‹ L'Union médicaleChapitre 42 sur 176 · BORDEAUX. — M. LANDE · texte numérisé non relu

BORDEAUX. — M. LANDE

«( Le quatrième trimestre de l’année 1878 a été remarquable par un temps constamment

succédé dans le monde, l’artiste venait solliciter de M. Chauffard la faveur de l’exposer à Londres, à Vienne, à Philadelphie, et Paul-Emile Chauffard, qui était bon, complaisant et serviable, laissait décrocher de son salon, mais non sans regret, cette précieuse toile.

Après le beau discours de M. Potain, après « la brillante couronne de fleurs » de M. Roger, après les dignes allocutions de MM. Hervieux et Hérard, que pourrais-je dire qui n’ait été déjà dit, et si bien dit? Voulant cependant, et par affection et par devoir, payer mon humble tribut d’hommages et de regrets à de chères mémoires, je suis obligé de m’échapper par les tangentes, afin de ne pas fatiguer le lecteur par des redites et des vulgarités, et le lecteur, qui comprend mon embarras, a la bonté d’excuser mes échappées.

La mort de M. Chauffard n’a pas été la seule perte que nous ayons eu récemmènt à regretter dans notre confrérie. Mais au moins M. Trélat a vécu de longues années, car il vient de s’éteindre à 84 ans, à Menton, où tous les ans, depuis longtemps, il venait demander au doux soleil de cette résidence hivernale l’amélioration de sa santé. M. Trélat a rempli des rôles importants dans sa longue existence; mais, pour nous, l’homme politique s’efface devant le savant. Les fonctions élevées et diverses qui ont marqué sa carrière, depuis celle de conseiller municipal jusqu’à celle de ministre, ne font pas oublier l’aliéniste distingué qui, à une rigoureuse observation des malades, joignait un rare talent d’exposition et d’écrivain. Parmi ses nombreux écrits , on distinguera toujours le meilleur de ses ouvrages, et dont le titre est presque une antithèse : La folie lucide, œuvre très-remarquable, en effet; œuvre d’un médecin philosophe et d’un penseur.

Je n’al pas eu l’avantage de connaître M. Trélat, mais ses nombreux amis louent sa bienveillance et les nobles qualités de son cœur et de son esprit, sa droiture et la sûreté de ses relations. « Avant de nuire à un homme déprimé par l’opinion, — dit M. Delasiauve, — qu’il

humide et généralement froid; aussi a-t-on, pendant toute sa durée, observé surtout des affections des voies respiratoires. La bronchite et la grippe ont été extrêmement fréquentes ; la pleurésie, la pleuro-pneumonie, la pneumonie, ont également donné un grand nombre de malades, et 'les deux dernières plusieurs cas de mort.

Les angines simples ont été très-communes; les angines diphlhéritiques relativement peu fréquentes; peu de cas de croup.

Beaucoup de rhumatismes, sous toutes les formes, mais avec une gravité peu notable.

Les tuberculeux ont, comme toujours, payé un large tribut à la saison; ce sont eux qui fournissent presque exclusivement l’accroissement de la mortalité générale, qui, de 393 en octobre, s’élève à 440 en novembre et à 483 en décembre.

Les affections les plus sérieuses signalées pendant le cours des neuf premiers mois de l’année vont, au contraire, en diminuant de fréquence et de gravité. La variole ne donne que 19 décès en octobre, 19 en novembre et 9 en décembre. Plusieurs de ces décès sont pourtant la suite de cas à marche rapide, avec complications hémorrhagiques, varioloïdes et varicelles nombreuses.

Quelques cas isolés de rougeole et de scarlatine. La fièvre intermittente se montre beaucoup moins fréquente surtout pendant les deux derniers mois; pourtant elle est encore beaucoup plus commune qu’à l’ordinaire à pareille époque de l’année. Quelques accès pernicieux suivis de mort en décembre.

Enfin, il importe de signaler une petite épidémie de fièvre puerpérale (5 cas mortels) dans le service d’accouchements de l’hôpital Saint-André. Le premier cas s’est développé sur une femme syphilitique qui avait été soumise à de violentes manœuvres. Le service a été immédiatement évacué et désinfecté. Vers la même époque, il y a eu aussi quelques cas en ville, dont plusieurs terminés par la mort. »

TOULOUSE. — M. BONNEMAISON.

« Le quatrième trimestre de l’année 1878, surtout dans le dernier mois, s’est fait remarquer par la fréquence insolite et l’intensité des variations barométriques, par la douceur de la température et ses écarts considérables, par l’abondance des pluies, et enfin par la violence des bourrasques observées.

La constitution médicale n’a cessé d’être relativement bonne; la mortalité s’est toujours maintenue au-dessous de la moyenne ; les maladies ont conservé le caractère saisonnier et sporadique. — Comme toujours, à pareille époque, et même pendant le cours du mois de décembre, les affections catarrhales ont prédominé, sous la forme de laryngites, de coryzas, avec ou sans inflammation des tissus, de bronchites, de broncho-pneumonies, etc... Les angines ont surtout été fréquentes, et beaucoup d’entre elles ont revêtu le type pultacé, sans engor-

pouvait aider ou desservir, il n’avait pas de plus grand soin que de s’assurer de la réalité des griefs. » C’est là un bel éloge et que l’on peut, hélas, appliquer si rarement! Sur deux hommes parlant d’un troisième, justement ou injustement accusé, n’est-il pas vrai que, si l’un dit : Tue ! l’autre répond : Assomme !

M. Trélat laisse deux fils également distingués dans des carrières diverses : l’un, professeur de pathologie externe à notre Faculté de médecine ; l’autre, architecte de la Ville de Paris et directeur d’une grande école libre d’architecture, qui attire de nombreux élèves.

Le salon de M. le professeur Trélat est un salon musical très-recherché, dont M”1' Trélat fait les honneurs non-seulement par la grâce et l’amabilité, mais encore par une voix admirable, qui n’a qu’un tort, celui de ne pas se prodiguer davantage.

Amédée Latour.

Faculté de médecine de Bordeaux. — Par arrêté du 1er février 1879, M. le ministre de l’instruction publique a déclaré vacante la chaire de pathologie générale de la faculté de médecine et de pharmacie de Bordeaux.

Conformément aux dispositions de l’article 2 du décret du 9 mars 1852, une double liste de présentation devant être demandée à la Faculté et au Conseil académique, les candidats sont invités à faire parvenir, franco, au secrétariat de la Faculté de médecine, avant le 27 février (terme de rigueur) :

1* uhe expédition de leur acte de naissance ;

2° Leur diplôme de docteur en médecine;

3° Leur thèse et les travaux qu’ils auront publiés;

4° Une note indiquant leurs titres honorifiques, la nature et la durée de leurs services dans renseignement.

gement ganglionnaire et sans infection ; ce qui n’a pas empêché la diphthérie véritable de se montrer simultanément chez d’autres sujets, qui ont succombé, malgré les traitements les plus énergiques, dans des proportions assez considérables (surtout dans notre climat, où le croup était rare autrefois), puisque nous trouvons 6 décès en octobre, 7 en novembre et 7 en décembre.

Les pleurésies, fréquentes pendant ce trimestre, sont demeurées bénignes ; souvent sèches, presque toujours avec épanchement moyen, elles ont donné pleine satisfaction à la thérapeutique médicale commune.

Les rhumatismes, ordinairement subaigus et sans complications viscérales, sont restés dociles aux médications traditionnelles ; les névralgies de toutes sortes, fréquentes d’ailleurs, ont pris généralement la forme périodique et n’ont point résisté à l’action des sels quiniques.

Les fièvres typhoïdes ont suivi leur courbe automnale, donnant 9 décès en octobre, 14 en novembre et 5 seulement en décembre.

Parmi les fièvres éruptives, il faut signaler quelques cas, toujours bénins, d’érysipèle, de scarlatine et de variole. En revanche, la variole continue de sévir sur notre ville. En décembre 1877, on ne citait qu’un cas de mort, le seul de l’année; en décembre 1878, le contingent annuel est de 96. Sans prendre le caractère vraiment épidémique, elle semble s’acclimater, et menace chaque jour de prendre une extension plus considérable. Ce danger est d’autant plus à craindre que, malgré les conseils pressants et réitérés du Corps médical et de l’Administration, la population, surtout la population ouvrière, néglige ou refuse la pratique des revaccinations. — D’un autre côté, l’effroi causé par cette maladie détermine bien vite un isolement complet des malades, bientôt suivi de la désinfection des lieux contaminés, qui, dans les maisons riches surtout, empêche la propagation de cet horrible fléau.

J’ajouterai, en terminant, qu’il s’est produit un grand nombre de morts subites chez les vieillards, ce qui s’explique par l’influence des brusques variations barométriques sur des sujets naturellement prédisposés aux altérations vasculaires ou déjà vietimes d’anciennes attaques. »

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