Tome XXVII. — Troisième strie. 3/t
paraissent battre prudemment en retraite et faire semblant de dormir en attendant une occasion plus favorable.
Quoi qu’il en soit, ce qui ressort de plus important de la discussion soulevée par M. Marey, dans la séance d’aujourd’hui, c’est qu’il y a tout lieu de se rassurer sur la peste d’ Astrakan. Aux prévisions déjà si satisfaisantes éfnises mardi dernier par M. Fauvel sur la non- probabilité de l’extension de l’épidémie à l’Europe occidentale, il faut ajouter les assurances plus optimistes encore données aujourd’hui par M. Pasteur sur la facilité qu’on a de se préserver des atteintes de la contagion dans les maladies infectieuses.
Dans la conférence si instructive qu’il a faite à l’Académie et dans laquelle, à l’occasion de la peste, il a été question du charbon, de la septicémie et du choléra des poules, M. Pasteur a déclaré que la contagion des maladies infectieuses était beaucoup plus difficile qu’on ne l’imâgine généralement. Dans son laboratoire, où des expériences se font pour ainsi dire en permanence sur les animaux pour élucider la question de l’origine et de la transmission de ces maladies infectieuses, aucun accident ne s’est déclaré spontanément, ni sur les expérimentateurs ni sur les animaux en expérience. M. Pasteur s’est étendu sur les précautions à prendre contre la contagion du charbon, de la septicémie et du choléra des poules. Quant aux mesures à prendre contre la contagion de la peste, elles sont très-simples et très-faciles, suivant lui; il a dit qu’il irait sans crainte braver la peste à son foyer même, avec la simple précaution de se couvrir la figure d’un masque en toile métallique doublée de coton, de faire cuire lui-même une seconde fois ses aliments avant de prendre ses repas et de ne boire d’autre eau que des eaux minérales venues de pays éloignés du théâtre de la peste.
M. Jules Rochard n’a pas eu de peine à montrer que ces précautions, bonnes à prendre par des expérimentateurs opérant dans un laboratoire, seraient inacceptables dans la pratique médicale. Un médecin, en temps d’épidémie, ne peut aborder ses malades avec un masque en toile métallique doublée de coton sur la figure. Ce ne serait pas l’âne vêtu de la peau du lion, mais, au contraire, le lion vêtu de la peau de l’âne. Il n’y a pas de héros sous le masque. En quelques mots chaleureux, pleins de crânerie et de furia francese , M. Rochard a revendiqué pour les médecins l’honneur, et, par conséquent, le droit et le devoir d’aller sur les théâtres des épidémies, comme le soldat sur le champ de bataille, visage décou¬
de son aclion produit l’état de rêverie . . le monde imaginaire se mêle alors au monde réel.
Lorsque le monde imaginaire prend le dessus et demeure seul, le rêve proprement dit succède à la rêverie. »
Il résulte de celte fine observation que ce qui est absent dans le sommeil, c’est la volonté; la volonté qui se manifeste comme attention dans l’ordre intellectuel, et comme liberté dans l’ordre moral. Et quant aux faits où l’effort semble entrer en jeu dans le rêve, comme dans le cauchemar par exemple, l’auteur les regarde comme des hallucinations d’actes volontaires, analogues aux hallucinations de sensation et de perception qu’il y reconnaît d’ailleurs. Et, pour expliquer cette hallucination, M. Naville admet qu’une modification intra-cérébrale, semblable à celle qui se produit sous l’influence d’une détermination volontaire, peut se produire par une sorte d’automatisme cérébral, et que l’esprit, simple spectateur de ces phénomènes, se les attribue comme s’il en était réellement l’auteur.
« Dans le sommeil, dit Longet, l'homme vit pour ainsi dire en lui-même »; ce que Moreau (de Tours) traduit heureusement en ces termes : « Dans le sommeil, la vie intellectuelle devient inira-cêrébrale ; c’est-à-dire qu’elle échappe aux fonctions des sens externes, en même temps qu’à l’action régulatrice de la volonté. »
Les physiologistes se sont appliqués à rechercher quel peut bien être cet état du cerveau, au -point de vue de ses fonctions. Les uns y ont vu de la congestion, d’autres de l'anémie, d’autres enfin une inégale répartition de l’afflux sanguin. Selon Sergueyeflf, il y aurait, dans le sommeil, anémie superficielle et congestion centrale du cerveau. Puis est venue la théorie de Preyer relative à l’action des substances ponogènes, ou résidus de la fatigue, sur le système nerveux. Je n’ai pas à revenir sur ces théories, que j’ai d’ailleurs plusieurs fois rappelées à nos lecteurs.
vert et sans souci des projectiles, ne prenant conseil que de leur courage et de leur dévouement à la science et à l’humanité.
La toile est tombée, c’est-à-dire que la séance a été levée sur cet air de bravoure brillamment enlevé par M. Jules Rochard.
— Au commencement de la séance, M. Armand Gautier a été élu membre titulaire dans la section de physique et de chimie, après deux tours de scrutin, par 47 voix contre 30 accordées à M. Yungfleisch, sur 79 votants. Au premier tour, M. Gautier, porté en deuxième ligne, avait réuni 33 suffrages contre 26 à M. Yungfleisch et 18 à M. pouehardat, fils de l’éminent académicien.
CLINIQUE MÉDICALE
MYOCARDITE SUPPURÉE PRIMITIVE (ABCÈS MULTIPLES INFILTRÉS) AVEC AORTITE
AIGUE ET ATHÉROME GÉNÉRALISÉ ; PAS DE SYPHILIS, NI D’ALCOOLISME ; IMPALU*
DISME ANCIEN.
Présentation faite k la Société médicale des hôpitaux, dans la séance du il octobre 1878,
Par le docteur Féréol , médecin de l’hôpital Lariboisière.
Les pièces que j’ai l’honneur de vous présenter méritent, je crois, toute l’attention de la Société, ainsi que l’indique suffisamment l’intitulé que j’ai cru devoir donner à ce fait pathologique.
Avant de procéder à l’examen de ces pièces, je donnerai l’observation du malade, que j’ai recueillie avec le concours de mon interne, M. Davaine.
Giorgio, homme de tih ans, originaire de Rome, depuis dix ans à Paris, où il est cocher, entre dans mon service, à Lariboisière, le 1er octobre 1878.
Le jour même, à ma visite, je le trouve assis sur son lit, en proie à une véritable orthopnée, anxieux, agité, gémissant continuellement, suffoquant si on veut lui faire prendre la position horizontale. La figure est pâle, bleuâtre; les extrémités sont cyanosées et refroidies. Il accuse, à la base du thorax, une douleur en ceinture, vive surtout du côté droit, n’offrant en ce moment aucune irradiation vers le cou et les épaules. Il ne souffre nullement derrière le sternum ni dans la région précordiale. Celle-ci est soulevée par des battements énergiques que la main perçoit dans une grande étendue; la pointe du cœur est abaissée, la zone de matité sensiblement agrandie. L’auscultation fait constater, à distance égale de la pointe et de la base,
Élargissant le champ de son étude, M. Naville montre que le sommeil n’est pas seulement un besoin du système nerveux central, mais qu’il appartient à la vie dans sa totalité, à la vie organique aussi bien qu’à la vie animale et à la vie de l’homme. C’est là un fait qui est le plus souvent méconnu dans nos traités de physiologie; s’il n’est pas prouvé que tous les animaux ont besoin de sommeil, c’est du moins un fait probable; et, quant au sommeil des plantes, ce n’est pas seulement une expression que justifie un rapprochement poétique, mais c’est une analogie sérieuse et vraiment scientifique.
Je ne sais trop jusqu’à quel point cette affirmation, défendable d’ailleurs, se justifie; il est vrai que les plantes présentent un état nocturne différentiel de l’état diurne. Mais ce qui suit ne va-t-il pas à l’encontre de ce qui précède ?
On dit communément que le sommeil répare les forces ; on ne dit pas seulement qu’il les épargne, mais bien qu’il les répare : Qu’est-ce à dire? « L’homme fatigué ne s’éveille pas dans
l’état où il était au moment de s’endormir . Il se passe donc pendant le sommeil quelque
chose qui rend l’organisme apte à des fonctions auxquelles il était devenu impropre par l’état de veille . Le sommeil normal est réparateur. »
M. Naville pense que, dans le sommeil, pendant que l’alimentation est suspendue, l’assimilation, au moyen de laquelle les divers organes puisent leur nourriture spéciale dans le suc nourricier commun, devient plus active. Qui dort, dîne, est un vieux proverbe qui trouve là sa confirmation. Rien n’est plus exact à la lettre, aussi bien que le complément de l’adage : Qui s'éveille n'a pas dîné. Le fait me paraît être incontestable et bien observé.
Mais il en résulte plus ou moins que notre auteur n’a voulu dire. Car, il en résulte que chez les êtres qui possèdent à la fois des fonctions de nutrition et des fonctions de relation, le repos de celles-ci, pendant l’état de sommeil, coïncide avec une suractivité de celles-là ;
un faible bruit de frottement péricardique, mais ne révèle aucun souffle. Sur tous les points où l’on peut explorer les vaisseaux, les pulsations artérielles présentent une extrême faiblesse contrastant singulièrement avec l’énergie des contractions cardiaques. Le pouls radial, à peine sensible, est difficile à compter (140).
L’exploration des poumons fait reconnaître des râles sous-crépitants fins âlix deux bases, particulièrement à la base droite, où ils présentent presque les caractères du râle crépitant’. Toutefois, il n’existe pas de souffle, et la sonorité à la percussion n’est pas modifiée. Quelques crachats rouges, assez visqueux, indiquent qu’il y a au moins congestion pulmonaire, sinon pneumonie. L’exploration de l’abdomen ne révèle rien d’anomal. L’urine ne renferme ni albumine ni sucre.
Interrogé sur le début et le développement des accidents qu’il présente, le malade raconte que, il y a une quinzaine de jours, il se sentit pris, en marchant, dJune douleur très-violente au milieu de la poitrine. La douleur fut de courte durée, mais revint plusieurs fois le même jour et les jours suivants. A chaque retour de cette douleur, les bras « tombaient paralysés, » et, ajoute-t-il, les douleurs (( parties du cœur » devenaient parfois tellement vives dans les bras, qu’il lui semblait « que aies chiens lui rongeaient les os. » Il put néanmoins continuer de laver ses voitures, s’interrompant àü moment des douleurs, qui s’accompagnaient d’fin état presque syncopal.
A plusieurs reprises, il eut des vomissements et un peu de diarrhée.
Ce sont là les seuls renseignements qu’il fournit sur sa maladie actuelle.
Antérieurement, il y a une douzaine d’années, alors qu’il habitait encore l’Italie, il a été atteint d’une fièvre intermittente à type tierce qui a résisté au traitement pendant quatre mpis. Depuis, il a été soigné, il y a trois ou quatre ans, pour une pneumonie droite. r ,
A part ces deux maladies, il a toujours été bien portant et robuste. Il n’a jamais eù de rhumatisme et n’a jamais contracté la syphilis,
11 affirme avoir toujours été sobre, et les renseignements fournis par sa femme et par ceux qui le connaissent confirment sa déclaration.
Les antécédents connus et l’examen terminé, le diagnostic restait difficile. Plusieurs hypothèses se présentaient à l’esprit : j’acceptais comme la plus probable,' mais sans rien affirmer, celle d’une pleuro-pneumonie à la base du poumon droit. J’admettais même, pour expliquer là gravité de l’état général, la possibilité d’une gangrène pleurale (pas d’odeur dés crachats ni de l’haleine), limitée à la face diaphragmatique.
En conséquence, cinq ventouses scarifiées sont appliquées sur le côté droit de la poitrine, et l’on place dans le voisinage un large vésicatoire.
Le lendemain, 2 octobre, l’état du malade est plus grave encore. L’orthopnée atteint ses dernières limites; tout repos est impossible ; le malade, assis sur son lit, proféré des plaintes continuelles. Les extrémités sont violacées et froides; quelques doigts sont décolorés, présentant un
ou, si l’on veut, pour être plus précis, tandis que dans l’état de sommeil les fonctions de relation se suspendent, lés actes les plus Intimes des fonctions de nutrition prennent un essor exceptionnel. Mais peut-on conclure qu’il en est ainsi chez tous les êtres vivants? Et comment appliquer celte loi générale à ceux qui n’ont que des fonctions de nutrition et né participent pas à la vie de relation dont ils n’ont pas lès organes et dont ils n’exécutent pas les actes? N’y a-t-il pas danger de confondre ici les simples intermittences de l’activité nutritive, telles qu’on les observe dans tous les êtres vivants, et ces intermittences qui peuvent coïncider avec l’étal de veille et l’état de sommeil, sans, pour cela, les constituer ?
Faut-il donc invoquer le rôle d’un fluide éthérë, dont l’existence,- à en croire Lamé, serait incontestablement démontrée, et supposer que toüs les êtres vivants, les plantes comme les animaux, ont avec cet éther des rapports spéciaux, différents selon qu’ils constitueraient la veille ou le sommeil? J’avoue que l’hypothèse qui en est formulée par M. Naville me paraît être bien... hypothétique.
Quoi qu’il en soit de ces objections et de ces remarques, il y a dans ce travail, outre des faits intéressants, un point de vue nouveau, qui mérite d’être noté dans le bilan de cette question du sommeil, laquelle est aussi pleine d’écueils que d’attraits.
A. Ferrand, médecin de l’hôpital Laënnec.
Société de médecine de Paris. Séance du samedi 8 mars 1879 (local de la Société de chirurgie), rue de l’Abbaye, à 3 heures 1 /2 très-précises.
Or dire, du jour : 1° Des accidents de la digitale, par MV Duroziez. — 2“ Observation de plaie pénétrante de abdomen, par M. Polaillon. — 3° Influence pathologique sur les centres nerveux des impressions périphériques des membres inférieurs, par M. Onimus.
état de syncope locale (doigts morts). Le pouls est absolument nul aux radiales et aux tempo raies. Les contractions cardiaques, si énergiques hier, sont faibles aujourd’hui; les bruits du cœur émergent mal et sont très-sourds; le bruit de frottement a disparu. La matité cardiaque paraît encore augmentée.
Les signes physiques fournis par l’exploration du poumon sont, au contraire, moins accusés. La douleur en ceinture persiste, et la pression révèle pour la première fois l’existence d’un point douloureux sur le trajet cervical du phrénique droit.
Les modifications survenues du côté du cœur me font songer à une péricardite à forme paralytique, et, dès lors, les lésions pulmonaires me paraissent devoir être considérées comme secondaires. — Prescription : Large vésicatoire à la région précordiale; potion avec cognac et acétate d’ammoniaque.
3 octobre. Amélioration notable. La dyspnée est beaucoup moindre, les douleurs thoraciques sont moins vives ; le pouls, encore très-faible, peut être facilement compté. Les extrémités restent très-froides. Il y a cependant beaucoup de fièvre, et le thermomètre, placé dans l’aisselle, marque 39°, 6.
Les battements du cœur restent très-mous, à peine perceptibles à la main ; les bruits sont très-sourds; on ne constate ni frottement ni souffle. L’auscultation de l’aorte, pratiquée sur toute la longueur de son trajet, ne fournit également rien.
Aux poumons, les râles sous-crépitants fins persistent, prédominant toujours à la base droite. Il n’y a ni souffle, ni résonnance exagérée de la voix, ni matité. Pendant la nuit dernière, plusieurs selles diarrhéiques.
U octobre. Depuis hier, selles nombreuses, dysentériques (frai de grenouille mélangé de sang). Dyspnée plus grande. Même état de la circulation. Sensation de froid et d’engourdissement dans les jambes. La température axillaire est normale.
5 octobre. Persistance des selles diarrhéiques, qui sont toujours muqueuses et granuleuses, mais ne renferment plus de sang. Même état du cœur et des poumons.
Le malade se plaint de vives douleurs dans les membres inférieurs, Un œdème assez considérable et assez dur a envahi les pieds et les jambes jusqu’aux genoux. Ces parties sont glacées et présentent une teinte violette. Elles semblent menacées de gangrène.
6 octobre. Orthopnée. Pouls insensible. Bruits du cœur à peine perceptibles. Mêmes signes stéthoscopiques à l’exploration des poumons. L’œdème des jambes est devenu très-considérable. Diarrhée dysentériforme. Température axillaire, 37°6.
Dans la nuit, la faiblesse augmente, et, après une agonie de quelques heures, le malade meurt le 7 octobre au matin.
Autopsie. — Autopsie faite vingt-huit heures après la mort. A l’ouverture du thorax, on trouve les plèvres libres de toute adhérence et ne contenant aucun exsudât. La plèvre médiastine, et, en particulier, le revêtement pleural du péricarde ne présentent aucune trace d’inflammation.
La cavité du péricarde renferme une quantité normale de liquide transparent. La séreuse ne présente à signaler qu’une plaque laiteuse située sur son feuillet viscéral, au niveau de l’infundibulum.
Le cœur est en diastole, plus volumineux qu’à l’état normal. L’augmentation de volume dépend surtout d’une dilatation notable du ventricule gauche. Lés parois de ce ventricule montrent sur les coupes qui y sont pratiquées une altération vraiment remarquable du myocarde. On voit au sein de la substance musculaire un grand nombre de petits amas jaunâtres, puritormes, du volume d’une petite tète d’épingle, entourés d’une zone foncée, ecchymotique, propre à chacun d’eux. D’autres amas présentant la même coloration, mais plus étendus et comme étalés, se montrent çà et là, beaucoup plus rares que les premiers. Ges petits abcès (l’examen microscopique ne laisse aucun doute sur la nature de leur contenu), quelle que soit leur configuration, siègent tous en des points plus voisins de la face interne que de la face externe du myocarde. Quelques-uns semblent même confiner à la couche profonde de l’endocarde. Aucun d’eux cependant ne s’est ouvert dans la cavité ventriculaire.
Cette altération du myocarde s’observe dans toute l’étendue de la paroi du ventricule gauche, depuis la pointe du cœur jusqu’au sillon auriculo-ventriculaire, mais elle est surtout accusée au niveau de la paroi antérieure.
Il s’en faut beaucoup que les lésions de l’endocarde soient en rapport, comme étendue ou comme intensité, avec celles du myocarde. Tout se borne de son côté à quelques épaississements, à quelques opacités disséminées soit sur les valvules, soit sur les colonnes charnues. Cependant, au niveau de la pointe du ventricule, l’encocarde est recouvert de caillots anciens, globuleux, intriqués entre les colonnes charnues. Quelques-uns de ces caillots, ramollis à leur centre, figurent des kystes remplis d’une matière puriforme. Une concrétion fibrineuse.
récente, non globuleuse, s’étend du sommet du ventricule où elle s’insère jusqu’au voisinage des sigmoïdes aortiques ; elle flotte librement dans la cavité ventriculaire.
Comme nous l’avons dit, l’endocarde valvulaire est à peine altéré.
Il en est de même de celui qui tapisse l’oreillette gauche.
Le ventricule droit est en grande partie rempli par un caillot complètement décoloré. Cette concrétion, de formation récente, ne présente pas la disposition globuleuse et se continue avec un caillot moitié fibrineux, moitié cruorique qui remplit le tronc de l’artère pulmonaire. L’endocarde qui revêt les cavités droites présente quelques opacités. La paroi musculaire du ventricule droit n’est le siège d’aucune altération appréciable.
L’aorte présente dans toute son étendue, depuis son origine jusqu’à sa bifurcation, les lésions de l’endartérite aiguë : ce sont de larges plaques d’une coloration rosée, à surface chagrinée, mamelonnée, à bords nets et arrondis. Ces plaques sont confluentes au niveau de la crosse, et on les retrouve dans les gros troncs qui en émanent. Outre ces lésions récentes, on voit de nombreux foyers athéromateux. L’épaississement des tuniques est considérable ; au niveau de la crosse la paroi a bien un demi-centimètre d’épaisseur et présente sur la coupe une disposition feuilletée des plus apparentes. La crosse est manifestement dilatée.
Les artères fémorales ne présentent aucune altération, mais les tibiales antérieures et les pédieuses sont le siège de lésions anciennes caractérisées par des plaques calcaires.
Les branches de l’artère pulmonaire sont remarquablement altérées. On voit sur leur face interne de nombreux foyers athéromateux. C’est la branche droite qui est le siège des lésions les plus nombreuses et les plus accusées, et celles-ci s’observent jusque dans les plus fines ramifications du vaisseau. Deux branches volumineuses qui se rendent dans le lobe inférieur droit sont trouvées obturées par un caillot bifurqué et placé à cheval sur l’éperon qui les sépare. Ce caillot paraît s’être formé pendant l’agonie; il n’est pas complètement décoloré. D’ailleurs le lobe inférieur droit n’est que* fortement congestionné; il ne renferme ni infarctus hémorrhagique ni foyer d’hépatisation. Le reste des poumons ne présente qu’un certain état de congestion et quelques ecchymoses punctiformes sous le feuillet viscéral de la plèvre.
L’intestin n’a pas été visité, et cette omission est d’autant plus regrettable que le malade avait eu, comme nous l’avons dit, des selles dysentériformes pendant les derniers jours de sa maladie.
Le foie, de volume normal, a la consistance du caoutchouc. Sa surface est légèrement mamelonnée au voisinage du bord antérieur. A la coupe, il présente l’aspect muscade du foie cardiaque.
La rate, de volume normal, est entourée d’une coque fibreuse formée par l’épaississement de sa capsule.
Les reins sont volumineux, durs, et présentent une coloration foncée. Ils se décortiquent assez difficilement. Leur coupe fait voir une congestion intense.
Ces divers parenchymes ne présentent pas d’infarctus.
Les altérations toutes spéciales du myocarde font l’intérêt de cette observation. Elles ont été soumises à un soigneux examen microscopique par M. Sabourin, qui m’a remis la note et le dessin suivants :
( A suivre dans un prochain numéro.)
MEMENTO BIBLIOGRAPHIQUE
Manuel de pathologie interne , avec figures intercalées dans le texte, précédé de la manière d’examiner le malade et de faire des autopsies, par le docteur J.-A. Fort, avec la collaboration du docteur Guichet. Paris, chez V. Delahaye. Un vol. de 500 pages.
Faire un manuel de pathologie interne clair, précis, où les principales acquisitions de la science soient bien exposées; où l’élève, souvent effrayé au début de ses études de la longueur des programmes, puisse rapidement et utilement étudier les éléments de la médecine; où le praticien puisse, au besoin, puiser d’utiles renseignements, telle est l’œuvre dernière du docteur Fort, aidé de son collaborateur le docteur Guichet.
Cet ouvrage est précédé d’une excellente Introduction sur la manière d’examiner les malades et de faire des autopsies, qu’on lira avec le plus grand intérêt. Il est divisé en trois parties : la première étudie les processus morbides communs (congestion, inflammation, fièvre, etc.); la deuxième, les maladies généralisées (maladies infectieuses, intoxications, maladies constitutionnelles); la troisième passe en revue toutes les maladies localisées (maladies du système nerveux, des appareils circulatoire, respiratoire, digestif, locomotenr, etc.).
Ce livre, conçu avec méthode, écrit avec une sobriété et une clarté de style remarquables,
aura le succès de ses aînés, et nous en recommandons la lecture aux étudiants comme aux praticiens. — H. H.
De l’acné sébacée partielle et de sa transformation en cancroïde , par le docteur P. Audoüard, ancien interne des hôpitaux de Paris. In-8° de 53 pages. Paris, 1878; Adrien Delahaye.
Travail intéressant, comprenant 18 observations. L’acné sébacée partielle est une maladie de l’âge adulte, et surtout de la vieillesse, qui a son siège de prédilection au visage. Quand la maladie est convertie en surface exulcérée, le traitement médical n’a pas ordinairem'ent une grande influence, et il faut recourir aux caustiques, et plutôt au bistouri. — H. H.
ACADEMIES ET SOCIETES SAVANTES
Séance du 4 mars 1879.— Présidence de M. Richet, correspondance officielle
M. le préfet de la Seine adresse une lettre par laquelle il demande l’avis de l’Académie sur la formation d’une commission composée de médecins traitants, de membres du Conseil municipal et de délégués de diverses administrations, dans le but d’augmenter la valeur des documents recueillis dans le Bulletin mensuel de la statistique municipale.
Cette lettre est renvoyée à une commission composée de MM. Fauvel, Bergeron, Broca, Delpech, Lagneau.
La correspondance non officielle comprend :
1° Des lettres de MM. Bochefontaine et Charles Richet, qui se portent candidats dans la section d’anatomie et de physiologie.
2° Un travail de M. le docteur Cabane, intitulé : De la propriété des eaux chlorurées sodiqu.es de Bourbonne comme révélatrice de la diathèse syphilitique latente ou endormie. (Com. des eaux minérales.)
3° Un rapport manuscrit de M. le docteur Bugibet, médecin aide-major de lre classe, sur la variole dans la garnison d’Alger, et sur les vaccinations et revaccinalions pratiquées sur le 83e régiment d’infanterie.
k° Une lettre de M. le docteur Peyraud (de Libourne) accompagnant l’envoi de divérs travaux à l’appui de sa candidature au titre de membre correspondant national.
L’Académie procède, par la voie du scrutin , à l’élection d’un membre titulaire dans la section de physique et de chimie.
La commission, par l’organe de M. le rapporteur, classe les candidats dans l’ordre suivant : En première ligne, M. lungfleisch; — en deuxième ligne, M. Armand Gautier en troisième ligne, M. Bouchardat ; — en quatrième ligne, M. Hardy.
Le nombre, des votants étant de 77, majorité 39, M. Gautier obtient 33 suffrages, M. Yungfleisch 26, M. Bouchardat 18.
Aucun des candidats n’ayant obtenu la majorité, il est procédé à un deuxième tour de scrutin.
Le nombre des votants étant de 79, majorité 40, M. Gautier obtient 47 suffrages, M. Yungfleisch 30, bulletins blancs 2.
En conséquence, M. Armand Gautier ayant obtenu la majorité des suffrages, est proclamé membre titulaire de la section de physique el de chimie.
M. Rochard présente une brochure intitulée : De l’organisation du service sanitaire du bétail dans le district consulaire anglais de Brest.
M. Noël Gueneau de Mdssy offre en hommage une brochure intitulée : De la pigmentation de ta face dans la tuberculose abdominale et autres maladies chroniques des organes contenus dons l’abdomen.
M. Jules Guérin présente un mémoire ayant pour titre : La torsion vertébrale, son mécanisme et son influence sur la formation des caractères anatomiques de la déviation latérale de l’épine. Voici les conclusions de ce travail :
« 1* La torsion est un fait constant et général des déviations latérales de l’épine t ott l’ob-
serve sur tous les squelettes de sujets déviés, et elle est invariablement liée aux phénomènes de la courbure, quels qu’en soient le siège, le degré, le nombre et la direction.
2* La torsion est le résultat de quatre ordres d’influences qui assurent à la colonne vertébrale sa plus grande résistance dans le sens transversal, savoir : sa constitution osseuse, la résistance passive de ses muscles, leur contraction passagère et leur contraction permanente.
3° En vertu de ces influences, la colonne vertébrale se trouve dans la condition d’une tige qu’on voudrait fléchir sur une arête ou dans le sens de sa plus grande résistance et qui, pour échapper à cette impossibilité, subit un mouvement de torsion qui la fait présenter sa face la moins résistante à l’effort de flexion.
h" En vertu de l’accroissement des agents de cette résistance latérale du centre de la vertèbre à l’extrémité de son apophyse épineuse, la torsion vertébrale ne s’exécute pas autour de l’axe même de la colonne, mais autour d’un axe passant par le sommet des apophyses épineuses.
5° Il résulte de cette disposition et de ce mécanisme que les courbures vertébrales sont toujours plus prononcées en avant qu’en arrière, c’est-à-dire suivant la ligne des corps vertébraux que suivant la ligne des apophyses épineuses ; et que, à leur première période ou degré, les courbes décrites par les corps vertébraux mesurent déjà 15 millimètres de flèche, alors que le sommet des apophyses épineuses continue à décrire une ligne droite ; cette proportion de 15 millimètres en plus, au début des courbures antérieures, se conserve à tous leurs degrés et s’accroissent du chiffre de la demi-flèche des courbures postérieures.
6° La torsion est le facteur principal des caractères anatomiques de la déviation latérale de l’épine : elle se traduit au-dessous par les déplacements qu’elle imprime aux annexes de la colonne et aux parties qui les recouvrent; et le caractère spécial de ces déplacements se résout dans la saillie en arrière et la dépression en avant des parties correspondantes aux convexités des courbures, et réciproquement, dans la dépression en arrière et la saillie en avant des parties correspondantes à leur concavité : d’où les deux gibbosités antérieure et postérieure des sujets atteints de déviations latérales considérables. »
M. Marey, à propos de la communication faite dans la dernière séance par M. Fauve!, pense qu’il y aurait lieu d’étudier la question de la peste au point de vue des idées nouvelles qui tendent à s’établir aujourd’hui touchant l’origine des maladies infectieuses , et qui font jouer un si grand rôle, dans cette origine, aux germes atmosphériques. Il faudrait donc, suivant lui, tracer aux médecins, qui sont envoyés par les divers gouvernements sur le théâtre de l’épidémie actuelle, un programme comprenant, d’Une part, un plan d’études et de recherches sur les questions relatives à l’origine de la maladie ; d’autre part , l’indication de moyens prophylactiques à prendre dans le but de se préserver des dangers de la contagion, en particulier des moyens de se débarrasser des poussières atmosphériques dans lesquelles, suivant les doctrines de M, Pasteur, se cachent les germes infectieux. En conséquence, M. Marey demande la formation d’une commission qui serait chargée de rédiger les termes de ce programme.
M. Bouillaud appuie la proposition de M. Marey, et développe les raisons qui le font adhérer à cette proposition.
M. Fàuvel dit qu’il ne connaît pas les instructions données aux délégués allemands par leurs gouvernements respectifs; quant à celles données au délégué français, M. Zuber, elles sont conçues dans le sens indiqué par MM. Marey et Bouillaud. Dans l’ignorance où nous sommes encore du principe de la maladie, il n’existe d’aulre moyen de destruction de ce principe supposé que l’action du feu.
M. Pasteur est d’avis, comme MM. Marey, Bouillaud et Fauvel, qu’il y a lieu de mettre les études sur la peste en harmonie avec les résultats obtenus dans ces derniers temps à la suite des expériences de laboratoire instituées dans le but de découvrir l’origine des maladies infectieuses, telles, par exemple, que le charbon et la septicémie. La première chose à faire, suivant lui, par les délégués envoyés sur le théâtre de l’épidémie actuelle, serait d’essayer la culture du sang d’un pestiféré pendant la vie et après la mort. Une gouttelette suffirait pour cette culture, et si l’on arrivait, comme MM. Pasteur, Joubert et Chamberlain l’ont fait pour la septicémie, comme M. Davaine l’a fait pour le charbon ; si l’on arrivait, à l’aide des liquides de cultures successives graduellement diluées de manière à réduire la 'proportion du sang infecté à des doses infinitésimales; si l’on arrivait ainsi à produire, par des inoculations aux animaux, aux singes par exemple, les phénomènes analogues à ceux de la peste chez l’homme, on acquerrait la certitude que la peste est due à l’infection de l’économie par des proto-organismes vivants, des microbes aérobies ou anaérobies. Il faudrait, bien entendu,
n’entreprendre ces recherches qu’avec un esprit dégagé de tout préjugé et de toute idée préconçue.
Mais comment entreprendre de telles études sans faire courir aux observateurs les plus graves dangers? M. Pasteur croit fermement qu’il est possible d’étudier la peste, au sein même du foyer d’infection, parmi les malades, les mourants et les morts, sans le moindre péril. Il suffirait de se couvrir la figure d’un masque fait en toile métallique doublée de coton, de manière à empêcher la pénétration des germes à travers la bouche ou les fosses nasales; il faudrait, en outre, faire cuire soi-même une seconde fois les aliments dont on se nourrit à chaque repas et, enfin, ne boire d’autre eau que celle puisée à des sources minérales de pays plus ou moins éloignés du théâtre de l’épidémie. M. Pasteur croit que, avec ces précautions faciles à prendre, on éviteràit facilement la contagion de la peste; pour lui, il irait absolument sans crainte étudier la maladie au sein même des foyers d’infection.
M. Pasteur dit que l’infection et la contagion des maladies dites infectieuses sont beaucoup plus difficiles qu’on ne l’imagine généralement. Dans les recherches et les expériences auxquelles il s’est livré dans son laboratoire sur le charbon, la septicémie et le choléra des poules, il n’y a jamais eu d’accidents infectieux qui se soient développés spontanément , ni sur les personnes qui l’aidaient dans ces expériences, ni sur les animaux sur lesquels on expérimentait. Pour que ces derniers fussent atteints, il a toujours fallu qu’il y eût inoculation des liquides de culture ou du sang infecté,
M. Pasteur entre dans de longs détaits sur les moyens prophylactiques à prendre contre le charbon, la septicémie et le choléra des poules. Il termine en disant que, si les recherches des médecins envoyés sur le théâtre de l’épidémie actuelle de peste conduisaient à conclure que cette maladie a pour origine des êtres microscopiques, la prophylaxie découlant de cette notion serait facile à mettre en pratique et consisterait dans les quelques précautions simples et faciles indiquées plus haut.
M. Rochard rappelle qu’il a été le premier, dans son rapport sur le travail de M. le docteur Levitzianos relatif à la peste de Mésopotamie, à signaler les lacunes regrettables qui existent dans la pathogénie de la peste, et à demander que, si l’occasion se présentait d’étu lier à nouveau cette maladie, les recherches des observateurs portassent sur l’origine du mal considéré au point de vue des doctrines nouvelles enseignées par M. Pasteur.
Les recherches cliniques devraient s’attacher spécialement à l’observation de la température des malades atteints de la peste, à l’examen 'histologique et à l’analyse chimique des différents liquides de l’économie, étude qui est encore tout entière à. faire; car elle n’a été abordée, jusqu’à ce jour, par aucun observateur. Quant aux moyens prophylactiques indiqués par M. Pasteur, ils sont bons sans doute à prendre quand il s’agit de recherches à faire dans le laboratoire, mais ils sont impossibles dans la pratique au lit des malades; le médecin ne doit plus connaître ces timidités; il doit faire bravement son devoir et ne consulter que son courage et son dévouement à la science et à l’humanité.
M. Pasteur répond qu’il admire le courage et le dévouement dont les médecins font preuve en soignant des malades atteints de maladies contagieuses, mais ce n’est jamais sans un véritable chagrin qu’il apprend, trop souvent malheureusement, qu’un médecin est mort, par exemple, pour avoir soigné un enfant atteint d’angine couenneuse ou pour avoir pratiqué l’opération de la trachéotomie, et cela faute d’avoir pris des précautions pour se préserver de la contagion.
M. Rochard répète que de telles précautions . sont impossibles au lit des malades ; la pratique médicale est un champ de bataille où le médecin et le chirurgien ne peuvent pas plus prendre de précautions contre le danger que le soldat contre les projectiles. Ils doivent s’y jeter bravement, sans autre considération que celle du devoir à remplir.
M. Bodillaud fait observer que les maladies infectieuses ne sont réellement contagieuses que lorsqu’elles sévissent à l’état épidémique; quand elles se manifestent sous la forme sporadique, la contagion est exceptionnelle, et l’on peut alors toucher les malades, respirer le même air, sans crainte de contracter la maladie. En temps d’épidémie, les choses se comportent d’une manière bien différente, et la contagion est alors fort à craindre ; mais, comme l’a dit si bien M. Rochard, le médecin ne doit prendre conseil que de son courage et de son dévouement.
Sur l’invitation de M. le président, M. Mare y formule une proposition en vertu de laquelle il demande la formation d’une commission chargée de formuler un programme: lh de recherches sur l’origine de la peste; 2° de mesures prophylactiques à prendre pour se garantir de la maladie, programme qui serait proposé aux médecins délégués par le gouvernement pour aller étudier l’épidémie actuelle.
Le bureau propose que cette commission soit composée de MM. Pasteur, Bouillaud, Fauyel, Bouley, Davaine, Jaccoud, Marey et Rochard.
L’Académie adopte cette proposition.
— La séance est levée à cinq heures un quart.
Service médical des secours à domicile.
Le sénateur, préfet de la Seine,
Vu la loi du 10 janvier 1849 sur l’organisation de l’Assistance publique à Paris, notamment l’article 7 portant que les médecins attachés au service du traitement à domicile seront choisis au concours ou par l’élection de leurs confrères ;
Vu le vœu du Conseil municipal de Paris, en date du 5 avril 1877, relatif à l’application dudit article ;
Vu l’avis émis par le Conseil de surveillance de l’Assistance publique, le 24 janvier 1878, au sujet des bases à adopter pour la réglementation du service dont il s’agit ;
Vu les rapports du directeur de l’Assistance publique en date des 30 mai 1877 et 12 décembre 1878 ;
Considérant que, des deux modes indiqués par la loi, l’élection paraît la plus conforme aux nécessités de la pratique,
Arrête :
Art. 1". — Lorsqu’il y aura lieu de pouvoir à un emploi de médecin du service des secours à domicile, la vacance sera annoncée quinze jours auparavant, au moyen d’insertions dans les journaux et d’affiches apposées dans les cadres destinés à la publication des actes de l’autorité administrative.
Art. 2. — Les candidats devront se faire inscrire, avant le jour fixé pour la désignation, et justifier qu’ils sont Français, âgés de- vingt-cinq ans, munis d’un diplôme les autorisant à exercer la médecine, et domiciliés dans l’arrondissement où la vacance s’est produite. Toutefois cette dernière condition pourra être remplacée par rengagement de venir y résider, en cas de nomination.
Art. 3. — L’élection des médecins du service à domicile sera faite par tous les médecins exerçant leur profession dans l’arrondissement où la vacance existe et y résidant depuis un an au moins. Toutefois, si le nombre des électeurs n’atteint pas, au moins, le double de celui des médecins chargés du traitement des pauvres, dans la circonscription, il sera procédé à l’élection par une réunion composée des médecins de l’arrondissement et des médecins d’un ou de plusieurs arrondissements limitrophes, de manière à compléter le nombre exigé.
Art. 4. — Le bureau électoral se composera, sous la présidence du maire ou d’un de ses adjoints, des deux électeurs les plus âgés et des deux plus jeunes présents au moment de l’ouverture du scrutin.
Art. 5. — Nul ne sera élu au premier tour de scrutin s’il n’a réuni la majorité absolue des suffrages exprimés, et un nombre de voix égal au quart des médecins faisant partie du collège électoral.
Au second tour de scrutin, la majorité relative suffira. Le scrutin sera ouvert à midi et fermé à quatre heures ; il devra être constamment sous la garde de trois membres au moins du bureau électoral. En cas de second tour, l’élection sera renvoyée à huitaine.
Art. 6. — Deux jours au moins avant l’élection, le maire de l’arrondissement où elle doit avoir lieu adressera une lettre de convocation â chaque électeur.
Art. 7. — Le procès-verbal des opérations auxquelles il aura été procédé pour l’élection sera remis au maire qui le communiquera d’urgence au bureau de bienfaisance, lequel sera appelé à présenter ses observations s’il juge à propos d’en faire. Sur le vu de ces observations et du rapport du directeur de l’Assistance publique, le préfet de la Seine donnera son avis et transmettra le dossier au ministre, de l’intérieur.
Art. 8. — Le médecin élu ne pourra entrer en fonctions qu’après l’investiture donnée par arrêté' du ministre de l’intérieur sur la proposition du préfet.
Art. 9. — Les médecins institués resteront en fonctions pendant quatre ans. Ils seront à la disposition du service jusqu’à leur remplacement. En cas de vacance ou d’empêchement des titulaires, les docteurs en médecine résidant dans l’arrondissemeut pourront être requis par l’administration pour les suppléer, moyennant attribution proportionnelle de l’indemnité allouée aux titulaires.
}a de chaque année, le bureau de bienfaisance adressera, désormais, un rapport individuel sur la manière dont il estime que les médecins ont rempli leur mission
auprès des pauvres. En outre, le maire sera tenu d’avertir d’urgence le directeur de l’Assistance publique de toutes plaintes verbales ou écrites portées contre un médecin.
Art. 11. — Le directeur de l’administration générale de l’Assistance publique est chargé d’assurer l’exécution du présent arrêté, qui aura son effet à partir du 15 avril prochain. Jusqu’à cette époque, les médecins en exercice continueront leurs fonctions.
Fait à Paris, le 15 février 1879.
Signé : F. Hérold.
Approuvé, Paris, le 20 février 1879.
Pour le ministre de l’intérieur : Le sous-secrétaire d'État,
Signé : J. Develle.
FORMULAIRE
Traitement mécanique de l’eczéma chronique. — Auspitz.
Dans l’eczéma chronique très-rebelle, qui se présente sous forme de plaques d’un diamètre restreint, le docteur Auspitz, de Vienne, conseille le traitement suivant : On enlève les squames et les croûtes, au moyen d’un corps gras étendu sur un linge, ou au moyen de l’enveloppement avec le caoutchouc vulcanisé. On frotte ensuite la région malade avec un savon de sable, ou un morceau de pierre ponce, ou avec un morceau de flanelle mouillée, et plongée dans du sable fin. Ces frictions de sable doivent être faites avec modération, et sans excorier la peau, sur laquelle on voit apparaître des points rouges foncés. On la couvre alors d’une légère couche d’huile de cade ou de hêtre, et on enveloppe de nouveau avec les bandes de caoutchouc. On fait ce pansement une ou deux fois le jour, et on l’interrompt une journée de temps en temps, pour panser avec de l’onguent simple. — L’auteur a eu recours aux frictions de sable, mais toujours avec précaution, dans l’eczéma chronique des oreilles, du front, de la nuque, et surtout de la paume des mains et de la plante des pieds. Ce traitement est contre-indiqué dans l’eczéma des parties génitales, du nombril, de la face, et en général dans toutes les régions de la peau dépourvues de substratum résistant. — N. G.
Epliémérides médicales. — 6 Mars 1826.
Mort, à Paris, de Etienne Peyre, docteur en médecine, inspecteur adjoint des eaux minérales, médecin du Théâtre-Italien. Il était âgé de 24 ans, étant né le 2i avril 1802. Son père, Etienne-Pierre, médecin en chef de la marine, inspecteur des eaux minérales de France, mourut à Balignolles, le 9 décembre 1829. — A. Ch.
COURRIER
Une nouvelle victime de la science. — M. Henri Carrette vient de succomber aux atteintes du croup contracté dans le service de l’hôpital Sainte-Eugénie, auquel il était attaché. Nous nous unissons de tout cœur à la douleur de notre malheureux confrère, le docteur Carrette, de Roubaix, qui, appelé par dépêche télégraphique, a pu recevoir le dernier soupir de son fils.
— Une autre victime : M. Jacques Abbadie-Tourné, interne à l’hôpital des Enfants, rue de Sèvres, est mort hier matin d’une angine couenneuse qu’il avait contractée dans une des salles de l’hôpital en opérant un petit enfant du croup.
La peste en Russie. — Le correspondant de la Voix à Vetlianka adresse à ce journal la dépêche suivante, en date du 14 février :
« On compte à Vetlianka 283 maisons où il y a eu des malades atteints de l’épidémie. Dans plus de 200 de ces maisons se trouvent des familles qui y 'demeurent depuis plus d’un mois sans que leur santé s’en ressente. Les médecins, et parmi eux le docteur Krassovsky, sont d’avis qu’il n’y aurait que trois maisons à brûler, celles qui avaient été transformées en hôpitaux.
« Hier et aujourd’hui la gelée persiste. Grâce à cette circonstance, les habitants de Vetlianka transportent de la rive gauche du Volga à leur village, sous la surveillance d’une escorte de quarantaine, le bois et le foin dont ils ont besoin.
« Les travaux d’assainissement du cimetière marchent activement. C’est M. Pisarew, délé-
gué de la Croix-Rouge, qui les dirige. Le comité consultatif attaché à la personne du comte Loris-Mélikoflf exige que les tombes soient absolument désinfectées au moyen de chlorure de chaux; mais cet ingrédient ne se trouve pas à Vetlianka, et il faudrait attendre trop de temps pour en faire venir; aussi lé comité sanitaire de Vetlianka a-t-il décidé, à l’unanimité, de continuer les travaux commencés dans le cimetière, en employant les matières dont on dispose, et d’élever des tumulus sur les tombes des pestiférés, en ayant soin de les remplir une seconde fois de çhaux vive recouverte d’une couche de terre glaise battue.
« Le 14 février, trente-six jours étaient écoulés depuis le dernier jour de maladie à Vetlianka. La quarantaine de la station pourra donc être levée le 20 février. »
Fièvre typhoïde. — L’épidémie de fièvre typhoïde qui s’est déclarée il y a quelques jours dans la partie des bâtiments de l’École militaire où est caserné le 119e régiment de ligne, n’a pas eu de plus amples proportions. Loin de là; de grandes précautions hygiéniques ont été prises immédiatement. Les hommes dont la santé paraissait chancelante ou qu’on pouvait croire plus menacés de tomber malades ont été envoyés en permission de 15 jours, et cela au nombre d’environ Cênt cinquante.
Les autres ont été dispensés d’exercices et de gardes trop fréquentes. Leur alimentation a été améliorée. On leur distribue tous les jours une ration de vin et une autre de café additionné d’eau-de-vie.
Les chambres ont été aérées, arrosées avec de l’acide phénique.
Toutes ces mesures d’hygiène paraissent devoir produire un excellent et décisif effet. Quant à la cause de la maladie, elle est inconnue, comme cela arrive fréquemment dans les épidémies de ce genre. Peut-être faut-il l’attribuer aux rigueurs de la saison d’hiver, à l’humidité persistante que nous avons eu à traverser, et qui peut produire des infiltrations malsaines.
Ce qui est certain, c’est que les hommes de ce régiment n’ont pas été surmenés, n’ont pas eu à subir plus de fatigues que ceux d’autres régiments, n’ont pas eu plus d’heures de corvées ou d’exercices que les soldats appartenant à d’autres armes et casernés dans les mêmes bâtiments, cavalerie ou artillerie.
Un médecin condamné a être brûlé vif. — La médecine n’était pas commode â exercer dans la régence d’Alger, à la fin du xvne siècle. Non-seulement l’homme de l’art n’était pas payé quand il avait la malechancé de ne pas guérir son malade, mais encore il courait de sérieux dangers si le client mourait entre ses mains ou même s’il succombait à la suite du traitement qu’il lui avait ordonné.
On en verra une piquante preuve dans le fait suivant* que nous empruntons à une lettre du consul d’Alger, en date du 12 février 1697, rapportée dans Ylnventaire des Archives historiques de la Chambre de commerce de Marseille, dont nous avons dernièrement entretenu le lecteur.
Vers 1694, un chirurgien français, d’Auriol, nommé Hierome Robert, établi à Alger, s’était ou avait été chjrgé d’opérer un Turc de la cataracte. Le patient ne succomba point entre ses mains, mais mourut peu de temps après. On en fit un grief à l’opérateur, on l’appela au palais du gouvernement, et là le Divan et les docteurs de la loi, assemblés, le condamnèrent... a être brûlé vif, et la sentence allait être exécutée, quand, heureusement pour notre compatriote, le consul fançais intervint.
« Je représentai au dey, écrit-il, que je ne reconnais d’autre justice que la sienne et non celle de ses marabouts.
« Il répondit que c’était des affaires de la loy, il ne s’emmeslait point, et ne' voulait pas que je m’en meslasse, et me fil sortir de force du Divan, où toute la justice était, assemblée.
« Je leur criai tout haut qu’ils prissent bien garde à la sentence qu’ils allaient prononcer, et que c’ estait un sujet de Y empereur de France.-.. »
La première sentence.de mort fut en effet révoquée, mais le malheureux chirurgien fut condamné à payer quinze cents piastres aux héritiers du défunt, ou, à défaut, de rester leur esclave, ou de demeurer dans la maison du consulat en payant 15 pataquès à toutes les lunes, jusqu’à complet acquittement des quinze cents piastres.
C’est cette dernière alternative, on le devine du reste, que choisit Hierome Robert, mais la sentence n’en fut pas moins lourde pour lui, ainsi que pour notre consul, car nous' voyons, par la lettre précitée de ce dernier, que, plus de trois ans après, il continuait à payer les 15 pataquès par lune auxquelles notre infortuné médecin avait été condamné.
Le gérant, RiCHELOT.
Paris. — Tynoçranhie Félix Maxtbstb et 0e, rUe des Deux-Pirtes-Salnt-Sauveur, 22.
No og
L’UNION MÉDICALE Samedi 8 Mars 1870
CLINIQUE MÉDICALE
MYOCARDITE SUPPURÉE PRIMITIVE (ABCÈS MULTIPLES INFILTRÉS ) AVEC AORTITE
AIGUE ET ATHÉROME GÉNÉRALISÉ; PAS DE SYPHILIS, NI D’ALCOOLISME; IMPALU¬ DISME ANCIEN (').
Présentation faite à la Société médicale des hôpitaux, dans la séance du 11 octobre 1878,
Par le docteur Féréol , médecin de l’hôpital Lariboisière.
Examen microscopique dans un cas de myocardite suppurêe. — A l’œil nu, sur une coupe fraîche du myocarde, on pouvait constater : 1° des foyers miliaires et lenticulaires jaune vif, ayant toute l’apparence d’abcès ; 2° des zones très-foncées en couleur, comme hémorrhagiques; 3° des traînées pâles, jaunâtres, rappelant la dégénérescence graisseuse du muscle cardiaque; k° des parties de muscle ayant tous les caractères de l’état sain.
Les coupes ont été faites après durcissement dans Palcool, }a gemme et l’alcool, et colorées par le piero-carmin.
A un faible grossissement, on voit que les lésions sont distribuées de la façon suivante : les abcès sont mal circonscrits a» milieq du tissu musculaire et des espaces, vasculaires. Les bandes grisâtres répondent â deux ordres de lésions ; 1° des travées celluleuses infiltrées de pus ; 2° du tissu musculaire dégénéré.
La limite est très-traqchée entre le tissu musculaire sain, qui a une coloration rouge foncée, e| le tissu dégénéré, dont l’apparence est, au premier abord, celle du tissu cellulaire intermusculaire.
1° Abcès : Le contenu est formé en grande partie par des leucocytes de pus très-granuleux, mais parfaitement reconnaissables. Au milieu du magma brunâtre qtiè forme leur agglomération, ou voit des débris de faisceaux musculaires à divers degrés d?altération, les' uns à striation eucbre netief les autres remplis de granulations extrêmement fines, très-peu colorées. Enfin, il y a des blocs réfringents sans aucune apparence cristalloïde, disséminés au milieu de ces détritus purulents. Leur teinte est blanc jaunâtre brillant, mais iis ne semblent avoir subi aucune coloration par le picro-carmin. Ils proviennent évidemment de la dégénérescence des faisceaux musculaires primitifs, telle que nous l’iMiquions tout à l’heure. ;
Ces abcès sont assez mal limités, à contour irrégulier, sans paroi distincte. Ils sont entourés immédiatement, ici par des faiseeaux musculaires plus ou moins altérés, là par des espaces cellulaires infiltrés de leucocytes.
(1) Suite et fiq. rrr Yojr le dernier numéro.
FEUILLETON
CAUSERIES
Gomment! me disaisrje, la vacance de cette belle chaire d’histoire de la médecine, dans la plus célèbre Faculté de médecine de Fraqee, ne fait surgir que deux candidats? C’est affligeant pour le présent, c’est inquiétant pour l’avenir. J’ai appris depuis qu’un troisième candidat se présentait, M. Achille Chereau, l’érudit bibliothécaire de la Faculté, notre collaborateur depuis la création de 1’ Union Médicale, et de la collection de laquelle il pourrait extraire un beau volume d’intéressante et instructifs travaux, C’est précisément ce titre de collaborateur qui me gêne pour dire ce que je pense de ce candidat. Que voulez-vous J ainsi est faite . comment dirais-je?... Ma foi, je lâche le mot: ainsi est faite la bégueulerie hu¬
maine. Vous ave? le bonheur d’avoir pour ami un brave homme, esprit distingué, que, pendant un tiers de siècle, vous avez appris à connaître, à aimer, à estimer; qui, pendant ces longues années, traversées de mauvais et de bons jours, vous a-rendu mille et mille services ; eh bien! une occasion se présente où vous pourriez peut-être lui être utile, appeler au moins sur lui plus d’attention, plus de notoriété, m-. Qu’allez-vous faire ! vont s’écrier les pudibonds. Prenez garde ! vous allez être accusé de camaraderie, de coterie, de Société d’admiration mutuelle, etc. — Et, par crainte de ces accusations aussi ridicules que fausses, couardemeut on s’incline et on s’abstient, car il faut être doué d’une grande force d’âuie, ou se sentir en possession d’une puissante autorité, pour oser braver l’opinion générale.
Ne me trouvant ni dans l’une ni dans l’autre de ces conditions, je me borne à dire, sans Tome XXVII. — Troisième série. 35
• 2° Tissu musculaire : En beaucoup de points, les faisceaux musculaires et le tissu conjontif interfasciculaire sont absolument sains.
Les parties altérées, disséminées par plaques irrégulières, tantôt voisines des abcès, tantôt complètement isolées au milieu du tissu sain, présentent les particularités suivantes :
Coupe transversale d’un groupe de faisceaux musculaires primitifs dégénérés (demi-scliématique). — A.. B. Faisceaux musculaires primitifs à divers degrés d’altération. — C. Vaisseaux capillaires. — M. Coupe d’un faisceau musculaire sain.
Si l’on regarde un faisceau musculaire coupé en travers, on voit que le centre des faisceaux primitifs est occupé par un point brillant, réfringent, nullement coloré par le picro-carmin. Cette dégénérescence envahit peu à peu, d’une manière centrifuge, toute l’épaisseur du faisceau, et l’on voit, côte à côte, les éléments atteints à tous les degrés : depuis le faisceau, qui semble percé d’un trou, jusqu’au faisceau qui ne forme plus qu’un bloc irrégulier, transparent, mais toujours entouré par une enveloppe à double contour. Si les faisceaux musculaires du cœur avaient un sarcolemme, on dirait que cet élément forme seul leur enveloppe; ce qui fait qu’à un faible grossissement , on pourrait les prendre pour des vaisseaux coupés en travers. Il est remarquable de voir que, tant qu’il reste de la substance musculaire à la périphérie du faisceau primitif, cette substance conserve une striation très-apparente.
Si l’on regarde des faisceaux coupés en longueur, on voit un aspect tout différent : ce sont des masses transparentes, irrégulièrement cylindriques ou fusiformes, qui semblent contenues dans un tube translucide et strié longitudinalement. La persistance de la périphérie du faisceau à l’état d’enveloppe fait que le contenu paraît ici moins brillant que sur les coupes transversales, où la partie centrale dégénérée est à nu.
Telle est l’altération musculaire; elle est la même partout où le muscle est malade. En dehors d’elle et des débris de faisceaux granuleux compris dans le pus des abcès, on ne trouve pas d’autre altération du tissu musculaire.
3° Tissu conjonctif : D’une façon générale, les capillaires intermusculaires les plus fins
aucune intention de nuire aux deux autres candidatures, et cela pour ma propre satisfaction de cœur et de conscience, que M. Achille Chereau serait certainement en position de faire un très-bon cours d’histoire de la médecine. Il lit dans leur texte les auteurs grecs et latins, et je crois même qu’il n’est pas tout à fait étranger à l’hébreu et à l’arabe. Il a traduit de l’anglais, à la grande satisfaction de l’auteur, la Pathologie de Billing. L’histoire de la médecine, de la Renaissance à nos jours, personne ne la possède comme lui. Il aime et il connaît les livres; la bibliographie n’a pas de secrets pour lui, il indique les sources avec sûreté ; et, quant à la biographie, on peut juger de son savoir à cet égard par les notices qu’il écrit dans le Dictionnaire encyclopédique.
M. Chereau fait imprimer et distribuera l’exposé de ses titres. Je n’ai pas besoin d’en recommander la lecture à ses juges, tant je suis convaincu qu’ils tiennent à s’éclairer sur le mérite respectif des trois candidats; mais je peux, sans inconvenance, prier MM. les professeurs d’inviter M. Chereau à leur exhiber le magnifique ouvrage manuscrit, et par conséquent inédit, qu’il a composé sous le titre d 'Histoire de la Faculté de médecine de Paris, ouvrage que lui avait commandé l’ancienne municipalité de Paris, qui doit faire partie de l’immense collection de l’histoire de Paris, mais que les circonstances n’ont pas encore permis à la municipalité actuelle de livrer à l’impression. Par ce beau manuscrit, qui ne forme pas moins de deux volumes in-ô°, illustrés de dessins, de gravures et de portraits, les professeurs pourront apprécier les aptitudes de M. Achille Chereau pour tenir convenablement la chaire d’histoire de la médecine.
Je sais que la candidature de M. Chereau se produit un peu tard. Il n’y pensait pas ; dans sa modestie il se tenait à l’écart. Il a fallu que des amis lui soufflassent ce petit grain d’ambition, mais, c’est bien à craindre, sans espoir de succès.
sont dilatés et remplis de globules rouges; mais, en aucun point, on ne trouve d’infiltration hémorrhagique.
Dans les espaces plus considérables et, notamment, au voisinage des abcès, non pas régulièrement autour d’eux, mais sur un ou plusieurs points de leur périphérie, le tissu cellulaire est rempli de capillaires très-dilatés, presque contigus, remplis de globules rouges au milieu desquels se voient des leucocytes du sang, disséminés au centre comme à la périphérie des vaisseaux. La trame lâche qui réunit les capillaires est infiltrée d’une grande quantité de jeunes cellules, à un ou à plusieurs noyaux, colorées en rose par le picro-carmin. Dans certains points, ces éléments sont très-peu colorés et plus granuleux.
Dans les travées qui aboutissent aux abcès, on trouve une véritable infiltration de leucocytes de pus qui pénètrent, en certains endroits, au milieu des faisceaux musculaires voisins dégénérés.
Dans d’autres points, enfin, au milieu des faisceaux musculaires altérés, comme il a été dit plus haut, on voit de petits espaces conjonctifs qui ne semblent formés que par l’agglomération de jeunes éléments arrondis, vivement colorés en rouge.
Il résulte de cet examen qu’il y a, dans ce fait, deux processus concomitants :
1° Une dégénérescence spéciale du faisceau musculaire primitif ;
2° Une suppuration inter fasciculaire débutant probablement dans les grands espaces conjonctifs et s’infiltrant ensuite à travers les faisceaux dégénérés, qu’elle dissocie pour former le magma de provenance multiple qui occupe le centre des abcès.
Remarques. — En dehors de la pyohémie, de l’infection purulente traumatique ou des fièvres graves, typhus, variole, puerpéralité, etc..., en dehors des abcès consécutifs à l’endocardite ulcéreuse, et qui sont un des modes les plus fréquents de la formation des anévrysmes du cœur, ou de ceux beaucoup plus rares qui peuvent succéder à la péricardite, la myocardite suppurée est extrêmement rare. C’est ce qui résulte des deux articles de MM. Parrot et Raynaud, dans les deux Dictionnaires en cours de publication. Le grand ouvrage de Lebert, celui de Cruveilhier, le livre de MM. Corail et Ranvier, n’en contiennent aucun exemple. M. le professeur Charcot, à qui les pièces de notre malade ont été montrées, et dans le laboratoire duquel les préparations de M. Sabourin ont été faites, n’a jamais non plus observé rien de semblable.
Nous manquons donc de points de comparaison pour étudier ce fait et tâcher d’en comprendre la pathogénie. Il paraît certain que l’athérome artériel a été ici la lésion initiale. L’aortite aiguë en est la conséquence ; et il semble que c’est sous l’influence du développement de cette aortite, et par un processus analogue, que la cardite a
Il est si commode de répondre : Trop tard ! Engagements pris !
Je crois que je n’étonnerai personne en disant qu’une de mes plus constantes préoccupations est l’Association générale, et, de tous les éléments de l’Œuvre, la Caisse des pensions viagères d’assistance. Que de fois me suis-je dit : Assurément cette Caisse va très-bien, obtient des succès inespérés, agrandit et multiplie les services qu’elle rend, et cela avec des ressources incroyablement minimes et sans aucune subvention en dehors de l’Œuvre même. Cependant, n’y aurait-il pas moyen d’aller encore plus vite, d’augmenter le nombre et d’élever la quotité des pensions? Proposer d’élever le chiffre des cotisations, il n’y faut pas penser. Un jour j’eus l’idée de proposer une exposition de tous les objets d’art et de curiosité possédés par le Corps médical, richesses artistiques enfouies dans ses salons ou dans ses cabinets et dont une exposition publique, avec un prix d’entrée honorable, pourrait augmenter le capital de notre Caisse des pensions. Cette proposition s’éteignit sans écho. J’en ai plus d’une comme cela sur la conscience.
Un autre jour, — c’était sous le règne de M. Rayer, —.je proposai d’intéresser à notre Œuvre les femmes et les filles des médecins en la leur faisant connaître, et, pour cela, de les inviter à nos assemblées générales annuelles ou leur aimable présence, en embellissant et égayant notre auditoire, aurait certainement pour résultat une propagande active de leur cœur charitable et généreux.
M. Rayer ne me laissa pas achever ma proposition.
Un autre jour, — car je ne me décourage pas si vite, — je venais de lire le récit d’une fête superbe donnée au profit, et avec un magnifique résultat, d’une Association confraternelle, et je demandai, — c’était sous le règne de M. Tardieu, — s’il n’y aurait pas lieu de
pris naissance. On n’a constaté aucune lésion athéromateuse aux artères coronaires, aucune trace d’embolies ni de thromboses dans les artères nourricières du cœur. Il faut donc sè borner à invoquer ici, comme explication du processus morbide, l’analogie des tissus , et croire que la cardite s’est développée, dans ce cas, de la même
façon que l’aortite.
Or, c’est déjà une chose rare, a 44 ans surtout, qu’un athérome généralisé à ce point qu’on en trouve dans l’artère pulmonaire* Cependant, tous les renseignements concordent pour écarter de l’étiologie la syphilis et même l’alcoolisme. La goutte et le rhumatisme ne paraissent pas plus admissibles. FauMl donc mettre en cause ici l’impalüdisme ? La périsplénite serait assez en accord avec cette hypothèse. Mais je ne sache pas que cette étiologie de l’endartérite athéromateuse ait été jamais signalée.
Quant âu diagnostic, il n’a pas été porté. J’ai accusé successivement le péricarde et l’endocarde, et n’ai point songé au myocarde. L*âge du Sujet, l’absence de toute cachexie antérieure et de signes d’infection purulente, détournaient mon attention de ce côté. Une chose aurait dû l’y ramener ; la faiblesse considérable et générale des pulsations artérielles, en opposition avec l’impulsion cardiaque énergique du premier jour. Il y avait là une sorte de contradiction paradoxale, qui dura peu du reste (car le lendemain l’impulsion était affaiblie), mais qui devait faire songer à la cardite.
On peut remarquer, du reste, combien les symptômes étaient insolites, bizarres, et d’une interprétation difficile. Même après l’autopsie, on s’explique mal la marche et l’allure des accidents. Comment une aortite aussi aigüë, aussi intense, ne s’esbelle pas accompagnée de douleurs rétro-sternales? Comme Si l’organisme eût été distrait par ce qui se passait du côté du cœur , le malade n’accusait de douleur qu’à l’épigastre et au niveau des attaches du diaphragme.
Comment, encore, comprendre cette hémoptysie passagère? Cette diarrhée dysentérique qui lui succède, puis disparaît, pour se montrer encore un peu avant la mort? Ces plaques livides étalées sur les membres inférieurs , semblant, avec les douleurs atroces qui les accompagnent, annoncer l’imminence d’une gangrène? J’avais, en dernier lieu, supposé que ces accidents si divers, disséminés sur dés appareils si différents, pouvaient s’èxpliquer par des embolies capillaires, ét admis l’existence d’une endocardite ulcéreuse ou végétante. Cependant, il n’y avait point les frissons ordinaires en pareil cas, et on ne constatait aucun bruit de souffle aux orifices.
rechercher les moyens de tenter quelque chose d’analogue, au profit de notre Caisse des pensions. •— Y pensez-vous? me répondit-on presque avec colère. La dignité médicale, la respectabilité professionnelle ne s’Opposent-elles pas formellement à toute tentative de ce genre?
Je restai coi, mais non convaincu et pensant toujours qu’il y a Certainement quelque chose à faire pour aôtiver le fonctionnement de notre Caisse des pensions.
J’en étais là de mes rêves, quand un aimable Confrère, très-dévoué aux intérêts de l’Association, et qui sympathise à mes idées, est venu me dire :
-Connaissez-vous la Société amicale de secours des anciens élèves de l’École 'pôijL technique?
— Je n’ai pas cet avantage.
— Mais croyez-vous que tous ces anciens élèves, ou généraux , Ou ingénieurs chefs, ou ministres, ou diplomates, ou députés, ou sénateurs, ou ayant une position distinguée dans la société, aient le sentiment de la dignité. et de l’honorabilité professionnelle?
— Assurément, je le crois.
— Eh bien, ces hommes, élevés et distingués autant au moins que les médecins dans la hiérarchie sociale, ne croient pas faillir aux convenances professionnelles en donnant un bal par souscription au profit de la caisse de leur Société amicale de secours.
Et, disant cela, mon aimable confrère m’a remis le billet dont voici la copie textuellement
reproduite :
« Le Comité de la Société amicale de secours des anciens élèves de l’École polytechnique « prie de vouloir bien honorer de sa présence le bal qui sera donné au
A rautopsie, où n’a trouvé aucune trace d’infarctus pulmonaire, rénal, splénique, hépatique (l'intestin a été oublié). On est donc réduit à accuser de tous ces troubles circulatoires l'insuffisance du muscle cardiaque. Cependant on a trouvé dans le cœur gauche, intriqué au milieu des colonnes charnues, et pricipalement au niveau des points où se trouvaient les lésions les plus nombreuses et les plus avancées de la cardite, une sorte de néomembrane épaisse, plissée, très-analogue aux caillots actifs des anévrysmes, bien qu’il n’y eût d’ailleurs rien qui ressemblât à un anévrysme dans la lésion cardiaque. Mais si un des petits abcès qui sont restés intramusculaires se fût ouvert du côté de la cavité ventriculaire, le pus ne serait pas tout d’abord tombé dans la massé sanguine; il aurait été arrêté par cette sorte de membrane qui formait une seconde paroi doublant intérieurement l’endocarde. Le sac anévrysmal était donc préparé en quelque sorte avant que l’anévrysme lui-même fût constitué. Il n’est pas sans intérêt de constater ce processus qui jette un certain jour sur la genèse des anévrysmes du cœur. Dans ce cas, loin que ce soit, comme le dit Lebert, l’anévrysme du cœur qui conduise à la cardite suppurée, c’est, au contraire* la suppuration du cœur qui marchait vers l’anévrysme.
MEMENTO BIBLIOGRAPHIQUE
Fbagments d’ophthalmologie, par M. le docteur Fieuzal, médecin en chef de l’hospice des Quinze-Vingts. Paris, Adrien Delahaye et Ge ; 1879; in-8°. ;
Sous ce litre modeste, M. le docteur Fieuzal a réuni les observations des maladies oculaires et des opérations faites à l’hospice des Qüinze-Vingts pendant les années 1875* 1876 et 1877. Le plus grand mérite de cette publication est, d’après nous, de présenter la statistique intégrale de tous les cas d’ophthalmologie qui se sont présentés à la clinique de M. Fieuzal. Le grand défaut des statistiques, en général, est de ne s’appuyer que sur un certain nombre de faits, de choisir de préférence les succès, de laisser dans l’ombre les revers, et par suite, de donner des résultats éminemment erronés et trompeurs. M. Fieuzal a compris que le seul moyen de servir la science à laquelle il s’est consacré était de tout dire, et il à mis sur le même plan les succès et les insuccès, cherchant à expliquer ceux-ci sans déprécier ceux-là, bien entendu, et ajoutant à la relation pure et simple du fait des commentaires qui en font ressortir les parti- . cularités intéressantes, de façon à en, tirer lé meilleur parti possible.
Pour donner une idée de l’excellence de la méthode de classification de l’auteur, il me suffira de dire qu’il a multiplié autant que possible les cases de son cadre, mettant dans eha-
« .profit de la caisse de la Société amicale, dans les salons du Ministère de la guerre , ruè « Saiht-Dominîque, n° 14, le samedi 22 février 1879, à 9 heures 1/2.
« La présente invitation étant rigoureusement personnelle, cette carte 1 devra être remise en entrant. — Prix : 10 francs.
« De la part de M. , ancien élève de l’École polytechnique. »
Cé:bal a été magnifique et la recette splendidê.
ConClurai-je? Je m’en garderai bien. La communication de mon aimable confrère, et dont je le remercie, me permet à peine d’espérer que ceux qui président au fonctionnement de nôtre belle institution de secours et de prévoyance, comprendront qu’à côté et én dehors de totit Ce qui a été fait jusqu’ici, il y a peut-être quelque chose de plus à faire et à tenter.
Cette Caisse de pensions viagères d’assistance si savamment organisée, si intelligemment dirigée par notre trésorier M. Brun, a été dès les premiers jours l’objet des sollicitudes et des espérances de ceux qui en avaient compris l’avenir et la portée. En prèuve, je citerai ce passage d’un rapport fait à une des séances annuelles de l’Association .par le secrétaire général, qui ne me grondera pas, je l’espère, de le reproduire ici :
« Dès la première de nos Assemblées générales, devançant le temps et l’espace, je cherchais à deviner notre Œuvre dans ses perspectives lointaines. Le tableau que je traçai alors, èt cela malgré les pronostics les plus décourageants, malgré les tristes paroles qui retentissent toujours aux oreilles de tout initiateur ou propagateur d’idées nouvelles, — impossible , utopie, illusion; — ce tableau, Dieu me fait la grâce d’en voir la réalisation graduelle. Je vois encore le mélancolique sourire de notre président Rayer; j’entends encore sa voix émue me dire : — Oui, donnons tous notre cœur à la fondation de nos pensions viagères; c’est l’avenir
cune d’elles une des variétés de la maladie principale, variétés déterminées soit par une complication locale, soit par un vice de la constitution générale, dont, par parenthèse, l’influence sur les affections oculaires est considérable, montrant ainsi que la meilleure manière d’étudier les causes des insuocès et de les éviter, était de faire l’analyse minutieuse de tous les faits soumis à son observation.
L’étude clinique de M. Fieuzal est précédée de quelques considérations sur le but et la destination de l’hospice des Quinze-Vingts, les conditions d’admission, les avantages dont jouissent les aveugles internes et externes. Puis vient l’énumération des maladies soignées et des opérations pratiquées par l’auteur. Dans le premier groupe, celui des maladies, M. Fieuzal expose le mode de traitement qu’il a adopté en dernier lieu, et les résultats obtenus dans les affections des voies lacrymales, des paupières, de la conjonctive, de la cornée, de l’iris, du corps ciliaire, de la choroïde, du cristallin, de la rétine et du nerf optique, des nerfs et des muscles de l’œil, de la sclérotique, de l’orbite, enfin les vices de réfraction statique et dynamique. Ce sont autant de chapitres. Dans le second groupe se trouve l’énumération des opérations pratiquées pour remédier à ces différentes maladies.
On ne s’attend pas, évidemment, à trouver dans ce livre l’histoire des 9,500 malades que M. Fieuzal a traités pendant les trois années 1875-i876-1877. La plupart des faits rapportés relatent les insuccès qu’il a enregistrés, ce qui, si l’on compare ce livre à la majorité des publications de ce genre, est la preuve la plus convaincante de la bonne foi qui a présidé à sa rédaction.
Nous ne pouvons donc que recommander les Fragments d'ophthalmologie de M. Fieuzal à tous ceux qui sont à la recherche d’observations bien prises, détaillées, et démonstratives.
H. Petit.
De l’arthritisme et de son traitement par le pin mügho, par le docteur A. Bonnefond.
Nous avons lu avec plaisir cette monographie du docteur A. Bonnefond sur l’action thérapeutique des préparations du pin mugho dans les différentes manifestations de l’arthritisme. Faite sur 22 malades dont les observations sont prises avec beaucoup de détail, son expérimentation lui a donné d’excellents résultats, et nous ne pouvons qu’engager nos confrères à suivre la voie tracée par ce médecin. — Ch. V.
ACADÉMIES ET SOCIÉTÉS SAVANTES
ACADÉMIE DES SCIENCES
Séance du 3 mars 1879. — Présidence de M. Daubrée.
M. Stéphan, récemment élu correspondant, adresse à l’Académie une lettre de remercîments.
de l’Association; je n’en verrai pas le fonctionnement, mais j’en prévois toute la fécondité...
« Si quelques traits de ce tableau restent encore dans l’ombre, d’autres s’éclaircissent tous les jours; quelques-uns enfin sont aujourd’hui en pleine lumière. Ainsi, les contradictions se sont tues, les oppositions se sont éteintes, les préjugés se sont dissipés... Au milieu des agitations et des divisions qui perturbent si profondément la Société, notre Association donne ce grand et salutaire exemple de l’union parfaite pour le bien. Elle ne demande à ses membres ni leur politique, ni leur philosophie, ni leurs tendances, ni leurs aspirations, elle ne leur demande qu’un cœur compatissant aux infortunes de leurs frères, qu’une prudente prévision pour leurs compagnes et leurs enfants. Elle n’a pas fastueusement inscrit sur son frontispice la grande devise républicaine; mais elle la pratique dans ses plus humaines exigences: Liberté pour tous d’être bienfaisants et prévoyants; Égalité pour tous de participer aux avantages de l’Œuvre ; Fraternité pour tous sous les formes efficaces et protectrices. »
Le Corps médical belge possède aussi une Caisse de pensions, mais qui diffère complètement de la nôtre. D’abord, trois professions y participeront, médecins, vétérinaires, pharmaciens^ Puis la cotisation annuelle est infiniment plus élevée et s’élève en proportion de l’âge, ce qui assimile cette institution à une véritable caisse d’assurance sur la vie. Il nous eût été impossible, en France, de procéder de la sorte. Demandez aux honorables trésoriers de nos Sociétés locales s’il est toujours et partout facile de percevoir la modique cotisation de 12 fr. Ah! s’il leur fallait demander 50 fr. jusqu’à h 0 ans, et 100 fr. passé cet âge, je mets en fait qu’on ne trouverait pas un seul confrère qui voulût remplir les fonctions de trésorier.
Ne touchons pas, de grâce, à ces dispositions statutaires. Je ne dis pas qu’elles sont imr muables et éternelles. Tout ce que je veux dire, c’est que toute modification sur ce point serait difficile et mêmt périlleuse. Restons encore ce que nous sommes; « le mieux est l’en-
M. Forêt envoie la relation du cyclone qui a ravagé une partie de la Suisse le 20 février dernier. Le vent du sud-ouest soufflait depuis le 16 ; il se fit une accalmie, puis, tout à coup, l’ouragan se déchaîna avec une violence extraordinaire sur une zone de 15 à 16 kilomètres de large, et qui s’étendait de Genève à Berne, en passant par Lausanne et Fribourg. A Genève, les cheminées furent enlevées, les toits endommagés, et les dégâts de toutes sortes furent considérables. Une véritable tempête souleva les flots du lac et détruisit un grand nombre de barques de pêcheurs; plus loin, des arbres et même des forêts entières furent renversés sous l’effort de l’ouragan. Des deux côtés de la zone parcourue par le vent, le calme ne cessa de régner. La vitesse de translation, évaluée au moyen de la notation de l’heure où commença la tempête dans les différentes villes situées sur son passage est, en moyenne, de lû mètres à la seconde. Mais cette vitesse de translation ne doit pas être confondue avec la vitesse du cyclone lui-même, c’est-à-dire sur lui-même.
M. Béchamp adresse une note relative à l’influence de l’oxygène sur la fermentation alcoolique de la levure de bière.
M. Delaurier, l’indication succincte de l’utilisation possible de la force des vagues, c’est-àdire de la transformation de cette force perdue en force motrice.
M. Lasserre croit que l’on peut détruire complètement le phylloxéra en coupant les branches de la vigne sur lesquelles sont déposés les œufs reproducteurs; — et M. Leprêtre vante l’emploi de la chaux pour arriver au même résultat.
M. Arronshon recommande un moyen extrêmement simple pour s’assurer si la mort est réelle ou seulement apparente. Il suffirait, selon cet honorable correspondant, de piquer la peau avec une épingle. Dans le cas de mort apparente, il paraîtra une gouttelette de sang; dans le cas de mort réelle, il ne paraîtra rien. Nos lecteurs se chargeront sans doute de faire, à cet égard, toutes les réserves que cette assertion comporte.
M. Gaston Planté réclame l’ouverture d’un pli cacheté déposé par lui le 11 juin 1877, et qui concerne la théorie des courants électriques à haute pression, et l’analogie des effets qui en résultent avec quelques phénomènes naturels.
M. Hippolyte Hermite, frère du savant mathématicien, membre de l’Académie, adresse un travail sur l’unité des forces géologiques, dans lequel il conteste la fluidité primitive de la planète.
M. le docteur Garrigou envoie un mémoire sur la marche générale qu’il convient de suivre dans les analyses d’eaux minérales.
M. Jamin présente, au nom de M. Gh. Vogt, de Genève, quelques remarques relatives au verglas qui a fait cet hiver, à Fontainebleau et dans plusieurs autres forêts, tant de ravages. M. Vogt rappelle qu’il y a treize ans, en 1866, un verglas semblable fut constaté à Genève. La pluie se congelait immédiatement en touchant les objets sur lesquels elle tombait; sur les vêtements, sur le visage et les mains, où elle donnait lieu à une sensation de brûlure; sur les parapluies qu’on ne pouvait refermer, et dont, souvent, la soie se trouvait
nemi du bien », dit un vieux proverbe; tâchons d’améliorer et d’augmenter notre Caisse des pensions, mais que ce soit par des moyens tout autres que l’augmentation de la cotisation.
Je ne le sais pas, mais je suis sûr d’être d’accord sur ce point avec l’habile et prudent trésorier de l’Association.
Dr Simplick.
Conseil municipal de Paris (Séance du h mars 1879). — M. le préfet de la Seine donne communication au Conseil d’un arrêté qu’il vient de prendre et qui a été approuvé par M. le ministre de l’intérieur. Cet arrêté a pour but : 1* de décider que les médecins chargés du service des aliénés dans les quartiers des hospice de Bicêtre et de la Salpêtrière seront nommés désormais par la voie du concours; 2° d’arrêter les conditions et le programme de ce concours ; 3“ enfin de régler la situation des médecins aliénistes par rapport au rang qu’ils doivent occuper dans le Corps médical des hôpitaux.
M. Bourneville signale à l’administration un article de journal qui allègue que, pour échapper à une épidémie variolique qui s’est déclarée à l’hôpital Laënnec (hôpital Temporaire), les infirmiers laïques ont déserté leur poste et abandonné les malades.
M. le directeur de l’Assistance publique répond que le fait avancé par le journal est entièrement controuvé.
M. le directeur proteste contre des allégations pareilles, s’appliquant à un personnel dont la conduite s’est montrée digne d’éloges en toutes circonstances.
L’UNIOIN MÉDICALE.
coupée et détruite. Un tel phénomène est attribué à l’état de surfusion de l’eau de pluie. Cette eau est» au moment de sa chute» à une température de plusieurs degrés au-dessous de zéro et cependant liquide; mais le moindre choc détermine sa soudaine congélation.
M. Baland, dans une lettre relative au régime des eaux en Algérie» raconte que, pendant la saison des pluies, la rivière du Ghélif entraîne quelquefois des quantités de tôrre assez considérables peur couvrir une étendue de 300 hectares d’un, dépôt de 1 mètre de hauteur. Lès moindres ruisseaux, en ce pays, se changent ainsi, dans l’espace de quelques heures, en fleuves torrentueux d’un volume et d’une puissance extraordinaires.
M. Trécul répond à M. Van Thiegem, à propos de la formation des amylobactéries.
M. Pasteur, de la part de M. Cerf, employé à l’administratiott des finances, dépose sur le bureau une collection d’infusoires conservés, et un mémoire dans lequel sont décrits minutieusement les procédés employés par l’auteur pour obtenir cette conservation. Les infusoires, recueillis sur une lame de verre, sont exposés pendant vingt ou trente minutes aux vapeurs de l’acide osmique dilué dans 98 p. 100 d’eau. Ils sont tués rapidement» mais sans aucune altération de leurs formes, et peuvent être, ensuite, conservés indéfiniment.
M. l’amiral Mouchez annonoe la découverte d’une nouvelle planète à l’observatoire de Marseille.
M. Ch. Robin dépose sur le bureau, de la part de M. le docteur Aug. Voisin, un volume intitulé : Recherches sur la ■paralysie générale des aliénés. (Renvoyé à la commission des prix Montyon.)
M. Alphonse Milne-Edwards lit un mémoire sur les membranes fœtales du tapir.
A quatre heures vingt minutes, la séance est levée.
— La séance publique annuelle de l’Académie des sciences aura lieu le lundi 10 mars 1879, sous la présidence de M. Fizeau.
Les lectures auront lieu dans l’ordre suivant :
1° Proclamation des prix décernés pour 1878 et de sujets de prix proposés pour les années suivantes ;
2° Eloge historique de M. Antoine-Jérôme Balard, membre de l’Académie; par M. J. -B. Dumas, secrétaire perpétuel ;
3“ Eloge historique de M. Urbain- Jean-Joseph Le Verrier, membre de l’Académie; par M. J. Bertrand, secrétaire perpétuel. — M. L.
SOCIÉTÉ DE CHIRURGIE
Séance du 12 février 1879. — Présidence de M. Tarnier.
Sommaire. — Rapport. *— Mémoire sur la valeur comparative de la méthode antiseptique par l’acide phénique et par l’alcool.
M. Lucas-Championnière lit un rapport sur un travail adressé par M. le docteur Gross, professeur agrégé de la Faculté de Nancy, et dans lequel l’auteur fait connaître les résultats qu’il a obtenus par l’application du pansement de Lister au traitement des plaies d’amputation. M. Gross conclut de ses recherches que ce pansement est celui qui donne les meilleurs résultats dans le pansement de ces plaies. Depuis trois ans, sous l’influence de cette méthode, toutes les tentatives de réunion qu’il a faites lui ont réussi, sauf dans deux ou trois cas, et cela sans prendre les soins minutieux qui paraissent à beaucoup de chirurgiens absolument indispensables pour le succès dé la réunion. Suivant le chirurgien de Nancy, l’immobilité de la plaie est moins nécessaire, à ce point de vue, sous le pansement de Lister que sous les autres pansements.
M. Maurice Perrin lit un travail intitulé : Mémoire sur la valeur comparative de la né* thôde antiseptique par l'acide phénique et par l’alcool.
La méthode antiseptique étant plus que jamais à l’ordre du jôur, et cette méthode paraissant être généralement confondue avec le pansement de Lister, il a semblé utile h M. Perrin de réagir contre l’entraînement qui porte la presque universalité des chirurgiens à considérer le pansement de Lister comme la meilleure formule du pansement antiseptique. A son avis, nous avons en France depuis longtemps, avant Lister, une méthode antiseptique probablement meilleure, mais certainement plus simple, plus pratique que le pansement de Lister.
Depuis longtemps M. Perrin est partisan des doctrines de M. Pasteur, mais il en déduitdes applications différentes de celles de Lister. Suivant lui, dans tout phénomène d’altération putride plus ou moins analogue aux phénomènes de fermentation, il faut deux éléments : le germe d abord, et puis un terrain propre à la culture. M. Lister n’a en vue que le germe;
il ne s’occupe pas du terrain, et c’est en cela, d’après M. Perrin, que sa méthode est défectueuse. Le pansement de Lister ne diffère des autres pansements par la réunion mixte que par plus de précautions dont l’auteur s’entoure pour défendre la plaie contre l’accès des germes atmosphériques. Il s’agit donc de savoir si ces précautions sont efficaces. A cet effet, M. Perrin a institué au Val-de-Grâce, avec son collègue, M. Marty, professeur de chimie* des expériences dans le but de savoir si les pulvérisations phéniquée» tuent les germes de l’air.
Us ont choisi, comme liquides de culture, la décoction d’orge, l’urine, le lait, le sang. Ile ont constaté d’abord qu’il n’existait dans ces liquides aucun microzoaire. De ces liquides, deux parts ont été faites : l’une a été placée sous une cloche contenant de l’air emprunté à une salle de chirurgie ou introduite dans un ballon rempli d’air pris dans la même salle; l’autre a été placée sous Une cloche ôu introduite dans tin ballon contenant de farr phénlqtié.
Les expérimentateurs se sont servis, pour répandre les vapeurs phéniquée», du pulvérisateur recommandé par M. LucaS-ChampiOnnière. Ils l’ont fait fonctionner avant et pendant toute ia durée de la manipulation, comme s’il s'était agi de faire Cè que l’on appelle V atmosphère opératoire.
Les liquides ont été examinés à deux reprises avec tes résultats suivants :
Ecôamen au troisième jour .
1° La décoction d’orge abandonnée à l’air fourmille de bactéries;
2° Là décoction d’orge placée dans un balldn, au contact de l’air déâ salles, est trouble ; elfe renferme un très-grand nombre dè bactéries, petites et trës-Vivacés ;
3° La décoction, placée dans les mêmes conditions et phéniqtiéë, a lé mêtaé âSpfeCt trouble; elle renferme autant de bactéries ;
4° Le lait conservé sous une cloche, dans une atmosphère phéniquée, est couvert fPune pellicule jaune orangée ; il exhale une odeur fétide et renferme une grande quantité de bactéries très-vivacès, moins grandes qué celles de la décoction d’orgé ; on y trouvé aussi une grande quantité de monades vivantes;
5° L’urine, placée dans les mêmes conditions, est fétide, sans dépôt, légèrement alcaline, sans bactéries.
Ünè autre portion des mêmes liquides est examinée au douzième jour, avec les résultats suivants:
1° La décoction d’orge, laissée a l’air libre, est trouble et remplie dé bactéries mortes ;
2° La décoction ensemencée avec l’âir de la salle ne Contient aucun organisme ;
3° Par un singulier hasard, la décoction ensemencée et phéniquée, contient une grande quantité de monades vivantes ; pas de bactéries ;
4° Le sang, conservé dans ühé atmosphère phéniquée , forme un Coagtiltim assez considérable ; il a une odeur fétide ; il ne renferme ni bactéries, ni autre organisme, mais seulement une grande quantité de corps moléculaires animés de mouvement ;
5° L’urine ensemencée dans un ballon avec l’air de la salle est claire, non fétide, sans organismes;
6° L’urine ensemencée dans un ballon et phéniquée, est trouble, sans odeur ; elle forme un * dépôt blanchâtre au fond et renferme un certain nombre de monades accolées entre elles;
7° L’urine ensemencée sobs cloche est fétide, ammoniacale; elle forme un dépôt ; elle ne renferme pas de bactéries, mais beaucoup de monades ;
8° L’urine ensemencée et phéniquée est fétide, ammoniacale ; ellë formé un dépôt ; elle ne renferme pas de bactéries, mais des monades.
Pour plus de garantie, les mêmes expériences, faites une première fois au mois de janvier 1878, ont été recommencées le 23 novembre, en prenant le soin de conserver les liquides dans une pièce ayant, nuit et jour, la température des salles de malades.
Voici quel fut le résultat de l’examen fait au cinquième jôùr :
1° La décoction d’orge laissée à l’air libre, dans un vase de verre, est louche; elle renferme une grande quantité de bactéries et de monades sans mouvement ;
2° La décoction d’orge taise sous la cloche, contenant dé l’air de la salle, est restée limpide; elle renferme une grande quantité de bactéries vivantes;
3° La décoction d’orge mise sous cloche, contenant le même air chargé d’acide phéniqüê, est limpide ; elle renferme une grande quantité de bactéries vivantes et de monades qui se meuvent avec rapidité ;
4° Le sang, mis sous la cloche contenant l’air de la salle, forme Un petit caillot qui tiâge dans un sérum abondant ; il n’a pas d’odeur appréciable ; il est alcalin ; il contient une grande quantité de bactéries, beaucoup plus petites qüe les précédentes, et dont la plupart sont mortes ;
5° Le sang sous la cloche, contenant le même air chargé d’acide phénique, a une odeur de putréfaction très-prononcée ; il est alcalin ; il ne contient pas de bactéries, mais bien une grande quantité de monades et de vibrions vivants;
6° L’urine mise sous la cloche, contenant de l’air de la salle, est restée claire et sans dépôt; elle est légèrement acide; elle contient une grande quantité de bactéries plus grandes que celles du sang, et vivantes pour la plupapt.
T L’urine mise sous la cloche, contenant de l’air phéniqué, est trouble, un peu fétide, légèrement acide; elle contient une grande quantité de bactéries, les unes vivantes, les autres mortes, et de nombreuses monades, toutes vivantes.
Les expériences précédentes démontrent, suivant M. Perrin, que les pulvérisations d’acide phénique n’exercent aucune influence sur l’évolution des germes atmosphériques au sein des liquides de culture et sur les phénomènes de putréfaction qui en sont la conséquence.
L’alcool paraît à M. Perrin de beaucoup préférable à l’acide phénique pour le pansement des plaies; car il agit, lui, sur le terrain, c’est-à-dire sur la plaie; il rend imputrescibles les liquides albumineux; il possède un pouvoir coagulant considérable; il représente un excellent hémostatique contre les hémorrhagies des vaisseaux de petit calibre; enfin, il mouille rapidement le coton et il pénètre dans la trame des tissus sans exercer sur eux l’action irritante de l’acide phénique, action assez nocive pour que M. Lister lui-même ait jugé indispensable d’en préserver la plaie par une pièce de pansement qu’il appelle la protective ; action reconnue également par MM. Langenbeck, Holmes, Volkmann lui-même, un des fanatiques du pansement listérien, M. Léon Le Fort, etc., qui l’accusent de produire l’érythème et l’érysipèle autour des plaies pansées avec l’acide phénique.
Depuis l’époque à laquelle MM. Chedevergne et Gaugélac ont fait connaître les beaux résultats obtenus, dans le service de Nélaton, par le pansement avec l’alcool, M. Perrin n’a pas cessé d’en faire usage chez les opérés et les blessés, et il n’a pas rencontré un seul exemple d’érysipèle ni d’érythème. Il emploie l’alcool, additionné de son volume d’eau; car, sous cette forme, il n’est pas douloureux, en général, et n’empêche nullement le développement des bourgeons charnus.
Comparant entre elles les diverses statistiques des résultats obtenus par le pansement de Lister et par le pansement à l’alcool, dans le traitement des plaies d’opérations, M. Perrin juge qu’elles sont insuffisantes pour établir la supériorité d’une méthode antiseptique sur l’autre, mais il croit pouvoir affirmer que l’une et l’autre réalisent un grand progrès.
- Dans la chirurgie conservatrice et, en particulier, dans la chirurgie d’armée, l’alcool est encore, suivant M. Perrin, l’agent par excellence, à cause de son pouvoir hémostatique, de sa volatilité, de la facililé et de la rapidité avec lesquelles il imprègne les tissus, de sa propriété bien connue de coaguler les produits albumineux et d’arrêter toute fermentation; enfin, de son faible pouvoir escharotique.
Dans les plaies contuses, fractures compliquées, coups de. feu, M. Perrin substitue au pansement par l’alcool les injections et les irrigations alcooliques, qui représentent, pour lui, le traitement antiseptique le plus simple et le plus sûr mis au service de la chirurgie conservatrice; mais il remplace les irrigations par le pansement dès que la plaie est nettoyée et bourgeonnante.
M. Perrin emploie le pansement à l’alcool de deux manières : les plaies chirurgicales sont toutes traitées de la même façon. Aussitôt l’opération terminée, et le patient étant encore sous l’influence de l’anesthésie, la surface sanglante est imprégnée d’alcool à 90‘ à l’aide d’un tampon d’ouate, jusqu’à ce que toute la plaie ait pris une teinte brune uniforme. Un gros tube à drainage est placé au fond de cette dernière lorsqu’on ne peut espérer une réunion immédiate; les lèvres de la plaie sont ensuite exactement affrontées et réunies par un ou deux plans de sutures, selon les cas particuliers. Le tout, recouvert de deux ou trois couches d’ouate imprégnées d’alcool, est enveloppé d’une feuille de taffetas gommé, qui est maintenue en place par deux bracelets de caoutchouc.
Dans les plaies qui comportent le drain, on pratique une irrigation lente, mais continue, à travers le tube pendant trois ou quatre jours, ou bien on fait des injections, deux ou quatre lois par jour, avec l’irrigateür.
Le pansement est renouvelé chaque fois que cela est utile, une fois par jour le plus souvent. Le tube à drainage est enlevé vers le huitième jour, et les sutures de fil de lin ou de fil métallique peuvent être conservées le même espace de temps, vu le peu de réaction, de tuméfaction et de tension des tissus.
Dans le cas de plaies accidentelles simples, exemptes de contusion, n’intéressant pas le tissu osseux, le même mode de pansement est applicable. Dans le cas contraire, il faut avoir recours iiux irrigations alcooliques continuées sans relâche depuis le début du traitement jusqu’à l’ap-
parition du bourgeonnement, à l’aide d’un appareil approprié, le membre étant immobilisé dans une gouttière métallique.
La discussion de l’intéressante communication de M. Perrin est renvoyée à la prochaine séance.
— M. le docteur Pozzi lit deux observations d’opération d’ovariotomie.
— M. Berger présente un malade atteint d’épithélioma ulcéré de la langue, enté sur des
accidents de syphilis tertiaire. Dr A. Tartivel.
FORMULAIRE
Traitement de l’obstruction intestinale. — N. Kerr.
Dans cinq cas d’obstruction intestinale des plus graves, caractérisés par l’absence de selles depuis 7, 8, 12 et 13 jours, et par des vomissements de matières stercorales, le ventre était ballonné, douloureux, et la mort paraissait imminente. Après avoir échoué avec les purgatifs divers conseillés en pareil cas, le docteur Kerr eut recours, en désespoir de cause, à l’extrait de belladone, administré à la dose de 0gr 06 à 0gr 12 cent, (un à deux grains), chaque heure, et dans les cinq cas, ce traitement fut couronné de succès. — Le premier malade ingéra 0gr 96 cent, (seize grains) d’extrait de belladone en 8 heures; le second, 0 gr 72 cent, (douze grains) en 6 heures ; le troisième, 0 gr 84 cent, (quatorze grains), en 7 heures ; le quatrième et le cinquième, 0 g1 54 cent, (neuf grains), en 9 heures.— Les moyens accessoires employés furent des lavements d’eau chaude et de bouillon, des fomentations opiacées chaudes sur le ventre. On administra des morceaux de glace, pour calmer la soif et les vomissements, et dans un cas, 60 grammes de vin de Porto, avant la belladone. — N. G.
Éphémérldes Médicales. — 8 Mars 1809.
Gall, Spurzheim, Demangeon, L. Macartan, Vincent, Nauche et Marie de Saint-Ursin pratiquent l’autopsie du fameux aéronaute Blanchard, mort apoplectique, rue Cassette, n* 20. On en trouvera les détails dans la Gazette de santé du 21 mars 1809. — A. Ch.
COURRIER
Légion d’honneur. — Par décret du Président de la République, en date du 4 mars 1879, rendu sur la proposition du vice-amiral, ministre de la marine et des colonies, et vu la déclaration du Conseil de l’ordue national de la Légion d’honneur, M. Ballay (Noël-Eugène), aide-médecin auxiliaire de la marine; 3 ans 1/2 de services, dont trois à la mer. Services exceptionnels. Exploralion dans l’intérieur de l’Afrique occidentale, a été nommé chevalier de la Légion d’honneur.
— Par décret en date du 4 mars 1879, rendu sur la proposition du président du conseil, ministre des affaires étrangères, M. le docteur du Defaix (Jean-Marie), médecin français résidant à Santiago de Cuba. Services exceptionnels. Pendant 17 années de séjour dans l’île de Cuba a fait preuve d’abnégation et de dévouement durant les épidémies de fièvre jaune et du choléra; a rendu des services signalés pendant l’insurrection cubaine, a été nommé chevalier de la Légion d’honneur.
Nécrologie. — Mercredi matin, 5 mars, ont eu lieu les obsèques, ou plutôt le service funèbre de M. Jacques Abbadie-Tourné, ce jeune interne de l’hôpital des Enfants, qui a succombé, en quelques jours, aux atteintes d’un croup contracté dans le service de M. Labric, au chevet d’un enfant affecté de la même maladie. Le service religieux a été célébré dans la chapelle de l’hôpital, où se trouvaient réunis tous les internes des hôpitaux, tous les anciens chefs de service du défunt et M. le doyen de la Faculté de médecine , qui tous avaient tenu à honneur de donner un dernier témoignage d’estime et de regrets à cette noble victime du dévouement à la science et du devoir professionnel.
Deux discours ont été prononcés, l’un par M. le docteur Labric, chef du service auquel appartenait Jacques Abbadie, et l’autre par un interne de l’hôpital des Enfants. Après la cérémonie, le corps a été transporté en province, dans le lieu de naissance de Jacques Abbadie- Tourné, ou les obsèques doivent être célébrées.
Encore un nom à graver sur le glorieux martyrologe de notre profession, avec cette inscription commémorative : Mort au champ d’honneur!
— Qe annonce la mort, au Sénégal, du chirurgien de 1" classe Mathis, à la suite de l’épidémie de fièvre jaune. M. Mathis avait été fait dernièrement chevalier de la Région d’honneur pour sa belle conduite pendant l’épidémie,
La peste en Russie. — Les médecins envoyés par la France pour étudier l’épidémie de la province d’ Astrakan sont arrivés avant-hier à Saint-Pétersbourg. Le docteur Zubert, professeur à l’École de médecine militaire du Val-de-Grâce, et le chirurgien-major Emile Lallemant, du k‘ régiment d’infanterie de ligne, devaient partir le soir pour le théâtre de l’épidémie.
La diphthérite en Russie. — La Gazette médicale russe consacre aujourd’hui un long article à l’étude d’une maladie qui effraye beaucoup moins que l’épidémie d’Astrakan et qui n’en fait pourtant pas moins de nombreuses victimes.
qptté maladie est la diphthérite, dont les ravages sont surtout terribles dans les campagnes, où elle enjèye en très-peu de temps presque tous les enfants d’un village,
Ainsi, comme, l’ont contacté plusieurs correspondances de province, le village de Kaplounoylio (province de Kharkow) a perdu cinquante enfants du 10 au 28 décembre .dernier ; un autre Village, celui de Pakhojuoyka, s’est vu enlever par cette maladie, en janyier, plus dp deux çents enfents, sans compter les adultes, Dans les environs, de ce dernier village un petit bourg a eu plus de cent personnes emportées dans le même espace de temps. Dans )a province de, Tçhernigow, la diphthérite a fait aussi de nombreux rayage? dans plus d’un village. Le district de Marioupol entre autres en est arrivé à ^ypir par jour de sept à neuf décès causés par cette maladie. A Stavropol, elle a tellement pris racine que, d’après le correspondant du Caucase, le nom d’épidémie ne lui convient plus. A Kischinew, dans les environs de Poltava, de Kiew, d’Odessa, d’Erjyan, etc. , la mortalité des. enfants est grande, et la plupart du temps elle provient de la diphthérite,
La Gazette médicale s’appuie sur des chiffres donnés par unç.. personne qui en a fait l’objet d’un rapport au zemstvo, pour constater que la diphthérite sévît dépuis 1875 dans le district de Mirgorpd (province dç P.oltava), eu sautant d’un village à l’autre et en augmentant d’inteusité d’année en année, Depuis son apparition dans le district de Mifgorod jdsqù’aù mois de décembre 1878, ce district a çu l/i,598 personnes atteintes de la diphthérite, dont 6,224 ont succombé. Par rapport à la population entière du distriel, le nombre des malades de la diphthérite est de 12 p. 10b et celui des décès causés par cette maladie de 5 1/2 p. 100.
Ces chiffres sont assez éloquents pour qu’on puisse attribuer à cette maladie un caractère réellement épidémique, qui a probablement sa source dans les conditions hygiéniques défavorables où jse troqvfi la population. Un hygiéniste, le docteur Erismann, démontre dans ses ouvrages que « les mesurés hygiéniques, pour être utiles, doivent marcher de pair avec ramélioratioi) des conditions économiques de la population. » Telle' est aussi l’opinion de tous ceux qui s’occupent d’hygiène en Europe. II est très-important aussi que l’on prenne dans lés localités oij sévit la diphthérite des mesures sanitaires, telles que la désinfection des habitations, f isolement des malades, l’augmentation du nombre des médecins, l’élection de commissions sanitaires, etc. Le zemstvo de Mirgorod a commencé, paraît-il, à les appliquer; mais cela ne suffit pas, et il serait bon qu’elles fussent prises avec énergie dans toutes les contrées où la diphthérite a fait son apparition, avant que celle maladie n’aüeigne la violence d’une épidémie.
.Société de médecine légale. — Séance du lundi 10 mars 1879 , à 3 heures précise?, au Palais de Justice (salle d’audiences de la 5e Chambre du Tribunal civil).
Ordre du jour : I. Analyse des travaux de M. le docteur Ziinoo, de Messine, par M. Motet. — IL Rapport de M. Blanche sur un cas de validation de testament. Rapport de M. Polaillon sur un cas de meurtre. — Rapport de M. Legroux sur l’examen médico-légal d’un cadavre découvert aux environs de Coïmbre. — Hf. Sur les voleuses dans les magasins, par M. Legrand du Saulle. — Communication de M. Brouardel sur le même sujet.
SpcifiFÉ de médecine pis Paris. — Séance du samedi 8 mars 1879 (local de la Société de chirurgie), rue de l’Abbaye, à' 3 heures 1/2 très-précises.
Ordre du jour ; 1° Des accidents de la digitale, par M. Duroziez. — 2° Observation de plaie pénétrante de l’abdomen, par M. Polaillon. , — 3° Influence pathologique sur les centres nerveux des impressions périphérique? des membres inférieurs, par M. Onimus.
Le gérant, RicheLOT.
Paris. — Typographie Félix Ma*t6stb et Ce, me des Deux -Portes-Saint-Sauveur, 22.
L’UMON MÉDICALE Mardi 11 Mars 1879'
ENSEIGNEB/tEIÎT ' i ■ JrciV
DES FACULTÉS DE MÉDECINE NOUVELLEMENT CRÉÉES, ET EN P,ARTIÇUMfiB) PH FACULTÉ DE MÉDECINE DE .TOULOUSE (*). ,
- pii Je xui;f iqôii
A Monsieur le Professeur UAVAEEET
1 ; Inspecteur général des Facultés ët Écoles de médecine.
Bien ignorants des habitudes gouvernementales et administratives, seraient ceux, Monsieur l’inspecteur général, qui croiraient que l’octroi fait à Toulouse d’une institution aussi considérable qu’une Faculté de médecine, 1 ail ete sans çorigi,tions, s^ns. précautions.,, sans garanties. Npp, certes^et l’on^peut même dire que la prudence du gouvernement a été excessive. M. Thiers, sous l’Empire, ne réclamait que les libertés necessaires, toulouse jurait pu demander aufcsi qu’on p* exigeât d’elle que des promesses nécessaires. Le gouvernQmènt. a.. plp§r exigeant. Toulouse ne( s’en plaint pas,, et vpus allez voir .que, dans ses .engagements, elle a.pïé même plus Ibîq qùe ce qu’on ’lùi demandait. 1
Pardlversés 'délibérations du éonséiî municipal , dont je fl'ai ’^as bêsôln de ràppeler. la date, et dont vous trouverez le texte dans les archives du miliistère dé nhstfuètîon publique, vôus verrez què k ville de TbUloüsè s4&st 'éri^géë Jpbtk une période de douze années consécutives, toute délibération relative au renouvellement de ces engagements devant avoir lieu trois avant l’expiration de la période duodéeennale :
1° A fournir les bâtiments nécessaires à l’installation définitive de la Faculté de médecine, à approprier ces bâtimëhts àùk feéèd^è’!àe,^,1èiisiéî^éméfif Üt;'â'-iëè!
vbir: du mobilièr et deTd bibliothèque iUdispéuyabîêST '■ . . '" ll) 8r,{ .
pouiH-bîi4 afiriüeli'ériiéni à tôutds'lés' dépense^' dê ; rëbâi’àtiôn^ëi 1 d’ ëtitUetièJl des bâtiments et du mobilier ;
3d A Verser chaque anrtèé en fin d’exercice, sué seS res’sdurces ordinaires, dans les esti^eé du trésor, uhé sothlne égale â î’êxcédknt que les dépenses au cdittpte dé l’État, relatives au personnel et au matériel de renseignement, et de l’administration de ladite Faculté, présenteraient sur les recëttes faites par le Trésor. (Vous
(1) Suite. — Voyez I’Union Médicale du 4 mars.— '-- ■ - — — — „;^.lll ll ,
FEUILLETON
Léè "Médèëiiiè' soüs la Rèpübliqttë dë Vënise
4 )‘J LA MINIATURE , ET LES DIPLÔJlilES . .'.
Pu xvc au xyic . sieclé jusqu4 à laf fin de la République, les Vénitiens faisaient üü fréquéût emploi de la miniature, dans les commissions ou brevets distribués suivant les besoins de l’État. Les commissions éjaient desfivres avec beaup parchemins èt récodVerts dé béllès réliures. Le premier feuillet était la page mîmaturee. La miniature, représentait le pefsontlage qui avait rèçu finyesfitürë,, à genoux , entouré 'dé sa iamille, devant la Vierge et sdn'patrôn,5 leur déntàn-î dant la protection dont il ava^ bes^n ppur remplir dignement lëë déVoirs dé: sa cliarëb. tèS attirés feuillets, 'êntoürës quelquefois' d’arabesques sur les margës, Bqrtdîgpt i’éii^ittèration dé ces mômes devoirs avec tout le détail nécessaire pour que les ortfiék' fuMfll bien comprlè, Âttjoüfé’kd,' les livrets' feont dépouillés. Quèlgjies-tibs ont été conservés dans- lëüf intégrité, niais ëù thès-petit tibrüLi*^* ^ qui ien resté, c’est je premier feuillet, éëlfii qui ! est illustré péé la bëdüté du ffoiii'$jjlJckli IdrSqif’imë main i n tell jgénte' est parVëndôâ lé sâuvën’ATi-dessué'dë la table où j’écris, j’ai l’une des pillé belles nlihîaliifeë jjùé j'aiè Viles. Lë'pëfsdhrîagé qùfë’ÿ trouvé représenté est à gëndiix.âûx pieds dë( lai Vierge, gui lüj roîffltfélsétf jilë'; ét deux peffits géniés RlacéS1 au bas du trêne retiennent1 deux Hons prêts à VMhéëë, té •iJâwt?,5 Hotte ét ëtfftlflM;