III. Réimplantation immédiate
Incidemment, entre le deuxième et le troisième temps, le chirurgien pourra pratiquer, avant la greffe, diverses autres opérations, lavage; du pus, ablation de séquestres, et sur la dent même, en dehors de la bouche, la résection de certaines portions de la couronne, l’obturation dans le cas de carie, etc....
Les soins consécutifs consistent dans l’application quelquefois nécessaire de moyens contentifs (gouttière en gutta-percha), le drainage du foyer et des fistules, l’ablation des portions alvéolaires mortifiées. Mais les suites de l’opération sont ordinairement très-simples : lorsque la consolidation de la greffe s’effectue, il se produit une légère réaction locale; peu ou pas de phénomènes généraux; les fistules sç ferment, le foyer se tarit, et la consolidation cpmplète s accomplit dans un temps variant entre huit et quinze jours.
Lorsque, au contraire, la tentative est suivie d’insuccès, la greffe est, dès les premiers jours, éliminée purement et simplement par la suppuration.
Les résultats que nous a donnés cette méthode opératoire sont établis par les chiffres suivants : 62 opérations ont été faites, 57 succès ont été constatés, soit une proportion de guérisons dlenviron 92 pour 100. . H ë
Les malades chez lesquels l’opération a eu un plein succès ont été tous, sauf deux suivis et observes après un laps de temps parfois considérable. ’
Des guérisons datant de deux années et demie figurent en grand nombre. Deux suiels ont subi une . double opération pour deux dents différentes. L’âge des sujets ne paraît avoir eu au
CUmSïeUOf ‘f espèf s de dents ont P'1 être indifféremment réséquées et greffée^
Dans un bon nombre de cas, la périostite du sommet n’était accompagnée d’aucune carié TrdnnnI5 ca™ existante a pu. être obturée en^ehors de L ^4?'
suivantes : eS ge“eraleS ^ ^ étUde’ nous pouvoir déduire les
1° La périostite chronique du sommet de la racine des dents, compliquée de lésions du voisinage, phlegmons, abcès, dénudations et nécroses des maxillaires, fistules simples ou multiples, jusqu’ici traitée par l’ablation pure et simple, n’est pas au-dessus des ressources de la thérapeutique conservatrice.
2° Le traitement consiste dans la résection de la portion affectée de. la racine, après ablation temporaire de la dent, et suivie de la réimplantation immédiate, ou greffe par restitution.
3° La guérison a pour résultat la cessation de tous les accidents, la consolidation définitive de l’organe avec retour complet de ses connexions vasculaires, et le rétablissement de ses usages.
Dans une prochaine communication, nous ferons connaître à l’Académie le résultat de nos études sur la greffe par transplantation et la greffe hétérotopique, au point de vue des mêmek applications à la cure des lésions de l’appareil dentaire. »
M. Fizeau, président sortant, expose, selon l’usage, la situation des ouvrages en cours de publication, ainsi que les changements survenus dans le personnel.
Dans l’année qui vient de s’écouler, l’Académie a perdu cinq de ses membres : MM. Becquerel, Regnauld, Delafosse, Claude Bernard et Belgrand.
Elle s’est adjoint cinq membres nouveaux : M. Tisserand, en remplacement de M. Le Verrier; — M. Cornu, en remplacement de M. Becquerel ; — M. Friedel, remplaçant M. Regnauld ; — M. Marey, remplaçant M. Cl. Rernard ; — M. Damour, remplaçant M. Belgrand.
— L’ordre du jour appelle l’élection d’un vice-président pour l’année 1879. Le candidat doit être choisi dans les sections des sciences mathématiques. On fait circuler les urnes : elles contiennent 59 bulletins; il n’y a que 52 signatures sur le registre de présence. On procède à l’appel nominal : sept académiciens n’avaient pas signé.
Rectification faite, M. le Président procède au dépouillement du scrutin. M. Edm. Becquerel obtient 45 suffrages; — M. Rolland 5; — M. Ossian-Bonnet 3 ; — M. Chasles 2; — M. Jamin 1 ; — bulletins blancs, 5.
En conséquence, M. Edm. Becquerel prend place au bureau, en remplacement de M. Daubrée, qui succède à M. Fizeau, auquel il adresse, au nom de l’Académie, des remercîments pour la manière dont il a exercé sa magistrature.
Le nouveau président, suivant l’ordre du jour, fait immédiatement circuler les urnes pour l’élection d’un membre dans la section de minéralogie, en remplacement de M. Delafosse, décédé.
La section, par l’organe de son doyen, M. Daubrée, présentait la liste suivante de candidats ;
En première ligne, M. Delesse; — en deuxième ligne, ex æquo, MM. Fouqué, A. Gaudry, Hautefeuille, Lory.
Sur 59 votants; M. Delesse obtient 43 suffrages, M. Gaudry 9, M. .Lory 6, M. Fouqué 1, bulletin blanc, 1.
En conséquence, M. Delesse est élu.
— L’Académie se forme en comité secret à cinq heures.
FORMULAIRE
Tampon contre la métrorrhagie. — Créquy.
Un petit cône effilé, long de 3 à 4 centimètres, et taillé dans un morceau de gentiane, est enveloppé d’une très-mince feuille d’amadou, que l’on trempe dans une solution de perchloruré de fer à 30° Baumé. Quand le tout est bien imbibé, on l’introduit dans la cavité du col, et on l’y maintient au moyen d’une éponge, qu’un fil permet de retirer deux ou trois jours plus tard. L’extrémité du cône de gentiane qui a pénétré dans le col s’y gonfle graduellement ; quant à la portion qui est restée dans le vagin, elle prend un développement beaucoup plus considérable. Il en résulte que le tampon prend la forme d’un clou, dont la tête ferme hermétiquement l’orifice de la matrice, et ce mode d’occlusion offre moins d’inconvénients que les boulettes de charpie entassées dans le vagin, ou que le ballon de caoutchouc rempli, d’air.— N. G.
Ephémérides médicales. . 11 Janvier 1776.
Garrere, censeur royal, approuve l’impression d’un livre intitulé : État de médecine, chirurgie et pharmacie en Europe, ‘pour l’année 1776. In -8° ; 597 pages.
C’est probablemènt le premier Almanach de médecine connu en France. La liste des praticiens exerçant, soit dans les diverses villes de France, soit à l’étranger, n’occupe pas moins de de 281 pages. — A. Ch.
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