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DES CAS DANS LESQUELS IL CONVIENT DE GUÉRIR LE8 GOURMES

Par le professeur Trousseau.

Traitement.

Ces points une fois établis, il me sera plus facile de traiter ce qui concerne la thérapeutique des gourmes.

Les excoriations superficielles que l’on observe derrière les oreilles des petits enfants, au pli des cuisses et dans les points où les bourrelets de la peau se rencontrent, se manifestent presque toujours par suite de l’incurie des parents, et, par conséquent, ne peuvent être considérées que comme le résultat d’une irritation locale, au même titre qu’une plaie faite par les cantharides ou par l’alcali volatil. Si ces accidents surviennent, comme c’est le plus ordinaire, chez des enfants gras et bien portants, il faut à tout prix les guérir, et les guérir le plus vite possible. J’ai supposé que, avant leur apparition, la santé était fort bonne, qu’elle reste la même depuis que l’irritation locale s’est manifestée; on comprend que je tiendrais un autre langage si, au contraire, une amélioration notable delà santé avait coïncidé avec les suppurations extérieures.

Dans beaucoup de cas, les soins de propreté suffisent seuls pour la guérison; les lotions chaudes, les bains savonneux, l’application de la poudre de lycopode ; quelquefois l’interposition d’un linge enduit de cérat ou d’huile d’olive, concourent à la prompte dessiccation des surfaces irritées ; on pourrait encore, si le mal était rebelle, user d’une pommade au précipité bianc : 1 gramme pour 10 grammes d’axonge ou de cérat de Galien. Bien souvent, pour guérir l’intertrigo qui occupe le derrière des oreilles, il suffit de serrer moins le bonnet des enfants, et d’empêcher, par un moyen quelconque, que la peau ne soit en contact avec elle-même.

L’impétigo, l’eczéma impétigineux, l’ecthyma, exigent un traitement particulier, dans leur forme aiguë. J’avoue que je regarde les deux premières comme étant souvent des affections éruptives, c’est-à-dire comme des pyrexies que je place à côte de la varicelle, de la variole, de la scarlatine, de la rougeole, de l’érythème

(i)' Suite. — Voir les numéros des 22 et 25 février.

FEUILLETON

CAUSERIES

M. Paul Bert a triomphé. Malgré l'opposition dé tous les députés compétents, c’est-à-dire de tous les médecins qui ont l’honneur de siéger à la Chambre des députés, et qui tous avaient signé l’amendement de M. Chevandier (de la Drôme) ; malgré un excellent discours de cét honorable député et l’intervention judicieuse dé MM. Cornil, Larrey et Liouville; malgré l’opposition formulée très-énergiquement par le Corps médical de l’Algérie et par les professeurs de l’École de médecine d’Alger, l’article du projet de loi de M. Paul Bert, qui dote notre colonie africaine d’un troisième ordre de praticiens, a été voté. On se rappelle sans doute que l’article 3 de cette loi sur l’enseignement supérieur en Algérie, est ainsi conçu : « Article 3. « L’École préparatoire de médecine et de pharmacie continue à jouir des mêmes droits que « les Écoles préparatoires du continent. Elle peut donner en outre des autorisations d'exercer « la médecine en territoire indigène', un arrêté du ministre de f instruction publique dèter- « minera les conditions dans lesquelles pourront être obtenues des autorisations, et des arrêtés « du gouverneur général délimiteront les circonscriptions d’exercice. »

C’est la partie de cèt article imprimé en italique dont l’amendement de M. Chevandier, soutenu par tous nos confrères de la Chambre, demandait la suppression.

Cette discussion a mis en relief des talents fort remarquables. M. Chevandier, M. Cornil, se sont bravement conduits. M. Larrey, qui ne s’attendait pas à prendre la parole,* a eu une improvisation heureuse. Nous regrettons seulement qu’aucun de nos honorables confrères ne se Tome XXVII. — Troisième série. 39

noueux, etc. Cette opinion que, sans doute, beaucoup de mes confrères ne partagent pas, m’impose la loi de respecter la manifestation extérieure. Je regarderais donc comme fort périlleux tout moyen capable de faire disparaître trop rapidement l’éruption; mais ces craintes ne vont pas jusqu’à la favoriser, jusqu’à faire de mon mieux pour en exagérer les effets.

Depuis Sydenham, tous les vrais praticiens savent à merveille que les efforts de la médecine doivent tendre à empêcher les maladies éruptives d’être confluentes ; car la confluence dans la rougeole et dans la scarlatine est presque aussi grave que dans la variole ; et si l’Hippocrate anglais recommande la saignée et le régime antiphlogistique pendant la fièvre d’ébullition, afin de rendre l’éruption moins forte ; si, l’éruption venue, il fait un précepte essentiel de ne pas charger le malade de couvertures et de ne donner que des boissons tempérantes; si même il n’hésite pas à faire lever les malades pendant tout le cours de l’éruption, pourquoi craindrions-nous de modérer la fluxion impétigineuse et de la resserrer dans des bornes aussi étroites que nous le pouvons sans compromettre la santé? Dès le début de l’impétigo et de l’eczéma aigu, simple ou impétigineux, je prescris des bains prolongés, la diète, ou tout au moins un régime ténu, des boissons acidulés et de légers laxatifs. Je recommande de ne pas trop couvrir les enfants, de les laisser levés. Je prescris des soins de propreté excessifs; et par dessus tout j’insiste pour qu’on empêche les petits malades d’écorcher leurs boutons et de semer, avec leurs ongles, le mal sur le reste du corps.

Telle est ma règle de conduite tant que dure la fièvre. Or, la fièvre est, dans mon opinion, l’indice du molimen éruptif; et la fièvre cessée, la maladie, pour moi, cesse d’être générale. Je n’ai plus que des lésions cutanées, une maladie de la peau, que désormais j’attaquerai par tous les moyens les plus propres à la faire vite disparaître.

Malheureusement ces impétigo succèdent souvent à la rougeole et à la scarlatine ; et le grand ébranlement causé par ces deux graves maladies impose des règles de prudence qu’il est dangereux de transgresser.

Il faut savoir si des organes internes n’ont pas été atteints dans le cours de la maladie ; si, par exemple, le poumon n’a pas été enflammé avant l’apparition de l’impétigo ou de l’eczéma; dans ce cas, il est à craindre qu’en faisant cesser trop tôt la maladie nouvelle, on ne fasse reparaître l’ancienne; et même, lorsque le poumon n’a pas été atteint, il est à craindre qu’il ne le soit plus tard après la guérison de

soit souvenu et n’ait rappelé que la première institution d’enseignement supérieur qui a été créée en Algérie, c’est-à-dire la création d’une École de médecine à Alger, l’a été sur le vœu émis par le Congrès médical de 18à5, que M. de Salvandy s’empressa de traduire en acte.

Le projet de loi Bert va être porté au Sénat. Subira-t-il quelques modifications dans cette autre enceinte législative? Nous avons là encore de vaillants confrères très au courant des choses concernant l’exercice de la médecine, MM. Testelin, Théophile Roussel, Dufay. Leur attention se portera certainement sur cet article 3, dont M. Bert semble n’avoir pas vu les dangers.

Pendant que cette discussion s’agitait à la Chambre des députés, à l’Académie de médecine, qui est notre Chambre des députés, s’agitait la question non moins grave de la prophylaxie de la peste et des moyens de s’en préserver. Je viens de relire cette partie de la discussion dans le Bulletin de l’ Académie, et je suis bien aise d’en reproduire ici quelques fragments qui prouveront à nos lecteurs combien, malgré les difficultés de bien saisir la pensée des orateurs à une simple audition, et malgré les mauvaises dispositions acoustiques de la salle des Saints- Pères, combien, dis-je, nos collaborateurs apportent de soin, d’attention et d’exactitude à reproduire la pensée des orateurs.

M. Pasteur voulait prouver qu’il croyait possible de se préserver de toute contamination pestilentielle, et il disait : « En ce qui me concerne, j’irais sans crainte étudier la peste où « elle est endémique, à la seule condition de prendre les précautions suivantes, et qui proba- « blement sont même exagérées :

« J’aurais des lunettes garnies de colon entre leurs bords et la peau du visage; je mecou- « vrirais la bouche et le nez d’une manière analogue; je ferais recuire moi-même tous mes « aliments ; comme boisson, je n’emploierais que des eaux minérales naturelles ou les eaux

l’impétigo ou de l’eczéma; comme si ces dernières affections avaient été des phénomènes critiques dont la trop prompte disparition devait entraîner les troubles résultant de l’interversion ou de la rétrocession des actes éliminatoires.

Je m’explique : Si nous supposons que la rougeole et la scarlatine sont le résultat d’une infection spéciale agissant à la manière d’un ferment multiplicateur, nous ne pouvons non plus nous refuser à croire que le principe morbitique tend d’une manière presque nécessaire vers la peau, les membranes muqueuses du nez, de la bouche, de la gorge du canal alimentaire dans la scarlatine; tandis que, dans la rougeole, le nez, les yeux, la membrane muqueuse pulmonaire sont, avec le tégument externe, plus particulièrement atteints. La nécessité de ces crises multiples est telle, quand la maladie a une certaine gravité, et celle de la peau est surtout tellement nécessaire alors, que si elle ne se fait pas dans une juste mesure, ses organes internes se prennent avec une violence proportionnée au peu de fluxion dont la peau a été le siège. L’éruption est donc une espèce de sauvegarde ; mais, remarquez bien que, nonobstant l’éruption, il n’y en a pas moins eu une irritation bronchique, et que les phlegmasies pulmonaires sont, pendant assez longtemps, faciles et imminentes. Que si, l’éruption passée, il se fait un nouveau travail fluxionnaire vers la peau, ce travail peut être quelquefois considéré comme un complément d’élimination, et, de toutes manières, comme un acte pathologique antagoniste, lequel aura également pour résultat de préserver les poumons menacés. Ce que je dis de la rougeole, je le dirai de la scarlatine. On peut donc établir en principe que les gourmes qui succèdent aux maladies éruptives doivent être seulement modérées dans leur début et guéries ensuite avec de grands ménagements.

Il est quelques circonstances pourtant où, même après la rougeole et la scarlatine, la prudence que je recommande ici serait peut-être hors de saison; c’est le cas où, après la scarlatine, par exemple, il surviendrait ou des phlegmasies violentes de la membrane muqueuse de l’œil, ou bien une inflammation eczémateuse très-vive derrière les oreilles. Dans le premier cas, le mal peut faire assez rapidement de tels progrès que le globe de l’œil soit envahi, ou que le canal nasal vienne à s’oblitérer, accident malheureusement trop commun à la suite de la scarlatine; dans le second, l’irritation des ganglions cervicaux, qui succède à l’eczéma, arrive rapidement à ce point que de vastes bubons se forment au cou, et causent des désordres locaux et généraux qui peuvent être mortels. Il faut donc, dans ce

« des sources du pays infecté, à la seule condition que l’eau soit puisée aux sources mêmes, « et que celles-ci sourdent du sol après avoir traversé quelques mètres d’épaisseur de « terrain... On pourrait même employer une eau quelconque après l’avoir portée à une tem- « pérature de 110 à 120 degrés, et l’avoir agitée froide pendant une minute ou deux au con- « tact de l’air pur, afin de l’aérer. »

C’est, à cette partie du discours de M. Pasteur que M. Jules Rochard a bravement répondu en quelques mots dont la courageuse signification n’a pas échappé à notre rédacteur, mais que nous croyons devoir mettre sous les yeux de nos lecteurs, dont l’appréciation, assurément, ne différera pas de la nôtre :

« Quant aux moyens de préservation individuelle dont viennent de parler les orateurs qui « ont pris la parole avant moi, je crois être l’interprète de la grande majorité des médecins, « en affirmant qu’ils ne consentiraient pas à y recourir et à s’affubler d’un masque d’ouate pour « s’approcher de leurs malades. En temps d’épidémie, au milieu des fatigues, des préoccu- " pations de tout genre auxquelles on est en proie, de pareilles précautions seraient inappli- « cables ou illusoires. Elles auraient un inconvénient beaucoup plus grave; elles exerceraient « sur les malades et sur les infirmiers une influence déplorable. En pareil cas, c’est au mé- « decin à donner l’exemple. La profession médicale a ses périls; on les connaît quand on « l’embrasse; on les affronte quand on y est entré. La peste, en somme, n’est pas plus con- « tagieuse que le typhus, que la variole et que la fièvre jaune; les médecins ont toujours « bravé ces épidémies-là, sans prendre souci des dangers qu’ils pouvaient courir; je suis « convaincu qu’ils feront de même pour la peste, et j’estime qu’ils feront bien. »

A cet hymne guerrier, qu'a répondu M. Pasteur?

« J’admire les paroles de M. Rochard, j’admire cette expression du courage du médecin

cas, éteindre à tout prix, et le plus promptement possible, les inflammations locales qui, à cause de leur siège, peuvent être l’occasion d’accidents plus redoutables que tous ceux que l’on pourrait craindre en supposant une répercussion.

Je viens de supposer une fièvre éruptive et une phlegmasie cutanée chronique venant à la suite : pour combattre cet accident nouveau, j’attends en général assez longtemps; puis, quand j’ai lieu de supposer que les organes internes sont désormais hors de cause, j’attaque les gourmes par les moyens que je vais indiquer tout à l’heure,

Quand, au contraire, la maladie chronique de la peau succède d’emblée à l’impétigo ou à l’eczéma aigus, je n’ai plus, pour attendre, les mêmes motifs, et je procède tout de suite au traitement.

Les bains généraux et locaux, les lotions, les pommades, les purgatifs, les vésicatoires, les dépuratifs, forment l’arsenal thérapeutique auquel j’ai recours ordinairement.

Les bains alcalins sont ceux que j’emploie le plus souvent, quand la maladie cutanée est accompagnée de démangeaisons. Pour 75 à 100 litres d’eau que contient une baignoire d’enfant, je prescris habituellement de 30 à 50 grammes de souscarbonate de soude ou de potasse. Ces bains ont pour but de nettoyer merveilleusement la peau en se combinant avec les matières grasses qui la recouvrent, de ramollir les croûtes et modérer le prurit. Ce dernier avantage n’est point à dédaigner. Que de fois nous voyons les pauvres enfants se déchirer avec leurs ongles ; nous les trouvons dans leurs berceaux, couverts de sang, et, chaque nuit, ils détruisent le travail de cicatrisation qui s’est fait dans la journée ; il faut leur attacher les mains soit sur les côtés de leur maillot, soit aux montants de leur lit; mais, consumés dans une rage impuissante, ils poussent des cris horribles, s’agitent en tous sens, frottent avec fureur leur dos, leur tête contre les draps, contre les oreillers, contre les vêtements de leur nourrice, jusqu’à ce que, ayant remplacé la démangeaison par la sensation de la cuisson, ils s’endorment, épuisés de fatigue.

Avec l’eau du bain, il conviendra de faire des lotions fréquentes sur le visage, sur la tête, si toutefois ces parties sont atteintes el}es-mêmes, et, deux ou trois fois dans la journée, ces lotions seront répétées en se servant d’une solution un peu plus active que celle du bain.

Ces bains alcalins conviennent aux formes sèches de l’eczéma, au lichen, au pityriasis.

« qui va, désarmé, auprès du lit d’un malade, mourant d’une maladie contagieuse ; pour « moi, qui suis un profane, et qui n’aurais d’autre but que de faire l’élude scientifique dé la « peste, je m’entourerais des précautions dont j’ai parlé, et j’avoue que, frappé de douleur « comme je l’étais ces derniers jours encore, en apprenant qu’un jeune médecin venait de « succomber à la suite des soins qu’il avait donnés à un enfant atteint du croup, je comprends « mal qu’on ne se garantisse pas, à l’aide d’un peu de ouate, de l’infection du mal; tout àu « moins qu’on en fasse la recommandation aux personnes de la famille qui vivent auprès de « leur cher malade. Il est bien de comparer le médecin au soldat sur le champ de bataille. « Mais la cotte de mailles et la cuirasse ont-elles jamais fait suspecter le courage de ceux qui « les ont portées?

M. Jules Rochavd réplique :

« La distinction que vient de faire M. Pasteur est parfaitement juste. Le rôle de l’expéri- « mentateur et celui du médecin ne sont pas les mêmes. Ce qui est applicable, rationnel et « licite pour le premier, ne l’est pas pour le second. M. Pasteur déplore les nombreuses « victimes que la contagion du croup fait chaque jour parmi nous; je les déplore autant que « lui, mais il n’y a pas moyen d’éviter ce péril. Quand on cautérise la gorge d'un enfant, « quand on pratique la trachéotomie, cette opération, si délicate et si émouvante, on a « besoin de toute son attention, de toute la liberté de ses mouvements. Il faut être tout près « de la bouche du petit malade, dans la direction de ses crachats, on les reçoit en plein u visage et il n’y a pas à songer à s’en garantir. On n’y pense pas, du reste, on est trop « occupé de ce qu’on fait, et si le malheur veut qu’on soit atteint, on subit les conséquences « d’un devoir professionnel auquel on n’avait pas le droit de se soustraire, et cela n’om- « pêche pas les autres de recommencer. »

Mais, quand t’eczêma es! très-vîf, qu’il est accompagné de fortes rougeurs et d’un écoulement abondant, les bains mercuriels méritent la préférence. Je compose ces bains en jetant, dans 50 à 70 litres d’eau, une solution composée de 2 à 3 grammes de sublimé corrosif dans 20 à 30 grammes d’alcool.

Les bains mercuriels ont été blâmés par quelques médecins prévenus, avec une telle vivacité, que je suis tout d’abord obligé de répondre aux inculpations dont ils ont été l’objet. Chacun sait que, dès le siècle dernier, beaucoup de charlatans étaient en possession d’un liquide miraculeux dans le traitement des dartres; ee liquide était tout simplement une solution de sublimé. De nos jours, Wedeking, en Allemagne, essaya les bains mercuriels d’abord dans les maladies cutanées syphilitiques susceptibles de prendre tant de formes ; et, encouragé par le succès, il appliqua le même remède à des formes dartreuses plus ou moins voisines, mais qui n’avaient rien de vénérien. A son grand étonnement, la guérison ne fut ni moins rapide, ni moins sûre; élargissant alors le cercle de ses expériences, il n’hésita pas à traiter par les bains de bichlorure de mercure toutes les maladies dartreuses, et il prétendit guérir par ce moyen non-seulement tout ce que les autres remèdes pouvaient guérir, mais encore bien des dartres contre lesquelles les autres méthodes restaient impuissantes.

Depuis quatorze ans, j%î adopté la méthode de Wedeking dans ma pratique particulière et dans les services d’hôpital à la tête desquels j’ai été placé; et, depuis quatorze ans, j’ai eu tant à me louer des bains mereuriels, dans toutes les formes des maladies de la peau, que je ne saurais trop répéter ici que ces bains doivent être le moyen thérapeutique le plus universellement adopté, par les praticiens dans le traitement de toutes les dartres.

Quant aux dangers qui peuvent en résulter, je déclare qu’ils sont nuis. On peut relever, sur les cahiers de visite de mon hôpital, le nombre des bains de sublimé que je donne chaque année; ce nombre s’élève à plus de mille, car il y a peu de jours où je ne donne trois ou quatre bains; or, je le déclare, et sur ce point j’en appelle au témoignage des médecins et des élèves qui suivent ma visite et mes conférences cliniques, jamais je nxai m résulter le plus léger accident de l’admi-r nistration de ces bains, Quand je dis que je n’ai jamais vu résulter le plus léger accident de l'administration de ces bains, je ne prétends pas que la maladie de la peau n’a jamais été aggravée, ou que, cette maladie étant guérie, il n’y a pas eu ultérieurement des accidents causés par l’inopportunité de la guérison; ce que je

Cette discussion donne un véritable à-propos à la proposition faite au Conseil municipal de Paris, par notre honorable confrère, M. Liouville :

« M. Liouville rappelle que, ces jours derniers, le dévouement à Fh'umanité a causé des deuils cruels dans les rangs de la jeunesse médicale des hôpitaux. MM. Tourné, interne des hôpitaux, Prével, interne en pharmacie, et Henri Carotte, externe, sont morts victimes de leur dévouement à l§ur devoir,

« M. Liouville croit être l’interprète du Conseil en demandant que des plaques commémoratives soient placées dans les hôpitaux et hospices de la ville de Paris, sur lesquelles seront inscrits les noms des médeciûs, chirurgiens, internes, externes, élèves en médecine ou tous autres morts victimes de leur dévouement dans l’exercice de leurs fonctions,

« M. Delpech s’associe à cet hommage si hautement mérité. La proposition de M, Liouville est adoptée. »

Il paraît que l’affaire de la nomination par voie d’élection des médecins des Pureaux de bienfaisance, à Paris, ne marche pas comme sur des roulettes, Il y a des objections, des récriminations, des protestations; il y a même une démission d’un honorable confrère, fondée sur ce que ce nouveau mode de nomination lui paraît contraire « à la dignité de la profession, et devant favoriser la brigue et l’intrigue. » Le démissionnaire espère que « le Conseil municipal reviendra sur sa décision et nous accordera le seul mode de nqmination équitable, vraiment républicain, et permettant de reconnaître le vrai mérite, c’est-à-dire le concours, »

C’est la conclusion adoptée l’année dernière par l’Association générale, sur le rapport de M. Jeannel.

Partisan convaincu, persévérant et obstiné du concours, je pencherais volontiers, toujours comme principe, yers ce mode de nomination appliqué aux médecins des Bureaux de bienfai-

veux dire, c’est que jamais les bains de sublimé n'ont donné lieu à des accidents toxiques les plus légers. Or, dans mon service de l’hôpital Necker, exclusivement consacré à des femmes et à des petits enfants, j’ai donné ces bains aux femmes les plus débiles, aux enfants les plus jeunes, m’affermissant chaque jour dans l’idée de l’innocuité de cette médication.

J’ai plongé, dans ces bains, des enfants atteints d’eczémas qui avaient dépouillé presque la moitié du corps; il n’en résultait aucun accident d’absorption, et l’épiderme se régénérait en peu de jours. La durée de ces bains est, pour les enfants en très-bas âge, de quinze minutes tout au plus; d’une demi-heure pour les enfants âgés de plus d’un an. Si l’on veut réfléchir à la dose de sublimé contenue dans ce bain, on verra combien est minime la quantité qui est en contact avec la peau. 2 grammes de bichlorure de mercure dissous dans 30 litres d’eau supposent 4 centigrammes par litre; dose incroyablement faible et vingt fois moindre que celle que nous employons tous les jours pour des fomentations, pour des injections vaginales, pour des lotions, etc., etc. Les formes les plus graves de l’eczéma, le lichen, l’érythème, l’eczéma impétigineux, obéissent vite aux bains mercuriels.

Je n’ai pas besoin de dire que ce moyen est le mieux applicable aux syphilides, si communes chez les enfants à la mamelle.

(A suivre dans un prochain numéro.)

THÉRAPEUTIQUE

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