‹ L'Union médicaleChapitre 43 sur 176 · HÔPITAUX · texte numérisé non relu

HÔPITAUX

Octobre

Noremb.

Décemb.

Totaux

1690 sorties, 310 décès.

Variole .

64 sorties, 39 décès.

Scarlatine .

Fièvre typhoïde ou muq.

Entérite , diarrhée. .....

Angine couenneuse, croup

Bronchite .

Pneumonies .

Tuberculose pulmonaire.

« Ce tableau, qui met en parallèle le troisième trimestre avec le quatrième et, pour ce dernier, les mois entre eux, démontre tout d’abord la marche continue et croissante de l’épidémie variolique que nous subissons depuis quelques mois, et qui semble puiser une nouvelle force dans le refroidissement de la température. C’est, en effet, pendant les mois de novembre et décembre, qui ont été dans nos régions exceptionnellement froids et humides, que l’on a signalé le plus grand nombre de décès varioliques, 71 pour le premier, 83 pour le second, lorsque octobre n’en avait fourni que 48; aussi avons-nous, pour le trimestre, le chiffre considérable de 202 décès varioliques, en augmentation de 65 sur le trimestre précédent. Il est vrai que l’on ne fait absolument rien pour limiter l’épidémie, lorsqu’on devrait, au contraire, créer et multiplier des bureaux de vaccination gratuite et se procurer à tout prix du vaccin humain, dût-on, comme l’Hôpital militaire, donner des primes de 25 et 30 francs à des enfants vaccinifères. Je vous ai déjà signalé le mauvais isolement des varioleux à l’hôpital de la Conception ; je n’y reviendrai pas, si ce n’est pour vous dire que les cas de contagion, dans les autres salles, ont été nombreux. A ce propos, un fait mérite d’être signalé : A un moment donné, on a procédé à la taille des platanes qui sont dans la cour, et dont on a coupé la tête ; le vent d’est soufflant, la salle des blessés, située vis-à-vis, et la prison, placée quelques mè-

très plus loin, dans la même direction (et toutes deux sous le vent, qüi n’était plus arrêté), ont immédiatement constaté des cas d’infection.

Les cas graves sont nombreux; il m’a paru que la mort survenait surtout dans la période de suppuration, et était due la plupart du temps à des complications pulmonaires. Légère augmentation pour la scarlatine.

Les affections des voies digestives ont subi, comme de raison, une diminution considérable sur le trimestre précédent : chaque mois marque un recul, et le total des décès n’est que de 308, en diminution de 279 sur le trimestre précédent, qui en avait donné 587.

Quant aux affections des voies respiratoires, elles ont subi, elles aussi, mais en sens inverse, l’influence de la saison et de la température. Le chiffre des décès par pneumonie est monté de 101 à 307. Les cas sont excessivement graves, comme le démontrent les chiffres fournis pour les hôpitaux, où il s’est produit décès pour 33 sorties seulement, c’est-à-dire une proportion de 57,69 décès pour 100 malades. Il faut tenir compte, il est vrai, du peu de force de résistance qu’offre la population hospitalière, qui constitue évidemment le plus mauvais terrain possible pour toutes les affections aiguës; il est très-probable qu’en ville la proportion des décès est beaucoup moindre, par rapport au nombre des personnes atteintes.

V angine couenneuse et le croup, qui avaient déjà fait pendant le troisième trimestre 57 victimes, ont fait encore un pas en avant et ont occasionné, pendant le quatrième, 87 décès. C’est encore le mois de décembre qui a fourni le contingent le plus fort. »

AURILLA.C. — M. RAMES.

« Ce trimestre aurait été encore plus dépourvu de maladies que le précédent, si la rougeole n’avait fait invasion en ville, à partir du mois de septembre 1878, et ne s’y continuait encore par quelques cas rares.

La réduction du cadre pathologique à quelques indispositions peut être attribuée à ce que l’année 1878 a été très-pluvieuse et les cours d’eau ont été constamment avivés.

Un intervalle de cinq ans environ sépare l’épidémie actuelle de rougeole de la dernière qu évolua du milieu de novembre 1873 jusque dans le mois de juin 187û. Quoique non complètement édifié sur le mode d’apparition de cette maladie, nous pouvons à peu près assurer qu’elle a dû s’établir par le fait d’importations successives venues de grands centres de population, tels que Paris, Lyon, Clermont ou de quelque ville voisine, ainsi que nous avons eu occasion de le constater pour d’autres épidémies de maladies contagieuses. Ce qu’il y a de sûr, c’est qu’elle ne s’est pas étendue par une marche régulière, progressive, gagnant chaque jour du terrain, attendu qu’à l’heure actuelle les campagnes environnantes de la ville et les chefslieux de canton de l’arrondissement n’en présentent pas encore. Ainsi un sergent du 92e de ligne arrivant de Lyon en est pris et entre à l’hôpital le 2 octobre; un autre sergent, camarade de chambrée, resté à Aurillac, en est pris à son tour et entre le 19 octobre, l’autre étant sorti le 15.

L’épidémie est, du reste, des plus bénignes. Malgré qu’elle ait sévi sur un grand nombre d’enfants, je n’ai eu connaissance que d’un seul cas de mort, dû à une complication pneumonique. »

(La suite dans un prochain numéro.)

ACADÉMIES ET SOCIÉTÉS SAVANTES

ACADÉMIE DES SCIENCES

Séance du to février 1879. — Présidence de M. Dacbbée.

MM. Martins et Desort adressent une lettre relative au projet de la mer intérieure en Afrique, et aux travaux de nivellement du capitaine Roudaire. Ces Messieurs partagent les appréhensions qui ont été exprimées à cet égard par M. Daubrée et par M. Cosson, et, en somme, se montrent peu favorables à l’entreprise. Une de leurs objections s’appuie sur un usage de culture fort employé dans les pays voisins de l’emplacement où il s’agit de faire pénétrer la mer. Cet usage consiste dans le creusement de fosses profondes de 5 à 6 mètres, ayant à peu près 16 mètres de diamètre et ressemblant à des cratères. C’est dans ces fosses que l’on plante les jeunes palmiers, qui se trouvent ainsi protégés contre la trop grande chaleur, les rayons du soleil ne pénétrant au fond des fosses qu’à certaines heures de la journée. De plus, les racines des jeunes plants peuvent atteindre facilement le niveau des eaux saumâtres, mais ne sont pas noyées par ces dernières. On conçoit que le creusement de ces fosses ne sera plus possible lorsque le voisinage de la mer aura élevé de plusieurs mètres le niveau des eaux souterraines. Par suite, toutes les cultures de la région fort étendue dont il

s’agit seront ruinées. Une autre objection se tire de l'extrême difficulté des nivellements dans ces pays où les phénomènes de mirage sont constants. Enfin, il n’est pas sûr pour MM. Martins et Desort, qui ont étudié fort attentivement la flore de ces régions, il n’est pas sûr que les cholts aient été anciennement recouverts par la mer, comme on l’a dit, et comme en le croit. Il faut donc regarder les choses de très-près, de plus près qu’on ne l’a fait jusqu’à présent.

Pour épuiser ce sujet, disons tout de suite que M. de Lesseps a communiqué à l’Académie, à la fin de la séance, une lettre qu’il venait de recevoir de M. le capitaine Roudaire. Cette lettre, datée du seuil de Gabès, du 26 janvier dernier, dit que tout marche à souhait ; les travaux s’exécutent facilement et rapidement, grâce à l’affluence des Arabes qui, de tous côtés, viennent offrir leurs services au rabais. Le capitaine Roudaire, s’il le voulait, aurait à sa disposition, avant huit jours, plus de 2,000 Arabes, à raison de 0,90 centimes par tête et par jour. De plus, les sources d’eau potable ne manquent pas et sont suffisantes pour alimenter un nombre illimité de travailleurs. Cela est précieux et sera particulièrement apprécié par tous ceux qui savent les difficultés que la question de l’eau a suscitées aux travaux de l’isthme de Suez. Il fallait, dans les premiers temps, aller la chercher au Nil, à quarante lieues des chantiers, et la rapporter à dos de chameau. Plus tard, on put établir un aqueduc.

Répondant à l’objection de MM. Martins et Desort, relative aux nivellements, M. de Lesseps rappelle, qu’il y a soixante-dix-neuf ans, la commission d’Egypte avait déjà constaté qu’il était impossible de travailler sur le terrain, passé neuf heures du matin, parce qu’alors les couches d’air échauffées par le soleil, tremblent comme au-dessus d’un fourneau et rendent impraticable toute observation. Le capitaine Roudaire a pris ses dispositions en conséquence et s’est mis en garde contre toutes chances d’erreur.

M. le secrétaire perpétuel dépose sur le bureau, de la part de l’auteur. M. Isid. Pierre, une brochure traitant des prairies artificielles, de leur durée et des causes de leur dégénérescence ; — et au nom de M. Francis Bouillet, un petit volume intitulé : De l’Institut et des Académies de 'province. L’auteur conclut son ouvrage en émettant le vœu que l’Académie des sciences soit aussi richement dotée qu’elle l’était avant la Révolution, et qu’elle puisse disposer de fonds assez considérables pour faire exécuter les expériences ou les travaux scientifiques qu’elle jugera utiles. Il voudrait aussi que les liens qui unissaient autrefois les Académies des sciences de la France entière avec l’Académie de Paris, fussent rétablis,

M. Chatin lit une note sur les organes préhenseurs des plantes parasites.

MM. Trécul et Pasteur engagent une discussion sur le sens qu’il convient de donner à l’expression de vie latente que M, Pasteur a appliquée aux germes des vibrions et des ferments. Puis M. Pasteur, ayant à répondre à une nouvelle note de M. Berthelot, fait éloquemment sa propre apologie.

M. le professeur Vulpian, au nom de M. Charpentier, agrégé de la Faculté de médecine de Nancy, dépose sur le bureau un nouveau mémoire sur la sensibilité de l’œil à la lumière colorée ; —au nom de M. Rabuteau, des Recherches sur le méthyl-sulfate de soude. Il résulte des expériences de l’auteur que cette substance, injectée directement dans les veines, n’agit pas comme purgatif, mais, au contraire, comme astringent. Il en est de même du sulfate de soude; les deux sels agissent donc de la même façon; ils sont purgatifs, ingérés par l’estomac, et astringents, injectés dans les veines. Le méthyl-sulfate de soude, absorbé parles voies digestives, ne se retrouve pas dans l’urine ; à sa place, l’analyse ne décèle, dans ce liquide, que du sulfate de soude, le méthyle a disparu. Cette dernière expérience a été faite par M. Rabuteau sur lui-même.

M. Nicati, de Marseille, adresse, par l’intermédiaire de M. Vulpian, un mémoire sur une épidémie de diphthérie qui a sévi sur les poules, en même temps que des cas assez nombreux de la même maladie se montraient chez l’homme. M. Nicati ayant réussi à inoculer la diphthérie des poules à des animaux de classes différentes, à des rongeurs, entre autres, pense qu’il est nécessaire de prendre des mesures de précaution afin d’éviter la transmission possible de cette affection à l’homme, lorsque règne une épidémie de ce genre sur les animaux.

M. Wurtz, au nom de MM. Périer et Moitessier, de Montpellier, indique un moyen physique de séparer l’eau de l’hydrate de chloral. Le moyen consiste à distiller l’hydrate de chloral avec le chloroforme. Ce dernier entraîne mécaniquement, pendant la distillation, l’eau qui s’en sépare d’elle-même par le refroidissement, et le chloral reste seul dans la cornue.

M. Peligot dépose un travail de M. Corinwider sur les propriétés nutritives de la banane, qui est une substance assez fortement azotée.

M. le président annonce que M. Gervais, malade depuis quelque temps d’une affection du foie, vient de succomber, il y a quelques instants, et il lève immédiatement la séance, — à cinq heures. — M. L.

La l*esle en Russie

On lit dans le Journal officiel du 1 h février 1879 :

« Les dernières informations relatives à la peste qui règne sur un point très-limité de la Russie, sont très-rassurantes. L’épidémie ne s’est pas étendue, et des mesures énergique sont prises pour l’éteindre dans son foyer actuel. Un médecin français est envoyé par le gouvernement de la République pour aller étudier et, au besoin, combattre la maladie, de concert avec la commission austro-allemande.

« D’un autre côté, les nouvelles alarmantes annonçant l’apparition de la peste dans la Turquie d’Europe, et notamment près de Cavala en Roumélie, ont été reconnues jusqu’ici être le résultat d’erreurs d'appréciation.

« La panique produite par ces nouvelles n’a donc aucune raison d’être.

« Aucun danger n’est à craindre, pour le moment, des provenances maritimes du Levant, puisque la peste n’existe encore qu’à une distance considérable de la mer d’Azow et de la mer Noire, et que son foyer est circonscrit par un cordon sanitaire.

« Néanmoins, pour plus de sûreté, le ministre du commerce a prescrit des mesures de précaution (quarantaine de deux jours au moins, avec désinfection des objets dangereux, etc.), qui seront appliquées, jusqu’à nouvel ordre, dans nos ports de la Méditerranée (Algérie comprise), à toutes les provenances de la mer d’Azow et de la mer Noire, même en patente nette.

« Il va sans dire que des mesures plus sévères seraient pratiquées immédiatement à la moindre menace plus sérieuse. »

Les détails qui suivent, sur la peste, sont empruntés aux publications de l’Office impérial de santé allemand :

En ce qui concerne la maladie qui a éclaté dans la vallée inférieure du Volga, nous avons des détails obtenus soit par voie officielle, soit de source privée, qui permettent d’exposer, de son origine, de son caractère et de ses progrès actuels, un tableau qui sera plus tard complété ou rectifié par les résultats de la mission qui va gagner incessamment le théâtre des événements.

De prime abord, les relations faites par les médecins militaires russes qui sont sur les lieux, ne permettent guère de douter qu’il s’agit ici d’une explosion très-limitée, mais très-intense de la peste, et de la peste indienne, qui se complique principalement de pneumonie et se caractérise par une marche aiguë et promptement fatale. Ce serait , par conséquent, la même maladie que celle qui a dévasté l’Allemagne au xiv® siècle sous le nom de mort noire.

C’est le 19 novembre de notre ère, et à Vetlianka, qu’on a observé les premiers cas de la maladie. Ce village, situé dans le voisinage de la rive droite du Volga, sur un terrain déclive mais non marécageux, et à 28 lieues allemandes d’ Astrakan, compte 1,700 habitants qui vivent de la pêche.

On a plusieurs versions en ce qui concerne l’explosion de la maladie dans cette localité; Celle qui l’attribue soit au passage de troupes russes qui y auraient enterré leurs hommes morts du typhus, soit à la sépulture à fleur dé terre de chevaux frappés par la morve, semble peu fondée ; par contre, il ne manque pas d’indications qui tendent à établir avec vraisemblance qu’il ne s’agit pas d’une éclosion primitive et spontanée du mal, mais bien de l’annexe finale ou terminale d’une série ou chaîne d’explosions ou transmissions qui ont échappé à l’observation, et dont le' point de départ originaire est situé dans l’angle nordouest de la Perse.

C’est dans les montagnes de la province Aderbeidschan, qui touche au nord du Caucase russe, que la peste, après avoir disparu pendant vingt-huit ans, s’est montrée de nouveau dès 1863 par explosions d’abord faibles, puis plus intenses (1863-64, 1870-71, 1873-74. 1876-77), qui ont alterné avec des explosions analogues dans la vallée inférieure de l’Euphrate, près de Bagdad (1867-68, 1873-74, 1877). Les relations multiples des habitants du nord-ouest de la Perse avec les localités de Kerbella et Nedschef, dans la vallée de l’Euphrate, qui sont le sanctuaire de la religion schiile, et l’usage établi d’y transporter par caravanes spéciales les restes de leurs parents, semblent être en rapport avec l’apparition de ces séries de maladies.

Cela est d autant Plus probable que la conservation provisoire de ces cadavres, plus tard le mode de transport et de sépulture, se font en violation de toute hygiène publique.

La rencontre de ces funèbres caravanes est dépeinte par les voyageurs comme une des inaqdTe°sonrsucUcédPéénibleS’ elc’esUcet abus religieux qu’ils attribuent les explosions de peste

L’UINlOiN MÉDICALE

Hn février 1877, l’épidémie s’avança à l’est dans la province de Ghilan, près de la mer Caspienne, et le chef-lieu, Recht, fut gravement frappé. Il y a sur ce point un commerce maritime fort animé avec le gouvernement d’ Astrakan, tandis que, par terre, il existe de nombreux rapports avec les habitants de l’est du Caucase, ainsi qu’une contrebande active sur les soies et sur le thé.

Il n’y a donc pas lieu d’être surpris d’apprendre déjà que, en mai 1877, et depuis cette époque à différentes reprises, il se soit produit, dans le sud du gouvernement d’ Astrakan, des cas pathologiques analogues à ceux qu’on a pu observer à Vetlianka, quoique moins violents. Dans un de ces cas sporadiques, le contact avec des pelleteries venant de Perse fut indiqué par les malades comme la cause de leur mal.

De même à Vetlianka, un groupe d’affections, relativement légères, a précédé l’explosion qui, à la fin de novembre et au commencement de décembre, favorisée par l’élévation du thermomètre (2 .à là degrés Réaumur) et par une atmosphère humide et nébuleuse, fit 300 victimes et mit en fuite le reste de la population. Bientôt, des affections de même violence et de même nature se montrèrent à Nikolskoje, Utad-Shnoje, Michælowsk, Stariskoje. (Suivent les détails sur l’établissement d’un cordon sanitaire destiné surtout à isoler Tsaritsin, qui est le terminus du réseau des voies ferrées russes.)

A partir du 2 h décembre, le froid ayant augmenté, l’épidémie a perdu de son intensité parmi les localités enfermées dans le cordon sanitaire ; le village de Selitrenoje seul a présenté de nouveaux cas; par contre, depuis le 28 janvier, il s’en est montré en dehors du cordon, à Kenselitzeja (sud-est de Selitrenoje) ; on vient d’y appliquer les mesures d’isolement et de désinfection, et l’on dit que toutes les maisons infectées seront détruites par le feu, aux frais de l’État.

On n’a observé aucun cas de peste dans le gouvernement de Saratow, qui a établi un cordon contre celui d’ Astrakan, ni dans aucun des autres gouvernements russes.

Ephémérides médicales. — 15 Février 1637.

Le Parlement de Grenoble rend un arrêt qui déclare, d’après l’avis de plusieurs médecins de Montpellier, et de plusieurs sages-femmes, que M“e d’Auvermont, dont le mari était absent depuis quatre ans, est devenue enceinte par le fait seul de l’imagination ; que l’enfant èst légitime, et que les demandeurs reconnaîtront par écrit que ladite dame est honnête et vertueuse. Thomas Bartholin, qui rapporte ce fait, est un véritable Thomas qui non crédit, quia non vidit. Aussi dit-il que les médecins et sages-femmes qui ont attesté le fait étaient tous jeunes, et que le Parlement a prononcé cet arrêt dans le carnaval, pour ne pas déshonorer la mère. — A. Ch.

FORMULAIRE

De l’injection d’éther contre la sciatique. — • Comeggs.

Dans un cas de sciatique très douloureuse, qui avait résisté à la morphine et aux diverses médications calmantes usitées en pareil cas, le docteur Comeggs, professeur de clinique à l’hôpital de Cincinnati, eut l’idée de faire une injection hypodermique de 15 gouttes d’éther, en arrière du grand trochanter. Le malade prit en outre 1 gramme de chloral. Le lendemain, on injecta 30 gouttes d’éther, matin et soir, et on continua ainsi pendant trois jours. Au bout de ce temps le malade, qui ne pouvait faire un pas sans béquilles, commença à marcher et à se promener, et quitta l’hôpital pour retourner chez lui. — N. G.

COURRIER

Société protectrice de l’Enfance. — Une intéressante matinée a eu lieu dimanche dernier, au théâtre du Château-d’Eau, au profit de la Société protectrice de l’Enfance.

Au début de la séance, le docteur Théophile Roussel, sénateur de la Lozère et promoteur de la loi sur les nourrissons, a prononcé quelques paroles très-chaleureusement applaudies. Après lui, le président et le secrétaire de la Société ont rendu compte des travaux et de l’état prospère de cette institution.

Des récompenses ont été ensuite distribuées aux membres de la Presse qui soutiennent la cause de l’enfance, aux médecins inspecteurs des nourrissons et aux mères nourrices méritantes.

La séance s’est terminée par une représentation dramatique donnée par les artistes de la Comédie-Française et du Palais-Royal. L’orchestre municipal du I" arrondissement avait aussi tenu à honneur de prêter son concours à cette solennité.

Nécrologie. — Les obsèques de M. Ulysse Trélat, médecin de la Salpêtrière, commissaire général du gouvernement provisoire en 1848, représentant du peuple à l’Assemblée constituante de 1848, ancien ministre des travaux publics, ancien maire du 12' arrondissement, président de la commission de l’Algérie, membre du Conseil général des hôpitaux, membre du Conseil municipal de Paris, ont eu lieu vendredi 7 février, à midi, à la Salpêtrière, boulevard de l’Hôpital, en présence d’un grand concours d’amis et de notabilités scientifiques et politiques. Le corps avait été ramené de Menton, où M. Trélat ayait passé l’hiver, avec l’espoir de rétablir sa santé ébranlée.

Le cercueil disparaissait sous une grande quantité de bouquets de fleurs naturelles (lilas blanc, roses blanches et violettes) et de couronnes d’immortelles.

Le cortège a quitté à midi un quart l’hospice pour se diriger, par le pont d’Austerlitz et la rue de la Roquette, vers le cimetière du Père-Lachaise, où a eu lieu l’inhumation.

Le deuil était conduit par les fils du défunt.

Sur la volonté expresse de la famille, les honneurs militaires n’ont pas été rendus à M. Trélat, qui était chevalier de la Légion d’honneur.

Les cordons du poêle étaient tenus, à droite, par MM. de Lesseps, membre de l’Académie des sciences; Bardoux, ancien ministre de l’instruction, publique; Grujon Le Bas, directeur de l’hospice de la Salpêtrière ; à gauche, par MM. Pelletan, Jules Simon, sénateurs, et le docteur Millard.

L’assistance était des plus nombreuses, et, malgré une pluie battante, presque tout le monde a suivi le cortège jusqu’au cimetière. Nous y avons remarqué une députation du Conseil municipal, ayant à sa tête M. Hérold, préfet ; beaucoup de sénateurs et de députés républicains; des députations de l’Académie de médecine, de l’Académie des sciences, du Conseil général des hôpitaux, du Corps médical de Paris, etc.

Deux discours ont été prononcés: le premier au nom du Corps médical; le second par M. Spuller, député, au nom des amis personnels du défunt.

Bibliothèque de la Faculté de médecine. — Nous annonçons aux travailleurs qui fréquentent la Bibliothèque de la Faculté de médecine de Paris, que 16 nouvelles publications périodiques ont été ajoutées à celles qui étaient déjà mises à la disposition des lecteurs, au fur et à mesure de l’apparition des fascicules. Ce sont :

1° Revue des sciences médicales, par Hayem.

2° Bulletins de la Société de chirurgie.

3° The Boston medical and surgical Journal.

4° Annales d'oculistique.

5° fi or dis kt mediciniskt Archivé ( Journal suédois.)

6° Edinburgh medical Journal.

7° American Journal ofobstetrics , etc.

8° Bulletin général de thérapeutique.

9" Revue d'hygiène.

10° Annali universali di medicina.

11° Journal d’anatomie (par Robin).

12° Annales d’hygiène publique.

13* Annales médico-psychologiques.

14* Bulletin de ? Académie' de médecine de Belgique.

15° Journal of Anatomy and physiology.

16° Montpellier médical.

Lesquelles, réunies à 28 précédentes, constituent un total de 44 publications périodiques mises à la disposition des lecteurs.

Les Facutés d’Espagne. — Les diverses Facultés d’Espagne ont inscrit cette année 16,889 élèves, soit 1,375 de plus que l’année dernière.

Les Facultés les plus fréquentées sont les Facultés de droit, qui comptent 6,409 élèves, et les Facultés de médecine, qui en comptent 6,823. Vlmparcial déplore cet état de choses ; il dit qu’il ne manque plus en Espagne qu’un nombre suffisant de procès et de maladies pour donner à vivre à tant de monde.

Le gérant, Riciielot.

Paris. — Tynoçranliie Feux W.i.teste et i>,

des Deux -Pirles-Saiiït-Sauveur, 22.

MTo 20

L’UNION MÉDICALE Mardi 18 Février 1879

CLINIQUE MÉDICALE

ANÉVRYSME DE L’AORTE ASCENDANTE TRAITÉ AVEC SUCCÈS PAR LA MÉTHODE ÉLECTROLYTIQUE 5

Observation, avec présentation de malade, lue à l’Académie de médecine, dans la séance du 2i janvie 1879,

Par le docteur Bucqooy,

'•! Agïêgé de là Faculté de médecine, médecin dé Thôpital CocKin.

Récemment introduite en France, grâce à l’intelligente initiative de M. le docteur Dujardin-Beaumetz, la pratique de l’électroly se d’après la méthode de Ciniselli est venueréaliser un grand progrès dans la thérapeutique des anévrysmes de l’aorte. Jusqu’ici* nous nous étions contentés de combattre cette maladie par des moyens palliatifs, et ce n’est pas sans un profond sentiment de découragement que nous assistions à son évolution fatale. Moins résignés et plus audacieux, nos confrères de .l’étranger n’ont pas craint d’appliquer aux anévrysmes de l’aorte les tentatives faites déjà chez nous pour provoquer la* coagulation du sang dans les anévrysmes chirurgicaux à l’aide de l’électropuncture ; de; là est née la méthode de traitement dont Ciniselli a formulé les règles et vulgarisé l’emploi.

A l’exemple de M. Dujardin-Beaumetz, plusieurs dé nos collègues, et des plus éminents; MM. Proust, Bail et Bernutz, ont à leur tour traité par l’électrolyse des anévrysmes thoraciques, et, comme le savant médecin de l’hôpital Saint-Antoine, ils; ont obtenu des résultats encourageante. Cependant si, dans presque tous les cas, l’ojiération a été- suivie d’un soulagement immédiat , la terminaison fatale n’a pas été conjurée, mais seul étaient ajournée; car c’efet par l’inspection des pièces anatomiques qu’on a pu apprécier les effets de l’électricité sur le sac anévrysmal.

Plus heureux que mes collègues, je puis mettre sous les yeux de l’Académie une malade de mon service de l’hôpitai Cochin, chez laquelle l’emploi de la méthode électrolytique a donné des résultats très-remarquables et très-satisfaisants. Par ce mode de traitement, une tumeur anévrysmale de l’aorte, d’un volume considérable, a été réduite au moins des deux tiers, et s’est trouvée en grande partie comblée par des caillots résistants ; presque tous les .symptômes gravés de la maladie ont cédé avec une merveilleuse rapiditépla malade,. enfin, a recouvré le sommeil, l’appétit

FEUILLETON

Eloge de Bouvier

Éii à la Société de chirurgie, dans la séance annuelle du 22 janvier 1879,(1) ,

Par M. de Saint-Gérmàin, secrétaire général.

Bouvier, à l’hôpital des Enfants, était encore une personnalité d’une originalité saisissante*

Dans «on service de médecine, car c’est par une sorte de transformation progressive et vue souvent d’un œil inquiet sinon jaloux par le chirurgien son collègue, qu’il en avait fait un service mixte de médecine et d’orthopédie, il semblait avoir, au point de vue chirurgical, une horreur profonde du sang; le thrombus l’épouvantait et il tenait h honneur de faire toujours la ténotomie à sec.

En médecine, sa théorie favorite était l’expectation presque absolue. Sa thérapeutique se réduisait presque à des laxatifs, et les purgatifs les plus légers lui inspiraient une certaine appréhension.

Il prétendait que, dans la plupart des affections intestinales, la diète guérit mieux que les moyens énergiques. Ee succès lui donnait d’ailleurs raison ; car il est de notoriété à l’hôpital des Enfants, que Bouvier, qui prit le service des mains d’un de nos maîtres les plus illustres en thérapeutique, avait une mortalité beaucoup moins considérable que son prédécesseur.

(t) fcuite et tin. — Voir les numérqs des 12 et 14 février.

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