LES QUARANTAINES
On se rappelle quelles sont les mesures sanitaires les plus recommandées lorsqu’une épidémie Sévit dans une contrée baignée par la mer. Tout bâtiment quittant un port quelconque de cette contrée doit avoir sa patente bien et dûment visée et régularisée par l’autorité maritime.
« Patente nette, patente brute! » Ce sont des formules avec lesquelles le lecteur doit se familiariser, car elles vont être souvent employées dans les récits des divers arrivages de navires provenant de la Baltique et de la mer Noire.
On nomme « patente nette » un passeport ou certificat délivré à un'navire et mentionnant qu’au moment du départ il n’existait dans la localité aucune maladie, aucune contagion.
Alors ce navire n’est tenu à aucune quarantaine dans le port où il va mouiller. Il est admis en libre pratique, c’est-à-dire qu’il communique librement avec la terre.
Si, par contre, la patente est brute, c’est-à-dire si le certificat constate qu’une épidémie ou contagion sévissait au départ du navire, le navire subit une quarantaine au port d’arrivée.
La quarantaine est imposée pour un ou plusieurs jours. On a donné à celte mesure le nom de quarantaine, parce que primitivement elle était de quarante jours. Ce temps a été réduit et varie selon la distance qui sépare les ports infectés des ports d’arrivée, et selon le degré d’intensité de la contagion.
Il y a une quarantaine particulière imposée à tous les navires venant du Levant, de la Barbarie, de la Havane et de la Vera-Cruz, à quelque époque que ce soit, et quand même ces pays se trouveraient rangés à ce moment dans le régime de la patente nette, c’est-à-dire non présumés atteints de contagion.
C’est en 1822 seulement qu’une loi organisa en France un système de mesures générales destinées à régler d’une manière uniforme la police sanitaire pour les provenances de mer et de terre. Cette législation a subi diverses modifications. Aujourd’hui la police sanitaire est réglée d’après un décret en date de 1853.
En ce qui concerne la peste, le minimum de la quarantaine est de dix jours pleins; le maximum, de quinze jours. Pour la fièvre jaune, le minimum est de cinq jours; le maximum, de sept ; pour le choléra, la quarantaine est de cinq jours.
Mais il y a des exceptions à ces règles générales pour les navires de guerre et pour les bâtiments principalement installés pour le transport rapide des passagers et pour le service des postes.
Les marchandises sont rangées sous trois catégories, et, selon la classe à laquelle elles appartiennent, elles doivent être brûlées, enfouies ou purifiées par divers procédés.
L’exécution de ces prescriptions est confiée à des autorités sanitaires. Un directeur de la santé, pris autant que possible dans le Corps médical, est le chef de ce service. Il est assisté d,’un conseil qui exerce une surveillance générale, donne ses avis sur les mesures à prendre dans la localité en cas de menace d’invasion, et contrôle leur exécution.
Le conseil sanitaire de Marseille est celui qui est le plus souvent appelé à faire exécuter strictement les mesures de préservation. Cette sévérité s’explique par les relations commerciales que ce grand port de mer entretient avec tout le Levant, et par les nombreux arrivages qui ont lieu provenant de contrées toujours suspectes.
Ajoutons que, comme mesure de préservation, la France maintient dans les différentes provinces d’Orient des médecins chargés d’observer l’état sanitaire du pays et d’informer le gouvernement de l’apparition de la moindre maladie suspecte.
Solution contre l’intertrigo. — Wertheimber.
Bi-chlorure de mercure . 0 gr 06 centigr.
Eau distillée . . 120 grammes.
Faites dissoudre. — Cette solution est recommandée contre l’intertrigo avec excoriations, qu’on observe chez les jeunes enfants. — On applique sur les surfaces malades, des plumasseaux de charpie imbibés de cette solution, et on les y laisse une heure, deux ou trois fois le jour. La rougeur et l’exsudation disparaissent souvent dès les premiers pansements, dans l'espace de 2 k ou de 36 heures, et l’effet curatif est généralement rapide. Lç peu de durée des applications éloigne habituellement les risques d’absorption, de sorte que le docteur Wertheimber n’a jamais constaté, sur les enfants, aucun symptôme d’empoisonnement par la liqueur mercurielle.
Lorsque l’intertrigo devient déphlhéritique ou gangréneux, on a recours au traitement antiseptique.
Au début de l’intertrigo, il suffit de laver soigneusement la peau avec de l’eau de savon tiède, et de saupoudrer avec du lycopode, ou mieux encore avec un mélange, de lycopode et de sous-nitrate de bismuth, ou de lycopode et d’oxyde de zinc finement pulvérise. Mais dès que l’épiderme est enlevé, les poudres forment des croûtes, et augmentent l’irritation, en agissant comme des corps étrangers, C’est alors qu’on, a recours à la solution mercurielle. — JV» G,
COURRIER
Nous croyons être utiles à nos lecteurs en publiant l’analyse faite par M. Joulie, pharmacien en chef et chimiste à la Maison de santé Dubois, du lait pur et non éçrimé de la ferme d’Arcy-en-Brie (Seine-et-Marne). Ce lait est expédié directement de la ferme à domicile, dans des boîtes en cristal plombées, Ce mode de vente, qui supprime l’intervention frauduleuse des intermédiaires entre le producteur et l’acheteur, mérite d’être encouragé.
Muséum d’histoire naturelle. — Par décret en date du 10 février 1879, rendu sur la proposition du ministre de l’instruction publique et des beaux-arts, M. Frémy, professeur de chimie appliquée aux corps inorganiques, au Muséum d’histoire naturelle, a été nommé directeur de cet établissement pour une période de cinq ans.
Faculté de médecine de Paris. — Par décret en date du 2 février 1879, M. Panas, agrégé près la Faculté de médecine de Paris, a été nommé professeur de clinique ophtalmologique à la même Faculté.
— Par arrêté du ministre de l’instruction publique et des beaux-arts, en date du 15 février 1879, la chaire de médecine légale à la Faculté de médecine de Paris a été déclarée vacante,
Un délai de vingt jours, à partir de la publication de cet arrêté, est accordé aux candidats pour produire leurs titres.
— M. Dumoustier de Frédilly, dirêcfeür dû commerce intérieur au ministère de l’agriculture et du commerce, est admis à faire valoir ses droits à la retraite, à titré d’anciennèté de services.
— Le médecin désigné' à M. le ministre de l’agriculture et du commerce, par le comité consultatif d’hygiène publique, pour aller sur le théâtre de l’épidémie, dans la Russie orientale, est M. le docteur Hubert, professeur agrégé à l’École du Val-de-Gràce.
*— Par arrêté ministériel du 31 janvier dernier, M. Achille Chereau, bibliothécaire de la Faculté de médecine de Paris, a été nommé membre de la Commission centrale des bibliothèques académiques et des collections des Facultés, instituée près le ministre de l’instruction publique, sous la présidence de M. Mourier, inspecteur général et recteur honoraire.
Administration générale de l’Assistance publique a Paris. — Concours pour la nomination à trois places de médecin au Bureau central d’admission dans les hôpitaux et hospices ciyils de Paris.
Ce concours sera ouvert lé lundi 24 mars, à quatre heures, à l’Hôtel-Dîeu.
MM. les docteurs qui Voudront concourir se feront inscrire au secrétariat général de l’administration de l’Assistance publique, de midi à trois heures, et y déposeront leurs titres. Le registre d’inscription des candidats sera ouvert le semedi 22 février 1879, et sera clos définitivement le samedi 8 mars, à trois heures.
Cliniques d’accouchement. — Une enquête est ouverte pendant quinze jours, à partir du 17 février, à la mairie du sixième arrondissement, pour la construction des bâtiments spécialement destinés aux civiques d’accouchement de la Faculté de médecine. Ces bâtiments seront construits dans les terrains' de 'l'ancienne pépinière du Luxembourg, près de l’École de pharmacie. .... . ....
On sait que les cliniques de la Faculté de médecine se trouvaient en face de l’École de médecine. Une grande partie des bâtiments a été détruite et on n’a conservé qu’une aile absolument indispensable à la continuation des services.
te numéro de ce jour contient un Supplément de huit pages.
- - Le gérant, Richelqt.
Paris. — Tyoographle Félix Maxtesth et G«, me des Deux-Portcs-Saint.Smiveiir, 22.
L’UNION MÉDICALE Jeudi 20 Février 1879
BULLETIN
SUR LA SÉANCE DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE
Au commencement de la séance, l’Académie a procédé, par la voie du scrutin, à l’élection d’un membre titulaire dans lq section d’hygièpe. C'est M. Lagneaq, présenté en première ligne par Ja commission, qui q été élu, et qui a reçu ainsi la juste récompense de ses nombreux et utiles travaux.
D’Académie a gpspijc entendu une cppipiupicatioii (Je M. Davaine sur la septicémie, communication marquée au eqin de l’exactitude et de l’habileté expérimentale qui distinguent tous les travaux de cet académicien éminent.
Pour éviter le doublé emploi, nous devons renvoyer nos lecteurs au compte rendu de la séance, où ils trouveront une analyse succincte de la communication de M. Davaine.
A jq §iii|é dç celte communication, l’Acadéniie s’est ppunip en comité secret.
CLINiaUE MÉDICALE