M. BARDOUX A LA FACULTÉ DE MÉDECINE DE PARIS
Jeudi dernier a eu lieu le banquet offert par la Faculté de médecine dé Paris h, M. le ministre de l’instruction publique et accepté avec tant de grâce par M. Bardoux. G est la première fois, croyons-nous, que l’École moderne, renouvelant, sans s’en douter. peut-être, les traditions de sa sœur aînée, reçoit à dîner chez elle le grand-maître dé l’Université. Aussi a-t-elle voulu faire bien les choses. La grande et magnifique salle des assemblées avait été transformée; le petit salon, le vestiaire, débarrassés de tout ce qui les encombrait, ornés de tentures, de massifs de fleurs, resplendissaient de lumière. On fut bien obligé d’enlever la plupart des portraits accrochés aux murailles, et parmi lesquels on compte quelques chefsd’œuvre ; mais les bustes étaient restés à leur place, et Pourtour du Petit, Ferrein, Antoine Dubois, Trousseau, Malgaîgne, Béhier et d’autres professeurs moissonnés par la mort, ont pu assister aux agapes esculapiennes, à cette réunion si belle, si cordiale et de si bon augure. L’on put aussi admirer à son aise les magnifiques tapisseries données par Louis XV à l’Académie de chirurgie, et qui étaient à peu près masquées aux yeux. Nous savons que des toasts ont été portés, que des discours ont été prononcés : l’un, par le doyen, souhaitant la bienvenue au ministre; l’autre, par M. Bardoux; mais nous n’en avons pas le texte.
Le banquet a été suivi d’une soirée charmânte, à laquelle avaient été invités un grand nombre d?agrégés libres, d’anciens et vénérables professeurs, et des fonctionnaires attachés à l’École. On peut évaluer à cent cinquante le nombre des habits noirs et des cravates blanches qui, à un moment, ont circulé dans les salons. Quelle franche gaieté ! Avec quelle aménité on était reçu par l’excèllent doyen ! Le souvenir de cette fête de famille restera. Elle a dû montrer à M. Bardoux combien sait se faire honorer et aimer un ministre dévoué, comme lui, aux intérêts sacrés de l’instruction publique ; d’un ministre qui a eu la bonne fortune de pouvoir, sous son administration, doter la Faculté de tant d’améliorations : agrandissement considérable des bâtiments, augmentation des émoluments des professeurs, création de nouvelles chaires, etc., etc. M. le ministre, M. Du Mesnil, directeur des hautes études; M. Mouriez, vice-recteur de l’Académie de Paris, se sont retirés fort tard dans la soirée. Puis, minuit sonnait à la belle horloge de Lepaute, que les jeunes confrères continuaient à causer, à griller le fin havane; que les Pères conscrits engageaient la pièce d’or sur le tapis vert du whist; que les bouchons sautaient, et que l’aï mousseux pétillait dans les verres.
Hurrah! Hurrahl
Long life and prospérité A notre chère Faculté !...
Les eaux de Paris. — Deux décrets viennent d’être rendus, sur la proposition du ministre des travaux publics, relativement au service des eaux de Paris.
Le premier approuve l’avant-projet dressé par les ingénieurs du service municipal de Paris, pour dériver et amener dans la capitale les eaux des sources dites de Cochepies, situées près de Villeneuve-sur-Yonne.
Les travaux à entreprendre dans ce but sont déclarés d’utilité publique. La Ville de Paris est autorisée à poursuivre l’expropriation des bâtiments et terrains nécessaires à l’exécution desdits travaux. Les expropriations devront avoir lieu dans un délai de cinq ans.
Le second décret déclare d’utilité publique la construction d’un aqueduc complètement destiné à assurer en tout temps la dérivation des sources du Maroy, situées à Thigny (Yonne), et appartenant à la Ville de Paris,
Société de médecine légale. — Séance du lundi 18 janvier 1879 , à 3 heures précises, au Palais de Justice (salle d’audiences de la 5* Chambre du Tribunal civil).
Ordre du jour: I. installation du nouveau bureau. - IL Rapports des commissions d’élections sur les titres des candidats aux places de membres titulaires et de membres correspondants nationaux. — III, Rapport de M. Chaudé sur l’interprétation d’un article de la loi de germinal an XI. - iv. Communication de M. Motet sur un cas de tentative d’assassinat - V. Communications diverses.
Le gérant, Richelot.
Paris— Typographie Félix Mxltestb et C« ,rue des Deux-Portes-Saint-Sauveur, 22,
No 5
L’UNION MÉDICALE Mardi 14 Janvier 1879