pour protester contré une phrase du discours de M. Colin dans laquelle il est représenté comme « le trop fidèle interprète des travaux allëmands relatifs à la septicémie ». M: Vërnéuil n’est l'interprète de personne ; il prend ja vérité, ou Ce qu’il croit être la Vérité;' pàrldüt Où' il la trouvé, en Allemagne ou ailleurs, sans s’inféoder à aucune1 nationalité, car la science h’à pas de patrie. Les Allemands sont venus chercher en France et y ont trouvé, dans les travaux de Gaspard, de Darcet, de Sédillot, des vérités que nous avions eu, nous Français, le grand tort de méconnaître pendant longtemps; ils se sont emparés de ces travaux et les ont féeondés, à leur tour, avec u ri succès dont M; Colin devrait tenir plus.de compte; et c’est ainsi que deé vérités d’origine française nous sont revenues d outre-Rhin développées et agrandies par les travaux allemands dont nous devrions' faire notre

A quatre heures et demie l’Académie se forme en comité secret, pour entendre la lec- .ure de rapports sur les tjtres des candidats aux, places yaçantes de. membres correspondants.

SOCIÉTÉ ISÉOICALE DES HOPITAUX

Séance du 11 octobre 4878. — Présidence de M. Labiuc.

SOMMAIRE. — Correspondance. — Présentation d’une pièce anatomique relative k un cas d’anévrysme de l'aorte comprimant la veine azygos, par M. Dujardin-Beaumetz. Discussion : MM. Gouraud, Dujardin-Beaumelz. — Présentation d’une pièce anatomique relative à un cas de myocardite suppurée primitive, par M. Féréol. — Présentation de fausses membranes recueillies dans un cas de bronchite pseudo-membraneuse, par M. J. Guyot.

Lé prOÇès-vefbàl de la dernière séance est lu et adopté.

Correspondance imprimée : Bulletin ^médical du Nord. — Ilevue médicale de Toulouse. — Union médicale du Nord-Est. — Marseille médical. — De l’influence du travail iMeltectüel sur le volume et la forme de la tête, par MM. Lacassagne et Cliquet. — Union médicale de la Seine-Inférieure. — Annales de la Société de médecine de Saint-Etienne et de la Loire. — Archives dé médecine! navale. — Annales de gynécologie. — Un volume intitulé : The Transactions of ihe American medical Association, vol. XXVIII. — Bulletins de la Société anatomique de Paris.

Correspondance, manuscrite : MM. Tenneson, Raymond, Landrieux, médecins du Bureau central, sollicitent le titre de membre titulaire de la Société médicale des hôpitaux.

Lettre de M. Laveran, qui demande un congé illimité, par suite de son envoi à l’hôpital militaire de Bone (Afrique).

M. Dujardin-Beaumetz présente une pièce anatomique et une planche relative à un cas d’anévrysme de l’aorte comprimant la veine azygos.

M. Xavier Gouraud : Comment expliquer l'oblitération instantanée de la veine azygos-, ainsi que l’a dit notre collègue dans son observation ?

M. Dujardin-Beaumetz croit que le caillot a dû se former lentement.

M. Féréol présente une pièce anatomique relative à un cas de myocardite suppurée primitive chez un homme atteint d’endartérite généralisée. (Sera publié.)

M. J. Guyot présente des fausses membranes recueillies chez un jeune homme atteint d’une bronchite pseudo-membraneuse. L’une représente un tube plein, reproduisant exactement les bronches sur lesquelles elle se moulait.

— La séance est levée à cinq heures,

Le secrétaire, Martineau.

Séance du 25 octobre 1878. — Présidence de M. Labric.

SOMMAIRE. — Correspondance. — Lecture du rapport sur les maladies régnantes, par M. Ernest

Besnier. — Lecture d’un travail sur la thrombose pulmonaire, par M. Henri Huchard. — Élection

de trois membres titulaires.

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté.

Correspondance manuscrite : Lettre de M. Gallard, qui demande un congé de deux mois (accordé). — Lettre de M. Lacassagne qui-, forcé d’aller en Algérie pour le service dont il est chargé, demande un congé illimité (accordé). .

Correspondance imprimée : L’hôpital des Cliniques de la Faculté de médecine de Paris, par le docteur Corlieu. — Bulletin de la Société, d’anthropologie de Paris. — Archives de médecine navale. — r Annales de gynécologie. —- Revue médicale de Toulouse. — Union médicale de la Seine-Inférieure. — Journal de thérapeutique de M. Gubler, etc., etc.

M. Ernest Besnier donne lecture de son rapport sur les maladies régnantes pour le trOi* sième trimestre de l’année 1878. (Voyez I’Union Médicale des mois d’octobre et de novembre 1878.) .

M. Henri Huchard lit un travail sur la thrombose de l’artère pulmonaire. (Sera publié prochainement.)

MM. Tenneson, Raymond et Landrieux, médecins du Bureau central, sont nommés, à l’unanimité, membres titulaires de la Société.

— La séance est levée à quatre heures trois quarts.

Le secrétaire, Duguet.

JOURNAL DES JOURNAUX

Un cas de pneumothorax avec rechute ; guérison ; par le docteur V. Edvard Bull (de Christiania). — Il s’agit d’une malade qui, dans l’espace d’un an, a été atteinte deux fois de pneumothorax, et qui a toujours guéri. Au mois de mars 1876, elle ressentit une douleur au côté gauche; puis, quelque temps après (un mois), en jouant du piano, la douleur s’accrut, et l’on put constater tous les symptômes d’un pneumothorax, sans toux , ni fièvre, etc. Un mois plus tard, tous ces symptômes avaient disparu et, avec eux, un certain bruit sous- crépitant qui suivait l’inspiration, augmentant surtout quand la malade respirait fort et la bouche ouverte, et pouvait s’entendre à distance. Ce bruit particulier, sur la nature duquel il nous est difficile de nous prononcer, devait être lié, d’après l’auteur, au pneumothorax lui-même, puisqu’il paraissait et disparaissait avec lui. Peut-être s’agissait-il d'un cas de compression trachéobronchique. — Donc, le 17 mai 1876, le pneumothorax avait disparu, quand, le 8 mars 1877, il reparut, toujours à gauche, pour disparaître ensuite un mois après.

Celte femme n’était pas tuberculeuse; elle présentait seulement les signes de l’emphysème pulmonaire.

Cette observation est intéressante, puisqu’elle nous montre une malade atteinte et guérie, à deux reprises différentes, d’un pneumothorax. ( Aftryck urNord med. Ar/civ., 1877, band IX, n. r. 11. Sockholm.) — H. H.

Coliques hépatiques violentes ; mort par excès de douleur; par M. J. CORNILLON. — Femme de 54 ans, atteinte de coliques hépatiques depuis trois ans, coliques qui ont augmenté d’intensité et de fréquence, au point qu’elle les .ressent tous les jours. Teinte subiclérique ; depuis quelque temps, digestions pénibles, constipation très-forte ; congestion très-intense des lobes droit et gauche du foie, avec douleur à la pression. Elle eut une crise des plus violentes; les extrémités étaient froides, le pouls petit et fréquent, le ventre était douloureux à la palpation, le foie atteignait la fosse iliaque, et, malgré la médication employée (potion à l’extrait thébaïque, suppositoires calmants, lamalade ne voulant pas accepter une injection de morphine), la mort est survenue rapidement, par le seul fait, dit M. Cornillon, de l’excès de la douleur. {Vichy médical, numéro du 1er septembre 1878.) — H. II.

FORMULAIRE

Lavement contre la dysenterie. — Berthold.

Acide salicylique . 1 gramme.

Eau distillée . . . . . 300 —

Alcool, q. s. Faites dissoudre.

Dans les cas de dysenterie avec ténesme et selles sanguinolentes se répétant tous les quarts d’heure, le lavement d’acide salicylique fut administré de quatre en quatre heures. Le ténesme diminua, et le nombre des selles fut rapidement réduit. En même temps que les matières fécales reprirent progressivement leur aspect normal, la température de la peau s’abaissa et l’appétit reparut. — N. G.

Ephémérides médicales. — 9 Janvier 1859.

Thomas-Marie Fiard meurt à Paris, âgé de 55 ans, et la science médicale perd en lui un de ses représentants les plus distingués. L’esprit d’observation, la sagacité et le zèle philanthropique l’avaient surtout dirigé vers l’élude de la vaccine. Il n’y a pas moins de dix mémoires de Fiard sur ce sujet, publiés entre les années 1831 et 1836. Un d’eux a reçu de l’Institut le prix de 2,500 francs. Il est intitulé :

De la dégénération de la vaccine et de la nécessité du renouvellement du virus vaccin • recherches sur le cow-pox et les affections éruptives des vaches; de C action temporaire de la vaccine, et de la nécessité des revaccinations (avec dessins). — A. Gh.

GUUrvKIER

Candidats AUX gradïs de pharmacien. — Le ministre de l’instruction publique, des culte,1 et des beaux-arts, vu les décrets portant règlement d’administration publique, en date dei

15 juillet 1875, 12 juillet et 31 août 1878; le Conseil supérieur de l'instruction publique entendu,

Arrête :

Art. 1er. — L’examen de validation de stage, exigé des candidats aux grades de pharmacien de lre et de 2e classe par l’article 2 du décret du 31 août 1878, se compose des épreuves suivantes :

1° Préparation d’un médicament composé, galénique ou chimique, inscrit au Codex ;

2° Une préparation magistrale;

3° Détermination de trente plantes ou parties de plantes appartenant. à la matière médicale, et de dix médicaments composés ;

4° Questions sur diverses opérations pharmaceutiques.

Il sera accordé quatre heures pour la première épreuve, et une demi-heure pour chacune des trois autres.

Art. 2. — Les sessions d’examen auront lieu pendant les mois de juillet et de novembre daçs les Écoles supérieures de pharmacie et dans les Facultés mixtes de médecine et de pharmacie.

Dans les Écoles de plein exercice et dans les Écoles préparatoires de médecine et de pharmacie, elles auront lieu pendant les sessions d’avril et de septembre-octobre.

Art. 3. — Conformément aux dispositions du statut du 9 avril 1825, la première inscription ne peut être prise après le premier trimestre de l’année scolaire.

Art. 4. — Par dérogation à l’article 2 du présent arrêté, les examens de validation de stage auront lieu, en 1879, et pour cette année seulement, dans les premiers jours du mois de novembre dans toutes les Facultés et Écoles.

Fait à Paris, le 30 décembre 1878. A. Bardoux.

École de médecine de Besançon. — . M. Chenevier, professeur à l’École préparatoire de médecine et de pharmacie de Besançon, est nommé directeur de ladite École, pour une période de trois années, en, remplacement de M. le docteur Sanderet de Valonne.

M. Chenevier, professeur de clinique externe à l’École préparatoire de médecine et de pharmacie de Besançon, est nommé professeur de thérapeutique et d’hygiène à ladite École (emploi nouveau).

M. Saillard, professeur adjoint à l'École préparatoire de médecine de Besançon, est nommé professeur de clinique externe, en remplacement de M. Chenevier, appelé à d’autres fonctions,

M. Faivre, professeur adjoint à l’École préparatoire de médecine et de pharmacie de Besançon, est nommé professeur de pharmacie et matière médicale à ladite École.

M. Moquin-Tandon, professeur à la Faculté des sciences de Besançon, est nommé en outre professeur d’histoire naturelle médicale à l’École préparatoire de médecine et de pharmacie de cette ville (emploi nouveau).

Nécrologie. — Nous empruntons au Journal du Centre, qui se publie à Châteauroux, le récit des funérailles de M. le docteur Pinault :

« Nous avons annoncé la mort si regrettable du docteur pinault. Ses funérailles viennent d’avoir lieu au milieu d’un imipense concours, composé de toutes les classes de la ville.

« M. Pinault avait occupé plusieurs positions importantes. Il avait toujours été le médecin de la préfecture; aussi avons-nous vu M. le préfet être le premier à jeter l’eau bénite sur sa tombe. Il était l’un des médecins de l’hospice ; les médecins, ses collègues, entouraient son cercueil, et les bonnes soeurs, les militaires qu’il avait soignés, lui faisaient un touchant cortège. M. Pinault était encore médecin de l’administration des tabacs; c'est à dire que les chefs de l’établissement, les employés supérieurs et les ouvriers et ouvrières, ne manquaient pas à la cérémonie. Enfin, comme il était président de l’Association départementale des médecins, un grand nombre d’associés étaient venus lui rendre les derniers devoirs.

« Toute la ville, avons-nous dit, suivait tristement le convoi, et c’était bien le deuil dans le cœur, car M. Pinault était, un homme excellent, humain et plein de zèle dans ses fonctions de médecin. Son jugemènt était très-sûr et sa prudence extrême, ce qui lui avait valu la confiance absolue d’une clientèle ■ nombreuse. Il avait étudié spécialement cette maladie cruelle et contagieuse qu’on appelle angine oouenneuse, et il s’était appliqué à pratiquer l’opération de la trachéotomie qui, dans les cas désespérés, parvient quelquefois à sauver les enfants. Doit-on s’étonner, d’après cela, d’avoir aperçu des mères,, à qui son habileté avait conservé des êtres chéris, sè mêler à la foule en sanglotant? — M. Pinault avait aussi porté tous ses soins sur certaines maladies des yeux qui exigent des opérations délicates, telles que la cataracte. Bien des gens lui ont dû de recouvrer la vue, et l’on sait que, après la guerre, MM. Balsan, voulant utiliser leur ambulance pour le bien des classes ouvrières du département.

avaient chargé le docteur Pinault d’y pratiquer toutes les opérations que ces maladies comportaient.

« Hélas ! M. Pinault, malgré tous ses mérites, n’a pas eu le bonheur en partage. Privé prématurément de la compagne de sa vie, il avait la douleur, en appréciant avec la plus grande lucidité les complications d’une maladie ancienne, de laisser après lui quatre orphelins. Quelle émotion n’a-t-oo pas éprouvé en voyant ses pauvres enfants, conduits par leurs parents, à la suite du convoi funèbre. Mais les soins ne leur manqueront pas et la reconnaissance publique entourera longtemps leur jeunesse et applaudira à leurs succès !» — F. D.

Les buveurs d’éther. — Le correspondant de Londres de la Revue britannique signale une habitude étrange qui existe aujourd’hui en Irlande, et qui cause, en ce moment, une grande surprise. Cette habitude est l’abus de l’éther comme boisson enivrante.

Un médecin, à qui l’on avait donné l’éveil de cette coutume étrange, est allé dans les pays où elle se pratique, et raconte ainsi l’histoire de sa visite.

Sur la route, il ne rencontre que des paysans bien mis, propres et soignés, qui ne manifestent aucun symptôme d’ivresse ; mais, en arrivant à la petite ville de Drapers-Town, Porteur pénétrante de l’éther le saisit à la gorge aussi fortement que s’il était entré dans une chambre de malade. Au marché de la ville, l’air était empoisonné par Phaieine des paysans rassemblés dans le carrefour.

La personne qui avait mis le docteur au courant de cet usage pernicieux, ayant prétendu que sous le vent on pouvait sentir l’odeur de l’éther à un demi-mille, le docteur vérifia la Véracité de ce fait, qui lui avait paru une exagération absurde.

« Ce n’est que par suite d’une vigilance extrême, dit-il, que j’ai pu arriver à la preuve que je cherchais. La crainte du clergé catholique tend à faire garder le secret sur la consommation de cette drogue nuisible. » Le docteur a voulu absolument remonter à l’origine de l’usage qui s’en est introduit parmi les pauvres gens, qu’on aurait pu croire ignorer jusqu’au nom même de cet agent funeste.

C’est lors de la mission de tempérance du père Mathews, après la visite du révérend père à Drapers-Town, que le whisky, le gin et l’eau-de-vie ayant complètement disparu, le diable inspira au pharmacien de l’endroit l’idée de remplacer les alcools ordinaires par l’éther, que le père Mathews n’avait pas songé à proscrire.

La quantité d’éther que peut absorber un buveur renforcé peut s’élever jusqu’à une demionce, quantité que, dans la pratique médicale journalière, il paraîtrait impossible de faire prendre sans danger à un individu.

Depuis ces révélations faites par le docteur sur Drapers-Town, les autorités médicales recherchent les traces du même vice en Angleterre, mais elles n’ont encore pu découvrir que des cas isolés.

Cependant cette dépravation augmente et, chose étrange ! se répand parmi les dames de la haute classe de la société, à tel point, dit-on, que le gazon de Hyde-Park est parfois jonché de flacons d’éther vides, que les élégantes promeneuses ont jetés par les fenêtres de leurs voitures.

C’est le cas de rappeler l’axiome du prince de Talleyrand : « Vous croyez, disait-il, éteindre les vices par la police et les lois..., vous ne faites que les déplacer. »

Les horreurs de la guerre. — Une enquête faite par les Russes sur le théâtre de la dernière guerre en Europe a fourni les détails suivants :

Le total des hommes inhumés dans la presqu’île des Balkans s’élève à 129,471, et des 120,959 hommes qui ont été renvoyés en Russie malades ou blessés, il en a péri 42,950.

Ainsi, le chiffre total des morts dans cette guerre est de 172,400 hommes, sans compter ceux- qui ont succombé dans la campagne d’Asie-Mineure.

Société de médecine de Paris. — Séance du samedi 11 janvier 1879 (local de la Société de chirurgie), rue de l’Abbaye, à 3 heures 1/2 très-précisès.

Ordre du jour : 1° Installation du bureau. — 2° Vote sur la candidature de M. le docteur Paul Favre (de Commentry) au titre de membre correspondant. — 3" Puipport de M. Ladreit de La Charrière sur la responsabilité légale des sourds-muets. — 4° Cas rares de plaies d’armes à feu observés par M. Rougon à l’ambulance du Palais de Justice. — 5° Communications diverses.

— Le Conseil d’hygiène et de salubrité de la Seine vient de renouveler son bureau pour l’année 1879. Ont été nommés :

Vice-président, M. le docteur Auguste Voisin ; secrétaire, M. Besançon.

Le gérant, Richelot.

Paris.— Typographie Félix Malteste et Ce,rue des Dfeux-Portes-Salnt-Sauvcur, 22.

No 4

L’UNION MÉDICALE Samedi 11 Janvier 1879

CLINiaUE MÉDICALE

ENDOCARDITE ULCÉREUSE ET VÉGÉTANTE ; — OBSTRUCTION DE L’ORIFICE AORTIQUE

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