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Tome XXVfl. — Troisième série

d’une teinte beaucoup plus foncée, d’un brun noirâtre; et, à cette place, si on gratte le tégument en traînant l’ongle sur une certaine étendue, on détermine la formation de raies blanches persistantes, dues à ce que l’épiderme se laisse soulever, et se dessine en blanc mat sur le fond noir du derme pigmenté.

Les parties génitales elles-mêmes sont d’une teinte moins foncée que la peau de l’abdomen.

La muqueuse des joues, des lèvres, de la langue, ne présente pas de taches pigmentaires bien nettes; à peine un peu de tatouage très-pâle sur la lèvre inférieure en face de quelques dents cariées. (Ces taches, qui existaient au moment de l’entrée du malade, ont disparu depuis.)

Cette coloration bronzée n’est pas partout du même aspect : à la face, sur les épaules, c’est une teinte assez égale et unie; mais, dans d’autres points, sur le tronc et aux cuisses, on voit qu’elle est constituée par une sorte de granit à deux teintes; et on dirait que les points les plus noirs correspondent, tantôt aux orifices folliculaires, tantôt aux intervalles de ces orifices. Ces points noirs affectent souvent la direction des plis naturels cutanés.

Mais ce qui donne à cette altération de la peau un caractère tout spécial, ce sont de nombreuses taches blanches qui y sont distribuées avec une symétrie assez exacte; elles siègent, en effet, sur presque tous les points où le squelette fait saillie : sur les deux clavicules, au niveau de leur saillie, le long des côtes dont elles suivent la direction, au niveau des épines iliaques antérieures et postérieures, au niveau des apophyses coracoïdes, des épines du scapulum, de quelques vertèbres ; on remarque aussi la présence de ces taches sur les deux saillies que font de chaque côté les muscles grands obliques de l’abdomen, sur les parties antérieures des deux cuisses, à la face dorsale des mains et des doigts, au niveau principalement des saillies osseuses, etc. On dirait que le malade, après avoir été enduit d’un vernis brunâtre plus ou moins foncé suivant les régions, a été passé à la pierre ponce ou au papier de verre, et que le vernis a été enlevé sur tous les points faisant saillie.

Ces taches sont d’un blanc mat dont on ne retrouve l’équivalent sur aucun point du tégument; il y a là une décoloration évidente, un véritable vitiligo ; seulement ces taches ne sont pas constituées par de larges espaces terminés par une limite plus ou moins circulaire comme dans le vitiligo classique, elles sont constituées par une foule de petites taches irrégulières, de peu d’étendue, des mouchetures blanches plus ou moins confluentes, formant avec le fond pigmenté une sorte de granit à gros grain. Cependant, en quelques points, à la clavicule, droite, au niveau des sixième et septième côtes, on constate d’assez larges étendues de peau offrant la décoloration blanche; les cicatrices de vaccin au bras droit, un vésicatoire ancien au bras gauche, forment de même des taches blanches arrondies et assez régulières; mais sur la limite de ces taches, on retrouve les mêmes mouchetures, le même aspect granité.

Si maintenant on étudie de plus près la constitution de cette sorte de maculation granitée, voici ce qu’on constate facilement :

Au niveau des taches blanches, les points noirs sont disposés suivant des séries linéaires

ne traitait pas un phthisique, fût-il son fils, sans le phlébotomiser outre mesure. Il vau t mieux, tout compte fait, que Guy Patin soit resté en France, où il nous a laissé tout au moins une œuvre épislolaire qui ne mourra pas.

Si la marche des événements ne favorisait pas trop l’hygiène à Venise, si la population avait à souffrir à la fois des excès de la saignée, à tel point que celle-ci n’a pas peu contribué à taire baisser les forces du tempérament indigène, de concert avec les influences énervantes du climat, il faut cependant faire l’aveu que le gouvernement tenait en grand honneur l’hygiène et qu’il a toujours fait les plus grands efforts, pendant la durée de la République, pour la faire régner. Le premier devoir, le premier soin pour un individu, et surtout pour un État, c’est de se conserver, c’est de pouvoir continuer à vivre. Or les obstacles à cet indispensable dessein ne manquaient pas sur le territoire vénitien, si on peut nommer territoire le bassin d’eau de mer au milieu duquel la ville surnage. L’eau, en baissant et en s’élevant, dans ses alternatives quotidiennes, laisse à découvert un sol humide et vaseux, source permanente d’émanations insalubres. Il était impossible de faire choix d'un terrain si défavorable. Il fallait une cause de premier intérêt, une cause assez puissante qui s’opposât au choix libre de l’emplacement de la future cité, pour décider une fondation qui allait avoir, dans la suite des temps, à raconter à la postérité une merveilleuse histoire.

La nécessité est, le plus souvent, une loi dure à laquelle il faut résolûment obéir. La nécessité, pour la fondation de Venise, c’était la fuite vers un lieu qui fût une retraite inaccessible aux poursuites d’un redoutable ennemi. Il était urgent de se dérober aux envahisseurs, et de se mettre en situation d'être à couvert de ses atteintes : la peur fut la pensée fondatrice de la cité. Quelles ressources dut déployer cette foule d’hommes, cette tourbe de fugitifs, pour relier les éléments divers de la cité, pour élever et bien asseoir les constructions, pour corn-

qui semblent correspondre exactement aux papilles dermiques; et ce sont les intervalles interpapillaires qui sont décolorés.

Au niveau des points qui n’ont pas subi de décoloration blanche, la teinte la plus foncée correspond de même aux séries linéaires des papilles ; et la teinte la moins foncée aux espaces interpapillaires.

A peu près en même temps que ces changements de coloration commençaient à se produire, un peu après, s’il faut l’en croire, le malade s’apercevait que sa peau devenait dure, inextensible, et semblait se coller sur les parties profondes; c’était surtout aux mains, sur le tronc et sur la face, que cette transformation s’opérait, et elle devenait assez prononcée pour l’empêcher de se livrer à aucun travail, et pour gêner même la mastication.

Aujourd’hui, il semble qu’il y ait eu quelque amélioration du côté des téguments de la face; le nez a sa forme normale et n’est pas effilé ; le malade ouvre la bouche toute grande, ce qu’il ne pouvait faire il y a six mois. La peau du front est cependant tendue sur les os, et manifestement indurée.

Au niveau du sternum, des clavicules et de la plupart des côtes, et principalement des parties où siège la décoloration blanche, cette induration et cette adhérence de la peau sont aussi complètes que possible; en passant la main sur ces régions, on éprouve la sensation que donnerait du bois sculpté. Les épaules, les membres supérieurs sont envahis complètement; sur les avant-bras, on voit et on sent surtout au doigt, les veines sous-cutanées se dessiner en creux au milieu des tissus sclérosés. Les tendons fléchisseurs font saillie et sont douloureux à la pression; on y sent, dans les mouvements de pronalion et de supination, une crépitation peu douloureuse; de même dans les gaines des radiaux. Les mains et les doigts surtout offrent au plus haut degré la lésion sclérosique ; à la face dorsale de la main, la peau est collée sur les tendons qui font saillie; à la face palmaire, on constate l’aspect ordinaire de la lésion connue sous le nom de rétraction de l’aponévrose palmaire : saillie des plis normaux avec points rétractés de chaque côté des tendons. Les doigts, qui n’offrent plus aucune trace des plis articulaires, sont dans une demi-flexion et ne peuvent ni s’étendre complètement ni se fermer (griffe); à l’extrémité digitale de deux ou trois d’entre eux, on constate de petites cicatrices superficielles (nécrose dermo-épidermique).

La sclérose existe également, quoique moins prononcée, sur la peau du bassin et des cuisses; au-dessous des genoux, on la retrouve, mais bien moins marquée. L’induration ne se complique pas d’épaississement ; la peau semble même plutôt un peu amincie.

Le malade éprouve beaucoup de gêne dans les mouvements; les articulations sont raides; on constate quelques craquements articulaires dans l’épaule droite. Il ne peut s’habiller seul ; la marche le fatigue.

Cependant il respire bien, malgré la sclérose thoracique.

Les cheveux, les poils de la barbe et du pubis ont leùr coloration normale ; ils sont assez

mencer à grouper avec ordre des huttes devenues des maisons, de manière à tracer les linéaments d’une ville ; et cela sans autres moyens matériels que les filets de leur pêche, le reste, la portion la plus grande devant se tirer des combinaisons de l’intelligence stimulée beaucoup par la peur et un peu par un commencement de patriotisme ! Quelles ressources de travail et d’esprit cette tourbe de réfugiés dut dépenser en effet! On s’étonne, lorsqu’on se livre h ces réflexions sur le terrain même où tant de travaux sè sont exécutés.

Depuis les temps les plus reculés, les Vénitiens prirent grand souci de la salubrité, de l’hygiène publique. En entreprenant de bâtir une ville, il fallait surtout songer à en conserver, à en multiplier la population. On ne prospère pas au milieu d’un air insalubre. Si les habitants restent quelque temps fidèlés au foyer qu’ils ont fondé ou qùi les a vus naître, le moment vient où l’émigration fait le désert sur un terrain si peu hospitalier. Cela avait été si bien compris, que les Vénitiens avaient fondé, dès les temps les plus anciens, une magistrature à laquelle incombait le devoir de veiller à la salubrité publique. C’était une surintendance de la santé constituée par trois patriciens. De médecins, il n’en est pas question. La République appartenait absolument, par ses places lucratives, à une oligarchie exclusive qui n’avait rien à donner que des ordres et du pain à qui n’était pas elle. Si elle se relâchait pour quelques fonctions envers la classe à laquelle elle s’était juxtaposée, c’était tout. Le public s’en accommodait en apparence, un peu par respect du maître et surtout parce que, sous la griffe du lion de Saint- Marc, il ne fallait pas murmurer.

Les médecins n’apparaissaient pas, n’avaient pas de rang officiel dans cette surintendance de la santé, mais ils étaient consultés. Dans les cas graves, et pour les sujets de tout ordre, la Seigneurie en appelait même à l’Université de Padoue ; elle avait, du reste, à Venise, des corps constitués comme les collèges, où elle pouvait trouver un concours que nous ne quali-

L’UNION MÉDlCÀLE.

clair-semés, mais le malade dit avoir été toujours ainsi." i h# &eVelti iiafkït aVOir è8Hâp{jê Quant ! l’état générai, il est assez satisfaisant i>oür le ifiofliëMs

ôâf li llffiîffito TIM lè Mjfte èprbüvë Sôutëttt dè l’èppressibn

et dès: TJâîhiAtitiôris ïtprëy leb'

On trouve quelque^ fi’ditèttlebts pléiiratii dèé Üëüx côtëé, Basés et sdftiiüètàj èt ltt àbnorité n’est Bas très -bdhrië sous lëfe ëlstvicülëè î lé iflaladë ne tôlisse ni né cfafcliéi

il ÿ à so'nvetit dë la Milalglë; ët le Mldde dit tjüë ààhlëmbifë eist ffibihs nettè. En outrer il â'ëü; àii début, eh më&ë temps quë les déhiàhgeàistihS; des doUlehrS de reins t[ui ont disparu depuis six mois.

Lès dîgânëé des sëris àônt îhtàcts; aihsi tjué la sétislbilité, aâriS toits ses toddès. Le malade ëprbhvë sdnvëht dek ëëfMtibiis dë Md ëbnSidérablë; èt il a sdüvent lès doigts morts et èhgourdis.

Lé défis génital est trës-ënidtlssë, ëtéint ihêtttë dëpüis six mois.

Pbür lë catactëtê,- il a siibi de'S modifications au début dë là tnalaüië : tristesse, abattement ; indis* aujourd’hui, le malade a repris dé l’énergie, dé la gaité; èt il plaisanté assëz volontiers sur Son état, t[ùi U’ a pbûriant rien dé bien îéjbüissatit.

Qüîtht à ses antécédents, ils offrent plusieurs pOiiitS importants :

Sa tiiërè vit ëticorè; elle èst irès-iierteusé, ët dürâit éti dëui maladies gravés ét ldngU'ës que le malade né peüt speciüët*.

Bans sa Première jëürieSse, il a été strurneux (carreau ; àbcës ganglionnaire dans l’aine gâttàhë aÿdht supputé iltiit mdis).

Deux pneumonies, â M êt à 80 aUS;

Êü 1865, lë tüàlàdë étàht étàiiiëüt* dé glâëes, à eu dêë Uccidêntà Ûè ihercüristiië ; en 1867* le tremblement et la stomatite le forcèrent à quitter Sbtï ftiétieri

Ed 1872; ddtiletifs rhumatismales ayant débuté pat üü torticolis êt âfaüt gagné ensuite tbütës les jointures, qui étaient enflées; il marchait avec tifle béquille; puis avec une canne; cet étal dura unë année ëhtiérë, pendant laquelle il put coütinuèr son travail; il fut alors obligé; les douleurs étant devenues plus vives, de garder le lit pendant quatre mois.

S’est-il bien rétabli de bettë affection? Le malade l’aflirme; il aurait cependant gardé un pea

(1) Le malade ayaut été rasé, on ,a pu constater que le cuir chevelu était, atteint comme le reste du tégument; il est d’une couleur café au lait, et parsemé de petites taches de vitiligo.

fierons pas, car dans l’état de la. science afférant à l’hygiène dû xve au xvi* siècle, il est probable que les services nè, devaient pas être bien efficaces. Les surintendants àVaièfit la chargé d'ëmpècher qu’il n’entràt riëh dans la ville de malsain, de contaminé ou de suspect. Le commerce par la mer, qui apportait à Venise les provenances d’Ôrièht, exigeait en effet là plus grande surveillance. C'ëtàit la voie, célte mer Adriatique, par faqüéllë les épidémies, les pestes, s'introduisaient 'âanç Ig cité de saint Marc. , Ce fut dans l’üpe de ces épidëhliëS, la plus meurtrière je croîs, celle ae 1&76, que mourut l’une des plus radieuses gloirè? dé Venise et de l’Italie, Titien', après avoir vécu tout un siècle ; il fut emporté par lè fléau, à t’ùge de 99 ans. C’esi en mémoire de la grande mortalité qui désola Venise, et pour l’âccdhlpitëseillëht d’un vœu solennel, que s’élevèrent les murs et le dbhie en marbre Blanc dé l’église du iïcdcnlorc. il forme, cét édifice, une des bèllès parties de là décoration de la cité. Vu dix quai dés Esclavons, sous la lumière de la luné, il produit une de cés Impressions qu'il est impossible d'oublier.

Les efforts de la médecine, unis au zèle que déployaient les chefs de ta santé, ri’empêchaieht pasje, retour des épidémies, et ne paraissaient pas influer sur leur durée, c'était UH problème bien difficile à résoudre. Si, grâce a la physique et à la chimie, oh est arrivé maintenant à des applications fécondes, à obtenir quelques résultàts encourageants, qu’il resté encore du chemin à faire pour toucher au but, si ipèmè le but hé s'éloigne pas, lorsqu'on pourrait se croire le pltis près d’y toucher 1 II faut rendre cetté justiéë à Vefiisé : clans là mëshfë des efforts qu’elle pouvait foire contre .l’insalubrité, elle l’a fait grandement ët, sauf les invasions épidémiques qii’il fallait subir, ellè a établi, elle à maintenu une constitution locale que des villes plus favorisées, sous lè rapport du territoire, sont loin de posséder au méthë degré. Amélot de la Iloussaÿc a raison de le dire : « Il n'y a pas dè ville où l’on' soit plus soigneux de conserver la santé que cëlle-ci. »

L’UNlON MÉDICALE. 2*7

à’affaibllsséîÜent, mais il îae Semble bas eri aVoif gardé dé tracël Èàldiàques, et ii a pu reprendre son travail avec continuité.

Après avoir exposé l’état de ce nidiade, M. Fëréol entré ddhd qtielquës considérations sur la nature de la maladie.

11 insisté éür lë càl-âclèrè rhumatismal qui sëthble dominer ici lé développement dé lé sblérdaerrüi'ë; ëti effet, qu’il f ait eu Ou hon line période de sàttité àbëdlüë etitré la disparitibri des doülélirs ët l’appârition de là sélërdderniië, il fl’eh ëst pàs irioins certain ijitë lé sdjét ëSt un rhuhiâtisâiit; il est impdéliblë dé fié pàs réthairquer Chez lui là ëOïriëidéilce de cfâquëüiéiitë ârticulàites et tèrtditieiix, dè la rêti’action de l’aponévrose palmaire avec une sclérodermie jptiëràliséë èt des àiitécedëntS rhumatismaux; ëe qui Viefit â l’appiii dé l’opiriibti qüi fait dé la rétraction dé l’àpohévbbsë palmaire ünë vâfiété de sëlérodèrtnië ët pi fârigë lés dëux léSidiiS paëml lés hbthbreuses mariifestâtiohs du rhüihàtismë.

tl ëst, dans lé câs présent, tin autre point qui fiièrite discusSlbn, et dbnt la décision n’est point Facile : c’est la question de savoir s’il y à ici fcdihciüence de la malàdie d’Âddisdh avec la sclérodermie, Bü Bifefi si là dyschromie doit êtt*ë càtëgor iSée Sbus lé riibHqüë dé vitiiigb. On sait que, eri effet, lé Vitili^Ü a été àSSëz souvent noté ëotfifhl cbiiipii cation de la sfclérbdëhüie.

Or, chez notre malade, il y a des arguments eh faveub dé 1 drie et dë i’autrë hypb-

péë.

Voyons d’abord eéiix qüi plaidéiit én favëui' de ià maladie d’Àddison.

D’abord, la coloràtion bronzée s’étend à presque tout le tégument, et offre une grande analogie àü premier coup d’œil avec celle de là màladie d’Àddison. Dans le vltiügo, alBrl ttièùië qu’il S’èiénd â ünë gràndë pàrtie, ou même â là totalité de l’enveloppe cutanée, comme cela s’observé chez lès iieghes-piès, lës tâçHêS de dêCÔ- Ibràtioh oècüpënt de iàrgëS ëurfëëëé tërrninéës pâr des lignés circùîàirës bü seihiëirCbiâii^S, et il h’ÿ à riëh de pârëîl ici. Le màlâdë à éü d^àiîleürs, dâns lès ëbmîn'ënëertiénts dë sâ mâlàdië surtout, des troüblës dyspeptiques, de la diârrbêë, des douleurs en ceinture et dans la région des reins; il à éprouvé une grande prostration physique et moi-alé, âitëb triStêSSë, dépression, châiigèmënt de caractère Cés symptômés, il ëst vrai, se sotit amendés ; niais il se peut qu’il ÿ dit un temps d’àrréi dâns la maladie; éi ils ont été èignàtéé comme très-importants polir le diagnostic dè la maîadié d’Addisoh.

À côte de là première magistrature que j’âi citée, la surintendance âe la santé, il ÿ ën avait ilhé dütr'e délit là fdtictiOn l’àppliqüàit àü loi même de Venise, à ce tefriéoire formé moins pàf les terres que par lés eaux, et mêiiiè, dâhs sa plus grande étendue, fondé par les eaux. Lëtte autre magistràturë était ëëlié dès ëaüx et së composait de dëiïx biâgistratl principaux, qüi lë nommaient èàvti dite àcqüe, lès sages préposés à l’admiriistrâtiod de tout ce qui concernait les eaux, tant doüces que Salées. Cés magistrats. appartenaient àü plus haut rang; ill étaient nu Sénateurs OU procurateurs de Saiht-Marc; iis avaient ëh sous-ordre trois jeunes d&blfes, tfoîl apprentis dâns la carrière des grandes magistratures, esecuïori aile acqüe, qui étaient institués pour exécuter les règlements ët lës ordres dé leurs supérieurs. L’organiSütfoü était étkblie de manière à cë qüê rien n’échappât à une Surveillance qüi, eh toutes choSes, s’éxèrÇâit Si bien. Tout bës'oih était signàié ét le remède, quand nul puissant obstâcië ne s4ÿ opposait, ne tardait pas à être appliqué dans les conditions les meüléUres dë réussite.

Pour dôhnër Une juste idée de la grahdeur des obstacles qüe Ces hygiénistes patriciens avaient à attaquer ou à réduire, nous reviendrons Sur cette topographie vënitiënhë dont il ne faut oublier ni la disposition ni la composition. La lagune est un vaste bassin rempli d éâu dë iüër et sOUUiis à üü mouvëmèni quotidien dë flux et de rèflüx qüi ëst faible, mais non pàs au point de tië pas Sé fâirè remarquer; Or, il arrive qüe dans léS canaux qui hë sont pas entièrement submergés, il ÿ à déS moments du joür OU des époques de l’année où les fonds restent à peu près â découvert. On peut îrbàginëP que la température ne s’exerce pas vainement sur ces vdses, ét qu’il ën sortrnatürellement dés effets Sur la santé publique. Mais il ÿ a plus, il ÿ à sur les Abords continentaux dë là lagune, Un ennemi permanent sur lequel il faut veiller sans cesse. Cet ennemi, ce sont les nombreux cours d’eau qui viennent s’ouvrir sur ce grand bassin. Ils y portent un tribut considérable dè terres, de telle sorte que ce sont ces

Contre le diagnostic de maladie d’Addison, voici maintenant ce que l’on

peut dire : , -, • • , ,

Si, au premier abord, et par sa généralisation, la teinte bronzée du malade ressemble à celle qui a été décrite dans la maladie d’Addison, en y regardant de plus près, on voit qu’elle en diffère absolument.

Dans la maladie d’Addison, on distingue, sur une teinte enfumée plus ou moins générale, des taches noires de lentigo plus ou moins nombreuses, mais toujours discrètes, et rien qui ressemble à cette sorte de granit noir et blanc qui existe chez le malade actuel. De plus, il est habituel, dans la maladie d’Addison, que la lésion pigmentaire soit plus marquée sur les organes génitaux que partout ailleurs; et, ici, c’est le contraire qu’on observe.

Il est bien rare, dans la maladie d’Addison, lorsque le tégument externe est envahi dans une aussi grande étendue, que la muqueuse des lèvres, du palais, de la langue, de la face interne des joues, ne présente pas des lésions de pigmentation manifeste. Ici on observe à peine une ligne de tatouage en face de dents cariées, très-avariées par un mercurisme ancien. Enfin, depuis six semaines environ que nous observons le malade, nous avons pu constater des changements assez importants se manifester sous nos yeux dans la forme et la constitution des maculatures blanches qui parsèment sa peau. Nous en avons vu naître de nouvelles qui n’existaient pas; et, au contraire, à certaines places, au niveau de la clavicule droite par exemple, nous avons vu la tache blanche diminuer de grandeur. Il semble donc que le mouvement de transport du pigment se continue incessamment, de manière à modifier lentement l’aspect de ces taches. C’est là un phénomène tout à fait particulier et qui n’a jamais été constaté dans la maladie d’Addison.

Donc, la lésion pigmentaire diffère très-notablement ici de ce que nous la voyons le plus souvent dans la maladie d’Addison.

Il est vrai qu’elle diffère aussi du vitiligo habituel; mais, bien que la répartition du pigment se soit faite autrement qu’elle ne se fait dans le vitiligo classique, il n’y a pas moins dans le cas actuel ce qui caractérise essentiellement le vitiligo, à savoir : l’accumulation du pigment sur certains points aux dépens de points voisins qui sont décolorés. La décoloration se fait par mouchetures au lieu de se faire par plaques circulaires empiétant plus ou moins les unes sur les autres; c’est un vitiligo spécial, mais c’est un vitiligo. En outre, par sa disposition régulière, symétrique, par son accentuation plus marquée au niveau des points qui sont le plus

cours d’eau qui sont l’origine des îles sur lesquelles Venise est construite et qu’elles tenden! sans cesse à l’encombrement des canaux. Qu’on suppose des cours d’eau, sources, rivières ou fleuves abandonnes à eux-même, Venise ne serait plus ; elle deviendrait terre ferme, après avoir subi toutes les phases de l’insalubrité. Aussi la loi ordonnait de faire nettoyer tous les ans les canaux. La guerre de Candie, suprême effort des Vénitiens contre les Turcs, qui se poursuivit durant une partie du xvne siècle, exigea malheureusement trop de dépenses pour qu’il fût veillé à cet entretien. Cette négligence forcée causait, rapporte un écrivain (1), « beaucoup d’incommodité en de certains endroits, tant pour la puanteur que pour la difficulté du passage, bouché par un amas de limon et de sables, tellement que, pour remettre les canaux et les lagunes en état, il y avait des entrepreneurs qui demandaient deux millions, au lieu que le nettoiement n’aurait pas coûté plus de cent mille écus si l’on y eût travaillé à temps. » L’incommodité comprend, ici, non-seulement les puanteurs, mais les maladies. Mais les médecins n’avaient pas voix au chapitre ; on la leur demandait rarement. La parole était à la classe qui vivait du budget et qui se partageait toutes les places, à l’exclusion de ceux qui ne faisaient pas partie de la caste à qui appartenait le gouvernement.

L’indication était de régulariser les cours d’eau au profit de la terre ferme, où se produisaient des marécages et où s’entretenait l’insalubrité, et puis, au lieu de leur laisser ouverte la lagune, de porter leur embouchure à la mer. C’est à quoi ont abouti, en grande partie, les travaux des Vénitiens qui se sont principalement appliqués h l’ancien Médéacus, connu sous le nom de la Brmta, et qui est l’une des importantes rivières du pourtour de la lagune. La Brenta est devenue un trait-d’union entre la terre ferme et l’Adriatique et court, par un canal de

(1) Amelot de la Houssaye. Ouv. cité.

Supplément.

L’ijfaÔN MEDICALE.

fortement scléroses, ce vililigo semble être une lésion trophique en rapport direct avec la cause qui a produit cette autre lésion trophique qu’on a désignée sous le nom de sclérodermie.

Enfin, comme évolution générale; il n’y a rien d’étonnant à ce qu’une seléro1dermie aussi étendue; aussi généralisée, compliqüée d’une lésion pigmentaire aüSsi intense et aussi généralisée elle-même, s’accompagne de ü-dubles dyspeptiques, névralgiques, de dépression physique et morale, et de tous les symptomës qüi 'ont été notés dans cette autre cachexie qu’on désigne sous lé nom de maladie d’Âddisbn.

Mais èè qiii semble tout à fait insolite dans l’hypothèse d’une phthisie capsulaire, c’est le temps d’arrêt qui paraît se produire en ce moment. Une maladie d’Àddison aussi avancée et capable de produire une pigmentation aussi généralisée, ne rétrograde guère ; au contraire, la sclérodermie est susceptible d’amélioration, sinon de guérison totale. Et notre malade en est la preuve, puisque le sclérème de la face a diminué aü point de rendre facile et complète la mastication qui a été autrefois très-entravée.

Pour toutes ces raisons, et sans s‘é dissimuler la difficulté du diagnostic, M. le docteur Féréol incline à croire qu’il n’y a pas dans le cas actuel complication de maladie d’Addison, et rapporte la lésion de coloration à la cause même qui a déterminé la sclérodermie.

CONSTITUTION MÉDICALE

OCTOBRE, NOVEMBRE ET DÉCEMBRE 1878 RAPPORT DE LA COMMISSION DES MALADIES RÉGNANTES ,

Fait à la Société médicale des hôpitaux , dans la séance du vendredi 24 janvier 1879 (i),

Par M. Ernest Besnier.

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