L. Colin, De la fièvre typhoïde dans l’armée
Dejérine, Recherches sur les lésions du système, nerveux dans la paralysie diphthérique.
Legrand du Saulle, La folie du doute; r— La folie héréditaire; — Étude médico-légale sur les épileptiques; — Les signes physiques des folies raisonnantes; — Étude clinique sur la peur des espaces.
Ed. Fournie, Applications des sciences à la médecine.
Gairal, Nouveaux appareils pour le traitement des affections utérines.
E. Debost, Traité complet d’équitation rationnelle,
Prix Godard, à M. le docteur Reliquat, pour un mémoire intitulé ; Spasmes de la vessie et de l’urèthre ; action du chloroforme sur ces deux organes.
Prix Serres, à M. Alexandre Agassiz (fils de feu Louis Agassiz), pour ses travaux sur l’embryogénie.
Physiologie. — Prix Montyon (physiologie expérimentale) ; A M. Charles Richet , pour ses Recherches sur les propriétés chimiques et physiologiques du suc gastrique de l’homme et des animaux.
Prix généraux (arts insalubres). Montyon : 1° Une somme de 2,500 francs à M. d’Hubert, pour son Mémoire sur l’utilisation des matières de vidange.
2’ 2,500 francs à M. Lenoir, pour son Mémoire sur l’étamage des glaces à l’argent mercuré, •
3* 1,000 francs à M. E. Turpin, pour ses préparations de couleurs non vénéneuses.
A" 1,000 francs à M. le docteur Paquelin, pour son invention du fer à souder à foyer de platine.
Prix Delalande-Guerineau, à MM. Savorgnan de Brazza, enseigne de vaisseau, et Ballay, médecin de la marine, pour leur voyage d’exploration dans l’Afrique centrale.
SOCIÉTÉ DE CHIRURGIE
Séance du 26 février 1879. —Présidence de M. Tarwer,
Sommaire. — Rapport. — . Suite de la discussion sur les pansements antiseptiques.
M. Tillaux fait un rapport sur un travail de M. le docteur 'ChallotJ professeur agrégé de la Faculté de Montpellier, comprenant entre autres faits une observation de fracture de la clavicule dont la consolidation fut suivie de troubles nerveux locaux et généraux, attribués par lui à la compression des nerfs du plexus brachial par un cal volumineux. M. Challot conclut qu’U y a lieu, pour le chirurgien, de se préoccuper des troubles nerveux à la suite de la consolidation des fractures et d’intervenir chirurgicalement quand on peut supposer que ces troubles sont dus à l’existence d’un cal vicieux.
M. Verneuil fait observer que l’intervention chirurgicale peut être suivie de bons effets
L'UJNION MÉDICALE.
lorsque les troubles de l'innervation sont purement locaux et limités au territoire du nerf primitivement affecté; mais lorsque ces troubles passent du territoire de ce nerf dans les territoires des nerfs voisins et surtout dans les centres nerveux.il n’y a rien à espérer de l’intervention chirurgicale, parce que, alors, c’est dans les centres nerveux que se trouve l’altération, cause des troubles de l’innervation.
— M. Desprès a la parole pour la continuation de la discussion sur les pansements antiseptiques. L’honorable orateur dit qu’après le coup de massue porté par M. Maurice Perrin sur le pansement de Lister, il serait peu généreux de renouveler l’attaque contre ce pansement. Il en sera de celui-ci comme de tant d’autres qui, après avoir été célébrés avec enthousiasme, sont tombés dans un discrédit profond et dans un oubli complet. Il n’existe pas, en effet, de pansement-panacée, applicable à toutes les plaies et à toutes les périodes des plaies. Tout l’art du chirurgien consiste à bien saisir les indications et à varier, d’après elles, l’application des moyens thérapeutiques. Là seulement est le critérium des succès légitimes; une série de succès obtenus par l’application d’un seul pansement ne donne pas le droit de dire que l’on possède en lui le pansement modèle qu’il faut préférer à tous les autres.
Comme à la suite du voyage de Roux en Angleterre, en 1814, il s’est fait, de nos jours, en France, une explosion enthousiaste pour les procédés et les pratiques de la chirurgie anglaise, dont les résultats étaient proclamés comme étant bien supérieurs aux nôtres. On a successivement attribué les succès de la chirurgie anglaise, d’abord à ce que les chirurgiens de ce pays pratiquaient la reunion immédiate, puis à l’hygiène meilleure des salles, puis au soin qu’ils prenaient de nourrir Içurs opérés, puis au pansement à l’alcool ; enfin, aujourd’hui, au pansement de Liiter,
De 1814 à nos jours, il y a eu au moins trois pansements-panacées, différents les uns des autres, se contrariant même les uns les autres, auxquels on a attribué successivement la prétendue supériorité de la pratique chirurgicale étrangère.
M. Desprès examine ensuite la question de savoir s’il existe un pansement antiseptique, et si le pansement de Lister est celui qui réunit les meilleures conditions et donne les meilleurs résultats ; il entre, à ce sujet, dans une revue de la doctrine de la septicémie, des expériences de MM. Pasteur, Joubert et Chambellan, passe ensuite à l’examen des statistiques des partisans de la méthode de Lister, donne la statistique intégrale des opérations qu’il a pratiquées depuis huit ans à l’hôpital Cochin et qu’il a traitées par le pansement ordinaire ; puis, comparant entre eux les résultats de ces statistiques, il cherche à montrer que les résultats obtenus par lui ne sont pas inférieurs à ceux obtenus par la méthode de Lister.
Il termine en disant que les plaies les plus graves peuvent guérir et guérissent, en effet, sous les pansements les plus simples, et que les statistiques se valent, tant en France qu’à l’étranger, suivant la manière de les établir.
Le discours de M. Desprès, dont nous regrettons de ne pouvoir donner, faute d’espace, que cette sèche analyse, a soulevé plus d’une fois les protestations des membres de la Société de chirurgie.
Après M. Desprès, M. Théophile Anger a pris la parole pour soutenir, à la suite de M. Maurice Perrin, la cause du pansement à l’alcool. M. Anger a employé ce pansement, qui lui a rendu et lui rend encore les plus signalés services. Il reconnaît que l’application de l’alcool pur est douloureuse ; mais cette douleur est de courte durée ; l’alcool exerce une action coagulante sur les liquides de la plaie; on a dit que, sous le pansement à l’alcool, les plaies bourgeonnaient et se cicatrisaient lentement; cela est vrai, mais seulement lorsque l’alcool demeure en contact permanent avec la plaie; il en est de même, d’ailleurs, dans le pansement à l’acide phénique, et c’est pour obvier à cet inconvénient que M. Lister a imaginé son protective.
Enfin, M. Théophile Anger a employé avec les meilleurs résultats, dans les cas de métropéritonite, les applications de compresses trempées dans l’alcool pur placées sur le ventre, et renouvelées environ toutes les cinq ou six heures. C’est, suivant lui, le meilleur des antiphlogistiques contre les métro-péritonites des nouvelles accouchées.
En résumé, ce qui, suivant M. Théophile Anger, a manqué au pansement à l’alcool, pour réussir, c’est une bonne méthode d’application. Lorsque cette condition indispensable est réalisée, ce pansement produit d’aussi bons résultats que le pansement de M. Lister.
— ■ M. Le Dentu présente un malade atteint d’une exostose de croissance située à la partie externe du genou, au voisinage du cul-de-sac de la membrane synoviale. Ne pouvant pratiquer 1 ablation pure et simple de cette exostose, dans la crainte d’ouvrir la synoviale articulaire, M. Le Dentu a eu l’idée de faire la section sous-cutanée du muscle qui exerçait une C°iuP.r/|SS10° i °ureU8e 8ur l’exostose. Le résultat a été aussi complet et aussi bon que possible ; aepuis ta myotomie, le malade ne souffre plus et marche avec facilité.
Dr A. Tartivei..
FORMULAIRE
Potion diurétique. — Gubler.
Caféine . . 0 g' 50 centigr.
Sirop de menthe . 30 grammes.
Hydrolat de menthe . 90 —
F. s. a. une potion, à prendre par cuillerées dans les vingt-quatre heures, dans le Cas d’anasarque symptomalique d’affection cardiaque.
Les alcaloïdes voisins de la caféine par leur composition chimique, tels que la théine, la guaranine et la matéine, jouissent comme la caféine de propriétés diurétiques, et se prescrivent à la même dose. Selon l’auteur, c’est la guaranine qui occupe le premier rang à ce point de vue. Pour lui, toutes ces substances doivent leur propriété diurétique à la stimulation qu’elles exercent sur le système nerveux du rein, tandis que la digitale doit être classée parmi les médicaments tenseurs des vaisseaux. — N. G.
Hphémérides médicales. —15 Mars 1794.
La Société populaire et républicaine des Arts, qui tenait ses séances au Louvre, salle du Laocoon, s’occupe d’un costume nouveau à donner à tous les citoyens. Le Sueur, Sergent, Espercieux, Garnerey, Bousquet, prennent tour à tour la parole. On décide que l’on n’irait à la Convention qu’avec un « costume fait et composé ». Le costume des femmes n’a pas été ménagé. « Peut-on rien voir de plus bizarre que leurs ajustements? s’écrie Garnerey. Il ne faut plus de différences entre elles ; les lieux publics n’offrent plus qu’un assemblage informe de costumes, où l’on distingue des femmes dont l’élégance insultante révolte et cherche à détourner les yeux de dessus la mère de famille modestement habillée. C’est parmi ce sexe que le costume a besoin d’être régénéré. » A. Ch.
COURRIER
Comité consultatif d’ hygiène -publique de France, près te ministère de l' agriculture et du commerce . — Par divers arrêtés de M. le ministre de l’agriculture et du commerce, les nominations suivantes viennent d’êtres faites dans le sein du Comité :
M. le docteur Proust, secrétaire adjoint, est nommé membre du Comité, en remplacement de M. Tardieu, décédé;
M. Dumoustier de Fredilly, directeur honoraire du commerce intérieur, est nommé membre du Comité, en remplacement de M. de Bourreuille;
M. Porlier, directeur honoraire de l’agriculture, est nommé membre du Comité, en remplacement de M. Vaudremer, décédé ;
M. Girard, sous-directeur du commerce intérieur, fait partie du Comité.
Faculté de médecine de Bordeaux. — M. Badal, chargé d’un cours complémentaire de clinique des maladies des yeux à la Faculté mixte de médecine et de pharmacie de Bordeaux, est chargé, en outre, d’un cours théorique d’ophlhalmologie.
— M. Auzouy, docteur en médecine, directeur du service médical de l’asile public d’aliénés de Bordeaux, est chargé du cours clinique annexe des maladies mentales à la Faculté mixte de médecine et de pharmacie de Bordeaux, en remplacement de M. Giraud.
Faculté de médecine de Nancy. — M. Stoltz, ancien professeur et doyen de la Faculté de médecine de Nancy, admis, sur sa demande, à faire valoir ses droits à la retraite, est nommé professeur honoraire de la Faculté de médecine de Nancy et doyen honoraire de cette Faculté.
— M. Vitot (Abel), né à Colombier (Haute-Saône), le 13 novembre 1 854, est nommé aide bibliothécaire à la Faculté de médecine de Nancy, en remplacement de M. Berrurzier, démissionnaire.
— M. Dorez (Jules), né à Bar-le-Duc, est nommé aide-préparateur de chimie à la Faculté de médecine de Nancy, eu remplacement de M. Verdenal, démissionnaire.
École de médecine de Rouen. — M. Ollivier (Paul), suppléant pour les chaires dè
médecine proprement dites à l’École préparatoire de médecine et de pharmacie de Rouen est nommé professeur d’hygiène et thérapeutique à ladite’ École.
— M. Flaubert, professeur de clinique chirurgicale 4 l’École préparatoire de médecine de Rouen, est autorisé à se faire suppléer, du 1* novembre 1878 au 1er novembre 1879, par M. Duménil, professeur adjoint à ladite École.
Ecole de plein exercice de médecine de Nantes. — M. Herbelin, suppléant à l’École de plein exercice de médecine et de pharmacie de Nantes, est nommé professeur de pharmacie à ladite Échle, en remplacement de M. Pihân-Dufeülay, décédé.
École de médecine de Besançon. — M. Boisson, suppléant â l’École préparatoire de médecine et de pharmacie de Besançon, est nommé professeur de chimie à ladite École, en remplacement de M. Reboul, appelé à d’autrés fonctions.
École de médecine de Clermont. — Un concours pour un emploi de suppléant des chaires de chimie, pharmacie, matière médicale et histoire naturelle s’ouvrira, le 15 juin 1879, à l’École préparatoire de médecine et de pharmacie de Clermont.
Le registre d’inscription sera clos un mois avant l’ouverture dudit concours.
École de médecine de Reims. — Des concours s’ouvriront, le 16 juin 1879, à l’Ecole préparatoire de médecine et de pharmacie de Reims, savoir :
1° Pour un emploi de suppléant de chimie et de pharmacie ;
2° Pour un emploi de chef des travaux Chimiques.
Les registres d’inscription seront clos un mois avant l’ouverture desdits concours.
Longévité. — Un cas de longévité extraordinaire vient do se produire dans les lies Shetland, au nord de l’Ecosse. Le révérend James Ingram est mort à Unst à l’âge de 103 ans, ayant conservé jusque dans ces derniers temps l’usage de toutes ses facultés.
Le père de cët ecclésiastique était mort à l’âge de 100 ans, et son aïeul Ir l’âge de 105 ans.
Maladie des feuilles dd caféier. — Depuis longtemps, les. feuilles du caféier, dans les grandes plantations de l’île de Ceylan, sont atteintes par une maladie qui diminue considérablement la production. Les planteurs ont dû porter toute leur attention sur la nature de ce fléau et chercher s’il n’existe aucun moyen d’y porter remède. Dans des expériences, on a employé le soufre par insufflation sur la surface des feuilles et par fumigation de gaz sulfureux. Ces essais ont démontré la possibilité de détruire les champignons parasites qui infestent depui> tant d’années les plantations de Céylan.
Si i’»n obtient un succès complet, il n’y a pas de raison qui empêche cette île de reprendre son exportation de café dans les proportions d'autrefois. Cette année, la température à, été très-favorable, èt la floraison promet une récolte aussi abondante qu’oti peut le désirer. A la date des dernières nouvelles, l’exportation de la récolte courante s’élevait à 322, 90Ü quintaux, contre 288,362 à l’époque correspondante de l’année dernière.
Les baromètres vivants. — Rien d’ennuyeux comme de traîner toute la journée dans ses courses un parapluie qu’on oublie dans chaque maison où l’on va. Rien de désagréable comme de sortir en habit léger et d’attraper une insupportable averse. Voici donc des pronostics qui sont d’ordinaire aséz sûrs. Si lés hirondelles, dont l’instinct né se trompe jartâiè, vêlent au ras de la terre, l’orage n’est pas loin; si au contraire elles disparaissent ou s’élèvent dans les hauteurs de l’atmosphère, on peut être certain qu’il feca sec.
Les poulets sont aussi de bons baromètres. S’ils se roulent dans la poussière ou hérissent leurs plumes, c’est signe de pluie. On peut aussi se renseigner de même auprès des canards qpi, lorsqu’ils sentent l’eau venir, battent des ailes joyeusement, plongent et replongent.
Les corbeaux saluent également la pluie par leurs Croassements discordants. Lés chouettes houloulent, les bergeronnettes Sautillent le long des fossés, enfin les abeilles ne s’éloignent que fort peu de leur ruche et y rentrent précipitamment avec ou sans butin, dès qu’elles sentent le mauvais temps sur le point de les surprendre. Lorsque les vaches lèchent le soir les murs afin de recueillir le salpêtre que l'humidité de l’atmosphère fait suinter, on peut pronostiquer sans crainte le mauvais temps.
Enfin, dernier baromètre non vivant, c’est vrai, mais qui est aussi sûr que les précédents, si la lame d’un outil tranchant, comme une faulx, reste sèche le matin à la rosée, on peut être assuré du beau temps, tandis que lorsqu’elle prend l’humidité et se teinte de tous bleus et roses, c’est de la pluie à courte échéance. (In Technologiste et Journal d'hygîïne.)
Le gérant, RiCHBt-oT.
Paris. — Typographie Félix Mxltestb et «>, nie des Deux -Pirtee-Saint-SaiiTeur, 22.
No 52
Mardi 18 Mars 1879
ENSEIGNEMENT
DES FACULTÉS DE MÉDECINE NOUVELLEMENT CRÉÉES, ET EN PARTICULIER DE LA FACULTÉ DE MÉDECINE DE TOULOUSE (<).
A Monsieur le Professeur GAVARRET
Inspecteur général des Facultés et Écoles de médecine.
Vingt chaires magistrales, qui seront occupées par vingt-deux professeurs titulaires (les deux chaires de clinique interne et externe étant dédoublées), des cours complémentaires et des conférences confiés à douze agrégés, et, s’il y a lieu, à des docteurs voulant enseigner bénévolement une spécialité quelconque; tel est le personnel enseignant que le décret constitutif a attribué à la Faculté toulousaine. Je ne veux pas rechercher, Monsieur l'inspecteur général, si notre Faculté de Toulouse sera moins bien dotée, sous le rapport du nombre de chaires, que Lyon, quq Bordeaux, que Lille. Non ; je ne veux pas être plus royaliste que le roi. Toulouse se contente de ce qu’on lui a donné; je ne veux pas me montrer plus exigeant que Toulouse. I)’ailleurs; je dois vous l’avouer, c/est moins le nombre de chaires qui me préoccupe que la nature de l’enseignement dont sont' chargés les professeurs qui doivent s’y asseoir. Irai-Je plus loin et vous dirai -je que, loin d’admirer les programmes des Universités allemandes, qu’on s’efforce d’imiter parmi nous, je suis effrayé au contraire de leur étendue, de leur complexité, de leur diversité, et je mè demande où lès malheureux étudiants de ces Universités trouvent le temps de passer d’un cours à l’autre, d’ iln laboratoire à l’autre?
Passons donc sur ce point; le nombre de chaires est suffisant, et au moyen des cours complémentaires faits par les agrégés, et des conférences par des bénévoles, avec les laboratoires qu’on ne manquera pas d’instituer, avec le secours de ceux que l’École vétérinaire, si bien outillée sous ce rapport, s’empressera de lui offrir, la Faculté de médecine de Toulouse pourra donner à ses élèves un enseignement aussi complet qu’ailleurs, plus complet même, si Ton y ajoute l’enseignement de l’hydrologie médicale, sur la création duquel j’ai promis d’appeler votre attention.
(1) Suite et fin. — Voyez I’Union Médicale dés 4 et U mars.
FEUILLETON