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AT

Jeudi 13 Mars 1879

BULLETIN

SUR LA SÉANCE DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE

Nos lecteurs trouveront, au compté rendu dè la séance, les réponses faites par une commission de l'Académie, ayant pour rapporteur M. Rôggiaïe, à une série de questions que M. le procureur de la République dé Reims avait adressées relativement à une préparation de chloral dite sirop de chloral de Foléy, dont l’emploi est •Si' répandu. Ôn devine SanS peine qüe lés questions de M. le procureur de la République de Reims portent sur lès inconvénients et les dangers possibles de l’ùsà|e de cette préparation délivrée parfois, par les pharmaciertS, sans ordonnance de médecin. L’ Académie a adopté à l'unanimité les conclusions du rapport de la commission, c'est-à-dire les réponses faites par M. Poggiale aux questions de M. le procureur de la République de Reims.

M. le docteur (lusco, candidat pour la section de médecine opératoire, a présenté ensuite un instrument dioptrique, destiné à l’étude de la faculté d’accommodation de l’œil, et a lu. une savante note à ce sujet.

La plus grande partie, déjà, séance a été remplie par un discours de M. Hervieux, sur la septicémie puerpérale, et par la réponse de M. Pasteur à. l’argumentation pressante ei nourrie de faits du médecin de la Maternité. 11 ’

M. Herviéüx a cheféRé à moiltrër, aVëé un grand luxé dé preuves, d’inductions et de . raisonpeçpent^ que la doctrine des gerpies, telle qu’elle est ; enseignée par l’école de M. Pasteur, ne cadre nullement avec les faits de l’observation qliniqueen ce qui eoncerne lci septicémie puerpérale, et que celle-ci s’explique , au contraire, ^’qne man%f bien plus satisfaisante tpar l’ancienne théorie du miasme puerpérplj, malgré le vague ou peut-être à cause du vague de .cette théorie. .

M. Pasteur, dans sa réponse, n’a pas cherché à dissimuler 'les, obscurités, les desiderata de la doctrine des germes appliquée aux faits de la pathologie humaine,, de la médecine, et de la chirurgie. 11 a, au contraire, avec une grande simplicité et urle. grande loyauté, mis dans tout leur jour, si l’on peut ainsi dire, les obscurités de la théorie, se bornant à demander pour celle-ci le respect dû à toute, conception doctrinale qui, appuyée sur des faits incontestables et sur l’analogie la plus rationnelle* cherche à embrasser dans tin même cadre d’explications scientifiques tout un ensemble de faits restés jusqu’à présent comme, des énigmes indéchiffrables.

FEUILLETON

NOTICE SUR LES THÈSES SOUTENUES DANS L’ANCIENNE FACULTÉ DE MÉDECINE DE PARIS

(Suite et tin. — Voir le numéro du 4 mars.)

30 mai 1703. Fagon vient encore présider à une thèse quodlibétaire soutenue par François Aignah. Le premier médecin du roi sè présente aux Écoles, reVêtu de la robe écarlate des coüfeeillërs d’Mtat. Il porte sur l’épaule l’épitoge , insigne de son titré de docteur en médecine; il est bientôt suivi du recteur de l’Université, des trois dôÿenS des Facultés dé théolO1- -gie, de droit et de médecine; quatorze huissiers Ouvrent la marche, accompagnés des procureurs des quatre Nations.

30 mars 1725. Chycoinèaü, premier médecin de Louis XIV, assiste à la thèse qui lui est dédiée par JeamLouis Le Thieullieiy président de Pacte. Lé Thiéullier fait décorer à ses frais les Écoles. La Faculté attache une si grande importance à l’acte qui va se passer, que, quatre jours auparavant (2& mars), elle délibérait touchant le cérémonial à observer . Et voici ce qu’elle •arrêtait : > , ; ; ,

<* Lorsque l’apchiâtre sé présentera rué de la Bùcherie, les bachèlièts iront au devant dè lui; il sera introduit par le doyen dans la salle de la présidence* et- on lui ménagera uri fauteuil particulier placé dans le lieu réservé au comte des archiâtres. »

De plus, comme rârtüéè' pfêcédéütè, le premier médecin du roi avait réçtj à sa table somptueuse les docteurs qui étaient venus le complimenter, à Versailles, à l'occasion de sa nùu- Tome XXVII. — Troisième série. 38

Et cependant, c’est surtout dans l’étude des questions concernant l’origine et la préservation des maladies infectieuses que se pose l’alternative redoutable du sphinx antique : « Devine ou meurs! » C’est de la solution de ces graves problèmes de pathologie que dépendent, en effet, en grande partie, non-seulement la richesse, mais encore la santé et la vie de populations entières ruinées depuis des siècles par des épizooties, décimées par des épidémies meurtrières dont on n’a su jusqu’à présent ni pénétrer les causes ni trouver les remèdes.

Assurément, en se vouant avec courage et persévérance à l’étude de ces obscurs, difficiles et même dangereux problèmes, M. Pasteur mérite plus que le respect des médecins, il mérite encore leur sympathie pour sa tentative courageuse et son initiative hardie, en attendant, si son hypothèse venait à se réaliser et sa tentative à réussir, ce que nous lui souhaitons sincèrement, de mériter la légitime admiration et la juste reconnaissance dues aux grands initiateurs de la science et aux bienfaiteurs de l’humanité. A. T.

CHIRURGIE

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